Chronique d'un libre-marchand : Nouveau Monde, première partie (Warhammer 40k, Rogue trader)

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Message par Grundzan le Sam 2 Avr 2016 - 2:49

Salutation, tout juste arrivé sur ce forum je souhaiterais vous proposer un récit sans prétention, écrit par mes soins. Bien sûr, tout y est pure invention (nom de personnage et lieu secondaire) si ce n'est l'univers de base de Warhammer 40k. J'espère que vous aimerez et je vous invite à me faire part de vos retours, suggestions et peut être reproches (c'est votre droit). Comme dit dans l'intitulé c'est la première partie, la suite est prête et je la mettrais plus tard, sur ce bonne lecture !

Synopsis: Jeune libre-marchand issue d'une des plus anciennes lignées de Port-Errance, Constance Métyl écume les Étendues de Koronus à la recherche de la gloire et du profit. En passe de se marier, il se voit demander un service par son beau-père, condition obligatoire à son union avec la femme de son coeur. Intrigué par la requête, le seigneur-capitaine se lance à la découverte d'un monde inconnu, entouré par sa coterie et à la tête de sa flotte

Grotesque et disgracieux bâtiment aux flancs garnis de pièces d’artilleries navales dépareillées, le vaisseau pirate flottait dans le vide infini et étoilé de l’espace, tel un chasseur au aguets, attendant en espace réel les riches proies qui lui échappaient une fois passée dans le Warp.  Au bout de quelques heures, cette attente patiente fut récompensée. L’espace commença à s’agiter, le noir infini du vide laissa sa place à un spectre multicolore aux teintes chaudes, une proue commença à poindre. Agité, impatient comme un chien famélique à qui l’on fait miroiter une belle pièce de viande, le pirate se mit en position, tous ses canons pointés sur la cible qui s’annonçait. Soudain, une poussée impromptue de ses réacteurs révéla le vaisseau, l’ancrant définitivement dans l’espace réel. Colosse de métal ouvragé, lance d’acier forgé pour la guerre à travers les étoiles, nef lourdement armée, le croiseur s’arrêta à quelques distances du pathétique pillard. Ses armes en berne, ses boucliers levés et ses moteurs poussés au maximum, le vil bâtiment tenta de tourner bride face à ce géant qu’il n’attendait pas. Immédiatement, les batteries de l’arrivant le prirent pour cible. Les décharges d’artillerie illuminèrent les environs, lacérant la coque, emportant des armes qui n’avaient même pas eu le temps de retentir, embrasant des compartiments entiers, réduisant le pirate à l’état de masse métallique consumée par le plasma d’où de pathétiques capsules de sauvetage tentèrent de s’extraire avant d’être abattue sans pitié. Une fois certain que rien ne subsistait du scélérat, le vaisseau cessa son pilonnage. Silencieuses, les multiples antennes situées à son plus haut sommet se mirent à clignoter. De nouveau l’espace devint floue et s’anima, de nouveau il se colora de pourpre et d’autres couleurs. Deux frégates au profil effilé sortirent du Warp, suivies de trois lourds transporteurs à la course pataude. Une fois toute la flotte rassemblée, le croiseur pris sa tête. Passant tout près de l’épave qui avait été le pirate quelques minutes plus tôt, des débris se consumant révélèrent son nom, gravé en lettres d’or sur la proue obsidienne.

Les fosses de la passerelle du Border Adventure bruissaient d’une activité fébrile et bruyante depuis la destruction du navire pillard. Penchés sur leurs cogitateurs et consoles, les serviteurs et autres officiers de pont faisaient le point, envoyant des rapports sur l’efficacité de telle ou telle équipe de tir, recherchant des possibles failles ou dégât sur toute la longueur de l’immense navire, coordonnant le réapprovisionnement des batterie, consultant les messages des autres navires, balayant l’espace à la recherche d’autres ennemis embusqués. Droit dans son uniforme pourpre et or, les mains croisées dans le dos, le Premier Officier Rikast Ghethest dirigeait les manœuvres, lançant des ordres courts et précis qui faisaient tressauter son impressionnante barbe grise, scrutant chaque homme venant au rapport de son augmentique oculaire couleur rubis.
- Officier Teria, je me contrefous que le chef de la batterie quatre soit furieux qu’on ne l’ait pas laissé tirer une seule canonnade, s’il souhaite tant s’amuser à bombarder un misérable pirate il n’a qu’à payer les munitions. Et s’il vous insulte encore passez le moi, ce grossier personnage.
- Bien monsieur.
- Maître de l’Ether, veillez signifier au Fortune et au Spirit de mieux couvrir nos transporteurs je vous prie, je ne pense pas que le seigneur capitaine apprécierait leur perte.
- Immédiatement.
Alors qu’il allait lancer un nouvel ordre, le vieil officier fut interrompu par un toussotement venant du balcon surplombant la passerelle.
- On parle de moi ?

Le libre-marchand Constance Métyl n’était pas un homme à l’allure impressionnante ou tape-à-l’œil comparé à certain de ses pairs. Son long manteau cuir ocre était simple, son veston jade orné de bouton d’or et de parement de soie était commun, de même que son pantalon et ses hautes bottes sombres. Seul dénotation de ses importants moyens dans son accoutrement, le pistolet bolter à la crosse ouvragée qui dépassait du holster pendant à sa ceinture. Si son expérience rude et aventureuse ne se lisait pas dans ses vêtements, son visage en était par contre un véritable témoignage. Une longue cicatrice rosée partait du haut de son crâne, barrant son œil droit pour se dissiper au niveau de sa lèvre inférieure, une autre, horizontale, allait du côté gauche de son visage jusqu’à sa narine. Tatouée à l’encre noire sur son front, l’aquila impériale l’identifiait aux yeux de tous comme un ancien membre de la Garde. Sa foisonnante crinière acajou était domestiquée en une unique et longue natte. Tout aussi soignés, sa moustache et son bouc de la même teinte mettaient en valeur ses lèvres pulpeuses et ses yeux aux reflets ambrés.

D’un claquement de botte, Rikast donna le ton.
- Seigneur Capitaine sur la passerelle !?
L’annonce fit immédiatement se dresser les officiers qui saluèrent leur maître et même les serviteurs lobotomisés émirent des cliquètements ou des phrases préenregistrées.
- Mes salutations à tous et à toutes, mais ne vous dérangez pas pour moi, je vous en prie.  
Un salut unanime plus tard le pont de commandement bourdonnait à nouveau.
- Premier Officier Rikast, auriez l’amabilité de monter par ici me faire un rapport ?
Laissant la direction des opérations à un de ses enseignes, l’interpellé monta quatre à quatre la volée de marches métalliques menant au balcon. Confortablement installé dans son siège de commandement, Constance examinait les données arrivant au fur et à mesure sur sa console et ses multiples écrans.
- Des dégâts ?
- Non, aucun seigneur, ils n’ont même pas essayés d’ouvrir le feu.
Le libre-marchand lança un regard en coin à son officier.
- Un éclaireur ?
- Je penche pour un loup solitaire mais j’ai tout de même ordonné le scan de toutes la zone.
Constance acquiesça avant de s’enfoncer un peu plus dans son fauteuil, les mains croisées sous le menton.
- Je ne tiens pas à affronter une meute trop entreprenante Rikast. Nous pourrions sans doute les repousser facilement mais ces bâtards pourraient en profiter pour s’attaquer à nos cargos. Et je refuse catégoriquement de perdre un seul de mes transporteurs.
Le Premier Officier hocha vigoureusement la tête.
- Vous avez plus que raison mon seigneur, c’est pour cela que j’ai déjà demandé à nos vaisseaux de resserrer la formation et surveiller leurs instruments.
- Parfait. Je ne vous retiens plus alors.
Dans un claquement de talon et un froissement de tissu l’officier commença à faire demi-tour.
- Ah, Rikast, une dernière chose.
Tout aussi prompt, il se retourna pour découvrir le sourire rieur et les yeux pétillants de Constance.
- Dîtes à tous le monde que du champagne de Vecusie les attendra à leurs mess respectifs, cadeau du seigneur capitaine.  

Une fois seul sur sa passerelle, seul face à l’immense verrière blindée du pont de commandement, seul avec lui-même, Constance repassa sur ses écrans les rapports des diverses opérations de sa flotte ces dernières semaines : un raid sur une ancienne colonie minière perdue qui lui avait rapporté plusieurs tonnes de minerais rares, une opération de mercenariat pour le compte d’un gouverneur planétaire désireux de se débarrasser d’un groupe de korsaires, un assaut sur une épave poussiéreuse qui lui avait permis de mettre la main sur une cargaison d’armes d’une qualités exceptionnelles, quelques actes de "concurrence sauvage" sur certain de ses pairs... De bonnes semaines en vérité... Un cliquettement soudain provenant de sa poche le tira de ses lectures. Plongeant sa main dans cette dernière, il en tira un disque épais, finement gravé et rattaché à son veston grâce à une chaîne. D’une pression du pouce il l’ouvrit. L’holopix animé d’une jeune femme apparue. Revêtue d’une robe de soie et de dentelle, elle tenait entre ses mains gantées de tissu un éventail qu’elle agitait parfois. Son doux visage piqueté de petites tâches de rousseurs était tourné vers lui, encadré par une longue chevelure sombre et bouclée qui s’arrêtait sur ses épaules dénudées. Elle le regardait, de ses yeux que l’on devinait bleus, un sourire délicieux se dessinant sur ses lèvres pourpres.
- Bientôt mon amour... Bientôt.

La flotte arriva bientôt en vue de Port l’Errance, vaste station spatiale aux spires effilées, plaque tournante du commerce et de l’exploration des Etendues, phare brillant de civilisation au milieu des immensités de ténèbres et d’inconnue. Tout autour de l’immense structure, des vaisseaux de tout type et de tout tonnage attendaient, partaient ou arrivaient. Des escadrilles de navettes et de barges faisaient la jonction entre les quais de marchandise et de passagers de façon continue. Quel foutu bordel, pensa le Premier Officier.
- A tous les officiers et serviteurs de la flotte, veillez surveiller vos écrans et évitez de nous faire entrer en collision avec je ne sais quel abruti, s’il vous plaît.
- Monsieur, transmission entrante du sénéchal Dussar.
Eh ben, il n’a pas tardé.
- Passez le moi.
Un seconde plus tard, Rikast put entendre les bougonnements du responsable des ressources de la Maison Métyl dans son oreillette.
- On peut savoir pourquoi ça vous a pris autant de temps de faire la liaison avec Vecusie, bande de limaces d’Aratha ?
- Ne commence pas à crier espèce de vieil escroc, c’était amplement justifié cette fois. Il y avait de conséquents bénéfices à la clé.
Un éclat de rire de son interlocuteur vrilla l’oreille du Premier Officier.
- Bien sûr, comme votre chasse au trésor sur Ghamine.
Rikast grimaça en se souvenant de cette opération coûteuse en hommes et en matériel et qui n’avait rien rapportée au final.
- Par le Trône Dussar, quand cesseras-tu de grogner comme un ork qui a perdu son kikoup ?
- Quand tu sera capable de me ramener une cargaison viable et profitable.

Quelques minutes plus tard, Constance quitta son navire pour le hangar qui lui avait été attribué par les autorités portuaires. A la descente de sa navette l’attendait son sénéchal. De loin, Dussar Erhin aurait parfaitement put passer pour n’importe quel scribe ou fonctionnaire de l’admnistratum  et cela lui plaisait de ne pas attirer l’attention. Petit homme grisonnant et toujours vêtu de robe de bure, il ne se séparait jamais de ses trois servo-crâne secrétaires et de sa tablette de donnée. Diligent, rusé et discret, cet homme de l’ombre gérait les biens de la famille Métyl depuis trois générations, veillant à la bonne marche de ses affaires et à sa réputation.
- Mes hommages mon seigneur, avez-vous fait bon voyage ?
- Parfait mon cher Dussar, avec juste ce qu’il faut de risque et d’action en prime.
- Moui, bien sûr, bien sûr... Auriez l’inventaire de la cargaison je vous prie, que je puisse expédier les dernières formalités ?
D’un simple geste, Constance envoya les données contenus sur son outil numérique à celui de son sénéchal, que ce dernier s’empressa de consulter. Au fur et à mesure qu’avancait sa lecture, une surprise grandissante se lisait sur son visage.
- Un transporteur entier de minerais de thetium et ruxis ? Vous avez évidé une planète mon seigneur ?
Le libre-marchand sourit innocemment.
- Non, juste découvert que les mines de Canicia n’étaient pas aussi vide que l’on le prétendait.
A la lecture d’un paragraphe et des chiffres qui y étaient accolés, Dussar fronça les sourcils.
- Et la cargaison de soie d’Opos II, vous l’avez trouvé dans un atelier textile désaffecté j’imagine ?
Le sourire de Constance se fit bien plus carnassier.
- Pas du tout, il s’agit là d’un présent du seigneur capitaine Rega pour... un service rendu.
Le sénéchal tourna son regard inquisiteur vers son maître.
- Moui, bien sûr, bien sûr, j’espère juste qu’il ne viendra pas nous réclamer le remboursement de ses tonnes de tissu lorsque nous les aurons vendus.
- Non je ne crois pas. De toute façon son bâtiment est bien trop endommagé pour rejoindre Port Errance avant plusieurs mois.
Guère étonné, Dussar secoua la tête et soupira. Encore un qui va vous détester, maître.
- Et votre flotte seigneur, dois-je prévoir des réparations ?
- Rien du tout. Les technoprêtres m’ont même dit que les esprits des vaisseaux étaient très contents de ne pas passer des semaines au chantier naval pour une fois. Tu auras juste à réapprovisionner.
C’est toujours ça de pris.
- Des remplacements dans vos troupes ?
- Très peu. Opia s’en occupe.
Dussar ne peut s’empêcher de grimacer en entendant le nom de l’archmilitante de son maître, une femme certes belle mais sans aucune finesse quand à l’exercice de sa charge, préférant toujours faire parler son gantelet énergétique avant de poser des questions.  
- Au fait sénéchal, des nouvelles pour moi ?
- Les banalités habituelles, quelques invitations et provocation en duel... Et un siège régulier de la part de votre fiancée... Vous savez comment Dame Histia peut être quand vous partez en expédition ? Constance ne put s’empêcher de pouffer en imaginant les affrontements entre son très serviteur et la furie que pouvez être la femme de son cœur.
- On est-elle en ce moment ?
- Oh, sans doute au domaine, à tourner en rond comme je ne sais quel prédateur...
Dussar eut à peine fini sa phrase que la navette de son maître décollait.

Si les nouvelles lignées de capitaines chartistes occupaient des quartiers huppés à Port Errance, les anciennes maisons avaient quand à elles aménagées bon nombre des astéroïdes entourant la station en véritables domaines autonomes. Couvrant parfois la surface entière de certains rochers, des dômes transparents abritaient de vastes jardins et des demeures de marbres, des petits lacs et parfois même des bosquets imposants. Bâtie au cœur d’une des innombrables vallées de l’un de ces corps spatiales, la résidence des Métyl était l’une des plus anciennes. Les hangars des navettes, les quartiers des serviteurs et les casernements des gardes étaient d’imposants blocs de métal et de lithobéton reliés entre eux par des passerelles pressurisées. Le domaine en lui-même était entouré de hauts murs crénelés tout aussi imposant, garnis de tourelles et de batteries de défenses. Enfin, derrière le rempart, véritable océan de couleur au milieu d’un paysage gris et terne, se trouvait le jardin. Recouvert par d’immenses coupelles de verre incassable, le parc s’étendait sur plusieurs hectares plantés d’arbres rares et de fleurs venues de toute les Etendues, ponctués de fontaines et de bassins, cachant en son sein patios discrets et petits autel. Le palais familial surplombait le tout. Le corps principal de l’édifice de marbre et de verre était une superbe demeure de marbre à grands vitraux qui s’enfonçait dans la falaise et autours de laquelle gravitaient plusieurs petits palais indépendantes destinés à accueillir les invités ou abritant les plus éminents membres de la cour des Métyl.

Constance marchait d’un bon à travers l’allée principale de gravier lorsque qu’il aperçut celle qu’il cherchait. Assise au bord d’une fontaine, le regard perdu dans le bassin d’eau claire couvert de nénuphar, le visage peint d’une tristesse infinie, Amélia Histia ressemblait à une de ces antiques nymphes chantées par les poètes de Terra. Sa robe de soie couleur jade était un véritable écrin de dentelle qui laissait deviner son corps aux formes agréables. Constance remarqua que ses lourdes boucles de jais étaient bien plus courtes, presque coupées à la garçonne.
- Eh bien madame, des ciseaux vengeurs se seraient t-il attaqués à votre chevelure ?
Surprise, la jeune femme se tourna vers lui. Complètement prise de court, elle mit quelques secondes avant de se jeter dans les bras de son fiancé.
- Tu es revenu, tu es revenu... Enfin...
- Oui, je suis là mon aimée, je suis là.

Une fois les retrouvailles consommées dans un baiser fougueux, Constance et Amélia commencèrent à arpenter, bras dessus bras dessous, les mille et un chemins du parc.
- J’avais tellement peur que tu te sois perdu au milieu des étoiles ou qu’il te soit arrivé malheur...
- Même si j’avais dû m’extirper de l’enfer ou traverser toute la galaxie, je t’aurais rejoins.
Touchée, elle déposa un baiser sur sa joue.
- J’espère que tout ce temps passé à écumer l’inconnu n’a pas été sans raison.
- Non, ne t’en fais pas, Dussar passera plusieurs semaines à comptabiliser les profits de cette expédition.
Amélia fit la moue à la mention du sénéchal.
- Ton gestionnaire est un grossier personnage mon amour, vraiment. Il n’a eu de cesse de me faire des réflexions désobligeantes lorsque je le questionnais sur un possible message de ta part ou sur la date de ton retour.
Constance sourit en pensant aux combats dantesque que cela avait dû être.
- Ne t’en fais pas, Dussar serait tout autant désobligeant avec un Haut Seigneur en chair en os s’il en avait l’occasion... Mais, dis moi, ne t’avais-je pas confié à la garde d’un protecteur d’élite avant mon départ ?
En partant vers l’inconnu, le libre-marchand s’était séparé de son garde du corps officiel, Gererox, colossale orgyn de près de trois mètres qu’il avait recruté lors de ses débuts à la tête de sa flotte. Amélia pouffa.    
- Ne t’en fait pas, je lui ai dit d’aller se promener dans le parc, je ne crains rien ici... Et puis il avait aperçu un papillon.
Il leva les yeux au ciel.
- Oh, par le Trône, s’il a aperçu un papillon...
Véritable machine de guerre ambulante qui avait toujours de l’appréhension à se séparer de son large bouclier et de sa redoutable hache énergétique affectueusement prénommée Zolie, l’abhumain éprouvait une véritable passion pour les papillons, passion qui pouvait le plonger dans une longue observation attentive et discrète, au rebours total de constitution et de son comportement habituel.
- Et ne t’en fais, il a été un parfait protecteur, meilleur de la plupart des hommes d’arme de mon père. - Je n’en doute pas... Tu veux que je lui demande de rester à ton service encore quelques temps ?
- Non, je pense que tu en auras plus besoin que moi. Tu as bien plus d’ennemis.
Constance sourit à sa fiancé avant de l’embrasser tendrement.
- Mon non mon aimée, je n’ai que de loyaux concurrents.
La jeune femme rit à ce mensonge.

Après avoir reçu la liste de ses ventes et les calculs des bénéfices de son expédition, le libre-marchand décida d’organiser une petite fête pour se rappeler aux bons souvenirs de la haute société de Port Errance. Des invitations furent délivrées à toutes les maisonnées les plus importantes et aux alliés de sa lignée. Au soir, des dizaines de navettes et de vaisseaux personnels se dirigèrent vers le domaine des Métyl, envahissant littéralement ses pistes de lithobéton. Bientôt, des dames vêtues de leurs plus beaux atours envahirent les allées du parc au bras de leurs maris ou amants, parfois suivis par leurs héritiers et autres bâtard, encadrés par des gardes du corps sur le qui vive. Constance accueillait chaque invité, secondé par les renseignements de Dussar sur l’identité de chacun et surveillé par Gererox, toujours attentif aux moindres inamicaux envers son maître. Le libre-marchand portait un superbe uniforme ocre aux boutons ciselés en forme de crâne et aux épaulettes d’or. Il arborait sur sa poitrine plusieurs médailles dont une Croix de Macharius. Soucieux de ne pas incommoder ses invités par le port d’une arme trop voyante, il avait passé à sa ceinture de soie rouge un simple sabre énergétique à la coquille gravée d’une aquila et un élégant revolver dont la crosse de bois rare dépassait du tissu.

- Nous attendons encore du monde Dussar ?
- Oui mon seigneur, la maison Ygor et Opara... Mais je doute qu’ils se précipitent, vu vos relations avec eux.
Constance allait répondre mais une voix dure et féminine venue de sa gauche le devança.
- Et bien tant mieux, que ces serpents restent dans leur trou.
Veronica Opia, archimilitante de la lignée avait pris place à ses côtés. Son uniforme de cuir sombre clouté d’argent mettait en valeur ses formes et son corps élancé, donnant l’impression d’une lame fine et effilée dans son fourreau. Son beau visage d’ébène était couturé de cicatrices partiellement effacées. Ses yeux, d’un violet étonnant, étaient toujours aux aguets, allant d’un visage à un autre, cherchant à deviner les armes dissimilées et remarquant chaque détail chez les invités. Sur les ordres de son maître, elle ne portait qu’une paire de pistolet laser, même si Constance se doutait bien qu’elle avait dû dissimuler tout un arsenal sur elle.
- Ma chère Veronica, j’aimerais bien que nous ne nous retrouvions pas avec une bataille rangée dans la demeure de mes aïeux, c’est pour cette raison que je vous demande d’éviter de tuer qui que ce soit.
- Et les pulvériser dans les espaces, c’est possible ?
Le libre-marchand éclata de rire.
- Non, vous ne pouvez pas... Mais je me souviendrais de votre proposition, au cas où.
Veronica sourit et s’inclina.
- Vous m’excuserez seigneur, mais je dois aller vérifier que les protecteurs de vos invités ne sont pas trop "équipés" pour une simple réception.
- Faîtes, faîtes.
Si Constance la regarda s’éloigner d’un air amusé, Dussar ne put s’empêcher de grogner.
- Vous auriez dû la laisser se faire tuer monsieur.
- Non Dussar. Et si c’était à refaire je reprendrais le risque.
Alors que son sénéchal se repenchait sur ses listes de personnalité en grommelant, le capitaine chartiste se replongea dans cette époque pas si lointaine où il avait rencontré Veronica.

Crée à la demande de Garde pour mener des opérations de maintien de l’ordre et l’écrasement de révolte dans le secteur Calixis, le 12ième Auxiliaire des Etendues avait été financé par les dons généreux grandes maisons chartistes et des guildes marchandes de Port Errance, accueillant dans son état-major plusieurs rejetons de haute lignée, comme celle de Constance. A vingt ans, le jeune homme reçu le grade de capitaine et la charge d’une compagnie. Constitué d’homme endurcis et de femmes endurcis par la vie dans les Etendus, très bien équipés, le régiment s’illustra dans le secteur pendant dix longues années avant de revenir chez lui pour participer à la protection de missions d’exploration et de conquête. Cette au cours d’un voyage de ce type que le 12ième subi un sérieux revers dans les  environs du système de Bokou Bokou d’Krô. Pris dans une embuscade subtile et vicieuse par plusieurs korsaires, les vaisseaux d’escorte furent détruits au terme d’une bataille spatiale intense et le transporteur de troupe abattu. Parvenant à se poser en catastrophe sur un immense astéroïde transformé en base de pillage par les peaux-vertes, les survivants se virent assaillis par des hordes d’orks. Conscient de sa position précaire, le colonel du régiment ordonna une sortie pour prendre la forteresse ennemie, complètement abandonnée par les xénos, trop content de se lancer dans un si beau combat. Après avoir rassemblés tous les Chimères encore en marche, Constance Métyl et ses hommes foncèrent à travers les rangs des peaux-vertes, traçant un sillon de sang et de cadavres écrasés. Comme prévue, la base fut rapidement prise et le capitaine put redéployer ses forces pour maintenir ouvert la brèche. Pris d’une joyeuse folie et d’une soif de sang intarissable, les orks ne refermèrent pas tout de suite la brèche, laissant le temps aux des escouades de soutien équipées de bolters lourds et d’autocanon pour couvrir la retraite du reste des hommes. Malgré un courage immense et la défense sans faille du mince corridor, peu des soldats arrivèrent à passer. Posté en première ligne, Constance combattit vaillamment pour sauver tous ceux qu’il pouvait mais la bataille devint trop défavorable. Lorsque le haut commandement lui intima l’ordre de se replier il obtempéra... Mais pas le Veronica Opia. S’accrochant à chaque pouce de terrain, elle rejeta toutes les injonctions, déterminée à ramener les blessés les plus graves et à secourir les hommes isolés dans la marée verte qui ne cessait de monter, engloutissant ces petits îlots de combattants à chaque vague. A la fois touché par ce courage et cette loyauté, Constance n’en vit pas moins que son acharnement risquer de coûter la vie à tous les survivants. La mort dans l’âme, il ordonna aux gardes que l’entouraient de l’embarquer de force dans un transport.

Lorsque les lourdes portes du fort furent verrouillées et que le colonel eut la certitude que les murs tiendraient, il convoqua Veronica. Une série de questions simples et de faits répétés lui suffirent à prononçer son exécution pour désobéissance aggravée et manquement au devoir. Acceptant son sort, la jeune femme s’agenouilla devant l’état-major et attendit. Le commissaire du régiment mit son pistolet bolter sur sa tempe. Elle ferma les yeux... Et Constance intervint. Invoquant l’ancienneté de sa famille, sa position et ses droits en tant qu’héritier d’une charte, le capitaine demanda l’octroi de la destinée de Veronica. Un peu intrigués, les officiers n’en furent pas moins rapides dans leur délibération, au vu de la situation pressante, et ils lui accordèrent ce droit.  Le 12ième tint sa position sans sourciller, menant parfois des sorties sanglantes et des raids discrets pour récupérer du matériel dans l’épave de leur transporteur. Au bout de trois mois de siège, les vivres, les munitions et même l’eau commencèrent sérieusement à manquer. Conscients de ces difficultés, les orks lancèrent des attaques encore plus importantes, décidés à noyer les humains sous le nombre. Des hordes de peaux-vertes montèrent à l’assaut des remparts tenus de plus en plus difficilement par les gardes épuisés. Finalement, les murs devinrent intenables et Constance, derniers gradé de terrain encore entier, ordonna le repli dans la cour et les baraquements. Lorsque les xénos passèrent les portes, ils se retrouvèrent face à une barricade de fortune constituée des derniers transports et défendue par des soldats bien décidés à vendre chèrement leurs vies. Un véritable déluge de laser s’abattit sur les premières lignes orks, carbonisant littéralement des dizaines d’assaillant. Constance dirigeait le feu avec calme et méthode, décidé à ce que chaque tir compte. Après une heure de combat et un dernier repli dans les bâtiments, les soldats eurent l’agréable surprise de voir apparaître dans le ciel plusieurs vaisseaux typiquement humain engager les appareils grossiers des korsaires. Des chasseurs et des bombardiers passèrent au-dessus de leurs têtes, creusant des cratères carmins dans la mer verte, brûlant des bandes entières, réduisant des véhicules à l’état d’épave. Encouragés par cette aide miraculeuse, les gardes repoussèrent leurs assaillants au-delà des murs, les massacrèrent à découvert et les égorgèrent lorsqu’ils se retrouvèrent dos à l’épave. Un fois le ciel et l’espace dégagé, des barges vinrent les récupérer. Sur les quatre mille hommes, seulement sept cent survécurent, en comptant les blessés. Avec des effectifs trop mince pour être maintenu au combat, le 12ième fut divisé en équipes d’intervention d’élite destinées à mener des opérations coup de poing et à soutenir des formations plus importantes. Servant encore cinq ans à la tête d’une de ces forces, toujours accompagné de Veronica qui avait décidée de lier son existence à la sienne, Constance dût  quitter ses hommes pour prendre la tête de sa maison à la mort de son père, le seigneur capitaine Antonius Métyl.  

Un corps se pressant doucement contre le sien le sortit de ses souvenirs. Amélia avait revêtue une robe de dentelle et de soir s’accordant parfaitement avec les habits de son fiancé. Un collier d’or et de rubis recouvrait le haut de sa poitrine et  de son cou d’albâtre, des petites boucles pareillement constituées pendaient à ses oreilles.
- Tout va bien mon aimée ? Vous aviez l’air pensif tout d’un coup...
Constance embrassa son front.
- Non, ne t’en fais pas. Je ne faisais que me remémorer de vieux souvenirs.
Rassurée, elle lui décocha un superbe sourire et lui prit la main.
- Tant mieux. Vient, mon père ne cesse de te demander, et plus vite tu l’écouteras plus vite je pourrais te garder pour moi.
- Gererox peut venir aussi ?
Pris dans ses pensées, Constance avait complètement oublié la présence de son garde du corps derrière lui. Impassible, l’ogryn était resté là, éloignant d’un grognement tous ceux qui c’étaient approchés pour troubler les de son maître.  
- Mais bien sûr Gererox, bien sûr... Mais dis donc, je vois que tu as bien appliqué ce que je t’ai appris ! Tu es tout propre.
Décidée à socialiser son protecteur, Amélia avait entrepris de lui donner des leçons quand à l’entretien de sa personne, et notamment à nettoyer avec perfection son augmentique à l’œil droit.
- Voui maîtresse, Gererox il a bien fait comme vous lui avez dis, avec les chiffons et tout. Il a bien parlé à l’esprit de la machine de son œil aussi et il lui a promit d’être gentil.
Constance acquiesça en se remémorant ce spectacle.
- Tu aurais dû voir amour, d’une maniaquerie incroyable... Pire que Dussar avec ses comptes.
Amélia pouffa.
- Bon, j’en suis contente. Maintenant venez moi avant que mon père ne vide encore une bouteille de vin.  

Constance suivi docilement Amélia, saluant plusieurs personnes et décochant quelques plaisanteries avant de se retrouver face à Parenus Histia. Homme au tour de taille imposant, le père d’Amélia était un marchand, et à ses heures perdus un contrebandier, reconnu de Port Errance. Plus riche que certaines lignées chartistes les plus anciennes, il disposait d’une flotte de transports importante pour alimenter des colonies éloignées dans les Etendues et exporter des denrées inédites dans le secteur Calixis. A l’occasion, il lui arrivait de financer des expéditions de libre-marchands en manque de fond qui lui payaient en échange un pourcentage sur leurs prises.
- Ah, mon futur gendre, il me faut donc envoyer ma fille à la chasse pour pouvoir vous parler ?
- Seigneur, si c’est votre fille qui se doit de partir à ma recherche à chaque fois que je disparais, laissez-moi-vous dire tout de suite que je vais m’exiler aux confins des Etendues.
Parenus rit aux éclats.
- Vous avez raison très cher, si une femme vous cours après c’est bien une preuve qu’elle vous aime.
- D’ailleurs, monsieur, puisque vous me tenez, pourrions nous discuter des futures modalités du mariage ?
Le marchand, qui allait porter un verre à ses lèvres, arrêta son geste.
- Voyons seigneur Constance, n’était-il pas un peu précipité d’en parler ? Nous pourrons prendre ces décisions plus tard, non ?
Les traits du libre-marchand se firent plus durs et Gererox commença à d’agiter.
- Parenus, cela va faire bientôt trois ans que vous et feu mon père avait décidé que nos deux familles devaient s’unir. Au cours de ces trois années j’ai respecté l’accord qui vous aviez conclu en vous soutenant financièrement et militairement quand vous étiez dans le besoin. Oui ou non ?
L’interpellé hocha vigoureusement la tête et Constance reprit.
- Bien. A ce titre, je considère mon devoir comme accomplis et je vous demande de respecter votre part du marché.
- Je vous entends parfaitement seigneur, mais voyez vous, je connais actuellement quelques difficultés que ne me permettent pas de me consacrer de façon pleine et entière à votre...
- Lesquels ?
Consciente de l’exaspération croissante de son fiancé, Amélia intervint.
- Un des vaisseaux de mon père en partance pour établir un comptoir commercial sur un monde récemment découvert aux confins des Etendues à complètement disparu sans laisser de trace il y a trois mois.
Constance haussa un sourcil.
- Un comptoir commercial aux confins des Etendues... On aura tout vu. Et peut-on savoir ce vous y échangiez seigneur Parenus ?
Sursautant à la mention de son nom, le marchand jetant des coups d’œil inquiet aux invités qui s’amusaient tout autours et fit signe à Constance de se pencher pendant qu’Amélia engageait la conversation avec Gererox pour masquer leurs paroles.
- Ce que ma fille vient de vous conter est la version officiel que je donne aux autorités et aux investisseurs. La réalité est un peu plus complexe.
- Parlez et je verrais ce que je peux pour vous.
Parenus se passa la langue sur ses lèvres et commença son histoire.

Très tôt le lendemain, tous les membres dirigeant de la Maison Métyl étaient rassemblés dans la bibliothèque du palais pour une réunion à la demande de Constance. La pièce était l’une des salles les plus agréables de la résidence. Des milliers de grimoires et de plaques de données reposaient dans des étagères de bois sculpté sous la douce lumière des lustres et le regard des ancêtres peints sur les multiples tableaux accrochés aux murs. Des fauteuils de cuir disséminé un peu partout accueillaient ceux qui voulaient méditer et se détendre en épanchant leur soif de savoir. Une longue table sur laquelle était posé un holoprojecteur occupait le centre de la pièce. Tous y avaient pris place et attendaient silencieusement que Constance ouvre la séance. Ce dernier, assis au sommet, encadré par Dussar à sa droite et Veronica à sa gauche, semblait perdu dans ses pensées, les mains croisées sous le menton.

- Mes très cher amis, si je vous ai convoqué ici à une heure aussi matinale, c’est pour vous rapportez une discussion des plus intéressante que j’ai eu hier soir avec mon futur beau-père, le marchand Parenus Histia, des propos qui, j’en suis certain, devrez captiver tout le monde ici.
Désormais certain de l’attention de tous, Constance continua.
- Il y a de cela cinq ans, un des transporteurs du seigneur Parenus faisait la liaison avec le secteur Calixis a subi une importante tempête qui perturba la concentration du navigator, qui changea complètement de courant pour sauver l’équipage et le vaisseau. Perdu l’Empereur seul sait où, ils sondèrent l’espace à la recherche de réponse et ils ne furent pas déçus.
Constance fit une petite pause pour entretenir le suspense.    
- En réalité, les perturbations et le changement de cap soudain les avez menés quelque part les Etoiles Païennes. Sans se laisser démonter, la capitaine entrepris d’explorer les alentours de son point de chute et tomba sur une planète et une lune entourées d’un champ d’astéroïde. L’envoi de sondes lui permirent d’observer des plateformes étranges et des structures spatiales ressemblant à des docks et des quais orbitant autours de la lune.
Tous autours de la table commencèrent à s’agiter et à murmurer, se perdant en conjoncture et en hypothèse. Le libre-marchand attendit le silence et repris.
- Conscient de l’importance de sa découverte mais incapable de passer la ceinture, il envoya des navettes, qui réussirent à traverser l’obstacle et à se poser sur la planète. Une semaine plus tard, les hommes de l’expédition revinrent les bras chargés d'artefact technologique, parlant de paysages idylliques et d’une immense cité en ruine.
Incapable de se retenir plus longtemps, Dussar prit la parole.
- Mon seigneur, cette histoire est très agréable à entendre pour tous les membres de cette assemblée, je n’en doute pas, mais quel est le rapport...
Constance arrêta son sénéchal d’un geste de la main.
- J’y viens Dussar. Croyant à peine sa chance, le capitaine établis la position de ce monde prometteur et entrepris le voyage de retour pour en faire part à son employeur, nantis des preuves ramenée par ses hommes. Parenus n’eut pas beaucoup mal à le croire et monta une expédition sous couvert d’un habituel voyage commercial pour explorer ce monde et ramener d’autres merveilles. A nouveau, les profits furent au rendez vous et le marchand décida que ces opérations seraient annuel. Pour faciliter les fouilles et ne pas perdre de temps en recherches inutiles une base permanente fut établie... Et c’est à ce moment que cela devient encore plus intéressant.
Constance se pencha sur la table et se mit à regarder chacun de ses serviteurs.
- Il y a trois mois, l’expédition annuelle qui était censée reparaître n’est pas reparue.

Un silence suivi la dernière phrase, chacun tentant de prendre la mesure de toutes les informations transmises par Constance. Rikast fut le premier à intervenir.
- Une attaque de pirate ?
Le libre-marchand secoua la tête.
- Deux clippers stellaires de classe Orion sont parfaitement capable de repousser des charognards.
Sapien Thusis, un homme à la stature élancée et portant toujours un superbe masque d’argent demanda la parole. Premier navigator de la flotte, il était le représentant des autres membres de sa famille chargés de guider les vaisseaux de la lignée à travers les courants fluctuants de l’Empyrean.
- Monseigneur, serais-ce une erreur de navigation ?
- Non, du tout. Le Warp était parfaitement calme à ce moment.
Dussar, exaspéré, pianotait sur la table.  
- Vous ne nous avez toujours pas dit en quel est le rapport entre cette expédition et nos affaires ? Que je sache, le seigneur Parenus...
- Il m’a demandé de retrouver ces vaisseaux.
Les quelques murmures qui commençaient à se faire entendre se turent aussitôt. Quelques secondes plus tard, un tonnerre protestation éclata, les plus vives sortant de la bouche de Veronica.
- Mais pour qui se prend t-il cet espèce de... Vous n’allez pas accepter !?
Constance décocha un immense sourire à son archimilitante.
- Ma très chère amie, vous pensez sincèrement qu’une expédition aux confins d’un système quasi inconnu et qui me permettrais de fouiller un monde contenant des merveilles du Moyen Age Technologique n’éveille pas en moi quelques appétit ?
La guerrière ne sut pas quoi répondre et Dussar secoua la tête, conscient de la soif d’aventure de son maître. Sapien reprit la parole.
- Seigneur, pour moi vos désir sont des ordres et je vous mènerez où vous le souhaitez... Néanmoins, je ne peux rien faire sans carte ou coordonnée... Le seigneur Parenus vous aurez t-il confié de telles informations ?
- Tout à fait.
Constance fit un geste en direction du projecteur au milieu de la table et ce dernier s’alluma. Une carte en trois dimensions des Étendues apparue, chaque planète connue étant marquée d’un point vert et chaque monde inconnu d’un point blanc. Parmi toutes ces petites lumières bicolores, une seule se différenciait par sa teinte rubis.  

Rikast parti dès la fin de la réunion pour préparer les vaisseaux. Sapien allait informer ses pairs du départ et Veronica battre le rappel des hommes d’arme. Ne restaient dans la pièce que Dussar et Constance.
- Mon seigneur, dîtes moi la vérité, vous ne faîtes pas uniquement cela pour l’aventure, n’est ce pas ? Le libre-marchand se massa les tempes.
- Parenus considérera le contrat passé entre lui et mon père comme remplis. En clair, je pourrais enfin épouser Amélia et cesser de rendre service à ce... marchand.
Le sénéchal secoua la tête.
- Si seulement j’avais pu convaincre votre père de ne pas accepter cette clause... J’ai failli à mon devoir ce jour là. » Constance posa une main réconfortante sur l’épaule de son serviteur.
- Sa maladie et son caractère sont les seuls responsables Dussar. Cessez de vous tourmenter pour cela et finissons-en.
- Oui mon seigneur, vous avez raison... Je vais de ce pas coordonner les préparatifs du voyage.
Constance allait le laisser partir lorsqu’il se ravisa.
- Oh, Dussar, j’oubliais, voudriez vous bien passer une annonce à Port Errance comme quoi nous cherchons des colons volontaires ?
Le sénéchal fronça les sourcils.
- Nous cherchons des colons ?
- Oui, je pense que c’est un bon prétexte pour éviter les questions gênante et justifier le départ de toute ma flotte, hommes d’arme et matériel compris. De plus, j’en profiterais pour revendiquer un monde au nom de l’Empereur, comme l’exige mes devoirs de libre-marchand.
- Hum... Effectivement, ce n’est pas une mauvaise idée. Néanmoins, je doute le seigneur Parenus apprécie que vous revendiquiez une planète qui lui rapporte de tel profit.
Un sourire presque malicieux s’étira sur le visage de Constance.
- Dussar, je lui ai promis de retrouver ses vaisseaux et ce sera chose faîte, pour ce qui est de la revendication de ce monde et de sa colonisation je reste seul juge, comme le décris la charte de mes ancêtres. Que je sache, le seigneur Parenus ne possède pas un tel document, et s’il ne désire pas se voir inquiéter par l’administratum quand à la dissimulation de cette planète...
- Il ne devrait pas faire de vague.
Le sénéchal ne put s’empêcher de pouffer.
- Par le Trône seigneur, vous êtes sans aucun doute mon élève le plus impitoyable.
Constance se fendit d’une révérence.

Une semaine plus tard, tout était prêt et le seigneur capitaine avait retrouvé ses quartiers. Situé un pont au dessus de la passerelle de commandement, ils se composaient d’une agréable et spacieuse salle à manger, qui servait aussi de salon, dont la verrière donnait sur l’espace, d’une chambre contenant un lit à baldaquin aux chaudes couvertures, d’un bibliothèque calme, d’une salle d’arme où s’entraîner et d’équiper, d’un cabinet de toilette, d’une pièce uniquement dédiée à l’exposition des trophées de la lignée et même d’une chapelle personnelle. Assis à son bureau, au milieu des livres et des archives, Constance étudiait les notes d’un de ses ancêtres sur les Etoiles Païennes, lorsque l’intervox posé sur sa table sonna.
- J’écoute.
- Seigneur, le Magos Explorator Fiducio est à bord.
- Ah, parfait, veillez l’escorter jusqu’ici je vous prie.
Le libre-marchand eut largement le temps de ranger ses notes et d’épousseter son uniforme avant que la porte ne s’ouvre sur un chuintement.

Fiducio était un véritable colosse dont les robes sanguines marquées des symboles du Mechanicus et d’une dizaine de sceaux de prière masquaient son aspect étrange, mi homme-mi machine, assemblage vivant où l’acier et circuits ésotérique avaient plus de place que la chair et les os. Son visage n’était plus qu’un masque de métal serti d’un respirateur qui alimentait ses poumons artificiels et lui permettait de communiquer grâce à un voxampli intégré. Toujours actifs, ses implants oculaires zoomaient et dé-zoomaient à loisir, analysant chaque détails, cataloguant chaque informations pour les bases de données intégré à son cerveau à demi mécanique. Dans sa main droite, il tenait une longue hache omnisienne, symbole de son office.

Constance s’inclina et fit le signe de l’engrenage.
- Mes respects, Maître Fiducio. C’est immense plaisir pour moi de vous revoir.
L’explorator répondit à son salut et une voix qui tenait tout autant de la machine que de l’homme émergea de son masque.
- Salutation à vous aussi jeune Métyl. Les données transmis par mon cortex et mes implants m’indiquent aussi un degré élevé de contentement à votre vue.
Le libre-marchand l’invita à prendre place sur l’un des sièges, face à l’immense vitre.
- Moi qui vous pensez engagé dans une expédition avec le seigneur Rithanis, j’ai eu beaucoup de chance d’apprendre votre présence à Port Errance.
- Effectivement, je devais me rendre dans le secteur des Mondes Orphelins, mais l’arrêt du système biologique de l’épouse du capitaine Rithanis a repoussé cette expédition... Comment appel-t-on ce fait je vous prie ?
- Un décès ?
- Oui, c’est cela. Je vous remercie pour cette information, elle sera dûment intégrée à mes systèmes. Constance secoua la tête en souriant. Il avait presque oublié les comportements étranges et les formulations typiques du vénérable explorator.
- Maintenant jeune Métyl, dîtes moi donc pourquoi ma présence à vos côtés se fait ressentir ? D’après ce que mes capteurs ont pus enregistrer vous vous lancez dans une opération de colonisation, non ?
- C’est un plus compliqué que cela très savant magos, laissez moi vous expliquer.
Constance résuma l’histoire des opérations de Parenus et allait passer sur les objectifs de son expédition lorsqu’un grondement mécanique sorti des grilles du masque de l’explorator.
- Comment cet être indigne a-t-il put commettre une telle hérésie ? Comment a-t-il osé profaner d’antiques artéfacts sans les faire examiner où répertorier par ces technoprêtres ?
- Parenus est un marchand, seigneur, pas un capitaine chartiste, il ne doit pas se sentir lié aux même obligations que...
Fiducio frappa le sol du manche de sa hache.
- C’est un schéma de réflexion erroné jeune Métyl, complètement obsolète ! Il mérite d’être traîné devant une cour du Mechanicus.
Si Constance avait espéré la colère du magos pour se doter d’arme contre le marchand et le mettre dans une situation difficile si jamais il contestait quoi que ce soit, il ne s’imaginait tomber sur un tel arsenal.
- J’entends vos plaintes et elles sont amplement justifiées seigneur, néanmoins je vous demande de tempérer votre courroux et de retenir votre main le temps de cette expédition, au nom des serments passés entre vous et moi.
Un certain temps passa avant que l’explorator ne reprenne la parole.
- Je vous l’accorde.

Constance eut à peine le temps de se remettre de son entrevue avec le magos que Dussar passa la porte talonné par un individu inconnu.
- Seigneur, je viens de voir passer l’explorator Fiducio, c’est bon de le revoir. Sera-t-il des notre ?
- Oui, et il risque fort de rester cette fois ci. Mais présentez moi donc votre suivant, Dussar.
- Oh, oui. Seigneur capitaine Constance, voici le Père Tutis Gapitelion, le chef des pèlerins que nous avons pris à bord du Transfert.
Petit mais solide, l’homme de foi portait une simple robe couleur crème, attachée à la taille par une ceinture où pendaient un livre de prière et une petite aquila. Ses mains calleuses  dénotaient un passé de travail pénible, voire de guerrier. Son visage buriné était illuminé par son regard noisette, à moitié mangé par son immense barbe grisonnante.
- Mon seigneur, je tenais à vous remercier personnellement pour votre proposition généreuse d’installation et à vous assurer de la reconnaissance de mes frères et sœurs.
Le libre-marchand s’inclina et fit le signe de l’aquila.
- J’accepte chaleureusement vos louanges mon père, mais je ne les mérite pas. Je ne fais qu’accomplir mes devoirs de croyant envers notre Empereur-Dieu et aider d’autres humains à trouver leur voie.
- Alors vous êtes encore plus désintéressé que je ne le pensais ! Dîtes, auriez vous des consignes particulières que je puisse transmettre à mes ouailles ?
- Respectez simplement les directives des membres de l’équipage et des officiers et je suis certain que tout ce passera bien.
Dussar toussota.
- Mon seigneur, devons nous parler des modalités de la possession et de l’exploitation ?
Le Père Tutis fronça les sourcils.
- Possession et exploitation ?
Constance invita l’ecclésiastique à prendre place.            
- Noble Père, si j’effectue le transport et l’équipement de vos fidèles sans aucune demande de compensation, comme le prescris ma charte familiale, vous vous doutez bien que ce genre de voyage demande du temps et des investissements importants dans les fournitures indispensables à votre installation... En clair, il faut que je m’y retrouve financièrement.
Compréhensif, le religieux hocha la tête.
- Et je vous entends parfaitement seigneur. Quel serait votre prix ?
Constance fit signe à Dussar qui tira un rouleau de parchemin de ses robes et le lui tendit. Le libre-marchand le déplia avant de le présenter au Père.
- Vous tenez entre vos mains un contrat qui fait de vos pèlerins les habitants officiel du monde sur lequel nous allons les déposer, avec tous les droits qu’y sont afférents, comme l’exploitation des richesses naturelles. De plus, il y est stipulé que je suis en charge du total approvisionnement de la colonie, et ce jusqu’à ce qu’elle puisse nourrir sa population et assurer ses besoins. En échange de cette prise en charge, je demande pour moi et mes descendants le droit de gouvernement planétaire.
Le Père Tutis relu le texte à plusieurs reprises avant de regarder Constance les yeux dans les yeux.
- Je ne vois rien à redire à votre demande et je pense qu’elle sera fort bien accueilli par mes frères et sœurs, néanmoins... Garantissez-vous notre indépendance religieuse ?
Dussar fut si surpris qu'il en sursauta presque.
- Je vous demande pardon ?
Le libre-marchand lissa sa barbe et invita le prêtre à continuer.
- A quel culte vous référez vous, noble Père ?
- Nous sommes tous des adeptes de l’Empereur Humaniste, cela veut dire que...
- Vous suivez les écrits de Saint Ulien, qui met les hommes et femmes au-dessus de toutes autres considérations, qu’elles soient pécuniaires, politiques ou militaire. Pour vous, le sacrifice n’est pas une obligation ou un ordre mais un devoir que l’on accepte volontairement, de plus vous estimez que tous les enfants de l’Humanité doivent être jugés équitablement, sans tenir de leur rang ou de leur fortune. Pendant une ou deux minutes, le sénéchal et l’homme de foi regardèrent Constance, stupéfait.
- Je... Vous... Adhérez-vous à notre vision de Sa Divinité ?
Un nostalgie immense passa dans les yeux du seigneur-capitaine.
- Moi non, je me vois désolé de vous l’apprendre, mais ma défunte mère a fait partie des premiers suivants de Saint Ulien, et m’a inculquée ses préceptes.
Le Père Tutis s’inclina respectueusement.
- Une sainte femme, à n’en pas douter. Je prierais pour elle.
Le libre-marchand lui rendit son salut.
- Merci. Pour ce qui est de votre demande, considérez-la comme acquise.

Fin de la première partie, à suivre...
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Message par Zekka le Lun 11 Avr 2016 - 13:08

Pas mal du tout cette première partie des "Aventures de constance Métyl" ^^
Quelques fautes de syntaxes mais rien qui n'empêche la compréhension du récit

Hâte de lire la suite ^^
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Message par Erwin Tulius le Sam 14 Mai 2016 - 21:46

Vraiment très sympa de pouvoir lire de la vie civile Smile


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