De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

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Message par Nero le Ven 10 Aoû 2018 - 19:58

                                        


                                           Dramatis Personae



La IVe de Fer les Iron Warriors


Bazilleuck Eunam dit « le Survivant » Lieutenant-commandeur 2nd bataillon 81ème grand bataillon à bord de l'Iron Wound
Celeste Rugor Centurion vétéran 1ère compagnie 2nd bataillon 81ème grand bataillon
Berenor Usfall, vétéran 1ère compagnie
Ipanov Hoccard capitaine 2nd compagnie 2nd bataillon 81ème grand bataillon
Hebor Apothicaire 2nd compagnie
Zoror Kayo lieutenant 2nde compagnie
Belon Shar sergent 2nde compagnie
Capone Zuvar lieutenant 2nd compagnie
Timalt Verosen sergent 2nde compagnie
Harrix frère de bataille
Zort frère de bataille
Brakenoz frère de bataille
Craxus frère de bataille
Bronne frère de bataille
Marcos frère de bataille
Brazipov frère de bataille
Faum Dravell lieutenant 2nd compagnie
Attix frère de bataille
Delemos Faïr capitaine 3ème compagnie 2nd bataillon 81ème grand bataillon
Bélantor «  président de loge » lieutenant 3ème compagnie
Arkos lieutenant 4ème compagnie 2nd bataillon 81ème bataillon à bord du Honor of Iron
Valdon Techmarine 2nd bataillon 81ème grand bataillon
Vénérable Trator le « Laisser pour Compte » Dreadnought 2nd bataillon 81ème grand bataillon

Auxiliaires du Mechanicum :


Maitre Magos Tubari du Cercle de Magos rattaché à la IV
Maitre Skitarii Ranos Clerg

La delegation des frères perdus


Brugwoll Chef de meute des Mentons Rouges à bord du Victorious Fist
Tormas Perce Oeil
Kroma  le Briseur
Danokall ex War Hounds, dit le dépossédé

La VIIIe Légion Les Night Lords et leurs alliés


Karss Zaltar « dit le dépeceur » Capitaine 18ème  Compagnie à bord du Twilight of Angels
Kyriss lieutenant 18ème  Compagnie
Varphos lieutenant rapace 18ème compagnie
Yachi Tor Capitaine 41ème  Compagnie
Frasen Capitaine 107ème Compagnie
Similon Capitaine 32ème compagnie
Salatar Holl lieutenant 32ème compagnie

Ekos Torar Palatin de Fer du Maitre de Forge Sourilov Dantar 81ème grand bataillon à bord du Fury of Iron

Personnel de la flotte


Serena Dior Capitaine de pavillon de l’Iron Wound
Ing Sae Maitresse des astropathes
Till Kro Maitre des transmissions
Spens Colonel du Cycle Infernal
Jarrl Sergent  vétéran 9e section Cycle Infernal
Inryr vétéran Cycle Infernal

















                                      Insidiæ
                                    (Trahison)








Le temps. Tout est question de temps. Toujours. De volonté aussi. Tout comme il est exigé, pour revenir à la réalité d'être doté d'une certaine force, sinon la volonté n'est point. L'envie aussi, est une composante de cette force. Envie qui pousse un homme à se relever ou à se réveiller. Si cette force n'existe pas, même au plus profond de soi, il est alors impossible d'agir. Et l'inaction anéantie un homme.
Avec le temps du moins.
Mais quand est-il de celui qui est endormi? Cette force se manifesterait-elle si l'envie lui venait que d'ouvrir les yeux et d'affronter à nouveau les dangers de la réalité? Pourrait-il y avoir un agent assez puissant pour sortir quelqu'un d'un sommeil profond? Ou encore un événement quelconque pouvant perturbé le système de sommeil? Ou bien la simple volonté de l’être en question pourrait suffire à l'en sortir?



Relevé d’études Bêta 6-117  Apothicaire Hebor, 2nd bataillon, IVème Légion. 003.005.M31







                                          I


                                                    Réveil. Corridor. C’est bien lui.


Alimentée par des câbles de différents diamètres parcourant le sol depuis un générateur, le module de stase respirait. Posé verticalement contre un mur et quelque peu incliné en arrière, il se trouvait au centre d'une pièce qui était illuminée du simple éclairage vert-blanc qu'il dégageait de par ses diodes internes. 

Autour de lui, ne se trouvaient que peu d’autres accessoires et de meubles, hormis le module lui même. Il y avait bien ici un porte manteau sur lequel était suspendue une veste blanche, vraisemblablement à un chercheur ou une personne membre de la section des soins intensifs, ainsi qu’un serviteur en sommeil dans un coin qui se réveillerait pour accomplir sa tâche si tel lui était demandé. Mais en dehors de ça, la pièce était relativement peu aménagée. Du moins, était-ce ce qu'on pouvait en définir à travers le peu de lumière qui jouait dans la pièce.

A l’intérieur de la capsule, les diodes révélaient un individu. Il ne s’agissait pas de n'importe quel individu. C’était un être doué d'une intelligence hors du commun, d'une stature imposante aux membres effilés et musclés. Un être grand. Bien trop grand pour un simple mortel d’ailleurs. Et à en observer les dimensions du module, cela ne faisait aucun doute. Avec une hauteur de plus de deux mètres, l'être confiné dedans était quelqu'un de hors normes, et capable de grandes choses.    
                                             
Il s'agissait d'un guerrier de l'Astartes. 

Tandis que le temps s'écoulait, tout comme l'homme respirait et expirait, un événement vint troubler ce calme. Une secousse, puis un tremblement à travers les cloisons retentirent.

Ses yeux s'ouvrirent. C'était anormal. Que pouvait-il bien s'être passé? Les murs et la coque autour de lui frémirent. Il le sentit aussitôt que les secousses apparurent. Cela serait passé inaperçu pour un être humain ordinaire, mais pas pour lui. Pas pour le surhomme qu’il était aux sens surdéveloppés. Sa tête était douloureuse. Sans doute ne devait-il pas se réveiller encore. Ses mains, un peu engourdies, reprirent vie petit à petit. 

En face de lui, sur le verre de la capsule, un hologramme s' afficha en guise de commande. Il clignotait un voyant d'alerte, représenté par un triangle rouge. 

Quelle alerte? se dit le géant. 

Une nouvelle secousse ébranla la pièce où il se trouvait. Il décida de sortir. Il était hors de question de rester inactif dans cette boite si quelque chose de grave se passait à l'extérieur. 

Un de ses doigts toucha l'icône d'ouverture et la vitre de la capsule se releva. Les câbles d’alimention qui le reliaient depuis les nombreux ports sur son corps au module lui même, le libérèrent dans un bruit de dépressurisation. Ses pieds nus touchèrent un sol dallé tiède et humide. Des langues de vapeur léchaient ses mollets. C’était une sensation étrange, mais non pas méconnue, bien qu’il se trouvait d’ordinaire la plupart du temps dans son armure de bataille d’adamantium. 

Il respira profondément l’air chargé de relents chimiques s’évacuant des câbles à ses pieds, et ce sous la pression exercée afin de maintenir le module à bonne température. Il regarda autour de lui, quelque peu désorienté. Au plafond, un lumiglobe s’était éclairé, illuminant partiellement la pièce jusque là ténébreuse. La lumière révéla les quelques instruments de soins et écrans de paramétrages qui s’y trouvaient. Son regard se posa sur son module un instant. Il nota qu’il ressemblait plus à un sarcophage de fer qu'à un simple module d'assistance.

Il se retourna pour faire face à un miroir qui n'était autre qu'un écran. Ce dernier s'alluma tandis que le géant s’en approchait. Il y eut quelques grésillements, des interférences probablement, puis quelqu'un apparut. Il s'agissait là d'un autre individu au visage buriné et chauve, tout comme lui, alors qu'il passait une main sur son crâne parcouru d’augmentics en acier. La personne qui le regardait sourit.

« Vous êtes réveillé?! dit-elle en trahissant son étonnement. »

Le géant tout juste sorti de son sommeil ne répondit pas de suite, comme si l'envie de répondre ne lui venait pas plus que ça. Son interlocuteur s'en aperçut.

« Je vois. Néanmoins, voici notre situation. Nous venons de sortir de l'Immaterium pour une bonne raison. Une raison plus que nécessaire à vrai dire. Nous sommes suivis. »

Dans le dos de cet autre Astartes, des personnes passaient en courant d’un poste à un autre. C’était la panique visiblement et les ordres émis, plus que des cris, essayaient de conserver un semblant de discipline sur la passerelle. Des flashs lumineux jaillissaient aussi par moment, et quand l’un d’eux survenait, une infime secousse parcourait le bâtiment de guerre sur lequel ils se trouvaient. Le géant sur l’écran poursuivit en constatant la surprise de son frère d'arme.

« Oui, l'ennemi nous a rattrapé. Il vient de lancer ses navettes d'abordage après avoir entamer un tir de suppression contre nos boucliers. Certains modules nous ont déjà atteints. »

L’autre prit alors soudain conscience de la situation. De tout ce qui l’entourait. Il se remémora les faits. Lui et ses frères opéraient à bord du croiseur dans le système de Corona VI, lorsque la flotte au dessus d'eux les avait atteint par surprise et les avait obligé à se retirer du système par la force et...
Et c'était tout. C'était tout ce dont il se rappelait.

« Capitaine! Réveillez vous ! dit l'autre en remarquant son absence. L'ennemi se répand à travers le vaisseau. Voici vos ordres. Gagnez l'armurerie et rejoignez votre compagnie au pont 5. On nous signale des combats dans ce secteur. Faites attention, l'ennemi progresse rapidement, il peut être n’importe où. On nous signale aussi des pertes du côté des auxiliaires comme dans nos rangs. Nous ne connaissons pas leurs objectifs. Nous nous doutons qu’ils sont là pour perpétrer un massacre. C’est la seule chose à quoi ils soient bons." 

Le space marine devant l’écran tâcha de se remémorer de quel adversaire son supérieur parler exactement. Il ne lui demanda pas. Il s’en rendrait compte bien assez vite.

« Une fois l'ennemi repoussé, vous tenterez d'atteindre la passerelle pour de nouvelles instructions, ajouta l'Astartes. »

Il marqua une pause en fermant les yeux, puis les rouvrit. Il reprit en scrutant profondément le regard terne de son camarade, prêt à briser votre âme.

« Le bataillon a plus que jamais besoin de vous mon frère. »

La transmission s'interrompit abruptement. 

En bas à droite de l'écran, le nom du guerrier disparaissait en même temps que l'image. Il s'agissait du lieutenant-commandeur Bazilleuck Eunam, du 2nd bataillon du 81ème grand bataillon des Iron Warriors en charge de l'Iron Wound.

Le guerrier était un peu déboussolé. Il ne savait pas combien de temps il avait passé à hiberner dans ce module, et il essayait de recoller les morceaux dans sa tête. Un vrai puzzle.

Il leva la tête et affronta son propre regard dans le miroir remplaçant à présent l’écran, tout en serrant les poings. Sa musculature parlait d'elle même. Un entrainement intensif administré à lui et ses semblables expliquait une telle carrure, une telle supériorité aux restes des mortels. Rien de bien étonnant depuis le temps qu'il vivait et combattait en tant que guerrier de l'Imperium. En tant que fils loyal et dévoué à sa légion et à l’Empereur. Ses yeux eux, trahissaient cependant un certain étonnement. De nombreuses questions se lisaient, sans amener de réponses.

Il s'empara d'une robe grise sur laquelle était dessiné sur le torse un crâne de fer surplombé dans un coin de l’aquila impérial. Il l’enfila en un instant, recouvrant ainsi son corps quasiment nu. Plusieurs plaques de fer par endroit lui avaient été greffés à la place de la chair, chacune de divers volumes. Pour lui, il s'agissait simplement d'une nouvelle peau. Le fer permettait à la chair enveloppant le corps et l’âme, de toujours mieux avancer. Ce n’était pas une simple doctrine au sein de la légion, c’était bien plus. Comme un mantra. Cependant, la IVème était encore loin de la religion quasi obsessionnelle que la Xème vouait au culte du fer, similaire au clergé de Mars, pour qui lui seul prévalait. Seul le fer perdurait, contrairement à la chair. 

Il se dirigea de ce pas vers la sortie en suivant l'ordre lui ayant été donné. La porte de la pièce, une fois ouverte dans un vague grincement, lui permit d'accéder au couloir du pont 8. Ce qui l’interloqua, en plus de la situation actuelle, était sa présence ici. Pourquoi l’avait-on entreposé à ce niveau ci quand bien au dessus le pont du Medicae était pourvu de tout le nécessaire ? Il mit cette en question en suspens.

Le corridor était haut, tout juste adapté pour des êtres comme lui. Du moins, suffisamment large pour leurs carrures imposantes, même en armure, remarqua le guerrier. Il était assez large pour que quatre guerriers puissent se tenir au milieu. 

Il vit que deux guerriers en armure standard Mk III l’attendaient, armes en main. Ils le saluèrent aussitôt qu’ils le virent, une main sur la poitrine, le salut martial typique des légions.

« Capitaine Ipanov Hoccard, content de vous revoir sur pieds, dit le premier du nom de Brazipov.

« Qu’ai-je manqué ? s’enquit ce dernier progressant d’un pas lourd et assuré.

« Les guerriers du Night Haunter nous ont retrouvé, répondit le second guerrier du nom de Marcos."


Comme l’avait dit le lieutenant-commandeur, songea le capitaine.

« Nos propres frères avec, ajouta le guerrier d’une voix lourde emprunte de haine et de colère non dissimulée. »

Ipanov observa le plafond tout en marchant. Tout le couloir était éclairé par d’autres lumiglobes, ces mêmes petites lampes qu’il y avait dans la pièce qu’il venait de quitter. L’éclairage produit permettait de révéler des ornementations peintes et gravées sur les parois et les voutes, représentant des fresques de combats, mêlant des êtres puissants et de vils xenos. Or, le tout demeurait assez austère, morne. 

Comme le caractère des membres de la légion. On ne s’encombré guère de telles fioritures parmi les rangs de la IVe, à l’instar de leurs vaisseaux décorés du plus simple éclat métallique. Ici, exception avait été faite sur ordre du lieutenant-commandeur des années plutôt, remémorant la lutte âpre qu’avait été l’assujettissement de Corona VI par la légion. Une pensée aux héros comme aux défunts des deux camps selon lui. Un trait des plus humains chez son supérieur pourtant peu coutumier du reste de la légion et des guerriers de l’Astartes en général.

Le capitaine cherchait l'armurerie, ses deux guerriers lui emboitant le pas. Sur le fronton à sa gauche il sut que dans cette même direction il atteindrait son objectif. Ils s’empressèrent. 

Ipanov parcourrait mètre après mètre en de petites foulées. Son rythme cardiaque reprenait assez vite les anciennes habitudes. Le trio  croisa un duo de technoprêtres vêtus d’une toge rudimentaire, leur visage moulé dans l’acier, masqué par leur capuche. Seules deux diodes, parfois une seule si un œil demeuré, éclairaient leur visage. 

Ces adeptes du mechanicum étaient présents en nombre à bord des bâtiments impériaux. Leurs tâches étaient aussi nombreuses que diverses. De la maintenance de l’état du vaisseau aux réparations et confection d’armures ainsi que de munitions. 

Un peu plus loin sur sa route, le capitaine en vit deux autres discuter en langage binaire. Non pas car ils avaient des choses à cacher, mais parce que c’était là le moyen le plus simple de communiquer entre eux.
Quelques mètres après encore, à un croisement, deux soldats, des mortels, passèrent devant eux en courant sans même les remarquer tant leurs esprits étaient ailleurs. 

Une autre secousse guère plus violente que les précédentes se répercuta contre les boucliers du vaisseau, ce qui le fit quelque peu trembler. Ou était ce encore une de ces navettes d’abordage ? Le guerrier tressaillit à peine.

Dans le couloir et dans tout le vaisseau, une odeur d'huile, de fer et de brûlé pénétrait dans ses narines. Comme si l'on travaillait le métal avec ardeur, comme si l'on façonnait des armes, de nouvelles plaques d'armures, de nouv…

Il posa la paume d'une main sur une cloison. Moite. L'odeur était bien similaire à celle d'une enclume, d'une fonderie ou encore d'un chantier Iron Warrior.

Il sourit intérieurement. 

Qu'il est plaisant de sentir de nouveau d'où l'on vient, pensa t-il.

Il reprit sa route.

« Pressons, dit-il seulement. »

Cent mètres plus loin, l'armurerie les y attendait. 

Il pénétra dans la pièce assez sobre, absente de couleurs, ses deux hommes à l’entrée. La chambre était celle d'une escouade. L’escouade Ultima. La première escouade de sa compagnie.
Il porta son regard un peu partout, et constata que toutes les armures avaient quitté leur râtelier. Toutes, sauf la sienne.

« Depuis combien de temps l’ennemi est-il à bord ? demanda t-il.

« Quelques dizaines de minutes, lui répondit Brazipov, «  tout au plus. »

En l'espace d'un petit quart d'heure, il mit son armure Mk III en quelques mouvements ordonnés et habitués, bien que lourde de plus de cent kilos. Un serviteur qu'il avait activé l'aida pour le plus gros et puis se retira dans un coin. 

C'était une armure totalement étanche, qui protégeait son porteur contre  le vide spatial ainsi que les armes à gaz et les athmosphères toxiques. Elle incluait également bon nombre de systèmes auxiliaires tels que des auto-senseurs et des communicateurs. Elle était également munie de ports de donnée, permettant entre autres le chargement de données tactiques.

Il était dit qu'une armure énergétique pouvait absorber les deux tiers des coups reçus par son porteur. Chose incroyable, ce qui laissait imaginer un instant avec quelle puissance meutrière le porteur lui même pouvait infliger des coups.  

Le guerrier, à présent revêtu de son armure de bataille lustrée et polie  par ce même serviteur, sans doute en ayant pris soin en son absence, et ce malgré les quelques bosses ici et là, était fin prêt. Il se regarda à nouveau de la tête aux pieds. Ce combattant dépassant les deux mètres, puissant comme dix hommes ordinaires dans cette armure de fer, rehaussée d'or et de chevrons noirs et jaunes aux bords dorés, avec pour symbole de sa légion un crâne de fer sur une épaulière, comme ses frères de bataille, c'était bien lui. 

C'était le capitaine Ipanov Hoccar, des Iron Warriors. 

A cet instant, il se rappela les innombrables batailles menées au nom de l'Empereur et de l'Humanité toute entière au cours de la Grande Croisade. Il se rappelait le grand dessein que cela avait été pour lui pendant plus d'un demi siècle. Il se souvenait de leur raison d’être, eux les progénitures des fils de ce Dieu de la Guerre. Il se rappelait les devoirs qu'il avait à accomplir maintenant, à présent que la galaxie se mettait à brûler d’un nouveau conflit. Et comme fervent guerrier de la IVème, il se battrait pour ce qui est juste et en mémoire de ceux tombés de la perfidie des autres. 

Ipanov Hoccard se coiffa de son casque à cimier, dégaina son pistolet bolter et s’arma de son fléau, cette masse à pointes qui était sienne.




Fin de ce 1er chapitre! bonne lecture les loulous Very Happy en espérant que ça vous plaise.


Dernière édition par Nero le Mer 22 Aoû 2018 - 11:36, édité 1 fois


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Message par - Talos - le Sam 11 Aoû 2018 - 11:06

Salutations Nero, et merci pour ce premier pavé qui annonce une belle baston Wink

Je vais procéder, comme toujours, de manière froide et mécanique à mon analyse, en commençant par les remarques et en terminant par les compliments Wink

Ton récit est bien rédigé, mais il subsiste quelques fautes d'orthographe qui m'ont fait tiquer (d'ailleurs, ce pauvre Hoccard perd le "d" de son nom à la toute fin rire1  ).
Le plus gros souci que j'ai eu avec ce premier chapitre est l'impression de faux rythme de la situation. Tu prends le temps de bien décrire le module, le personnage, l'ambiance du vaisseau jusqu'aux fresques murales, mais dans le même temps tout ceci est entrecoupé de dialogues pressants liés à l'urgence de la situation, aux tremblements du vaisseau, aux gardes qui courent etc...
Du coup, j'ai eu l'impression de passer de la situation critique (ennemi à bord depuis plusieurs dizaines de minutes !) où les personnages courent, à une pause soudaine où ils s'arrêtent pour caresser les murs.

D'ailleurs, cette phrase m'a interloqué :
Quelques dizaines de minutes, lui répondit Brazipov, «  tout au plus.

Les Astartes étant de nature très précise, peut-être devrais-tu remplacer cette approximation par une valeur nette, là notre pauvre capitaine doit deviner si son pote parle de 30min ou de 50, ce qui fait une grosse différence !


Voilà, j'ai vidé mon chargeur négatif, je le remplace avec le chargeur de positif Wink

Tes descriptions sont nickel, tu en fais suffisamment pour laisser au lecteur une idée de ce qu'il doit imaginer, sans pour autant l'écraser sous le poids des détails (erreur que j'ai souvent faite).
On imagine sans peine l'ambiance du vaisseau, austère et pragmatique comme il sied aux Iron Warriors.

Le scénario est des plus intéressants, avec des protagonistes non seulement Night Lords, mais aussi Iron Warriors renégats, ce qui donne une dimension bien plus personnelle à l'affrontement, et on sent très bien le dégoût derrière les mots prononcés par un des gardes.

Reste à savoir pourquoi Ipanov était dans ce module, loin du Medicae..... J'ai hâte de lire la suite du coup Wink

Bravo pour ce premier pavé, et bon courage pour la suite ! okay


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Message par Nero le Sam 11 Aoû 2018 - 16:29

Salut! Merci pour ce rapide retour. Je viens de voir pour le "d" de Hoccard ^^ bien vu. Ainsi que le coup des "quelques dizaines de minutes que je veille à arranger. 
Le rythme est volontairement choisi. Même si je me doute que cela peut en freiner quelques uns  Smile . Si tu veux, d'un côté notre héros se réveille, émerge. D'un autre, une fois ses ordres donnés, il est temps de savoir ce qui se passe, d'où un rythme plus rapide, et qui ne va pas s'arrêter à mon grand dam!

Il y aura toutes les explications dans les prochains chapitres sur bon nombre de questions qui se posent. Du moins je l'espère! et le rythme va être selon moi d'ici peu soutenu! le temps de reprendre sa respiration va être de courte duré  Very Happy 

J'envoie le 2nd chapitre.


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Message par Nero le Sam 11 Aoû 2018 - 17:30

                                                        
                                                       II


                                           Ennemis. Traumatisme. Jonction.




En sortant de la pièce, le capitaine Ipanov, revêtu de son armure, prit soin de regarder à sa droite comme à sa gauche si personne de méconnaissable ne se trouvait là. Satisfait, il se mit en chemin pour le pont 5, là où le reste de ses hommes devaient se trouver, Brazipov et Marcos à ses côtés.

Plus ils s’engouffraient dans le ventre du vaisseau, s’écartant ainsi de la coque, plus les frappes ennemies s’estompaient, et étrangement, avec elles, la certitude de tomber nez à nez avec ses adversaires. Mais Ipanov ne doutait pas. Jamais. L'Iron Wound était un bon vaisseau. Un pur produit de la IV. Il avait déjà subi de nombreuses avaries au cours d'innombrables combats spatiaux, mais jamais de la part d'autres bâtiments des légions. Cela était une première. Son endurance était durement mise à l'épreuve ces derniers temps. Mais toujours le capitaine gardait confiance.

Après avoir parcouru environ cinquante mètres vers la cache d'escalier la plus proche, le capitaine fit signe à ses hommes d’avancer, balayant l’espace autour d’eux. Ils montèrent deux niveaux d'une traite, et atteignirent rapidement le pont 6, quand la porte du niveau s'ouvrit devant eux en coulissant. Il y avait aussi de la lumière ainsi que quelques mortels traversant le corridor afin de se trouver un abri, loin de la fureur explosive des Astartes.

Peu habitué à regarder ses pieds, le capitaine en fut déconcerté quant il marcha sur le bras d'un homme en tunique rouge qu'il pulvérisa. De toute évidence un membre des machineries, un mécanicien ou un ingégnieur. Le cou de ce dernier avait été brisé. Aussitôt, il releva sa botte et passa au dessus du cadavre, comme ses frères de bataille.

Tout à coup, des cris raisonnèrent entre les coursives ainsi que des tirs et puis plus rien. L'action se répéta plusieurs fois de la sorte, avec toujours plusieurs autres corps inertes sur leur chemin, dont des soldats par moments. Tous tués de la même manière. 

L'ennemi était doué, compétent même, reconnut Ipanov. Comme tout Astartes se devait de l'être en connaissant à la fois la discrétion et les manières plus brutales. 

Des manières plus brutales, pensa t-il. Nous guerriers de la IV savons ce qu'est la brutalité. Certes pas au même titre que nos confrères de la XIIè, mais nous avons eu nos lots de violence. Et ça, personne ne peut nous le reprocher. Des décennies de la Grande Croisade à moisir au fond de trous humides et puants à établir des sièges nous avons été confrontés. Et tout ça pour mieux bombarder nos ennemis avant de les pulvériser au corps à corps.

Que quiconque s'amuse donc à nous rabaisser ou à nous discréditer.

Nous sommes des Iron Warrior, au caractère bien trempé.

Il s'arrêta subitement. Un mal de tête l'assaillait.

« Qu’est ce qu…? dit-il s'appuyant sur un mur.

« Capitaine, s’avança Brazipov, « est-ce que tout va bien ? »

Ce dernier lui fit un signe de la main, comme quoi il récupérait. Il n’allait pas s’effondrer pour si peu, même si, en effet, lorsqu’un cycle de sommeil n'était pas achevé et que le processus était rompu, un arrêt soudain pouvait provoquer de douloureuses migraines. Symptômes dont le capitaine Iron Warrior semblait visiblement en proie. Toutefois cela était curieux qu’un tel malaise n’ait pas été guérit par son corps depuis son réveil. Son armure énergétique allait faire le nécessaire sous peu.

Ils reprirent leur route néanmoins. Ipanov Hoccard tenta d’accéder à la liaison inter-escouade de la compagnie via son casque de combat. En vain. Le canal n'avait pourtant pas changé. Cela l'intriguait. 

« Aucun de vous n’est en contact avec le reste de la compagnie ?

« Rien, dit Marcos sur ses talons, bolter prêt à faire feu. « Rien depuis la relève devant votre chambre.»

Brazipov secoua la tête.

Plus loin, à quelques mètres de leur position, dans un volute de fumée, une ombre passa et disparut. Ipanov leva un poing, mit un genou à terre, et braqua son pistolet-bolter comme à son habitude quand un ordre était donné. Ses deux guerriers en firent de même. Il observa attentivement le couloir grâce à la rétine améliorée de son casque. Il regarda les armes que portaient ses propres hommes,  des bolters de type Pattern Ferrox. Il envoya d’un signe de la main Brazipov le long du couloir sur sa gauche, Marcos sur la droite. Il avança à son tour, aussi silencieusement que possible. Au bout de la coursive, ils atteignirent l'escalier amenant au pont 5. Ils le prirent et se perdirent dedans.

Sans son casque, il aurait été impossible au capitaine de discerner qui que ce soit au-delà de trente mètres avec une fumée si épaisse. Mais grâce à son armure, toutes ses facultés lui étaient de nouveau optimales. Grâce à elle et à son heaume notamment, il pouvaient distinguer les spectres et autres émissions de chaleur se mouvoir dans à peu prêt n'importe quel environnement.

Arrivé au pont en question, Ipanov Hoccard scruta au travers les nuages de particules qui nageaient dans l’air. Il espérait trouver quelque chose, quelqu’un…. 

Mais personne. Seulement l'écho de tirs qui se rapprochaient à chaque nouveau pas.
Ils entendirent soudain du bruit sur leur droite. Bolter levé, Marcos s’élança sur ordre de son frère capitaine. Il fit une halte et, se tenant collé à une paroi, balaya en face de lui. 

Négatif, lui assura t-il d'un geste de la main. 

Mais à peine le guerrier eut-il transmit cette information que la silhouette, grande et élancée, bougea à nouveau et passa à vingt mètres d’eux. Impossible cependant de l'identifier pleinement. Comme s'il y avait un brouillage émanant de chez l'individu, car la fumée ne changeait en rien la visibilité à travers leur casque de combat.

Ipanov Hoccard, d’un geste sec du bras tenant le fléau dégainé, envoya ses deux guerriers en avant. Or déjà l’individu disparaissait.

La perte de contact avec le reste de ses troupes le préoccupait. Où donc pouvaient-elles bien être passées? Etaient-elles coincées ? ou bien peut être décimées ? Bien que cette dernière supposition il n'y crut pas un seul instant. En tout cas, le croiseur de combat, aussi vaste fut-il avec ses dix huit ponts et ses quelques dix sept milles membres d'équipage, il offrait de nombreuses possibilités sur l'emplacement de ses hommes.

Toutefois, autre chose le tracassait. Ce n'était pas de l'inquiétude, ni de la peur. Les space marines de ne ressentaient jamais ce genre d'émotion. Du moins, aucun agent ne la leur montrer, ni ne la leur faisait ressentir. Et surtout après un entrainement plus que rigoureux des légions pour combattre sans aucune crainte tous ses adversaires. Non. Probablement était-ce l'envie de combattre à nouveau auprès des siens qui lui manquait, ou simplement l'adrénaline qui filait à travers ses membres faits autant de fer que de chair.

Les trois combattants suivirent l’individu jusqu'à tomber dans une impasse. Quelque chose n'allait pas. La discrétion n'avait jamais été son le fort de la légion. Elle optait d'ordinaire pour des approches plus sonores. 

Ipanov dépêcha ses deux guerriers afin de nettoyer les lieux autour d'eux. Lui resta sur place et tenta de renouer le contact avec le reste de ses frères, quanq soudain leur proie émergea de sa cachette. Brazipov et Ipanov se retournèrent et bondirent instantanément en direction de la où se trouvait Marcos quelques secondes auparavant.

Ca n’avait duré que quelques instants, mais les deux guerriers ne retrouvèrent que le bolter de leur frère ainsi que du sang en profusion sur le sol. 

« Ne serait-ce pas lui ou qui que cela puisse être, qui nous traque tout compte fait ? souleva Brazipov d’une voix froide. »

Le capitaine ne dit rien mais n’en pensa pas moins. Etaient-ils vraiment les chasseurs? ou n’étaient-ils pas plutôt les proies de ce fumier qui à tout point de vue se complaisait de ce petit numéro dans le noir ?

« J’ai trouvé Marcos, communiqua Brazipov quelques mètres plus loin accroupi auprès de la dépouille de leur défunt frère. « On lui a tranché la gorge, montra t-il les plaies ouvertes. « Le salaud qui a fait ça lui a presque sectionné la tête. C’est un guerrier des légions, aucun doute la dessus. 

« Je suis d’accord, et aux vues des méthodes employées, les fils du Night Hunter sont tout désignés. 

« Marcos sera vengé, prononça le guerrier d’une voix amère.

« Il le sera, lui répondit Ipanov la mâchoire serrée. »

Ils se relevèrent et rebroussèrent chemin jusqu’à la cache d’escalier sachant pertinemment que leur prédateur rôdait dans les parages. 

Le capitaine vérifia le chargeur de son pistolet bolter quand au même moment, le rôdeur en question sortit de l'ombre et ne bougea plus. 

Comme l’avait imaginé le capitaine, Brazipov s’avança à sa rencontre mais le retint de son fléau que son frère regarda avant de lui demander explication.

« Mais que faites vous capitaine ? notre adversaire est là devant nous, à nous de saisir cette chance et de venger notre frère.

« Non, répondit-il en continuant de regarder le guerrier devant eux. « C’est exactement ce qu’il attend. »

Cette simple réponse suffit à Brazipov pour se retenir quelques instants du moins. Le capitaine s’avança, prudemment.

Une fois qu’il fut assez proche pour remarquer leur ennemi, seul le casque zébrés d’éclairs bleutés et d’autres attraits démoniaques pouvait laisser supposer à quelle légion appartenait cet Astartes. De la même manière que l'odeur de sang émanant de l'être qu'il était et qui le suivait en permanence. 

«  Décline ton identité ? l’apostropha violemment le capitaine Iron Warrior d'une voix pleine d'assurance, quoique un peu déconcertée de devoir suivre le petit jeu d'un autre."

Le fléau se baladant dans une de ses mains et son pistolet-bolter braqué sur lui, l’autre guerrier ne bougeait pas.

« A quoi jouez vous capitaine ? lui demanda son frère par canal interne, «  pas le temps de bavarder! Descendez le une bonne fois pour toute ! »

Le meneur de la 2nd compagnie allait répondre quand leur adversaire se jeta finalement sur eux poignard de combat en main; sans doute son propre pistolet à court de munition. Ipanov ne saisit pas sa chance, et son propre frère se jeta à l’assaut. 

Sans réfléchir, le capitaine se rua à son tour dans la confrontation brutale qui se jouait déjà devant lui.
Brazipov avant tiré deux coups, des tirs précis à n’en pas douté, mais qui avaient fini leur route contre une cloison. De Rage, poussé par la colère, ce dernier bloquait de son bolter les coups expéditifs du poignard adverse. Le guerrier face à eux était fort, très fort, au point qu’il envoya le noble fils d’Olympia valser quelques mètres en arrière.

Le tour du capitaine vint, et lui aussi tira, mais par un étrange miracle, les bolts à masse réactive n’atteignirent jamais leur cible. Le guerrier de la VIIIème surgit soudain sur un de ses flancs et le propulsa à terre avant de se tenir sur lui à califourchon, sa lame dirigée vers son cou, mais retenue par les bras croisés d’Ipanov qui faisait tout pour résister à cette attaque.

Le retenant comme il pouvait, Ipanov sentit à nouveau sa force l'envahir. Bien qu'ils fussent deux êtres génétiquement modifiés, l'Iron Warrior n'en restait pas moins un peu plus imposant.  Après un moment, le capitaine saisit le poignet de son adversaire et de son autre bras lui envoya son poing libre en direction du visage. L’autre tituba mais se ressaisit.

Ipanov se sentait de nouveau fort, habile, et surtout utile, comme jamais auparavant. Il se redressa et profitant de son adversaire dont la garde était abaissée, lui donna un violent coup dans le flanc. Celui-ci suffoqua roulant de côté. Il ne perdit pas ses moyens pour autant. Il se releva aussitôt et s'agrippa aux épaules du capitaine de ses deux mains gantées. Ils se tinrent quelques secondes, mais d'un coup de tête, Ipanov brisa la visière de son casque. Il put voir très nettement derrière ses lentilles, la peau pâle de ce guerrier, si frappante avec celle de leur Primarch Conrad Curze ainsi que ses yeux de jais, tel ceux d'un rat. Ipanov n’avait eu l’occasion de le voir qu’une seule fois, lors d’une campagne passée conjointe aux forces de la VIII légion. 

Le guerrier ne cria pas de douleur mais chancela cependant. Il se tenait toujours sur ses pieds. Il était déterminé. Il fit passer sa lame de dépeçage - au vue de la forme de cette dernière - entre ses mains. Le capitaine allait lui expédier le coup de grâce avec son fléau, quand il recula d’un pas prêt à bondir de nouveau, sa lame de combat prête à frapper. Mais pour une étrange raison, il n’attaqua pas, prit la fuite et disparut encore dans les ténèbres du croiseur.

« Tu n'iras pas bien loin, assura l'Iron Warrior en reprenant son souffle, cherchant son frère autour de lui qu’il ne trouvait pas. »

Il prit alors la direction des escaliers du pont menant au niveau supérieur. Au même instant, il vit le guerrier qui s'apprêtait à descendre, lorsque soudain deux tirs retentirent. Le guerrier ennemi tomba à la renverse, le casque perforé. Des morceaux d'os et de cervelle furent propulsés au sol. C’en était fini de celui-ci, nota le capitaine qui se tenait au dessus de lui.

« Bien joué, frère, approuva t-il en tournant enfin la tête vers Brazipov qui sortait de l’obscurité. «  La prochaine fois, faites moi seulement signe que vous disparaissez.

« Navré capitaine, mais au vue de la situation j’ai tout de suite compris qu’il fallait rentrer dans son jeu. Alors que vous étiez occupé avec lui, j’en ai profité pour faire le tour quand il était sonné, jusqu’à la cache d’escalier, seul point de fuite pour lui. Et je n’ai eu plus qu’à attendre.

« Du beau travail, comme je le répète néanmoins. »

L’autre hocha la tête en remerciement.

Ils regardèrent le cadavre, un trou fumant dans la tête. Son armure Mk IV, modèle nouveau dont ils avaient eu des échos et qui n’avait pas encore était fourni à toutes les légions, portait sur ses épaulières les marquages de rangs. Des éclairs sur l’une comme un peu partout sur tout le reste de son armure, et un crâne ailé sur l’autre, numérotée juste en dessous du chiffre dix huit, le désignait comme un combattant de la 18ème compagnie. Il portait aussi sur son armure bleue nuit, de nombreux objets et fétiches morbides ainsi que plusieurs crânes humains et xenos qui pendaient à ses haillons.

« La VIIIème nous dévoile ses cartes, articula sur le vox une voix qu’Ipanov connaissait. »

Il tourna la tête dans la direction des pas qui se rapprochaient d’eux. Le nouvel arrivant portait comme eux une armure Mk III. Ipanov était toutefois bien incapable de deviner s'il en était de même quant au reste de la légion. Depuis tout ce temps loin de cette dernière, qui pouvait bien savoir les améliorations et changements qui avaient pu être opérés ?

« Lieutenant Capone Zuvar, se serrèrent-ils l’avant bras, à la manière des guerriers d’antan. « Je constate que tout le monde ici émet quand il lui chante.

« Navré capitaine, il valait mieux pour tout le monde de rester silencieux et de jouer les atouts de notre adversaire.

« Ce qui a porté ses fruits, inclina t-il la tête en regardant Brazipov qui en avait fait de même. « Qu’en est-il du reste de la compagnie dites moi? 

« Je suis descendu seul, leur apprit-il, «  mais je vois en revanche qu’il manque un de nos frères. Où est Marcos ? »

Brazipov baissa la tête, puis désigna un peu plus loin sa dépouille.

« Notre frère est tombé sous les coups du traitre, répondit le capitaine d’un ton neutre. Non pas qu’il ne se souciait pas de cette perte, mais qu’elle ne serait surement pas la dernière avec les heures et jours qui viennent. La mort était comme un rituel, une routine pour eux. « Brazipov, restez ici et faites quérir un apothicaire sur le champ, à présent que nous pouvons communiquer sans crainte. Nous pleurerons nos frères plus tard, tous nos frères. »

Ce dernier s’écarta et contacta par radio une unité alentour.

« Lieutenant ? attendait-il toujours.

« Par ici, capitaine, l’invita t-il. »

Les deux guerriers rencontrèrent sur leur chemin quelques membres d’équipage courant en tout sens. Ces derniers s'inclinaient à chaque fois qu'ils passaient devant leurs seigneurs. Car pour chaque mortel, un space marine, même du rang, était un être à respecter. Certains se dirigeaient vers leurs postes, tandis que d'autres s'occupaient de nettoyer le sol que le sang recouvrait en divers endroits. 

Parmi ces mortels, des infirmiers et certains soldats du Cycle Infernal - nom que s'étaient volontairement attribués les gardes de la flotte au fil des années - se chargeaient de porter les corps de ceux tués durant l'assaut ennemi, accompagnés parfois d'apothicaires de la légion. 

Parmi les cadavres, il y avait bien sûr des mortels, mais aussi des Astartes des deux camps. On les emmenait dans une salle faisant office de morgue. Là bas, ils regroupaient les corps, récupéraient leur plaque matricule de la flotte, puis les incinéraient. Une fois fait, ce qui restait des défunts était propulser dans l'espace, sans plus de considération et rites funéraires, à l'inverse de la légion, lorsqu'un membre tombait au combat, et sur lesquels on récupérait les glandes progénoides, deux organes qui contenaient l’avenir de la légion. Le patrimoine de cette dernière très exactement. Rôle qu’allait effectuer très prochainement l’apothicaire sur le corps de Marcos ainsi que de nombreux autres, supposait le capitaine. 

Ceci le toucha quelque peu, malgré leur entrainement à ne jamais ressentir ou divulguer le moindre sentiment. Mais il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir de ne pas avoir été présent. Si seulement il n’avait pas été contenu dans cette capsule de stase, il aurait pu se battre aux côtés de ses frères et peut être épargner toutes ces pertes.

Tout en continuant de marcher, les deux guerriers discutèrent de la situation à bord du vaisseau.

« L’ennemi nous a frappé en de nombreux points capitaine, informa Capone Zuvar. « Il s’est répandu des niveaux 10 à 2, de vrais serpents. Mais nous les avons purgé de toutes menaces jusqu’aux 4.

« Parfait, lui répondit son supérieur qui constatait avec quelle fureur avaient été délivrés les combats sur ce pont." 

De nombreux impacts de bolts garnissaient les cloisons, les arcades richement ornées ainsi que les colonnes de soutien. Beaucoup de ce pont avait été abimé également par les éclats de grenades et les langues de feu de prometheum.

Les combats avaient bien commencé avant son réveil, en convint Ipanov.

« Quelles sont les pertes à l’heure actuelle, faites moi un débriefing.

« Pour le moment on estime les pertes de la compagnie à vingt pour cent. Il en va de même pour la 1ère et la 3ème.

« J’imagine que le Centurion s’est occupé des ponts supérieurs, afin d’être au plus près de notre lieutenant-commandeur et de la passerelle?

« En effet, affirma le lieutenant. « Quand à ceux du capitaine Délémos Faïr, ils sont un peu partout dans le vaisseau à sillonner les ponts en quête de poches de résistance, comme la nôtre. »

Ipanov hocha la tête, assimilant toutes ces informations. Après plusieurs minutes, Ipanov subit un nouveau mal de tête. Un peu moins violent que le précédent. Cependant, nota Ipanov, le traumatisme qu’il avait subit avait la dent dure. 

« Est-ce que tout va bien capitaine ? demanda Capone Zuvar.

« Est-ce que vous me posez vraiment la question, lieutenant ?

« Pardonnez moi, c’est qu…

« Dites moi ce qu’il m’ait arrivé pour que je me retrouve dans une boite, je vous en serais reconnaissant. »

L’autre fit comme il lui était demandé.

« Quand nos frères de légion et ceux du Night Hunter ont frappé Corona VI et la flotte, la 2nde compagnie n’était pas en surface, mais disséminée à travers l’Iron Wound. Nous prenions part aux exercices hebdomadaires à bord du croiseur et nous nous vîmes superviser les soutes d'armement aux côtés du personnel naviguant et du mechanicum. Vous en supervisiez l’ensemble des tâches. »

Jusque là, pensa Ipanov, tout collait.

« Puis, poursuivit le lieutenant, « lorsque l’attaque a commencé, le cordon reliant le cargo d’approvisionnement au vaisseau a été détruit, vous aspirant vous et de nombreuses autres personnes d'un bout à l'autre du hangar. Votre tête a violemment heurté un des chars prédators, faute d'avoir enclenché avant vos bottes hermétiques au sol, lorsque le vide a ouvert la bouche, minimisa t-il les faits, " comme si nous nous préparions à ça vous pensez bien.

« Que voulez vous dire lieutenant ? lui demanda t-il d’un regard circonspect.

« Juste que votre absence était due à votre chute et aux commotions sur votre crâne. Touchez donc votre heaume, ce dernier s’est fissuré à l’arrière. »

Ce que fit le capitaine.

« Un choc d’une extrême violence si l’on en croit l’état de ce dernier bon à jeter.

« Je ne pense pas, rétorqua Capone Zuvar, «  le techmarine Valdon se donnera tout entier pour le réparer, je vous en donne ma parole. »

Ce dernier partit d’un rire, presque moqueur mais pas adressé au lieutenant.

« Pardonnez moi, c’est juste que la parole d’un homme devient aujourd’hui sans valeur d’un instant à l’autre. Comme nous en avons visiblement été victime tous autant que nous sommes.

« Il est vrai, capitaine, se contenta t-il de répondre avant d’ajouter avec un peu plus d’en train, « c’est donc moi, supervisant à ce moment là la numérotation de la cargaison entrante au poste de contrôle avec les membres d’équipage, qui vous ai amené au pont médical le plus proche. »

Ipanov marqua un arrêt et le regarda, tête nue, saisissant maintenant pourquoi il s’était réveillé si loin du pont Medicae principal.

« Je vous dois une fière chandelle, dans ce cas, finit-il par l’acclamer en lui empoignant de nouveau l’avant-bras. « Et j’ai donc été absent des opérations pendant…

« Pendant onze jours exactement capitaine.

Capone Zuvar observa un instant son capitaine. Sans doute beaucoup d’images refaisaient surface. Il pouvait imaginer la culpabilité irradier de son capitaine. 

Ils prirent tout deux une nouvelle coursive  semie nimbée de volutes de gaz et de membres d'équipages tous affolés. Une escouade de la 3ème compagnie passa au milieu d’eux en courant tout en saluant au passage.

Les deux guerriers arrivèrent finalement au bout du pont 5 et retrouvèrent le reste de la première escouade. A la jonction de deux coursives, patientant la venue du lieutenant, les frères Harrix, Zort, Craxus, et Brakenoz se tinrent plus droit et saluèrent. 

« Ultima ! aboya le capitaine.

« De serments et de fer ! répondirent-ils en cœur.

« Bronne et Rassien se trouvent un peu plus loin, l’informa Capone Zuvar.

« Bien, répondit Ipanov en passant devant ses frères qui le regardaient, réjouis de le voir à nouveau parmi eux. » 

Tous, comme leur propre capitaine, arboraient l'icône d'un crâne de fer sur une de leurs épaulières. Et chacune de leur armure énergétique était aussi de type Mk III, la version suivante après l'armure de croisade. Contrairement à son ainée, celle-ci comportait des plaques de blindages supplémentaires et des brassards renforcés pour les combats violents comme les abordages. Ainsi paré, chaque guerrier était une machine de guerre implacable. Ipanov s'arrêta un instant pour jauger leurs états. Les couleurs noire et jaune étaient effacées par endroits et bosselées. Mais elles semblaient s'en être bien sorties. Grâce à leurs propriétaires. 

Le capitaine inclina la tête vers ses guerriers alors que son regard quittait leurs armures.
Ses yeux se focalisèrent sur une salle où deux Astartes reposaient en silence. 

« Mes frères, les reconnut-il. »

Un apothicaire était en train de récupérer les glandes des deux Astartes à l'aide d'un outil d'extraction chirurgical. Il releva la tête et salua.

« Deux de moins. J'espère que le décompte va être plus lent qu'il n'a commencé. 

« Je ne fonderais guère trop d’espoir si j’étais vous, frère-apothicaire Hébor.

« Ils étaient de braves guerriers, ajouta ce dernier. »

Ipanov hocha la tête.

« Oui, ils l'étaient, dit-il en repensant à ces derniers avec qui il avait combattu pendant des décennies durant.  « Mais en tant que guerrier de l' Empereur, telle est notre destiné. C'est notre devoir. Nous servons l’Humanité. Et nous mourrons en combattants valeureux que nous sommes. »

L'apothicaire se leva en rangeant les glandes progénoides des deux guerriers, leur patrimoine, dans des tubes pendants à son ceinturon. Son narthécium lui, se rétracta au niveau de son poignet. 

« Bien entendu, répondit-il sans doute aucun. « Ceux ci baignent désormais dans un sommeil profond, comme notre chère Olympia, dit-il en s’attardant sur les deux dépouilles."

Personne ne releva. Tous les membres du bataillon maudissaient les exactions perpétrées par leur Primarch et la légion à l'encontre de leur monde natal quelques années auparavant. Ils n'y avaient pas participé, puisqu'on leur avait ordonner de prendre un monde du nom de Corona VI avant d'en être la garnison quelques mois avant le tragique évènement. Rien que de penser à cela laissait des cicatrices à ciel ouvert qu'il leur était impossible d'oublier.

Le capitaine se mit à genoux en pensant parallèlement à cette tragédie.

« Vous avez honoré la légion, et personne ne vous oubliera. Reposez en paix mes frères.
Ipanov se releva à son tour et sortit de la pièce. L’escouade se tenait devant lui presque au complet. 

« Lieutenant, prononça t-il, « où sont les autres éléments de la compagnie ? je veux savoir quels sont nos effectifs.

« Mes deux autres escouades, articula Capone Zuvar, « sont en ce moment même en train de ratisser les ponts en dessous, près de la coque, toujours en quête d’éléments ennemis éventuellement dissimulés et pouvant occasionner de sérieux dégâts s’ils ne sont pas démasqués à temps.

« Très bien, je n’en attendais pas moins de vous et de vos hommes.

« Quant aux autres éléments, le lieutenant Faum Dravell se trouve aux dernières nouvelles un pont au dessus, également à la poursuite des Night Lords. Et pour ce qui est de Zoror Kayo, le lieutenant tient les soutes et baies d’embarquement. »

Le capitaine hocha la tête satisfait. Toutefois sa petite mine ne passa pas inaperçu pour l'apothicaire Hebor.

« Capitaine? 

« Ça va, ça passera. J’ai connu pire.

« Je n'en doute pas, répondit Hebor avec assurance qui, de ce pas, se retira en tournant le dos au groupe de guerriers afin de courir à l’apothicarion dédié aux Astartes, pour s’occuper des blessés.

« Bien, s’exclama Ipanov Hoccard sa migraine bientôt dissipée, « ne nous attardons pas plus. Direction le pont numéro 4. »


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Message par - Talos - le Dim 12 Aoû 2018 - 0:21

Alors, il y a quelques petites choses qui méritent une relecture. Pas mal de phrases qui sont difficiles à déchiffrer, par exemple:

Comme l’avait imaginé le capitaine, Brazipov s’avança à sa rencontre mais le retint de son fléau que son frère regarda avant de lui demander explication.

Ce deuxième chapitre est plus long et bien plus fourni que le premier, je pense que tu as donc dû en rédiger une bonne partie d'un seul coup (mais je peux me tromper).

Je t'encourage également à être vigilant quant aux guillemets, dans la phrase suivante il aurait fallu les placer comme suit:

« Tu n'iras pas bien loin » , assura l'Iron Warrior en reprenant son souffle, cherchant son frère autour de lui, qu’il ne trouvait pas. »

J'ai également ajouté une virgule pour éviter que ta phrase soit trop longue et monocorde. N'hésite pas à placer des temps de pause comme je l'ai fait ci-dessus. Sans cela on a vite l'impression de "lire quelqu'un qui parle". Il faut que tu pose le jeu, la ponctuation t'aidera à tempérer tes phrases et tes dialogues, et la lecture n'en sera que plus claire et agréable Smile

En tout cas ça y est, ça pète ! J'ai bien aimé le Night Lord solitaire qui se bat au couteau en fuyant dans les entrailles du vaisseau Wink Dommage qu'il se soit lancé dans un combat à un contre deux; les Night Lords ne combattent généralement que lorsqu'ils ont l'avantage. C'était un bleu sûrement ! Héhé...

Bon à la fin, y'a du monde ! Beaucoup de noms à retenir, mais on sent que les Iron Warriors se mettent à peser dans le game et que ça va péter fort lors de la reconquête du vaisseau. Ça annonce du bon !
En tout cas avec ce style d'écriture dynamique, ça ne peut que bien se passer. Garde à l'esprit mon conseil sur la ponctuation, notamment lors des phases de combat, car avec tout ce que tu vas devoir décrire, il faudra être le plus clair et structuré possible si tu veux que le lecteur se fasse une idée propre à ce que tu souhaites lui faire découvrir Wink

Continue comme ça !


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Message par Nero le Dim 12 Aoû 2018 - 1:44

Ok. Bon, en effet ce fut un des chapitres les plus compliqué pour moi. Même jusqu'à ce que je le poste c'est dire. En fait je l' ai rédigé car pour des raisons scénaristiques je trouvai ça judicieux et nécessaire, sinon je passai toute cette étape à la trappe...
Mais je suis assez d'accord avec toi sur certaines phrases manquant de ponctuation dans ce chapitre ci.
En revanche les guillemets va falloir s y faire je crois car faute d avoir changé de pc je n'ai plus de guillemets mais cette autre ponctuation à la place mode anglaise...dsl...

Merci en tout de ces réactions et corrections.

La suite s annonce!
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Message par - Talos - le Dim 12 Aoû 2018 - 10:42

Ah mais c'est ton récit hein, tu l'arranges comme tu veux Wink

Pour les guillemets je faisais surtout référence à leur position, à la fin d'une phrase et pas à la fin de la description qui suit le dialogue. Mais avec tout ce que tu as rédigé, c'est normal d'avoir des loupés, on peut jamais se concentrer à fond. Perso je me relis énormément et des fois, à la 5ème relecture, je vois l'erreur qui était passée inaperçue...



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Message par Nero le Dim 12 Aoû 2018 - 15:30

                                                      III


                                         Un Grand Homme. Purge de l'Iron Wound. Dravell.


Inryr était un matelot du Cycle Infernal, la fameuse garde de la flotte de Corona VI, depuis cinq bonnes années maintenant. Il avait participé à l'assujetissement de la planète aux côtés de la légion, et se souviendrait de ce moment jusqu'à sa mort. Un moment glorieux et terrible aussi. Terrible d'avoir vu nombre d'hommes tombés sous les coups de la IV pour simplement avoir été éloignés trop longtemps de la lumière de l'Empereur. Tout ça  au nom de ce dieu. D'un être que tous vénéraient, idolâtraient, bien que ce fut interdit sous peine de mort sans séance tenante. 

Mais Inryr était homme lui même, et comment ne pas éprouver de quelconque sentiment à l'égard d'égarés que l'on forçait à se battre et mourir, pour un être soi disant parfait et un idéal qu'ils n'avaient jamais vu?

Il secoua la tête. De revoir ces images dures lui firent penser à ce que lui et ses frères d'armes avaient subit quelques jours plutôt au même endroit. Un évènement tragique. Toujours l'histoire finissait par se répéter.

Il y a moins de deux semaines, le Cycle Infernal ainsi que les membres de la IV subirent une perfide attaque sur Corona VI. Aussi improbable que cela fusse, une autre légion avait attaqué la planète avec aucune autre idée en tête que de la réduire à néant, avec les forces la défendant. Des dizaines de vaisseaux de la garde impériale, des frégates, des destroyers, des transporteurs et bien d'autres vaisseaux jonchaient très certainement encore l'espace en cet instant autour de la planète. Il n'y avait pas un seul survivant, hormis eux. 

Des rescapés. C'est ce qu'ils étaient à présent.

Inryr ne savait pas trop quoi en penser. Cela était à la fois horrible et inconcevable. Du jamais vu. Et c'est justement ce qui le bouleversait.

Mais il n'était pas seul à se poser des questions. Selon les dires provenant des ponts supérieurs, il se trouvait que les Night Lords de la VIIIème légion seraient responsables du carnage. D'ailleurs, le Maitre de Guerre Horus lui même aurait lancé une croisade à son effigie pour anéantir l'Imperium. Une page était sans nul doute en train de s'écrire.

Les Night Lords, pensa Inryr alors qu'il passait sa tête dans le couloir adjacent. Il n'avait eu que des échos concernant ces Astartes. Et ceux-ci avaient suffit aux hommes matelots pour ce faire une idée de ces sombres et féroces guerriers. Pouir tout dire, il n'avait pas vraiment hâte de se frotter à eux, pas plus que ses compères. Mais les ordres étaient les ordres.

Lui et les membres de son escouade avait reçu pour ordre de tenir la jonction 17 du pont 4. Les renforts faisant du mieux qu'ils pouvaient pour arriver en soutien.

Inryr tenait son fusil laser contre lui, et regardait devant lui, dans le vide. Il inspira un bon coup et de nouveau porta son attention dans le couloir.

Personne. Toujours pareil depuis qu'ils étaient là. Mais ce n'était que feinte. Ils étaient bien ici, tapis quelque part. Ce niveau était celui de nombreux membres d'équipage. Comme ceux du dessus avec le pont Medicae et en dessous avec l'Astartes. 

Il se gratta le cou, sa peau dégoulinant de sueur et l'attache de son casque pendant. Il grogna. 

« Putain de chaleur. »

Les autres ne se préoccupèrent pas de cette réflexion. Ils étaient trop attentifs aux mouvements de l'ennemi qui pouvaient se mouvoir n'importe quand dans le couloir en question. Ils les avaient vu une dizaine de minutes encore de ça, en train d'empiler des couverts et des corps. Cela les surprenaient qu’ils n’aient pas encore été remarqués.

Inryr regarda ses camarades, accroupis et dos aux murs pour la plupart. Tous portaient la tenu de fusillers de la flotte. Un uniforme noir et une armure carapace de fer. Inryr connaissait ces gars là. Il avait combattu avec depuis des années pour certains, bien que la majorité était de nouvelles recrues. 

« On devrait leur balancer tout ce qu'on a je dis " , cracha Obert, un nouveau. 

L'homme à côté de lui, un sergent avec un pistolet laser et une lame tronçonneuse modèle réduit de celles des guerriers de l'Astartes, observait lui aussi. Il regarda Inryr. Tout deux se connaissait depuis près de six ans. Six années de calvaire, de crasse et de douleur commune. Ils avaient de la chance d'être encore vivants. En cette époque de conflits incessants, un soldat de la garde ne survivait que rarement très longtemps. L'empereur devait sans doute les avoir dans ses bonnes grâces.

Ce sergent, du nom de Jarrl lui fit un signe de la tête.

« T'en penses quoi?

« Comment ça? répondit Inryr à voix basse. « C'est toi qui donne les ordres, pas moi.

« Arrêtes ça, c'est pas comme ci tu ne prenais jamais l’initiative, répondit l'autre calmement. »

Ils regardèrent à nouveau dans le couloir. Plus rien ne bougeait. Soudain, deux points rouges les fixèrent.
Les deux hommes se cachèrent à nouveau.

« Merde, dit Jarrl. "Il nous a vu. »

L'autre se contenta de tourner la tête amusé.

« Ouais, c'est ce que je crois aussi.

« On fait quoi alors vieux? demanda Jarrl.

« On fonce, chef, dit Obert accroupi. "Je vous le dis depuis tout à l'heure. »

Il y eut une pause.

« Quoi? se reprit aussitôt ce dernier.

« Tu as hâtes de mourir? demanda Inryr en le regardant sans émotion.

« Non, répondit pour le coup Obert.

« Tu m'envoies ravi alors, se contenta t-il de dire en fermant les yeux. « Où est le reste de la 9e section?
 
« Elle doit être en face, supposa Jarrl. « Enfin, normalement.

« Bien. »

Mourir. Mourir pour le Grand Homme, comme on l’appelait ici. Ou Empereur de l’Humanité aussi. Putain de cause, se dit-il. Et en plus face à des guerriers de l'Astartes. Au temps dire que si l'un d'entre nous tenait dix secondes, ce serait un exploit. Car c'était bel et bien une première que d'affronter des space marines. Mais aucun de nous ne parviendrait jusque là.

Avant même que l'escouade ne ce soit jetée à l'assaut, des tirs claquèrent dans l'air, contre les murs et les armures. Puis des détonations plus rauques éclatèrent à leur tour, et des cris retentirent.

                                                                            *

« A droite! voxa Harrix sur le canal inter escouade. » 

Des bolts fusaient dans la direction du groupe de guerriers Iron Warriors depuis le bout du couloir du pont 4. Il avait été expressément ordonné à l'équipage de se tenir à son poste ou de se cloitrer dans ses dortoirs afin de ne pas interférer avec la légion durant les combats. Seuls les matelots de la flotte protégeant les batiments sous les ordres du colonnel Spens avaient pour odre d'intervenir. 

L'escouade, rangée en file indienne contre un mur, répliquait autant que possible. Un tir nourri de la part des derniers Night Lords les obligeait à reculer et à se mettre à couvert.

« Là! hurla Zort. « Cible à terre! dit-il à travers son casque, alors qu'il lâchait une dernière salve sur une ombre en train de s'écrouler. »

Dans le couloir étroit, en plus des lentilles rouges des casques des Night Lords, on ne distinguait que les éclats des canons ainsi que les tirs sporadiques d'une unité de la garde.

L'ennemi, retranché derrière des barricades de fortune qu'il avait posé à la va vite, se concentrait sur son seul objectif qui était de tenir suffisamment longtemps afin de permettre à d'autres torpilles d'aborder le croiseur. S'il en venait d'autres. Car c’était sans savoir que les chefs de file de cette légion ne regardaient jamais à la dépense. Peu leur importait combien d’entre eux tombaient, s’ils avaient l’assurance d’atteindre leur but. Eux ne se souciaient guère des pertes, à l’instar des autres légions.

« Combien sont-ils encore là bas derrière? demanda Ipanov au lieutenant, situé à sa gauche. »

Il le regarda tandis que des bolts s'écrasaient contre les parois du corridor et répondit.

« Cinq. »

Le capitaine hocha la tête.

« Avons nous une arme lourde? »

Son frère le regarda et fit signe que oui.

« Dans ce cas, faites la venir au plus vite! Nettoyez moi ça !

« Il sera fait! lui répondit Capone. Celui-ci fit signe à Craxus de se rapprocher et d'entamer un tir de suppression dans le fond du couloir. 

Soudain, l'ennemi se releva d'un bond et tira à l'unisson. L'escouade s'abaissa aussitôt mais, d'un tir de plasma bien placé, Harrix fut malheureusement touché à une jambe. Il fit de son mieux pour se mettre à couvert, les parois autour de lui fondant de métal liquéfié, comme son propre membre sous son armure. La douleur était âpre. 

Sous l'ordre du lieutenant, Craxus ouvrit le feu de son bolter lourd. Le tir fut si assourdissant dans un espace aussi confiné, que les tympans auraient explosé si chacun n'avait pas eu son casque. Le tir de frère Craxus réduit à néant les couverts de fortune des Night Lords, en emportant deux dans son sillage, le thorax et les flancs troués. Autour, gisaient les soldats du Cycle Infernal, en plus grand nombre, certains encore en train de se tordre, les mains à leurs oreilles. Les quelques derniers ennemis s'évaporèrent puis loin dans le niveau. 

« Emmenez frère Harrix auprès d'un apothicaire sur le champ, ordonna le capitaine à Zort, tandis qu’il s’élançait au devant de la barricade, fléau en main.

« C'est bon! Je peux me battre, répondit le blessé, le visage rouge de douleur et sa jambe en moins.

« Je le sais, lui rétorqua son supérieur, mais c'est un ordre. Et vous allez l’exécuter. »

Harrix hocha la tête et les deux space marines partirent pour les ponts supérieurs.

« Vous autres, avec moi. »

Le reste de l'escouade emboita le pas. 

« Capitaine, articula Capone Zuvar en arrivant à son niveau, « je pense qu'il ne doit plus en rester beaucoup. On me rapporte à l'instant que les éléments de Zoror Kayo, du capitaine Délémos Faïr et du Centurion ont sécurisé les ponts jusqu’à la passerelle de fond en comble. Ils sont cernés. 

« Parfait, ils sont faits comme des rats, lui concéda t-il. « N'avons nous pas un lance flammes?

« Non, répondit Bronne, « sinon croyez bien que je m’en serais donné à cœur joie.

« C'est bien dommage, avoua Bazilleuck Eunam en passant par dessus le corps d'un guerrier ennemi. 

« Tous devraient être brûlés pour l'infamie qu'ils ont commis. »

Des grognements émis par le biais des vox des combattants de l'escouade approuvèrent cette remarque, alors que le groupe lui même s'enfonçait dans le niveau en faisait attention au moindre mouvement suspect.

                                                                              *

Le couloir était jonché de cadavres. La section 9 était décimée. Les Night Lords avaient dirigé leurs tirs en premier vers les mortels. Leurs souffrance n'avait pas duré. 

Tant mieux pour nous, se dit Inryr quand on savait avec quelle cruauté macabre ils se défoulaient sur les cadavres. Mais ces derniers avaient fini par déguerpir, nota-il en se relevant.

Lui et Jarrl marchaient côté à côte, les tympans en sang suite à une décharge de bolter lourd. Cependant, ils n'avaient pas pour autant perdu des hommes. Obert était derrière eux, le corps scindé en deux au milieu du couloir, la bouche ouverte, comme essayant de prononcer quelque chose. Cinq autres hommes de l'escouade se trouvaient au sol également.

Les quatre soldats restant avançaient prudemment au milieu des morts, du sang et de la puanteur des tirs lâchés.

Le groupe avait néanmoins vu un ou deux ennemis chanceler. Cela, ils en étaient certains. Sans doute par les tirs de leurs alliés de la IV. 

Inryr et Jarrl marchaient toujours, quand sur leur droite, leur provinrent des pas lourds. Avant même que les matelots n'aient tourné pour leur faire face, une demie escouade leur passa devant aux couleurs des Iron Warriors. Ces derniers ne leur prêtèrent aucune attention.

« Et dire que c’est pour eux qu'on se bat… cracha Inryr. « Pas une once de respect et de politesse pour les larves que nous sommes à leurs yeux.

« Arrêtes de geindre grand mère, répondit Jarrl. « A quoi t'attends tu au juste de leur part? »

L'autre ne répondit pas.

« Tu peux pas tenir des propos comme ça vieux, ca va te faire tuer tôt ou tard.

« Tu sais, dit Inryr, « je me demande bien la véritable raison de la trahison du Maitre de Guerre. Et si c'était parce qu'il y avait trop de règles, trop de principes peut-être révolus?

« Tais toi, dit Jarrl en passant par dessus le corps en miettes d'un homme. « Je vais finir par te trouer la peau sinon. »

Inryr rit. 

« Si tel avait été ton souhait, tu n'attendrais pas tout ce temps à m'entendre réitérer ces blasphèmes.

« T'es qu'un con. Ça je te le réitère aussi, vieux. »

Ils passèrent à côté de deux space marines en armure d’un bleu de nuit, trouées de toutes parts, leurs âmes aussi noires fussent-elles éteintes à tout jamais. Ils s’accroupirent.

« Tu as vu leur peau ? dit Jaarl piqué dans sa curiosité. 

« Ouais, se passa t-il une main sur sa bouche. « Elle est pâle. Comme celle d’un cadavre. Et ca pue. »

Jarrl hocha la tête.

« Comme un cadavre. »

Ils se relevèrent. Derrière eux, deux autres space marine bras dessus bras dessous marchaient à l'opposé d'eux.

« On devrait aller voir ailleurs, dit Jarrl. 

« Je suis d'accord, répondit son ami."

                                                                             *

En progressant à travers les dédales de coursives parfois enveloppées de volutes de gaz s'échappant de tuyaux, les Iron Warriors entendirent courir. Par précaution et pour éviter au cas où de tirer sur une escouade alliée, ou par mégarde sur des membres d'équipage, le capitaine prononça le mot de passe de la compagnie.

« Fer! »

Pas une seule réponse. Seulement des tirs dirigés dans leur direction.

« Contact! relia Brakenoz par son vox intégré.

« A l'abri, reprit le lieutenant. » 

Ce qu'ils firent sans discuter. Tous se mirent à genoux et tirèrent. Un autre individu s'écroula parmi les Night Lords, son armure perçée.

« Il en reste encore! rugit Bronne. 

« Boucliers ! commanda alors Ipanov en brandissant son fléau bien haut, les membres de l’escouade l’entourant, formant un mur de fer. «  Avec moi. »

Soudain, avant même que les Iron Warriors ne se soient lancés à la charge, des tirs en provenance de derrière l'ennemi firent leur apparition. La puissance de feu était telle, que les derniers adversaires s'effondrèrent, déchiquetés par les bolts à bout portant avant leur tentative suicidaire d’un assaut en apothéose contre le mur de guerriers devant eux. Il n'y eut plus un seul bruit pendant plusieurs secondes.

« Fer, dit une voix chargée d’autorité. 

« Fer, répondit Ipanov aussitôt en se démarquant de ses hommes, le mur se dispersant autour des cadavres de la VIII. »

Le guerrier qui arrivait était grand et bardé d'icônes glorifiantes tel le lieutenant Capone Zuvar lui même. Seul l'insigne qu'il arborait sur une de ses épaules permettait de le reconnaître aussi comme un lieutenant de compagnie.

« Lieutenant Faum Dravell, prononça Ipanov Hoccard en tendant son bras droit.

« Capitaine, lui répondit-il en le lui empoignant. « Je vois qu'on a repris du service, dit le nouveau venu d'un rire moqueur plein d’empathie avant de saluer l’autre lieutenant présent.

« L’ennemi ne se lasse jamais de moi, lui répondit Ipanov avec un sourire. »

Ils se regardèrent un fugace instant quand le lieutenant Dravell ôta son heaume.

« Ah! Qu'il me réjouit de verser à nouveau le sang de nos ennemis aux côtés des meilleurs de la légion! Comme au temps de la Grande Croisade! N’est ce pas capitaine ?"

Tout deux, bien que de grade différent, étaient de bons amis, chacun modelé par plus d'un demi siècle de guerre, à livrer bataille côte à côte. Et ceci depuis le jour où on les avait arraché à leur foyer sur Olympia. Dans le but de devenir les fiers guerriers qu'ils étaient aujourd'hui.

« Comme vous dites, répondit Ipanov ses traits toujours étirés, enlevant à son tour son casque et songeant un instant à cette belle époque que fut la Croisade. « De plus, grâce à vous nous en avons terminé avec ceux là, désigna t-il les cadavres à leurs pieds.

« Espérons qu'il s'agissait là des derniers, bien que si d'autres veuillent s'amuser à monter à bord de ce vaisseau, ils seraient bien accueillis, intervint Capone Zuvar.»

Des rires de la part des guerriers de la compagnie animèrent le corridor sur cette déclaration.

« Personne n’en doute, lieutenant, lança le capitaine. » Mais je ne crois pas avoir entendu de nouvelles secousses depuis un bon moment maintenant. Je pense que l'ennemi a dû freiner les convoies suicidaires, déclara t-il en masquant un autre sourire.

« Très certainement, reconnut Dravell.

« J'apprends que plusieurs escouades sont aux baies d'embarquement, sous le commandement de Zoror Kayo et elles ne relèvent plus aucune présence ennemie de leur côté ni même en provenance, leur déclara Capone Zuvar qui écoutait ce qu’on lui rapportait par radio. « Qui plus est, notre bon Centurion vétéran affirme que l'accés à la passerelle est à présent viable.

« Dans ce cas, nous pouvons remonter, en convint Ipanov. « Je pense que le lieutenant-commandant a beaucoup à nous dire. »


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Message par Nero le Lun 20 Aoû 2018 - 17:03

                                                      IV


                                          Passerelle. De Serments et de Fer. Humiliation

Les portes du Stratagium s'ouvrirent. Deux guerriers vétérans en armure Terminator cataphractii montaient la garde telles deux statues de chaque côté.

La salle était vaste et recouverte de métal. Pas n'importe lequel. Il s'agissait d'un fer que seule la légion connaissait. Un fer tout droit extrait des mines d'Olympia puis mis entre les mains de l'Adeptus Mechanicus, les mêmes ayant construit les vaisseaux de la légion toute entière sur Mars. Cela rappelait aux Iron Warrior leur monde d'origine. 

Par ailleurs, ce même matériau correspondait à une partie de chacun d'entre eux, puisque leurs armures en étaient façonnées. Ainsi, les guerriers de la IVe et le métal ne faisait qu'un. 

Passés maitres à la fois dans l'art du siège et de preneurs de forteresses, leurs seuls rivaux étaient les Imperial Fist, une autre légion envers qui une inimitié ne faisait que croitre pour sa maitrise défensive spectaculaire d'un objectif et à ériger des citadelles imprenables.

La IVe légion était souvent prise pour de la chair à canon. Durant la Grande Croisade, les Iron Warrior étaient toujours en première ligne lorsqu'on avait besoin d'eux afin de briser un siège, quitte à patienter dans la gadoue durant des mois. La légion était également prise pour une troupe de réserve, vouée à construire des forteresses sur les mondes conquis et y entreposer des garnisons. 

En somme elle était mise à l'écart par rapport aux autres. Loin des lauriers qu’elle méritait bien souvent. Mais jamais elle ne se laissait abattre pour autant. Jamais elle ne se plaignait ni ne rechignait. 

C'est en passant devant quelques bannières suspendues dans le court accès menant au centre de la passerelle, que le capitaine de la 2nd compagnie se présenta devant son seigneur, le lieutenant-commandeur Bazilleuck Eunam. 

Celui-ci se tenait droit dans son armure Terminator, polie et plus imposante que celles de ses frères. Elle était parcourue de messages honorifiques ainsi que de cicatrices encore fraiches ici et là. Ses mains étaient appuyées contre la balustrade située en face de son siège de commandement vacant. Il observait la cohue qui régnait dans le strategium, où un peu moins d’un millier d’hommes et femmes de bord se trouvaient, chacun à son poste. 

Parmi eux on distinguait les timoniers d’un côté, s’occupant des ponts d’artillerie. Les membres des transmissions, supervisés par le Maitre des transmissions Till Kro, un modeste homme qui d’année en année avait su asseoir sa position et être reconnu par le lieutenant-commandeur lui-même. Ces mêmes hommes et femmes ainsi que les serviteurs branchés à leur poste, qui relayaient toutes les informations au sein du croiseur et de leur petite flotte. Il y avait également les astropathes, guidés par leur Maitresse Ing Sae deux orbes noires à la place des yeux, prenant note du moindre flux d’information derrière les rideaux sombres du Warp en quête d’échanges avec d’autres légions ou flottes impériales. Elle discernait même quand la chance leur souriait, des brides d’informations sur les positions de leurs ennemis, voire, la route la plus sûre à emprunter dans l’Immaterium. 

Et puis il y avait le Capitaine de pavillon, une femme d’une cinquantaine d’années terranes. Les années aux services de la flotte et de la IV de fer n’avait en rien fait disparaître les traits marquant son visage déjà éprouvé par le temps. Son nom était Serena Dior, issue d’une noble famille et qui était rentrée au collège de la Navy impériale très jeune, pour en ressortir une dizaine d’années plus tard comme officier de quart d’une frégate de la flotte de Corona VI avant d’être transférée il y a près de deux ans  maintenant sur l’Iron Wound en tant que capitaine de pavillon. Un honneur pour elle, surtout en présence du lieutenant-commandeur et du reste de la légion. Dans son uniforme gris impeccable, sans un plis, cette dernière fit un quart de tour et salua l’arrivée du guerrier.

« Capitaine Ipanov Hoccard sur le pont, lieutenant-commandeur ! »

Celui-ci se retourna lentement, son armure Terminator sifflant de ses pistons aux articulations, sous le poids de l’armure d’adamantium. Il était un guerrier grand et fier, une certaine noblesse se lisant sur la moitié restante de son visage encore fait de chair, sans doute issue d’une digne famille olympienne.
Bazilleuck Eunam était pensif et calme, ce qui était surprenant avec la cohue qui régnait et leur situation actuelle. Dans le strategium, des personnes accouraient en tout sens, notamment sur les balcons en dessous, sous les regards attentifs de patrouilles du Cycle Infernal circulant de ci de là. Tout comme leurs semblables humains, les serviteurs du mechanicum passaient entre les différentes stations avant de disparaître dans cette marée en mouvement et réapparaitre plus loin dans ce vaste théâtre d’opérations.
 
« Frère capitaine, l’accueillit néanmoins Bazilleuck Eunam d’une voix rude, « je suis heureux de pouvoir compter de nouveau sur un élément fiable de cette légion en ces heures sombres qui s’annoncent. »

Ipanov Hoccard  salua son commandant, avant de saluer la capitaine de pavillon Serena Dior, qui, sans la présence de l’Astartes sur la passerelle, ou bien sur ordre, était celle qui dirigeait les opérations en leur absence.

« Commandeur, dit celui-ci. « J’ai appris en route que nous avions fuit in extremis le système de Corona VI, et ce sur votre ordre. »

Son commandant baissa les yeux sur lui. Il savait qu’il lui devait des explications.

« Oui, sur mon ordre j’ai ordonné à ce qui restait de la flotte de sauter dans le Warp afin de gagner un autre système. Nous nous faisions massacrer là bas, cloués de surprise.

« Et nous sommes donc sortis, si j’en crois les combats auxquels j’ai assisté ? »

Le lieutenant-commandeur se tourna de nouveau vers la passerelle. Autour d’eux, leur petite flotte était en prise avec leur anciens frères, même s’il était toujours compliqué de les qualifier ainsi et de se rendre compte de la trahison qu’ils avaient perpétré. Pas seulement sur Corona VI, mais bien au-delà. S’il devait en croire ce qu’il voyait et ce que les astropathes depuis des semaines lui apprenaient des systèmes entiers sombraient dans le chaos les uns après les autres.

L’ennemi avait cessé tout nouvel abordage. Leur flotte, comptant une vingtaine de vaisseaux, et avec rien de moins que deux barges de bataille dans leurs rangs, encerclait celle du lieutenant-commandeur à quatre contre un. Leurs canons étaient dirigés contre l’Iron Wound essentiellement, principale menace, le reste sur les quelques frégates les accompagnant ainsi que les nefs plus petites.

« Oui, finit-il par répondre, « mais notre situation n’est pas à envier comme vous le voyez. L’ennemi est sur le point de nous écraser. Les timoniers me rapportent que les boucliers ne sont plus qu’à trente pour cent, et qu’il nous faut une dizaine de minutes pour atteindre les trois quarts. Autant dire qu’il peut se passer beaucoup de choses en ce temps imparti. »

Soudain, les portes coulissantes dans leur dos s’ouvrirent, laissant apparaître un guerrier dans sa propre armure cataphractii, son heaume à cimier sous le coude. Son visage était couturé de cicatrices et une plaie sanguinolente peignait son visage de vétéran.

« Centurion Celeste Rugor, salua Ipanov.

« Frère, lui rendit l’appareil ce dernier.

« Vous ne vous en êtes pas tiré sans encombre de toute évidence mon ami, lui lâcha le lieutenant-commandeur avec un sourire sans joie.

« Ces psychopathes de la VIII savent se battre je vous l’accorde, mais ils ont encore du travail s’ils comptent venir à bout du dernier d’entre nous. »

Bazilleuck accepta cette déclaration d’un hochement de tête.

« Voilà qui est parlé, dit Ipanov. 

« Bien, mes frères, nous voici dans une impasse. Le Palatin de Fer a au moins avec lui le 1er bataillon de Sourilov Dantar, en plus de l’appui de la VIII. Si nos estimations son bonnes, cela ferait près d’un millier  de guerriers, si ce n’est davantage. Sans compter des éléments de la garde et du mechanicum plus que probable. »

Les deux officiers en prirent bonne note.

« Savons nous si le Maitre de forge est présent ? demanda Ipanov.

« Nous ne détectons pas sa présence, lui répondit le commandant sans se tourner vers lui, «  il est fort probable qu’il soit resté aux côtés du Primarch et qu’il est envoyé son pantin à sa place accomplir cette besogne. 

« Quoi qu’il en soit, comme vous l’avez dit, il nous faut trouver une solution et vite, répéta Ipanov Hoccard « nous n’allons certainement pas rester ici à attendre qu’ils viennent frapper à nouveau à la porte, ou qu’ils nous pulvérisent sans résistance de notre part. »

Le lieutenant-commandeur regarda le capitaine de la 2nde compagnie. Qu’y voyait-il à travers ces yeux ? derrière cette jeunesse qu’il enviait, déjà loin derrière pour lui après toutes ces années de guerre ? L’ambition? le courage? la ténacité? Tout autant de traits caractéristiques propres aux guerriers de la légion. 

« Il a raison, l’appuya Celeste Rugor d’une voix rauque. « Nous devons nous montrer offensifs. Nous devons prendre l’initiative, chose à laquelle l’ennemi ne s’attend pas.

« Que suggérer vous mes frères ? Passez en force au travers de leur flotte dans l’espoir qu’un de nos bâtiments s’en sorte, malgré le barrage d’artillerie qui nous accueillerait ? 

« Non, répondit hâtivement Ipanov, mais le croiseur dispose de torpilles d’abordage. Envoyez nous, ma compagnie et moi à bord du vaisseau amiral ennemi, et coupons lui la tête. Nous aurions au moins une certaine forme de vengeance, même si nous n’occasionnons pas plus de dégâts.

« Je suis d’accord, approuva le centurion vétéran. « Laissez moi aussi prendre part à l’assaut, commandant. »

Bazilleuck leva un doigt aussitôt.

« Non, répondit-il, j’ai besoin de vos vétérans pour protéger l’Iron Wound si pendant l’assaut, l’ennemi en profitait pour lancer une nouvelle offensive. Nous nous retrouverions alors sans défense. »

Celeste Rugor ne dit rien, se contentant de suivre les ordres du lieutenant-commandeur, même si dans le fond il regrettait cette assiduité qui lui faisant tant honneur. 

« Une mission suicide, articula le commandant en regardant Serana Dior qui s’en était retournée auprès du reste du personnel de la flotte. Elle donnait des ordres et se tenait droite et calme, comme si ce qui se passait dehors ne l’affectait aucunement. Il était fier d’être entouré de telles personnes, mortels comme Astartes. Prêtes à s’acquitter jusqu’au bout de leur devoir. De serments et de fer, pensa t-il. 

« Lieutenant-commandeur ! l’appela cette dernière! " le vaisseau de ligne de la IV, le Fury of Iron entre en contact avec nous.

« Attendons votre réponse, lui envoya Till Kro, le Maitre des transmissions. »

Bazilleuk mit plusieurs secondes, de longues secondes avant de donner sa réponse. Pourquoi ? pourquoi maintenant ? pourquoi ces derniers décidaient-ils d’apparaitre seulement maintenant, alors que le commandant allait donner son feu vert pour l’assaut.

« Ouvrez le canal, leur répondit-il d’une voix profonde et mesurée. »

Apparu devant eux sous forme holographique, l’image en temps réelle sur le vaisseau amiral de la IV, celle d'un guerrier que Bazilleuck ne considérait plus comme un frère depuis déjà bien longtemps. Son visage plus jeune, traduisait l’ambition derrière ses yeux. Un feu le galvanisait depuis que le lieutenant-commandeur l’avait revu sur Corona VI, juste avant leur attaque perfide. Tous les yeux étaient braqués sur lui, sur ce guerrier immobile dans sa nouvelle armure Terminator. Le lieutenant-commandeur et ses hommes se tendirent soudain quand un sourire malicieux aux coins des lèvres, la voix de l’individu se répercuta sur toute la passerelle.

« Mes frères, les apostropha t-il. « Il n’est pas nécessaire de vous sacrifier. Je me tiens devant vous afin de vous rappeler les serments prêtés devant nôtre Primarch et le Maitre de Guerre pour mener la Grande Croisade. Je vous offre une dernière chance avant que nos canons ne vous expédient dans les tréfonds de ce système. »

Sa voix qui se répercutait dans tout le croiseur via les innombrables vox et hauts parleurs, ainsi qu’au sein du reste de la flotte, amena à la fois silence et consternation de la part des membres d’équipage. La passerelle quant à elle demeurait relativement calme face aux menaces proférées.

« Palatin de Fer Ekos Torar, prononça calmement le lieutenant-commandeur. « Une fois encore vous prouvez à merveille que vous êtes le digne chien du Maitre de forge. Vous courez là où il vous ordonne d’aller.

« Ce en quoi j’excelle, tout à fait. Il suffit de regarder la situation posément derrière les hublots pour se rendre compte que vous ne pouvez vous enfuir. »

Bazilleuck Eunam bomba le torse, il le répugnait presque de converser avec un être aussi vil et exécrable qu’Ekos Torar. Et son opposition face au Palatin de Fer aux yeux de ses guerriers, comme le centurion vétéran et Ipanov Hoccard en cet instant, les rendait plus fiers qu’ils ne l’avaient jamais été.

Le lieutenant-commandeur était un combattant émérite. Il était respecter par tous ses semblables, même ceux qui semblaient les avoir abandonner pour une cause plus importante à leurs yeux que d’honorer leur serment prêté envers l’Empereur. 

Au sein de son bataillon, Bazilleuck était un héros. Il y a plusieurs années maintenant, avant d’être cantonné sur Corona VI, il avait participé à la campagne contre les Hruds sur Gugann aux côtés du Primarch et de nombre de ses frères. Cela s’était passé peu de temps avant le massacre d’Olympia. Il était glorifié encore aujourd’hui par ses guerriers pour s’être retrouvé seul, piégé dans les labyrinthes Hruds à se battre pendant plusieurs jours avec toute une compagnie, la 5ème très exactement, qui n’était plus, avant que le reste de son bataillon ne le retrouve finalement unique survivant. 

Mais c’est ici que tout s’arrêta. Si ses guerriers reconnaissaient le meneur et le champion qu’il était, ça n’avait pas été du goût du seigneur Perturabo qui l’avait admonesté pour avoir perdu autant d’hommes.  Même si tous savaient quelle glorieuse fin attendait au tournent chaque combattant de l’Astartes, c'était toujours un honneur que de partir en emmenant un maximum d’ennemis dans la tombe à ses côtés.

Puis, sans attendre, le lieutenant-commandeur était devenu un laissé pour compte lui aussi, lorsque Perturabo lui-même exigea qu’il fut envoyé lui et son bataillon en garnison sur Corona VI, monde qu'il avait d'ailleurs aux côtés de ses frères ramené dans le giron de l'Imperium quelques semaines avant. Une sorte de punition, afin de rester loin de la légion. Une fin tragique comme il s'en était vu d'autres à la fin de cette campagne.

Ce simple souvenir indélébile le renfrogna aussitôt. Mais il n’en montra rien, et d’un geste délicat qui passa inaperçu aux yeux d'Ekos Torar, il ordonna au capitaine de la 2nde compagnie de se préparer à l’assaut. Il lui valider sa proposition en sachant pertinemment le coût que représenterait cette mission si c'était un échec. 

Mais avant même qu'Ipanov Hoccard n'ait hoché la tête, son regard comme celui de ses frères, s'attarda sur ce qui approchait dangereusement aux côtés du Fury Of Iron. Une autre barge de bataille à la coque bleue nuit. 

Le capitaine de la 2nde compagnie jeta un regard discret à son lieutenant-commandeur, puis s'en alla, avec finalement une petite idée à qui rendre visite et faire payer le prix du sang. Les guerriers de la nuit allait rapidement avoir de leurs nouvelles.

Bazilleuck inspira enfin un grand coup avant de donner sa réponse.

« Non, vous avez raison, répondit-il. Nous ne pouvons nous enfuir, c'est vrai. Mais ce n’est pas pour autant que vous nous verrez baisser les armes. Nous savons encore qui nous sommes et dans quelle direction battent nos cœurs.

« Que c’est touchant, fit le Palatin de Fer. « Vous ne comprenez décidément rien. Sur un simple ordre, vous n’êtes plus ! tous autant que vous êtes ! les intimidait-il. « Ralliez vous à nous ! ralliez vos guerriers à ceux de Sourilov Dantar et du Primarch ! Rejoignez nous dans cette nouvelle croisade sous l’égide d’Horus Lupercal, nouveau souverain de l’Imperium ! »

Ses mots transpercèrent les oreilles de tout l’équipage comme une balle traverserait un corps. Tous, même Serena Dior pourtant rompue à l’agressivité des combats spatiaux ou encore à la colère des Astartes, fit un pas en arrière, comme si les propos l’avaient giflé.

« Non, fut tout ce que répondit le lieutenant-commandeur en sachant pertinemment quels risques cela les faisaient encourir que de s’opposer plus longtemps au Palatin de Fer. »

Ce dernier ne dit plus rien un moment et inspira, jaugeant les hommes et femmes devant lui pour qui il ne ressentait rien du tout, puis les Astartes sur le balcon principal où se tenaient Bazilleuck et les membres de sa garde personnelle.

« Qu’il en soit ainsi dans ce cas, formula t-il pour simple réponse avant de disparaître, voyant qu’il n’obtiendrait pas plus.

« Connexion rompue ! lança Till Kro derrière un poste de transmissions.

« Manœuvre de la flotte ennemie, dit Serena Dior qui interceptait les informations par saccade entre les plaques qu’on lui faisait circuler et ce qu’on lui transmettait dans son affichage rétinien.

« Que font-ils, s’interrogea Celeste Rugor en faisant un pas près de son commandant, même s’il voyait très clairement la nouvelle disposition des bâtiments ennemis derrière la baie d’observation de la passerelle. »

Bazilleuck plissa le front. Il comprit instantanément ce qui se passait.

« Le reste de la flotte est prise pour cible lieutenant-commandeur ! s’exclama Till Kro.

« Tirs ennemis détectés à quarante milles kilomètres ! ajouta un serviteur à une autre station. « et leur flotte se rapproche.

« Riposte immédiate !" ordonna Serena Dior d’un bras tendu en direction des stations de timonerie. 

Le lieutenant-commandeur ne dit rien. Il laissait le champ libre au capitaine de pavillon qui maitrisait la situation. Et puis elle était à bord de l’Iron Wound depuis aussi longtemps que lui, et l’équipage avait l’habitude d’entendre sa voix et ses ordres. Bien qu’ils en auraient fait autant pour leur commandant. Cela lui permettait de scruter l’ensemble de la disposition de la flotte adverse, qui s’avançait à chaque seconde un peu plus près comme un lion sur sa proie.

« Renvoyez les de là où ils n’auraient jamais du sortir ! commanda t-elle du voix chargée. « A toutes les batteries, feu à volonté ! »

Depuis sa position, Bazilleuck et ses guerriers pouvaient voir les obus et les flèches laser sortir des canons de leur maigre flotte dans des flammes de bouche, ainsi que ceux de leurs ennemis, qu’ils voyaient se rapprocher inéluctablement avant de s’écraser sur les boucliers crépitant d’un jaune écailleux du reste de leurs batiments.

A mesure que leur adversaire approchait, Bazilleuck discernait sur les écrans de contrôle la couleur de fer de la coque du vaisseau amiral du Palatin de Fer, dont l'aquila avait été sauvagement dépeint et même brûlé. C'était un vaisseau monstrueux. Gigantesque. Et les termes n'étaient en rien exagérés. Il s'agissait d'une arme redoutable, dévastatrice en combat spatial. Il s'agissait d'une barge de bataille de l'Adeptus Astartes. Un des plus puissants vaisseaux jamais construits. A la seul vue de ces bâtiments, n'importe quel mortel aurait sombré dans la panique la plus compréhensible. 

La proue du bâtiment était garnie d'une multitude de canons telles des épines ou des crocs, les mêmes propulsant dans le vide leurs décharges avec une fureur dévastatrice sur eux. Très vite, le reste de leur flotte en fit de même et la barge de bataille Night Lords Twilight of Angels qui avait émergé, ouvrit le feu à son tour. Bazilleuck Eunam savait déjà qui était en poste à bord. Et rien que de revoir son visage, cela l'empourpra.


La frégate Iron Fist, après avoir lâché une salve meurtrière sur un destroyer de la VIII, fut ainsi la première à se scinder en deux quelques instants plus tard, lorsqu’un ensemble de tirs la percutèrent et la transpercèrent faisant tomber ses boucliers en l’espace de quelques secondes. La noble frégate disparut dans un nuage de feu et d’explosions temporaires ainsi que d’essence plasma avant de s’éteindre pour de bon.

Un autre destroyer léger et un escorteur succombèrent également de leurs blessures, terminant leur course dans le vide glaciale telles des coquilles vides.

Il ne restait plus que la frégate Honor of Iron qui se tenait aux côtés du croiseur de combat, mais qui subissait lourdement. Elle ne tiendrait plus très longtemps.

« Pourquoi ne s’en prennent-ils donc pas à nous ? exigea Celeste rugor à personne en particulier, même s’il attendait une réponse, qui vint par la suite de la bouche de son commandant.

« Ils veulent nous humilier, murmura t-il la mâchoire serrée. « Voilà ce qu’ils font. Ils nous mettent à genoux. Leurs salves, dit-il alors que le pont tremblait des tirs qui lui étaient adressés, « ne visent pas à nous annihiler. 

« Perte des boucliers à vingt et un pour cent ! s’égosilla Serena Dior en se tournant vers eux. « Nos canons n’ont abattu que deux destroyers ", leur communiqua t-elle.
Dans son coin, Ing Sae tremblait, ou plutôt se convulsait. Déjà plusieurs personnes se jetaient sur elle pour la prendre en charge, faisant venir aussi vite que possible des équipes médicales sur le pont de commandement. 

Bazilleuck regarda la scène en parallèle de la mise à mort des résidus de sa flotte.

« Ils…ils crient…ils crient et hurlent ! Je les entends ! ils hurlent dans le noir ! disait Ing Sae en secouant frénétiquement la tête comme pour en chasser les images et les voix. « Leurs âmes se consument et elles ploient devant plus fort qu’elles, termina t-elle avant de se redresser, soudain plus calme. »

Bazilleuck songea qu’il s’agissait là d’un avertissement, ou une sorte de mise en garde.

« Lieutenant-commandeur ! l’interpela la capitaine de pavillon, « navettes en approche !

« Détruisez les, ordonna t-il.

« Monseigneur, ajouta t-elle, « elles proviennent des frégates et destroyers perdus ! elles demandent l’ouverture des baies d’embarquement et des soutes. »

Sans hésitation, le commandant Iron Warrior changea de discours.

« Ouvrez leur les portes ! je refuse de voir mourir davantage de guerriers et membres d’équipage dans toute cette folie. « Ekos torar, tu me le paieras, jura t-il. »


Dernière édition par Nero le Mer 22 Aoû 2018 - 13:14, édité 4 fois


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Message par Corax le Mer 22 Aoû 2018 - 9:58

De très beaux Chapitres de ton histoire, c'est très rare de lire des choses sur les Iron Warriors restés Loyalistes envers l'Empereur. J'ai l'impression de lire du ADB à la Sauce Iron Warriors avec un brin de Night Lords comme il les aime.

Bravo à toi, continues comme cela. C'est top. okay bravo


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Message par Nero le Mer 22 Aoû 2018 - 11:59

Salut! merci bien à toi! Vous replonger dans les débuts de cette série épique est mon seul et unique but! j'essaye en tout cas!   Wink 
Et si vous prenez autant de plaisir à lire que moi à l'écrire, ca me satisfait! bonne lecture, la suite arrive sous peu!


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Message par Nero le Mer 22 Aoû 2018 - 12:25

                                                        V


                                             Aller simple. La valeur du fer. Les rescapés.

La 2nde compagnie du capitaine Ipanov Hoccard, ou ce qu’il en restait après l’abordage, comptait soixante quatorze guerriers. Quasiment les trois quarts. Ipanov avait emmené avec lui ses lieutenants. Faum Dravell, Zoror Kayo, ainsi que Capone Zuvar, chacun à la tête d’un détachement de près de vingt cinq guerriers.

Ils avaient embarqué séparément, chaque groupe dans une torpille d’abordage. Ils étaient tous assis, fixés à leur harnais, leurs armes posées près d’eux. Ils étaient en cet instant chargés d’une mission capitale, et le capitaine, intérieurement ne cessait de remercier son commandant pour leur avoir donner cet ordre qui bientôt les verrait s’écraser sur le vaisseau ennemi de la VIII. 

Il s’agissait d’une barge de bataille, les plus puissants bâtiments des flottes de l’Astartes. Chacun de ces navires de ligne pouvait transporter des centaines de guerriers. Mais le nombre ne faisait pas peur aux Iron Warrior. Pour eux, seul le devoir comptait.

« Bien, s’adressa t-il accroché à son propre harnais, debout devant ses troupes, son heaume fraichement remis en état par le techmarine Valdon dans l’heure. « J’aimerais dire que l’on entre et sort, mais vous savez tous qu’il n’en sera rien. »

Les guerriers rirent noir. Ils savaient ce qu’ils avaient à faire et ce qu’ils risquaient, comme toujours.
« Nous allons pénétrer à bord de la barge ennemie, mais il n’y a aucune chance pour que l’on en ressorte mes frères. C’est un aller simple. »

Encore des rires, mêlés à certaines prières discrètes et des grognements presque primitifs. Beaucoup juraient qu’ils donneraient vengeance.

« Une ignominie a été commise sur Istvaan III où nombre de nos frères de légions sœurs sont tombés sous les coups des traitres. Cette trahison s’est poursuivie jusqu’à Corona VI et elle nous suit maintenant jusque là. Il marqua une pause le temps que tous entendent bien ce qu’il disait. « Mais ça n’ira pas plus loin ! Nous allons arrêter cette folie ici ! Nous allons régler ce différent avec nos frères et ils en répondront de nos lames ! »

Les guerriers rugirent à pleine gorge. Il n’y avait pas plus fiers combattants de l’Imperium qu’eux en cet instant fatidique.

Tandis que la torpille était propulsé en direction du vaisseau adverse depuis plusieurs minutes, Ipanov regardait les heaumes de tous ses guerriers cachant leurs visages coléreux et impatients. Ils allaient être menés par son second, le lieutenant Capone Zuvar. Et très prochainement, leur courroux s’abattrait. Ils avaient tous hâte. Il avait hâte.

                                                                                *

« C’est moche, je vous l’accorde, mais vous vivrez pour mieux combattre demain, mon frère.

« Peut-être, mais avec une jambe bionique. Une prothèse de fer ! s’exclama le guerrier allongé sur la table d’opération.

« Ne reconnaissez vous pas la valeur du fer sur la chair ? s’étonna presque le frère apothicaire Hebor, ses ustensiles de chirurgie entre les mains, en train de dépoussiérer et nettoyer le membre avant l'opération. »

Harrix, l’Iron Warrior qui avait perdu sa jambe lors de l’embuscade de la VIII un peu plus tôt, ne concevait pas que cela lui soit tombé dessus. Non pas qu’il aurait fallu que quelqu’un d’autre se trouve à sa place, il acceptait son sort et ferait comme on le lui ordonnait même avec sa nouvelle jambe. Mais quand même.

« Bien sûr que non, s’offusqua t-il, «  je salue le fer qui s’écoule en moi depuis que j’ai rejoint la légion. C’est juste… »

Il s’arrêta abruptement, comme mécontent.

« Vous n’êtes pas le seul dans ce cas, frère, lui dit Hebor pour le rassurer. « Nombreux sont les blessés de guerre, les mutilés à repartir au combat munis de ces nouveaux implants. Et croyez moi, après la première bataille avec, ils reviennent me voir pour me dire que s’ils avaient su, ils auraient préféré être blessé plus tôt. »

Le guerrier lorgna l’apothicaire cherchant le vrai du faux. Il se demandait si ce dernier ne se moquait pas un peu de lui. Quoi qu’il en soit, il n’avait pas le choix, et retournerait au combat ainsi pourvu.
« La compagnie est partie sans moi, se sentit néanmoins Harrix obligé de relever. « Et si jamais plus je ne pouvais me battre à leurs côtés ? » 

L’autre leva les yeux vers lui, comprenant sa souffrance plus empathique que physique.

« Il y a toujours la guerre pour des êtres comme nous. Nous avons été façonnés pour la répandre. Alors ne soyez pas trop hâtif. Bien assez tôt vous retournerez au combat. Je doute que notre ennemi nous abandonne à notre sort. »

Hebor ne dit plus rien, il pensait aux propos qu’il venait de tenir. Harrix lui non plus de disait mot, acceptant finalement cet état de fait. Sans doute sa jeunesse parlait pour lui, se concevait l’apothicaire. Cette impatience en était typique.

L’apothicaire tapa une séquence sur une console, et la table fut attrapée par des bras mécaniques qui se déployaient du plafond et dessous la table. Cette dernière fut mis à la verticale, Harrix maintenu contre par des ceintures de sécurité qui le tenaient collé. Puis, les bras transférèrent la table et le patient dans une capsule pour l’opération.

L’apothicaire se leva, et depuis un autre terminal, lança les dernières séquences. Un liquide verdâtre se répandit dans la capsule, puis quelques minutes plus tard, le sédatif mêlé à l’eau et aux antiseptiques l’endormirent. 

Hebor tourna le dos au guerrier et s’en retourna à travers la salle de soins, où d’autres blessés de diverses compagnies patientaient en jurant à voix haute ou en silence.

Derrière lui, d’autres bras mécaniques plus petits se déployèrent dans la capsule et se mirent à confectionner le nouveau membre d’ Harrix.

                                                                                *

L’alarme résonnait à travers tout le vaisseau, sur tous les ponts. Depuis le début des hostilités, quand ils étaient sortis de l’Immaterium, jamais la sirène ne s’était vraiment tue. Toujours elle était demeurée présente, soit plus silencieuse, soit masquée par les combats à bord.

L'équipage entier était sur le qui vive. Tout était mis en œuvre pour que l'ennemi n'atteigne pas à nouveau l’Iron Wound. Chaque contingent de la garde se tenait prêt à recevoir des nouvelles de l'ennemi, patrouillant à travers tous les niveaux. Et en particulier les matelots du Cycle Infernal sous les directives du colonel Spens.

Toutefois, les uns comme les autres avaient à présent une nouvelle mission, celle d’accueillir les rescapés de la flotte, qui débarquaient de leurs nacelles dans les baies dembarquement. Tel en fut le cas pour le lieutenant Arkos de la 4ème compagnie qui rugit une fois à l’extérieur, les mortels et serviteurs se ruant sur lui et les siens pour leur porter assistance.

Tout autour de lui et des éléments de sa compagnie qu’il avait réussi à sauver, soit moins de trente guerriers, le chaos avait pris place au lieu du calme habituel ou des clairons les préparant au déploiement.

Des centaines de personnes, des hommes et des femmes en sang, en pleurs et en panique mais soulagés d’être à l’abri même pour un temps, se tenaient là sous ses yeux coléreux. Ils étaient là, accroupis, affalés à même le sol, aidés des équipes de medicae qui se précipitaient pour leur venir en aide et les transférer en salle de soins quelques niveaux plus hauts.

Ce n’était pas de la haine vis-à-vis des mortels qu’il ressentait en voyant ce spectacle désolant. Non, c’était la colère des évènements. Tous ces serviteurs de l’Imperium nourrissaient chacun des bâtiments de la flotte avec un but bien précis, et les voilà qui maintenant n’avaient plus rien pour les guider.

Il marcha au milieu des blessés, et s’approcha d’un officier qui coordonnait ses troupes. A l’arrivée du guerrier vêtu de son armure d'adamantium, il se tint droit et salua comme le reste de ses soldats autour.

« Monseigneur ! une chance que vous vous soyez extirpés à temps !

« Oui, grommela t-il en jetant un œil derrière lui vers les restes de sa frégate Honor of Iron, sombrant dans les ténèbres. « Pas comme le reste de mes frères. »

L’officier ne dit rien, connaissant la violence avec laquelle certains membres de la IV réagissaient. Un autre trait de caractère propre à la légion.

« Colonel, l’apostropha t-il, « gérez moi au mieux cette situation je vous prie. Il y a du matériel et des armes dans certains de ces appareils qui ne doivent pas être ignorés. Veuillez dépêcher sur le champ un groupe pour s’en charger. Il y a une arme là bas qui a soif de vengeance, ajouta t-il en regardant un caisson haut de cinq mètres pour quatre de large être extrait d’un module.

« Tout de suite seigneur ! »

Aussitôt le Colonel salua, envoyant ses hommes en direction des modules, tandis que le noble guerrier lui, s’en allait sans plus attendre, ses propres guerriers à sa suite, en direction de la passerelle.


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Message par Nero le Mar 28 Aoû 2018 - 19:45

                                                       VI


                                                  Abordage. Bloqué. Ce qu’il reste.

La torpille d’abordage filait à travers le vide spatial et parcourait la distance qui la séparait de la barge de bataille à toute vitesse. Ces dernières n’étaient pas propulsées pour gagner en vitesse, mais bien pour manœuvrer jusqu’à un point de récupération, après s’être enfoncée sur un point localisé de la coque.
Le servo-pilote qui conduisait le module avertit le capitaine Ipanov et ses guerriers par le biais de leur casque, qu’ils approchaient. Les lances plasma et tirs de laser ennemis traversaient l’espace autour d’eux, parfois en les frôlant, et terminant leur course en s’écrasant contre les boucliers de leur croiseur en les faisant crépiter d’une sorte de mue écailleuse dorée. 

« Encore quelques instants, dit-il d’une voix calme à ses hommes. »

La torpille finit par arriver à destination, perforant la coque adverse de son étrave à dents de scie, ainsi que des griffes sur ses flancs qui mordaient dans le blindage. Pendant ce temps, les systèmes de contre mesure étaient employés, de sorte que des fusées émettrices de chaleur brouillent les senseurs ennemis afin de couvrir leur approche.

Le capitaine défit son harnais, ses guerriers en faisant de même. Tous prirent leurs armes et se tinrent devant lui en rangs serrés. 

« Escouade de brèche, dit-il à ceux qui se trouver au-devant de la colonne pourvus de boucliers d’abordage ainsi que de leurs bolters callés contre, « à mon commandement. »

Les Iron Warrior étaient prêts à en découdre. Visiblement, l’offensive qu’ils avaient repoussé sur leur propre croiseur ne les avaient pas satisfaits. Ils en demandaient encore. 

Alors, dans un sifflement de dépressurisation, les rivets de l’écoutille étanche à l’avant de la torpille cédèrent et des barbillons hydrauliques furent déployés par le pilote afin que le souffle des gazes ne rejette pas le module dans l’espace. Puis dans un nuage de fumée, la 2nde compagnie s’engagea sur le Twilight of Angels.

« De serments et de Fer ! hurla Ipanov Hoccard son fléau et son pistolet bolter en mains, tandis que tous reprenaient ses mots à l’unisson. »

Le capitaine fut le premier à sortir. Il sauta sur le pont, ses guerriers derrière, menés par le lieutenant Capone Zuvar qui dispersait ses escouades.

Ils eurent tous juste le temps de sortirent de la torpille, qu’en face d’eux un mélange de combattants de la VIII et de la IV se ruaient vers leur position au milieu des oiseaux d’assaut et d’un tas d’autres modules de descente aux couleurs bleue nuit propres aux Night Lords. De toute évidence leur arrivée n’avait pas été si silencieuse.

« Boucliers ! ordonna le capitaine à l’escouade de brèche qui se réunit devant lui en formant un mur de fer. « En avant ! »
Tandis que les deux autres escouades menées par leur sergent respectif se rangeaient auprès de l’escouade de brèche de part et d’autres afin de les appuyer, divers autres contingents ennemis se déversèrent dans la baie d’embarquement qui était à présent un véritable champ de bataille. Tellement obnubilés par la vengeance, les combattants de la 2nde compagnie ne virent pas que l’étaux ennemi se resserrait autour d’eux.

L’escouade de bèche se jeta sur l’ennemi avec une férocité digne des guerriers de la XII. Au milieu du fracas métallique des boucliers et des tirs de bolter éclatant contre les armures, les premiers corps commencèrent à joncher le sol. 

Ipanov Hoccard vit un sergent Iron Warrior se jeter sur lui avec ferveur, comme s’il pensait œuvrer pour le bien de tous en éliminant les avortons loyaux à ses yeux qu’étaient demeurés Ipanov et les siens.
Ses marquages le définissaient comme appartenant à la 3ème compagnie du 1er bataillon, de toute évidence à bord. Ipanov, qui repoussait aisément les attaques du guerrier, cherchait par-dessus le tumulte des combats celui qui menait ses anciens frères. Il cherchait le Palatin de Fer. Mais il fallait croire ici aussi que ce dernier avait préféré déléguer la tâche de repousser leur assaut à un subordonné plutôt que de venir lui-même.

« Qu’est-ce que tout ça signifie !? l’interpella Ipanov, en sachant pertinemment que l’autre ne daignerait pas lui répondre. »

En effet, le sergent ennemi n’en fit rien. Au contraire, il redoubla d’intensité ses coups contre le capitaine que lui répugnait d’abattre un de ses anciens frères.

Toutefois, lorsqu’il se rendit compte des corps qui tombaient à chaque minute un peu plus, la rage fit soudain place à l’incertitude.

A son tour il ne ménagea plus ses coups, et d’un revers de son fléau à pointes, pulvérisa le casque de son adversaire qui tomba à la renverse deux mètres plus loin dans une purée sanguinolente. 

Il tourna la tête, et vit sur sa gauche les frères Zort, Brazipov et le lieutenant Capone Zuvar donner du fil à retordre aux guerriers de la VIII, tandis que sur sa droite, Craxus, Bronne, Rassien se démenaient face à leurs anciens frères de légion.

Le capitaine chercha dans ce bourbier un sergent d’escouade muni de sa radio. Une fois qu’il l’eut trouvé, il lui demanda des nouvelles du reste de la compagnie.

« Où sont les deux autres groupes de combat ? hurla t-il par-dessus les cris de bataille enragés et des tirs. 

« Le groupe du lieutenant Faum Dravell et juste au-dessus, lui informa le sergent du nom de Timalt Verosen, « quant à celui du lieutenant Zoror Kayo, il est sur le même pont que nous mais plus à l’ouest vers les salles des machines et des réacteurs.

« Bon sang, mais que font-ils si loin ? ce n’est pas l’objectif ! s’époumona-t-il. « Dites-leur de se rallier à notre position immédiatement, nous avons besoin de leur soutien si nous voulons nous sortir de là et progresser en force jusqu’à la passerelle. »

Un tir de plasma percuta l’aile d’un Warhawk à deux mètres des deux Iron Warrior. Le métal fondit sous leurs yeux. Ils avaient été chanceux.

« Vous pensez que nous serons assez pour porter un coup décisif à l’ennemi ? se demanda le sergent un brin perplexe à la vue de leurs ennemis. « Disons que le nombre ne joue pas vraiment en notre faveur !
 
« Il nous faut avancer sans plus tarder, approuva Ipanov, « dites à Zoror Kayo de se mettre en route immédiatement et de nous rejoindre. Nous n’allons pas rester dans ce piège une minute de plus. »

Déjà près de la moitié de son groupe gisait au sol dans des mares de sang. De colère, de haine et d’incompréhension, il se jeta de plus belle dans la mêlée, tirant de son pistolet bolter. Ses tirs mirent à terre deux guerriers Night Lords, lesquels furent aussitôt remplacés par deux de leurs congénères. Il croisa le fer avec deux guerriers ennemis de plus, un duo de la VIII et de la IV. Le guerrier de la nuit, un combattant revêtu d’une peau humaine sur chacune de ses épaulières lui perça l’armure de son avant-bras de sa lame dentelée. Il le repoussa d’un coup de botte, tandis que l’Iron Warrior à ses côtés se jetait sur lui, un maillet en main. 

Ipanov recula à temps pour éviter un mauvais coup, quand il piqua aussitôt sur lui et lui écrasa son fléau sur le crâne. Il sortit son arme du casque adverse dans un mélange de céramite, d’os et de cervelle, avant de contrer un énième coup de l’épée du Night Lords de son épaule. Puis il lui asséna trois bolts dans le plastron, ce qui envoya le guerrier rejoindre ses frères renégats au sol.

« Capone ! cria le capitaine, « on pousse en avant ! il nous faut rejoindre les autres groupes de combat ! »

Ce dernier hocha la tête quelques mètres plus loin, avant de disparaître sous le nombre. Ipanov le chercha désespérément un moment, quand il se releva enfin, agrippant un de leur ennemi, et le poussa en avant droit en direction du sas devant eux, le martelant de coups de poing. Dans une furie vengeresse, le lieutenant broya le casque du traitre de la IV et il n’en resta plus que de la pulpe.

« Suivez le lieutenant ! aboya Ipanov au reste de ses guerriers, il nous ouvre la voie ! »

Ses hommes rugirent et frappèrent de plus belle. Le mur de boucliers n’était plus depuis les premiers instants de l’affrontement, dissout par la masse de combattants s’entre déchirant.

Autour du groupe d’assaut, l’ennemi avait cessé d’envoyer des renforts, peut être car ils avaient jugé bon que le contingent envoyé pour les repousser serait suffisant, ou bien car ils étaient les seuls à proximité pour se confronter à eux. Quoi qu’il en soit, Ipanov ne doutait pas de voir très prochainement sur leur chemin, un nombre tout aussi significatif de guerriers ennemis prêts à en découdre pour freiner leur progression.

La douzaine de guerriers menés par leur lieutenant et leur capitaine progressèrent telle un boulet de canon, massacrant et expédiant au sol tous ceux qui se mettaient en travers de leur route. Ipanov se retourna un instant et vit derrière eux les restes de deux escouades Night Lords se mettre à leurs trousses.

« Allez, exhortât-il ses hommes, toute migraine enfin disparue. comme s’il avait suffi de reprendre les combat pour la lui faire disparaitre. « Encore un pont pour retrouver le groupe de Dravell et deux de plus pour atteindre la passerelle ! »

                                                                             *

« Lieutenant ! l’interpela un de ses hommes, « nous sommes bloqués, l’ennemi a établi une position fortifiée à cinquante mètres au bout du couloir ! »

Le lieutenant Zoror Kayo se retourna pour lui faire face, à l’abri dos à une cloison.

« Vous avez déjà vu quelque chose nous arrêter? le sermona t-il, plus énervé d’être en effet en retard sur leur objectif plutôt que de devoir se jeter sur l’ennemi. »

Il se donna un coup du pommeau de sa lame contre son casque et rugit de défi.

« Escouades ! appela-il ses troupes bloquées dans un carrefour, pris en feux croisés par l’ennemi devant et derrière. » 

Ils n’avaient certainement pas quitté les salles des machines en laissant plusieurs des leurs derrière, pour se faire clouer sur place ici, quand leurs propres frères attendait leur soutien avec impatience. 

« Sergent Belon Shar ! avec vos hommes vous me faites une diversion, dans le couloir de derrière. Vous me le noyez d’un déluge de tirs. Les autres, tenez-vous prêts, à mon signal, on lance les fumigènes, et on se rue sur la barricade. Je ne veux pas de quartier ! »

Ses guerriers acquiescèrent. 

« Maintenant ! »

Le sergent et son escouade se jetèrent à découvert et à l’aide de leurs bolters, lances plasma et grenades à fragmentation, forcèrent l’ennemi à se mettre à leur tour à couvert. Mais très vite, les tirs de la position fortifiée dans leur dos au bout du corridor les atteignirent, faisant s’écrouler deux combattants de plus.

« Maintenez ce feu de position ! ordonna Zoror Kayo avant de se tourner vers les autres qui attendaient son ordre. « A nous de jouer ! »

Plusieurs Iron Warrior lancèrent les fumigènes, et après plusieurs longues secondes, sans hurler et se faisant le plus discrets possible, ils s’enfoncèrent dans le couloir. Tout d’abord, il n’y eut pas de coups de feu, pas de cris d’alerte, rien. Puis tout tourna au bain de sang quand le lieutenant et ses guerriers se trouvèrent à dix mètres de la barricade établie par leurs anciens frères de légion, et que les deux camps ouvrirent le feu.

De chaque côté, des hommes s’écroulèrent, percés, perforés. Un membre du groupe de Zoror Kayo carbonisa de son lance flammes deux combattants adverses, les noyant sous son liquide de prométheum. Ils hurlèrent et se tordirent de douleur telles deux torches enflammées.

Le lieutenant et ses frères arrachèrent la barricade à l’aide de leurs mains et la sectionnèrent de leurs lames tronçonneuses pour se frayer un chemin. Ils passèrent par-dessus, et la mêlée devint tout aussi brutale. Les bolts éclatèrent et les lames transpercèrent.

Dans leur dos, une explosion retentit, c’était le frère au lance flammes qui venait de partir en charpie, emportant deux autres de ses frères et quelques adversaires nimbés de flammes. Le lieutenant serra les dents. Leur nombre rétrécissait. 

Zoror Kayo poussa en avant, mettant en miettes les derniers défenseurs, avant d’appeler le reste du groupe qui maintenait encore la pression contre leurs adversaires dans leur dos.

Cinq frères supplémentaires. Voilà tout ce qu’il restait de l’escouade du sergent Balon Shar. Ils se reejoignirent au milieu des flammes qui dévoraient le couloir. 

« Très bien, prononça le lieutenant qui récupérait de ce bref assaut, à l’aide de ses deux cœurs battant à plein régime. « Où est le capitaine ? demanda t-il à la radio encore parmi eux.

« Droit devant, leur dit-il, six cents mètres.

« Dans ce cas, ne les faisons pas attendre plus longtemps. Suivez moi, ordonna-t-il aux huit derniers membres de son groupe."

                                                                       *

Le groupe d’Ipanov Hoccard progressait à travers les volutes de gaz et de fumée ambiants. Les couloirs du vaisseau étaient sombres, bien plus sombres que n’importe quel autre bâtiment des troupes des légions. Mais il n’y avait rien de vraiment surprenant à ses yeux, quand il savait les guerriers du Night Hunter être des chasseurs nocturnes. Ils se complaisaient de faire peur et de faire régner la terreur depuis les ténèbres. Il avait entendu dire de la part de quelques-uns de leurs membres autrefois, qu’il n’était pas anodin de surgir de la nuit pour mieux terrifier et tuer ses adversaires, quand la moitié de leur légion était née sur Nostramo, le monde sans lumière. 

Dès leur enfance, les futurs guerriers étaient arrachés des bras de leurs parents ou des gangs dans lesquels ils avaient appris à vivre en voleurs et assassins. Leurs yeux étaient encore plus noirs que la nuit elle-même et leur peau plus pâle qu’un os. Quelle totale contradiction, se dit Ipanov, en sachant à quoi était dû cette pigmentation sur un tel monde.

Il prit un coude, ses guerriers sur leur garde, le suivant de près. Un peu partout, ils relevaient des crânes, des bannières et des trophées ornant les murs du vaisseau. Bien souvent ceux d’êtres humains. Que ceux-là fussent des individus loyaux à l’Imperium ou ennemis de ce dernier, il ne se posa pas la question. Les Night Lords eux ne se posaient pas ce genre de questionnement du tout. Il fallait dorénavant considérer les guerriers en face d'eux comme des adversaires et certainement pas comme des sujets d'apitoiement.

Tout à coup, des bruits de semelles métalliques retentirent quelque part. D’un signe du poing le capitaine stoppa la petite colonne. Après un moment, quand les bruits se furent dispersés, ils reprirent leur route.

« Quelle bande d’êtres méprisables, lâcha au bout d’un moment Craxus, son bolter lourd entre les mains, pris de dégoût à l’image de toutes ces horreurs collées aux murs. « Il n’y a vraiment qu’eux pour vénérer le massacre et la torture à un tel point.

« Tu oublis nos confrères de la XII, renchérit Bronne. « Les fils d’Angron sont de vrais bouchers eux aussi.

« Peut-être, accepta son frère, « néanmoins, ils ne décorent pas que je sache tous les halls et couloirs de manière si honteuse et ostentatoire.

« Peut-être aussi cela a t-il changé depuis la purge sur Istvaan III, lui répondit de nouveau son frère, ce qui fit lâcher un grognement de la part de Craxus. »

A nouveau, des bruits de pas. Cette fois, ça provenait de dans leur dos. 

« Taisez-vous, ordonna Ipanov. »

Les guerriers se serrèrent contre les cloisons, armes braquées. Les pas se rapprochaient.

« Préparez-vous, commanda-t-il. »

Ses hommes se dispersèrent et patientèrent l’arrivée prochaine de l’ennemi. Puis, après de longues secondes à guetter, un groupe de guerriers en armure métalliques rehaussées de jaune et d'or fit son apparition.

Distinguant les couleurs de la légion, Ipanov s’exprima.

« Fer ! lança -il, en sachant que s’il s’agissait des membres de sa compagnie, ces derniers répondraient par le même mot de passe, auquel cas, ils baisseraient leurs armes, ou les pulvériseraient d’une douzaine de bolters.

« Capitaine ? répondit en contrepartie un guerrier plus grand que le reste de ses hommes. « Ipanov, c’est bien vous ? »

Celui-ci s’avança, sortant de son couvert.

« Lieutenant Zoror Kayo, ce n’est pas le mot de passe dont nous étions convenus pour la compagnie dans pareille situation.

« Pardonnez-moi le protocole capitaine, c’est qu’avec tous les Iron Warrior à bord, il est difficile de jouer de cette tentative à nous réunir plusieurs fois de suite. Certains des membres d’autres compagnies, même du 1er bataillon portent le même mot de passe. »

D’un geste de la main, le capitaine écarta ce sujet de discorde qu’il jugea aussitôt inapproprié au vue de leur situation et de leur objectif à mener à bien.

« Ce n’est rien. Mettons nous plutôt en route voulez-vous. »

Le lieutenant hocha la tête, saluant au passage son confrère Capone Zuvar, avant que les vingt guerriers réunis ne reprennent leur progression.

« Avez-vous eu des nouvelles du groupe de Faum Dravell s’enquit le capitaine à l’attention du lieutenant Zoror Kayo. »

Ce dernier secoua la tête. 

« Pas la moindre. Aux dernières nouvelles, ils étaient au dessus de nous. »

Le capitaine hocha la tête. Il fit signe au sergent Timalt Verosen et aux frères Zort, Brazipov et Craxus de partir en éclaireurs.

« La cache d’escalier la plus proche se trouve à deux cents cinquante mètres à gauche, leur appris le sergent Belon Shar. »

Le petit groupe, après quelques minutes, arriva à la cache en question qui leur permettait de passer au pont supérieur. Cependant, chaque membre leva son arme, soudain confronté aux cadavres de matelots réduits à l’état de pantins désarticulés, tapissant les marches et les murs un peu partout. Ils veillèrent à ne pas marcher sur eux, mais le bruit distinctifs d’os qui se braisaient sous les semelles des Astartes démontraient le contraire.

Ils rencontrèrent les corps de plusieurs guerriers en armure énergétiques. Tous de la IV. Toutefois, avec le sang qui les maculait, impossible vraiment de discerner s’il s’agissait là de leurs frères de compagnie ou du bataillon du Palatin de Fer visiblement disséminé sur le vaisseau Night Lords. Peut être un signe de coopération.  

« On dirait qu’on s’en est donné à cœur joie, dit Bronne à personne en particulier.

« Silence derrière, grogna le capitaine, pour qui la discrétion était de mise. »

Ils remontèrent une coursive striée de sang, jonchée de corps éparses de guerriers, ainsi que de cloisons zébrées de tirs de laser et de bolters, au bout de laquelle les éclaireurs revinrent.

« Capitaine, formula le sergent Verosen, « on a trouvé le reste du groupe du lieutenant Faum Dravell. Par ici. »

Les hommes du capitaine retrouvèrent dans le carrefour au bout de la coursive, ce qui restait en effet de son groupe. Six membres dont deux blessés qu’un apothicaire peinait à maintenir en vie. Le capitaine se baissa au niveau des deux guerriers assis entre la vie et la mort.

« Ils ne survivront pas, lui appris d’une voix froide le guerrier apothicaire. « Leurs blessures sont trop profondes. Celui-ci, désignât-il un des deux guerriers, "a reçu cinq bolts dans son cœur principal. Le second ne parvient pas à récupérer assez. Quant à lui, sans ses jambes il nous est impossible de le transporter. Pas pour la mission qui doit être accomplie en tout cas.

« Très bien, dans ce cas ils resteront ici, et nous les récupèrerons une fois la mission effectuée, même s’il ne croyait pas un traitre mot à ce qu’il venait de dire. »

Ipanov se releva. Autour de lui, les frères se tenaient en silence, guettant les moindres coursives. Il retrouva les lieutenants Capone Zuvar et Zoror Kayo converser sur un canal privé avec leur confrère Faum Dravell, lui-même veillant au couloir où il avait pris position, et direction dans laquelle ils se dirigeraient pour atteindre la passerelle.

« Capitaine, l’accueillit le lieutenant Dravell. « Comme vous le voyez, il semblerait que nous ayons essuyé le plus gros des combats ici. J’ai presque perdu la totalité de mon groupe. Mais j’imagine que vous avez eu votre propre lot de pertes, ajouta t-il aussitôt en regardant le maigre nombre de guerriers présents. Tout ce qui restait de la 2nde compagnie. Soit vingt-quatre combattants sans compter les blessés sur les soixante-quatorze embarqués.

« Oui, nous avons tous subis de lourdes pertes, en convint le capitaine, à voix basse. « Mais cela ne doit pas nous détourner de notre mission. Maintenant, dites-moi ce qu’il y a au bout de ce couloir ? demanda-t-il en scrutant au loin de grandes et lourdes portes d’adamantium de plusieurs mètres de haut et de larges. »

Ces dernières étaient gravées de fresques desquelles sortaient des bustes de gargouilles sur les côtés, tels des anges gardiens. A y regardait d’un peu plus près, il était évident que même la VIII avait un goût prononcé, même macabre soit-il, pour l’art.

Le lieutenant tourna la tête vers lui, prenant le temps de choisir ses mots. 

« Certainement pas encore la passerelle si vous voulez mon avis, répondit-il alors, avant de retourner son attention vers les gigantesques portes pouvant faire passer un char predator. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero le Mer 19 Sep 2018 - 14:01

Revoilà la suite de nos héros de la IV de Fer en proie à un ennemi belliqueux!  Very Happy Bonne lecture à ceux qui suivent!




                                                         VII

                                 Drapés de nuit. Crypte des Egarés. Panser nos blessures.

Karss Zaltar, capitaine de la 18ème compagnie des Night Lords, aussi appelé par les siens le dépeceur pour son goût morbide des trophées de chair qu’il aimait afficher au sein de son vaisseau, marchait d’un pas ample dans les coursives obscures du Twilight of Angels. Un nom qui le faisait sourire au vue des derniers changements dans la galaxie et au sein des légions pour qui les allégeances changeaient aussi.

À chaque pas qu'il effectuait, des nuages de fumées s'écartaient à sa venue pour se coller dos aux parois, avant de reprendre leur place et noyer à nouveau les allées ténébreuses de la barge de bataille. Autant dire que le capitaine se mouvait totalement avec les éléments de décors ambiants. 

L'intérieur du bâtiment ressemblait à ces anciens mythes terrans, qui évoquaient des lieux lugubres et sordides, des salles inhospitalières comme dans des châteaux ou encore des caveaux, et dans lesquels il répugnait l’homme de mettre les pieds. Or, la VIII se complaisait de ce décorum. L’obscurité était leur maitre mot, leur atout même, pour mieux fondre sur leurs ennemis.

Tous les cinquante mètres, Karss Zaltar passait sous une alcôve, desquelles suspendaient des médaillons, des crânes de différentes races au bout de chaines, bien qu'une majeure partie humaine, et qui avaient certainement appartenus à l’équipage.

D'ailleurs, on ne voyait que peu de mortels dans les coursives et différents ponts du vaisseau. Ces derniers se terraient dans leur réfectoire, ou à leur poste, loin à l’abri de leurs maitres. Parfois, il arrivait que le capitaine dans sa progression, en fasse la rencontre inopportune, et ces derniers s’agenouillaient à sa venue. Il n’était pas aussi stupide que bien de ses frères au point de jouer avec eux. Il savait très bien qu’un vaisseau sans équipage ne naviguerait pas très longtemps sans. Cependant il reconnaissait qu’avec les plus de quarante milles membres d’équipage à bord, lui et ses guerriers pouvaient s’adonner à quelques douceurs quand la situation le voulait. Ce qui n’était pas du tout le cas en ce moment.

La VIII légion, comme bien d’autres s’étant tout nouvellement jointes au Maitre de Guerre, avait expurgé de ses rangs un certain nombre de mortels demeurés loyaux à l’Empereur. Plus d’imagistes dessinant et conservant les étapes de la Grande Croisade. Plus de commémorateurs pour la raconter. Seulement le personnel strictement nécessaire pour piloter et défendre le bâtiment.

Le capitaine avait laissé son confrère le Palatin de Fer aux commandes de la flotte. Ils menaient cette chasse conjointement sur ordre du Primarch Perturabo et l’aval du Night Hunter. Ekos Torar était quelqu’un de plus jeune que lui de quelques décennies. Des années qui faisaient toute la différence sur leur expérience respective. L’Iron Warrior était un être tout aussi froid que lui, ainsi que ses guerriers. Ils étaient calculateurs, froids et taciturnes. Eux n’avaient pas hérité de tels traits de caractères, et ne s’encombraient pas d’autant de formalités et de principes dont leurs cousins faisaient preuve. 

Les Night Lords n’avaient rejoint, et ceci avec plaisir, le contingent de la IV que pour répandre la terreur et faire couler le sang des esprits faibles et ignorants de ceux qui leur tenaient tête et qui se dresseraient, il le savait, encore bien longtemps après. Car il redoutait une guerre d’usure, ou la victoire d’un camp comme de l’autre dans ce nouveau conflit.

Mais pour Karss Zaltar et ses guerriers, la crainte n’existait pas. Jamais. La pitié non plus. Pas plus que l’échec. Ils étaient de la VIII et leur obsession comme leur fascination était d’accueillir la mort un sourire narquois sur les lèvres.

Le Palatin de Fer lui avait expressément demandé de faire des prisonniers, chose qu’avait accepté le Night Lords. Une chose le rembrunit cependant. Comment ces avortons avaient-ils osé se jeter sur eux ? c’était là un acte de bravoure intrépide, nota-t-il, mais aussi totalement stupide et peu préparé à son humble goût. Il se doutait que cette motivation était poussée par la vengeance seule. Evidemment. Qu’est-ce cela aurait pu être d’autre ?

Quoiqu'il en soit, l’ennemi se trouvait à bord, et avait déjà passé plusieurs ponts au point de se trouvait dans la Crypte des Egarés.

Karss Zaltar avait déjà relayé l'ordre au préalable d'ouvrir le chemin aux intrus. De leur laisser un espoir de remplir leur objectif. Il lâcha un sourire béant en pensant à ces nobles guerriers s’imaginer cet état de fait rien qu’un instant. Il se pourlécha les dents de sa langue à cette idée. 

Il avait ordonné aux unités les plus proches de se rendre à la crypte, lieu où d’ordinaire tous les membres de la 18ème compagnie se retrouvaient pour faire le vide de leur esprit, mais aussi entrer en communion avec eux même et les morts égarés tout autour d’eux. Mais c’était aussi un lieu où l’on célébré les victoires passées, ou bien celles à venir. 

Karss Zaltar accentua l'allure, descendit la coursive et parcourut les dernières centaines de mètres.
Il n'allait certainement pas laisser une aussi belle occasion que d'humilier ces rejetons du faux empereur, songea-t-il en pensant à cette magnifique tirade qu’il avait entendu de la bouche du premier capitaine Sevatar il y a quelques semaines encore lors d’un de leur duel.

Il savourait l’expression et l’idée de répandre bientôt le sang de l’ennemi. Lui comme pour les siens, tuer un autre Astartes n’avait jamais été une corvée en soi, puisque déjà sur Nostramo une telle pratique était déjà utilisée afin d’asseoir ne serait-ce qu’une place quelconque plus importante qu’une autre au sein d’un groupe. Bien souvent dès leur plus jeune âge ils devaient se battre pour conserver le peu qu’ils possédaient. Ils avaient juste conservé les coutumes et habitudes au sein de la légion. Ainsi, il n’était pas rare de voir un guerrier tuer ou assassiner un de ses semblables pour lui prendre sa place, ceci pour n’importe quel motif.

Il serra ses poings gantés. Son armure était colossale. C'était une armure Terminator parcourue d’éclairs et de piques incurvés mortels qu’il avait fait rajouté par les techmarines afin de donner à cette dernière une image encore plus terrifiante. Il en faudrait beaucoup pour la rendre hors service et tuer son porteur. Protégé de la sorte, le capitaine Night Lords était un tueur et un destructeur avéré. 

Les guerriers que Karrs Zaltar avait convié à se rendre en l'endroit même où les Iron Warriors se trouvaient, se comptaient au nombre de plusieurs escouades. Cette quantité de guerriers était appropriée quant à la tâche qui leur était due, même si cela était tout relatif quand on voyait jusqu’où étaient parvenus les guerriers de la IV.

Il était à présent temps.

« Lieutenant Kyriss, dit-il dans son vox. 

« Dépeceur?

« Dissimulez-vous, ordonna le commandant du Twilight of Angels avec exaltation, « et préparons-nous à accueillir chaleureusement nos frères. »

Karss Zaltar arriva devant les portes de la Crypte des Egarés. Ses guerriers attendaient déjà, cachés, prêts à passer à l’attaque dès l'instant où l'ordre serait donné. 

Les portes s'ouvrirent alors, et l'ennemi lui, arrivait au loin.

« Allons-y drapés de nuit. » 

                                                                            *

Les portes colossales d’adamantium s’ouvrirent, donnant accès à une vaste et haute salle tout en longueur. Le plafond devait bien atteindre les quinze voire vingt mètres de haut. Celui-ci était maintenu par de gigantesques colonnes de pierres noires d'environ deux mètres de large chacune et espacées entre elles d'au moins vingt mètres. Ce même plafond intérieur était vouté et par d'étranges lumières qui pendaient aux colonnes, il se retrouvait éclairé et révélait des fresques de destructions imposantes accompagnées de flammes dévastatrices, ainsi que des combats entre Astartes et créatures inconnues sur des mondes lointains. A n’en pas douter que les Night Lords avaient eu leur lot de campagne à mener par le passé.

Sur de nombreuses colonnes qui garnissaient la salle, beaucoup de bustes de créatures d’un autre temps, vraisemblablement des chauves-souris et gargouilles, les surveillaient. Ces mêmes statues étaient pourvues d'ailes, de nombreuses cornes sur leurs crânes allongés ainsi que de griffes et de crocs acérés. On pouvait croire, si le silence n'était pas aussi manifeste, que ces créatures hurlaient à travers les âges. Et pour les Iron Warrior qui passaient en dessous d'elles, elles n'étaient autre que des effigies prisonnières de leurs maitres.

Autour d’eux, sur des piédestaux, se trouvaient des bocaux en verres renfermant d'autres crânes de créatures bestiales et ignobles, à l'instinct tout aussi carnassier à en juger par les longues dents sortant de leurs gueules que leurs congénères immobiles au-dessus de leur tête à tous.

Les guerriers de la 2nde compagnie s’étaient répandus dans toute la pièce, s’accommodant tout l’espace. Ils se doutaient que l’endroit devait servir à accueillir des centaines de guerriers en armure complète. Ils voyaient la pièce un peu comme un lieu cérémoniel.

« Sinistre endroit, fit remarquer Capone Zuvar en passant près d'un de ces bocaux.

« Où sommes-nous? demanda Faum Dravell perplexe, qui s'était arrêté en dessous d'une des colonnes pour contempler de plus près une des gargouilles. »

Il y avait des sifflements dans l’air autour d’eux. A la fois à côté comme au-dessus.

« Capitaine, l’interpela le lieutenant Zoror Kayo, en pointant son bolter vers les voutes de la salle au-dessus de leurs têtes, comme le faisaient le reste des guerriers disséminés.

« 2nde compagnie, dit Ipanov d'un ton ferme. »

Le groupe s'exécuta et un certain nombre de guerriers abandonna sa position pour se joindre au capitaine afin de former un cercle défensif impénétrable avec les boucliers restant. 

De plus en plus de voix et de murmures s'élevaient et couraient sur le plafond ainsi que le long des murs. Des sons qu’ils n’entendaient pas il y avait encore quelques minutes. De la même manière qu'un drap pouvait flotter dans les airs, des volutes d'encre noire et de fumée nageaient aussi dans la salle. Par moments, d'ailleurs, certains membres du groupe notèrent que cette même fumée sortait de la gueule des gargouilles. C'était comme si elles respiraient et que la salle toute entière en faisait de même. 
Mais pas un seul instant les Iron Warrior ne flanchèrent à l'idée que des statues pourraient leur sauter dessus. Pas un instant cette idée que les ténèbres les entourant les submergeraient.

« Qu’est-ce que c’est ? s’enquit Timalt Verosen qui passait un doigt ganté sur le dessus de son bolter comme pour l’attendrir.

« Du nostramien, de toute évidence, leur répondit le capitaine qui cherchait à garder le contrôle des opérations. « Le langage natal des Night Lords. Une langue vile. »

Ces formes, faites de matières non organiques d'apparence, étaient donc vivantes, puisqu'elles communiquaient dans ce fameux dialecte.

Tous les guerriers passèrent en vision nocturne afin d'affronter ce qui se terrait dans les coins ténébreux de la grande salle. Il y avait bel et bien quelque chose ici. Ils n’étaient pas seuls.

Tout à coup, une grande porte au fond du hall dans lequel ils se trouvaient, s'ouvrit, laissant apparaître un être plus grand et massif qu’eux. 

Le guerrier qui vint - puisqu’il ne pouvait en être autrement de par son allure pleine d’assurance dans son armure Terminator – émergea du couloir sombre d’où il provenait avec visiblement une idée en tête. Le bruit lourd de ses bottes résonnait dans toute la salle, camouflant facilement tous les autres sons. Il se trouvait que dans sa démarche, il y avait un certain style. Une manière presque élégante chez ce guerrier singulier. 

Le guerrier Night Lords, le reconnurent les Iron Warriors de par sa livrée, trainait derrière lui des trophées de différentes dimensions, pendus au bout de chaines de fer, provoquant un fracas contre le sol de marbre.

Ce dernier ne faisait guère honneur à la discrétion de ses semblables envoyés plus tôt sur l'Iron Wound, pensa Ipanov. Toutefois l’individu semblait ne pas s'en soucier. Après tout, il était sur son vaisseau et se permettait d'aller et venir comme bon lui semblait. D'ailleurs, il était évident que pour se présenter à ses invités il fut vêtu de tout son attirail, pour peu cérémoniel en un lieu pareil.

A la venue de ce guerrier, un torrent d’injures et de bolts auraient dû fuser dans la seconde même. Mais personne ne fit quoi que ce soit. 

Cet individu faisait plus d’une tête que le reste des Iron Warrior. Plus grand que le capitaine de la 2nde compagnie lui-même déjà plus grand que ses frères. Son armure Terminator l’élevait au-delà des standards d’une simple armure de bataille. Ses épaules étaient larges et il se tenait devant ses ennemis tête nue. Son casque reposait sur le côté de son armure, magnétiquement accroché. Ses traits scarifiés apparurent aux yeux des Iron Warriors qui déjà, braquaient leurs armes sur lui. Cela semblait presque étonnant pour quelqu'un à la mine aussi cadavérique que de faire partie de l'élite de l'Imperium. On pourrait croire qu'un simple coup de vent suffirait à le réduire en un monticule d'os. Mais ils savaient tous qu'ils auraient bien tort d'imaginer pareille scène.

Le capitaine ennemi s'arrêta à bonne distance des Iron Warriors, aucune arme en main. Dans une courbette, il s'exprima.

« Bienvenue guerriers de la IVe légion, à bord du Twillight of Angels. Bienvenue à bord de mon humble demeure..., susurra-t-il en joignant ses mains gantées. »

Les guerriers en face de lui étaient décontenancés. Certains se lançaient de minces coups d’œil. Seul Ipanov demeurait droit comme un iota. Il était en cet instant l'égal du lieutenant-commandeur. Sa parole. Il fixait le Night Lords de ses yeux emplis de haine et de colère.

« Permettez-moi de me présenter, cousins, ajouta-t-il un sourire diabolique sur les lèvres. « Je me prénomme Karss Zaltar, capitaine de la 18ème compagnie et commandant de ce vaisseau. » 

Quelques-uns des guerriers d’Ipanov avaient relevé leur visière ou carrément ôté leur casque afin d’avoir une vue d’ensemble sur la future scène de bataille qui s’annonçait. Zoror Kayo cracha un flegme par terre avant de retourner son regard vers le capitaine adverse.

« Alors, dit Karss Zalatar en faisant un pas de côté afin de détendre l’atmosphère, « comment avez-vous trouvé notre petit stratagème? Je dois dire, leva t-il un doigt, « que vous nous avez nous même surpris en vous projetant sur nous. Je ne sais pas ce que vous cherchiez en nous abordant, mais votre mission s’arrête ici. J’en fais le serment, dégaina-t-il sa longue lame dentée de son fourreau délicatement avant de la maintenir à la verticale devant lui.

« Nous jouons nous aussi de ruse et d’initiative, finit par répliquer le capitaine de la 2nde compagnie qui voyait ses hommes fourmiller d’impatience autour de lui. »

Karss Zaltar se prit d'un petit rire, comme flatté. 

« Même si ce ne sont là que des tactiques de lâches et de couards, reprit aussitôt Ipanov, « bien loin de nos méthodes conventionnelles. »

Le Night Lords leva un doigt en continuant de sourire.

« Y a-t-il seulement aujourd’hui encore des méthodes conventionnelles comme vous le dites ? des méthodes plus obsolètes que d’autres ? Ou n’y a t-il pas plutôt place à l’innovation ? »

Ipanov Hoccard s’avança à son tour, intimant ses hommes à rester où ils se trouvaient, guettant le moindre signe de l’ennemi.

« Pourquoi ? pourquoi avoir trahis vos serments ? »

L’autre tournait en arc de cercle autour de ses invités, ricanant, sa lame se baladant dans une de ses mains, son armure la seule à faire du bruit.

« Réponds ! l’invectiva Ipanov. « Réponds charogne ! 

« Vous voilà bien impoli, mon frère, lui répondit Karss Zaltar en s’arrêtant. « Sont-ce là des manières quand on s’invite chez quelqu’un ? il pencha la tête de côté comme réfléchissant à la réponse. « Non, de toute évidence.

« Je vais vous montrer de quelle manière on se charge d’individus tels que vous…, grommela Zoror Kayo qui n’avait pu s’empêcher d’intervenir avant d’être retenu par son supérieur, son arme contre son plastron.

« Celui-ci a hâte de mourir, le désigna-t-il de son épée. 

« Attendez mon ordre, articula Ipanov en s’adressant à ses guerriers. « Pas d’action mal calculée, même face aux menaces. »

Le capitaine Iron Warrior regardait autour de lui. Dans leur dos, là où quelques-uns de ses frères tenaient leur position au cas où l’ennemi les attaquerait par derrière, de la fumée s’élevait du couloir qu’ils avaient emprunté. Celui-là même où ils avaient laissé les deux blessés.

Les voix et sifflements se faisaient plus présent maintenant. Ils martelaient les oreilles et les casques des membres de la 2nde compagnie. Les guerriers patientaient inéluctablement le moment où tout se jouerait pour eux. Ipanov regarda le lieutenant Faum Dravell. Quelque chose qu’il craignait depuis le début approchait.

Karss Zaltar discerna leur inquiétude, si toutefois cela en était. Il sourit de plus belle.

« Cousins, reprit-il alors, une fois après avoir mis son casque. « Il me navre, croyez-moi, que nous en soyons arrivés là. » Il porta son épée devant son heaume à cimier, qui n’aurait fait que d’une traite d’un frère en armure de bataille. « Mais les temps changent, et la galaxie aussi. Il se mit en garde, prêt à attaquer, les Iron Warrior en faisant de même, seulement retenus par un poing de leur capitaine. « Le moment est enfin venu de laisser nos prouesses martiales parler à notre place. Et la Crypte des Egarés sera votre tombeau, termina-t-il en portant sa lame au niveau de sa joue. »

De chaque côté du hall, les tâches d'encre se dissipaient, laissant apparaître des géants en armures de bataille de la même livrée que Karss Zaltar, sans doutes sortis par des accès jusque-là demeurés invisibles. Tous arboraient des trophées qui pendaient aussi à leurs armures ou à leurs épaulières ainsi que des bouts de parchemins calcinés et des peaux humaines écorchées. 

A cette simple vue, les Iron Warrior grognèrent de dégout à d'idée que ces Astartes aient pu un jour se prétendre leurs frères. Ils n'étaient autres que des meurtriers, des assassins et des psychopathes.

Les lèvres d’Ipanov se retroussèrent, comme les babines d’un chien énervé. Le moment fatidique tant attendu était arrivé. Il s’arma de son pistolet bolter ainsi que de son fléau, paradoxalement un vrai fléau pour ses victimes. Tout avait recouvert leur tête de leur heaume de bataille. Nul besoin de se rendre davantage vulnérable.

Le calme régna encore pour quelques instants, la fumée finissant de se dissiper autour d’eux, ainsi que le long des colonnades et des grandes voutes au-dessus d’eux.

Alors, trois tirs de bolter retentirent dans leur dos, suivis des cris d’hommes que l’on mettait à mort. Les cris ne s’estompèrent qu’après plusieurs dizaines de secondes. On avait pris le temps de les faire souffrir. Ipanov ne chercha même pas à savoir de qui il s’agissait. Il le sût immédiatement quand plusieurs guerriers arrivèrent des grandes portes en essuyant leurs lames. Et il n’en fallut pas plus.

« Qu’on en finisse, décréta le capitaine Iron Warrior, « terrassez-les ! »

Les Irons Warriors réagirent sans attendre. Les Night Lords qui les encerclaient n'attendirent pas non plus celui de leur chef, qui néanmoins hurla comme un de ces grands et dangereux félidés de mondes tropicaux à vous en ferme trembler l’échine dorsale.

Les bolts sortirent de leurs canons. Le bruit provoqué était assourdissant. Il emplit toute la salle. Les projectiles atteignaient les murs et les colonnes ainsi que les guerriers des deux camps. Trois frères de bataille de l'escouade de Zoror Kayo s'effondrèrent dans les secondes qui suivirent. Lui-même ordonna au reste de ses guerriers de se disperser, de ne surtout pas rester groupé afin de ne pas faire une cible immobile. Trop idéal pour l'ennemi. Ces derniers s’occupaient de l’arrière. Les guerriers adverses qui avaient tué et mutilé leurs frères arrivaient sur eux avec ivresse et soif de sang. Les têtes fraichement découpées pendaient aux haillons des Night Lords.

« Les ordures vont le payer cher, jura un des hommes de Zoror Kayo. »

Le lieutenant posa une main sur son épaule avant de faire signe à l’apothicaire de se tenir prêt à intervenir sur les blessés. 

« Assurément, grogna-t-il en guise de réponse. »

Les guerriers ennemis qui provenaient de l’arrière n’eurent pas le temps d’entrer en contact avec les Iron Warrior, qu’ils furent aussitôt freinés par une marée de bolts.

Dans leur dos, Craxus, son bolter lourd entre les mains, lâchait salve après salve, toutes aussi dévastatrices les unes que les autres. Ses mêmes projectiles faisaient des trous béants contre les cloisons ainsi que les colonnes de la grande salle, envoyant des bouts de cette roche noire voler dans les airs. Un Night Lords ne put éviter le balayage et fut quasiment sectionné au niveau du bassin. 

Zort, lui, était à genoux. Il visait avec précision et abattait ses ennemis avec une farouche détermination. Comme tous ses frères. A chaque tir une cible.

Rassien, à côté de lui, visait les jambes de ses adversaires, les rendant de suite plus faciles à neutraliser, avant de se jeter sur eux et les marteler de coups.

Le lieutenant Capone Zuvar se jeta quant à lui sur un Night Lords tout proche avec Brakenoz. Tous deux le plaquèrent au sol et le martelèrent de coups de leurs armes contendantes respectives. Après plusieurs coups violents dont un seul aurait suffi à arracher la tête d'un simple mortel, le corps ne donna plus signes de vie. Son casque était en miette et laissait place à de la pulpe rouge visqueuse, s'écoulant également des gantelets de ses bourreaux. 

Enfin, Ipanov Hoccard, pourvu de son arme de combat rapproché, son fameux fléau façonné dès son élévation au statut de capitaine, et de son pistolet bolter, avait répondu à la charge de Karss Zaltar qui continuait de rugir en s'élançant sans cesse sur lui. Ils échangeaient de nombreuses passes d'armes, chacun dans des positions guerrières tant offensives que défensives. Le Night Lords ouvrit la bouche et s'exprima derrière son heaume avec une haleine chargée, mélangeant sang et décomposition, épargnée à Ipanov.

« Vous ne pouvez aller plus avant, comme vous ne pouvez faire machine arrière ! c’est la fin ! crachait-il à son adversaire. »

Ipanov le sonda. Il le sondait au plus profond de sa visière. Il y avait chez ce guerrier un acharnement démesuré, trop longtemps conservé selon lui. Il connaissait de réputation ces frères de la nuit. Il avait même il y a des années, combattues auprès d’eux. Mais même avec leurs manières répugnantes à faire la guerre, ils demeuraient des guerriers de l’Empereur encore loyaux. Qu’avait-il bien pu se passer ? 

« Pourquoi ? réitéra l’Iron Warrior. Une note d’incompréhension se mêlait à son timbre de voix. « Vous n’étiez pas si différents de nous autrefois ! »

Le Night Lords l’entendit et s’en servit à son avantage pour pousser plus profondément dans les chairs de son ancien frère.

« Vous ne savez pas ! vous ne savez rien ! il est trop tard pour reculer ! rétorqua-t-il. 

« Est ce que la lâcheté qui coule dans votre sang a fini par avoir raison de chacun de vous? expédia Ipanov Hoccard envahi par la colère et la haine. « N’y a-t-il plus l’ombre d’une forme de loyauté en vous ? »

Karss Zaltar grogna et embrocha un énième guerrier avant de redoubler d’intensité contre Ipanov, son armure Terminator écrasant la sienne. Leurs armes s'entre choquèrent encore et encore tandis qu'Ipanov s'esquivait à chaque attaque pour mieux bondir à nouveau. 

Un instant, ils reculèrent tous deux, le temps de se toiser avant de se jeter à nouveau dessus. Le Night Lord ne semblait pas le moins du monde épuisé. Ce qui n'était pas le cas de l'Iron Warrior qui respirait de ses trois poumons à plein régime.

« D'autres sont déjà tombés, lui répondit le Night Lords. « Leur résistance a été futile. Il est inutile de nous barrer la route! Nous obtiendrons ce que nous voulons! »

Il rugit, et s'élança à nouveau. Il envoya un coup puissant de son épée en direction de l'épaule du capitaine, auquel ce dernier parvint à répondre avec toutes les forces qu'ils mettaient en œuvre pour faire face.

« Qu’êtes-vous devenus? s’époumona Ipanov, « des chasseurs de prime à la solde du Maitre de Guerre ?!

« Nous n'avons cure des autres légions! cracha le capitaine adverse. « Notre légion suit Horus parce qu'elle a senti là son heure pour s'élever! Nous nous battons sous sa bannière mais n'en répondons qu'à notre seigneur et lui seul! 

« Vous n'avez jamais été une légion estimée ou louée pour vos manières. Serait-ce cela, au même titre que les miens qui vous ait forcé la main? qui vous a conduit sur ce sentier périlleux et duquel vous ne reviendrez jamais ?! »

Karss Zaltar hurla de colère et d'un coup de poing propulsa l'Iron Warrior à terre.

« Vous ne savez rien! rien du tout! répéta le capitaine de la 18ème compagnie. « Et maintenant, je vais te tuer, chien insolent! »

Ce dernier s'avança, ses pas de géants faisant presque trembler le sol dallé, ses armes prêtes à donner la mort.

Comprenant évidemment ce qui allait arriver, Ipanov leva sa lame instinctivement afin de bloquer son adversaire, quand deux de ses frères se jetèrent sur Karss Zaltar, éloignant ainsi sa mise à mort pendant de précieuses secondes. Il se releva d'un bond.

Autour de lui chacun des membres de sa compagnie était en proie avec trois fois ce nombre d’ennemis. Déjà une dizaine de corps jonchaient le sol du côté de la 2nde compagnie.

Tout près, un autre frère de bataille tomba, un bras tranché par une lame tout aussi infernale que celle du capitaine Night Lords. Le propriétaire de cette lame s'avança pour donner le coup de grâce à ce guerrier, quand le lieutenant Capone Zuvar se jeta soudain sur lui par le flanc. Ils tombèrent et s'empoignèrent, chacun désirant voir l'autre mourir. Ils roulèrent sur plusieurs mètres. Ils allaient et revenaient. Puis l'Iron Warrior se retrouva en meilleure posture et chercha sa dague de combat à sa ceinture. Il la sortit et chercha à l'enfoncer dans le casque du Night Lords, celui-ci tentant de repousser les bras de son assaillant.

« Meurt traitre! cria le lieutenant en s'époumonant. »

La lame traversa le métal du casque ennemi et les bras de celui-ci s'affaissèrent aussi vite.

Le capitaine ennemi, profitant de l'absence momentanée d’Ipanov, fonça sur lui après s'être débarrassé de ses adversaires. Ils s'empoignèrent de nouveau. L’Iron Warrior faisait de son mieux pour survivre à cet assaut acharné.

Sous les bottes des Astartes, le sol était glissant. Le sang des défunts s'écoulait en abondance sous les regards morts et immobiles des statues de gargouilles et d’autres créatures depuis les colonnes ou l’intérieur de leurs bocaux, si un temps soit peu il en restait encore debout.

Il ne restait sur le groupe d'abordage plus que quatorze Astartes. Ils se défendaient du mieux qu'ils pouvaient. Ceux-ci se trouvaient toujours en infériorité numérique. Le frère apothicaire se jeta sur le frère au bras manquant qu’il avait tiré à l’abri et s’occupa du mieux qu’il put du blessé par-dessus le choc des lames et les tirs de bolters incessant.

« Tenez bon Attix ! ce n’est jamais qu’un membre, il vous en reste d’autres !

« Vous allez prendre plaisir à m’en greffer un autre j’en suis sûr ! répondit le guerrier qui abattit d’un bolt un Night Lords un peu trop près à l'aide de son bras restant.

« Le fer l’emporte toujours sur la chair, vous devriez le savoir mieux que quiconque en tant que guerrier de cette légion, lui rétorqua-t-il sans attendre, le moignon de son frère entre les mains. »

Ils partirent tout deux d’un rire mélodramatique au vue de la situation.

Non loin, Zort reçut un revers en plein visage de la part d'un adversaire. Il fit un quart de tour sur lui-même.

« Comment oses-tu...., s'écria t-il en revenant faire face à son agresseur. »

Il écopa d’un autre crochet et il y eut un bruit. Quelque chose venait de se briser. Zort toucha son gorgerin. Il lui manquait un bout d'armure, en l'occurrence dispensable. Le Night Lords s'avança et s'apprêta à lui envoyer une salve meurtrière de son bolter. Zort glissa maladroitement sur le cadavre d'un guerrier de la VIIIe légion, et fut déstabilisé. Par chance, évitant un malheur de plus, un de ses frères, le sergent Belon shar surgit dans le dos du guerrier ennemi et lui brisa net le cou. La dépouille de ce dernier vint s'additionner aux autres parsemant le sol. Le sergent tendit un bras à son frère. Zort le lui empoigna.
 
Non loin, un autre Night Lords avide livrait bataille à un guerrier aux bras biomécaniques. Il frappait avec une force colossale. En tournant sur lui-même et dans un puissant élan, il exécuta son adversaire, sa lame se logeant dans toute la moitié de l'abdomen du guerrier. Ce dernier tomba à genoux comme attendant sa sentence. Les seuls sons émanant de son vox étaient des gargouillis de sang. 

L'autre rit. Il rit à n'en plus finir. Enfin, avant même que les frères de la victime ne viennent à son secours, le Night Lords retira son épée de son corps, dont le sang coulait abondamment et d'un geste propre et rapide lui ôta la tête. Elle vola et vint se retrouver entre les jambes du traitre, lequel la ramassa et la retira du casque afin de mieux la contempler, tel un nouveau trophée. 

« Je n'avais pas encore de crâne d'Iron Warrior, avoua Kyriss avec joie, sans raison de la masquer. » 

Faum Dravell qui avait assisté à la scène hurla et se rua sur lui en poussant ses frères et adversaires sur son passage. Il allait abattre son fléau sur le flanc du crâne du guerrier, quand un autre Night Lords s’interposa, sa propre lame interceptant le fléau. Faum Dravell grogna et usa de toute sa force pour repousser le guerrier. Il regardait ce Kyriss lui sourire et maintenir en l’air la tête de ce guerrier avant qu’il ne l’embrasse.

Derrière, Zoror Kayo et deux guerriers retenaient comme ils pouvaient la vague ennemie qui ne cessait d’affluer de part et d’autre de la Crypte des Egarés. 

« Brakenoz, sur votre flanc ! voxa t-il. »

Ce dernier fut pris dans un terrible feu croisé entre un guerrier caché derrière une colonnade qui jetait des tirs sporadiques et trois ennemis entrant par les vastes portes d’adamantium. Le lieutenant hurla, empli de rage.

« Capitaine ! communiqua-t-il, « ils nous faut sortir d’ici ! ou nous sommes tous morts !

« L’objectif avant tout ! réagit l’autre toujours en prise avec Karss Zaltar. 

« Mais si nous mourrons ici, il n’y aura plus personne pour atteindre cet objectif, fit remarquer le lieutenant qui abattait un énième Night Lords. 

« Il a raison, intervint Faum Dravell qui suivait l’échange sur leur canal privé, « nous devons nous sortir d’ici ! »

Karss Zaltar devinait l’expression de son adversaire derrière son heaume. Voyant les Iron Warrior reculer en bon ordre malgré leurs pertes, il n'en fallut pas plus aux guerriers de la VIII pour se jeter avec plus de ferveur sur eux.

« Kyriss, prononça-t-il un sourire béant aux lèvres.

« Capitaine? 

« Que nos hommes leur bloquent toutes sorties. Je veux les contenir dans cette salle. Il nous faut des prisonniers. 

« C’est que capitaine…

« Exécution lieutenant ! 

« Commandant, se contenta de répondre ce dernier. »

Un peu plus loin devant, les rescapés se frayaient un passage entre les bolts et les lames, leur capitaine au milieu d’eux, les guidant vers les grandes portes du de la crypte.

« Capitaine ! l’interpela le lieutenant Capone Zuvar, nous sommes cernés ! ils nous bloquent la seule issue !

« C’est ce que nous allons voir, lui répondit Ipanov en lâchant une salve sur un Night Lords trop sûr de lui qui s'effondra dans une mare de sang. »

A ses côtés, Craxus lâcha plusieurs rafales de suppression de son bolter lourd sur plusieurs combattants ennemis devant l'entrée. Ils furent déchiquetés et ne furent plus une menace. Pour un instant en tout cas.

« Allez! criait Ipanov aux retardataires. » 

Le capitaine aida l’apothicaire de compagnie à se relever, le forçant à arrêter ce qu’il faisait pour déguerpir. Ils n’avaient plus le temps de s’occuper des blessés.

« Capitai…, allait-il s’expliquer avant qu’un bolt ne lui traverse le casque et ne réduise en charpie son visage. »

Ipanov Hoccard demeura là un moment, regardant le corps de ce guerrier s’effondrer de tout son poids sur le sol clairsemé de leurs frères.

« Ne les laissez pas s'enfuir! hurlait au même moment Karss Zaltar depuis le milieu de la vaste pièce à l'attention de ses propres guerriers. »

Il riait de plus belle en voyant ces fiers Astartes aux couleurs de fer détaler. Ces fiers guerriers de la IV pourtant si connus pour être tenaces. Visiblement, ils s’étaient jetés à l’assaut d’un terrain dont ils n’étaient pas maitres et qui pourtant leur convenait si bien. Le corps à corps. Karss Zaltar jubilait. 

La crypte était à présent méconnaissable. Des trous béants creusaient les parois jusque-là encore vierges de la vaste salle. Les fresques, les bocaux, les colonnes, tout était troué, pulvérisé et déchiqueté par la fureur des bolts explosifs. L’architecture des lieux allait être à revoir.

Un groupe de guerriers de la VIIIe déboucha soudain des grandes voutes, là où des trappes s’étaient ouvertes, et les avaient laissé tomber dans le vrombissement de leurs réacteurs dorsaux. 

« Lieutenant Varphos, commanda Karss Zaltar au chef de la meute de raptors, "finissez les! »

Pourvus d'armes de poings, ceux-ci se jetèrent sur les derniers Iron Warrior. L'un d'entre eux, à la traine, frère Rassien, fut rattrapé par deux raptors ennemis qui ralentirent leur chute à l’aide de leur paquetage dorsal. Le premier s'écrasa dans son dos, le faisant tomber, enfonçant ses serres et ses lames dans l'amure énergétique. Le second tomba en face de l’Iron Warrior, lequel tentait d'attraper son adversaire le cisaillant. Le second prit un malin plaisir à déchirer le heaume de Rassien puis de trancher les chairs de son visage. Un coulis de sang chaud se répandit au sol. Le Night Lords arracha les yeux du guerrier qu’il scruta avec avidité.

Bronne qui se trouvait juste derrière hurla sa haine en direction des Night Lords qui profanaient le corps encore vivant de son frère d'arme au sol. Il tira jusqu'à ce que son chargeur fut vide. Celui qui tenait les oculaires fut abattu de trois tirs dans la tête. Le second se releva surpris, trop occupé à déchirer et répandre les organes chauds de sa victime. Il cria et le son émit par son casque, comme un piaillement aigu, fut assimilé à celui d'un oiseau. Il brandit alors ses deux lames et bondit dans les airs, une cohorte de ses semblables à sa suite.

Ipanov voyait leur triste fin se profilait. Il arriva sur Bronne et le saisit par un bras.

« Il est trop tard pour lui ! le ramena-t-il à la raison, tandis que la meute de raptors atterrissait en vociférant.

« Traitres! Vermines! crachait Bronne à l'attention de leurs anciens frères. »

Il tira une volé de bolts et envoya un de ces guerriers hurleurs face contre terre, alors qu'ils dépeçaient tels des cannibales un autre guerrier de Faum Dravell, qui fut ralenti dans sa progression à cause d'une arme lourde. Il ne lui restait plus que Attix, blessé, faisant néanmoins de son mieux pour repousser leurs assaillants.

Karss Zaltar regardait ses guerriers encerclait l'ennemi. Il se pourléchait les lèvres. Il se le permit car il savait qu’il avait gagné. Ses propres troupes convergeaient déjà depuis plusieurs points afin de se rassembler ici. Il était satisfait de cette rencontre.

Ipanov allait venger la mort d’un autre de ses frères, quand un coup le projeta tout à coup à terre. Il secoua la tête, abasourdi. Il se releva mais fut aussitôt rejeté par terre d’un coup de botte, avant qu’on ne lui prenne ses armes. Il hurla. A ses côtés tombèrent d’autres de ses frères, tous éructant ou expédiant des insanités. Les raptors prenaient un malin plaisir à user de leurs réacteurs dorsaux pour tomber sur leur proie.

Devant Ipanov, les grandes portes se tenaient ouvertes, mais une multitude de guerriers adverses la traversait dans leur direction. Peut-être aurait-il dû agir plus tôt, maugréa-t-il intérieurement.

« Cessez le feu, ordonna Karss Zaltar qui se faufilait au travers de ses guerriers pour se tenir parmi les prisonniers. « C’est fini, ajouta-t-il, « reconnaissez au moins que vous avez perdu. »

Ipanov serra les dents et jura.

« Jamais rien n’est fini ! cracha le lieutenant Zoror Kayo, le dernier de son groupe d’assaut. »

Tous les rescapés furent alignés les uns aux côtés des autres, faisant face à leurs bourreaux. Il y avait d’un côté Ipanov Hoccard, Brazipov, Timalt Verosen, Capone Zuvar, Craxus. D’un autre, Faum Dravell, Attix, Bronne, Zort et Belon Shar.

Karss Zaltar vint se tenir devant le capitaine Iron Warrior, de son armure de nuit crépitante d’énergie. La fumée jouait de nouveau autour d’eux, et enveloppait l’armure cataphractii du capitaine de la 18ème compagnie.

« Je répète. Tout est fini. Vous avez échoué, et vous êtes désormais nos prisonniers. »

Ipanov allait répondre quelque chose, quand soudain, le lieutenant Zoror Kayo mit au sol le guerrier qui lui braquait son arme derrière la tête, en lui attrapant son avant-bras.

« Capitaine ! maudit soyez-vous de ne pas avoir agi plus tôt ! lui lança-t-il en le regardant pour la dernière fois avant de se jeter sur le Night Lords devant lui. »

« Ne faites pas ça ! rugit Ipanov cloué à genoux par deux guerriers ennemis, lui comme ses frères forcés de voir la scène. »

Le lieutenant Zoror Kayo ramassa une lame et la leva pour l’abattre sur le guerrier. Ce dernier se baissa, et de sa propre lame trancha dans les chairs de l’Iron Warrior avant de lui sectionner à lui aussi la tête qu’il rattrapa avant qu’elle ne tombe au sol. Le corps lui, fut projeté d’un coup de botte contre les pointes affutées et courbées de l’armure de Karss Zaltar qu’il avait fait rajouter. Il encaissa le choc en souriant.

« Pardonnez-moi capitaine, dit son lieutenant sans réellement s’excuser, ce que lui pardonna en effet son maitre. »

Kyriss embrassa une fois sa victime, du sang plein la bouche avant de tourner lentement la tête vers ses frères de légion.
« Par Olympia, non! tenta de se lever à son tour le sergent Belon Shar pourpre de haine et de colère, avant d'être jeté à terre d'un revers.

« Vous paierez tous, chacun de vous, articula Faum Dravell, « je le jure!

« Ne vous avais-je pas dit que celui-là finirait par tomber? esquissa t-il un sourire narquois à l'attention de son auditoire. "Emmenez-moi ça en cellule je vous prie lieutenant Kyriss, ordonna-t-il, en se massant le gorgerin de son armure, comme s’il était tête nue. « Je me délecte, ajouta-t-il en regardant certains de ses guerriers se prendre à des actions macabres et sauvages sur les dépouilles de leurs victimes, les prisonniers emmenés de force, malgré les récalcitrants et forcenés. »

                                                                              *

« Lieutenant-commandeur ! articula la Maitresse de pavillon Serena Dior en se tournant vers lui, « importante source de chaleur détectée au sein de la flotte ennemie ! manœuvre de désengagement! »

Bazilleuck Eunam n’avait pas bougé depuis plusieurs minutes. Depuis tout ce temps il avait guetté, patienté un contact de ses frères sur la barge ennemie. Comme à son habitude, il avait compté. Il avait calculé le temps qu’avaient dû mettre les groupes d’assaut lancés sur l’ennemi pour atteindre leur objectif, le tout avec une logique froide et mécanique qui était la leur. Celle de la IV. Mais rien. Aucun signal, aucune nouvelle ne leur était parvenue jusqu’à maintenant.

Till Kro intervint à son tour.

« Emission entrante monseigneur ! il s’agit du Palatin de Fer. »

Le commandant se redressa enfin et desserra la mâchoire pour s’exprimer. Devant lui, et sous son balcon de commandement, toutes les troupes étaient sur le pied de guerre. Les serviteurs et les membres d’équipages donnaient tout ce qu’ils pouvaient pour maintenir les communications et le vaisseau à flot.

« Ouvrez la liaison, ordonna-t-il en faisant quelques pas vers le Maitre des transmissions et la Maitresse de pavillon, laquelle s’écartait à son passage. »

Il n’y eut cette fois pas d’hologramme, juste la voix de son ancien frère.

« Lieutenant-commandeur, aboya l’Iron Warrior. « C’en est fait de vous et de vos hommes. Je tiens les résidus de votre compagnie dans mes geôles. Ils se comptent sur les doigts de mes deux mains.
« Ekos Torar..., prononça Bazilleuck avec amertume.

« Palatin de Fer ! appelez-moi par mon titre ! nous ne sommes plus frères et encore moins amis. »

Le lieutenant-commandeur secoua la tête d’un air narquois. Si seulement il n’y avait pas eu autant de pertes, la remarque de son ancien frère l’aurait fait rire.

« Qu’attends-tu donc pour nous achever dans ce cas ? vas-y ! braque donc tes canons une dernière fois sur ce que tu as honte de considérer. »

Il y eut un moment de blanc avant que la voix du Palatin de Fer ne se répercute de nouveau.

« Non. J’ai mieux. Je vais vous laisser ici, mutilés que vous êtes. Je vais vous laisser crever dans le vide de l’espace et vous vous rongerez de ne pas connaître le sort de vos frères expédiés en vain. Il marqua une nouvelle pause avant de reprendre. « Enfin ! à quoi vous attendiez vous ?! une poignée de vos hommes contre une barge de bataille composée de centaines et de centaines de guerriers ! cela était du suicide. Vous l’auriez su, si vous aviez été plus clairvoyant Bazilleuck le survivant ! »

« Je te tuerais de mes propres mains ! sale traitre ! ou tu finiras noyé dans ton propre sang ! j’en fais le serment ! vociféra le commandant de l’Iron Wound. »

L’autre rit d’une voix rauque et métallique.

« Puissions-nous nous retrouver un jour dans ce cas, lieutenant-commandeur, ce dont je doute.

« Fin de la transmission, annonça Till Kro.

« Commandant, fit Celeste Rugor qui se tenait derrière aux côtés du lieutenant Arkos fraichement débarqué, « ne devrions-nous pas nous presser de les suivre ? »

Tous deux avaient suivi l’échange sans dire un mot, il leur tardait de savoir ce qu’allait ordonner le commandant.

Bazilleuck Eunam se tourna vers eux, le visage grave, empli d’amertume. Il manquait quelqu’un qui aurait dû être présent, et ce depuis trop longtemps.

« Puis-je savoir où se trouve notre frère capitaine de la 3ème compagnie ? où est Délémos Faïr ? »
Le centurion vétéran hocha la tête gravement avant de répondre.

« Lieutenant-commandeur, personne n’a de nouvelle du capitaine. Des hommes à lui ont été aperçu dans les ponts inférieurs, mais c’est là tout ce que nous savons.

« Jamais là où il doit être, nota Bazilleuck en haussant la voix. « Centurion, trouvez-moi le capitaine Délémos Faïr. Il devra répondre de ce manquement à l’appel, si toutefois ce n’est pas encore la preuve d’insubordination qui lui sied si bien. Et contactez le Colonel Spens en renfort afin qu’il sillonne le vaisseau à vos côtés. Les hommes seront contents de se rendre utiles. »

Celeste Rugor salua de son poing contre son armure avant de quitter le strategium, son bras droit sur les talons, quittant la garde personnelle sur le pont.

« Seigneur ? insista cependant le lieutenant Arkos encore présent afin qu’une réponse soit donnée à la question formulée par le centurion vétéran. « Quelle est votre réponse ? »

Ce dernier se tourna vers Serena Dior qui elle aussi secouait tristement la tête.

« Nos réacteurs sont à plats, déclara-t-elle pour ajouter de mauvaises nouvelles quant à leur situation. « Il va nous falloir plusieurs heures si ce n’est des jours avant d’être de nouveau opérationnels. La flotte ennemie a dirigé l’essentielle de ses tirs sur la poupe du croiseur. »

Le regard du lieutenant-commandeur se perdit un moment au-delà de la grande baie vitrée du strategium. Un cimetière spatial. Voilà ce que c’était. Près d’une dizaine d’épaves sillonnaient le vide autour d’eux. Des morceaux de coques de vaisseaux de la taille de petites bourgades erraient ici et là, ainsi que les corps innombrables des membres d’équipage, des matelots et des combattant, dont des guerriers en armure bien trop souvent. Bazileuck ne doutait pas que depuis tout ce temps, la plupart devait être morts gelés. Et même s’il en restait quelques-uns, leur cœur secondaire ne tarderait pas à s’arrêter à leur tour. Quoiqu’ils entreprenaient, il était trop tard. Ils étaient seuls dorénavant.

« Non, répondit-il enfin. « Nous allons panser nos blessures et nous repartirons ensuite à la chasse. Je vous en donne ma parole. Il se tourna vers la Maitre des Astropathes Ing Sae. « Madame, faites au mieux pour suivre les effluves Warp de la flotte ennemie. »

Cette dernière acquiesça et d’un geste de la main, communiqua à ses semblables de se mettre en piste.

« Parallèlement, Maitresse, veuillez-vous démener pour me trouver toutes les signatures énergétiques de mes guerriers là-bas dehors. Envoyez des navettes rapatrier ceux qui peuvent être sauvés. Nous avons trop lourdement subi, je veux que nous sauvions et consolidions nos forces. Il marqua une pause et réfléchit. « Puis employez-vous  je vous prie à envoyer un message de détresse. Quelqu’un doit bien se trouver dans ce secteur hormis nos ennemis.

« Dument noté, répondit-elle sans se retourner tandis que des servos-crâne volaient d’une station à une autre afin de relayer l’information. »

Le lieutenant de la 4ème compagnie fit un pas au milieu des membres de la garde personnelle en armure Terminator du commandant. Il se tenait visage nue, cheveux courts, grand et carré. Une montagne de muscles et de fer, comme la plupart d’entre eux.

« Ne craigniez-vous pas que cet appel ne voit l’arrivée d’autres ennemis ? d’autres qui auraient brisé leur serment ? »

Bazilleuck se retourna soudainement, le visage coléreux, son avant-bras frappant la rambarde devant son siège de commandement, laquelle se plia sous le coup.

« D’ici que nous soyons prêts à partir, sachez que je ne crains qu’une chose. Que le chemin qu’ils ont tracé dans le Warp disparaisse sous nos yeux, dit-il en voyant le dernier vaisseau ennemi s’éclipser dans l’Immaterium. »


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Message par Nero le Jeu 27 Sep 2018 - 20:06

VIII

Surprise. Trahison. Nécessité

 

Corona VI, une des centaines de places fortes érigées par la IVè de Fer à la fin de la Grande Croisade au nom de Perturabo. Un petit joyau de la légion. Une véritable citadelle de fer et de marbre blanc et noir bâtie sur un modèle antique de l’ancienne Terre.

Il s’agissait d’une planète de plus d’un milliard d’individus. Des femmes et des hommes loyaux envers l’Imperium. Des personnes œuvrant corps et âmes depuis l'assujettissement de leur monde, chaque jour dans l’optique de toujours plus renforcer cet empire des hommes en lequel ils croyaient dorénavant et pour lequel ils se battaient afin de le préserver.

Corona VI était entourée d’une ceinture de petits astéroïdes tournant autour d’elle par gravité. Au milieu de ces derniers se trouvaient un certain nombre de stations orbitales. L’armée et la légion n’en avaient quasiment jamais eu recours jusque-là. Il s’agissait du système de défense orbitale, ce qui faisait de la planète un sujet de convoitise pour les pirates xenos ces dernières années. Mais personne, du moins dans le répertoire des menaces cataloguées, n’étaient assez puissant et fou pour s’en prendre à la garnison.

Le système était situé dans le Segmentum Obscurus, aux frontières de l’Imperium et de ce que dans un lointain futur, les hommes appelleraient le cauchemar du Warp. L’Œil. D’un côté, si seulement on pouvait réellement se situer de cette manière dans l’espace et l’Immaterium, on pouvait se rendre sur Olympia, le monde natal des Iron Warrior, plongé en plein cœur de l'Ultima Segmentum là où royaume de Roboute Guilliman, primarch de la XIII légion des Ultramarines s'étendait. Les cinq cents mondes. Et puis de l’autre, s’il y avait bien un autre côté ici aussi, des contrées lointaines, appartenant normalement à d’autres légions. Normalement, puisque les troupes cantonnées ici n’avaient jamais le loisir de naviguer bien loin dans les systèmes alentours, puisque la citadelle à protéger.

La garnison n’était pas très importante, quoique cela était à méditer aux yeux du lieutenant-commandant Bazilleuck Eunam, puisque d’autres bastions et places fortes ne se composaient parfois guère plus d’une escouade pour maintenir l’ordre.

Corona VI abritait en revanche un bataillon. Par n’importe lequel. Le 2nd  bataillon composant le 81ème grand bataillon du Maitre de forge Sourilov Dantar, appelé l’Obtus pour ses manières à se montrer borné, notamment dans l’exercice de ses fonctions, mais faisant preuve d’un dévouement sans faille au Primarch. Jamais qui que ce soit dans le cercle des officiers jusqu’aux Triarques ou parmi ses troupes ne l’avaient entendu remettre un ordre en question, comme il était attendu de chaque combattant de la légion. Il était d’ailleurs très souvent sollicité par Perturabo lui-même pour des tâches bien précises, et parfois pas très nettes aux yeux de ses confrères.

Quoi qu’il en soit, tout se passait bien pour la citadelle de fer que représentait cette place forte. Elle continuait chaque jour de produire armes et munitions aux côtés de leurs alliés du mechanicum afin de toujours réapprovisionner la légion sur ses nombreux et lointains théâtres d’opération.

Et c’est ce qu’ils crurent lorsqu’un beau jour, les auspex détectèrent à la lisière du système une flotte arriver lentement, comme un quelconque prédateur avançant sans crainte toujours plus près de sa proie afin de la scruter de fond en comble. Comme préparant un mauvais coup.

La flotte autour de la planète, elle, se composait de plusieurs dizaines de bâtiments parmi lesquels le croiseur Iron Wound, le vaisseau du lieutenant-commandant. Parmi la flotte, on dénombrait également des destroyers ainsi que des frégates et des escorteurs. Une multitude d'autres vaisseaux, plus petits, entre autre des cargos et des navires d'approvisionnement stationnaient en orbite, délivrant leur cargaison à la flotte ainsi qu'en surface. Et puis on notait la présence de nombreux vaisseaux civils. Parmi eux, des marchands et des clandestins issus de systèmes voisins ou plus lointain, venus faire commerce ici. 

Tous demeurèrent surpris l’espace d’un instant lorsque sur tous les écrans et affichages de chaque vaisseau, on détecta la présence de cette nouvelle flotte à l’horizon. Il s’agissait de la VIIIème légion, accompagné d’éléments de la IVème. La raison de leur présence ici était plus qu’étrange selon le maitre des lieux.

Rien, pas un seul message n’avait émané de sa part après les premières heures. Il fut alors décrété au sein de la citadelle, par le lieutenant-commandeur du bataillon en garnison, qu’un détachement serait envoyé par oiseau d’assaut afin de mettre pied à bord du vaisseau amiral de cette flotte aux démarches atypiques.

Mais avant même que la navette avec les représentants du système ne prenne son envol, on communiqua au commandeur que la flotte en question avait enfin daigné répondre et qu’elle s’apprêtait à descendre sur Corona VI.

« Que fait-on lieutenant-commandeur ? avait réitéré le centurion de la 1ère compagnie, Celeste Rugor, son casque à cimier sous son bras. Ce dernier était un vétéran depuis les débuts de la croisade, et depuis les débuts il combattait aux côtés de son commandant et frère Bazilleuck Eunam pour qui il nouait beaucoup de sympathie »

Les deux guerriers se tenaient devant la gigantesque vitre blindée du stratagium de la base à observer le ciel, là où se terrait tapis au loin la flotte de ces nouveaux arrivants. Le lieutenant-commandeur expira avant de tourner le dos au ballet incessant de vaisseaux décollant ou atterrissant depuis les docks tout autour de la capitale.

« Accueillons nos frères de la nuit comme il se doit. Accueillons les dans le Hall des Trépassés, ajouta-t-il sa suite personnelle derrière lui. »

*

Le Hall des Trépassés portait bien son nom. Il s’agissait autrefois, du temps où la planète n’était pas encore sous l’égide de l’Imperium, de l’ultime défense de ses représentants. Le lieu où les derniers hommes et femmes résolus à mourir pour leur cause étaient tombés par centaines sous les coups de haches, d’épées et de bolters des Iron Warrior.

Aujourd’hui le hall était un lieu de mémoire, mais également un lieu d’accueil pour les invités. Et c’était dans cette même vaste salle que le commandeur de la IVème attendait à la fois patiemment dans son trône de fer mais aussi perplexe quant à la venue de ces guerriers qui ne respectaient de toute évidence pas le protocole d’arriver dans un système allié. Contrairement au commandeur lui-même qui appliquait ce dit protocole pour leur accueil.

De l’entrée du hall jusqu’au trône de fer, près de deux cents mètres les séparaient. Chemin le long duquel la garde cataphractii personnelle du lieutenant-commandeur se tenait face à face telle une haie d’honneur. Des colonnades de marbre parfois blanches, parfois noires, ou des deux combinées, retenaient le plafond sur lequel figurait la gravure du massacre qu’il y eut dans cette salle jadis. La mémoire en quelque sorte, afin de ne jamais oublier ceux qui tombaient sous les coups de la IV légion.

Bazilleuck Eunam qui attendait ses invités, ne montrait aucun signe d’agitation. Il était enfoncé dans son trône, revêtu de son armure Terminator brillant de son plus bel éclat métallique. Certaines cicatrices marquaient son visage, au même titre que son centurion vétéran quelques marches plus bas, patientant aussi dans sa propre armure cataphractii auprès des autres frères de la garde personnelle.

Juste de l’autre côté des marches, à la gauche du centurion Celeste Rugor, le Magos Primus Tubari du cercle des magos rattaché à la IVème sur Corona VI, se tenait présent et attendait la venue imminente de leurs frères dans un mélange d’impatience et d’excitation caractérisées par les cliquetis de son armure. Ce dernier avait le dos quelque peu courbé et portait une cape d’un rouge pourpre l’enveloppant entièrement. Son visage, mis mécanique mis composé de résidus charnels était parcouru de tics et de soubresauts involontaires liés à des connections neurales dont était, si on pouvait le dire ainsi, victime le maitre magos. Des spasmes nerveux liés à l’afflux de données que ses yeux bioniques enregistraient.

Tout à coup, les grandes portes d’adamantium du Hall des Trépassés s’ouvrirent, laissant apparaître une colonne d’une vingtaine de guerriers marcher d’un pas pesant et déterminé, dans l'aura ensoleillée qui se déversait par l'entrée et faisait scintiller leurs armures. Tels des dieux, ou plutôt les enfants de dieux, ces derniers avançaient droit vers le trône de marbre où se tenait Bazilleuck Eunam, traînant derrière eux comme de sombres nouvelles.

Le lieutenant-commandeur plissa le front de surprise quand il vit parmi ces nouveaux arrivants, un visage qu’il ne connaissait que trop bien et dont la venue était impromptue.

Ils passèrent sous la haie d’honneur que leur faisait la garde personnelle, mais n’échangèrent pas un seul regard avec leurs cousins et frères. Le détachement s’arrêta à quelques mètres du trône de fer, que, de tout évidence, le meneur ne semblait pas considérer de quelque manière que ce soit. Au même titre que celui assis dessus ne semblait témoigner aucune considération à ce frère.

Le lieutenant-commandeur finit par se lever et se tenir droit là où il était, dominant ses invités de toute sa taille. D’une voix froide et profonde, il apostropha les guerriers devant lui.

« Le Palatin de Fer Ekos Torar, rien que ça. Le bras droit de l’Obtus, si mes souvenirs sont bons.

« Bazilleuck Eunam, fut tout ce que répondit l’Iron Warrior tête nue, son armure toute aussi polie que celles des guerriers autour de lui.

« Que me vaut ce plaisir, frère ? s’enquit le lieutenant-commandeur. « Qui plus est en compagnie de nos frères de la VIIIème que je salue. »

Il descendit quelques marches, les bruits de pistons de son armure sifflants à chaque pas.

« Lieutenant-commandeur, s’inclina tout ce qu’il fallait le capitaine Night lords afin de ne pas manquer de respect. Ce dernier accompagnait le Palatin de Fer avec une poignée de leurs propres guerriers en armure Mk III. Il portait une longue épée dentée pendant à son fourreau, de même que les dagues de chacun des membres de sa légion, nota Bazilleuck.  « Je suis le capitaine Karss Zaltar de la 18ème compagnie. Et voici un de mes fidèles lieutenants, Kyriss, prononça-t-il en sifflant comme un serpent. »

Le sous-officier de la VIII se contenta d’un bref hochement de tête, tout aussi suffisant pour ne pas être réprimandé. Bazilleuck ne lui rendit pas l’appareil.

« Vos frères nous ont trouvé en chemin et notre host de bataille s’est joint à eux afin de venir jusqu’ici pour vous transmettre d’importantes nouvelles. »

Bazilleuck Eunam regardait toujours les membres de la VIII sans plus de courtoisie.

« Pourquoi avoir fait la route ensemble ? articula-t-il enfin en descendant la dernière marche du trône pour se tenir devant le Palatin de Fer. « Pourquoi un tel nombre de mes frères pour m’apporter une nouvelle que les astropathes m’auraient communiqué si seulement il y avait eu un message ? Qu’est-ce que tout ceci représente ? N’étiez-vous pas capable de venir vous-même me transmettre mes nouveaux ordres, Ekos Torar ? »

Le Palatin de Fer se tint alors plus droit et inspira en bombant le torse. Comme si la mission dont il était investi reprenait soudain le dessus, ignorant les propos du vieux guerrier.

« Le 81ème grand bataillon vous salue, lieutenant-commandeur, vous et vos hommes. Vous avez aussi les respects du maître de forge Sourilov Dantar. »

Bazilleuck dressa un sourcil, quelque peu surpris et confus.

« Et que me vaut cette attention de la part de l’Obtus ? lequel ne m’a jamais prêté attention hormis celle que d’avoir été mis sous ses ordres. Il n’y a aucune affinité entre nous, ce n’est un secret pour personne. Venez en au fait. Qu’en est-il du Primarch et du reste de la légion ? »

Le capitaine Night Lords échangea un regard discret à son homologue Iron Warrior, lequel ne passa pas inaperçu aux yeux du lieutenant-commandeur. Quelque chose se passait de toute évidence, ou du moins, quelque chose devait être dit et ils ne savaient pas comment lâcher le morceau. Après quelques instants, sans en montrer le moindre trouble, ni la moindre gène, Ekos Torar.

« La légion a de grands jours devant-elle, prononça-t-il d’une voix claire et forte qui retentit dans tout le hall. « Le Primarch a ordonné à tous les éléments de la IVème de se regrouper en vue d’un rassemblement dans le système d’Istvaan. »

Aucun des guerriers des deux groupes ne réagit. Tous, au même titre que le maitre Magos Primus Tubari, assimilèrent ce qui était dit sans montrer la moindre réaction, que cela fut tête nue ou derrière son heaume.

« Pouvez être plus clair je vous prie, lui demanda Bazilleuck intrigué. « Un regroupement de la légion en vue de quoi au juste ?

« Ceci est un ordre direct de votre maître de forge, qui provient lui-même du Primarch. Il ne vous est pas permis de discuter ses ordres. Et pour votre question, vous le saurez en temps et en heure. »

Le meneur des forces de la garnison resta de marbre. Ses yeux ne clignèrent pas une fois. La tension montait entre les deux hommes, tension qui manifestement se transmettait parmi les guerriers des deux camps qui, distinguait-il, resserraient leur emprise sur leur arme.

« Cela fait des années que mes guerriers et moi-même tenons cette citadelle, jugea-t-il nécessaire de lui rappeler comme s’il n’était pas au courant. « Des années bien longues depuis que le Primarch lui-même m'y ait envoyé. Des années durant lesquelles nous n’avons pas été mis au parfum des histoires qui se passent au-delà du voile de l’Immaterium. Comme si l'on avait jugé bon, une fois encore, de me tenir moi et mon bataillon à l'écart de la légion. Il vous faut savoir que nous ne recevons que des brides d’informations, lesquelles feraient d’ailleurs état dernièrement de soulèvements, de rébellions dans tout l’Imperium. »

Il fit un nouveau pas vers son homologue, lequel ne bronchait pas depuis un moment et faisait face à son aïeul.

« De sombres histoires arrivants jusqu’à nos oreilles voyez-vous, ajouta-il avant d’inviter le Maitre Tubari à s’avancer puis à s’exprimer.

« Peu de temps après l'assimilation de Corona VI, colporta ce dernier, « les astropathes nous ont fait part d’un communiqué des plus inquiétant. Le Primarch aurait volontairement réduit en cendres la belle Olympia et des millions de citoyens. »

Bazilleuck tourna la tête vers Ekos Torar.

« Entendez-vous, frère ? notre demeure mis à feu et à sang, il y a cinq ans déjà. Peut-être auriez-vous une réponse, un commentaire à faire là-dessus? une raison qui expliquerait pourquoi nous ne l'avons appris il n'y a qu'un an encore par des marchands? »

Ce dernier ne bougea pas d’un cil. Il se contenta de regarder son confrère en serrant les poings.

"Peut-être une tempête Warp empêchait-elle la bonne diffusion des informations jusqu’ici. »

Bazilleuck fit un pas de plus.

« Je n'en crois pas un traitre mot, susurra-t-il. »

Ekos Torar ne bougea pas d'un cil. Son visage froid et stoïque ne laisser lire aucune émotion sur son visage.

« C'était une nécessité, lâcha-t-il alors sans plus d’empathie à l’égard de la planète mère de la légion, dont il ne faisait pas partie puisque né sur Terra, contrairement à une partie des guerriers du bataillon de Bazilleuck Eunam.»

Le lieutenant-commandeur baissa la tête et vint à présent coller son visage sur celui du Palatin de Fer, plus petit dans son armure de simple guerrier, et qui ne le lâchait pas non plus des yeux.

« Veuillez répéter ? »

La tension monta d’un ultime cran. Ici, hormis les Night Lords, les Iron Warrior des deux camps ne s’étaient pas revus depuis très longtemps, depuis que le Primarch les avait disséminé à droite, à gauche dans tout l’Imperium. Ils n’avaient pas vécu les mêmes choses au cours des derniers mois, de même que les serments prêtés ne semblaient plus vraiment avoir la même importance aux yeux de tous.

Bazilleuck allait hausser le ton face à une injure pareille quand le Palatin de Fer recula de deux pas et se mit soudain en posture défensive, ses propres hommes l’imitant, ainsi que ceux de Bazilleuck.

« Il suffit, lieutenant-commandeur ! aboya-t-il en tirant sa lame. « Vous allez suivre à la lettre les ordres de votre Maitre de forge et de votre Primarch. De son épée il désigna les guerriers qui entouraient son groupe. « Rétrocédez-moi votre bataillon sur le champ. Vous répondrez de votre insolence devant notre père. »

Ce fut là comme un coup de massue derrière la tête. Pour tous les guerriers sous les ordres de Bazilleuck Eunam.

« Ces grands jours qui doivent advenir comme vous dites, répéta-t-il pas plus haut qu’un murmure avant d’élever la voix au fur et à mesure, « sont-ce là les mêmes qui nous attendent si nous ne ployons pas le genou ? Allons-nous terminer comme nos frères sur le sol d’Istvaan III il y a quelques mois encore? Nouvelle que nous avons apprise en nous rendant dans un système voisin. C’est bien cela Maitre Magos Tubari ? demanda-t-il afin de rappeler l’ampleur des événements. Ce dernier hocha la tête gravement. « Est-ce de cela dont nous parlons Palatin de Fer ? Allons-nous tomber sous le coup d’ogives virales ? sous les coups du dévoreur de vie ? lui cracha-t-il au visage de dégoût. »

L’Iron Warrior fit un pas de plus en arrière en pointant cette fois sa lame sur le guerrier devant lui. Les Night Lords drapés de nuit se mirent en position, tirant à présent entièrement leurs propres lames de leur fourreau. Les bolters se braquèrent et des cibles furent acquises. Bazilleuck se démena pour conserver son sang-froid, mais la situation commençait à lui échapper pour de bon.

« Rétrocédez-moi vos troupes sur le champ ! réitéra Ekos Torar. « Vous ne pouvez rien faire. Si vous résistez, nous vous annihilerons. Notre flotte est beaucoup plus importante et regorge de guerriers. Vous n’êtes qu’une poignée, tout au plus quatre cents guerriers. Il est inutile d’en arriver là.

« Je me demande à peine comment vous faites pour donner raison à vos propos, mais venant de vous, cela ne me surprend plus. Déjà autrefois vous vous démeniez pour entrer dans le cercle des favoris du maitre de forge. Il faut croire que mon exclusion vous aura été profitable.

« C’est une chance que j’ai su saisir, contrairement à vous.

« Pourquoi ? demanda seulement le lieutenant-commandeur, « pourquoi nous ?

« La légion ne supportent plus son rôle de seconde main, daigna-t-il lui répondre. « Nous allons à présent montrer aux yeux de tout l’Imperium de quoi nous sommes véritablement capables. Aux côtés de nos vrais frères, posa-t-il sa main sur l’épaule de ce Karss Zaltar d’une manière délicate et fraternelle. « Horus va nous hisser là où nous avons toujours été destinés à nous trouver. Il nous montre le chemin, exposait-il presque avec ferveur comme s’il cherchait à gagner le cœur des guerriers de Bazilleuck Eunam.

« Si vous croyez que fomenter une rébellion contre l’Empereur est là le chemin que doit prendre la légion, je vous plains alors, frère. Je tiens à vous prévenir qu’aucun homme, aucun de mes guerriers ne se soumettra à un tel ordre. Si nous devons accepter de brûler des mondes et massacrer des innocents pour asseoir le chaos et l’opprobre, vous trouverez devant vous des combattants résolus à accomplir leur devoir de guerriers de l’Empereur. Et pour chacun d’entre nous qui tombera cinq des vôtres tomberont. »

Ekos Torar partit soudain d’un rire rauque, déformé par ses implants sous le menton, au niveau des cordes vocales.

« Vous êtes aveugle, vous l’avez toujours été, lui expédia-t-il. « Si vous croyez que ce n’est pas ce que nous sommes depuis toujours, des destructeurs de mondes et des bouchers, vous l’êtes bel et bien. »

Il serra un peu plus la garde de son épée, avançant sa lame doucement près du torse de l’armure cataphractii du vétéran d’innombrables batailles.

« Je ne comprends pas à quoi vous jouez, espèce d’imbécile, lui adressa ce dernier. «  Est-ce ainsi que vous comptez entreprendre votre nouvelle croisade ? en mourant ici ? il regarda sa garde personnelle à présent encercler leurs ennemis, griffes éclairs, lames et bolters lourds levés.

« Nous ? dit-il amusé, prêt à bondir comme à recevoir le premier coup, « non, vous ».

Au même moment, le plafond se mit à trembler, puis des cris retentirent dans toute la cité. La sirène de la capitale se mit à rugir elle aussi. Bazilleuck foudroya du regard son ancien frère avant de se jeter finalement sur lui, sa garde personnelle l’imitant, menée par le centurion Celeste Rugor.

Les deux groupes hurlèrent et s’entre choquèrent dans le bruit de la céramite et d’armes qui croisent le fer. Les bolters claquèrent aussi à l’unisson, noyant tout autre son dans le Hall des Trépassés. Les tirs créèrent des trous de la taille de poings dans les murs, les colonnes de marbre ainsi que les plastrons. Le plafond lui se fissura à maints endroits, disloquant la gravure d’antan. Les corps commencèrent à tapisser le sol dallé, leur sang ruisselant jusqu’à la sortie, sur les marches du hall à l’extérieur.

« Tout ceci n’est que pure folie ! aboya le lieutenant-commandeur. « Qu’êtes-vous en train de faire ? cette planète et ses guerriers sont loyaux au Primarch et à l’Empereur !

« Ils ne le sont plus depuis que vous avez montré dans quelle direction battaient vos cœurs ! vous n’êtes plus dignes de faire partie des rangs de la légion ! »

Voilà pourquoi ce chien d’Ekos Torar était venu jusque dans le système en si grand nombre accompagné d’éléments de la VIIIème, pensa Bazilleuck. Afin de faire ce qui serait nécessaire s’il ne répondait pas aux exigences.

Les deux guerriers redoublèrent d’intensité dans leurs échanges. Les passent d’armes étaient à peine élégantes, tous deux se concentrant sur la manière dont infliger le plus de dégâts à l’autre. Autour d’eux, les Terminators déchiquetaient les rangs de leurs anciens frères ainsi que ceux des Night Lords. Ces derniers parvinrent toutefois à en mettre quelques-uns à terre au prix de terribles pertes.

Ekos Torar jura de haine plus que de colère, comme pouvait en être envahi à cet instant Bazilleuck Eunam. Tout à coup, le plafond céda, un énième tir depuis l’orbite l’ayant perforé. Les gravats et les blocs de lithobeton ensevelirent quelques guerriers des deux camps confondus dans cette marée. Le maître des lieux jeta un rapide coup d’œil derrière, le Maître Magos essayait de se sortir de là en passant derrière les combattants.

« Maitre Tubari! l’apostropha Bazilleuck, « contactez la flotte, que le bataillon embarque sur le champ avec hommes et munitions au plus vite ! nous devons tous nous sortir de là ! »

Ce dernier l’entendit et hocha la tête tout en fuyant le dos courbé, à la fois pour éviter les tirs, et parce qu’il était bien incapable de se tenir droit.

D’un coup de pied, le lieutenant-commandeur envoya à terre plusieurs mètres plus loin le Palatin de Fer. Celui-ci intima ses troupes de reculer jusqu’à l’extérieur, Iron Warrior et Night Lords confondus. Ces derniers se dirigeaient en rangs à peine ordonnés vers leurs navettes. A leur trousse avec le reste de sa garde personnelle, le vieux guerrier contempla le spectacle sous ses yeux. Sa lame maculée de sang, lui reprenant son souffle et ses guerriers tout autour en train de descendre les marches pour rattraper leurs adversaires, il n’en crut pas ses yeux.

La flotte adversaire, qu’il rechignait à considérer encore comme renégate au même titre que le Maître de guerre Horus et certains de ses frères, mettait en pièce la leur qui n’avait pas imaginé un seul instant être aussi insidieusement attaquée. La surprise avait été telle, que dans les premiers instants, un tiers de la flotte avait péri.

Il vit le feu se répandre dans toute la ville. Les docks étaient pris d’assaut par une population en panique, maintenue de force à l’écart des pistes d’embarquement pour laisser embarquer les guerriers du bataillon. L’ennemi était en train de raser la ville, sa population avec. Leur légion était décidément douée pour ce genre de corvée reconnut-il. Il pouvait dire qu’il était heureux de ne pas y prendre part, lui qui avait ceci dit jadis orchestré la fin de plusieurs mondes, parfois seulement à l’aide d’un vaisseau. Toutefois, il se retrouvait aujourd’hui victime et forcé de faire un choix crucial et décisif. Il se demandait quel était le pire.

Il tourna la tête sur sa gauche et vit d’autres membres du mechanicum sortir en trombe d’une petite forge non loin du Hall des Trépassés. Il se dirigea vers eux.

« Vous ! sortez-moi notre frère Le Laissé Pour Compte de sa cuve ! je veux tout ce qu’il reste de la légion sur Corona VI à bord de la flotte dans les prochaines minutes ! nous partons !

« Ne devrions-nous pas les attendre ici et nous battre comme nous savons si bien le faire en piégeant et clouant sur place l’ennemi ? intervint son centurion vétéran, ses griffes éclairs scintillants au milieu de la poussière et la fumée.

« Non, répondit-il aussitôt en regardant le ciel, « ils ne s’apprêtent pas à un largage orbital, ils sont là pour nous anéantir.

« Mais la popula…, prononça Celeste Rugor avant d’être interrompu.

« Je sais, parvint-il seulement à articuler. « Mais mon choix est fait. Nous les pleurerons tous plus tard. C’est une nécessité, comme qui dirait. Avec moi ! ordonna-t-il à ses guerriers sur un ton implacable, «  dans le Hall. Nous allons nous téléporter jusqu’à l’Iron Wound. »

Le lieutenant-commandeur regardait pour la dernière fois la planète dont il avait eu le contrôle au cours de ces longues années. Ce matin encore il n’imaginait pas lui-même une telle tragédie. Il s’était plutôt imaginé à une nouvelle journée de routine. Alors qu’il contemplait pour la dernière fois la ville, il vit au loin une frégate de la flotte piquer à toute vitesse sur la surface ainsi qu’une des stations orbitales. Ce n’était pas un spectacle que l’on voyait tous les jours. Or, il craignait que ce ne soit pas la dernière fois qu’il en serait témoin…

*

… bien au contraire, pensa-t-il les yeux grands ouverts, ses deux mains posées de chaque côté de son trône en fer, observant depuis plusieurs dizaines de minutes l’équipage aller et venir.

Les tristes et horribles images du carnage qu’avait été Corona VI le hantaient encore. Il ne pouvait oublier ce qui s’était passé, tout ceux qu’il avait été forcé d’abandonner sur place à une fin ignoble. Il ne pardonnerait pas. Jamais. Le sang et la revanche appelaient.

Le commandant se redressa. Ses yeux s’attardèrent un instant sur le vide de l’autre côté de la gigantesque baie d’observation, là où les étoiles et le firmament patientaient dans un calme étonnant, peut-être la venue prochaine d’autres visiteurs dans cette portion de la galaxie. Il était assis là dans son trône de commandement à méditer et penser depuis plusieurs heures. Et il en était ainsi depuis deux jours.

Bazilleuck Eunam donna les commandes du vaisseau à la Maitresse de pavillon Serena Dior, sa garde personnelle veillant sur elle. Il lui fallait descendre dans les ponts inférieurs afin de se retrouver seul, loin de l’activité trop intense de la passerelle. Il lui fallait ressentir la chaleur et le gout du fer dans les entrailles du croiseur qui lui manquaient tant. Et puis très certainement que le Cercle des Magos finirait-il par réclamer son attention après tous ces évènements.

De sa démarche pesante, il se mit alors en route.


Dernière édition par Nero le Jeu 7 Mar 2019 - 13:36, édité 2 fois


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero le Lun 15 Oct 2018 - 20:58

Après un petit moment d'absence me revoilà avec la suite! bonne lecture les fans!   Very Happy
        


                                                             IX
 
                                       Loge. Le Laissé Pour Compte. Nouvelle jambe.

Le capitaine Délémos Faïr de la 3ème compagnie était un guerrier taciturne au caractère bien trempé. C’était aussi une masse d'acier et de muscles imposants. Personne n'osait jamais le regarder de peur d'être démembré sur le champ. Ce dernier éprouvait une haine quasiment viscérale vis à vis des mortels, même si ça ne datait pas d’aujourd’hui. Et particulièrement ces derniers temps. Il n'aimait pas grand monde, et peu de gens l'appréciaient. Il faisait peur et on avait juste peur de lui et de ses hommes. 

Il n'était et n'avait d’ailleurs jamais été le favori du commandant. Sans doute ne le serait-il jamais. Là-dessus, il n’y avait aucun doute et aucun secret pour qui que ce soit. Leur inimité était connue de tous. Délémos se fichait royalement de ce que les autres au sein du bataillon pouvaient bien penser. De leur opinion. Tout comme on ne se souciait pas de la sienne concernant cette mission. 

Il passa une coursive, deux de ses guerriers derrière lui. Des matelots et des mécaniciens passèrent devant eux, et pressèrent le pas pour vite mettre de la distance entre eux et les Astartes. Certains se collaient littéralement aux parois, devenant soudain de vraies statues. Ils retenaient presque leur souffle et fermaient les yeux. Ils espéraient seulement qu’on ne s’attarde pas sur eux. Parfois, une patrouille du Cycle Infernal déboulait d’un angle au pas de course et sans jamais détourner le regard de leur objectif un seul instant, ils passaient devant eux comme s’ils n’étaient pas là.

Délémos Faïr s'était posé beaucoup de questions sur le parti pris par leur commandant. Il n'était pas d'accord sur le fait de ne pas se joindre aux forces du Maitre de guerre Horus Lupercal, à qui il lui avait été donné l’opportunité une fois, sur Ullanor, de le voir en personne défiler avec ses frères Primarchs devant les innombrables troupes rassemblées en ordre de parade, suite à la victoire incontestée sur les Orks.

Il avait vu ce grand et glorieux combattant de l'Empereur, premier parmi ses fils les plus dévoués, recevoir cet illustre titre de commandant en chef des forces de la Grande Croisade.

Délémos avait versé son sang pour l'Empereur, comme ses propres guerriers et le reste de ses frères de légion. Il n'était pas non plus aveugle, au point de se rendre compte, que le père de l'humanité tout entière avait abandonné ses fils et petits enfants pour se retirer dans ses cryptes. Là où vraisemblablement quelque chose de plus grand encore se jouait.

C’est de cette manière que depuis le Triomphe d’Ullanor et l’attaque de la VIII et du reste de la IV sur leur monde garnison de Corona VI, que beaucoup de choses avaient changé.

Délémos Faïr détestait son lieutenant-commandeur depuis la désastreuse bataille contre les Hruds, il y a des années de ça, au cours de laquelle ce dernier avait certes massacré d’innombrables ennemis, mais aussi perdu toute la 5ème compagnie, laquelle était autrefois dirigée par son capitaine, un ami de Délémos, à présent mort. 

Or, il le haïssait aussi, et cela devait être aussi viscérale qu’inexplicable, car à ses yeux il n’était qu’un incompétent, un mécréant qui ne valait pas plus que les chiens qu’étaient les Fist de Dorn. Et ce n’était pas simplement dû aux pertes subies contre cette ignoble race xenos.

Lui était quelqu'un de fière. Quelqu'un qui voulait toujours plus, qui visait haut, contrairement au commandant qui se contentait de ce qu’il avait. Par-dessus tout, il n'avait nullement l'intention de suivre plus longtemps cette entreprise dans laquelle Bazilleuck Eunam les avait conduits. Tôt ou tard, il passerait à l'action. Tôt ou tard, le temps viendrait de rejoindre Horus. Bientôt, il serait de nouveau aux côtés des vrais Iron Warrior, auprès de son père Perturabo. 

C’est donc afin de parvenir à ce but, qu’il y a de nombreuses années maintenant au sein des légions, des groupes de guerriers se sont réunis sans rien d’illégal puisqu’adopté par les membres de la XVII et de la XVI dès les prémices, avant que la plupart des autres légions ne s’y mettent, ceci pour converser et débattre de sujets actuels, sans distinction de grade.

Et c’était précisément où se rendait le capitaine, dans l’un de ces groupes devenus clandestins malgré eux, pour retrouver nombre de frères mais aussi de mortels qui se sentaient galvanisés par les propos et discours tenus.

Les lieux se trouvaient bien enfouis dans le cœur du croiseur, dans les derniers ponts. Là où seuls les bruits tonitruants des turbines et des réacteurs enveloppaient tout autre son. Le trio croisa en chemin un groupe d’adepte du mechanicum qui s’inclina à leur passage avant de reprendre leur route.

Après de longues minutes à sillonner les niveaux du vaisseau, les trois guerriers arrivèrent à destination. Ils se trouvaient au bout d’un couloir où une lourde porte de métal était gardée par un de leur semblable de légion. Ils s’arrêtèrent à sa hauteur. Délémos remarqua que les marquages d’une de ses épaulières le définissaient comme un membre de la 1ère compagnie. Tout le monde ici était libre de venir écouter ce qui était dit, et y participer aussi. Le groupe n’était pas restreint à une seule compagnie, mais bien au-delà, si le message important de ces dernières semaines voulait être entendu et répandu.

« Qui va là ? demanda le guerrier devant eux les bras croisés.

« Je ne saurai le dire, répondit Délémos Faïr avant qu’on ne leur ouvre la porte. »

Ils pénétrèrent dans une pièce assez grande pour accueillir une cinquantaine de guerriers en armure. Il se trouvait qu’ils étaient ce nombre environ plus autant de mortels, à la fois simples matelots, mais aussi des soldats du régiment du Cycle Infernal. Beaucoup des hommes présents n’étaient pas revêtus de leur armure, contrairement aux trois nouveaux arrivants. Tous, du moins les guerriers de la IV, étaient en train de chanter la litanie de fer, un mantra propre à la légion.

« Du fer provient la force. De la force vient la volonté. De la volonté vient la foi. De la foi vient l'honneur. De l'honneur vient le fer. Et puisse-t-il en être ainsi à jamais. »

Et ils recommençaient ainsi.

Ce lieu, dans lequel nageaient en permanence la douce odeur du fer battu et de l’huile, n’était un secret pour personne, et personne n’en portait en ce lieu. C’était un endroit où les craintes et les soupçons entre frères, comme les petites querelles d’ailleurs, pouvaient se régler sans incident, et sans crainte aussi, contrairement à l’extérieur. La plupart du temps, la position de chacun dans la légion les forçait à suivre une hiérarchie. Il était bien plus simple de s’ouvrir ici et d’évoquer son ressenti et désarroi quand tous arrivaient avec un même pied d’égalité, plutôt que de se confier à un de ses frères qui risquait de vous dénoncer, ou votre propre officier qui vous réprimanderait.

Le capitaine se fraya un chemin parmi les membres réunis lesquels se retournaient parfois pour voir qui les interrompait. Ici, les mortels ne s’inclinaient pas. Ils étaient les égaux de leurs cousins post-humains, et le capitaine respectait cet état de fait. Dans cet endroit uniquement bien sûr.

Il vint se tenir devant la petite estrade aménagée, là où un guerrier se tenait droit dans son tabard gris, la mine austère. De toute évidence, cela faisait un moment que la réunion avait commencé, mais Délémos Faïr ne semblait pas trop s’en préoccuper, tout comme arriver en retard il faut dire. Il était un des premiers fondateurs de la loge guerrière au sein du 2nd bataillon il y a des années de ça, avant même que les évènements d’Istvaan III ne parviennent à leurs oreilles.

Les visages des uns et des autres, mortels comme Astartes, étaient vus et connus de tous. Et une fois qu’ils sortaient d’ici, ils reprenaient leur routine, comme si rien ne s’était passé. On pouvait voir se croiser un mortel et un guerrier de la IV appartenant à ce club restreint, sans qu’ils ne se reconnaissent à l’extérieur. C’était là tout le paradoxe de la situation si vous vouliez qu’un pareil endroit demeure secret. Ou du moins, loin des oreilles indiscrètes ou trop curieuses. 

« Délémos Faïr, prononça le guerrier sur l’estrade, « tu nous honores de ta présence une fois encore, dit-il en s’inclinant légèrement, plus pour marquer un signe de bienvenue que de contrition. « Cela fait plusieurs jours que nous ne t’avons pas vu.

« Et vous m’excuserez, mais nous avions un bâtiment à nettoyer de la vermine de Nostramo, répondit-il, ce qui fit rire aux éclats certains guerriers présents. « Toutefois, c’est avec joie que j’aperçois la présence de nouveaux membres, Belantor, ajouta-t-il en se tournant pour faire face à l’assemblée de combattants.

« Nous étions en train de traiter de la position de notre légion dans ce conflit et de la place de notre bataillon sur ce grand échiquier galactique. Peut-être aurais tu quelque chose à ajouter concernant l’enjeu de la légion, qui visiblement semble en préoccuper plus d’un au sein de ce vaisseau, désigna-t-il les membres de la loge devant lui. »

Délémos Faïr inspira et retira son casque l’instant suivant avant de monter sur la petite estrade afin d’être bien vu de tous. Parmi ces nombreux visages, un se démarquait du lot. Un qui jugeait bon lors de ses rares moments de libres après ces derniers jours, de venir écouter ce que beaucoup d’autres rechignaient à entendre. La vérité en somme. Le buste bien droit, fier d’être parmi cette assemblée et fraternité de guerriers humains et post-humains, Inryr souriait d’impatience.

« J’aurai en effet deux ou trois choses à dire concernant la suite des évènements, président de loge, articula l’Astartes. »

                                                                             *


Trator, était autrefois un grand guerrier au sein de la IVe légion. Il était acclamé de tous. Par ses frères et par son propre père. Il avait combattu sur plus d'une centaine de mondes différents. Il était un héros pour la légion. 

Mais on est un héros tant que l'on est apte à accomplir de grandes choses. Et ce titre honorifique lui fut un jour arraché par un ennemi plus puissant, le réduisant alors à l'état d'infirme. 

Bien sûr au fond de lui, le vénérable Trator savait les exploits qu'il avait accompli pour la légion, tout comme ses frères savaient qui il était et ce qu'il représentait. Or, depuis maintenant des mois, ce héros de fer était en vie seulement grâce à la volonté de son Primarch et des technoprêtres ayant bien voulu qu'il survive. Survivre et non vivre car être aujourd'hui dans son état ne correspondait guère à vivre. Aussi, même dans ces conditions était-il habité d'une conscience, de sa conscience, car il n'était pas encore totalement une boite de conserve sans cervelle. Cette conscience n'avait nullement disparu, et il pensait encore comme n'importe quel autre être vivant. 

En fait, Trator restait surtout mécontent. Il se rappelait trop souvent du jour où son père, le voyant invalide, avait décidé de l'envoyer sur ce monde, Corona VI. Lui le meilleur de la légion, que tout le monde vénéré jadis, n'était plus. Du jour au lendemain on venait de le rétrograder. À l'instar d'un moins que rien, voué à dormir pour l'éternité sur un monde fortifié loin de tout. Ce qui le révolté le plus était la manière dont son père s'était débarrassé de lui. Comme s'il n'était plus qu'un outil que l'on abandonne après usage. Bien sûr, il avait été reconnaissant envers Perturabo pour lui avoir permis de rester en vie. Pour lui avoir permis de combattre à nouveau les ennemis de l'Imperium sous une autre forme que celle d'Astartes. Cela il ne le savait que trop bien. Car dorénavant enfermé dans un sarcophage, Trator ne se réveillait plus que pour libérer son courroux sur ses ennemis par le biais de sa nouvelle carapace d'adamantium. 

Mais tout était devenu très différent à présent. Les vents du Warp se levaient et portaient avec eux de terribles nouvelles. Celles de serments brisés et de frères se retournant les uns contre les autres. Trator se demandait bien des fois s'il n'aurait pas mieux fallu s'endormir pour toujours plutôt que d'être au courant de tels évènements. Surtout qu’une chose pareille se produise un jour.

« Mon vieil ami..., prononça Valdon à genoux, une main posée sur le sarcophage dans lequel reposait l’ancien guerrier. « Je sais que tu peux m'entendre. Et tu sais ce qu'il se passe en ces temps troublés. Il me tarde de te voir auprès de nous. » 

Valdon se releva. Il était techmarine. Un adepte des secrets de la machine. Son savoir comme il ne cessait de le répéter et avec qui il le partageait étroitement avec les membres du méchanicum, était son pouvoir. Il ne vivait que pour servir la légion du mieux qu'il pouvait. Il bénissait les armures des guerriers, les réparait, et les entretenaient. Exactement comme les technoprêtres envers les armes et amures de leurs porteurs skitarii. 

Il se tenait là, debout dans le hangar dans lequel le caisson du Dreadnought avait été entreposé récemment, dès l’arrivée des éléments rescapés des autres frégates et escorteurs de leur mince flotte. Il n’y avait pas âme qui vive en ce lieu, nota-t-il, guère différent des autres jours. Seuls vaquaient à leur occupation des serviteurs de maintenance ainsi que des membres du méchanicum totalement mécanisés, passant d’une machine à une autre, de véhicules et de senseurs à d’autres.

Un chiffon entre ses mains gantées, il dispensait à son frère des caresses afin de le polir plus qu’il ne pouvait déjà l’être, afin que son armure brille de tout son éclat métallique, comme l’être enfermé à jamais dedans. Comme Trator auparavant. Un geste qui aurait été pris pour celui d’un mortel. Un acte faible que de consoler ou cajoler un autre. Mais même malgré les principes de légion déjà froids, il n’en avait cure. C’était déjà là un miracle qu’il ait survécu à Corona VI et à la fuite de sa frégate pour se retrouver ici.

« Comme au bon vieux temps, ajouta le techmarine d’une voix froide et parasitée par sa propre armure. »

Valdon était le meilleur ami du Dreadnought. Le meilleur qu’il est jamais eu. Ils avaient été de tous les fronts ensemble. Valdon avait même été présent quand la destinée de son ami fut réduite à néant.
Il s'apprêta à quitter la soute où se trouver son frère afin de rejoindre des niveaux plus animés quand il se retourna une dernière fois.

« Peut-être que très bientôt te relèveras tu et te joindras tu à nous encore une fois. Car il semblerait que sol tremble à nouveau en entendant ton nom, Trator le Laissé Pour Compte. »

                                                                             *


« Comment vous va votre nouvelle jambe ? s’enquit l’apothicaire Hebor en levant la tête de son travail. »

Ce dernier œuvrait depuis plusieurs heures à réanimer le cœur principal du guerrier allongé devant lui, lequel avait été récupéré du vide autour d’eux dans la journée, car jugé encore en état d’être sauvé. Il faisait partie des sept guerriers récupérés de la sorte au cours des trois derniers jours. Un miracle presque qu’autant de guerriers soient parvenus à conserver une étincelle dans ce néant. Comme une flammèche prête à s’éteindre et qui s’était forcée à exister pour un temps encore jusqu’à ce qu’on la ravive et qu’on la mette à l’abri.

Hebor expira de manière imperceptible. Cela le chagrinait, évidemment de ne parvenir à réanimer un frère de légion. De même que cela avait chagriné le commandant d’apprendre que si peu de ses guerriers avaient été secourus. Mais ils étaient sept. Sept sur des lits avec des masques respiratoires, des cathéters, des stimulants. Peut-être qu’aucun ne s’en sortirait. Peut-être que tout cela était inutile. Peut-être qu’ils perdaient du temps et des ressources. Mais peut être aussi qu’au moins l’un d’entre eux reviendrait d’entre les morts, si ce n’est tous.

« Je m’y fais, se contenta de répondre Harrix en avançant dans l’apothicarion de sa démarche gauche à cause de sa nouvelle prothèse bionique. « Cela est quelque peu douloureux je vous l’avoue, mais rien en comparaison des pertes que nous avons subi. Je m’estime chanceux.

« C’est un très bon raisonnement. Et puis vous vengerez leurs morts une fois que l’ennemi se présentera de nouveau. Je suis sûr que vous ne manquerez pas de leur rendre l’appareil.

« Comptez sur moi, opina le guerrier en faisant le tour des lits où reposaient les guerriers semis morts, à qui on avait enlevé leur armure. »

Sept, sept combattants. Tous de la 4ème compagnie essentiellement, mais de sections et d’escouades différentes, nota Harrix.

« Certains se trouvent-ils dans des états plus ou moins stables ? »

Hebor abandonna un instant sa tâche pour se rendre aux côtés de son frère de bataille.

« Celui-ci, désigna-t-il le plus proche d’eux, « est dans un état viable, son cœur principal est reparti hier. De même que ces deux-là derrière. Mais je crains pour les autres. »

L’apothicaire observait le jeune combattant. Il avait l’air pensif. Sans doute de voir leur état diminué au même titre que leur nombre impactait directement sur lui. Il ordonna de ce fait à quelques serviteurs présents de prendre le relais. Il leur confiait la mission de s’occuper des guerriers allongés pendant qu’il s’absentait. 

« Venez avec moi, l’invita-t-il d’une main. « Allons marcher un peu. Allons faire travailler cette nouvelle jambe, voulez-vous ? »

Harrix dressa un sourcil surpris de voir un apothicaire abandonner sa tâche ainsi.
« Ne devriez-vous pas plut…

« Ils ne s'éteindront pas dans l'heure, rassurez-vous. Et puis cela me fera du bien que de penser à autre chose que tous ces cadavres et mutilés sur mes lits d’opération. Conversons un peu voulez-vous ?
« Comme il vous plaira apothicaire. »

Tandis que les deux guerriers avançaient le long du niveau des soins consacrés à la légion ainsi qu’aux mortels, ils voyaient, à présent avec plus de calme, les chambres et vastes salles dédiées aux soins légers et aux opérations plus importantes. Ici et là des infirmiers et chirurgiens se déplaçaient et discutaient. Ils étaient peu nombreux mais présents. Tous n’avaient pas péri durant l’abordage ennemi. Et même s’il valait mieux un apothicaire pour s’occuper d’un post humain comme d’un mortel, Hebor appréciait leur présence qui, mine de rien pouvait aider et ou assister parfois les membres de la légion après instruction. Une certaine coopération disons s’était installée depuis Corona VI, faute de toutes les ressources manquantes.

« Parlez-moi un peu de l’état des troupes ? du moral de l’équipage ? quand est-il ? vous avez bien dû entendre ou voir certaines choses ? »

Harrix le regarda sans expression aucune. Comme si l’apothicaire croyait qu’il n’avait que ça à faire de se soucier du sort de chacun. Un peu oui, tout compte fait. Il n’avait rien eu d’autre à faire au cours des quarante-huit dernière heures au cours desquelles il lui avait été greffée ce nouveau membre, que de déambuler pour le faire travailler. Des ragots, ça oui il en avait entendu.

« Nos frères ont le moral au plus bas. On s’est pris une belle claque. La VIII nous a pas ratée. Le bataillon essaye de conserver et solidifier les rangs épars de chaque compagnie, chaque escouades… mais avec autant de pertes…

« …ce n’est pas chose facile, oui, répondit à sa place Hebor qui regardait droit devant lui. »

Ils quittèrent ce pont ci pour se rendre en dessous, là où près de six niveaux plus bas les quais et baies d’embarquement se trouvaient. Il y avait du chemin d’ici à y arriver. Mais Hebor avait envie de se changer un peu les idées. Et il voulait voir de ses yeux les progrès de son frère de bataille. Alors oui, ils feraient tout ce chemin ensemble, quoi qu’il en coûte.

« J’ai envie de faire un passage aux salles d’embarquement, lâcha-t-il après un moment. Etes-vous avec moi, frère ? »

Harrix lui fit signe de passer devant.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero le Mer 19 Déc 2018 - 14:23

Salut salut! après un peu d'absence me revoilà avec de nouveaux chapitres! Noël s'annonce noir, sanglant mais particulièrement noir...  Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil  Very Happy






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Le Cercle des Magos. Carrefour de sang. La seule réponse audible.

Bazilleuck progressait d’un pas déterminé à travers les coursives sombres et baignées de vapeur du croiseur. Deux jours s'étaient écoulés depuis qu'on les avait laissés là dans le vide spatial, à l'abandon, blessés, récupérant de leurs avaries. Deux jours que le lieutenant-commandeur parcourait le vaisseau en quête de réponses à ses questions.

En chemin, il avait opté pour les baies d’embarquement, où il savait qu’il retrouverait les membres du mechanicum ayant réchappé aux massacres de Corona VI et qui étaient cantonnés là-bas.

Le commandant réfléchissait, planifiait des plans afin de mieux contre carrer ses adversaires qu'il lui tarder de retrouver. Ceux d’un tout nouveau genre, et dont il restait aujourd’hui encore, bien évidemment, estomaqué. Qu’un tel dénouement soit arrivé, cela était tout bonnement…tout bonnement quoi ? chercha-t-il ses mots. Après avoir affronté d’innombrables espèces xenos durant près d'un siècle, fallait-il vraiment que l'on en soit arrivé là?  Que ses propres frères se révèlent être une nouvelle menace ? le rêve d’un empire de l’humanité, uni sous une seule bannière et baigné de l’aura de l’astronomican afin de les guider dans les mers obscures du Warp n’était-il donc plus au goût du jour ? De toute évidence cette époque semblait révolue et un nouvel âge faisait son apparition. Une nouvelle ère annonciatrice de guerre et de terreur.

Au fond de lui, Bazilleuck était secoué, même s’il tâchait de ne rien en montrer. Ceci était bien sûr due à la perte de leur planète mère qui les avait éprouvés au plus haut point, tout comme le massacre de leur monde garnison. Mais surtout le retournement aussi brutal de leurs alliés qu’ils appelaient frères il y a peu de temps encore, et qui lui restait en travers de la gorge. Cela était chose nouvelle que d’affronter des Astartes. Jamais telle pensée ne serait venue à l’esprit d’aucun d’entre eux.

Ceci pourrait s'avérer être un élément crucial songea-t-il cependant. Il a toujours été plus facile de constater la faiblesse d'une armée dans son nombre plutôt que dans sa détermination. Peut-être était-ce l'atout dont il faudrait se servir. A de nombreuses reprises la garde impériale avait prouvé cette dite détermination. Le capitaine pensait à tout cela. Ces suggestions étaient au final utiles et bonnes à prendre.

Ses pas étaient lourds. Lourds du poids de l’armure le recouvrant. Elle était aussi vieille que lui et ornée de bien des messages. Tant de cicatrices qu’il avait jugé préférable de laisser pour se souvenir du passé, comme les quelques vestiges de sceaux et serments accrochés à divers endroits de son armure bénite.
Il passa une coursive. Deux skitarii se trouvaient au bout du corridor et montaient la garde. Ils étaient aussi immobiles que pouvaient l’être ses propres guerriers au même poste.

Recouverts d’augmétiques composant leur armure, et également drapés d’une robe doublée de billes de plomb afin de les protéger des énergies nocives, ils avaient une allure intimidante, agressive. Ils avaient été géno-améliorés par les magos afin d’en faire des guerriers redoutables, leur arme contendante posée à la verticale devant eux en étant un bel exemple. Dès leur naissance – en cuve bien sûr hormis les exceptions tels que les criminels ou d’autres acabits du genre – on leur ôtait les paupières afin de collecter un maximum d’informations. Et pour ne pas devenir aveugle, c’était la raison pour laquelle ils portaient en permanence des protections oculaires. Ils avaient aussi un système respiratoire qui leur était propre avec une recharge qu’ils portaient constamment. Et leur jambe étaient bioniques en dessous des genoux.

Déjà, le martèlement des machines provenant de tout le niveau était assourdissant. Le vaisseau vivait, respirait. Un peu comme les organes d’un corps exerçant leur fonction afin que cette dernière demeure au maximum de ses capacités.

Les deux combattants du mechanicum s’écartèrent et laissèrent le capitaine pénétrer dans le hangar à chasseurs.

Ici ne résidaient que des mortels aux qualifications de techniciens, accompagnés des nombreux serviteurs les aidant dans leurs innombrables et épuisantes tâches. Le capitaine leur devait beaucoup, à chacun d’entre eux. Jamais il ne négligeait un membre de la légion. Pas même les mortels grâce à qui en grande partie les bâtiments sur lesquels ils vivaient, tenaient la route. Ici, pas moins d’un millier d’humains et de serviteurs œuvraient ensemble dans un même but, jour et nuit. Maintenir le vaisseau au meilleur de ses capacités.

Bazilleuck passa devant un groupe de magos sur sa gauche qui s’inclina légèrement mais suffisamment en guise de salut. On ne remarquait que leurs diodes vertes ou rouges à la place des yeux, et par moments des membres mécaniques telles des excroissances, se glisser au sol par-dessous leur robe. Des bras mécaniques se dégageaient des fois de leur robe en des cliquetis quasi inaudibles avec le bruit ambiant, et aux allures de pattes arachnéennes.

Sur sa droite, en dessous du balcon et de la balustrade contre laquelle il vint se tenir quelques instants, se tenait la horde de soldats biomécaniques des skitarii en rangs parfaits. Ils étaient passés en revu par leur maitre, Ranos Clerg. Un homme encore, mais qui avec les années en devenait plus une machine pensante plutôt qu’un homme puisqu’il ne finirait par lui rester que sa mémoire. Quoique.
Le meneur du second bataillon de la 81ème compagnie examina les lieux. Il constatait que les chasseurs et les transporteurs de troupes avaient été déplacés afin que Ranos et ses guerriers puissent s’installer sur plusieurs zones d’atterrissages de la baie.

Il s’approcha d’un ascenseur près de lui et appuya sur un bouton. Une fois en bas, il se dirigea directement vers le maitre skitarii qui se tourna dans sa direction. Il était droit et patientait visiblement depuis plusieurs longues minutes.

« Maitre Ranos, dit-il de sa voix rocailleuse.

« Lieutenant-Commandeur Bazilleuck Eunam », répondit l’autre en inclinant la tête légèrement d’une voix froide et mesurée.

Même si le grade de Maitre skitarii prévalait autant sur celui de capitaine de compagnie, Ranos Clerg ne s’était pas opposé à ce que Bazilleuck prenne les rennes. Après tout, c’était lui et personne d’autre qui les avait sortis de ce pétrin. Et puis en tant que chef de la garnison de Corona VI, personne au sein du mechanicum n’y avait trouvé à redire.

L’Iron Warrior décela un mince sourire aux coins des lèvres de son voisin. Même presque dissimulé par toute cette couche de fer.

« Pourquoi ce sourire, Maitre Ranos ? demanda le lieutenant-commandeur sur un ton tout à fait détendu.

« Je me disais à l’instant que si nous avions eu un autre commandant, peut-être n’aurait-il pas pris les décisions que vous avez prise. Il commença à parcourir les rangs de ses soldats en compagnie de Bazilleuck. « Peut-être ne serions-nous pas là en ce moment à préparer la guerre avec les éléments que vous avez sauvé.

« Je suis flatté d’entendre cela. Mais je n’ai fait que ce que je jugeai bon d’être accompli.

« Et c’est tout à votre honneur, s’inclina de nouveau le chef skitarii. « Je tenais simplement à vous remercier. Nous n’avons pas eu le temps de nous voir et de discuter depuis l’assaut des traîtres sur Corona VI.

Bazilleuck hocha la tête. Il s’arrêta et observa ces guerriers presque entièrement recouverts de métal, dont la force était certes inférieure à celle d’un guerrier de l’Astartes, mais dont il valait mieux éviter de sous-estime. Ils étaient de puissants alliés lors de la Grande Croisade. Le lieutenant-commandeur osait espérer qu’ils le resteraient jusqu’à ce que cette histoire soit tirée au clair.

« Vous possédez là une troupe en parfait ordre de bataille. Vos combattants sont impeccables.

« Et prêts à l’emploi, ajouta Ranos. « Mais nous apprécions le compliment. Nous sommes flattés, répéta-t-il en usant parfaitement du sens de ce mot. « Vous avez trois manipules qui se dressent devant vous commandant. Elles-mêmes formant notre cohorte de combat. Soit approximativement six cents guerriers prêts à marcher selon vos ordres.

L’Iron Warrior hocha la tête. Il observa dans les rangs des combattants un certain nombre de technoprêtres passer entre eux et bénir dans le langage binaire qui était le leur, les armes et armures de chaque guerrier.

« Bien, indiquez-moi où se trouve le cercle des magos, Maitre. J’ai à me concerter avec eux. Et je ne veux pas plus vous retenir. Il lui posa une main amicale sur l’épaule ce qui fit tressaillir le chef Skitarii, rarement habitué à une telle chaleur humaine. »

Celui-ci invita le lieutenant-commandeur d’une main à le suivre dans une direction opposée, celle d’un autre hangar à bâbord du croiseur.

« Si vous voulez bien me suivre. »

Tous deux traversèrent la vaste baie. Ils étaient observés au-dessus pas les personnes en pause accoudées au balcon d’une part et par ces hommes et femmes réparant et mettant à niveaux les véhicules et modules de descente présents à bord.

Maitre Ranos abandonna ici le commandant qui franchit une large et haute porte d’adamantium que plusieurs combattants skitarii gardaient. Ces dernières s’ouvrirent et il pénétra dans une sorte de chambre au plafond haut. Des chaines et des treuils pendaient ici et là. De grandes machines au repos se trouvaient entreposées aux quatre coins de la vaste salle réaménagée en chambre de commandement du mechanicum.

En son centre se trouvaient autour d’une console, quatre individus encapuchonnés à peine visibles de prime abord à cause des volutes de gaz nageant dans la pièce et de la lumière rougeoyante tamisée. Ces derniers observaient des plans et des schémas holographiques. Un certain nombre de chiffres et d’équations défilaient à leurs côtés, et Bazilleuck Eunam ne persista pas à comprendre de quoi il retournait. Même si son cerveau était capable d’assimiler et d’emmagasiner beaucoup d’informations, il savait reconnaître la juste valeur de données.

Tout autour, d’autres serviteurs se déplaçaient et œuvraient en silence sous les directives encodées des magos dans leur neuro-système. Bazilleuck aurait aimé demander quelles étaient ces manigances ? pourquoi ces secrets ? Mais avant même qu’il n’en ait imaginé davantage, ou qu’il n’ait tout simplement réalisé que c’était ainsi que fonctionnait le mechanicum, que le cercle des magos l’accueillit.

« Lieutenant-commandeur, dit celui qui très certainement avait à vocation de s’exprimer pour le groupe.

« Maitre Magos Tubari. »

« Vous n’imaginez pas quel plaisir cela nous procure de voir qu’un des nobles fils de Perturabo se tienne devant nous. »

Aussitôt, les images de son père géniteur le rabrouant surgirent. Il se mit à broyer du noir. Des images négatives imprégnèrent son esprit à l’idée de se trouver un jour prochain devant son père.

« Je préfère l’appellation fils de l’Empereur, Magos, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. »

Evidemment, le cercle était au courant des faits. Que la IV avait choisi son camp à présent et laissé derrière elle les vestiges loyalistes de sa légion, si elle ne les avait pas déjà purgés.

Le cercle s’inclina.

« Nous ne désirions point vous offenser, commandant. Nous connaissons les faits. Nous sommes, intervint le Magos Tubari, « enclins à suivre la voie que vous suivrez. Il semble que nous soyons du même avis quant à rejoindre au plus vite le Système Sol et retrouver nos frères de Mars. Nous n’imaginons pas un seul instant la béatitude de l’Omnimessie quand il nous retrouvera.

Bazilleuck se demanda un instant s’il saisissait lui comme ses semblables du Cercle, la portée de ce nouveau conflit. Visiblement pas.

« Chers magos, trancha-t-il net. « Vous devez savoir que si nous nous rendons en Système Sol en l’état, nous avons toutes les chances d’être détruits dès notre arrivée ou de terminer nos jours dans de sombres geôles à répondre à nos tortionnaires tandis que nos vaisseaux seront immobilisés. »

Les quatre adeptes du mechanicum discutèrent entre eux un instant en binaire avant de formuler une réponse.

« Nous sommes navrés, répondit Tubari. « Sachez seulement que nous ne nous rangerons pas auprès du Maitre de Guerre après ce qu’il a commis. Néanmoins, il revient aux maitres de forges de Mars de discuter de l’avenir du Mechanicum et de notre rôle dans cette guerre.

En espérant que la rébellion n’est pas atteint Terra d’ici là, songea Bazilleuck Eunam.

Le Maitre Magos Tubari s’avança. Ses pas étaient semblables à ceux d’une araignée mécanique. Le cliquetis engendré était confondu avec le bruit ambiant occasionné par le martèlement des machines dans plusieurs secteurs alentours. Cependant, le commandant ne pouvait faire abstraction tant le son était désagréable pour son ouï surdéveloppée. Ce qui aurait pu d’ailleurs le faire sourire quand un individu comme lui avait pourtant l’habitude des combats. Qu’un si petit bruit le fasse grincer des dents était presque paradoxale.

« Commandant, articula-t-il en s’arrêtant à bonne distance, « je tenais à vous informer que parmi les rescapés de la flotte, votre frère de cuve est intact.

« Un de mes lieutenants me l’a appris, oui. J’en suis heureux. Il va nous être d’une aide inestimable dans les jours et semaines qui suivent.

« Assurément, inclina la tête le Maitre Magos. »

Bazilleuck s’avança à son tour auprès de la console ou le reste du Cercle des Magos tenaient séance discrètement.

« De quoi traitiez-vous avant mon arrivée ?

« Des ressources à bord. Guerriers, munitions, carburant, vivres. Humains et serviteurs. Le nécessaire vital comme vous diriez, n’est-ce pas commandant ? lança un des membres du Cercle. »

Le ton avec lequel le Magos venait de s'exprimer fit bondir le lieutenant-commandeur qui, toujours dans la retenue, se lâcha à l’encontre de ce dernier. Son bras aussi rapide qu’un coup d’estoc, attrapa le cou de sa victime. Les doigts se refermèrent autour de lui et en quelques instant le cou et les câbles constituant son ossature métallique crépitèrent avant de commencer à céder.

Bazilleuck scruta le fond des orbites lumineuses de ce personnage gesticulant à près d’un mètre du sol, sous les yeux inquiets de ses semblables. Seul le Maitre Tubari ne semblait guère impressionné par cet excès de puissance que l’on savait innée chez les guerriers de l’Astartes. Et de toute évidence, il ne ferait pas un pas pour soutenir son propre confrère qui, il le savait bien puisque bien de coutume au sein du mechanicum comme chez des hommes, celui-ci s’était arrogé une place parmi le Cercle afin d’exprimer sournoisement et odieusement ses sombres et hideuses pensées allant à l’encontre de l’Empereur de l’Humanité.

« On ne m’a pas parlé de cette manière depuis Corona VI, tint-il à préciser à l’auditoire. « Ma patience a des limites qu’il vaut mieux apprendre à ne pas franchir. Il resserra un peu plus fort son emprise sur le cou du Magos, ses mains essayant de se défaire d’une telle étreinte. « Juste pour que ça serve d’exemple. » Et il lui brisa le cou.

Le corps du Magos retomba dans un fracas métallique que des serviteurs s’empressèrent de ramasser sans plus de considération pour son statut et de le disposer autre part comme ils l’auraient fait pour une toute autre tâche. Très certainement que le Magos allait terminer en pièces détachées.

« Cela valait-il vraiment la peine ? souleva le Maitre Magos Tubari.

« Comme mes frères me l’ont montré dernièrement, la galaxie apprendra à craindre les membres de la IV légion. Et si on ne le savait pas, c’est à présent chose faite. L’apprentissage commence avec ce vaisseau, Maitre Tubari. Faites donc passer le mot je vous prie afin d’éviter d’autres regrettables incidents de ce genre. »

Ce dernier se contenta d’incliner la tête avant de répondre.

« Je ne l’aimais pas celui-là, lieutenant-commandeur. Vous avez sans doute bien fait. Depuis notre départ, il semait des brides de discorde au sein de notre contingent. Je suis dorénavant rassuré de ne plus le voir nous perturber. »

Bazilleuck qui se tenait non loin tourna la tête vers lui.

« Il serait peut-être sage que le Mechanicum fasse le ménage dans ses propres rangs dans ce cas, suggéra-t-il d’un ton neutre.

« Précisément, confirma le Maitre Tubari en regardant ses deux autres confrères observer l’échange sans un mot.

« Mes frères ont brisé leurs serments d’allégeances. Je ne serais pas surpris d’apprendre que le clergé de Mars en fasse de même. Mieux vaut nous prémunir de ce problème avant que de graves conséquences nous incombent. »

Une fois de plus, les trois Magos s’inclinèrent.

« On m’attend autre part, dit à voix haute Bazilleuck Eunam en se dirigeant vers les grandes portes du hangar. « Je suis ravi de savoir que le mechanicum ne fera pas défaut à cet illustre croiseur. En attendant de nouvelles instructions, que le mechanicum se tienne prêt pour la guerre à venir. Que L’Empereur et l’Omnimessie nous bénissent dans cette route semée d’embuches.

« Gloire à l’Omnimessie, entamèrent les Magos à l’unisson en louant leur Dieu Machine. »


*


L’assemblée s’était dissoute dans le calme après avoir été galvanisée par les propos du capitaine de la 3ème compagnie. La réunion avait duré près de deux heures avant qu’elle n’arrive à son terme et que ne soit décidé sans séance tenante de passer à l’action. Ces dites réunions essayaient d’avoir lieu tous les jours tant bien que mal, mais cela n’était pas évident avec le va et vient du personnel de flotte, des serviteurs et des guerriers non-initiés patrouillant ici et là à travers ponts.

Chaque fois qu’un rassemblement avait lieu, il était choisi un nouvel emplacement où se retrouver. Cela ne se faisait jamais au même endroit, ni sur le même pont. Sans arrêt on changeait de salle afin d’effacer les pistes. Paradoxalement, il était dit au cours de ces assemblées, que le secret ne devait exister. Que la vérité seule pouvait avoir raison et les guider. Cependant, ce dernier n’était-il pas leur meilleure arme, à se cacher comme ils le faisaient ?

Inryr se posait la question. Il déambulait le long du cortège de guerriers qui avait quitté la salle, au-devant duquel cet immense guerrier se tenait comme figure de proue. Ce capitaine du nom de Délémos Faïr. Il le trouvait bien plus opiniâtre que le reste des supérieurs aux commandes de ce vaisseau. C’était indéniable. Lui savait parler aux hommes. Bien sûr, il y avait le lieutenant-commandeur, il le savait, mais jamais on ne le voyait. C’était presque, là aussi, à se demander s’il avait seulement cure de ses troupes.
A ses côtés, fier comme il pouvait l’être, se trouvaient quatre autres membre du régiment. Il ne les connaissait pas. Et même si le nombre de ce dernier avait été réduit considérablement dernièrement, il n’avait pas pour autant sympathisé avec toute la basse-cour. Toutefois cela l’enjouait de savoir que d’autres comme lui écoutaient leur cœur. Qu’ils n’avaient pas peur d’entendre ou d’exprimer le vrai fond de leurs pensées. De toute manière qui a dit qu’il n’y avait qu’une seule manière de penser ? un seul modèle à suivre ? seuls les chiens suivent leur maître à la trace toute une vie durant. Eux n’en étaient pas. Ou n’en étaient plus en tout cas. Le moment arrivait où des choix difficiles se profilaient. Et pour leur salut, ce serait un choix et un combat âpre. Celui de toute une vie.

Plusieurs guerriers, de différentes escouades issues elles-mêmes de différentes compagnies à bord avançaient à leurs côtés. Cela surprenait Inryr autant que ça le ravissait. Apparemment le message atteignait bien plus de monde qu’au début. Du moins bien plus à cette heure-ci. Sans doute que le moment venu, la loyauté des uns se révélerait au grand jours des autres.

Et ce moment approchait. Inryr l’avait su depuis toujours. Depuis que tout ce manège avait commençait, il avait attendu, patienté que l’occasion se présente. Et elle arrivait à son terme. Il avait parlé déjà à de nombreuses reprises à son bon ami Jaarl de ce qu’il ressentait. Son bon camarade qu’il connaissait depuis si longtemps. Il était étrange de voir où les allégeances allaient après tant d’années, du-t-il reconnaître. 

Ce dernier n’avait cessé de le mettre en garde toutes ces années durant. Particulièrement ces dernières semaines où les événements s’enchaînaient à une telle vitesse que l’on perdait inexorablement le contrôle sur beaucoup de choses.

Quoi qu’il en soit, songea-t-il, lui et les autres avançaient déterminés qu’ils étaient afin de répandre une bonne fois pour toute leur message au reste des membres de la légion et du personnel de flotte. La situation était plus que favorable. Il manquait un certain nombre de guerriers à bord, partis plus tôt combattre les membres de la VIII. Ce qui faisait que les troupes qui resteraient rangées auprès du lieutenant-commandant seraient moindres. Tenaces et déterminées elles aussi, mais moindres. Ou toutes aussi nombreuses en tout cas.

Cela avait été le plan, l’idée du capitaine de la 3ème compagnie. Un stratagème parfait. La surprise serait totale, pensa-t-il. Plusieurs équipes en arme parcouraient en ce moment même le croiseur en différents points afin de prendre d’assaut des secteurs clefs du vaisseau. La salle des machines, les baies d’embarquement, l’armurerie, et la passerelle, là où son groupe se rendait.

Personne ne se poserait d’ailleurs de question quant à voir des individus armés. La situation actuelle l’exigeait. Etat d’alerte maximale. Tout allait dans leur sens. Ils ne pouvaient échouer, et on ne les empêcherait pas. Inryr espérait seulement, comme avait insidieusement oublié de le préciser ce capitaine de compagnie, que cette opération se ferait sans verser le sang. Même si lui-même n’y croyait guère.

Leur groupe, sous les regards curieux des matelots, des autres membres de la flotte ainsi que des guerriers en faction, ne se trouvaient pour ainsi dire plus qu’à deux ponts du stratagium. Ils continuaient leur progression, sereins, quand tout à coup à l’angle d’un couloir, des matelots se mirent au garde à vous. Le cortège s’arrêta instantanément. Délémos Faïr savait qu’une personne de haut rang arrivait.

Surgit alors le capitaine de la 1ère compagnie, une suite de ses guerriers à ses côtés. Tous les mortels se collèrent aux murs afin de les laisser passer. Ils donnaient l’impression d’être en mission. Comme à la recherche de quelque chose. Ou de quelqu’un. Celeste Rugor s’arrêta aussitôt qu’il vit le groupe de guerriers en face de lui dans le corridor.

« Délémos, l’apostropha-t-il.

« Centurion, l’accueillit à voix haute son homologue.

« Cela fait presque quarante-huit heures que nous vous cherchons. Où diable vous terriez vous vous et vos hommes ? visiblement pas en patrouille à sillonner ce vaisseau à la recherche d’éventuels intrus encore dissimulés.

« Vous savez aussi bien que moi qu’il n’y a plus un seul de ces rats de la VIII sur ce vaisseau. La IV est méticuleuse quand il s’agit de nettoyer les angles. »

Celeste Rugor fit un pas en avant et pas un de plus. Les deux groupes se toisaient comme l’auraient fait deux antiques tribus avant de passer à l’attaque, comme pour respecter ce moment d’observation nécessaire chez son adversaire avant de le mettre en pièce.

« Le commandant vous cherche, ajouta le centurion. « Vous l’avez assez fait attendre. Et je suis ici pour vous conduire devant lui.

« Serait-ce un tribunal qui m’attend ? dois-je répondre de quoique ce soit en particulier ?

« Ne jouer pas ce petit jeu plus longtemps. Vous savez très bien.

« Je vous assure que non, répondit Délémos en faisait à son tour un pas. « Éclairez moi. »

Celeste Rugor regardait le groupe de guerriers accompagnant le capitaine de la 3ème compagnie. Des Astartes et des mortels. La balance était mitigée. Toutefois, que représentait cet assortiment hétéroclite de combattants ? les mortels patrouillaient de leurs côtés avec leur chef d’escouades ou de sections, au même titre que les guerriers de la légion. Là c’était différent…étrange…

« Où vous dirigez vous en ce moment même, si je puis me permettre capitaine ?

« Nous patrouillons, voyez-vous, répondit en souriant Délémos Faïr, « comme vous pouvez le constater. »
Ce qu’il constatait surtout à présent, c’était que des guerriers de sa propre compagnie se trouvaient avec ceux de Délémos. Jamais aucun ordre de la sorte n’avait été donné. Il y avait trop d’incohérences dans tout ça, songea-t-il.

« Très bien, articula pour de bon le centurion vétéran. « Vous l’aurez voulu. Vous voulez jouer à ce petit jeu ? moi pas. Le commandant m’a donné un ordre et je l’exécute. Vous tous, par la volonté du commandant de ce croiseur, déposez vos armes, sur le champ. »

Le blanc qui s’installa devint plus qu’inquiétant. Personne ne bougea et ne fit comme il était ordonné, même si Inryr faisait au mieux pour rester lui-même. Il savait où tout cela allait mener, mais avec quelles proportions ?

« N’avez-vous pas entendu ? s’exclama le centurion vétéran, « baissez vos armes ! qu’est-ce qu’il vous prend ?! »

Le personnel de flotte commençait à se ranger de parts et d’autres des deux groupes de guerriers. Certains par pur hasard afin d’éviter une confrontation qui ne ferait pas attention aux dommages collatéraux, d’autres par conviction.

« Ceci est de l’insubordination ! tempêta Celeste Rugor à feu et à sang. « Vous autres, ordonna-t-il alors à ses guerriers, « saisissez-vous des traîtres. »

Plusieurs de ses hommes s’avancèrent, quand soudain, le bras droit du centurion pointa son pistolet bolter sur la tempe de son supérieur.

« Pardonnez-moi si vous le pouvez mon capitaine, mais je ne puis vous laissez donner cet ordre. »

Les yeux ronds de surprise, ce dernier se contenta de regarder devant lui, ses quelques guerriers partis en avant entre lui et le groupe adverse, tous dans une pénible situation.

« Berenor Usfall, prononça le Centurion. « Alors vous êtes de ces mutins ? moi qui vous ai personnellement choisi pour faire partie de la garde du seigneur-commandeur et être mon bras droit ? »

Le guerrier ne répondit rien. D’autres comme lui levèrent leurs armes sur leurs frères à côtés.

« Les choses changent Centurion, lui confia Délémos. « Nous avec.

« Et bien ne comptez pas sur moi pour suivre un instant de plus votre cirque. C’est de la haute trahison ! »

Il tira son propre pistolet bolter qu’il pointa droit sur Délémos Faïr.

« Je ne vous laisserez pas faire, sachez le Délémos. »

L’autre, presque en hochant péniblement la tête s’avança jusqu’à n’être plus qu’à deux mètres de distance.

« Je sais, je sais. Je ne désirais aucunement en arriver là, mentit-il, mais puisque vous me forcez la main…

« Alors je vous abattrai, dit un guerrier de Celeste Rugor qui le voyait s’avancer.

« Tout comme moi, dit un autre.

« Et moi, ajouta un troisième. »

Le Centurion sourit. Son cœur s’enflammait de nouveau à l’idée que d’autre comme lui n’avaient pas sombré dans cette folie meurtrière.

« Je crois que vous ne parviendrez pas à tous nous influencer, lui jeta au visage Rugor.

« Cela n’a que peu d’importance. D’autres groupes d’assaut sont déjà en route pour s’emparer des points névralgiques du vaisseau. Vous ne nous empêcherez pas d’accomplir notre mission. »

Le Centurion plissa le front.

« Vous croyez que suivre le Maitre de Forge et le Primarch ainsi que ses frères va nous amener sur le droit chemin ?

« Nous avons toujours été loyales au Maitre de Forge et au Primarch ! pas comme vous ! lui expédia Délémos Faïr, fou de rage. « Nous allons rejoindre nos frères à la tête de ce vaisseau. Et s’il nous faut tuer pour y arriver, nous le ferons ! »

Les guerriers comme les mortels se toisaient, se dévisageaient. Qu’allait-il advenir à présent. Tout risquait de se finir dans un bain de sang.

« Vous êtes aveugle, tempêta le Centurion, « naïfs qui plus est ! Si vous croyez vraiment que les autres légions en ont cure de quelque manière que ce soit de la poignée que vous êtes…

« Mieux vaut cette poignée que rien du tout ! j’ai suivi le commandant pendant trop longtemps. J’ai été patient, j’ai fait ce qu’il fallait pour rester dans ses bonnes grâces. A présent que la situation se présente, je la saisis. Peut-être n’y en aura-t-il pas de meilleure.

« Vous compromettez la sureté et la viabilité de ce bâtiment par vos actions, est ce que vous le savez au moins ? »

L’autre secoua la tête.

« Un équipage, ça se remplace, comme des guerriers, et il est maintenant temps d’agir, leva-t-il à son tour son pistolet bolter droit sur le Centurion. »

Le reste de ses guerriers en firent de même. Parmi eux, Inryr, qui se faufila au-devant de ses confrères et des Astartes, afin d’être bien vu de ses ennemis. Délémos jeta un coup d’œil imperceptible à ce mortel armée d’un fusil laser et profita de sa présence parmi ses combattants pour démoraliser les rangs adverses.

« Voyez, même le personnel de la flotte sait où il convient de se ranger. Il n’y a plus à tergiverser. Rendez-vous sur le champ ! vous ne pouvez-vous en sortir. Vous êtes pris entre deux feux. »

Alors que les membres des deux groupes se tenaient en joug, un groupe d’Astartes arriva d’une autre coursive dans le carrefour.

« Que se passe-t-il ici !? s’offusqua le guerrier en s’apprêtant à dégainer son arme. »

Le drame advint alors. Le guerrier en question, avec la tension qui régnait, fut abattu d’un tir de bolter en pleine tête par un de ces camarades à la loyauté défaillante juste en face, ayant craint l’encerclement. Un incident malheureux pour les uns, un élément déclencheur pour les autres.

Sans un mot, les hommes s’entre tuèrent dans ce carrefour de sang, les uns aux prises avec les autres, matelots confondus et perdus dans cette marée rugissante.

*

L’alarme retentissait à nouveau. Cela faisait dix bonnes minutes qu’elle agressait les tympans des hommes jusque-là en faction à travers le vaisseau, et qui à présent se rendaient en différents points du croiseur afin de se confronter à la menace qu’on leur faisait parvenir par radio. Des groupes dissidents dissimulés de longue date parmi les membres du de l’Iron Wound avaient pris d’assaut par les armes certains ponts et secteurs clefs. Il était du devoir des troupes du Cycle Infernal et des guerriers attachés à la légion encore viable, de se démener contre ce nouvel adversaire.

« Allez ! Allez ! on ne traîne pas ! hurler le colonel Spens à ses troupes qu’il voyait s’habiller et s’équiper dans les couloirs qu’il franchissait avec ses propres hommes. « On a besoin de nous ! nos confrères de la légion ont besoin de tout le monde opérationnel. Le premier que je vois glander, c’est un bolt en pleine tête ! »

Aucun ne se le fit répéter. Dans les deux minutes, tous les hommes et femmes valides étaient prêts et armés. Ils sortaient en trombe des réfectoires et dortoirs afin de se joindre à leur unité respective. Chaque section devait sillonner un pont et faire son rapport. Celui de Jaarl, était attaché au garde rapproché du colonel.

« Encore deux ponts messieurs ! allez ! la salle des machines ne se trouve plus très loin. »

Comment en sommes-nous arrivés là, se dit Jaarl. Il pensa un mince instant à son vieil ami Inryr. Pouvait-il, ce dernier, faire partie de ces commandos prenant pour cibles certaines parties du vaisseau ? était-il un de ceux qui orchestraient tout ça ? comme il n’avait cessé de le répéter de longs soirs à ses oreilles fatiguées?

Fusil paré, lui et ses camarades se rendaient à destination le cœur serré. De ce qu’on leur avait appris, les individus étaient à la fois des guerriers des légions ainsi que des membres du Cycle Infernal et d’autres membres d’équipage.

En vingt minutes ils arrivèrent à destination, un groupe d’hommes et de post humains montaient la garde devant l’entrée de la salle des machines. Chacun des groupes s’observa avant que le colonel, avec l’autorité du commandant ne demande ce qu’il se passe et qui ils étaient. Quand aucune réponse ne leur parvint, il était clair et indéniable que deux partis pris se faisaient face et que la seule réponse audible et manifeste était celle des armes.


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Message par Nero le Sam 12 Jan 2019 - 19:25

XI


Groupes d’assauts. La passerelle assiégée. Le plus dur reste à faire.

Le lieutenant-commandeur remontait de la salle d’embarquement où il se trouvait pour s’enquérir des nouvelles. L’alarme résonnait sur tous les ponts depuis plus de cinq minutes maintenant et ne s’arrêtait pas. Quelque chose se passait, c’était indéniable.

Il croisa en route un certain nombre de matelots incrédules, cessant toute activité, et l’observant passer devant eux sans qu’il ne leur donne de réponse. Des membres du mechanicum se rendaient en sens inverse, sans doute afin de soutenir dans n’importe quelle éventualité, le Cercle des Magos, et de sécuriser cette partie des quais où avait élu domicile le clergé de Mars et ses forces.

« Passerelle ! ici le commandant Bazilleuck Eunam ! Rapport. Que se passe-t-il ? »

Mais pas la moindre réponse. C’était déjà la troisième tentative, vaine. Il se dirigea au bout du pont, longeant ainsi plusieurs autres baies d’embarquement semis éclairées et animées. Soudain, des détonations retentirent. Des coups de fusils laser. Puis, des détonations plus fortes, plus graves firent leur apparition. Des bolters, sut le commandant en pressant son allure. Des cris surgirent à leur tour. Des membres d’équipage parmi lesquels des matelots et des mécaniciens fuyaient, la panique se lisant sur leur visage.

« Que se passe-t-il ? vous, attrapa-t-il un homme par son bras, « dites-moi ce qu’il se passe là-bas au juste ? »

Mais Bazilleuck n’était même pas sûr que l’individu l’avait reconnu.

« Ils…ils tirent sur tout ce qui bouge ! sur tout ce qui ne fait pas parti de leur groupe ! il y a …il y plein de morts !

« Bon sang, qui ? les Night Lords de la VIII légion ?! »

L’autre secouait frénétiquement la tête, apeuré de toute évidence.

« Non…vos frères seigneur… »

Le commandant le lâcha, et ce dernier tomba au sol en le regardant, perdu d’incompréhension. Ce qu’il ne savait pas, c’était que lui-même l’était. Que s’était-il passé en son absence ? qui de ses guerriers osait ouvrir le feu sur l’équipage ?

Il se rendit compte de la portée des mots de ce matelot, lorsque des tirs fusèrent dans sa direction. Le lieutenant-commandeur, lui-même une cible, se baissa et en évita la plupart, même si d’autres éclatèrent et ricochèrent contre son armure.

Il fut tout à coup attrapé et tiré en arrière dans l’angle d’une coursive en proie elle aussi à la confusion. Il se retourna aussitôt.

« Apothicaire ! Voyons que se passe-t-il au juste ? et que faites-vous là ? Ne devriez-vous pas plut… »

Mais il ne termina pas sa phrase quand le guerrier à côté secoua la tête l’air de dire qu'il ne servait à rien de demander.

« Qu’est ce qu’il se passe ? réclama-t-il.

« Monseigneur, lui répondit Hebor, « nous sommes là frère Harrix et moi-même depuis plusieurs minutes. Depuis que la sirène s’est lancée en fait. Nous nous sommes aussitôt retranchés.

« On ne sait pas ce qu’il se passe, ajouta Harrix, simplement que des membres de la légion ainsi que des membres d’équipage abattent tous ceux s’approchant des quais dans cette direction. Un groupe d’assaut on dirait. Planifié.

« Commandé par qui ?

« De ce que le Centurion vient de nous apprendre, il semblerait que ce soit Délémos Faïr qui soit à la tête de ce soulèvement. »

Bazilleuck observa longuement Hebor qui venait de répondre pour chercher s’il lui mentait. Ça n’était pas le cas.

« Ce sale chien galeux irresponsable et m’as-tu vu que j’attends de voir depuis des jours était donc absent tout ce temps pour fomenter ce plan machiavélique ? Par l’Empereur ! Comment a-t-il pu ! »

Les membres d’équipage passaient en tous sens, apeurés et criant à pleine gorge au milieu de membres de la garde essayant de remettre un semblant d’ordre.

Tout à coup, quelques hommes dans le couloir se profilèrent au milieu de la cohue jusqu’à eux. Une escouade de matelots en armes.

« Vous ! les interpella le commandant, « venez ici, ce qu’ils firent. « D’où arrivez-vous ?

« Du pont au-dessus monseigneur ! des attaques éclatent un peu partout. J’ai réuni quelques hommes dans l’espoir de trouver un membre de la légion susceptible de nous éclairer sur ce qu’il se passe. C’est une chance de vous trouver ici !

« Vous m’en direz tant, lui répondit le commandant en soupesant ses ressources actuelles. »

Il fut brutalement interrompu dans ses pensées quand enfin on émit dans le vox intégré à son casque. Il l’avait remis dès que la sirène d’alarme avait retenti.

« …quelqu’un ? Commandant, m’entendez-vous ?!

« Arkos ? lieutenant Arkos, c’est bien vous ?

« C’est moi, commandant. Heureux de vous entendre. Je suis avec un groupe du Cycle Infernal sous les ordres du Colonel Spens. Nous sommes en ce moment même aux salles des machines où plusieurs escarmouches ont éclaté. Il y a plusieurs morts de chaque côté.

« Parvenez-vous à prendre l’ascendant ? tenez-vous votre position ? »

Un calme pendant un instant avant que la voix ne revienne.

« Affirmatif. Nous avons établi une position défensive ici. Cependant on nous bloque l’accès aux salles des machines par un feu nourri.

« Très bien. Tenez bon, je tente de vous faire parvenir des renforts si vous n’y parvenez pas. Je suis moi-même sur les quais. Ici aussi il y a du grabuge. Dites-moi, avez-vous des nouvelles de la passerelle ?

« Aucune lieutenant-commandant.

« Très bien, restez en contact permanent.


« A vos ordres. »

« La passerelle est tombée ? demanda Harrix qui questionnait son commandant.

« Aucune idée. Personne n’a de nouvelles. Peut-être n’y a-t-il rien, peut-être a-t-on déjà pris les commandes et fait-on route je ne sais où en direction du reste de la légion par exemple.

« La Maitresse de Pavillon est forte, dit Hebor. « Et puis elle a avec elle une garde de vétérans.

« Vous avez raison, affirma Bazilleuck. « Pour passer la passerelle, je souhaite bien du courage aux mutins. J’espère seulement avoir des nouvelles au plus vite du Centurion. »

Il passa la tête par-dessus l’angle. Un tir de laser griffa le métal de la parois en la faisant fumer.

Bazilleuck grogna de colère. Après la VIII, voilà que son propre bâtiment se mutinait. Cela l’exaspérait au plus haut point.

« Messeigneurs, les apostrophèrent les gardes. Ces derniers leur tendaient des armes de leur convenance récupérées dans une cache d’armes plus loin dans le couloir. »

« Voilà qui est mieux, articula Harrix en chargeant le bolter d’un geste sec.

« Comme vous dites, frère.

Le commandant regardait son pistolet bolter ainsi que son épée. La prochaine fois, il sortirait mieux équipé pour affronter d’autres Astartes.

« Bien, dans ce cas, dit le lieutenant-commandeur, « mettons-nous en route. »

*

Les coups redoublaient d’intensité contre les portes blindées de la passerelle. Cette dernière était assiégée. Le bruit était assourdissant et inquiétant. Six guerriers se tenaient sur les lieux. Tous les six pourvus d’armure Terminator comme il était convenu pour tout membre de la première escouade de la 1ère compagnie des vétérans.

Un mur défensifs formé par quatre d’entre eux se dressait devant les portes. Si quoique ce soit passait, il aurait à faire à ces chars d’assaut.

« Sommes-nous seulement sûr que les portes tiendront ? s’inquiéta Serena Dior à l’attention du Centurion.

« Elles tiendront, lui répondit-il froidement. « Du moins jusqu’à ce qu’ils les franchissent. Et à ce rythme il n’y en a plus pour très longtemps. »

La Maitresse de Pavillon avait certes l’habitude des combats, toutefois combattre ou avoir les combats dans son dos était quelque chose de préoccupant et empêchait le bon déroulement des opérations sur la passerelle.

« Ne pouvez-vous pas faire venir plus de vos hommes ? demanda-t-elle. »

Ce dernier la regarda derrière son heaume à cimier qu’il avait revêtu.

« Madame, dit-il de sa voix chargée de colère, « mes propres hommes se sont ligués contre moi. Je ne sais plus en qui faire confiance, même dans mes hommes. Les six guerriers que vous voyez devant vous sont les seuls sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour l’instant. D’autres des miens sont tombés avant que je ne remonte, et ce de la main de leurs propres frères. Je vous laisse imaginer l’ampleur de cette trahison. »

La Maitresse de Pavillon ne dit rien. Elle imaginait un instant la situation du centurion vétéran quand ses frères s’étaient retournés contre lui, et le péril que cela avait dû être pour revenir ici. Elle se tourna alors vers les balcons inférieurs qui s’étendaient loin devant elle, et donna ses ordres et instructions au reste du personnel naviguant, en passant par Till Kro aux transmissions ainsi que par Ing Sae chez les Astropathes, toujours à relayer en boucle leur message de détresse. Sur la passerelle, c’était la panique et la peur. Un savant mélange quand à bien procéder lors d’un combat, ironisa-t-elle.

Serena Dior n’avait pas plus peur que ça. Et elle pouvait, sachant derrière elle ces guerriers de confiance tenir les portes, ainsi qu’en ses prouesses de commandant de bord. Bien souvent elle donnait l’assaut en l’absence des Astartes. C’était une habitude. Or, il n’y avait personne à l’horizon. L’ennemi était à l’intérieur. Et ceci était le plus à craindre. On ne connaissait pas son nombre, ni les stratagèmes établis, contrairement au déploiement des flottes de combat que l’on pouvait lire à des milliers de kilomètres dans le vide avant de lâcher les premières bordées.

« Je crois qu’ils se sont arrêtés, dit un guerrier.

« En es-tu sûr ? lui demanda son capitaine.

« Ecoutez, lui répondit-il. »

Après un moment, il n’y avait effectivement plus aucun bruit provenant des portes.

« Ont-ils abandonné et passent-ils à un niveau supérieur ? suggéra un autre guerrier. « Peut-être des charges ?

« Ça ne serait pas impossible. Tenez-vous prêts, leur ordonna le Centurion. « Maitresse de Pavillon, vous et vos gens tenez-vous en contre bas pour vous épargner les dégâts. »

Cette dernière fit signe au personnel de faire comme il était ordonné.

« J’ai dit tout le monde, Maitresse. »

Cette dernière ne bougea pas d’un cil.

« C’est un ordre. Je ne peux pas risquer que vous soyez blessée ou tuée. Comment ce vaisseau ferait si…

« Vous êtes bien aimable Centurion, mais vous oubliez que je suis aussi à même de tenir une arme. Et ceci est mon vaisseau. Je le défendrai au péril de ma vie. »

Sur ces mots, plusieurs matelots prirent les armes de proximité sur la passerelle et se rangèrent derrière les couverts installés auprès de la Maitresse de Pavillon.

« Vous honorez ce croiseur, Madame, se contenta-t-il alors de lui répondre.

« Et vous m’honorez de l'entendre dire, dit-elle en armant d’un geste sec son petit pistolet plasma. »


*

Depuis maintenant dix minutes, le groupe mené par le commandant tentait de reprendre les quais aux mains de l’ennemi. Une coursive séparait les deux groupes et un carrefour meurtrier avait été transformé en piège très bien calculé, lequel avait déjà fait plusieurs morts dans les rangs du lieutenant-commandeur. Un carrefour duquel circulaient un certain nombre de mortels et de guerriers en armure. Tous issus de compagnies différentes. Ceci était tout simplement pas croyable.

Comment autant de ses propres hommes ayant échappé au pire après Corona VI et l’assaut de la VIII, pouvaient encore être déterminés à ce point ? cela relevait du fanatisme. Des rats cherchant à quitter le vaisseau en emportant un maximum dans la tombe avec eux.

Quelle avait été la raison ? combien de temps tout ceci avait-il pris avant d’être lancé ? qui, désirait-il infiniment savoir, faisait aussi partie de ce groupe de mutins ? hormis ce traitre de Délémos Faïr bien sûr. Peut-être valait-il mieux ne pas le savoir songea-t-il après un moment.

« On dirait qu’ils se replient, fit remarquer Harrix son bolter entre les mains.

« On dirait, oui, répondit le commandant qui observait leur manège. « C’est une retraite en bonne et due forme. Ils se dirigent et se concentrent dans les hangars. Ils vont sceller les portes. Il faut juste espérer qu’ils ne détruisent pas tous les modules de descente, les chasseurs ainsi que les navettes.

« Devons-nous y aller dans ce cas ? suggéra Hebor. »

Bazilleuck réfléchissait. Tout à coup, son vox émit.

« Lieutenant-commandeur, articula la voix de baryton du Centurion.

« Cesleste Rugor, enfin vous voilà. Je croyais vous avoir perdu. Ou pire que vous soyez…

« Ce n’est pas le cas, lieutenant-commandeur. Et vous le savez. Il en faut plus que quelques traitres pour venir à bout d’un vétéran comme moi. Cela fit sourire Bazilleuck. « Je suis sur la passerelle avec quelques de mes hommes encore loyaux. L’ennemi a abandonné tout combat contre les portes voilà près d’un bon quart d’heure maintenant. Il est probable qu’ils se dirigent dans une autre direction pour porter main forte ou fuir.


« J’atteste vos dires. L’ennemi se fait plus nombreux ici sur les quais. Nous avons appris que le colonel Spens et le lieutenant Archos ainsi que d’autres poches de résistances avaient fait reculer l’ennemi. Peut-être tenons nous les derniers de leur misérable clique. Si vous pouvez sortir, retrouvez-moi. Je vous transmets ma position. Ramenez autant d’hommes et de guerriers que vous pourrez en chemin. Nous allons en avoir besoin.

« Il sera fait selon vos ordres commandant. »

Et la voix se tut.

Délémos, pensa Bazilleuck, pourquoi ? pourquoi maintenant ? Quand nous avons plus que jamais besoin les uns des autres ?

« En avant, ordonna-t-il aux guerriers qui s’étaient joints à eux ainsi qu’aux mortels. « Allons reprendre une bonne fois pour toute ce bâtiment qui est le vôtre. Escouade de brèche, à l’assaut ! »

Cette dernière s’élança, ses boucliers levés devant ses porteurs, épées tronçonneuses prêtes à déchirer les chairs et mettre en lambeaux l’adversaire. La tourelle et ses servants mortels firent feu pendant un instant, criblant les boucliers tonnerre sans occasionner plus de dégâts, et jusqu’à ce qu’elle se taise à tout jamais. Le cri de la charge des Iron Warrior et de leur courte victoire sur cette prise de position galvanisa les troupes qui s’amassaient devant le sas blindé du hangar. Le plus dur restait à faire.


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Message par Nero le Jeu 7 Mar 2019 - 14:40

XII




Ils arrivent. Echoué. Cap sur la flotte ennemie.

On aurait pu croire que dans pareille situation, les défenseurs - puisqu’il en était ainsi pour eux maintenant suite à l’échec de la prise de la passerelle, et confinés à présent qu’ils étaient en ce lieu – auraient été en pleine ébullition, courant en tous sens, sachant leur fin proche. Pas du tout. Les combattants sous les ordres du capitaine Délémos Faïr et comme tout bon Iron Warrior se respecte, faisaient preuve d’un sang-froid remarquable. Ils n’étaient en aucun cas troublés du nombre d’adversaires qui s’apprêteraient sous peu à déferler sur eux. Et ils viendraient, c’était une certitude.

Ils étaient un peu plus d’une centaine de combattants, mortels confondus. Peut-être une quarantaine de guerriers en armure de diverses compagnies, tout ce qu’il restait depuis le début de l’attaque, puis des membres du Cycle Infernal, accompagnés de quelques matelots.

Des positions défensives avaient été érigées un peu partout dans le vaste hangar à chasseurs et d’autres modules de descente, afin de recevoir leurs frères. Plusieurs guerriers avaient pris position sur les balcons et terrasses alentours, afin de bénéficier d’un meilleur angle de vue.

Deux tourelles sur trépieds avaient été prises de l’armurerie et déployées devant les portes de la baie d’embarquement. Si quoi que ce soit passé, ce serait une boucherie. De même que dans certains angles où des tourelles Tarantula se trouvaient.

« Bélantor, aboya le capitaine par-dessus le boucan que produisait l’alarme depuis le début de l’opération, « où en sommes-nous avec les modules et les navettes ?

« Encore quelques minutes, capitaine, répondit le président de loge qui s’afférait avec quelques autres à saboter tous les appareils.

« Faites plus vite alors. L’ennemi ne vous attendra pas quand il fera sauter ces portes. »

Un guerrier dans son armure Terminator l’observait derrière sa grille faciale.

« Quelque chose à dire, vétéran Berenor Usfall ? regrette-on d’avoir pris les armes contre ses propres frères ? »

Celui-ci ne répondit rien. Il se contenta de fixer avec calme le sas blindé qui rougeoyait en son centre. On était de toute évidence en train de percer le sas à coups redoublé de chalumeau géant. Car pour parvenir à faire tomber ces portes d’un mètre d’épaisseur, il fallait y aller.

Plus en retrait, Inryr et ses nouveaux partisans patientaient également. Ses mains étaient moites. Il suait. Il était exténué. Il venait de livrer lui et les autres un combat ultra violent d’une courte durée, en sortant indemne. C’était un miracle. Il reprenait son souffle petit à petit, vérifiant de temps à autre si sa cellule était bien enclenchée dans son fusil.

« Faut y croire, c’est tout, dit à voix haute un autre membre du Cycle Infernal qu’il ne connaissait pas. 

Peut-être disait-il ça plus pour lui-même que pour réconforter ses confrères, ça il ne le savait pas.

« On est arrivé jusque-là, on peut le faire, renchérit un autre, « combien d’entre nous sont tombés depuis le début de l’attaque ? eux ne verront jamais la fin, ce pour quoi ils ont donné leur vie. Pour eux on doit tenir ici ! »

Inryr pensait. Il pensait à ces hommes, aux sentiments qui les portaient, aux mots et aux phrases qui sortaient de leur bouche. Il songeait à Jaarl aussi, qu’il n’avait pas eu l’occasion de croiser. Il espérait que cela n’arriverait pas. Il regretterait de tuer son plus vieil ami. Mais dans très peu de temps, les portes céderaient, et ce qui s’engouffrerait dans le hangar ne ferait pas de quartier.

« Nous ne devons pas échouer, ajouta-t-il à son tour à son entourage, les uns blottis contre les autres derrière les couverts de fortune posés ici et là. « Si nous devons tomber pour ce en quoi nous croyons si fermement, tombons en le leur faisant rendre gorge. »

Les autres à côté le regardèrent puis hochèrent sévèrement la tête.

Le sas cédait enfin, l’instant décisif approchait. Tout allait se jouer maintenant.

« Ils arrivent, prononça de sa voix métallique et froide Bélantor, l’un des seuls guerriers vétérans et vrai allié parmi les hommes de Délémos Faïr.

« Je crois que nous allons marquer une page de l’histoire de la légion mes frères ! lança le capitaine à l’attention des combattants réunis. « Attendez-vous à livrer sans doute l’un des combats de votre vie. Faisons-en sorte que l’on n’oublie pas ceux qui sont tombés en ce jour. »

Les hommes serrèrent leurs armes contre eux, d’autres mirent en joug les portes. D’autres guerriers encore se hâtaient de se tenir de chaque côté de ces dernières, pistolet bolter et épée tronçonneuse dans les mains, prêts à bondir sur les assaillants.

Délémos Faïr arma son bolter et se mit en position. L’instant suivant, Bérénor Usfall se joint à lui et prit position. Les canons d’assaut et les épées énergétiques des quelques guerriers vétérans en armure Terminator levèrent aussi leurs bras, prêts à déchaîner l’enfer.

« Pour le Maitre de Forge Sourilov Dantar ! pour le Primarch ! Pour Perturabo ! hurla Délémos Faïr aux visages de ses adversaires, lorsque le sas se rompit et que les premières silhouettes s’engagèrent dans le hangar.

*

Les guerriers près du sas se firent plusieurs signes des mains. A la fin, ils se tournèrent de biais pour se couvrir, lorsqu’un bélier de fer enfonça ce qu’il restait des portes blindées donnant de l’autre côté.

L’escouade de brèche s’enfonçait déjà dedans, boucliers levés, comme il leur avait été ordonné. S’engouffrèrent à leur suite Bazilleuck Eunam dans son armure resplendissante, son épée en main et son pistolet bolter prêt à semer la mort. A ses côtés, Harrix, l’apothicaire Hebor, le lieutenant Arkos et ses guerriers, entourés des vétérans de la 1ère compagnie du Centurion formaient la seconde vague. Puis les autres pénétreraient à leur tour. Les hommes du Colonel Spens, les Skitarri du Maitre Ranos Clerg qui s’était volontairement déplacé avec quelques de ses troupes pour porter assistance, ceci même en enfreignant l’ordre du Cercle de ne pas sortir de leurs soutes. Et enfin le reste des guerriers encore loyaux qui avaient pu arriver à temps afin de porter le coup final.

Dans le nuage de fumée engendré par le fumigène jeté au début, les premiers projectiles atteignirent les rangs du lieutenant-commandeur. Déjà plusieurs combattants tombaient sous ses yeux, littéralement fauchés par des tirs nourris de tourelles automatiques. L’escouade de brèche était en prise avec d’autres de leurs frères cachés dans les coins et qui avaient bondit sur eux avec une rage sans précédent.

« De serments et de Fer ! hurla derrière son casque Bazilleuck Eunam en abattant un guerrier d’une autre compagnie d’un bolt en pleine tête. »

Il n’y aurait pas de piété, pas de quartier, pas de rédemption.

« Pas de seconde chance pour les mutins, murmura-t-il pour lui-même. »

Les combats éclatèrent dans tout le hangar. Les positions de tirs surélevées au-dessus de leurs têtes faisaient pleuvoir la mort sur les rangs en contre bas.

Des tirs de laser ricochaient contre les armures de fer des guerriers de la légion, mais la ténacité et la fougue donnaient à ces mortels une audace tout à leur honneur.

Tandis que les guerriers des deux camps se jetaient les uns sur les autres, le lieutenant-commandeur trouva au milieu de cette cohue méprisable celui qui était à la tête de ce soulèvement.

« Délémos ! rugit Bazilleuck Eunam en tranchant dans le flanc d’un de ses anciens frères qui se jetait sur lui. »

Son homologue l’identifia au milieu des tirs et des éclats de lames tronçonneuses. Lui-même d’un coup de botte envoyait à terre un des guerriers du commandant.

« Lieutenant-commandeur ! l’accueillit ce dernier en pointant sa lame dans sa direction. « C’est un honneur !

« Il n’y aucun honneur à tuer un traître, un homme qui a renié ses serments !

« Vous parlez toujours aussi bien ! Si seulement vous saviez que vous et les vôtres êtes condamnés, peut être changeriez-vous de camp ! Vous vous montrez tout aussi borné que notre bon Maître de Forge ! »

L’insulte immobilisa un instant le commandant, avant qu’il ne rugisse et se jette sur le capitaine devant lui, lequel s’engagea à son tour. Ils bousculèrent les individus sur leur trajet et tels deux titans, deux colosses de fer de la légion, s’entre choquèrent. Leurs armes étincelèrent et ricochèrent sur les plaques d’armure. Leur ballet dura comme ça un moment.

Autour d’eux, les Skittari de Ranos Clerg s’étaient engouffrés et mettaient à mal les matelots et autres mortels qui s’étaient rués sur eux avec ferveur. Tout comme ceux du Colonel Spens. Cela ne faisait que quelques minutes que l’attaque avait débuté, et pourtant déjà voyait se profiler le dénouement. Les traîtres tombaient par grappes, même si les tourelles Tarantula causaient des pertes significatives auprès des loyalistes.

De son côté, Inryr abattit un de ces soldats semi mécaniques aux orbes rouges et vertes. Une balle entre les yeux. Il courut derrière un autre couvert, deux de ses semblables à sa suite. Ils ouvrirent le feu sur un Astartes, lequel les localisa puis fut renversé l’instant suivant par un de ses anciens frères. Tout allait très vite. C’était un vrai déchainement de feu et de violence à l’état le plus primal qui soit.

Un des hommes de leur trio tomba, fauché par un tir de bolter, son torse n’étant plus que de la pulpe. Les deux derniers se précipitèrent donc vers la tourelle la plus proche. Leurs servants étaient morts. Ils occasionneraient encore des dégâts avec une telle arme.

Ils écartèrent les cadavres sanguinolents de l’arme sur trépieds et prirent position. Inryr était aux commandes, son comparse tenait la bande de munitions.

« Vas-y ! vas-y ! envoie la sauce ! »

Et il ouvrit le feu. Inryr balaya les rangs adverses les plus avancés. Ceux de matelots, de soldats du Cycle Infernal ainsi que de skittaris. Bien sûr il y avait des Astartes mais ce n’était pas leur cible principale. Ils déchiquetèrent de cette manière une dizaine d’individus, renversés, fauchés, emportés par les salves dévastatrices de leur arme.

« On va leur montrer que régiment ou pas notre foi est inébranlable ! rugit le soldat à côté d’Inryr. Tu verras, le Cycle Infernal disparaîtra et ce maudit Colonel avec ! un régiment ça se retrouve ! on aura vite une nouvelle unité ! »

Sauf que le souci, était qu’ils n’étaient lui comme tous les autres pour le moment, pas prêts de retrouver quoi que ce soit où que ce soit. Ils devaient en finir ici d’abord. Et il n’y avait quasiment, voire aucune chance pour qu’on leur donne une seconde chance. Le glas s’abattrait sur eux sous forme d’une balle entre les yeux ou d’une lame les transperçant. C’était certain.

Les rafales dirigées contre leurs adversaires redoublèrent d’intensité. Inryr se focalisa même un instant sur un guerrier des légions. Ce dernier perdit l’équilibre et un projectile fit sauter une des lentilles de son casque avant de le frapper une seconde fois au même endroit et de traverser cette fois son crâne. Il tomba à genoux et s’effondra. Son cœur battait à tout rompre. Il venait de l’emporter sur un guerrier des légions. Impensable !

« Regarde ! regarde t’en as eu un ! ils ne sont pas aussi solides que ça ! vas-y ! ouvre le f… »

Mais ses mots moururent dans sa bouche, quand un tir de laser lui traversa lui aussi la tête. En face, un soldat apparaissait derrière un voile de fumée, son fusil en joug.

« Jaarl, murmura Inryr qui se retenait de faire feu.

Inryr, se dit l’autre en face, qu’as-tu fait ? Ce dernier s’apprêtait à ouvrir le feu. Son cœur lui disait d’appuyer sur la détente, pourtant ses doigts refusaient d’obéir. Il ne pouvait visiblement pas appuyer sur cette fichue détente. Il connaissait Inryr depuis des années. Son retournement d’allégeance le secouait au plus profond. Néanmoins il demeurait son frère d’arme. Son ami.

Inryr le regardait aussi, pendant de longues secondes. Des secondes pendant lesquelles leurs alliés et adversaires s’entre tuaient. Les carlingues et les parois autour d’eux fumaient. Un chasseur prit même feu lorsqu’une grenade explosa sous son vendre. Les tirs explosaient de toutes parts.

Alors, Inryr baissa le canon automatique de la tourelle. Il souriait en voyant Jaarl abaisser son arme et lui renvoyer l’appareil. Une complicité existait entre eux depuis des lustres. Il était triste malheureusement que pour des convictions on en soit arrivé là. Puis, l’instant suivant, un bolt fit éclater le crâne d’Inryr. Tout était terminé.

« Pas de quartier soldats ! hurla le Colonel Spens coiffé de sa casquette, dans le dos du traître qu’il venait d’abattre. « Nous l’emportons aujourd’hui ! »

Ses hommes à proximité hurlèrent son approbation. Jaarl lui, son arme sur les genoux, baissa la tête, noyé dans les combats qui faisaient rage, enveloppé de cette même couche de fumé disparaissant momentanément. Il serait dur d’oublier cette séquence de sa vie. Très dur.

« Vous finirez tous par tomber ! lui cracha au visage le capitaine Délémos Faïr. « Une nouvelle ère approche. Celle du Maître de Guerre et du Primarch à ses côtés ! ensemble nous allons refaçonner l’Imperium !

« Vous vous voilez complètement la face, capitaine ! Tout ceci ne sert à rien. Regardez le nombre de nos frères qui tombent à cause de votre mutinerie ! c’est de la folie !

« Non ! c’est votre propre folie quand à rester en réserve de l’avenir qui vous est offert ! vous n’avez pas su saisir la main qui vous était tendue, et à cause de ça, nos frères tombent ! ne venez pas me faire croire que nous sommes seuls dans l’erreur ! vous l’êtes autant que nous par votre aveuglement! »

Les deux guerriers s’accrochèrent. Ils perdirent leurs armes. Autour, les balcons étaient sécurisés, Arkos et ses hommes s’en étaient assurés. En bas, Ranos Clerg et ses Skittari ainsi que les hommes du Colonel Spens et les vétérans du Centurion avaient fait le ménage. Il ne restait plus qu’une poignée de combattants ennemie qui se retranchaient au centre du hangar, entre les navettes.

Berenor Usfall avaient depuis longtemps vidé son chargeur de mitrailleuse lourde. Il se battait avec résolution en frappant de biais ou de coups d’estoc avec sa lame énergétique. Il tua de cette manière à grands coups répétés, trois de ses frères de légion. Puis, son capitaine se tint soudain devant lui. A deux mètres de distance. Berenor savait pourquoi il avait rejeté le sentier tracé pour lui et pourquoi il en avait embrassé un autre. Un qui ne concordait plus avec celui du Centurion et du lieutenant-commandeur. Un qu’on lui avait montré et qu’il avait été assez intelligent de suivre.

Le Centurion leva son bras dans une lenteur désagréable, tandis que d’autres tirs ennemis ricochaient et balafraient son armure. Berenor Usfall bomba le torse et toisa son ancien capitaine avec qui il avait combattu des décennies durant.

« Sans regret, dit-il par les hauts parleurs de son heaume. »

Et le Centurion fit pleuvoir la mort sur son adversaire.

« Vous…avez…échoué ! grogna le lieutenant-commandeur en frappant du poing une fois encore le visage de Délémos. « Votre sentence est…

« Capitaine ! cria Bélantor. »

Ce dernier abandonna ses propres adversaires pour venir à son secours. Délémos Faïr gisait prostré, du sang maculant son armure, et s’écoulant de sa plaque faciale enfoncée.  Il sauta par-dessus plusieurs cadavres, haine et la colère empreignant ses cœurs. Il trancha au passage deux mortels qui s’effondrèrent en hurlant de douleur, leurs viscères tombant à terre, avant de pousser le lieutenant-commandeur et d’essayer de soulever son capitaine.

« Il…n’y…a…plus…rien à faire…nous avons…échoué…bafouilla Délémos Faïr qui n’avait cessé de répéter que leur cause était juste et qu’ils tomberaient jusqu’au dernier s’il le fallait.

« Si nous devons tomber, nous tombons ensemble, répéta le président de loge, avant que sa tête ne quitte ses épaules, éclaboussant de sang l’armure de son capitaine un peu plus. »

Bazilleuck Eunam s’était relevé et avait expulsé dans l’au-delà si toutefois il y en avait un, ce guerrier qui s’interposait entre lui et son ennemi.

« C’est fini, articula le commandant de toute sa hauteur, sa lame crépitante d’énergie. « Tout s’arrête ici pour toi et les tiens, ajouta-t-il ses hommes regroupés en cercle autour du dernier duo en proie l’un à l’autre.

« Jamais rien…n’est terminé…

« Pour toi si, coupa sèchement Bazilleuck en enfonçant sa lame d’un geste fluide et rapide au travers du torse et des cœurs du capitaine à genoux. « Nous avons purgé nos rangs, murmura-t-il à l’oreille de Délémos, lequel s’éteignait sur la lame. »

*

Vingt-quatre heures plus tard, le calme était revenu. On avait retiré les armures des guerriers séditieux, avant de les expulser dans le vide sans plus de cérémonie. Seul leur nom demeurait encore sur le vaisseau, lesquels avaient été rapidement rayés, effacés. On avait répertorié aussi les charges que Délémos et les siens avaient placé sous les ventres des modules de descente. Encore un acte belliqueux des renégats qui avait su être déjoué grâce aux hommes du colonel Spens et des skittaris de Ranos Clerg
L’équipage avaient repris une certaine forme de routine, même si les évènements les avaient secoués. C’était indéniable. Les hommes et les femmes du bâtiment s’occupaient de nettoyer les ponts et les coursives ainsi que les hangars. Par pelleté entières on ramassait les douilles, par chiffons entiers on nettoyait les flaques de sang avant d’y jeter un produit chimique afin d’éclaircir les sols et faire disparaître les odeurs rances.

Les blessés avaient été transportés aux infirmeries, et à l’apothicarion, là où les quelques apothicaires restant du bataillon étaient à l’œuvre pour soigner leurs frères. Pour ce qui était des blessés ennemis, ils avaient été transportés eux aussi, et Hebor avait été furieux d’entendre le commandant lui ordonner de s’occuper d’eux en dernier, avant de revenir quelques instant plus tard sur cette décision et d’ordonner de les emmener. Nul doute que le commandant leur réservait un sort digne de leur trahison. Il n’acceptait certes pas que l’on ait trahi la légion de la sorte et brisé ses serments, mais un homme ne pouvait-il pas être repenti ? Hébor savait que ces guerriers ne passeraient pas la journée.

Les compagnies s’étaient retournées les unes contre les autres. Les frères s’étaient entre tués. Les mortels avaient suivi le plus offrant. Après un rapide calcul, une estimation plus qu’acceptable, les Skittari avaient le moins souffert, et pour cette raison, le commandant en toucherait un mot prochainement au Cercle des Magos. Non, les hommes du colonel Spens et ses propres guerriers avaient subi le plus gros des pertes. Presque deux cents hommes du Cycle Infernal sans compter les matelots avaient péri dans les deux camps confondus. Et les guerriers eux, ne représentaient plus qu’un tiers de ce qu’ils étaient après l’assaut de la VIII. Soit près de cent vingt guerriers. Tous répartis dans leur compagnie respective. Peut-être serait-il temps de nommer et de promouvoir de nouveaux officiers et sous-officiers. Voire de reformer le tout en une seule compagnie.

Et pourtant, malgré toutes ces nouvelles pertes dont ils se seraient tous bien passés, le lieutenant-commandeur était une fois de plus assis dans son trône de fer, à songer et réfléchir comme à son habitude. Près de lui, le Centurion se tenait immobile, calme comme une statue. Serena Dior était là aussi, de l’autre côté à lire les données transmises et à donner des directives. Le commandant savait leurs pensées troublées. Les siennes l’étaient aussi. Tout cela était un regrettable accident qu’il avait néanmoins fallu traité sans plus attendre. On ne pouvait laisser l’infamie, la sédition corrompre le cœur des bonnes gens.

« Commandant, dit de sa voix toujours pleine d’autorité la Maîtresse de Pavillon, « nous sommes parés à faire mouvement. La Maîtresse des Astropathes Ing Sae me confirme que la voie est ouverte. Elle est parvenue ces derniers jours à calculer une trajectoire avec les effluves récupérées et sauvegardées de la flotte ennemie. C’est quand vous le désirez. »

Bazilleuck Eunam hocha lentement la tête.

« Niveau des boucliers ?

« Quatre-vingt-dix-sept pour cent, lui informa Serena Dior sans se tourner vers lui pour autant.

« Champ de Geller ?

« Actif.

« Armement ?

« Paré. »

On ne savait jamais ce sur quoi on pouvait tomber dans les méandres du Warp, c’était la raison pour laquelle il ordonnait aux batteries de se tenir prêtes, comme les tourelles garnissant la coque.

« Très bien. Alors translation immédiate au point de Mandeville. Nous avons assez perdu de temps. Cap sur la flotte ennemie. Nos comptes doivent toujours être réglés avec le Palatin de Fer. »

Un voile de couleurs fantasques verdâtre et rosâtre se forma à plusieurs milliers kilomètres de l’Iron Wound. C’était la porte qu’ils emprunteraient dans…

« …cinq, quatre, trois, deux, un, propulsion des réacteurs ! commanda Serena Dior avant le croiseur ne disparaisse dans l’Immaterium. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero le Dim 29 Sep 2019 - 20:03

XIII


Tourner bride. Affront. Joutes verbales.

Leur voyage à travers le Warp n’avait pas été de tout repos, loin de là. Cela avait plutôt été un chemin semé d’embûches auquel l’équipage aurait dû savoir faire face. Mais il en avait été autrement. Comme toujours, qui mieux que les habitants du Warp pouvaient mieux connaître les caprices et remous qui ondulaient de toutes parts sur les coques des vaisseaux de voyageurs assez sauts pour oser s’aventurer et emprunter de telles routes ? Ceci même à l’aide d’astropathes pour les guider dans cette mer sombre recelant mille dangers ?

Les proies que représentaient ces intrépides et insouciants explorateurs étaient monnaie courante. Mais de les voir errer seules, loin de tout, et qui plus est dans le besoin, cela était plus rare. Il était donc toujours bienvenu de voir une de ces coquilles regorgeant d’âmes vulnérables être en proie aux griffes des entités rôdant autour d’elle.

Tels des loups affamés aux gueules pleine de crocs acérés, dégoulinants salive, et impatientes de mordre dans la coque puis la chair, ces créatures dansaient autour du vaisseau faisant des arabesques. Elles se mouvaient tel un banc de requins autour de leur victime à l’agonie.

Le petit vaisseau, une frégate de transport simple, sans doute guère plus de cinq milles âmes à son bord, poursuivait son inexorable route depuis la Chaussée des Tourments. Un chemin censé être sûr, mais qui n’était pas totalement dénué de risques. Notamment si le vaisseau en question ne possédait pas d’astropathes qualifiés, ou que le vaisseau avait subi des avaries. Dans les deux cas, voyager dans le Warp dans de tels états n’était pas recommandé du tout.

Leur route les avait amenés à tourner bride dans l’Immaterium afin de se rendre au plus vite vers Prospero, monde natif des Thousands Sons, les fils du Cyclope. Un communiqué avant leur saut leur avait été transmis. Ce dernier leur avait annoncé la trahison de Magnus le Rouge. Il avait enfreint l’Edit de Nikea. Tout le Vla Fenryka était appelé à se rentre là-bas. Eux l’avaient été un peu tardivement. La raison ? Ils joutaient à travers toute la galaxie pour sauver l’honneur de la VI lors de duels là où ils étaient conviés. Leur dernière destination était Bâal, monde trône des fils de Sanguinius, mais avec une pareille nouvelle, leur route avait brusquement changé de cap, et les joutes sanglantes qui les y attendaient s’avéreraient être d’une autre teneur là où ils se rendraient.

Le chef de meute et sa bande de guerriers avait déjà participé les mois précédents, pour ne pas dire près d’un an auparavant, aux autres festivités guerrières, notamment à bord du Conqueror, vaisseau amiral d’Angron de la XII légion des World Eaters. Des combats exceptionnels et terribles issus des fosses, prêts à être contés dans les sagas des Rout auprès de l’âtre. Puis, leur dernière destination avait été Maccragge. Le foyer des Ultramarines. Le cœur des Cinq Cents Mondes de Roboute Guilliman. Tous avaient été auréolés de gloire. On parlerait des victorieux pour des décennies et des siècles à venir.

Or, la frégate, du nom de Victorious First, lequel était à peine visible sur sa coque faute alimentation restreinte à bord et donc d’éclairage extérieur, se mouvait lentement, pour ne pas dire stagnait dans le cordon immatériel où elle se trouvait. Un lieu étrange, d’une beauté saisissante, aux couleurs multiples, clairsemé d’éclairs capricieux par endroit.

La passerelle, ridicule en comparaison d’un navire de ligne comme une barge de bataille ou un simple croiseur par exemple, était animée des lumiglobes éclairant de leur faible intensité les petites terrasses de pilotage où serviteurs et autres membres d’équipage vaquaient en silence, cherchant une solution pour repartir et quitter cet endroit malsain, favorable aux incursions des entités du Warp si on s’y attarder trop longtemps.

Le guerrier qui se tenait au centre, devant le trône de commandement, portait une armure grise, comme celle de ses frères. Cette dernière était agrémentée de fétiches que seuls les membres de leur légion s’autorisaient à porter. Des totems et des runes de protection. Des chants et des serments apposés ici et là. Et puis une fourrure de loup. Celui que son porteur avait tué lors de son rite initiatique pour devenir enfin un vrai guerrier du Vla Fenryka et être celui que les siens connaissaient à présent sous le nom de Brugwoll des Mentons Rouges.

Ce dernier se tenait immobile, calme les bras croisés. Cela en perturbait un en particulier. Un voyageur que Brugwoll avait consenti à embarquer avec lui parmi la meute. Un guerrier de talent, farouche dans la bataille. Les guerriers des Mentons Rouges l’avaient rencontré à bord du Conqueror, il y a près de huit mois maintenant. Ils avaient tous croisé le fer avec lui, et tous avaient approuvé quand le guerrier avait sollicité le chef de meute de partir avec eux pour prendre part aux diverses joutes martiales à travers l’Imperium afin de se confronter à ses frères de légion. Il faut croire que si certains se préoccupaient plus de sauver l’honneur de leur légion, d’autres ne s’en préoccupait guère. Lui, n’avait qu’une idée en tête, toujours plus peaufiner ses aptitudes guerrières et mettre à bas ses ennemis. Il ne lui tardait pas de rentrer de sitôt auprès des siens, avec lesquels, sauf une minorité, il n’éprouvait qu’animosité. Chose qu’avaient très bien ressenti les membres de la meute derrière les hués et vivats des spectateurs.

Ils étaient donc partis jusqu’à Maccragge, là où ils l’avaient emporté sur la plupart des guerriers qui s’étaient tenus devant eux. Jusqu’à ce que Bâal les appelle pour remettre ça, puis finalement Prospero avant qu’ils ne se retrouvent tous bloqués dans le Warp.

« Ma lame s’émousse, et mon envie s’impatiente, fulmina le guerrier de la XII dans le dos du chef de meute.

« Cesses de tourner comme un chien en cage, lui envoya Brugwoll, « tu émoustilles mes sens aux combats. »

L’autre renifla un sourire aux lèvres. Une certaine complicité à travers leur aventure s’était formée entre les deux guerriers. Tout particulièrement lors des duels qu’ils s’étaient lancés tout le long durant, et qu’ils ne voyaient aucune raison d’interrompre. Le guerrier leva les bras en direction du chef de meute aussi grand que lui. A la différence de ce dernier, le fils d’Angron était rasé, un tatouage sur le côté droit de son crâne.

« Je vous attends dans ce cas, loup! Rien ne me ferait plus plaisir ! »

Le Space Wolves ne répondit rien, se contentant d’observer le vide devant eux dans un mélange de calme et de sérénité que le World Eaters prenait visiblement plaisir à troubler.

« Danokall, le tança Brugwoll d’un ton ferme, « reprends-toi vite sinon c’est moi que tu vas voir impatient dans les secondes qui suivent. Et cette fois, on pourrait arriver au troisième sang. »

L’autre, les yeux emplis de braises et qui soutenait son regard de glace, vit s’atténuait en lui le feu ardent qui était monté en flèche si vite. De repenser au troisième sang dans les arènes de la XII suffit pour lui rappeler en quoi cela consistait. Après tout, il avait entrepris le voyage avec ses frères de la VI sans animosité à leur égard et surtout pour éviter de se voir retourner au plus vite chez les siens.

Danokall se reprit donc et salua son frère, la respiration rauque.

« Pardonne-moi cet excès de rage, Brugwoll des Mentons Rouges. »

Ce dernier d’un geste de la main lui fit comprendre qu’il n’y avait pas lieu de s’excuser. Pour lui, il était tout aussi préférable si ce n’est souhaitable de régler les comptes dans une fosse, armes à la main.

« Une idée d’où nous nous trouv… »

Mais il ne termina pas sa phrase. Une translation non programmée venait de s’effectuer et les avait projetés brutalement hors de l’Immaterium. Tous ceux qui n’étaient pas à leur poste à ce moment précis furent projetés en avant, et se retrouvèrent par terre, certains blessés par endroits, sans rien de trop dramatiques cependant. Seuls les Astartes se tenaient droits. Leurs armures avaient encaissé la translation.

Tous néanmoins peinaient à comprendre ce qui venait de se passer, quand quelques secondes encore, le vaisseau était toujours en proie aux défaillances de son champ de Geller ainsi que d’une panne dans les réacteurs.

Le Space Wolves se tourna vers le World Eaters, en pleine interrogation. Ce dernier n’avait rien à lui offrir. Quand Brugwoll vit que tout le monde reprenait ses esprits, il s’enquit de leur destination et état.

« Où sommes-nous ? auspex ?

Un serviteur à son siège tourna lentement la tête.

« Quelque part dans l’Ultima Segmentum, près d’un système nommé Halitho. »

Le chef de meute fit la moue, il réfléchissait.

« Ça ne me dit rien. Une idée War Hounds ? »

Le guerrier de la XII appréciait cette appellation. Une que tous parmi les siens avaient oublié ou jugé préférable d’oublier il y a bien longtemps. Une époque où ses semblables s'étaient démenés pour ramener leur père génétique à la raison et ne pas voir la légion sombrer dans les méandres de la folie et du carnage. Un temps où ses frères comprirent leur erreur par milliers , face au goûts des armes d'Angron. Aujourd'hui, il n'en subsistait - puisque tel était le mot - plus que quelques uns comme lui et qui faisaient profil bas. Probablement était-ce mieux ainsi. Pour autant, devait-on oublier totalement qui nous sommes et d'où nous venons? car là où les autres avaient fait ce choix, lui demeurait sur ses positions, même si cela lui attirait les foudres de ses frères qui ne voyaient en lui qu’une relique incapable de faire face au changement.

« Pas la moindre, répondit-il dans son armure blanche osseuse abîmée.

« Pouvons-nous émettre au moins? s’enquit le loup. »

Une femme se retourna et le regarda avant de répondre, même si elle savait éperdument que regarder un Astartes dans les yeux représentait bien souvent une réprimande.

« Mieux monseigneur, nous recevons des données. Un tas ! »

Brugwoll approcha de la console curieux, Danokall sur ses talons.

« Quand est-il femme ? prononça-t-il de son haleine de fauve. »

L ’opératrice tourna la tête discrètement, prise de nausées. Même le War Hounds recula. Bien que lui sentait le sang comme un boucher, son compagnon relevait plus que d’un manque d’hygiène. C’était là l’état le plus primitif qu’il lui avait été donné de voir et de vivre pendant ces nombreux mois en leur compagnie. Les Space Wolves songea-t-il, des animaux.

« Multiples monseigneur, répondit néanmoins la jeune femme.

« Sommes-nous au moins sur la bonne route? s’enquit Danokall. « Nous dirigeons nous bien vers Prospero? »

La femme parcourut les données de gestes experts et précis, en vain.

« Impossible à déterminer, lui répondit-elle. « Mais nous avons beaucoup d’échanges entre les légions alentours quand à…

« A quoi ? la pressa Danokall.

« A d’étranges événements. Pour ne pas dire inquiétants.

« Laissez-moi voir, dit Brugwoll. « Que pourrait-il y avoir de plus grave que la trahison d’un des frères de Russ notre Seigneur et Père. »

Ce dernier fit glisser les données sur la tablette du serviteur de bord. On parlait de raids ici et là sur différents systèmes. De la disparition de nombreux vaisseaux dans l’Ultima Segmentum. Et de bien pire.

« Alors ? demanda le guerrier de la XII.

« Il semblerait qu'il y ait eu un événement majeur dans le système d'Istvaan. Cela concernerait les légions. Il continuait de lire, assimilant bien tout ce qui était mentionné.

« Et? désira savoir Danokall.

« J'apprends à chaque nouveau mot War Hounds, alors cesses tes questions irritantes ou bien ma hache s’occupera de le faire à ta place. Il fit défiler les innombrables pages de rapports s'accumulant sur sa tablette. « Il n'est pas mentionné davantage l'enjeu des légions dans cette histoire. A première vue, nombre de systèmes se renferment sur eux même, ou bien jurent allégeance à de nouveaux maîtres. »

Le War Hounds grogna.

« Cela ressemble fortement à de la sédition. Le grand Horus aurait-il du mal à faire régner l'ordre au sein du nouvel Impérium de l'Empereur?

« Quoi qu'il en soit, déclara Brugwoll en se tournant vers son frère, lui tendant de cette manière la tablette, « c'est que ce qui s'est passé là-bas a de toute évidence ébranlé une bonne partie de l'empire du Père de Tous. Des révoltes éclatent partout et les hommes semblent s'entre déchirer. »

Le chef de meute resta songeur un instant. Quels autres événements avaient-ils tous manqué, si loin, près des bordures extérieures tout ce temps durant ?

« Sommes-nous parés à faire mouvement ? aboya-t-il tout à coup.

« Non, pas encore. Nous sommes sous alimentés. Les réacteurs ont pris un sacré coup pendant le saut Warp monseigneur, répondit un autre homme assis à son poste. »

Le loup s’emporta, tournant la tête en tous sens, dévoilant ainsi sa dentition sous ses airs primitifs et sauvages. Tel l’animal lui-même. Ses nattes mi vermillons mi ocres qui se terminaient par des grigris et des petits fétiches, pendaient de parts et d’autres de sa tête et volaient à droite à gauche. Le guerrier se ressaisit brusquement.

Danokall allait répondre quelque chose encore de mauvais goût, lorsque soudain se matérialisa droit devant eux une flotte entière. Au moins une dizaine de navires de tout tonnage et de toutes classes.

« Qu’est-ce que…s’interrogea bouche baie le dépossédé surpris d’un tel spectacle.

« Qui est-ce ? exigea le chef de meute. « Entrez en contact. Dites-leur que nous sommes dans le besoin et qu’ils viennent nous porter assistance. »

Après plusieurs instants, presque deux minutes de silence, le loup réitéra sa demande.

« Alors ? quelque chose ?

« La flotte semble rester sourde à tous nos messages, monseigneur. »

Brugwoll partit vers le poste des transmissions.

« Transmettez : ici le chef de meute Brugwoll des Mentons Rouges de la Sesc, nous avons besoin de soutien. Nous avons subi des avaries durant notre saut Warp. Prier de prendre en considération cette demande comme prioritaire. »

Mais toujours rien après plusieurs minutes.

« Par Fenris, mais à quoi jouent-ils ! s’exclama le Space Wolves hors de lui en voyant tous ces vaisseaux rassemblés prêts pour la bataille.

« C’est comme s’ils ne nous détectaient pas, articula le guerrier de la XII, tout en jaugeant les vaisseaux au loin comme de potentielles proies et de futures victimes.

« Bien sûr que si ! ils savent pertinemment que nous sommes là. Nous émettons. Non, leur raison est tout autre. Et je ne manquerais pas de le faire remonter au Seigneur Russ. Bon sang, qui de nos frères s’amuserait à occulter une demande d’urgence ? »

Mais la question était sans attente de réponse.

« J’ai quelque chose, intervint subitement la femme à son poste de transmissions. « Les marquages sur les flancs de leurs vaisseaux les désignent comme la VIII principalement ainsi que deux vaisseaux de la IV.

« Étrange, soumit Brugwoll dont la colère n’avait pas totalement disparu. « Une flotte combinée doit avoir un but commun.

« Qu’est-ce que tout cela signifie ? grogna à son tour Danokall qui perdait son sang froid avec tout ce manège. « Tirons leur dessus, peut-être cela les fera-t-il réagir ! »

Brugwoll se tourna aussitôt vers lui.

« J’aime ta façon de voir les choses, War Hounds. Tu aurais fait un bon guerrier des Routs. Mais il ne serait pas très avisé de tirer sur ceux que l’on considère nos frères. »

L’autre secoua la tête, riant à pleines dents et s’en alla faire quelques pas.

« Mes seigneurs ! s’exclama un homme « les auspex indiquent qu’ils se mettent en route.

« Eh bien, ce n’est pas trop tôt, estima Danokall qui s’était appuyé contre la balustrade de commandement. « Ils sont pressés on dirait nos frères de la nuit.

« On dirait, oui, fit Brugwoll en longeant le balcon où il se trouvait pour assimiler toutes les informations qu’il pouvait discerner sur les vaisseaux au loin. « Il y a au moins deux barges de bataille. Une appartenant à chaque légion. Le reste semble correspondre à des escorteurs et des croiseurs.

« C’est exact monseigneur, lui affirma un serviteur.

« Ils nous laissent ici alors, si je comprends bien ?! perdu dans ce trou ? s’empourpra Danokall comme si lui aussi ne savait pas faire autre chose que de s’emporter à la moindre déconvenue.

« De toute évidence mon ami ! lui expédia son frère tout aussi désarçonné. « Hjolda, j’ai comme l’impression que l’on va devoir se débrouiller seul une fois de plus !

« Ou attendre que quelqu’un d’autre passe par ici. »

Brugwoll renifla une fois encore. Devant lui, la flotte disparaissait dans le vide jusqu’à ce que les flammes des réacteurs disparaissent à leur tour. Nul ne savait vers où elle voguait. Peut-être au loin cette minuscule planète?

« Ja, ce n’est pas gagné. »

*

La flotte avançait tel un fer de lance. Comme un dard dirigeait contre sa cible. A l’avant de la formation, les barges de bataille Twilight of Angels et Fury of Iron conduisait le reste des vaisseaux dans son sillage. Des appareils moindres comme des croiseurs, des escorteurs et frégates à l’armement varié, mais chacun ayant son propre rôle dans la hiérarchie navale.

Cela faisait plusieurs jours que les Night Lords et leurs frères de la IV sillonnaient l’Immaterium afin de se rendre auprès de leurs frères et Primarchs respectifs à Istvaan V. Un lieu qui savait-on déjà, impacterait définitivement sur l’histoire et aurait des répercussions dans les années et siècles à venir.

Par moment, dans cet endroit sans aucun cadre spatio-temporel, où les années et le temps lui-même ne représentaient rien, des éclairs de lumières parfois violettes parfois rouges parfois totalement différente, se créaient sur les innombrables antennes parsemant les bâtiments. Ceci n'était rien d'autre que l'œuvre des astropathes guidant le contingent de vaisseaux à travers la mer des ombres grâce à leur troisième œil. Celui qui leur permettait à tous de naviguer sans soucis à travers cet océan dangereux.

Bien des fois, lors de multiples tentatives pour garder le contrôle de leur vaisseau, nombre de ces hommes mutants succombaient face à la puissance dévastatrice du Warp.

N'importe quel vaisseau qui se serait lancé dans une entreprise à travers cet océan sans avoir au préalable embarquer plusieurs dizaines, voire centaines d'astropathes, se serait immédiatement mis en échec.

Ces semis mortels représentaient la seule solution pour parcourir ces longs couloirs garnis de monstruosités, toutes droit sorties des enfers. Si même un tel mot pouvait définir cet espace intemporel et immatériel.

Ces couloirs étaient une bénédiction pour beaucoup. Ils permettaient aux voyageurs de franchir une distance incroyablement longue en peu de temps par rapport à la réalité.

C'est un peu comme si un savant cherchait à expliquer à ses élèves, qu'en rabattant les deux extrémités d'une feuille jusqu'à ce qu'elles se calquent l'une sur l'autre, et bien qu'en perçant un trou au travers, la distance serait nul. Tandis qu'en étalant ensuite cette même feuille à plat, on constate que pour faire le trajet du premier au deuxième trou, il faudrait traverser la feuille d'un point à l'autre. Comme si on traçait un trait avec une règle.

En somme, le Warp n'est autre qu'un rétrécissement de l'espace-temps de la réalité, qui une fois qu'on en sortait, se dépliait.

C'est ce que pensait Karss Zaltar dans son armure polie et zébrée d’éclairs. Il contemplait une des vitres blindées du Stratagium du Twilight of Angels. C'était là toutes les questions à propos de l'univers qu'il se posait quand il franchissait à nouveau ces couloirs sombres et impétueux.

Il fit quelques pas parmi les mortels présents sur la passerelle. Il n’y avait pas d’éclairage hormis les diodes des écrans de contrôle et de paramétrages. On vivait dans le noir avec la VIII. Et on s’y faisait. Ou plutôt notre vue s’y accoutumait-elle.

Assis à leur poste où debout pour certains, tous portaient le même uniforme de la flotte. Un bleu foncé assez ressemblant avec les armures de leurs maîtres. Il y avait des personnes de tous âges, et des deux sexes. Il les regardait œuvrer pour le bien de la légion. Pas un sourire, pas un regard, pas un mot n'était échangé entre eux. Pas d'émotions dans le cœur de ces serviteurs aussi dures et noirs que ceux de leurs maîtres. Tous provenaient en grande partie de Nostramo, et la lumière, la compassion, la joie, le bonheur, ils ne connaissaient pas. La vie sur leur monde natal avait fait d’eux des âmes froides et des êtres durs. Ainsi ils étaient, ainsi ils seraient pour le restant de leurs vies. Sans se lamenter, sans se plaindre. Simplement à exécuter ce pourquoi on les avait recruté et formé.

Karss Zaltar se retourna face à son trône de commandant qui le regardait, vide. Celui-ci était fait entièrement d’os, à la fois humains et xenos. De chaque côté de ce dernier, deux guerriers en armure Terminator montaient la garde.

Il s’agissait d’Atramentars. Deux membres de sa garde rapprochée. Ces combattants émérites se comptaient au nombre d'une dizaine à bord. Pas même les autres capitaines de la flotte n'en possédaient. Tout au mieux étaient-ils toujours accompagnés d'un second. Ou de guerriers vétérans. Non, ceux-là étaient l’élite de la légion. Ils composaient la 1ère compagnie du Premier Capitaine Sevatar, toujours près du Primarch. A l’instar du Kyroptera, cercle restreint de la légion et principaux conseillers de Conrad Curze.

Toutefois, Karss Zaltar s’était démené avant de quitter le reste de la flotte pour avoir assez d’influence auprès du Premier Capitaine. Sans doute un de ses frères les moins vils et méprisables. Il fallait parfois s’accommoder du plus offrant afin d’être dans les bonnes grâces et asseoir lentement mais surement sa position au sein de la légion.

Il inspira profondément, lorsque le sas du Stratagium s'ouvrit, laissant arriver son homologue de la IV avec qui il voyageait.

« Seuls les couards et les misérables se terrent dans le noir comme vous le faites ! aboya le Palatin de Fer, deux guerriers vétérans à sa suite.

« Deux qualités qui nous correspondent si bien, cousin, siffla Karss Zaltar. « Cependant, j’aurai pensé que vous sachiez pour quelle raison nous n’usons jamais de luminosité. »

L’autre soutint son regard et renifla avec dédain.

« Oui, je sais très bien pourquoi. Il marqua une pause. « Jamais je n’aurai pu être des vôtres quoi qu’il en soit, lâcha-t-il en se tenant face à la passerelle. »

Tous deux observaient les remous extérieurs du Warp. Les vagues d’énergies immatérielles qui ondulaient de toutes parts, enveloppant les vaisseaux de la flotte de halos lumineux.

« Savez-vous quand nous sortirons de l’Immaterium ? le questionna l’Iron Warrior. »

Le Night Lords n’aimait pas son confrère. Trop hautain pour lui. Sans doute l’âge ou les gènes de leur légion y jouaient-ils. Mais il n’arrivait pas à le sentir. Le simple fait de le savoir à ses côtés le mettait dans tous ses états. Chez eux, sur Nostramo, il y a bien des années maintenant, on aurait retrouvé son corps dans un caniveau, ou accroché à un gibet. On aurait même pu s’amuser à l’écarteler et exposer les restes de son corps à la foule. Sur un monde tel que celui-ci où la gangrène avait eu raison de sa population, il était vain d’imaginer une sortie sans risquer d’y laisser toutes ses plumes.

« Nous devrions sortir sous peu, répondit le capitaine de la VIII. « Nous devons nous ravitailler à Halitho.

« Qu’est-ce donc ? ce système ne me dit rien, déclara le guerrier dans son armure de fer.

« Il y a un avant-poste de la VIII. Nous nous en servons comme dépôts de munitions et de carburant. C’est une forteresse spatiale. »

L’autre se contenta de hocher la tête.

« Il me tarde de retrouver les nôtres. J’espère que tout va s’opérer comme prévu sur Istvaan.

« Ne soyez pas si pressés, lui répondit Karss Zaltar, « nous serons en temps et en heure au dit lieu de rendez-vous. N’ayez crainte, lui confia-t-il un sourire au bout des lèvres qu’il savait son frère ne pouvoir discerner dans la pénombre du stratagium.

« Ne vous moquez pas de moi, s’irrita le Palatin de Fer en se tournant vers lui, « il m’insupporte seulement d’avoir dû courir jusqu’à ce fichu monde garnison m’occuper d’un imbécile qui je savais, jamais ne ploierait le genou devant moi. J’ai été stupide d’accepter l’offre du Maître de Forge Sourilov Dantar.

« Nous faisons tous des erreurs, lui avoua son cousin, » mais en aucun cas celles orchestrées par le Primarch et le reste de la légion n’en relèvent. »

Les mots percutèrent le Palatin de Fer comme une masse.

« Vous osez…empoigna-t-il son glaive à son ceinturon. »

Mais le Night Lords était plus rapide. Déjà sa lame dentelée se tenait dans sa main et se trouvait contre la gorge de l'Iron Warrior. Avoir jadis appartenu à un des innombrables gangs de Nostramo avait fini par faire de lui un guerrier aux sens affûtés et redoutables.

« Je vous déconseille de faire ça, lui intima-t-il d’une négation de la tête. « Il serrait bête d’arriver sur Istvaan en morceaux, n’est-ce pas ? »

Ekos Torar discernait à présent les yeux porcins et noirs du Night Lords. Il avait fallu pour cela que ses propres yeux s’acclimatent.

« Vous me paierez cet affront, vermine, jura l’Iron Warrior qui faisait signe à ses hommes de baisser leurs armes, ce que fit également Karss Zaltar de son côté.

« C’est avec joie que j’attends ce moment dans ce cas, se courba-t-il.

« Dites-moi plutôt pourquoi vous m’avez fait appeler? exigea l’Iron Warrior essayant de chasser de son esprit ce fâcheux malentendu. Même pour un temps.

« Nos astropathes nous ont communiqué qu’ils se sont mis à notre poursuite. Nous avons décelé leur propulsion énergétique »

Le Palatin de Fer dévisagea le Dépeceur.

« C’est une plaisanterie?

« Pas du tout. Ils ont sauté dans le Warp. Ils ne sont d’ailleurs qu’à une journée de distance. Enfin selon les critères temporels Warp, évidemment. Mais nous ne devrions pas être surpris de les voir réapparaître prochainement. »

Ekos Torar grogna.

« Comment cela est-il seulement possible ? nous les avons mis hors d’état de nuire! ils n’ont pas pu récupérer aussi vite.

« Ça m’en a pourtant tout l’air, reconnut Karss Zaltar qui ne regardait plus son allié de circonstance. « Vos frères vont finir par nous rattraper, c’est un fait. Nous sommes plus lents. Et ils ne possèdent qu’un seul croiseur. Le nombre et la vitesse jouent en leur faveur cette fois.

« Moi qui pensais en avoir terminé, jura le Palatin de Fer. « Ils vont regretter leur témérité ! »

Cela fit sourire Karss Zaltar qui à cet instant révéla ses dents aiguisées d’un blanc émail. Ce sourire machiavélique inspira une haine non dissimulée chez son voisin qui voyait là l’arrogance et la désinvolture avec lesquelles il traitait son invité.

Tout à coup, les runes d’alerte sur la passerelle s’enclenchèrent. Son sourire disparut aussitôt. Le martèlement des sirènes était assourdissant.

« Translation hors de l’Immaterium imminente ! aboya un homme à son poste.

« Finalement, nous allons sortir plus vite que prévu, fit le Night Lords appuyé à la balustrade de sa terrasse de commandement, sans trop de surprise. »

Ekos Torar approuva dans un grognement guttural.

Puis, une fraction de seconde plus tard, toute la flotte émergea du Warp. Comme s’ils avaient été régurgités. Il y eut un en avant sur le pont, ce qui fit basculer à peu près tous ceux qui n’étaient pas assis ou accrochés fermement.

Une planète se dessinait loin, très loin en face d’eux. Peut-être à une journée ou deux de distance. Une planète à la fois grise et blanche. Pas très grande. Peut-être de la même taille que Luna, le satellite de Terra. La base de la Sororité Silencieuse.

« Qu’est-ce donc ? sommes-nous arrivés s’enquit l’Iron Warrior. »

Le Dépeceur ne répondit rien, se contentant d’observer le vide.

« Nous sommes arrivés dans le système de Halitho messeigneurs, leur apprit un serviteur.

« Très bien, répondit Karss Zaltar en descendant les marches afin de se mêler à ses sujets. « Cap sur Annilion.

« Tout de suite monseigneur, répondit une femme avant d’engager les poussées des réacteurs.

« Communiquez au reste de la flotte notre destination.

« C’est fait, ajouta un autre serviteur de bord.

« Commandant, intervint une femme, « nous avons une signature à cent milles de notre position. Un vaisseau solitaire. Tout système éteint. Ce dernier émet un signal de détresse. Devons-nous répondre ? »
Le Karss Zaltar vint auprès de la femme, des câbles plein l’arrière du crâne relié à son écran de bord et à son siège.

« Ouvrez les canaux, mais n’envoyez aucune émission. »

Cette dernière opina du chef.

« …ci le chef de meute Brugwoll des Mentons Rouges de la Sesc, nous avons besoin d’aide immédiat…avons subi des avaries durant notre saut Warp. Prier de prendre en considération cette demande comme prioritaire je vous prie…

« Tiens, Tiens, dit avec amusement le capitaine de la VIII, « on dirait que nos cousins les loups se sont perdus en chemin. Karss Zaltar ne savait rien des allégeances de la VI, même si ces derniers étaient appelés les exécuteurs de l’Empereur. Et la raison de leur présence en ce coin ci de la galaxie, qui plus est si près d’une installation de la VIII ne lui disait rien qui vaille. « Laissez-les émettre, soumit alors le Karss Zaltar, « nous avons plus important à nous préoccuper.

« Ne devrions-nous pas mettre un terme à leur existence ? intervint le Palatin de Fer outré d’une telle négligence. « Il se pourrait qu…

« Est-ce vous ou bien moi qui commande ce vaisseau? s’exclama d’une voix un peu plus clair le Dépeceur agacé de son invité. « Prenez garde, Palatin de Fer, j’ai accepté que mon host de bataille se joigne à votre flamboyante aventure transformée en quête de vengeance personnelle. Mais je peux tout aussi bien vous laisser là dans le vide et vous laisser vous débrouiller seul. Je ne vous supporte que pour la simple raison que mon Primarch a donné son aval à votre propre seigneur. Ne croyez pas qu’il en soit autrement. Ai-je été assez clair ? »

L’autre le fusilla du regard. Lui et ses hommes s’étaient approchés jusqu’à n’être à deux pas de leurs cousins. Les deux Atramentars s’étaient également réveillés une fois de plus, leurs armes de hast abaissées.

« C’est la deuxième fois que vous me manquez de respect, charogne. Je suis moi aussi patient, mais vous outre passez quelque peu votre autorité. Vous êtes peut-être commandant de ce vaisseau, toutefois je suis le commandant de cette flotte. Ceci, ne l’oubliez pas, lui expédia-t-il en pleine figure. »

Il fit demi-tour et abandonna la passerelle pour rejoindre sa barge de bataille, là où le reste de son bataillon attendait.

« Informez-moi quand nous serons parvenus à votre avant-poste. Il me tarde de me dégourdir un peu. »

Karss Zaltar ne se tourna pas pour voir son départ plus que bienvenu. Il regardait ce vaisseau solitaire au loin qui les implorait de leur venir en aide. Le Victorious First, lut-il sur un écran. Il sourit. Une salve aurait pu en finir tout de suite. Et ici dans ce coin reculé de l’Imperium, qui se serait douté de quoi que ce soit ? il chassa cette idée de la tête et se concentra sur leur nouvel objectif.

« En avant toute, ordonna-t-il. »

*

On les avait jetés dans des geôles sombres et humides. Des cages de fer qui formaient une multitude de carreaux assez large pour que les prisonniers pussent y passer leurs avant-bras. Un compartiment tout entier dédié aux détenus. Et un pont de barge de bataille était long, très long. Aucun des Iron Warrior ne doutait que bien d’autres zones de détention se trouvaient plus avant ou derrière eux.

Au début cela avait été compliqué, très dur pour Ipanov Hoccard et les siens de se faire la noirceur des lieux. Une odeur quotidienne de putréfaction et de transpiration les accompagnait, c’était insoutenable. Seuls les Night Lords ne semblaient pas s’en accommoder derrière leur heaume.

Partout, dans les cellules comme dans le corridor où patrouillaient les guerriers de la VIII, des chaines étaient suspendues au plafond. Des prisonniers étaient accrochés parfois au bout, parfois encore, des quartiers de viande de mortel se trouvaient à leur place. Le dégoût est tout ce qui inspira les membres de la IV. Sans doute jouaient-ils avec leurs lames, tout en s’exerçant. Peut-être l’idée d’avoir en face un tronçon de corps saigner et l’odeur qui s’en dégageait, les stimulaient-ils ou les incitaient-ils à se tourner vers ces macchabées pour leurs exercices journaliers plutôt que les serviteurs prévus à cet effet dans les cages d’entrainement ? qui savait ?

Toutefois, un événement vint troubler les pensées de chacun des détenus assis en tailleur, sur le banc mural, ou accrochés aux chaines, lorsqu’un soubresaut se fit sentir à bord du vaisseau. Tous, Iron Warrior comme Night Lords tressaillir un instant avant de se reprendre. Des regards curieux s’échangèrent.

« Translation Warp vous pensez ? soumit le sergent Timalt Verosen.

« Ça m’en a tout l’air, répondit après un bref instant le capitaine Ipanov Hoccard les avants bras au travers des barreaux. »

Un guerrier des Night Lords se tenait là, immobile à observer les prisonniers dans leurs cellules. Il se tenait silencieux. Un instant il pencha la tête comme réfléchissant.

« On peut savoir ce que tu regardes comme ça ? lui expédia sèchement Craxus qui s’était approché de la porte de sa cage. »

Ce dernier était indéniablement plus carré et musculeux que son cousin de la nuit. Cependant le Night Lords, avec cette agilité et cette grâce malsaine si rependue parmi leur légion, perturbait les Iron Warrior.

« Un guerrier qui bientôt se trouvera sous ma botte, sa tête séparée de son corps, répondit avec délectation le guerrier de la VIII. »

L’autre s’avança un peu plus près jusqu’à se coller contre la cage.

« Pourquoi pas maintenant ? grogna Craxus. »

L’autre pencha une fois encore la tête comme étudiant la question sans doute. Puis il secoua légèrement la tête.

« Bientôt. Je vous en fais le serment, dit-il en joignant ses deux mains comme un acte de foi. »

L’Iron Warrior le vit partir pour se tenir devant une autre cellule, celle de Faum Dravell, d’Attix et du sergent Belon Shar, les derniers membres de son escouade. Le lieutenant le vit s’arrêter et sans plus de considération hormis la haine et la colère qui étaient en lui, cracha aux pieds de son ennemi avant de le regarder de nouveau dans les yeux.

Le Night Lords sourit.

« Apprécie-t-on son nouveau confort, cousin ?

« Je n’ai rien à redire. Et toi, Attix ? »

Ce dernier secoua la tête.

« Pas la moindre chose à redire vous voyez. Traître, accentua-t-il volontairement ce dernier mot. « Et puis nous sommes comme vous devez le savoir, habitués à de telles conditions spartiates. »

Le guerrier adverse se contenta d’afficher encore son horrible sourire diabolique avant de passer à la dernière cellule, sous les regards curieux de ses propres guerriers en faction de part et d’autre du couloir.
 
Il se trouva face au capitaine des survivants, avec lequel il n’hésita pas une seconde à relater ses hauts faits d’armes.

« J’ai apprécié ôter la vie de ce misérable que vous considériez votre frère, déclara-t-il ouvertement à voix haute de sorte que cela fasse réagir les autres détenus. « Le combat a été maigre en rebondissements. Ce n’était pas un bon bretteur.

« La prochaine fois, peut être devriez-vous vous mesurer à un des fils de Fulgrim ? On dit qu’ils sont très doués dans le maniement des lames. »

Comme piqué d’une curiosité soudaine et fascinante, le Night Lords fit un pas en avant.

« Peut-être…chercha-t-il ses mots, « oui, peut-être vous, pourriez-vous tenir cette lame et vous mesurer à moi ? quand dites-vous ?! l’invita ce dernier. »

Ipanov Hoccard regarda ses frères dans la cellule. Aucun ne répondit. Ils affichaient seulement leur haine à l’égard de ce psychopathe.

« Dites oui ! je suis sûr que ce serait un bien meilleur combat ! »

Son comportement était presque celui d’un enfant. Un de ceux qui vous forçait à jouer avec lui.

« Vous honoreriez mes murs de votre tête en guise de trophée ! je penserai à vous à chaque fois que je m'apprêterais à tuer, le rassura-t-il.

« Vous m’honorez, répondit d’un air semi moqueur l’Iron Warrior. « Mais je ferai tout mon possible pour vous ôter la vie avant que vous n’ôtiez la mienne, sachez-le.

« Vous êtes quelqu’un digne d’intérêt, capitaine. Je vous l’accorde. Nos joutes verbales sont tout à fait délectables et à mon goût. Je prendrai plaisir à venir vous revoir la prochaine fois. »

Ipanov Hoccard se courba légèrement, toujours dans une position moqueuse qui faisait sourire le Night Lords.

« Kyriss, crachota soudain son vox à l’intérieur de son armure.

« Dépeceur, répondit-il.

« Nous sommes sortis de l’Immaterium il y a quelques instants.

« C’est ce qu’il m’a semblé aussi.

« Où es-tu?

« Je converse avec nos invités, capitaine.

« Nous arrivons dans le système de Halitho. Nous allons nous réapprovisionner sur Annilion pour le reste de notre voyage. Je requière ta présence sur la passerelle immédiatement. Ne traine pas. »

La conversation se tut. Ipanov Hoccard n’avait rien manqué de leur échange.

« Nous arrivons, cousins, leur apprit à voix haute le lieutenant Night Lords en sachant pertinemment qu’au moins le capitaine Iron Warrior avait tout entendu. Ce qui ne le troubla pas le moins du monde.

« Nous allons faire escale sur la forteresse spatiale. Préparez-vous. »

Et il les abandonna. Les autres se regardèrent, du moins ceux que chacun parvenait à voir d’un côté comme de l’autre de sa propre cellule. Car hormis les mortels agonisant ou déjà morts en face d’eux, ils soupçonnaient être les seuls à voir prochainement leur destination.

« Avez-vous une idée de quoi il parlait en disant préparez-vous ? l’interrogea Timalt Verosen.

« Probablement au pire, avoua le capitaine en imaginant ce qu’avait bien pu leur réserver la VIII légion. »


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