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[ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux

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Message par Turielo Mar 24 Jan 2012 - 22:21

attentionEDIT (2013): Egorgeurs de Cieux premier jet (ci dessous) fut stoppé un moment, puis repris, pour cause de réécriture et restructuration.
Pour lire le texte définitif dans son ensemble, allez page 7 de ce topic, ici: Egorgeurs de Cieux - texte définitif

Bonne lecture!  Very Happy  



Comme promis dans ma nouvelle sur les Sun Hawks, voici que commence la première partie de celle qui concerne un autre de mes Chapitres, les Sky Slaughters. Ces évènements se déroulent quatre ans après le désastre de Nubia et un an avant les évènements sur Vafryys qui virent la chute des Sun Hawks.

Je posterai plus lentement pour celle ci, l'écrivant et la peaufinant au fur et à mesure en dehors du forum.

J'espère que vous apprécierez autant ce travail que celui que je vous ai déjà proposé! Wink

PREMIÈRE PARTIE: PAR LE GLAIVE:


CHAPITRE I:

LE LARGE GLOBE tournoyait à une vitesse imperceptible dans le froid éternel du cosmos, ses reflets bleutés avivés par la lueur d'or projetée par l'étoile incandescente du système. La planète semblait faite de marbre, un marbre d'un bleu glacial veiné de vert et de couleur terre, strié de longues bandes nuageuses d'un blanc crémeux, léchant ses courbes, jetant ici une pluie fraiche et là une ombre grisâtre et cotonneuse.
La lune cristalline qui gravitait autour brillait d'un éclat nacré, une perle accrochée au vide spatial, boule de de glace aux cratères noirs et aux crevasses obscures.

Le soleil frémissant accrocha un instant les pourtours métallisés de l'imposante barge de bataille qui approchait du globe terrestre, faisant luire ses longues traversées de métal poli, découpant avec netteté les arrêtes de ses vénérables flèches faisant ressembler le vaisseau à une gigantesque cathédrale mouvante.
Les titanesques propulseurs lancés à vitesse de croisière luisait d'un feu cyan en grondant faiblement, le son étouffé par le vide sidéral.

Le Spartacus glissait lentement vers son point d'attache pour s'ancrer en haute orbite au dessus de la planète Sparta, sur sa face nimbée de la lumière de l'aurore délivrée par Zeus, le soleil du système Olympus.
La barge de bataille aux reflets bleus et sang arborait sur un de ses flancs un insigne titanesque représentant un faisceau d'éclairs crépitants noués en leur milieu par un délicat cordage végétal.
S'étalant sur la proue, un aigle bicéphale d'or étendait ses ailes sur la lame effilée qui constituait le nez du béhémoth de métal et d'adamantium, rivant son double regard vers l'immensité de l'espace, ses deux têtes de rapaces pointées en avant.

Autour de l'imposante barge filaient lentement trois autres vaisseaux plus petits, semblables à des lames, tranchant dans les remous du cosmos. Les trois petits croiseurs suivaient l'ombre de leur grand frère hérissé de canons pour aller mouiller au dessus de Sparta dans une formation triangulaire parfaite.

Quelques instants plus tard, le ventre du géant s'ouvrit et un groupe de navettes fila vers la surface, s'éclairant subitement en boules de feu mouvantes à mesure qu'il pénétrait l'atmosphère frottant les ventres d'acier en les chauffant à une température extrême.

Filant au dessus de plaines verdoyantes et de champs dorés, les quatre navettes se dirigèrent vers une titanesque cité tendant ses flèches vers le ciel et jetant ses tentacules d'habitations sur un périmètre de plusieurs dizaines de kilomètres.
La cité aux reflets d'argent et de cuivre semblait brûler de mille feux à mesure que l'aube la touchait de ses doigts délicats, repoussant la fraicheur de la nuit et le léger brouillard qui restait accroché en bas, s'étalant comme une nappe laiteuse sur les reliefs courbés du paysage paradisiaque de Sparta.

Atteignant une des plus hautes spires de la cité ruche, les quatre navettes produisirent une élégante courbe avant de se poser gracieusement sur l'un des ponts raccordés à la longue tour haute de plusieurs centaines de mètres.

Dominant majestueusement le comité d'accueil rassemblé devant le pont, les navettes sifflantes et crachant de lourds nuages de vapeur firent descendre leurs rampes d'accès pareilles à des bouches béantes, et libérèrent chacune un groupe de guerriers.
Les colosses aux armures de céramite peintes d'un bleu marin et lardées d'éclairs rouges avancèrent pesamment vers le groupe d'individus les attendant, emmitouflés dans de lourds manteaux laineux en se protégeant le visage des bourrasques chaudes crachées par les navettes de transport.

Les guerriers géants étaient impressionnants à observer, une vision de perfection martiale et de vénérable existence se dégageant de chacun d'eux. Celui en tête était sans doute le plus grandiose, engoncé dans une armure du même bleu rehaussé d'une multitude de délicates dorures présentant des bas reliefs aux figures saintes et apaisantes, une poignée de parchemins fatigués virevoltant de toute part. Une lourde épée pendait à son côté et un magnifique bolter ouvragé martelait son autre flanc à chacun de ses pas.
Son casque, surmonté d'une crête lui courant du front jusqu'à l'arrière de la nuque et dont le panache noir flottait dans le vent matinal, était un masque mortuaire aux yeux flamboyants, un éclair doré lui partant des arcades sourcilières pour aller frapper les hauteurs de son visage de métal. A son cou pendait un lourd pendentif représentant une épée aux ailes déployées qui rebondissait dans un bruit clinquant sur son plastron majestueusement décoré, sur lequel était sculpté un aigle d'or jetant ses ailes royales de chaque côtés, ses deux têtes tournées dans un sens opposé, tenant des grappes de foudre dans chacune de ses serres.
Une lourde cape vermeille flottait en claquant tel un fouet dans son dos, ses bordures brillant d'entrelacs dorés et argentés.

Derrière l'être à l'allure seigneuriale, un autre guerrier avançait, tenant à deux mains un grand drapeau gonflé par le vent, tendant un motif délicatement tissé qui présentait la même représentation de foudre liée, ses éclairs frappant en bas de l'image de sordides ennemis aux visages haineux, les consumant dans un grand brasier. Accrochée sur la couronne de feuilles qui enserrait les arcs électriques, une large goutte d'un sang artériel auréolée d'une aura d'un blanc sablé.

Le géant de métal et de céramite s'arrêta devant le comité d'accueil et retira son casque à cimier dans un petit sifflement à mesure que les fermetures hermétiques se relâchaient et présenta à l'assistance un visage d'une grande beauté, creusé de fines rides et de cicatrices anciennes.
Son profil anguleux et carré, d'une peau blanche comme la neige, respirait la sagesse et la noblesse. Ses cheveux blonds coupés presque à ras reflétaient la lumière du soleil matinal, luisant tel une auréole dorée, faisant de ce visage martial un visage de saint guerrier, comme ceux dont on parle dans les légendes anciennes. Un ange protecteur qui traquait et abattait les perfides ennemis de l'Humanité.
Son regard d'un bleu mordant était fait d'un mélange de douceur et de dureté, d'amour et de colère.
Sa mâchoire carrée était cachée par une courte barbe aux mèches dorées, fine et délicatement taillée.
Sur le haut de son crâne, enserrant sa tête, une couronne de lauriers d'or blanc achevait de donner à ce visage martial une apparence divine.

Le Space Marine salua l'assistance en faisant le signe de l'aquila tout en courbant la tête légèrement, tandis que l'un des membres de l'assistance s'avançait avec un grand sourire lui illuminant le visage. C'était un petit homme courbé, à la longue barbe d'un blanc neigeux et aux longs cheveux tressés en une couronne aux mèches torsadées. Son grand âge le faisait paraître comme un vieux sage resplendissant d'une noblesse antique.
Il courba la tête, et son buste du mieux qu'il put, écartant ses bras maigrelets en une élégante révérence avant de se relever avec peine et d'afficher à nouveau son sourire jovial qui lui dessina de petites pommettes rosâtres.
« Maître Grivus, nous nous réjouissons de votre retour parmi nous! dit il d'une voix erraillée par l'âge. Votre victoire nous est déjà parvenue, et les célébrations n'attendaient que votre arrivée et celle de vos guerriers, que l'Empereur les bénisse tous.
-Merci à vous, Akiles Athenai. répondit le Maître de Chapitre Fredrich Grivus. Je vois que vous êtes toujours en grande forme, vénérable Ancien...
-Mon grand âge ne permet plus grand chose, monseigneur, mais la vie demeure d'une grande clémence à mon égard, il est vrai... » répondit en riant Athenai, le Grand Ancien de Sparta.

Un homme dans la force de l'âge s'avança à son tour et salua le Maître de Chapitre. Il était relativement grand et habillé d'un majestueux uniforme impérial, l'aigle bicéphale doré de Terra flamboyant sur sa cuirasse de fer. Son visage taillé à coups de serpe et encadré par une fine chevelure noire semblait d'une grande dureté, mais tous savaient ici que le Gouverneur Flavien Dekris était un homme d'une grande bonté et doué lui aussi d'une grande sagesse.
Originaire d'un système lointain du nom de Patria Secundus, le hors monde avait accédé au rang de Général dans la Garde Impériale après une glorieuse victoire contre les Orks dans le sous secteur Mythos, vingt années auparavant, à la tête du 13ème Patrien, alors presque entièrement décimé. Il s'installa sur Sparta peu de temps après la dissolution des reliquats de son régiment, et il se plaça au service du Gouverneur Otakis. Lorsque celui ci fut au seuil de la mort, il demanda à ce que son successeur soit ce « sage étranger qui aima notre monde comme le sien ».
Depuis, Dekris, devenu Gouverneur planétaire de Sparta et en charge du système d'Olympus, s'était montré à la hauteur de la tâche qui lui fut confiée, et devint un homme respecté et aimé par son peuple.

Fredrich Grivus l'accueillit avec un hochement de tête bienveillant et se frappa le plastron dans un antique geste de salut martial, ce qui ne fit qu'accentuer le sourire du Gouverneur qui répéta le geste.
« Monseigneur, c'est une grande joie de vous voir de retour et victorieux. commença le Gouverneur. Le Grand Adepte d'Itaquia vous adresse ses respects et félicitations pour votre triomphe, et le Gardien de Styx vous fait part de son impatience quant à votre retour à la Forteresse. Il est plus qu'heureux de vous apprendre que de nouvelles recrues satisfaisantes attendent votre arrivée pour se soumettre à votre commandement. Olympus tout entier célèbre en ce moment même votre victoire sur les viles forces du Chaos.
-Eh bien je suis heureux et satisfait de l'apprendre... répondit Grivus en hochant du chef, amusé par la façon dont Dekris avait décrit la réaction de Priam Agammon, le Gardien de Styx, planète du Chapitre, et Capitaine de la Garde d'Honneur. Il s'imaginait déjà son frère l'inonder de paroles reconnaissantes et congratulant le triomphe de son Chapitre. Puis il reprit: Où en est la levée de l'armée d'Olympus?
-Le recrutement s'est très bien déroulé, selon nos espérances, et trois régiments ont été constitués, prêts à rejoindre les rangs de la garde Praetor selon votre demande. Le Consul Justius nous a adressé ses remerciements et déclare que sa Garde possède à nouveau près de vingt régiments aux effectifs complets. L'Ordre a accueillit cette nouvelle avec beaucoup de satisfaction et a décrété que le double serait facilement atteint d'ici une ou deux années, tout au plus.
-Le Consul n'a pas à nous remercier de la sorte, c'est mon devoir de Protecteur d'Olympus. Leur Garde ne peut demeurer aussi faible laissant le sous secteur sans protection. acquiesça Grivus. Le Chaos les a laissé exsangues mais leur détermination est toujours aussi forte. Je suis confiant en la volonté du Consul pour continuer à défendre Mythos comme il le faut. »

De nombreuses personnes hochèrent la tête en silence, approuvant la décision qu'avait prise Grivus peu avant son départ pour le sous secteur Finalis, de recourir à un recrutement de masse dans son propre système pour combler les trous laissés dans les rangs Praetors après la récente incursion du Chaos, il y avait six ans de cela, lors de la Treizième Croisade Noire du Fléau, puisse son nom être mille fois maudit.

Grivus coupa court aux discussions, sentant ses interlocuteurs encore frissonner dans la fraicheur matinale renforcée par l'altitude élevée de la flèche principale de la cité ruche de Taygète.
Tous rentrèrent dans la vaste salle de réception de la loge gouvernementale où était déployé une vaste table de banquet, ployant sous le poids des nombreuses victuailles présentées, avec une foule encore plus dense, près d'une bonne cinquantaine de politiques, seigneurs de clans, officiers en tout genres, qui acclamèrent le retour de leur seigneur Astartes dans une grande ovation, leurs applaudissements enjoués roulant comme le tonnerre dans la grande salle de festivités.
Grivus leva une main apaisante pour rétablir un semblant de silence, les remerciant tous de leur loyauté et de leurs remerciements à son égard.
Puis tous s'employèrent à fêter comme il se devait cette nouvelle victoire en chantant, buvant et festoyant de plus belle, avides d'écouter les récits des combats glorieux qu'avaient vécu les guerriers Space Marines.

Alors que l'aube acheva de s'installer sur cette face de Sparta, les réjouissances commencèrent au sein de la flèche du gouvernement, tandis que dans chaque rue de la cité ruche la fête battait son plein, les habitants célébrant dans la joie et dans l'allégresse la nouvelle victoire de leurs protecteurs surhumains. Des notes de musiques entrainantes résonnèrent de partout et les acclamations que la foule en liesse scandaient résonnèrent dans toute la cité et dans ses alentours. Le vin coula à flot, les baratis, bétail local délicieux et gras, servis rôtis, parfumant chaque portion d'habitations d'un délicat parfum de prospérité.
Cela faisait déjà une semaine que la fête durait, et elle allait continuer durant bien un mois.

Sparta avait été un monde sauvage et rude, parsemé de tribus guerrières se disputant leurs maigres territoires dans une suite de guerres absurdes. Lorsque les Astartes avait investi le système pour s'y installer, il y a très longtemps de cela, chaque seigneur de clan avait déposé les armes et s'était plié à la volonté des Space Marines. Des générations durant, Sparta avait retrouvé le calme et avait érigé de hautes cités, calmes et prospères, tandis que les plaines autrefois marécageuses et maladives, s'étaient transformées peu à peu en riches champs de céréales et de fruits sucrés.
Quand Grivus, encore jeune Capitaine au sein de son Chapitre avait posé le pied sur le sol de Sparta pour la première fois, il avait trouvé un peuple accueillant et jovial, loin de leur passé de barbares guerroyant pour quelques centimètres de terre stérile.

Les majestueuses forêts de Sparta conservaient une faune et une flore riches et diversifiées, et les habitants les entretenaient avec un grand amour depuis des générations et des générations.
Lorsque la planète Héra succomba au Chaos et se dissémina en un champ d'astéroïdes, le gouvernement d'Olympus élu domicile sur cette planète calme et paradisiaque, demeurée dans un système féodal médiéval, ses grandes cités ruches élevées aux côtés d'une multitude de châteaux et de villages anciens.
Sparta était devenu depuis la planète capitale du système, réputée pour ses terres de grande beauté et ses habitants pieux et loyaux.

Grivus avait souvent songé que si son Chapitre n'avait pas bâti sa Forteresse sur Styx, une planète bien plus riche et moderne, il aurait lui même préféré s'installer ici pour faire vivre ses Sky Slaughters..


Dernière édition par Turielo le Sam 8 Juin 2013 - 14:26, édité 5 fois


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Message par Ackie Mar 24 Jan 2012 - 23:11

Comme je te l'ai dit en mp, je lirais quand je pourrais imprimer.
Si non, j'ai renommé ton titre pour garder la cohérence avec les autres Wink


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Message par Logan Grimnar Mar 24 Jan 2012 - 23:16

Bon début !
T'a vraiment de l'inspiration à revendre pour enchainé les romans.
En tout cas ca pose bien les bases. okay
N'empêche qu’au niveau connotation, (avant avec le système d'Anubis, on avait quelques indices) là c'est aussi clairement établie. Very Happy


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Message par Administration Mer 25 Jan 2012 - 4:10

Et bien ! L'ami Turielo est très inspiré, tu vas bientôt pouvoir envoyé des manuscrits complets à la Black Library. Shocked okay
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Message par Turielo Ven 27 Jan 2012 - 21:04

Travail de réécriture commencé, il devrait pas mal avancer durant la semaine qui vient (si je ne succombe pas trop aux charmes de Skyrim).
En attendant...

badaboum! la suite!

***

HECTOR FIRAS mordit à pleines dents dans son morceau de baratis dégoulinant de graisse sucrée et se lécha le bout des doigts huilés en poussant un grognement de plaisir. En face de lui était assis Hulter Jancius, qui picorait du bout des doigts son bol de figues, observant le groupe de danseuses qui se trémoussaient avec grâce en suivant le rythme soufflé par quelques flûtes de bois.
Les deux soldats étaient debout depuis bientôt toute une journée, et pourtant la fatigue ne semblait pas les éprouver, tant ils étaient heureux de participer à ces réjouissances, pour boire et manger à la gloire et à la santé des Space Marines de Maître Grivus.
Leurs uniformes neufs de la Garde Praetor leur conférait une certaine noblesse, et à plusieurs reprises ils avaient été acclamés par des habitants de la cité, qui voyait dans leur départ un immense honneur qui leur était accordé.
Hector fit sauter un petit morceau de viande parfumée qui était venu se coller sur son plastron d'acier dont les courbes imitant une forte musculature le faisait paraître plus fort qu'il ne l'était vraiment. Il prit sa serviette de table et essuya avec amour la figure de lion dorée qui était fixée au niveau de son sternum, juste à la base de son cou, et remis en place les lanières de cuir clouté qui lui pendouillait des épaulières chromées, caressant ses bras nus et musculeux, les avant bras engoncés dans d'épaisses plaques de fer gravées de motifs de batailles épiques.
Il étendit ses jambes sur le côté de la table, pour se mettre à l'aise, le ventre plein, essuyant d'un revers de main les plaques de métal qui descendaient comme une courte jupe en bandes cliquetantes sur son treillis renforcé rouge sang. Il croisa les pieds et examina furtivement ses bottes plaquées pour s'assurer de leur bel éclat cuivré.

Hulter écarta son bol de fruit désormais vide, qui glissa jusqu'à buter sur le casque du Garde, posé sur la table. Un beau casque argenté, arborant un court cimier rouge en brosse, la zone frontale renforcé par une plaque de métal chromé arborant l'aigle impérial à deux têtes, ciselé dans un alliage plaqué or, et l'arrière descendant sur la nuque en suivant sa forme courbée. Deux plaques de fer aux délicates courbures battaient de chaque côté du casque, pouvant être fermées par une jugulaire de cuir brun, cachant ainsi presque tout le visage.
Des rivets sombres indiquaient les endroits où pouvait être accrochée la visière, un masque au visage angélique, la bouche ouverte de laquelle pouvaient partir deux tuyaux respirateurs qui iraient rejoindre le pack dorsal d'assainissement, et ses orbites juvéniles constitués par des lentilles couleur rubis qui pouvaient s'adapter à presque toutes les situation oculaires difficiles.

Hector observa d'un air amusé son compagnon plongé dans une contemplation discrète des belles danseuses. Le visage d'Hulter était assez large, dénotant un léger sur-poids, des joues rondes et roses encadrant un petit nez écrasé, deux yeux rieurs et tristes brillants sous des sourcils bruns broussailleux. Sa bouche d'ogre était toutefois assez petite, et trompeuse quant à son appétit, charnue et encadrée de fossettes joviales. Sa chevelure brune était coupée au bol, lui donnant plus une allure de moine que de soldat.
Hulter était un être joyeux mais au naturel renfermé, constamment rabaissé par ses camarades moqueurs qui lui attribuaient des surnoms porcins à cause de son allure rondouillarde et disgracieuse. Mais Hulter du haut de ses vingts ans était pourtant un jeune homme doué et aux bons réflexes, même si souvent sa timidité et les quolibets lancés par ses compagnons l'empêchait de faire valoir sa combativité pourtant excellente.

Et c'était cette même timidité qui l'empêchait là d'aller voir les danseuses d'un peu plus près pour les inviter à danser avec lui.

Hector avait grandi à ses côtés dans les quartiers est de Taygète, et pouvait se qualifier comme étant probablement son seul ami.
Lui était grand et fin, son corps peu musclé mais admirablement sculpté. Son visage d'ange était fin et proportionnel, avec un nez aquilin surmontant une bouche fine et avenante. Ses yeux grands et verts étaient couronnés de sourcils noirs et fins, lui donnant cet air robuste et fier, de joyeux drille, brave et combatif. Ses cheveux noirs étaient taillés courts et aplatis, de petites boucles se formant sur son large front.
Il avait cet allure noble de jeune prodige sportif et charmeur, et ses vingt trois ans commençaient à le marquer comme un véritable jeune adulte, sage et fier.

Mais au fond de lui, Hector savait qu'il n'était pas aussi bon que son vieux compagnon d'infortune assis en face de lui. Hulter était un véritable tireur d'élite et, malgré son ventre bedonnant, un escrimeur d'une grande vivacité. Hector, lui, n'avait jamais supporté les armes, et quand il avait fini par s'y accoutumer à l'Académie, il s'avérait qu'il était un bien mauvais soldat...
Mais chaque fois qu'il désespérait, Hulter était là pour l'encourager, lui apprendre comment se battre, comment perfectionner ses techniques, comment respirer avant de tirer ou comment faire voltiger son épée pour désarmer son ennemi...
En retour, Hector apprenait à son ami les raffinements de son art propre, celui dans lequel il excellait, la poésie. Depuis son plus jeune âge, il avait aimé la poésie et le théâtre, et avait suivi avec un intérêt fiévreux les représentations dans l'amphithéâtre de la cité, s'imaginant un jour sur scène à déclamer des vers sublimes et à tenir des rôles grandioses. D'ailleurs il rêvait sans arrêt de pouvoir un jour jouer le rôle dramatique du Primarque Lion El'Johnson, le Fils de l'Empereur meurtri par la révolte de ses enfants, et de son ami et mentor Luther le traître... Ces légendes, celles de la cruelle histoire de Caliban, Hector en raffolait depuis toujours...

Il rit à ces souvenirs en se resservant un verre de vin, et Hulter le regarda, intrigué:
« Qu'est ce qui te fait rire encore? Qu'ai-je fais? demanda-t-il, d'un ton acide.
-Oh mais rien, mon ami, c'est de moi que je riais! le rassura Hector en buvant une lampée du délicieux nectar. Je repensais à mes rêves, et à mes projets... Il est bien loin le temps où je récitais des vers du grandiose Ignace Karkasy! Ou lorsque j'apprenais les monologues compliqués de la superbe Jania Iladris...
-Ou quand tu te ridiculisais en imitant le Lion de Caliban! » pouffa Hulter en se détendant.

Hector rit à nouveau à la moquerie de son camarade, et repensa lui même à ses essais de performance devant un parterre de badauds secoués de rires ou lui hurlant de cesser de caricaturer ainsi un Fils de l'Empereur aimé de tous. C'est vrai que sa façon d'incarner le Primarque disparu était bien plus que ridicule, le dramatique outrageusement poussé dans sa performance.
Il se remémora pendant quelques secondes toutes ces fois où lui et Hulter avaient dressé un petit théâtre de fortune dans les rues de Taygète dans l'espoir de gagner un peu d'argent de poche, et peut être aller s'acheter des places pour le théâtre, le vrai, pour aller voir des acteurs, des vrais, jouer sur les larges planches odorantes dans une atmosphère féerique.

Et les voilà, aujourd'hui, tout deux attablés à une terrasse d'une petite taverne des quartiers de l'astroport de Taygète, sous une arche de terre cuite aux tuiles ocres, à regarder le peuple en liesse, à sourire aux regards respectueux des passants saluant les deux soldats fraichement recrutés, à profiter une dernière fois des rôtis de baratis et du vin produit par la cité, renommé dans tout Olympus. Les voici à présent à se remémorer en riant leurs frasques de gamins et les souvenirs de leur vie d'enfants et de jeunes adolescents s'ennuyant sur les bancs prisés de l'Académie, pour se précipiter après les cours, voir une des parades de la Phalange Spartiate, les militaires gardant la planète de toute incursion, s'imaginant à l'époque être à la place de ces soldats...

Hector poussa un soupir nostalgique en faisant tournoyer son vin dans le verre de grès, suivant ses courbes des yeux, rêveur.

« Tu crois qu'on reviendra un jour? demanda-t-il à Hulter qui riait toujours en se resservant un bol de figues.
-J'sais pas... répondit son ami, en mâchonnant bruyamment les fruits délicats. Ils disent qu'une fois parti, c'est rare qu'un Garde revoit un jour son foyer... Ou même n'en trouve un pour lui, sur une lointaine planète où il s'installera après avoir survécu à son service...Si il survit...
-Sparta va me manquer, je pense... songea Hector en buvant une deuxième gorgée avant de répondre d'un signe de main à une jeune fille lui adressant un sourire radieux et charmeur.
-Ah ouais? Quoi au juste? demanda Hulter en soufflant bruyamment pour se moquer de la popularité de son compagnon auprès des jeunes filles. Qu'est ce qui va te manquer? Les saisons des champs où on se crève le dos à ramasser le blé? L'Académie où on doit supporter les railleries des autres? Les jours de marché où on doit crapahuter d'un quartier à l'autre pour...
-Un peu tout je pense... l'interrompit doucement Hector. C'est comme... C'est comme si je me séparait de ma mère... A nouveau... »

Hulter ne répondit pas, gardant le silence en se remémorant le visage de la mère d'Hector, décédée depuis quelques années déjà. Une femme belle et intelligente, travaillant dans l'une des chapelles de l'Ecclesiarchie, dévote et sincère, sans pour autant toucher au fanatisme, toujours d'une grande joie et d'un amour illimité pour son fils unique. Sa mort avait laissé une profonde cicatrice dans l'esprit du jeune homme, qui avait dès lors cessé d'être un enfant pour plonger brutalement et prématurément dans l'âge adulte. C'était suite à ce douloureux trépas qu'Hector avait rejoint l'Académie, rejoint très vite par son meilleur ami, le suivant dans ses décisions, encore aujourd'hui, fidèle et protecteur, comme le jeune frère qu'il n'avait jamais eu.

A présent, Hector avait lui aussi plongé son regard dans le ballet délicat des danseuses de Taygète, revoyant là un instant dans l'image des jeunes filles celle de sa défunte mère, qui dirigeait l'une des petites écoles de danse de son quartier pour animer les fêtes religieuse de gaieté et de fraîcheur.

Hulter n'avait jamais connu ses propres parents, et avait toujours considéré la famille d'Hector comme la sienne. Et à de nombreuses reprises il lui avait été prouvé que ce sentiment était réciproque et il avait été aimé comme un des fils de la famille.
Le seul point commun que partageaient les deux jeunes hommes était le père d'Hector qu'aucun d'eux n'avait connu, un homme décrit comme profondément bon et généreux, devenu Garde Impérial peu avant la naissance de son fils, et qui était parti aux côtés des Sky Slaughters pour une glorieuse croisade dont il ne revint jamais...
L'absence de figure paternelle avait forcé les deux jeunes Spartiates à grandir par eux mêmes et à aider leur mère dans ses tâches quotidiennes comme l'aurait fait son mari disparu.

Hulter baissa les yeux à ces pensées, nostalgique et triste à la fois. Celui qui était devenu son frère était également devenu un orphelin de Taygète comme lui. A présent, ils allaient quitter leur demeure, probablement pour toujours, mais au fond – songeait Hulter – qu'avaient-ils vraiment à perdre? Leurs souvenirs enfantins demeureraient toujours ancrés dans leur mémoire, et leurs possessions étaient assez maigres pour qu'ils puissent les emporter avec eux pour le restant de leur vie.
Le garçon rondouillard proposa un peu de son bol de figues à son ami et frère qui accepta avec un pâle sourire, toujours perdu dans ses songes. Hulter lui rendit son sourire par un plus radieux avant de briser à nouveau le silence:
« Du moment que nous ne sommes pas séparés l'un de l'autre, alors ça me va... » dit-il en replaçant son regard vers les danseuses.

Hector hocha la tête, son visage semblant reprendre de la vigueur à l'entente de ces belles paroles.
Parmi les danseuses, une jeune fille qui ne devait pas avoir plus de dix neufs ans jeta un regard pénétrant à Hulter qui ne sembla pas réagir immédiatement, avant de rougir comme jamais il n'eût rougi lorsque la belle demoiselle lui adressa un sourire radieux en lui envoyant un baiser de la main.

Hector donna une bourrade dans le bras en chair de son camarade, en se moquant de lui:
« Oui cela me déplairait fortement de plus pouvoir entretenir notre rivalité galante, tu commences à être un adversaire doué! »

Les deux jeunes adultes rirent à pleins poumons, en trinquant à nouveau et en quémandant bruyamment un nouveau rôti de baratis à l'aubergiste qui les considéra avec un regard amusé, poings sur les hanches, en secouant la tête. Cela ferait le troisième plat que les deux garçons mangeraient.
Un bien bel exemple du bon vivre des habitants de Taygète, que le vieil homme espérait qu'ils conserve pour le transmettre plus tard aux sobres soldats de la Garde des Praetors...


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Message par Logan Grimnar Sam 28 Jan 2012 - 12:40

Le décor se plante. Smile
J'aime beaucoup ce passage.
Beau récit de la vie de deux gardes très attachants !
plusun et continu comme ca. bravo


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Message par Corax Sam 28 Jan 2012 - 14:15

Je vois que tu aimes beaucoup accompagner les Space Marines des Gardes Impériaux comme avec " Pour l'Empereur malgré lui ".

C'est assez sympa à lire. Very Happy


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Message par Turielo Sam 28 Jan 2012 - 21:24

En fait, "Pour l'Empereur malgré Lui" mets surtout en avant les SH, la GI n'ayant eu qu'un petit rôle tout comme les WS (mais je compte en mettre un peu plus dans la réécriture), et cela me paraissait tout à fait normal qu'une campagne de pacification soit menée par des SM et des GI.
Par contre ici c'est autres chose, les SM et les GI auront une réelle importance puisque tout deux, Sky Slaughters et Praetors sont des armées que j'ai le projet de faire en figs, et qu'ils ont une grosse importance dans le BG général de mes armées. Donc pour le coup, j'avais hésité à faire une nouvelle pour chacun des deux, et une autre idée a germé, qui justifie qu'il y ai là SM et GI réunis dans une seule et même nouvelle.

La suite:

***

LA PETITE COUR fraîche du Palais des Anciens résonnait de délicats chants d'oiseaux et du bruissement léger des feuilles dans le vent parfumé de la vallée de Taygète, le soleil perçant les branchages torsadés des arbres rouges par bandes dorées, apposant une lueur chatoyante sur l'herbe verte la faisant briller comme du verre.
L'envol d'un petit groupe d'échassier typiques de la région, d'un blanc immaculé, la pointe des plumes striée de noir, fit se tordre faiblement l'eau claire du petit bassin nourri par une belle fontaine de marbre représentant un ange ailé aux bras écartés dans un geste d'accueil chaleureux et au visage incroyablement paisible.
La journée était déjà bien avancée et l'astre royal qui gouvernait le système Olympus atteignait son zénith, laissant tomber une douce chaleur sur la cité.

Au loin, la fête continuait, faisant résonner la vieille ruche d'une multitude de chants enjoués et de notes effrénées de musique endiablée.
De riches odeurs roulaient dans toutes les rues, charriant ses effluves douçâtres de viande délicatement rôtie et de liqueurs ancestrales.

Le Capitaine Menelas Angelius était assis sur un banc paraissant minuscule sous l'assise du géant en armure, et goûtait un repos bien mérité, les yeux clos, tout ses sens tournés vers ce calme salvateur, embrassant la douce sérénité qui se dégageait du petit parc floral.

Ça et là, de petits groupes d'érudits encapuchonnés et de bureaucrates dans leurs bures marron se rendaient à leurs travaux respectifs, en silence, troublant seulement le silence bienfaiteur du léger raclement de leurs pas sereins.

Angelius laissa la lumière du soleil caresser son visage patricien d'ange blond, fin et juvénile, bien qu'il soit déjà âgé de plusieurs siècles, sentant les radiations de l'étoile bouillonnante lui détendre chaque parcelle de sa figure lisse, comme dessinée par un illustre artiste de l'ancien temps. De petites vagues d'une brise légère et rafraîchissante lui soulevait doucement ses longs cheveux d'or aux fines boucles et tressaillir sa courte barbe en pointe, au poil dru comme de la paille, ondulé comme la laine et dorée comme le blé.
Il ouvrit ses yeux d'un bleu océanique et parcourut une fois encore ce petit coin de paradis, s'empreignant de sa tranquillité, oubliant un instant sa qualité de combattant surhumain né et formé pour et par l'art de la guerre.

Il porta à ses lèvres fines une coupe argentée remplie d'un vin aux arômes boisés et robustes, et fit claquer sa langue aux papilles sur-développées, analysant avec délice chaque note fruitée, chaque pic d'acidité, chaque relent de fermentation, avant de laisser le nectar couler jusqu'au fond de son estomac, sentant une fraicheur râpeuse lui descendre le long de l'oesophage.

Le temps semblait s'être figé autour de lui et il se laissa à nouveau glisser dans ses songes, profitant d'un de ces rares moments où il s'autorisait à agir et à penser comme un simple être humain. L'esprit libre, rêveur, loin du fracas de la guerre et de l'horreur des massacres.

Cela faisait deux siècles qu'il foulait cet univers au service de l'Empereur, Père de l'Humanité, et il avait vu tant de merveilles lors de ses déplacements. Hélas tant de merveilles qu'il laissait trop souvent derrière lui à l'état de ruines cendreuses et consumées après une autre de ces batailles contre les ennemis de l'Imperium...

Depuis près d'un siècle il était devenu le fier Capitaine de la Première Compagnie des Sky Slaughters et à ce titre avait mené ses frères et parfois le Chapitre entier vers la gloire, terrassant démons et xenos, hérétiques et mutants, pour la survie et la pérennité de l'Imperium de l'Humanité.
Sa glorieuse Compagnie, composée des meilleurs guerriers de tout le Chapitre, s'était couverte d'honneur et était souvent citée dans les récits et les légendes des peuples d'Olympus et parfois de la Galaxie toute entière, et cela même bien avant qu'il n'en devint le Capitaine.
Il était connu comme étant l'un des Astartes du Chapitre qui avait le plus de temps sur Styx ou Sparta pour porter son savoir parmi la population, et était devenu peu à peu à leurs yeux autre chose qu'une machine à tuer. Il était rare qu'un Space Marine considère les "simples humains" comme ses égaux, gardant un fossé creusé entre ceux qu'ils considéraient comme de faibles mortels et eux, élus de l'Empereur et demi dieux plein de courroux.
Mais c'était chose courante au sein des Sky Slaughter de combler ce fossé en gardant des liens forts avec ceux sur qui ils veillaient depuis tant de temps, les regardant comme des frères et des soeurs, tous loyaux sujets de l'Empereur.
Le Capitaine savait que ses frères Sun Hawks oeuvraient de la même manière, bien que beaucoup moins ouverts à l'esprit d'un homme mortel, de même qu'il avait entendu pareilles observations en ce qui concernait les austères Salamanders qui aimaient à passer du temps parmi les mortels pour leur apprendre leurs arts. Par contre, les Repenters gardaient farouchement leurs distances, croisés au coeur forgé dans la bataille, guerriers constamment en quête de guerre à mener contre les ennemis de l'Imperium. Si ils aimaient leur peuple et veillaient paternellement dessus, rares étaient les mortels à pouvoir se targuer d'avoir un lien amical avec l'un d'entre eux, plus rares encore étaient ceux qui disaient là la vérité.

Angelius repensa un instant à leur tout dernier triomphe, sur Caprophis IV, une planète du sous secteur Finalis, tombée sous le marteau cruel de la guerre lorsque les dernières forces du Chaos qui avaient ébranlé le système d'Eris avaient tenté d'y trouver refuge, massacrant une population entière et érigeant de sinistres temples à leurs détestables divinités corrompues.

Les Sky Slaughters avaient connu l'horreur sur les champs pollués et désertiques de Nubia « la Belle » lors de la grande incursion, et étaient parvenus aux côtés de leurs frères de bataille et de leurs alliés à repousser les forces impies du Chaos. Ils avaient connu ensuite la sédition lorsqu'il avait fallu se dresser contre un Inquisiteur zélé, aveuglé par sa haine contre le Purgateur qui avait pourtant dirigé avec brio la croisade qui avait mis un terme aux exactions des forces de la déchéance, et avaient dû endurer d'infâmes procès par la suite pour se justifier de leurs actes.

Par la Grâce de l'Empereur, ils s'en étaient tirés, et aucun des deux belligérants n'avait été condamné. Une chance pour le Purgateur, une honte pour l'Inquisiteur Fou, comme il était à présent surnommé dans le sous secteur Finalis, à la suite de ses massacres fanatiques pour débusquer de prétendus hérétiques alors que tous avaient déjà été purgés comme il se devait.

Puis les Sky Slaughters, assombris par cet épisode douloureux s'étaient mis en quête des dernières forces du Chaos qu'ils avaient terrassées, et étaient donc parvenus jusqu'à cette petite planète minière jusqu'alors paisible qu'était Caprophis IV.

Des champs de ruines les avaient accueilli, et trois longs mois de combats enragés avaient été nécessaires pour achever d'abattre le juste châtiment réservé aux traîtres par le bras armé de Terra.
Les forces du Chaos avaient été écrasées, et les Sky Slaughters victorieux étaient enfin revenus chez eux, à Olympus, pour célébrer leur victoire sur le Grand Ennemi.

Un raclement de savates plus proche, auquel faisait écho le claquement régulier de l'embout d'une canne, le tira de ses songes, et le Space Marine tourna son paisible visage de guerrier vers le nouveau venu, un petit homme rabougri et parcheminé, vouté par les années, habillé d'une vieille bure crasseuse, visiblement trop grande pour lui.
Ses yeux ridés étaient creusés de cernes noires et profondes, qui renforçaient tout en même temps l'éclat émeraude de ses iris brillants. Son nez de rapace surmontait une très longue barbe effilochée et broussailleuse de laquelle dépassaient deux pommettes rieuses. Ses longs cheveux grisonnants et aussi fins que de la fibre optique étaient grossièrement ramassés à l'arrière de son crâne livide en un paquet de tresses emmêlées, cachant partiellement la coque de métal qui renfermait son cerveau, de fins câblages fatigués en dépassant comme des touffes supplémentaires de cheveux. De sa gorge squelettique et fripée comme celle d'un poulet malade brillait d'un éclat métallique froid son vocordeur venu remplacer ses cordes vocales depuis longtemps éteintes.
Le Marine se releva, dominant le vieillard de presque plus de deux fois sa taille et lui laissa aimablement sa place. L'ancêtre accepta l'offre avec un sourire seulement traduit par un haussement significatif de ses pommettes osseuses et striées de petits vaisseaux sanguins rosâtres et se hissa avec difficulté sur le banc de pierre, révélant un court instant son implant bionique venu remplacer l'une de ses jambes, qu'il s'empressa de dissimuler à nouveau sous un pan de sa robe griffée et tachée.

Angelius resta debout et salua celui qui avait pris sa place d'un hochement de tête respectueux:
« Ancien Grakkus... le nomma-t-il d'une voix claire et douce.
-Capitaine Angelius, merci à vous. lui répondit le vieux sage d'une voix métallique mais admirablement teintée d'humanité. Mon pauvre corps ne supporte plus tellement les contraintes quotidiennes... Comment vous portez vous, mon vieil ami?
-Aussi bien que me le permets ma condition de guerrier, vénérable. répondit Angelius en souriant, songeant que Grakkus n'avait somme toute que quelques décennies de moins que lui, du haut de ses deux cents trente années vécues.
-Vous n'êtes donc pas là haut à écouter les glorieux récits de votre victoire? demanda l'Ancien en balançant sa jambe organique comme un enfant fatigué.
-A quoi bon écouter ce que j'ai vécu au jour le jour? soupira Angelius. Je ne suis pas très coutumier de ces mondanités.
-Il est vrai... fit Grakkus en dodelinant de la tête, son corps frêle secoué d'un petit rire. Je vous ai toujours connu ici, au calme, dans notre modeste petit parc... C'est étrange à première vue de trouver un être forgé par et pour la guerre dans un endroit aussi paisible. Ça l'est moins lorsqu'on vous connaît... Dites moi mon ami, qu'est ce que vous aimez y trouver, dans ce petit coin de verdure?
-Mon humanité véritable, j'imagine... répondit Angelius en inspirant profondément l'air frais et parfumé, en jetant un regard circulaire pour observer son lieu favori de repos. Je ne connais que trop bien le fracas de la guerre et les paysages apocalyptiques qu'elle engendre. Parfois, j'imagine que j'ai juste peur de totalement perdre mon bon sens en oubliant des endroits comme celui ci... »

Grakkus se balança d'avant en arrière en émettant un nouveau petit rire malicieux, et goûta lui aussi à la fraicheur revigorante de l'endroit.
Il tourna l'éclat de ses prunelles vers l'Astartes, plissant les yeux à cause de la lumière, ce qui lui creusa un peu plus les rides en lui donnant un air d'être éternellement riant.
« En viendriez vous à regretter votre condition, Capitaine Angelius?
-Non, par le Trône, pas du tout... Je me sens même honoré chaque jour de mon rôle de protecteur de l'Humanité et d'humble serviteur de notre Empereur bien aimé. Je suis juste un peu nostalgique j'imagine.
-Vous êtes né ici, n'est ce pas?
-Oui, c'est exact. J'ai grandi plus au nord, près de l'actuelle ville de Tarvanis. Mais je n'ai pas vraiment de souvenir de cette époque, le temps me les as presque tous arrachés. Je me souviens juste de mon père forgeron et de ma mère travaillant la terre. Je me souviens des grandes fêtes données en l'honneur de mes semblables lorsqu'ils venaient sur Sparta pour y trouver de nouvelles recrues. Et quelques anecdotes... Rien de plus... Mais je ne pourrais jamais oublier Sparta elle même. Je suis un fruit de cette planète et son souvenir restera à jamais partie intégrante de mon être. »

Les yeux de Grakkus se perdirent dans le vague, ses propres souvenirs de vieillard refaisant surface.
« Je me souviens lorsque vous avez été promu au grade de Capitaine, Ménélas. Vous avez tenu à ce que ça soit célébré ici même, sur votre monde natal, et non pas sur Styx, auprès des vôtres... Par Terra, que ce fut une belle fête...Vous vous rendîmes au tombeau de vos ancêtres pour les remercier de votre glorieuse carrière et de leur protection. Et vous avez accueilli trois nouveaux apprentis à vos côtés.
-Votre frère était de ceux là...
-Oui... Mon cher frère... Varias, que l'Empereur veille à jamais sur son âme.
-C'était un bon guerrier,et un frère inestimable. Sa perte fut très douloureuse pour nous tous.
-Vous savez Angelius que ça aurait dû être moi à sa place... Mais nos parents m'avaient déjà prédestiné à mon actuelle assignation, que le Trône d'Or bénisse leur clairvoyance. Varias avait été fou de joie lorsqu'il avait connu le succès lors des épreuves qu'il dût surmonter pour que vous le preniez avec vous. Peu avant son départ définitif de Sparta, il avait passé toute la nuit à forger son glaive. »

Angelius caressa inconsciemment le pommeau du sien. C'était une vielle tradition du Chapitre que la nuit avant son départ pour le restant de sa vie au sein de sa nouvelle famille, un apprenti devait forger son propre glaive, qui jamais plus ne le quitterai.
Le Capitaine avait le sien à ses côtés depuis près de trois cents ans, et si jamais il devait le perdre, la honte s'abattrait sur lui et toute sa famille.
A sa mort, un guerrier du Chapitre était incinéré avec son épée qui l'accompagnerai alors dans l'au delà pour lui permettre de pouvoir toujours se battre et défendre l'Empereur.

Grakkus poussa un long soupir avant de lorgner sur la carafe de vin aux arômes fruités dont Angelius s'abreuvait jusque là. Le capitaine se pencha pour en offrir une coupe généreusement remplie à l'Ancien qui y but avec un nouveau petit rire, se délectant du nectar acidulé.
Il reposa le calice après deux ou trois gorgées dont il profita de tout son être avant de recommencer à triturer sa canne de bois noueux, l'air pensif.
« Varias n'a jamais revu Sparta après son départ... J'imagine que son monde lui a souvent manqué.
-Il ne cessait pas d'en parler, toujours avec des paroles douces et élogieuses. Ses yeux brillaient fortement chaque fois qu'il en contait les merveilles. Vous aviez le même regard. Rieur et d'une incroyable sagacité.
-Allons, Capitaine Angelius, ne flattez pas le vieux fou que je suis. »

Un moment de silence tomba à nouveau, les deux natifs de Sparta plongés dans leurs souvenirs, leurs visages sereins caressés par la brise légère.
Grakkus brisa la tranquillité au bout de quelques minutes, hésitant.
« Comment est il mort? »

Angelius ne répondit pas immédiatement, embarrassé par la soudaine demande. Varius avait été un de ses guerriers au sein de la Première Compagnie, bien qu'il n'eut jamais été un Vétéran à part entière et il avait était l'un des plus appréciés, considéré par beaucoup comme un guerrier vénérable et méritant.
Le Capitaine répondit alors, sa voix calme et chaude comme un soir d'été:
« Lorsque j'ai mené la Première Compagnie sur les champs de mort de Nubia, les hordes de démons avaient déjà brisé les défenses de nos frères. Leur maître maudit était à leur tête, et beaucoup pensaient que son triomphe était garanti. Varius n'en faisait pas partie et avait juré sur le nom de ses ancêtres qu'il n'aurait de repos avant que le dernier démon ne soit tué.
-C'est tout à fait mon frère de blasphémer ainsi. Manquer ainsi de respect à nos ancêtres était monnaie courante chez lui, qu'ils puissent lui pardonner son insolence...gloussa l'Ancien.
-Le Purgateur, louée soit sa sagesse, décréta une contre offensive massive et nous nous engageâmes aux côtés des farouches Repenters, Seconde Compagnie, celle du Capitaine Atavius. Varius faisait partie des guerriers en première ligne, faisant hurler sa haine au travers de son bolter et terrassant l'ennemi dans de terribles moulinets de son fidèle glaive qu'il maniait à la perfection. A un moment, notre groupe d'assaut fut séparé en deux par une vague de créatures du Warp et nous dûment faire l'impossible pour retrouver nos frères. J'avais depuis un moment perdu de vue Varius, et après les combats de nombreux guerriers ont loué ses prouesses au combat, disant de lui qu'à aucun moment il ne recula, terrible qu'il était, clamant que par sa seule présence le sol qu'il foulait était redevenu un sol impérial et que les démons ne le souilleraient pas à nouveau.
-Héroïque et pieux. Mais je n'ose imaginer tout les jurons qui ont eux mêmes souillé sa bouche à ce moment là... fit Grakkus en riant.
-Lorsque nos deux groupes séparés se rejoignirent, Varius n'était pas parmi nous et lorsque je demanda où il était, la réponse terrible ne me fut donnée que par des mines graves et attristées. Remontant à l'assaut, nous passâmes par l'endroit où s'était tenu le groupe dans lequel s'était retrouvé votre frère, et j'ai entraperçu son corps gisant au milieu d'une montagne de cadavres d'ennemis pourrissant, leur irrémédiable corruption les consumant déjà. Le combat avait dû être formidable et Varius avait anéanti nombre d'adversaire avant de succomber. Il tenait encore son glaive dans ses mains mortes et son visage était éclairé des persistances d'une juste fureur, ses yeux absents de tout signe de vie irradiaient d'une sainte détermination. J'ai fait immédiatement emporter son corps brisé afin qu'il ne soit pas déshonoré par un quelconque ennemi. Il repose aujourd'hui dans la crypte de notre fière barge Spartacus, en attendant de rentrer sur Styx où il sera inhumé parmi ses frères dans le tombeau chapitral. Je m'assurerai moi même que son nom soit inscrit en lettres d'or dans le Grimoir des Luttes... »

Grakkus garda le silence, de petites larmes argentées perlant au bord de ses vieux yeux rieurs. Il renifla discrètement, ravalant sa tristesse, laissant ses larmes de douleur s'écouler en suivant les sillons de ses joues creuses. Les larmes suivantes étaient des larmes de joie, joie de savoir que son frère bien aimé avait été un si formidable combattant et que son trépas avait été si glorieux et exemplaire.

Il reprit son gobelet de fer blanc entre ses mains calleuses et tremblotantes et y but une longue gorgée, versant le reste du contenu au sol, imbibant la terre noire et riche en souvenir de son frère, comme le voulait une très ancienne tradition funéraire.

Il releva alors ses yeux humides et toujours riant vers Angelius:
« Vous voyez, Capitaine, vous faites un très bon conteur... Vous devriez vraiment remonter avec les autres pour leur faire profiter de vos talents! »

Angelius secoua la tête en riant, déclinant la suggestion, préférant encore goûter au calme du parc coloré du Palais des Anciens et converser avec son vieil ami, sachant que tôt ou tard, sa tumultueuse vie de guerrier au service de l'Empereur allait le rappeler en enfer...

Il s'adossa contre un arbre relativement âgé et aussi courbé que Grakkus, et les deux amis replongèrent à nouveau dans leur discussion, partageant de nombreuses histoires et d'antiques souvenirs, riant, buvant, profitant de cette belle journée ensoleillée et résonnant des joies de la grande fête qui faisait toujours vibrer les rues de Taygète.

Une cloche au son cristallin sonna, marquant le début de l'après midi, quelques ecclésiastes se précipitant pour assister au prières qui allaient être entamées.


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Message par Turielo Dim 29 Jan 2012 - 20:03

Suite!

***

THESEUS MORLIS rentra dans le bâtiment frais des baraquements 2B de la caserne de Taygète en s'essuyant le front d'un revers de bras. Il lissa sa courte tunique blanche taillé en une pièce et réajusta ses brassard de force en bronze avant de se diriger vers un petit bassin d'eau ondoyante. Il y plongea sa tête entièrement avant de la ressortir dans un grand bruissement liquide, répandant une large flaque à ses pieds, l'eau s'infiltrant lentement dans le dallage d'argile. Il se passa une éponge sur son cou, fermant ses yeux au regard profond et ténébreux, goûtant la fraicheur de l'eau qui lui coulait en petites traînées le long de son dos musclé et puissamment bâti, comme le reste de son corps.
L'adolescent se passa une main dans ses cheveux d'un noir de jais et aux nombreuses boucles, coupés très court avant de pousser un soupir de soulagement et alla s'asseoir sur sa paillasse, en retirant ses sandales brûlantes qui lui cuisaient les pieds.

Theseus ferma à nouveau les yeux, respirant profondément, à l'écoute des battements sourds de son coeur encore sous le coup du rude entraînement.
Alors qu'il se laissait plonger dans un état somnolent, il perçut vaguement les éclats lointains de la fête qui égayait toute la cité ruche, et souris en se mettant à imaginer tout les mets et breuvages qu'il aurait englouti s'il n'avait pas été là, dans cette caserne militaire poussiéreuse.
Mais il savait aussi que très peu étaient admis entre ces murs et considérait sa présence au sein des Apprentis comme un véritable honneur, une condition tellement plus grisante que le plus puissant des vins.

A quatorze années standard, Theseus avait achevé son premier cycle d'apprentissage et savait l'heure de son épreuve la plus importante jusque là approcher toujours plus. Les seigneurs des étoiles étaient de retour et il ne tarderait pas à devoir leur prouver ses capacités pour peut être espérer être accueillit parmi eux.
Tandis que tout le monde s'amusait dans les hauts niveaux, lui et ses camarades s'étaient entraînés durement sous le soleil de plomb, maniant les lourdes épées de pratique et courant plusieurs fois autour du stade poussiéreux afin de nourrir leurs muscles déjà imposants.

Loin de ressembler aux garçonnets de son âge, Theseus avait déjà atteint un bon mètre quatre vingt et son corps entier était déjà une arme redoutable, de même que son esprit était affuté comme la plus tranchante des lames de Sparta.
Depuis quatre ans il avait travaillé dur pour en arriver là, s'étant porté candidat sur un coup de tête et par jalousie pour son frère officier dans les Phalanges Spartiates. A de nombreuses reprises il avait failli abandonner devant la dureté de sa formation et la sévérité de ses maîtres, mais il avait fini par passer le cap et s'était fait à cette vie recluse et si particulière.

Il sentit sa respiration s'apaiser et rouler lentement, gonflant sa poitrine à un rythme régulier et calme. Son esprit divagua un peu plus, et enfin il trouva un semblant de repos, affalé sur sa couchette de paille et de tissu, oubliant la chaleur torride et la douleur lancinante qui lui chauffait tous ses muscles. Il s'enfonça alors dans un sommeil réconfortant et commença à rêver.

Ses yeux s'ouvrirent subitement, son corps entier se crispa en alerte et par réflexe, sa main se lança à la recherche de son épée qu'il n'avait plus à ses côtés, laissée dans l'armurerie de la caserne. Il leva un regard embué et rageur vers l'intrus dont les pas traînants l'avaient tiré de son début de songe. Un garçon de son âge, aux épaules carrées et à la musculature impressionnante se tenait au dessus de lui, un sourire en coin.

Priap Agames tendit une main massive vers son camarade somnolent et l'aida à se relever. Leur groupe était à nouveau appelé sur la place du fort, pour une nouvelle vague d'exercices.
Theseus soupira vivement, encore courbaturé par les efforts récents qu'il avait produit.
« Je viens à peine de m'endormir...grommela-t-il en se frottant ses yeux rougis.
-Tu plaisantes? Ça fait une heure que ronfle comme un foutu baratis! » se mit à rire son camarade.

Theseus gémit en entendant les paroles de son frère apprenti, réalisant à quel point la fatigue l'avait pris, au point qu'il eut dormi tant de temps sans s'en rendre compte.

Les deux adolescents partirent d'une démarche rapide vers le rassemblement de leur groupe d'entraînement, leur maître, un colosse tout en muscles, les attendant, poings sur les hanches, d'un air grave.
« Allez, bande de fainéants! Beugla-t-il à leur intention. ce n'est pas en trainaillant que vous serez admis sur Styx! Tours de stade! Une heure, et au pas de charge! Allez, c'est parti! Bougez, et plus vite que ça! »

Theseus suivit ses camarades, la tête basse, se concentrant sur sa respiration à nouveau pleinement requise, pour soutenir le rythme infernal de leur manoeuvre autour d'un stade dont le parcours en ellipse avoisinait les cinq cents mètres.
La poussière soulevée par les dizaines de pieds lui piqua le visage et le fit presque larmoyer, et l'astre solaire faisait de l'endroit découvert une véritable fournaise.
L'eau qu'il s'était jetée dans les cheveux, sur la nuque et le visage ne tarda pas à le chauffer horriblement, faisant cloquer ou peler sa peau pourtant burinée depuis longtemps, tel un cuir épais. Les coups de soleil sur Sparta ne pardonnaient pas...

Il inspirait et expirait son air à cadence régulière, se forçant à la concentration pour éviter le malais, tout en récitant des passages de litanies de guerre apprises par coeur.

Il tenta aussi en gardant ses yeux au sol d'éviter les quelques regards sombres que ses frères apprentis lui jetaient, car il savait pertinemment que le maître leur avait rajouté une grosse demi heure de course à cause de son retard...

Le large chron suspendu aux yeux de tous au dessus de l'arche d'entrée de l'agora indiquait que la fin de journée était proche, même si la chaleur était toujours aussi infernale. Un peu plus de trois heures et la nuit tomberait abruptement sur Taygète, amenant avec elle une fraîcheur plus que bienvenue...

Theseus acheva son premier tour de stade et compta une durée totale de moins d'une minute. Secouant la tête, sachant qu'il pouvait faire mieux, il poussa un peu plus sa vitesse, sans trop se précipiter et risquer des douleurs inutiles ou une fatigue trop rapide.
Il atteint sa vitesse naturelle au deuxième tour de stade et son sourire satisfait lui fit craqueler ses lèvres séchées, son regard aux lueurs d'onyx se faisant plus ferme et résolu. Il avait passé quatre années à s'entraîner, et il savait qu'il devait être le meilleur si il voulait avoir une chance d'accéder à un futur fait de gloire et d'honneurs.

Il acheva son troisième tour de stade et jeta un regard au chron. Plus que cinquante huit minutes de course à faire...


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Message par Logan Grimnar Dim 29 Jan 2012 - 22:24

Et bah. Il sont OGM les gamins ? Shocked rire2
Toujours aussi intéressant, j'aime les lents débuts qui posent bien les bases.


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Message par Turielo Dim 29 Jan 2012 - 23:41

Logan Grimnar a écrit:Toujours aussi intéressant, j'aime les lents débuts qui posent bien les bases.

Oui c'est exactement ce que je compte faire pour cette nouvelle, qui se développera beaucoup plus lentement avec des passages plus longs ou plus courts que d'autres. Si je suis allé assez vite avec ''Pour l'Empereur malgré Lui", je vais prendre mon temps avec celle ci et bien la fignoler.
Et oui, ça fait un peu OGM, mais c'est physiquement possible aujourd'hui déjà pour des garçons de cet âge de se développer autant physiquement parlant. Alors imaginons un peu ce qu'il serait possible de produire dans 40 millénaires, héhé!...C'est quand même sensé devenir (pour ceux qui l'auront compris) des guerriers surhumains! Wink


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Message par Turielo Mar 7 Fév 2012 - 15:47

Salut à tous! une petite semaine d'absence due à un travail intensif sur mon fest, puis à un week end quelque peu amnésique. c'est des choses qui arrivent. La relecture de "Pour l'Empereur malgré Lui", elle, avance bien.

La suite!

***

LES RUES ÉTAIENT TOUJOURS ENCOMBRÉES par la populace en liesse, alors même que se levait le sixième jour de fêtes. Beaucoup des fêtards avaient depuis longtemps reprit le travail aux usines et dans les champs, et Taygète retrouvait un semblant d'ordre, mais cela n'empêchait pas les habitants d'exprimer leur joie.
Très peu d'incidents avaient été à déplorer, les casernes de l'Arbites sur l'ensemble de Sparta ne rapportant que quelques interpellations d'ivrognes bagarreurs. Dans l'ensemble, le peuple de la planète féodale se comportaient avec respect et discipline, comme à leur habitude, se laissant aller à leur joie du triomphe de leurs maîtres sans outrepasser la loi ou oublier leurs obligations.
Le décret ayant autorisé les festivités stipulait que la journée devait être employée au labeur et à la prière tandis que le soir à compter du coucher du soleil et jusqu'à son lever le lendemain matin, serait le temps des amusements, des festins, des tournois, des concerts et des beuveries.
Et les habitants de Sparta respectaient scrupuleusement le décret. Si les trois premiers jours avaient été traditionnellement réservés entièrement pour la fête, dès le quatrième jour chaque homme, chaque femme et chaque enfant s'en était retourné à ses obligations.
Flavien Dekris pouvait difficilement être plus satisfait de la loyauté de la population placée sous sa surveillance.

Le Gouverneur était appuyé sur le rebord du balcon donnant sur son bureau, et qui offrait une superbe vue des niveaux supérieurs de Taygète. Les rues résonnaient encore des clameurs enjouées d'une cinquième nuit de fête, et déjà on pouvait observer le trafic reprendre tranquillement pour emmener les ouvriers vers les usines et les fermes gigantesques qui fournissaient la cité en nourriture, ou vers les baraquements imposants à l'est d'où sortaient quantités de chars d'assaut et autres armes de guerre.
Dekris tira une bouffée sur sa pipe en ivoire de baratis sculptée et lâcha un fin nuage de fumée bleuté qui alla se perdre dans la brise matinale et fraîche de Sparta. Il savoura encore quelques secondes le goût et l'odeur persistante du tabac de Sparta, cultivé dans le grand sud selon une antique tradition, puis fit claquer sa langue et se redressa. Il tapa sa pipe sur le rebord du balcon ouvragé, la récura, la rangea dans sa petite boîte de bois d'un noir d'obsidienne, puis se détourna de son perchoir pour aller retrouver les individus qui l'attendaient dans son bureau.

En entrant, il salua d'un geste bref de la tête le serviteur qui était venu le quérir à la demande des trois personnages qui se tenaient droits comme des piquets devant son bureau, et alla rejoindre son fauteuil face à eux en les invitant à s'asseoir d'un ample geste de la main.
Tandis que le serviteur sortit de la chambre en claudiquant, Dekris replaça l'étui de sa pipe sur le bureau massif et joignit ses mains, observant les nouveaux venus l'espace d'un instant, avant de briser le silence, de sa voix à la fois sèche et bourrue tout en restant incroyablement aimable.
-On m'a informé il y a exactement une heure que la totalité des régiments que nous avons levés étaient déjà sur le point de partir pour le front. Trois régiments tout frais, plus deux autres venant tout juste de terminer leur formation militaire. N'est ce pas un peu rapide, messieurs? demanda-t-il en hochant un sourcil réprobateur.
-Il n'est pas vraiment question de les envoyer au front, Gouverneur. rectifia un homme au visage d'aigle, ses yeux au regard glacial enfoncés sous d'épais sourcils noirs, surplombant un nez proéminent en crochu, acéré comme le bec d'un rapace. C'était l'un des colonels de la Garde Praetor affecté au recrutement de leurs futures unités, et il était réputé pour être aussi dur et tranchant que le fil de son glaive. Nos nouveaux effectifs seront dirigés vers Romae dans les plus brefs délais pour être incorporés avec le reste de nos unités, et ainsi devenir pleinement des membres de notre Garde. Appelons cela une dernière épreuve, nécessaire à leur formation, et vitale pour que nos rangs soient soudés.
-En ce qui concerne nos deux régiments prêts, je comprends, Colonel Tracius. Mais pas en ce qui concerne les trois que nous venons à peine de former... insista Dekris en ramenant ses mains jointes à hauteur de visage, et laissant reposer ses deux index sur son arête nasale.
-Notre magister militum pense au contraire que ces trois régiments sont pleinement opérationnels. intervint un autre homme vêtu du costume typique de Commissaire Impérial. Leur entraînement a été couronné de succès, et leurs progrès sont rapides. Ne vous en faites pas pour eux. Ils sont très compétents, il ne leur manque plus que le sens de la discipline stricte. Le magister militum pense que cela ne prendra pas trop de temps non plus.
-Oh, je suis sûr en effet que le Seigneur Commissaire Augustus saura se montrer convaincant! sourit Dekris. Bien, bien, j'entends ce que vous me dites, et vous êtes plutôt convaincants. Mais, pardonnez moi d'insister, pourquoi est ce que tout ceci doit se passer maintenant? Le Consul semblait pleinement satisfait des délais, et m'a assuré il y a quelques jours qu'il n'y avait pas d'urgence.
-Il y a toujours urgence, tant qu'il y a des ennemis de l'Empereur à combattre, Gouverneur. récita par réflexe le Commissaire, en hochant la tête.
-J'en suis conscient, Commissaire Atrius, mais ce n'est pas ce que je voulais dire, vous le savez. répliqua aimablement Dekris. Je veux dire, pourquoi maintenant? Pourquoi ce soudain empressement?
-Parce que bientôt, ils seront amenés à combattre. Plus tôt que nous ne l'aurions supposé. intervint une voix orageuse.

Dekris leva les yeux, et aperçu le colosse qui se tenait près du balcon, observant d'un air détaché les allers venues des citoyens de Taygète en contrebas. Dekris reconnut le Chapelain Honorius de la Première Compagnie, engoncé dans son armure noire et aux reliefs morbides, son visage caché derrière le faciès d'un crâne grimaçant de rage, sculpté sur son casque à cimier blanc. De ses épaulières à rivets descendait une lourde cape noire bordée de rouge brodé d'or, et à sa hanche pendait son Crozius, une arme formidable, symbole des Chapelains Astartes, surmonté d'un crâne hurlant entre deux ailes déployées en deux terribles lames tranchantes comme des rasoirs.
Honorius se tourna vers les quatre militaires, décroisant ses bras massifs en laissant apparaître un aquila impérial fait d'ossements dont Dekris se refusa instantanément à savoir si ils étaient réels ou synthétiques.

-Notre Chapitre va bientôt être amené à combattre. Les astropathes de Styx ont capté des messages provenant du système condamné de Caldris, et nos décodeurs sont formels. Notre vieil ennemi, le Big Boss Ork Gorzakk des Kranes Pointus est de retour, et tente de nouveau à s'implanter durablement dans le système.
-Mais il n'y a plus rien là bas! rétorqua le troisième invité de Dekris, un officier des Phalanges Spartiates en charge du recrutement. Ca fait des décennies que le système Caldris est déclaré Perdita...
-Apparemment, il ne l'est pas suffisamment pour les peaux vertes, Capitaine Hektor. Ce qui veut dire que nous devons immédiatement nous y rendre pour empêcher les orks d'y établir une nouvelle colonie.
-Pour quand estimez vous leur Waaagh!, Chapelain? demanda Dekris.
-Pas avant plusieurs mois, peut être même un an... Ce qui nous laisse le temps de nous préparer pour les repousser sans difficultés.
-D'où l'ordre de faire accélérer le recrutement et la formation. conclu Tracius à l'attention du Gouverneur.
-Je vois. Et en ce qui concerne les Apprentis? demanda ce dernier.
-Leur Rituel d'Acceptation sera avancé. fit Honorius. Il aura lieu en fin de semaine, et non pas dans un mois. Le temps joue déjà contre nous. Nous devons être prêts.
-Très bien. Je me charge d'en informer les officiers concernés. acquiesça Dekris.

Honorius hocha la tête, et s'apprêta à quitter la salle, lorsque la porte s'ouvrit pour laisser passer Fredrich Grivus, une flopée de serviteurs entourant le Maître de Chapitre qui leur adressa à tous un hochement de tête en guise de salutation. Honorius s'avança vers son Maître de Chapitre, intrigué par son expression, à la fois réjouie et préoccupée.
-Monseigneur... le salua-t-il, afin de lancer la discussion.
-Chapelain Honorius. Je viens de recevoir une communication que nous attendions depuis un certain temps. L'Ordre vient tout juste de m'apprendre qu'il est de retour.
-Grâce soit rendue au Trône, mon frère, c'est une heureuse nouvelle! s'exclama Honorius. Pour quand est prévu son arrivée? Vient-il ici?
-Non il rentre directement sur Obscurae, où il a fait quérir certains membres de l'Ordre. J'ai moi même été appelé à siéger au conseil, ce qui signifie que je dois vous quitter sur le champ. Je vous laisserai présider la cérémonie du choix de nos Apprentis avec le Capitaine Angelius, Chapelain. En outre, vous ne serez pas envoyés en Caldris. Vous irez sur Styx avec nos recrues, et laisserez la Première et Seconde Compagnie accompagner les troupes du Consul.
-Mais monseigneur, les Orks... s'offusqua Honorius, voyant là s'échapper de glorieux combats.
-Les Orks ne sont pas une menace immédiate pour le sous secteur, d'après ce que j'ai appris du Conseil Stratégique de l'Ordre. l'interrompit Grivus. Le système Caldris sera placé sur la surveillance des troupes choisies par le Consul, ainsi que d'un Drakkar Futhark déjà en route et fort de six régiments du Clan Baldr. De plus nos frères Repenters songent à y envoyer la Septième Compagnie, nous attendons leur confirmation à l'heure qu'il est. Je sais que vous comptiez mener bataille, Heriak, mais vous nous serez d'autant plus utile en formant nos nouveaux frères, leur faisant bénéficier de votre inestimable savoir et de votre expérience de vétéran.
-Il en sera fait selon votre parole, frère. abdiqua Honorius en s'inclinant, tentant de cacher sa frustration.
-Messieurs, je vous laisse à vos préparatifs, je dois m'en aller sur l'heure pour Obscurae. L'Empereur vous garde. salua Grivus avant de partir, non sans un dernier regard vers Honorius, un simple regard au Chapelain ayant suffi pour lui signifier tout la confiance qu'il plaçait en lui.

Honorius se redressa après la sorite de son Maître de Chapitre, puis salua sèchement Dekris et les officiers de la Garde avant de s'en aller à son tour.
Son devoir serait différent de ce qu'il espérait, mais il l'accomplirait avec autant de zèle...


Dernière édition par Turielo le Mer 15 Fév 2012 - 13:05, édité 2 fois


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Message par Logan Grimnar Mar 7 Fév 2012 - 17:49

Ca me paraissait bizarre aussi que tu laisse s'écouler 1 an avant un peu de fight. rire1
En tout cas les descriptions sont excellentes ! Wink


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Message par Corax Mer 8 Fév 2012 - 13:46

Ah Ah les choses sérieuses vont commencer Very Happy


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Message par Turielo Mer 8 Fév 2012 - 14:41

Ouais en fait au début je comptais aller plus lentement, j'ai été pris de vitesse lorsque j'ai posté, et j'ai un peu conclu sans réfléchir. Du coup, légère modification à la fin du précédent post (dernier paragraphe te conclusion), histoire de calmer un peu l'atmosphère, nous avons le temps tout de même! Smile

Ouais je sais pas ce que je veux...enfin si, mais je vais trop vite! vieille habitude!

La suite:

***

LA CASERNE RÉSONNAIT du bruit caractéristique de centaines de bottes ferrées martelant le sol en cadence, alors que les différentes compagnies du régiment se rassemblaient. Tous les soldats étaient en rang géométriquement parfaits, figés dans un garde à vous rigide, en silence.
Depuis la petite estrade qui s'élevait devant les soldats se rassemblant, le nouvel état major du régiment fraichement constitué observait les rangs se mettre en place, les bannières se dérouler, les véhicules prendre place et les militaires se tenir droit, calmes et disciplinés.
Des nuées de servo crânes virevoltaient dans les airs, couvrant les centaines de mètres de longueur du parc de la caserne, comptant les unités, rendant état de chaque mouvement. Certains attendaient sur les côtés en flottant dans un léger vrombissement, leur mâchoire inférieur sacrifiée au profit d'amplificateurs sonores.

Se tenant debout et droit, sec comme une trique, et à l'allure sévère, Severus Tracius laissait se balader son regard de rapace de formation en formation, observant attentivement ces milliers d'hommes et de femmes qui allaient être à ses ordres. A ses côtés, le Commissaire Atrius validait quelques rapports de dernière minute, ou donnait de nouvelles directives aux officiers nouvellement sous ses ordres.
Le Colonel Tracius, vétéran de la Garde Praetor se remémora la courte entrevue avec le Gouverneur Dekris, et se laissa à penser que décidément il était demeuré étranger au système dont il avait la charge, tant par la pensée que par le physique. Devant le Colonel Praetor se tenaient des individus fortement charpentés et à la peau cuivrée, le regard ferme et sans peur.
Tracius ne pouvait s'empêcher de les comparer au Gouverneur mince et pâle, même si celui ci avait acquis la même dureté féroce dans son regard. Il était vu par les natifs d'Olympus comme un des leurs, mais aux yeux de Tracius, il demeurait un hors monde qui aurait dû rester à sa place.
Non pas que le Colonel nourrisse un quelconque mépris envers Dekris, mais il était dans la mentalité des natifs de Romae de considérer chacun à la place où il devait être. Un étranger était souvent mis à l'écart, et rarement les Praetors se permettaient de les considérer comme des frères, les plus extrêmes d'entre eux allant même jusqu'à leur attribuer un rang inférieur à eux mêmes.
Tracius avait toujours eu ce ressentiment envers ceux qu'il considéraient comme n'étant pas à leur place, même si il leur témoignait également d'un profond respect.
Mais aujourd'hui, ce ressentiment se faisait amer. Aujourd'hui, à la tête de ce régiment de natifs de Sparta, c'était lui l'étranger...

Il se détourna un moment du rassemblement de ses nouveaux soldats pour se pencher sur le rapport que lui tendait un jeune homme en uniforme neuf de son régiment. Le régiment du Colonel Tracius. Le 88ème Praetor.
Tracius consulta la plaque de données avant de la jeter sur une pile d'autres sur la table à côté de laquelle se tenait Atrius. Le Commissaire leva un sourcil en lui jetant un regard interrogateur, auquel Tracius répondit par une secousse nerveuse de la tête, signe chez lui d'un malaise grandissant.
-Le régiment est entièrement rassemblé. La dernière compagnie est en train de se mettre en place. expliqua-t-il au Commissaire. Les hommes... Nos hommes, sont en attente.
-Nerveux, Colonel? le questionna Atrius, d'un ton cinglant mais dans lequel seul le Colonel Praetor pouvait déceler la pointe de taquinerie amicale.
-Vous me connaissez, Sergus, je n'aime pas avoir devant moi autant de visages auxquels je ne dois pas m'attacher. La guerre est une amante jalouse et capricieuse...
-Vous vous y ferez. C'est votre premier régiment après tout. lui rappela négligemment Atrius en revenant à la la lecture du rapport qu'il consultait.
-Oui, mon premier... soupira Tracius en se frottant nerveusement les yeux. Cette promotion est arrivée trop vite. Ma compagnie me manque... Il y avait moins d'hommes.
-Vous méritiez cette promotion, Severus. La défense d'Hera contre les armées du Fléau fut votre jour de gloire, même si ça vous a coûté tous vos hommes...ou presque... Toujours est il que vous voilà Colonel et en charge de tout un régiment, de... combien déjà?
-Deux mille cinq cents soldats et cent trente blindés, sans compter l'état major et le personnel d'entretien... énonça Tracius dans un long soupir d'appréhension. Pas la peine de me le rappeler, Commissaire, je le sais déjà. Quant à Hera, je considère comme beaucoup cette "victoire" comme une défaite cuisante. Le simple fait de penser aux champs de débris qui remplace cette planète et au nombre de personnes qui ont péri dans sa destruction suffit à me persuader que nous avons vécu là une humiliation. Je suis un héros vivant alors que des milliers d'autres aux faits bien plus glorieux que les miens sont morts.
-Mais vous êtes vivant. Pas eux. Ça devrait amplement vous suffire comme justification. fit sèchement Atrius sans accorder un regard aux officiers de l'état major qui écoutaient l'échange avec autant de discrétion qu'un groupe d'Orks dans une usine à grots. Souvenez vous d'Hera comme d'une raison pour laquelle vous vous battez, non pas comme d'une planète et d'un peuple martyrs.

Le Colonel ne répondit pas, se contentant de hocher la tête nerveusement avant de river à nouveau son regard sur les rangs de ses deux mille cinq cents nouveaux soldats. Il réprima un frisson et se concentra un court instant pour faire refluer ses pensées négatives. Lorsqu'il eu poussé un long soupir et rouvert les yeux, il avait retrouvé toute l'allure impartiale et sévère qui avait fait sa réputation.
Ce régiment était le sien, et il allait le commander avec brio, selon ce qu'on attendait de lui, et pour la gloire éternelle de l'Imperium.

Il fit un pas en avant et adressa un hochement sec de la tête au magos en contrebas, qui s'empressa d'entonner ses prières pour animer l'esprit de la machine qui allait permettre à Tracius de s'adresser à l'ensemble de ses guerriers.
Sa voix claqua aussi brutalement qu'un coup de tonnerre et aussi sèche qu'un vent désertique. Tout son être irradiait à présent d'une assurance inébranlable et d'une loyauté sans failles, le devoir dans son coeur et la foi sur ses lèvres, ses armes devenant l'avatar même de la justice et de la toute puissance impériale. S'il n'avait pas été humain, il serait alors apparu comme un géant brandissant la foudre à la face de ses ennemis.
Un frisson de fierté de d'honneur parcouru instantanément l'ensemble du régiment, et ses effectifs se tinrent d'autant plus droits, bombant le torse pour mettre en avant avec orgueil la figure du lion Praetor tenant dans sa gueule le chiffre 88, un majestueux aquila déployant ses ailes dorées en arrière de cette tête féline et royale.

-Hommes et femmes de l'Imperium! tonna la vois de Tracius, retransmise par les servo crânes amplifiés qui virevoltaient à leur tour dans les airs. Fils et filles de l'Empereur! Soldats et défenseurs de l'Humanité! Dressez vous fièrement car aujourd'hui vous devenez le rempart inébranlable qui se dresse entre ceux que vous chérissez et les horreurs qui les convoitent à l'extérieur de notre glorieux empire. Quittez toute peur, abandonnez toute vilenie, oubliez toute faiblesse! Vous êtes désormais des Gardes Impériaux et vous vous battrez en Son Nom et pour Son Règne contre l'abject, le xenos et l'hérétique! Vos armes auront pour noms Honneur, Vérité, Fidélité et Force! Vous êtes le bras armé de l'Imperium et vous ne connaîtrez aucune faiblesse! Aucune peur!

Il laissa un instant le silence retomber, dardant les rangs de soldats d'un regard brûlant de fierté martiale. Puis, levant un doigt accusateur vers le ciel, reprit son discours:
-Vous, Gardes portant l'honorable emblème des Praetors, vous, soldats du Consul de Romae, qui vous parle et vous commande au Nom de l'Empereur, vous, qui me suivrez jusqu'en enfer si il le faut! Sachez que l'ennemi est à nos portes! L'Ork putride est à nouveau en marche vers nos foyers, avides de massacres et de pillages. Ces êtres dégénérés comptent s'installer dans le défunt système de Caldris afin d'y fonder leurs ignobles colonies avant de venir égorger nos proches et brûler nos mondes! Les laisserez vous faire, soldats de l'Empereur?

Une immense clameur palpitant de haine et de colère s'éleva des rangs du régiments, chaque Garde répondant à l'infâme défi des peaux vertes, jurant dans un seul cri de les exterminer jusqu'au dernier.

-Les laisserez vous ne serait-ce que poser le pied sur l'un des mondes du système qu'ils ont jadis anéanti?

A nouveau, la clameur s'éleva, plus forte, plus brutale. Du coin de l'oeil, sans quitter sa posture droite et rigide de Commissaire, Atrius apprécia la démonstration de foi de son Colonel.

-Alors préparez vous, soldats! Apprêtez vos armes et embrasez vos coeurs d'une juste colère, car nous partons sur l'heure pour le système martyr de Caldris pour y repousser le Xenos puant qui ose venir le profaner à nouveau! Debout Garde Impériale, Debout Praetors, au Nom de l'Empereur, de Terra et du Consul! Voluntas ad victoriam!!

La clameur se fit alors tonitruante, la caserne ébranlée par les cris de guerre répétés, les cris de joie et de défi.
Tracius regarda son régiment animé du désir ardent de la bataille, avide d'abattre la juste fureur impériale sur les peaux vertes.
Atrius vint se placer à ses côtés, mains derrière le dos, le visage impénétrable, malgré son mince sourire en coin.
-Beau discours, Colonel Tracius. complimenta-t-il son camarade de Romae. Cela m'a rappelé celui de votre défunt prédécesseur avant la campagne de Jartaris.
-Il se pourrait que je lui ait emprunté un ou deux traits d'esprit... plaisanta Tracius en souriant.
-J'ai personnellement trouvé audacieux d'employer également la devise de l'Adeptus Astartes en les enjoignant d'ignorer la peur... continua Atrius, son sourire s'élargissant.
-Que voulez vous, Sergus, il n'ont pas le monopole de la chose à ce que je sache... Et puis je préfère les envoyer au combat sûrs d'eux. La peur arrivera bien assez vite une fois là bas.

Le Commissaire hocha la tête, approuvant l'anticipation du Colonel, avant de se laisser aller lui aussi à apprécier le spectacle de tout un régiment exprimant sa joie et son impatience de partir au combat.
Mais contrairement à Tracius quelques instants plus tôt, il ne fut pas atteint par la perspective que nombre d'entre eux allaient mourir très prochainement. Il ne voyait là qu'une arme à utiliser contre un ennemi éternel. Il ne voyait pas des héros ou des martyrs, seulement un moyen parmi tant d'autres de mener une guerre à bien. La victoire seule comptait pour le vieux Commissaire. Peut importait le prix payé...


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Message par Logan Grimnar Mer 8 Fév 2012 - 15:09

Très beau discoure. ouch
En attente de suite. Wink



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Message par Corax Mer 8 Fév 2012 - 15:20

Sympa comme partie, on voit vraiment la différence entre un Colonel commandant un Régiment et un Commissaire.


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Message par Turielo Ven 10 Fév 2012 - 15:47

Merci les gars! Wink
Bon j'en ch** un peu en ce moment de trouver du temps libre pour la relecture de "PEML" (la flemme de mettre tout le titre, héhé) et pour mon travail sur le CDA... snif! ces horaires de boucherie sont vraiment éreintants.
Mais bon le week end arrive, je devrai avoir plus de temps!

La suite donc:

***

LE GRAND HALL de la caserne principale trônant majestueusement au milieu du complexe des Apprentis était bondée, l'ensemble du personnel rassemblé en toute hâte sur ordre du Disdaskalos, le maître supérieur, responsable de la sélection et de l'entraînement des enfants qui deviendraient peut être plus tard des Apprentis, et, pour les meilleurs d'entre eux, des élus des maîtres du ciel.
L'immense réfectoire avait été débarrassé de son mobilier, et les centaines d'élèves se tenaient debout en rangs parfaits, les plus anciens devant et les plus jeunes à l'arrière, chaque groupe flanqué de son maître tuteur qui les surveillaient d'un regard sévère.
Des serviteurs se tenaient en silence dans un coin, leur travail interrompu de façon soudaine. L'estrade sur laquelle se dressait d'ordinaire la longue table de dîner des maîtres avait été libérée de ses meubles et une rangée de Gardes des Phalanges vétérans, engoncés dans de somptueuses armures de mailles argentée faisaient face aux élèves en silence, leurs longues lances tenues droites, pointes vers le plafond, leurs casques cachant leur visage au profit d'un faciès de métal à l'expression froide et dénuée de tout sentiment.

Se tenant droit aux côtés de ses camarades des baraquements 2B, Theseus jeta un regard interrogateur à son ami Priap qui se contenta de hausser les épaules pour signifier sa propre ignorance face aux évènements qui venaient de briser la routine de leur entraînement infernal. Un jeune homme élancé à la musculature discrète mais terriblement puissante se pencha vers ses deux camarades postés devant lui, parlant à voix basse:
-Qu'est ce qui se passe? Vous savez quelque chose? Pourquoi avons nous été ainsi rassemblés? demanda-t-il.
-Je ne sais pas Jaros, nous avons été nous mêmes interrompus pendant notre entrainement aux armes de jet. répondit Theseus en inclinant légèrement la tête en arrière pour pouvoir murmurer son étonnement.
-J'ai entendu dire que le Disdaskalos était à la haute cité ce matin et qu'il est rentré en toute hâte. ajouta à voix basse Priap, luttant pour diminuer sa voix de baryton naissante. Il s'est passé quelque chose...
-Maître Argos a-t-il dit quelque chose? s'enquit Jaros.
-Je ne sais pas. avoua Priap.
-Il n'était pas avec nous ce matin, nous étions supervisés par le tuteur Hargon. expliqua Theseus.
-Nous étions avec lui sur le champ de course. intervint un autre garçon au regard dur et au visage carré barré d'une cicatrice récente. Il s'est absenté peu avant le zénith et nous ne l'avons revu que lorsque nous avons été appelés ici.
-A-t-il laissé transparaître quelque chose, Nador? le questionna Theseus.
-Non. répondit le questionné. Rien. Il était... distant. Aucun d'entre nous n'a pu entendre sa voix. Mais il est nerveux, ça c'est sûr.

A mesure que les rumeurs enflaient, d'autres apprentis de la section 2B y contribuaient à force de questions et d'observations diverses.
Argos tourna brusquement la tête vers le groupe d'où montait de plus en plus de voix et la voix du maître tonna comme la tempête:
-Silence dans les rangs! Tenez vous tranquilles! vociféra le Pédotribe.

Le silence plongea à nouveau sur cette portion du hall, et les élèves retrouvèrent une posture de garde à vous qui ferait pâlir même le plus discipliné des Gardes Impériaux.
-Au moins, nous savons qu'il n'a pas perdu sa voix... murmura Theseus en esquissant un sourire en coin, quelques rires étouffés retentissant autour de lui durant quelques secondes.

Le faible brouhaha résultant des quelques messes basses et discussions, malgré la surveillance des Pédotribes des différentes sections, fut instantanément réduit au silence par l'entrée d'un groupe de personnages pénétrant sur l'estrade déserte.
Les nouveaux venus arboraient tous les courtes robes écarlates des maîtres d'apprentissages, excepté l'un d'eux évoluant en tête du cortège, drapé dans une toge bleue bordée de rouge et d'une stature imposante, dépassant de deux têtes le plus haut des individus présents.

L'homme en bleu, au visage ancien mais toujours sec comme une trique et aux yeux irradiant d'une sage sévérité, vint se placer devant le rang parfait formé par le reste des maîtres.
Le silence était à présent complet, et il scruta un instant l'assemblée disciplinée qui se tenait devant lui, prête à obéir au moindre de ses ordres.

Le Disdaskalos Ulixes Homeros s'adressa à l'assistance d'une voix puissante, sans même avoir à hausser le ton ou besoin d'être amplifier, tant le calme était parfait.
-Élèves et maîtres de la Caserne de Taygète, il va y avoir du changement pour ce cycle et pour les cycles suivants! Notre puissant seigneur, Fredrich Grivus, Maître du Chapitre des Sky Slaughters vient de quitter précipitamment Sparta à la demande de l'Ordre de l’Épée que nous servons tous au Nom de l'Empereur.

A nouveau, un vent de rumeurs traversa les rangs, des murmures étonnés s'élevant de toute part.
D'un simple geste de la main, Homeros y mit un terme, ses yeux semblant lancer des éclairs, son autorité étant absolue en ces murs.
-Avant de partir, Maître Grivus a eu l'extrême bonté de me recevoir personnellement pour m'expliquer les raisons de son départ ainsi que la mobilisation soudaine de l'ensemble des effectifs régimentaires de la Garde Praetor nouvellement constitués ici même, sur Sparta. Ils auront l'immense honneur de partir au combat aux côtés de la Première et Seconde Compagnie du Chapitre de nos seigneurs, qui iront ensuite trouver des régiments de nos frères Futharks. Ensemble, ils se dirigeront dans le système de Caldris où les Orks menacent de revenir.

Le Disdaskalos n'eut pas besoin de réprimander à nouveau l'assistance qui garda un silence de plomb, mais il put voir à leur regard que nombreux étaient ceux qui étaient choqués et furieux par cette nouvelle du retour des peaux vertes, l'ennemi juré de tout le système d'Olympus.

-Maître Grivus est parti sur l'heure retrouver ses homologues de l'Ordre afin de préparer efficacement avec eux la croisade qui ira exterminer l'envahisseur. En attendant, Ce seront nos seigneurs le Capitaine Angelius et le Chapelain Honorius qui superviseront le Rituel d'Admission auquel vous vous préparez tous. Sachez que celui ci n'aura néanmoins pas lieu aux dates prévues.

Il dû à nouveau réclamer le silence, mais cette fois, ce furent les maîtres qui donnèrent de la voix, troublés par ce changement inopportun.
Lorsque le silence revint, plus difficilement, Homeros reprit gravement.
-Le Rituel se tiendra en fin de la semaine prochaine, sous la surveillance de nos deux seigneurs choisis et de la Première Compagnie des Sky Slaughters. Cette décision répond au besoin urgent de constituer une Croisade aussi rapide qu'efficace contre les Orks. Les plus valeureux d'entre vous seront élus pour devenir les Apprentis du Chapitre. Mais ce qui sera nouveau pour ce cycle, c'est que seuls les plus braves d'entre eux seront directement rattachés aux Compagnies qui les accueilleront, pour partir au combat. Les autres, non moins preux, mais devant accomplir avant cela leurs preuves pour recevoir l'honneur de se voir offrir le patrimoine du Chapitre, seront envoyés sur Styx en compagnie du Chapelain Honorius, pour y être dûment entraînés.
Maîtres d'apprentissage, il vous appartient à présent de faire en sorte que tous soient prêts pour cet honneur. Élèves, employez vous entièrement à votre accomplissement, et passez le Rituel avec succès. Le temps vous est compté à compter de maintenant. Que l'Empereur vous protège tous et vous accorde la réussite et le droit de parcourir à votre tour les étoiles en Son Nom.

Homeros partit aussi vite qu'il était arrivé, laissant les élèves à leur appréhension et les maîtres à leur étonnement.
Alors qu'il quittait le hall du réfectoire, laissant les maîtres supérieurs donner leurs ordres et organiser une semaine d'entraînements intensifs, un homme courbé vêtu d'une toge portant les insignes de Sénat de Taygète s'approcha du Disdaskalos.
-Pourquoi ne pas leur avoir parlé de la véritable raison du départ de Maître Grivus? demanda-t-il.
-Ils n'ont pas à le savoir pour le moment, Ancien Athenai. répondit Homeros. Le retour du Purgateur et le fait qu'il convoque l'ensemble des maîtres de l'Ordre n'augure rien de bon. Maître Grivus m'a bien fait comprendre que les Orks ne seraient probablement qu'un conflit mineur face à de bien plus terribles évènements. Je ne tiens pas à compliquer les choses pour le moment. Une Croisade simple suffira à entretenir la foi et la combativité de mes Élèves. L'annonce d'un plus grand péril leur saperait toute leur volonté. Hors ça, nous ne pouvons pas nous le permettre.
-Grâce soit rendue à votre sagesse, Disdaskalos. approuva l'Ancien. Je connais Fredrich. S'il part ainsi en toute hâte, vos soupçons sont fondés, croyez le. Je sais lire sur son visage. Il était préoccupé lorsqu'il est parti. Et il était sombre. Quelque chose de terrible se prépare, j'en ai peur...


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Message par Logan Grimnar Ven 10 Fév 2012 - 18:44

On va avoir le droit à une ascension du rang d'homme a celui de Space Marine à la Space Wolf de William King ? reflexion
Ca semble intéressant. Very Happy


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Message par Turielo Sam 11 Fév 2012 - 15:41

Bon hier soir normalement je voulais mettre la suite vite fait bien fait avant d'aller dormir, mais bug de l'ordi et tout le texte fut perdu corps et biens, après 45min d'écriture et l'équivalent de 3 pages .doc.... autant vous dire que mon ordi a vu la mort de très près!
Donc vu qu'il était déjà 23h30 et que par conséquent je n'avais plus que 4h30 de sommeil avant de partir au taf, sans compter que quand tout votre boulot s'évapore ainsi ça démotive quelque peu, j'ai laissé tomber.
*colère....*

La suite, donc, et j'azi décidé de vous gâter! Wink

***

Hector et Hulter observaient ensemble le ballet aérien emprunt de fureur martiale, des centaines de navettes de transport au profil anguleux et funeste charriant leur lot de soldats, les emmenant par milliers vers l'orbite où les attendaient les croiseurs de la Garde Praetor, mouillant depuis le petit matin pour se gaver de munitions et de militaires avant de partir mener une juste croisade contre les ennemis de l'Imperium.
Le crépuscule tombant embrasait le ciel de Sparta, une brise tiède soulevant les lourdes bannières érigées ça et là, et les étoiles apparurent timidement comme un essaim de lucioles, à mesure que le soleil déclinait derrière les hautes montagnes entourant la vallée aux verts pâturages au centre de laquelle trônait Taygète.
Un léger brouillard glissa lentement sur les plaines et les champs, embrassant tendrement les murs de la cité ruche comme du coton, une fraicheur bienvenue tombant peu à peu sur la ville encore secouée par les festivités, libérant ses habitants du poids de toute une journée de chaleur écrasante.
Les nuages épais, assombris par la nuit tombante, glissaient doucement dans le ciel aux lueurs orangées et rosâtres, et quelques nuées d'oiseaux passaient furtivement en piaillant, tandis que se détachaient clairement les lumières tremblantes des réacteurs des vaisseaux d’embarquement de la Garde, allant et venant pour cueillir les nouveaux régiments de Praetor apprêtés pour la bataille depuis la veille.

Les deux régiments les plus anciens, le 85ème et le 86ème Praetor, étaient déjà au grand complet au sein de la flotte en orbite, acheminés à bord du croiseur de classe Overlord Gladius, et attendaient à présent patiemment le départ, prévu pour la fin de la semaine sur ordre direct du Général Julianus, envoyé par le Consul lui même, et en charge des opérations de recrutement dans Olympus.
Le 85ème et le 86ème Praetor, étaient en majorité constitués d'hommes et de femmes recrutés sur Itaquia et Sparta, et comptaient à eux deux pas loin de deux cent mille unités, sans compter les blindés et étaient considéraient comme complets et prêts à servir à l'effort de guerre avec toutes leurs capacités.

Hector leva les yeux vers le ciel et plissa les yeux pour tenter d'apercevoir dans l'obscurité naissante les lointaines lueurs fantomatiques des immenses vaisseaux en orbite, mais abandonna relativement vite, la pollution lumineuse due aux allers retours des navettes l'empêchant de discerner quoi que ce soit.
Hulter acheva de manger sa maigre ration et cracha de côté un morceau de cartilage en grognant son mécontentement face à cette nourriture infecte. Par le Trône comme il allait regretter le baratis et tous les mets succulents qu'on pouvait préparer grâce à lui!
Il prit une gorgée d'eau à sa gourde réglementaire estampillée de l'aquila impérial et retira son casque pesant pour s'humidifier la nuque.
Hector vint s'asseoir à ses côtés et jeta un regard alentour, observant l'agitation qui régnait sur toute la surface du gigantesque astroport de Taygète, érigé entre la ruche et les complexes militaires adossés aux premières chaines montagneuses.
Des milliers de soldats circulaient en tout sens, attendaient, se préparaient ou observaient eux aussi une dernière fois le paysage de Sparta, la plupart d'entre sachant qu'ils ne reverraient jamais leur monde natal.
Un peu plus loin, plus près de la large piste d'embarquement, des centaines de soldats se tenaient en rangs pour embarquer tour à tour dans les navettes qui venaient les prendre pour les arracher à leur patrie. Les haut parleurs donnaient sans arrêt de la voix à mesure que le contrôle de la station d'embarquement énonçaient les matricules des compagnies désignées pour le départ ou répéter inlassablement des ordres aux nouveaux soldats, leur récitant le credo du Garde Impérial, les sanctions encourues pour tel ou tel délit, ou l'attitude à avoir durant leur séjour dans l'air de transition du spatioport.

Hector aperçu de loin de nouvelles troupes se dirigeant vers l'aire de départ, leurs bannières claquant au vent les désignant comme les onzième et douzième compagnies du 87ème Praetor, régiment presque complet comptant quasiment cent mille soldats, tous originaires de Sparta, acheminés depuis l'hémisphère sud et les ruches industrielles du détroit de Thermopolis.
Hector et Hulter appartenaient au 88ème, qui la veille encore comptait à peine trois mille unités et venaient d'atteindre l'effectif de soixante mille hommes dans le courant de la journée, à mesure que les casernes responsables du recrutement délivraient toujours plus de personnel militaire, qui pour la plupart n'avaient pas vraiment eu le choix.
Le rythme des sélections s'était intensifié suite à l'annonce de la croisade contre les Orks à venir, et le Gouverneur avait demandé aux casernes d'accélérer leur recrutement, incitant l'ensemble des citoyens valides à se présenter pour être reçu dans un des régiments constitué sur Sparta.
Nombre des nouveaux soldats s'étaient présentés d'eux mêmes, avides de connaître l'aventure et de servir l'Imperium, mais Hector avait aussi entendu parler d'épisodes de recrutement peu conventionnels, de paysans arrachés à leur terre trop pauvre pour servir dans la Garde, ou de prisonniers de droit communs à qui on avait donné le choix entre le bagne et la Garde.
Le Colonel du 88ème, un certain Tracius, leur avait donné un discours plein de belles paroles la veille, et si la plupart des soldats avaient bu ses paroles avec fierté, Hulter comptant parmi eux, Hector, lui, n'avait exprimé que très peu de joie, sentant que c'était là une tournure plus ou moins poétique et clairement au service de la propagande pour les rendre dociles avant de les envoyer à la mort. Sa part de poète avait ri en écoutant les paroles emplies de foi exagérée et d'honneur factice, et sa part d'homme réticent à devenir soldat s'était instantanément morfondu en réalisant ce qui se dessinait inévitablement en un futur de bataille, de mort et de peur. Mais une autre part en lui, celle d'un ami fidèle et d'un fils de Sparta avait apaisée ses craintes les plus sombres et le confortait dans le choix qu'il avait fait de suivre Hulter lorsqu'il s'était engagé spontanément dans la Garde.
L'Académie avait laissé un goût amer dans la bouche des deux jeunes hommes et entre un futur incertain et la gloire de se battre au Nom de l'Empereur, le choix avait été vite pris.
Dès le début, Hulter s'était montré brave et fier, son comportement de Garde parfait ayant attiré sur lui le regard de certains officiers qui l'avait très vite désigné comme un exemple à suivre. Les deux amis s'étaient senti au summum du bonheur lorsqu'ils avaient recroisé les brutes qui les avaient tant et tant martyrisé à l'Académie et qui, grâce à la réputation qui les précédaient tout deux, s'étaient immédiatement éclipsé, les acceptant enfin comme des êtres forts. Une des brutes avait bien tenté de briser la résolution d'Hulter en lui attribuant à nouveau les surnoms mesquins tant et tant lancés auparavant, mais l'arrivée d'un lieutenant et la réprimande qu'il lui administra l'obligèrent à présenter des excuses publiques à Hulter, s'humiliant infiniment plus que le jeune orphelin de Taygète l'eut été toutes ces années avant.

Hector lâcha un petit rire étouffé en repensant à l'anecdote et l'expression de triomphe et d'honneur retrouvé qu'avait arboré son gras camarade à ce moment là. Il s'étira en baillant, las de toute cette attente, et posa les coudes sur la table d'acier contre laquelle il était adossé, assis sur le banc de bois grossier qui était soudé au meuble métallique. Derrière lui, de l'autre côté de la table, Hulter s'était mit à démonter son arme pour la nettoyer une énième fois.
Levant les yeux vers son ami qui observait toujours la cohue autour de la terrasse couverte du réfectoire, et le voyant sourire, Hulter acheva de nettoyer la culasse avant d'entreprendre de changer de chiffon.
-Pourquoi souris tu ainsi Hector? demanda-t-il en attrapant un linge propre et en recommençant à récurer la culasse pourtant impeccable.
-Je repense à cet idiot que ce lieutenant à remis en place ce matin. T'avais l'air content de ton succès...
-Ah, lui... Ouais, je suppose que j'ai eu de la chance. répondit Hulter en baissant à nouveau les yeux pour se remettre pleinement à son oeuvre.
-Bah, tu deviens juste la coqueluche des huiles, voilà tout! le railla son ami. Te méprends pas, t'es juste en train de devenir un bon soldat, et je trouve ça...juste. Tu le mérite.
-Toi ce que tu mériterai c'est coups de pieds au cul. rétorqua Hulter en posant son chiffon et en regardant son ami, les coudes posés sur la table.
-Pourquoi tu dis ça? s'étonna Hector en se retournant.
-Parce que depuis qu'on est ici, tu tires une gueule d'enterrement. Tu veux me saper le moral ou quoi? Je tiens pas à ce que mon seul pote devienne une loque parce qu'il se dit qu'il n'a rien d'un soldat!
-Mais je ne suis pas un soldat, toi si! argumenta Hector en fronçant les sourcils. C'est toi qui a toujours été le meilleur à l'entraînement, moi je ne fais que traîner... C'est pas que je n'aime pas l'armée, quoique je puisse penser au niveau intellectuel d'une éternité de guerre, je sais que cela est nécessaire, et que c'est un grand honneur d'être Garde. Je n'aime pas la perspective de partir me faire crever alors que je ne suis pas à ma place, c'est tout.
-Des coups de pieds au cul, je te dis. pouffa Hulter d'un air ennuyé. Hector, mon vieux, tu verra vite que maintenant que t'y es, t'y reste. Alors arrêtes donc de penser à ce que tu "aurais pu faire", c'est du passé. Concentre toi sur le présent.

Hector ne répondit pas, sachant que, une fois de plus, Hulter avait visé juste, et qu'au fond de lui, malgré ses opinions plutôt pacifistes, il était rudement content de s'être engagé dans la Garde.
-En passant, si comme tu dis, tu te fais crever, crois moi mon vieux que je vais te ranimer pour mieux te tuer moi même pour m'avoir laissé tomber! ajouta sèchement Hulter avec un sourire en coin.

Hector éclata de rire, suivi de près par Hulter, content d'avoir rendu un soupçon de joie chez son ami. Ils ricanèrent durant quelques minutes avant qu'Hector secoua la tête pour calmer son hilarité.
-T'as raison Hul', je suis juste une lopette qui a peur de se faire percer la peau. J'ai eu un coup de cafard, rien de grave... Juste que... Taygète va me manquer. Je suppose...
-Eh ben regarde la une dernière fois, parce qu'après il sera trop tard mon vieux. Après ton foyer sera notre régiment, où qu'il aille. répondit simplement Hulter en reprenant son travail.

Hector fit à nouveau dériver son regard aux alentours, méditant les paroles de son camarade, et inspira goulument l'air chaleureux de Sparta, ferment les yeux pour mieux écouter le bruit pourtant lointain du vent soufflant dans la vallée, se remémorant les vertes prairies et les montagnes enneigées. Il passa quelques minutes ainsi, yeux fermés, à graver un souvenir inoubliable dans son esprit de Sparta telle qu'il la connaissais, et de tout ce qu'il avait vécu dans Taygète.
Lorsqu'il rouvrit ses yeux, réalisant qu'il arborait un sourire de béatitude stupide, il s'ébroua en se remit debout d'un bond, avant de se tourner vers son ami qui finissait d'engager la dernière pièce de son arme avant de contempler son travail terminé avec un regard fier.
-Allons, assez de discours larmoyant, il est temps d'embrasser notre destinée comme un vrai fils de Sparta! Allons dégoter un rade dans cet astroport, et trinquons une dernière fois à notre patrie!
-Ravie que d'entendre parler comme ça, Hector! J'en suis! tonna Hulter en se tapotant le ventre d'un air de soiffard sur le point de dévaliser une usine d'amasec.

Les deux amis quittèrent le pathétique réfectoire sans vie pour se mettre en quête d'un endroit plus à même de les réjouir. Ils croisèrent un peu plus loin un groupe de soldats du 89ème, au détour d'une avenue assez large pour laisser passer des chars vers l'astroport (ce qui était d'ailleurs son but premier), et Hector leur demanda si ils connaissaient un bar dans le coin. Le sergent de l'escouade, un vieux briscard au visage buriné, le crâne dégarni et une barbe de trois jours grisonnante, le regarda de haut en bas en haussant un sourcil tandis que l'implant bionique fort peu discret qui remplaçait son autre oeil et lui couvrant toute une partie du visage faisait ronronner sa lentille en se focalisant.
-T'es pas un peu jeune pour picoler, gamin? demanda-t-il d'une voix gargouillante comme celle d'un marin de Cretos.
-J'ai vingt trois ans, l'ami, je pense que y'a pas de soucis pour ça, je tiens sûrement aussi bien que toi! rétorqua Hector d'un air faussement gaillard.
-L'ami, c'est un sergent, et ce sergent, il aime pas trop qu'un morveux qui a pas un pet de galons se croit plus malin que lui. déclara sèchement le vieux loup de mer.
Hector sentit ses jambes se dérober et se maintint en place in extremis, claquant automatiquement des talons dans un garde à vous parfait, le visage cramoisi par la honte.
-J'vous demande pardon, sergent! J'ai pas encore l'habitude, sergent! Ca se reproduira plus, sergent! balbutia-t-il empressement, raide comme un piquet.
-Ca va, ça va, gamin! le tempéra le sergent en partant d'un grand rire éraillée devant ce comportement de bleusaille prête à faire dans son froc. Je voulais juste que t'oublie pas que les grades c'est pas fait pour les baratis, c'est tout, j'vais pas te bouffer!
-Il est pas encore très très à l'aise avec toute la pensée militaire, sergent... intervint Hulter en se retenant de rire lui aussi, à grande peine.
-Je vois ça, mon gars... ricana le sergent. Bref, j'ai bien entendu parler de boire? Tu payes ton coup gamin?
Hector se contenta de hocher la tête, encore figé dans une posture ridiculement stricte.
-Bon bah en route les morpions, j'en connais un qui en jette dans le coin 54-B de l'astroport.

Le groupe se mit en marche, la nuit totalement tombée sur la vallée, les rayons de Zeus laissant place aux lumiglobes parsemés dans toute la cité.
En chemin, le sergent jeta un coup d'oeil à l'épaulette régimentaire d'Hector.
-Vous êtes du 88ème à ce que je vois? demanda-t-il sans s'arrêter. Vous v'nez de quel coin de ce caillou?
-D'ici même, sergent, de Taygète. Je m'appelle Hulter Jancius et lui c'est Hector Firas, mon meilleur ami. Nous appartenons tous deux au 3ème peloton de la 25ème compagnie du 88ème Praetor.
-Sergent Kortor Grakos, les gars. répondit bravement l'homme. On est du 8ème peloton de la 12ème compagnie du 89ème. J'ai bien entendu 25ème compagnie? Bordel, mais je croyais que vous étiez à peine trois mille têtes?
-Plus ce soir, sergent. fit Hector. Notre colonel s'est dégoté des milliers de gars en plus. Me demandez pas comment, je n'en sais rien... Vous êtes combien dans le 89ème?
-Trente mille, peut être trente cinq... répondit le sergent. Je sais pas trop, on est les plus récents du recrutement, pas étonnant qu'ils cherchent en priorité à renforcer les autres régiments en premier.
-Je croyais que les régiments ne comptaient pas plus de cinquante mille hommes, sergent, c'est pas un peu beaucoup ce qu'ils font là? demanda un des soldats de Grakos.
-Non mon gars, crois moi y'a des régiments qui alignent bien plus que ça! répondit l'interpellé.
-Vous étiez déjà dans la Garde, sergent? demanda Hulter.
-FDP. J'officiais comme troufion dans ce trou à rat qu'est devenu Cretos. répondit Grakos en crachant par terre.
-J'en étais sûr... murmura pour lui même Hector.
-Les FDP sont donc aussi recrutés? Mais qui va garder Sparta? s'étonna Hulter.
-La Phalange de Sparta pour sûr! s'esclaffa Grakos, comme si c'était une évidence. Ca fait des décennies que ces gars ridiculisent les FDP originaux par leur entraînement de malades. Ils sont meilleurs que nous l'étions, et le Gouverneur a décidé d'en faire les nouveaux FDP. Nous on étaient juste les FDP quoi... Les FDP de Sparta, tel régiment ceci, tel régiment cela, bla bla bla... "Phalange de Sparta", ça en jette plus, non?
-Et vous autres, vous étiez déjà dans l'armée? demanda Hulter au reste du groupe.
La plupart se contentèrent de faire "non" de la tête sans rien dire de plus.
-Moi j'étais berger pas loin de Lakedaimôn, dans l'nord. fit un des soldats, un jeune homme non loin de la trentaine, au visage disgracieux lui donnant un air stupide et robuste à la fois. C'était pas mal, mais ça paye pas assez. Et puis ma mère est morte l'an passé, j'ai plus grand chose qui me retient ici.
-J'étais dans les FDP moi aussi. Amyclas. Un trou à merde. grogna un autre soldat au visage renfermé, comme si il était constamment sur le point de cogner quelqu'un. Avant ça je voulais rentrer dans l'Arbites, mais bon, quand on a fait partie d'un gang, ça l'fait pas trop... Bref. Je me suis dit, quitte à castagner, autant aller castagner du xenos et de l'hérétique...
-Et vous deux les gars? Vous faisiez quoi dans la vie? demanda Grakos.
-On était à l'Académie de Taygète l'an dernier. On l'a quittée quand l'édit du Gouverneur a commencé à circuler à propos du recrutement local pour la Garde Praetor. répondit Hulter.
-Ah, des ptits futés donc! apprécia Grakos de bon coeur. L'Académie... J'ai longtemps rêvé de l'intégrer, avant que je signe chez les FDP après une soirée un peu trop arrosée. Le fait est que ça m'a plu, donc j'suis resté, et j'ai oublié les savants de l'Académie.
-A vrai dire, nous n'étions pas vraiment assidus... admit Hector, un pâle sourire en coin.
-Ah bon? s'étonna Grakos. Et pourquoi donc? Vous faisiez quoi au lieu de vous préparer une petite vie bien pépère?
-On travaillait dans les champs, on aidait maman, ou on tentaient de se lancer dans le théâtre... répondit Hector, songeur.
-Bah, une vie d'artiste est pas plus mauvaise qu'une autre... fit le berger. Moi ça m'a toujours plus d'aller au théâtre!

Le groupe s'arrêta soudain face un bâtiment dont la façade crasseuse était éclairée par des enseignes lumineuses d'un autre âge. Des soldats s'y trouvaient en nombre, avec quelques civils et des ouvriers du spatioport ayant débauché.
Grakos ouvrit ses bras, l'air triomphant.
-Le v'là, comme promis! dit il, la voix trahissant son envie de déjà courir se remplir le gosier d'alcool bon marché. "La Valkyrie manchote". Magnifique n'est ce pas?
-Ca à l'air d'être un sacré taudis... grommela l'ancien ganger FDP.
-Drôle de nom... fit un autre soldat au visage carré et au crâne arborant un éléctrotatouage le désignant comme un ancien ouvrier des fonderies d'Amyklai.
-Ouaip! répondit du tac au tac Grakos. Paraît qu'un jour une Valkyrie des FDP du coin s'est prise un piaf dans un réacteur, que ça a pété sévère jusqu'à lui arracher une aile et qu'elle s'est écrasée ici. 'Fin bref, c'est c'qu'on raconte...

Ils s’apprêtèrent à rentrer dans le bar au résonnait déjà une belle ambiance, lorsque Grakos abattit sa main sur l'épaule d'Hector en le faisant sursauter comme un beau diable.
-Oublie pas que t'as dit que tu payais ta tournée, gamin! dit il avec un large sourire tandis que derrière lui les soldats ricanaient et qu'Hulter haussait les épaules avec un sourire.
-Merci du soutien, gros lard! lâcha Hector. Allez régalez vous...

Les soldats, Grakos en tête, se précipitèrent à l'intérieur en laissant éclater leur soulagement, pour aller assaillir le bar avec le même tact qu'un Ogryn draguant une Sororitas.
-Eh! Me ruinez pas non plus, merde! cria Hector sans récolter plus que quelques regards désintéressés.
Hulter s'approcha de lui, et posa sa main rondelette sur on épaule, en se retenant de rire du malheur de son ami.
-Tu t'es fait des nouveaux amis on dirait...dit il.
-On dirait bien... Foutus soiffards! soupira-t-il, en faisant la grimace. Ca y est j'ailme déjà plus la Garde!
-Allez va, je te paye un godet, et on va aussi se prendre un bon vieux rôti de baratis. La nuit va être longue...

De loin, Hector aperçu le sergent Grakos, plusieurs chopes débordant de bière, le casque de travers et visiblement déjà bien éméché lui hurler de venir boire avec eux, les autres soldats de l’escouade les invitant à venir à grand force de taquineries et d'appel à la beuverie.
Les deux amis entrèrent dans le bar en répondant à leur invitation d'un timide geste de la main.
-Ouaip... souffla Hector, retrouvant le sourire, malgré le fait qu'il voyait là son argent s'envoler en litres d'alcool. La nuit va être longue...


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Message par Corax Sam 11 Fév 2012 - 17:24

Une trés belle partie bien j'ai toujours un faible pour les Space Marines plûtot que la Garde Impérial. Je me demande bien pourquoi Razz


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Message par Logan Grimnar Sam 11 Fév 2012 - 22:14

"Dépense ton argent aujourd'hui. Demain, tu seras peut être mort"
- Anonyme, petit remix.
rire1
Passage très bien écrit mon cher Turielo. bravo
Les personnages sont très attachants. Smile


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[ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux Empty Re: [ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux

Message par Turielo Dim 12 Fév 2012 - 0:45

merci les gars! Wink

***

LE PALAIS DU CIEL ÉGORGÉ s'élevait au sommet d'une des excroissances rocheuses montant au centre même de Taygète, seulement dépassé en ltitude par le Palais du Gouverneur et le Temple de Rogal Dorn. Semblable à une majestueuse cathédrale, la forteresse locale du Chapitre des Sky Slaughters, vieille de plusieurs millénaires déjà, était autrefois un simple bastion accroché à une montagne attenante aux massifs entourant la vallée de Taygète, bien avant que ne fut bâtie la cité elle même, qui n'était à l'époque qu'un simple village rempli d'autochtones encore au stade sauvage.
Peu à peu la civilisation naissante de Sparta avait grignoté la montagne pour y accrocher les différents niveaux de ce qui devint au fil du temps la capitale planétaire, puis le siège même du gouvernement du système.
Il fallut en tout pas loin de quatre mille ans pour que Taygète devienne la puissante cité ruche qu'elle était aujourd'hui, et son nom était connu dans le sous secteur tout entier.
Le Palais du Ciel Egorgé pour sa part avait été peu à peu agrandit et amélioré et les Astartes, bien que peu présents sur Sparta, y avait trouvé un point d'ancrage de toute beauté, bastion imprenable et lieu de révérence de la part de tout le peuple de la planète.

L'ensemble du bâtiment à l'architecture gothique tellement typique de l'Imperium était pourtant peu à peu devenu un lieu commun, une infime partie de sa structure étant restée totalement sous le contrôle privilégié de ses maîtres originels, le reste du vaste bâtiment devenu un lieu de culte et de pèlerinage et servant à l'occasion d'auditorium lorsque le peuple voulait soumettre ses doléances à la volonté de ses seigneurs.

Menelas Angelius se tenait au sommet d'une des plus hautes flèches de la tour principale, scrutant le décor fabuleux qui s'offrait à lui, panorama unique obtenu par la position si haute du palais. Il regardait avec détachement le cortège de navettes embarquant les nouvelles troupes levées au profit de la Garde Praetor alors que la nuit tombait, et pouvait percevoir les rumeurs des festivités toujours l'actualité que la populace en liesse donnaient en l'honneur de son Chapitre victorieux.
Au sein du palais, vingt frères de la Première Compagnie étaient demeurés, chacun en ce moment précis en train de se reposer dans leurs cellules individuelles, méditant sur leurs actes et leur futur. D'autres frères de la Seconde et Troisième Compagnie étaient également présents, et Angelius pouvait entendre depuis sa position le vacarme des entrainement auxquels ils se soumettaient dans le large parc qui s'ouvrait au centre de la forteresse.
Il devait y avoir en tout presque une centaine de Space Marines en ces murs, et le Premier Capitaine des Sky Slaughters savait que cela ne durerait pas, leur présence étant déjà requise ailleurs.

Un pas lourd le tira de sa contemplation et il se retourna pour accueillir le Chapelain Honorius, rattaché à sa Compagnie, suivi de deux autres frères en toge bleue aux motifs rouges.
Le premier était un colosse à la musculature impressionnante même selon le standard Astartes. Son visage anguleux et glabre arborait un réseau compliqué de cicatrices, schéma obscur de ses exploits passés, labyrinthe de sillons de chair seulement troublé par l'aquila d'or qui était riveté sur son front grêlé de profondes marques. Son regard enfoncé dans d'épaisses orbites brillait d'une ferveur guerrière sauvage et son crâne rasé avait tout un côté à la peau ravagée et pelée, laissant voir l'éclat du métal qui faisait à présent office de boîte crânienne. Sa toge sobre ne laissait apparaître qu'un simple chiffre entouré de lauriers filés d'or et d'argent, l'identifiant comme étant le Capitaine Heracles Ardius de la Deuxième Compagnie.
L'autre avait un visage plus fin et allongé, donnant à son profil un aspect se rapprochant de l'oiseau de proie, et ses yeux brillaient d'une sauvagerie contenue, tandis que sa voix chantante laissait entendre une sagesse vieille de plus de trois siècles. De son menton pointu descendait une mince barbe tressée aux reflets dorés comme le blé, et ses cheveux coupés à ras étincelaient du même éclat. Priam Arkaros, Troisième Capitaine, était surnommé "l'Aigle Sauvage" par ses frères pour son tempérament de chasseur invétéré, qui refusait même de suivre le plus strict des ordres si il pouvait atteindre une proie qu'il avait juré d'éliminer. Mais Angelius savait que c'était aussi un homme patient et cultivé, une mine de savoir qui ne semblait jamais se tarir, pour le plus grand bien du Chapitre tout entier.

Les trois Astartes saluèrent humblement leur frère Capitaine avant de le rejoindre sur la petite terrasse donnant sur un gigantesque aperçu de Taygète. Arkaros huma l'air frais du soir en fermant les yeux alors qu'Ardius s'était rapproché du bord de la rambarde de pierre somptueusement sculptée pour s'y accouder et parcourir du regard les rues éclairées par les réjouissances.
Honorius était resté juste à côté d'Angelius, son casque au visage de mort rendant impossible toute estimation de son humeur.
-Cela fait chaud au coeur de voir nos protégés se réjouir ainsi... observa Ardius sans se retourner. Les mortels... Si insouciants. Si innocents...
-Personne n'est innocent ici bas, frère Capitaine. fit remarquer Honorius d'un ton neutre.
-La guerre est à nos portes. Ils le savent. Et pourtant ils festoient... Je dois reconnaître qu'il y a quelque chose de proprement stupéfiant chez eux. intervint Arkaros. Pas de l'innocence. De l'insouciance. Mais ce soir je ne peux dire si c'est une bénédiction ou un mal...
-Le peuple de Sparta est brave. La guerre ne les effraient pas.. ajouta Angelius en souriant. C'est pour cela que je les aime tant.
-C'est votre peuple après tout, fils de Sparta. lui rappela Honorius. C'est une chose tout ce qu'il y a de plus naturel que d'aimer ainsi son foyer.
-Et pourtant, comme je regrette d'avoir à mener leurs fils et leurs filles au trépas. J'ai l'impression de trahir mes ancêtres en faisant cela. soupira le Premier Capitaine.
-Servir l'Empereur est un devoir, mourir pour Lui est un honneur. récita Honorius. Ne ressentez point de peine, Menelas. C'est un grand privilège qui leur est accordé, et ils y répondent en masse.
-Le Gouverneur a encore une fois fait un travail remarquable. acquiesça Arkaros et se dirigeant vers une petite table à trois pieds pour se servir un verre de vin provenant des meilleurs cépages de Sparta.
-Le hors monde a maintes fois prouvé qu'il était digne d'être considéré comme une semblable des gens qu'il commande. approuva Honorius en hochant sobrement la tête. Cela ne m'étonnes même plus de le voir si prompt à nous servir du mieux qu'il peut. Fredrich l'apprécie et l'estime beaucoup, même trop aux yeux de certains...
-Certains de nos frères ne comprennent tout simplement pas notre vision des choses, pas plus qu'il ne l'acceptent. Mais il en va ainsi. Ne soyez pas courroucés envers eux, frère Chapelain. l'apaisa Angelius en allant à son tour se verser du vin.
-Je ne ressens nulle colère envers eux, seulement de la tristesse devant leur aveuglement. Tant de nos frères sont dogmatisés par les pantins de Terra et par des millénaires de traditions arriérées. Nous avons su évoluer vers une nouvelle compréhension de notre univers, et pourtant il me peine de voir chaque jour l'Imperium sombrer un peu plus dans la débauche intellectuelle. Ce que j'ai vu sur Chorris m'a profondément marqué.
-Les Imperial Fists sont des Space Marines typiques, comme tant d'autres. maugréa Arius, sans cacher son mépris. Ce sont des Hommes qui se prennent pour des demi dieux, oubliant leur devoir immédiat qui est de veiller et de protéger leurs frères humains. Au lieu de cela ils les considèrent comme une sous espèce méprisable. Guère plus que des esclaves, des denrées périssables pour entretenir un empire de plus en plus basé sur le mensonge.
-Vos paroles frôlent l'hérésie, frère Capitaine, veillez à ce qu'elle ne parviennent pas à de mauvaises oreilles. lui reprocha Honorius.
-Aussi misérables soient-ils dans leur arrogance, les véritables Fils de Dorn sont nos pères, Heracles. lui rappela Angelius. Ne portez pas de rancoeur contre eux, ou contre d'autres de nos frères, que ce soient les Ultramarines, les White Scars ou encore les Loups...
-Je respecte bien davantage les Loups qu'un ramassis d’orgueilleux zélotes qui n'ont que faire de leurs semblables. siffla Arius.
-Il suffit, frère. Ecoutez donc ce que nous vous disons. l'admonesta Arkaros d'un ton acide. Nous partageons votre dégoût face au déclin de l'Imperium en l'absence de l'Empereur. Mais n'oubliez pas qui sont nos ennemis et qui sont nos frères. Pardonnez leur ce qu'ils disent. Ils ne savent tout bonnement plus ce qu'ils font, pourquoi, ni vers où ils vont.
-En l'absence de l'Empereur et de Ses Fils, l'Homme est aveugle et erre dans les ténèbres, médiocre, survivant tout juste à ses ennemis. Mais lorsqu'il retrouvera sa vue, et lorsque la honte face à son égarement se sera dissipée, il en sera d'autant plus fort. prophétisa Honorius.
-De bien jolies paroles, Heriak, et pourtant si sombres. soupira Angelius en achevant de vider son verre. Bien coupons court à ses vaines palabres, voulez vous? Des nouvelles du Disdaskalos?
-Je l'ai reçu au milieu de la journée. répondit Honorius, comme soulagé de quitter le terrain glissant qu'empruntait leu discussion précédente. Le cycle d'entraînement des futurs Apprentis s'est vu accéléré, et la sélection a déjà commencé, les plus faibles qui ont échoués ont été mis de côtés et les plus forts sont poussés toujours plus loin dans leurs épreuves. Le Rituel aura lieu dans huit jours.
-Parfait. Priam, votre Compagnie est elle prête à partir?
-Sitôt que vous en donnerait l'ordre, Menelas. Nous ferons rapidement route jusqu'en bordure du système Caldris, et avec un peu de chance nous intercepterons les peaux vertes avant qu'ils ne pénètrent dans le sous secteur.
-Excellent. Partez dès que vous le pouvez. Arius?
-Nous vous attendons, frère. Ma Compagnie est au grand complet et nos Apprentis ont été sélectionnés. Ils devraient nous revenir de Styx dans très peu de temps pour rejoindre les Scouts de frère Talios. Mes derniers guerriers partent dans la nuit à bord de l'Iliás et attendront votre ordre de départ sitôt le Rituel achevé.
-Tout est en ordre donc. conclu Angelius. Frère Grivus m'a accordé son droit de parole pour transmettre ses ordres. Je vous ai transmis les miens. Notre départ se fera dans treize jours exactement, aussitôt que la Sélection aura eu lieu. Honorius, vous partirez en compagnie des Apprentis pour Styx et les formerez tandis qu'Arius et moi même emmèneront la flotte en Caldris. Frère Arkaros, vous partirez dès ce soir pour nous attendre là bas, et si le cas se présentait, vous engagerez sans attendre le combat contre les Orks en compagnie du Drakkar envoyé par le Haut Köng Secherus.

Chacun inclina cérémonieusement la tête en se frappant le plastron pour signifier qu'il avait compris et accepté les ordres. Ils restèrent encore un instant ensemble pour partager un dernier verre levé à la victoire, puis chacun repartit vaquer à ses occupations.
Angelius se rendit vers son transport personnel, ayant revêtu son armure complète. En montant dans le Rhino, accompagné de deux frères vétérans, il accosta le pilote:
-Droit vers l'astroport, frère. Il est temps de constater par moi même l'avancée du recrutement et l'état des troupes constituées... ordonna-t-il.


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Message par Corax Dim 12 Fév 2012 - 8:50

On sent vraiment en quoi croient les Sky Slaughters.

La guerre se prépare, bientôt on aura droit à de durs combats à coups de Bolts.

Super bien fais.


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Message par Logan Grimnar Dim 12 Fév 2012 - 13:21

pantins de Terra [...] traditions arriérées. [...] l'Imperium sombrer un peu plus dans la débauche intellectuelle.
Et après il ose dire a son pote que ses propos sont aux bords de l'hérésie ? rire2
Très beau style. okay


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