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[ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux

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[ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux - Page 5 Empty Re: [ROMAN 40K] C.O.E.- La Croisade Maudite -Livre I: Egorgeurs des Cieux

Message par Turielo Jeu 9 Aoû 2012 - 18:02

Salut à toutes et à tous! Long time no see, oui, oui, j'ai été pas mal absent!
La cause majeur reste évidemment le boulot, mais aussi la reprise de l'Obscurae Librarium, mon forum wh40k, qui est en bonne voie (même si on manque encore cruellement de membres...snif!)

En ce qui concerne mes travaux d'écriture fanfluff, il y a eu d'énooooormes changements, ce qui n'a pas aidé à ma rapidité de reprise...
First of all, l'ensemble de mon background général a changé et a trouvé sa forme définitive. Alors que sur Obscurae Librarium j'ai posté les bases, j'ai encore beaucoup de modifications à faire.
Pour commencer, d'ici peu, je vais mettre à jour mon topic ici Ordre de l'Epée, pour y inclure les mises à jour de fanfluff et y ajouter les cartes et infos sur les deux secteurs complets dans lesquels prennent place mes RPs, aventures et BG d'armées persos (avec quelques invités).
Je ne posterai pas l'ensemble présent sur Obscurae, sinon vu la dose, l'Admin ici va me tuer, haha! A laplace je posterai un visuel général, quoque bien détaillé tout de même.

En ce qui concerne les romans, PEML et celui ci, ils n'ont pas échappé au changement (pas de Tzeentch, attention!), ce qui se traduit par une réécriture plus longue de PEML, et une "amputation" importante pour "Egorgeurs des Cieux".
Ici, "Egorgeurs..." perd son Veme chapitre et verra une partie de son IVeme changé. c'est à dire toute ce qui concerne la confrontattion entre Olympiens et Praetors, et la suppression complète de "l'exercice réaliste" qui durait trop en longueur pour au final pas grand chose.
Les modifications seront visibles dans la version finale, pas de changement concernant la partie évoquant les Space Marines.
En conséquence, je finirai le chapitre actuellement commencé (la fuite de Theseus et le parcours de ses camarades.) puis je reviendrai en arrière pendant un moment concernant Hulter et Hector afin d'une part de remplacer le chapitre enlevé, et poursuivre leurs aventures.

Pour ce qui est de l'écriture, qui me manquait beaucoup, je serai donc de retour ici le 16 août et le travail reprendra au même rythme qu'avant.

Merci de votre patience et à très vite!
En attendant, je vous avait promis un "bonus", qui consiste en un autre roman, le livre 3 dans ma chronologie prévue ("Egorgeurs..." étant le V, et PEML, le IV), qui sera postée dans un premier temps uniquement sur Obscurae (ici: LIVRE III - ÙTLENDR) avant que j'en poste les chapitres un à un ici.
Afin de (j'espère) vous mettre l'eau à la bouche, et pour patienter jusqu'au 16 pour reprendre ici, voici en extra l'intro de ce nouvel écrit, intitulé "Ùtlendr":

Spoiler:
PROLOGUE:

L'AUBE SE LEVAIT lentement, une lueur orange sale et chaude se répandant doucement sur l'immensité citadine de la ruche d'Aurora, sinuant comme un serpent pestiféré entre les béhémoths de pierre et de verre qui se dressaient par centaines de milliers, tendant leur masse crasseuse vers le ciel chargé de nuages toxiques, comme autant de géants figés dans un dernier espoir d'en crever la surface pour pouvoir respirer. Il régnait déjà une chaleur étouffante, la nuit trop courte pour avoir pu apaiser les effets d'un effet de serre entretenu depuis des millénaires par les vastes étendues d'industries, les tentacules gangrénés des bas fonds charriant leurs maladies, leurs gaz et leurs lots de déjections.
Le clerc plissa légèrement les yeux pour pouvoir s'accoutumer à cette nouvelle luminosité lorsque les rayons malades de Caelestis vinrent étreindre les flèches décrépies de l'église, vestige du passé rongé par la pollution, perché au dessus de plusieurs centaines de mètres de ruines d'immeubles à l'abandon depuis des temps immémoriaux.
L'homme leva une main pour en appuyer lentement la paume ouverte sur l’épaisse vitre blindée devant laquelle il se tenait, sentant bientôt une douce chaleur s'y répandre, alors que l'astre éveillé achevait de jeter sa lumière glauque sur l'immensité de la ville. La face occidentale de Fortis Hexx embrassa le jour nouveau et bientôt ses rues déjà grouillantes des équipes de nuit et des vagabonds seraient envahies par des légions d'ouvriers se rendant au travail comme des automates, la mine grise et les yeux hagards, sous le regard impitoyable des représentants de la volonté de l'Empereur.
Alors qu’il observait le jour se lever sur Aurora, il considéra un instant son reflet dans la baie vitrée, sa stature moyenne perdue dans les pans de sa bure écrue, son visage entre deux âges, aux traits minces, presque juvéniles, si on exceptait ces quelques rides qui commençaient à s’y faufiler. Inconsciemment, comme si il se voyait pour la première fois, il se passa une main sur ses joues rasée de frais, avant de remonter vers ses cheveux blonds dont les courtes mèches dorées tombaient sur les contours de son visage en produisant de petites boucles. Il se considéra pensivement, son reflet lui renvoyant son propre regard aux reflets azurs, ses yeux cernés, fatigués par toute une vie d’écrits et de travaux pour le compte du puissant Adeptus Ministorum.
Il voyait poindre sur son faciès les premières affres du temps, gommant peu à peu sa jeunesse, marquant ses traits pour y effacer son innocence. Normalement, le prêtre aurait déjà dû se trouver devant l'autel pour accueillir les nombreux travailleurs de la zone Commercia 30B-4, mais il savait qu'un autre avait pris sa place et dirigeait en ce moment même la prière du matin, déclamant ses sermons au rythme de balancier de son encensoir.
A cette pensée, le clerc laissa ses yeux descendre sur son autre main qui tenait un livre relié de cuir et fermé par un clapet en métal argenté, et un morceau de papier jaunâtre, ou une écriture nerveuse et élancée avait été griffonnée à la hâte. Un ensemble de mots qui avaient scellé son destin quelques heures à peine auparavant.

***

Il avait été convoqué par le Diacre en personne, très tôt dans la soirée, et le temps de s'engouffrer dans la Commercia pour rejoindre l'aile de transition, en zone 15A-2, une bonne partie de la nuit était déjà passée. A bord de la voiture délabrée et agitée de toussotements gras qui l'amenait à sa destination, il n'avait eu de cesse de se demander ce que lui voulait le saint homme en cette soirée hivernale, alors qu'il était revenu depuis déjà quatre mois.
Ses rapports avaient tous été remis depuis un moment aux autorités, et même les services du Gouverneur avaient approuvé son retour, et accusé réception de son travail. Il s'en était retourné vers sa petite église sans histoires de la Commercia, tout en laissant le passé derrière lui.
Et voilà que le vieux Seculos le faisait à nouveau mander. Lui même qui l'avait déjà tiré de sa routine mécanique pour l'envoyer là bas, avec une poignée d'autres clercs piochés dans divers endroits de Fortis Hexx, l'éloignant de ses ouailles et de sa sainte tâche pendant presque un an. Seculos était le plus proche agent du Cardinal Pontius, ce dernier dirigeant les affaires du Ministorum sur tout Fortis Hexx, mais également dans tout Mythos après qu'il fut désigné par le Gouverneur Galvinius lui même, et le Diacre avait mis tout son cœur à la tâche, jusqu'à s'attirer les bonnes faveurs de son maître. Il n’était pas amis, loin de là, mais tout le monde s'accordait à dire que lorsque Pontius décrétait un ordre, Seculos devait lui en avoir soufflé la majeure partie.
Cela ferait deux fois à présent que le prêtre de la Commercia allait se retrouver devant le Diacre, et l'idée de devoir à nouveau se tenir devant une personne avec autant de puissance lui donnait la nausée, lui qui se sentait tellement insignifiant à tenir une simple petite église à l'état plus proche de ruines que de sanctuaire sacré.
Son transporteur ronfla de plus belle avant de se stabiliser de manière relativement précaire, près d'un des longs ponts suspendus, enjambant les profondes précipices séparant les bâtiments, creusant des crevasses obscures au dessus desquelles se jetaient nombre de ponts et de passerelles, entre lesquelles slalomaient les plus intrépides - ou pressés - des habitants à bord de navettes de transport d'un autre âge, et ou fond desquelles s'entassaient la population la plus pauvre, dont beaucoup de légende entouraient leur misérable vie, les dépeignant comme un ramassis de mutants, dépouillés de toute humanité et abandonnés à la fange sans que personne ne s'en fasse.
Le taxi laissa le clerc à l'entrée de la zone de transition, et l'homme s'engouffra dans la masse d'habitants à la démarche morbide, à l'allure erratique, ne valant guère mieux qu'une horde de zombies, leur force et leur moral écrasé par d'interminables journées de labeur. Le prêtre parvint à l'un des nombreux guichets et sélectionna sa destination, en essayant de ne pas tenir compte de la chose en haillons recroquevillée à côté de l'appareil à tickets assailli par la rouille. Il n'aurait même pas su dire si l'individu quel qu'il soit était encore vivant.
Agrippant le morceau de papier recyclé sur lequel s'affichait sa destination et son droit de passage, il repartit d'un pas pressé vers sa prochaine navette, et s'autorisa un soupir de soulagement en apercevant son transporteur, un engin plus récent et en bien meilleur état. Un homme à la combinaison d'un jaune délavé, mal rasé et au visage souillé de sueur et de poussière l'accueillit d'un hochement de tête sans émotion, lui prit le ticket d'un geste mécanique et assimila la destination.
Il grommela au clerc de prendre place dans la navette, et le taxi poussa un court rugissement avant de se mettre en route hors de la Commercia, vers la Strate Imperator Maximus, là où l'attendait le Diacre et où se dressait l'imposante Cathédrale du Juste, pivot local de la foi, et bastion du Cardinal Pontius.

Le voyage fut court et sans encombre et se facilita grandement lorsque son pilote s'engagea dans les voies sécurisées du quartier de l'Ecclésiarchie, auxquels seuls les membres de Ministorum avaient accès, ainsi que la haute noblesse et les officiels détenant une autorisation en bonne et due forme.
Le changement entre la Commercia et ici était saisissant, et la beauté des lieux explosa au visage du prêtre une fois de plus, ses bâtiments d'un blanc ivoire rehaussés de dorures entrelacées, ses allées pavées et bordées de bancs de fleurs sauvages, ses tours irradiant de l'immortelle gloire de l'Empereur, le calme béni dans les parcs du sanctuaire...
C'était un petit coin de paradis perdu au beau milieu du cauchemar qu'était le reste de la cité ruche qui avait grignoté durant des millénaires toute la portion est du deuxième continent de Fortis Hexx, et se résumait à des milliers de kilomètres carrés d'habitations insalubres, d'industries aux émanations mortelles et de rues grouillant d'une population laissée à un désespoir total, tout agglutiné l'un sur l'autre.
L'homme taciturne le lâcha devant le portail doré de la Cathédrale, encaissa le paiement et repartit, sans jamais adresser plus qu'un grognement au clerc.
Accueilli par un serviteur au corps décharné enchâssé sur une paire de chenilles grossières, et fut dirigé vers l'entrée de la Cathédrale réservée aux prêtres, où l'attendait un agent du Diacre, un homme en bure noire, capuche rabattue sur son visage, et aux mains enfoncées dans ses manches, lugubre comme un spectre. Le clerc le suivit sans un mot dans les longs dédales de la partie privée de l'édifice majestueux consacré à la gloire de l'Empereur. Il reconnut ci et là quelques points de passage de sa précédente visite, mais savait pertinemment que seul un habitué pouvait s'y retrouver, l'arrière de la Cathédrale pareil à un labyrinthe sans fin.
Progressivement ils s'élevaient dans les niveaux de la Cathédrale, le clerc apercevant parfois au travers de vitraux l'intérieur de la gigantesque nef qui accueillait chaque jour les milliers de fidèles venant des hautes sphères de Fortis Hexx, des familles nobles au gouvernement en passant par les plus fortunés pouvant s'offrir un des bancs très prisé de la Cathédrale contre une somme exorbitante.
Le sol pavé de dalles blanches et noires lustrées et polies, organisées en damiers, réfléchissait l'image somptueuse des gigantesques statues d'or et d'argent représentant les saints de l'Imperium, les glorieux Primarques et, surplombant toute l'étendue de la nef, s'élevant de derrière l'autel de marbre rosé, ouvrant ses bras dans un geste bienveillant et au regard à la fois sévère et attentif, la statue de l'Empereur Dieu veillait sur l'assemblée.
A sa seule vue, le clerc pressa ses mains sur sa poitrine, pouces joints et paumes ouvertes, faisant avec ferveur le signe de l'aquila devant tant de splendeur.
L'agent du Diacre l'arracha à sa béatitude en lui indiquant une lourde porte de bois ferré, entourée par deux gardes du Ministorum parfaitement immobiles. Le clerc cligna des yeux, sentant un calme étrange instauré au plus profond de lui par la vue de la statue de l'Empereur se volatiliser brusquement, et il remercia sèchement l'agent d'un hochement de tête avant d'aller rejoindre la porte.
Il n'eut aucun besoin de frapper, car chacun des gardes agrippa de façon synchrone une poignée de la porte pour la lui ouvrir. Le clerc entra dans une petite pièce sombre, dans laquelle la lueur tremblotante des chandelles révélait des masses de parchemins et de vieux grimoires entassés un peu partout, sur lesquels la poussière s'accumulait depuis longtemps. Un monumental bureau se dressait au beau milieu de la chambrée, lui aussi encombré d'une multitude d'écrits et d'objets cléricaux.
Une mince silhouette rabougrie se tenait derrière le bureau, de dos, son corps ramassé couvert d'un lourd manteau bordeaux bordé d'une fourrure grise et sale qui un jour peut être avait pu être blanche. La silhouette se retourna lentement, un visage aux rides parcheminées lui adressant un sourire édenté tandis que de gros implants oculaires bourdonnaient en se focalisant sur lui. Le Diacre s'avança en boitillant, s'appuyant d'une main osseuse sur une canne de bois noueux, de l'autre sur les pourtours de son bureau démesuré. Sa tête aux rares mèches de cheveux argentés était surmontée d'une haute toque avachie sur l'avant, de la même couleur que son lourd manteau rapiécé, et sur laquelle était cousue l'héraldique de l'Adeptus Ministorum. Il avançait à pas traînants, respirant avec difficulté en produisant des petits bruits de succions, comme ferait un asthmatique sur le point d'avoir une crise, et le clerc plissa le nez lorsqu'il fut assailli par une odeur corporelle rance, comme celle d'une viande restée trop longtemps dans une cave humide.
En tremblotant comme s'il allait tomber en avant pour ne jamais se relever, le Diacre lâcha son bureau pour jeter sa main qui alla agripper celles du clerc, son autre patte difforme se crispant sur la canne pour trembler de plus belle. Il serra les mains de son visiteur - à moins que ses tremblements le fassent pour lui, se dit ce dernier - et gargouilla d'une voix chevrotante ce que le clerc mit plusieurs secondes à décrypter comme un message de bienvenue.
-Vous voilà donc mon cher frère! articula-t-il en lançant ses optiques grossiers vers le regard gêné du prêtre.
-Selon votre demande, monseigneur Diacre. répondit-il. Je suis venu dès que j'ai reçu votre billet.
-C'est bien aimable à vous, frère, mon vieil âge ne supporte plus tellement l'attente, vous savez... gloussa Seculos. Le clerc ne put s'empêcher de penser que c'était sûrement le caractère même du Diacre qui ne supportait pas le retard, sachant comme tout un chacun que Seculos avait horreur d'être contrarié.
-Et j'en attends encore davantage de vous. continua le Diacre. L'Empereur a encore besoin de vos services, mais dans l'immédiat le plus absolu, c'est le Cardinal Pontius qui en a fait la demande, en accord avec certaines hautes instances de la sécurité impériale. Votre travail sur le Désastre de Nubia est loin d'être terminé, clerc!
-Mais... J'ai pourtant rendu dans les temps l'ensemble de mes notes et travaux sur les procès et la purge d'Eris, monseigneur... se défendit le clerc.
-Non, non, je me moque de cela, mon frère, ce travail était une broutille! caqueta Seculos en agitant une main dédaigneuse, avant de tenter un quart de tour bancal sur lui même pour rejoindre son bureau. Le clerc laissa échapper un soupir de soulagement en soutenant le bras du Diacre pour l'aider à rejoindre son fauteuil où le haut prêtre s'effondra en poussant un grognement rauque.
-Ce ... Ce travail que vous avez rendu aux autorités... continua Seculos, le souffle court, en agrippant une timbale cabossée de ses doigts crochus. Ce travail n'était qu'un compte rendu des procès et de leurs conséquences. C'était...une formalité. Et vous l'avez brillamment complété. Ce que je vais vous demander est d'une autre importance.
Le clerc laissa un moment au Diacre pour qu'il puisse boire à son gobelet, ses tremblements de vieillard en laissant échapper la moitié du contenu au sol. Seculos laissa échapper le récipient vide sur son bureau et agrippa un dossier relié par une chainette d'argent frappée d'un Aquila. Le clerc frémit lorsqu'il reconnut le symbole de l'Inquisition agrippé dans les serres de l'aigle bicéphale impérial.
Il se reprit quand Seculos le lui jeta à la figure, ayant probablement voulu lui passer moins brusquement avant que ses secousses ne le lui laisse échapper, et écouta le Diacre reprendre ses explications, tout en ouvrant le dossier pour en parcourir le contenu.
-Cette demande m'a été envoyée par la cellule du Seigneur Inquisiteur Hustar Heiklimer. Vous vous rappelez sûrement de lui n'est ce pas?
-Monseigneur Heiklimer a présidé les procès sur Nubia et châtié personnellement la plupart des coupables, peu de temps avant d'en confier la Garde à un de ses adeptes et à deux régiments de la Garde Gallienne. Un homme méthodique, patient et à la foi indiscutable.
-Et également un curieux à ses heures perdues. l'interrompit Seculos en opinant du chef. Heiklimer a accordé un intérêt très particulier à certains des accusés lors des procès, en particuliers à ceux touchant de près ou de loin l'Ordre de l'Epée.
-Il a en effet rédigé un certain nombre de rapports concernant uniquement l'Ordre. confirma le clerc. Rien de bien poussé mais il y pose nombre de questions... Ce dossier en comporte d'ailleurs un extrait.
-Et quel est-il? l'encouragea à poursuivre le Diacre.
-"Étude des mondes Futharks". lu le clerc. Ça a plutôt l'air d'une ébauche, principalement des notes et des observations faites durant les procès...
-Il conviendrait donc de finir le travail, n'est ce pas? fit Seculos en laissant son ton assez vague pour que le clerc commence à comprendre ce qui se tramait.
Il feuilleta nerveusement le feuillet avant de lever vers son supérieur un regard où se mêlaient surprise, crainte et agacement.
-Qu'est ce que tout cela a à voir avec moi? demanda-t-il.
-Lors de votre arrivée sur Fortis Hexx, vous vous êtes présenté à mon service en tant que prêtre et savant. Anthropologue et historien, ce qui vous a valu par le passé d'effectuer des travaux de commémorateur. Et ce qui par la suite m'a amené à vous sélectionner pour assister aux procès de Nubia. Croyez vous sincèrement que vos travaux n'ont pas été remarqués?
-Mon rapport était tout ce qu'il y a de plus classique... affirma le clerc en sentant son ventre se nouer.
-Votre foutue modestie vous perdra, mon ami! s'exclama Seculos avant d'être pris d'une violente quinte de toux qui lui fit cracher des postillons gras et jaunes. Il s'essuya d'un revers de manche avant de poursuivre, sa voix chevrotante devenue rauque et râpeuse.
-Vos observations remarquables ont été l'une des principales bases d'Heiklimer dans son travail définitif. Mais étant occupé par sa situation d'Inquisiteur, il ne peut pas poursuivre son travail convenablement. C'est pour cela qu'il à mandé des savants pour l'aider dans sa tâche, et c'est pour cela que vous êtes ici. Ces extraits que vous tenez ici sont une infime partie de son immense labeur. Votre travail consistera à compléter ce dossier, en étudiant les Futharks et tout ce qui les touche de près ou de loin.
Littéralement assommé par la nouvelle, tout autant que par la reconnaissance qu'avait reçu son travail, le clerc resta un moment bouche bée, sans savoir quoi dire. Seculos se tourna sur son fauteuil en le faisant grincer - à moins que ce soit lui même qui grinça de telle façon, réussi à penser le clerc - et le fixa droit dans les yeux, ses implants bourdonnants arrivant même à retranscrire tout le sérieux de la situation.
Le clerc déglutit avec difficulté et hocha la tête lentement, tout tremblant et ému qu'il était.
-Mon seigneur, je jure par le Trône que ce travail est une véritable bénédiction pour moi, et que je suis profondément honoré de pouvoir l'effectuer...
-Mais quoi? l'interrompit le Diacre.
- Comment puis-je effectuer pareil travail? Nous ne disposons pas de suffisamment de livres sur les Futharks ici, si tant est qu'il y en ait seulement un, et chercher un natif du système Yggdrasil ici même représenterait un défi en plus d'une considérable perte de temps!...
-C'est bien pour cela que vous irez effectuer votre étude directement chez eux, mon cher! lâcha Seculos en ricanant.
Le clerc fut tellement estomaqué par l'ordre et ce qu'il impliquait, qu'il ne prononça plus un seul mot durant toute la suite de l'entretien.

***

"Votre devoir envers l'Empereur est loin d'être fini."
Ces quelques mots griffonnés à la hâte, et précédent l'heure du rendez vous avec le Diacre étaient presque insignifiants mais le clerc y voyait s'afficher clairement tout le bouleversement qu'ils avaient apporté à son destin.
La suite de l'entretien avec son maître avait consisté en un long monologue du saint homme qui lui avait exposé les détails de sa mission. Avant de le congédier, le Diacre lui avait remis cet épais journal aux pages de vélin encore vierges, le lui présentant à la fois comme un cadeau de sa part, et comme son principal outil de travail pour les temps à venir.
Quitter Fortis Hexx une fois de plus. Le clerc ne savait pas si il devait s'en réjouir ou non, appréhendant la durée de la mission qui lui avait été confiée. Il attendait depuis une vingtaine de minutes interminables devant la baie vitrée surplombant l'astroport, observant l'éveil morne de cette cité ruche qu'il exécrait tout autant qu'il l'aimait en tant que maison.
Ses préparatifs furent achevés en à peine une heure, son remplaçant l'ayant aidé avec attention. Ce jeune prêtre tout juste intronisé lui avait juré qu'il prendrai grand soin des milliers de fidèles qui chaque jour venaient en quête de réconfort auprès de l'Empereur, et le clerc s'était senti terriblement triste de les abandonner, tout en ayant une confiance absolue en ce jeune homme qui veillerait sur eux à sa place.
La navette qui allait l'emporter loin de chez lui ne garderai pas à partir, et le clerc inspira profondément en accordant un dernier regard aux étendues froides et inhospitalières d'Aurora, comme s'il tentait d'imprimer le triste décor au plus profond de sa mémoire, convaincu que cette fois, il ne reviendrait jamais.
Un docker en bleu de travail immonde vint le trouver pour lui annoncer le départ imminent de la navette du Ministorum et le clerc le suivit sans un regard en arrière, le cœur lourd, l'âme en peine et l'esprit déjà tout fébrile à l'idée de partir vers l'inconnu.
En s'engageant dans la frêle navette à la carlingue roussie, le clerc serra dans ses doigts le petit aquila d'argent qui lui avait été offert il y à tant d'années lors de son arrivée sur Fortis Hexx et murmura une prière de bénédiction pour le sol qu'il quittait et toutes les âmes meurtries qui le foulaient.












ASSIS SUR UN banc grillagé inconfortable, le clerc ferma les yeux pour mieux ressentir les vibrations du cargo civil délabré qui se préparait à embrasser les immensités du Warp pour le mener dans le lointain système d'Yggdrasil.
Lorsqu'il les rouvrit, il les baissa sur le journal neuf qui reposait sur ses genoux, symbole à lui seul de l'importance de sa tâche. Il en éprouva les contours de cuir rugueux du bout des doigts et sentit poindre une hésitation mêlée d'excitation lorsqu'ils se posèrent sur le fermoir d'argent.
Il l'ouvrir délicatement et en ouvrit la première page vide du plat de la main, son cerveau déjà saturé de milliers de questions, réflexions et craintes.
Ses doigts attrapèrent lentement son électroplume de cuivre et après une ultime hésitation, il fit glisser la pointe avec souplesse sur le vélin soyeux, traçant les premières lignes de son ouvrage le plus important.


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Message par Administration Ven 10 Aoû 2012 - 2:47

Bon retour parmi nous Turielo ! Nous nous inquiétons de ta longue absence. okay

Pour ton nouveau roman je te fais confiance pour ouvrir un nouveau sujet et nous lirons tes écrits avec la plus grande attention, comme toujours.
Smile
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Message par Turielo Ven 17 Aoû 2012 - 14:39

Et c'est donc reparti! Smile
la reprise sera courte cependant, l'heure de la rembauche n'étant plus très loin...
EDIT: finition du post (interrompu pour cause donc de rembauche...hé oui, pas de vacances pour moi!)
Note: Comme dit auparavant, des changements vont survenir pour la version finale "d'Egorgeurs...". Certains changements mineurs seront effectués petit à petit ici, d'autres seront présents dans la version finale directement. Dans tous les cas, considérez le post présent comme nouvelle ligne de départ en ce qui concerne mon fanfluff (il y aura donc par moments des incohérences vis à vis de ce que j'ai mis avant, mais c'est normal)


SA PROGRESSION DANS les réseaux obscurs de la caverne se fit lentement, sa progression mesurée et prudente, ne sachant pas s'il allait tomber sur d'autres de ces monstres. Si une partie de lui était fière d'avoir surmonter l'horreur de ces monstres et d'avoir triomphé d'eux, une autre partie était bien plus triste, portant le deuil de frères tombés dans la déchéance.
Son épaule ne lui faisait plus mal, en revanche, il souffrait toujours de plusieurs contusions mineures et était toujours sans défenses, hormis cette hache primitive qu'il tenait fermement dans sa main.
Theseus déboucha sur un couloir plus étroit, et lorsqu'il entendit des rumeurs semblables à des grognements étouffés, il éteignit sa torche en l'écrasant à terre, et se mit à avancer en position d'attaque, le corps vouté et l'arme en avant, prête à frapper.
Au bout du boyau, il aboutit sur une petite pièce qui avait été selon toute vraisemblance creusée par des mains humaines, et non pas les caprices de la nature. Il rampa presque dans la pénombre, et perçut bien vite des formes nettes, ses yeux s'adaptant à l'obscurité. Il y avait un foyer éteint au centre de la pièce, et quelques tapis de sol usés jetés autour. Sur les parois rocheuses des murs, des râteliers vides et envahis par les toiles d'araignée ainsi que certains containers dans le même état, attestaient que la salle était ancienne.
Les grognements persistaient, mais où qu'il put regarder, il ne repéra pas de danger immédiat, et après un instant de parfaite immobilité, tous ses sens employés à s'assurer de la sécurité du lieu, il prit le risque de se détendre et de baisser son arme.
Il n'avait pas vraiment besoin de torche, sa vision à nouveau faite au noir parvenait à lui offrir une vue suffisamment détaillée de là où il se trouvait. Il considéra le mobilier délabré et les tapis usés jetés au sol, et après un moment de réflexion, il se décida à s'en approcher pour les étudier de près. Très vite, il recensa plusieurs fois la présence du même symbole sur certaines caisses, sur un ou deux bidons ou jerrican, ou sur les râteliers vides. Le symbole de la Caserne de Taygète.
C'était sûrement là que s'étaient regroupés les membres du groupe d'élèves perdus, ceux là même qui par la suite étaient inexplicablement passés au Chaos sans espoir de rédemption.
A mesure qu'il trouvait de plus en plus d'indices prouvant cette information, il s’aperçut qu'il se rapprochait de plus en plus du grognement saccadé qui l'avait fait se plonger dans la sécurité précaire de l'obscurité.
Ralentissant sa démarche et levant à nouveau son arme, il se focalisa sur le bruit et tenta d'en trouver l'origine. Au détour d'un virage rocheux serré, il se détendit aussitôt en tombant sur un vieux générateur délabré, grinçant et toussotant, mais produisant encore un semblant d'énergie, grognant comme un animal blessé. C'était un appareil haut comme la jambe d'un adulte, et ses diodes crasseuses étouffaient les pâles lumières de sécurité, tandis que sa base vomissait un flot de câbles qui partaient serpenter dans les profondeurs de la caverne vers des destinations inconnues.
Le jeune homme posa sa main sur le dispositif et sentit une douce chaleur s'y répandre. Il était vieux, mais fonctionnait encore à plein régime. Mais dans quel but? Il avait reconnu le modèle et c'était un générateur de survie, employé le plus souvent pour recharger les armes, entretenir les armures et équipements, ou encore maintenir assez de courant pour alimenter un dispositif radio. Pourtant, de ce qu'il se rappelait, les élèves renégats qu'il avait dû tuer s'apparentaient plus à des êtres retombés dans la sauvagerie, ne portant rien d'autre que des haillons et des armes ridiculement rudimentaires et s'éclairaient et se chauffaient au feu de bois. Quel intérêt avait donc ce générateur bon pour la casse?
Il se releva pour considérer la salle à l'abandon qui avait été le premier pied à terre des élèves perdus, et se mit à fouiller certaines caisses et autres containers, la plupart vides ou emplis de matériel trop usé pour être utilisé ou tout simplement inutile.
Réprimant un cri de triomphe, il trouva enfin l'objet de ses recherches, une vieille armure d'entraînement usée et rongée par le temps, consistant en une blouse matelassée et faiblement blindée sur la poitrine et les cuisses. Il l'enfila précipitamment en tentant de faire abstraction de la désagréable sensation de démangeaison due à l'état du costume, et accrocha son arme de fortune à sa ceinture.
Entreprenant plus de recherches, il ne récupéra qu'une barre de ration qu'il dévora sans se poser de question, et un fusil à moitié rouillé et vide, qu'il finit par abandonner plutôt que de risquer un mal-fonctionnement qui le blesserait à coup sûr.
Il repartit alors vers le générateur et commença à suivre le trajet emprunté par les câbles, arme en main et prêt à bondir au moindre hostile rencontré. Ce générateur fonctionnait pour une raison, et étant donné ce qui était arrivé aux élèves perdus, leur damnation, ce ne pouvait être qu'une très mauvaise raison.
Au bout d'un certain moment, Theseus s'aperçut que le boyau s'élargissait et qu'une lumière naturelle perçait et, suivant son entraînement, se fondit un peu plus dans la pénombre, évitant la clarté nouvelle, prêt à repérer et neutraliser tout intrus. Son regard passant rapidement des câbles à la lueur, il vit enfin une sortie, et ne put retenir une prière soulagée aux Ancêtres de quitter ses lèvres en un murmure satisfait.
Il longea les rochers jouxtant l'ouverture, et tendit l'oreille. Accroupi tel un prédateur, il attendit une minute avant de se relever soulagé. Personne. Seul le murmure de la jungle toujours aussi étouffante parvenait à ses tympans. Il suivit à nouveau les câbles et arriva bientôt en vue d'un vieux bunker désaffecté et non gardé. Il se faufila discrètement jusqu'à l'entrée, sa hache collée contre la poitrine, prête à frapper, et se rua à l'intérieur. Toujours personne, mais la satisfaction de savoir à quoi servait le générateur.
Un vieux cogitateur ronronnait, assaillit par une multitude de câbles similaires à ceux qu'il avait suivi. Il devait y avoir d'autres générateurs. Theseus se pencha sur la console pleine de poussière et à moitié recouverte de végétation et regarda l'écran tremblotant qui affichait une succession de lignes de codes que seul un adepte du Dieu Machine pouvait comprendre. Néanmoins, sa réflexion exercée l'amena à deviner assez vite la fonction de l'engin quand il vit dans un coin de l'écran plusieurs codes d'identifiants barrés de rouge. Des identifiants de communicateurs. Un brouilleur.
Voilà ce qui expliquait les abominables interférences qu'ils avaient subies alors qu'ils approchaient de cet endroit.
Il ne savait pas si il y avait d'autres de ces dispositifs, mais une chose était sûre, il devait lever le brouillage pour pouvoir retrouver son équipe. N'étant pas qualifié pour user de pareille technologie et encore moins versé dans l'art qui faisait la fierté de Mars, Theseus opta pour la solution radical et se mit à frapper les câbles de sa hache, suffisamment de fois pour qu'ils se rompent un à un. La console émit un gémissement binaire désolant et s'éteignit, tout courant brutalement supprimé, son devoir définitivement stoppé. De la même manière qu'un corps décapité cesse de vivre...
Il ne pouvait pour autant pas savoir si les communications avaient été rétablies, son équipement lui manquant toujours, et notamment son oreillette personnelle. Il devait retourner dans la caverne des damnés pour la retrouver. De même que son fusil, ce qui le rassurerai pas mal.
Mais avant même qu'il ne puisse rejoindre les ténèbres du repaire de ses ennemis, il entendit du mouvement et se jeta à couvert derrière une des meurtrières du bunker. Il se focalisa sur les bruits et dénombra quelques huit individus, approchant d'un pas empressé. Il entendit des grognements animales et des bribes de discussions aux accents barbares et à la diction désastreuse ne laissant aucun doute: des mutants, ses ennemis.
Il tenta le tout pour le tout et jeta un oeil au travers de la meurtrière.
Il avait raison. Ils étaient bien huit, et c'étaient bel et bien des monstres délirants, portant les vestiges d'uniformes de la Caserne. Leurs faciès hideux étaient marqués par la rage et la haine, et il nota que certains étaient blessés.
-Les proies sont fortes! siffla l'un des mutants en secouant sa tête atrophiée.
-Ils sont forts, mais certains sont déjà sensibles aux vents! Patience! Les Dieux les compteront bientôt à leurs côtés! répliqua un autre à la tête de lézard sanguinaire.
-Ils ont tué beaucoup des nôtres... renchérit un colosse de muscles hypertrophiés. Ils sont puissants. Nous devons les affaiblir avant de les attaquer à nouveau.
-Silence, larves! claqua une voix.
Theseus vit arriver un neuvième individu, tout aussi difforme que les autres, mais à l'aura terriblement plus ténébreuse. Vouté comme un vieillard, des yeux semblant brûler du feu d'une colère millénaire, sa voix profonde résonnant de milliers de murmures. Les huit anciens élèves dégénérés tombèrent tous à genoux, et Theseus put sentir la démoniaque puissance qui possédait l'être. Contrairement aux autres, celui ci ne portait rien qui renvoyait à la Caserne, mais arborait à la place une tunique d'un bleu criard aux reflets improbables, comme si le tissu était en constante mutation. Son visage obscène était un agglomérat de chair et d'os, une bouche hideuse garnie de crocs et une unique corne difforme s'échappant de son front volumineux, crevant sa peau pâle comme la neige, sous laquelle palpitaient d'affreuses veines noires.
Lorsque le jeune homme entendit les huit mutants clamer son nom avec une voix teintée d'un mélange de crainte et de respect, il sut qu'il avait devant lui cette fameuse Voix, dont ses premières victimes avaient parlé.
Et il su qu'il avait surtout à quelques pas de lui son plus terrible défi...


Dernière édition par Turielo le Ven 17 Aoû 2012 - 21:06, édité 1 fois


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Message par Corax Ven 17 Aoû 2012 - 15:49

Bon retour Turielo . Very Happy


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Message par Turielo Mar 21 Aoû 2012 - 14:40

LE GROUPE AVAIT repris sa difficile progression dans les étendues de l'enfer végétal, tous murés dans un silence choqué, encore sous l'émotion de la terrible découverte de Laros. Priap avait sobrement pris la tête du groupe, et les menaient calmement mais avec fermeté, interdisant un seul instant de distraction pouvant les amener à ruminer ce qui s'était produit et s'écarter ainsi dangereusement de leurs objectifs principaux. Nektoos suivait sans montrer de signe de faiblesse, un épais bandage simpliste autour de sa blessure, le bras posé sur son fusil passé en bandoulière. Il avait la mine grave, et Priap savait pertinemment qu'une fois la mission terminée, l'élève se placerait de lui même en pénitence pour sa négligence à leur retour à la Caserne. Il faisait d'ors et déjà preuve d'une profonde humilité et ne se pardonnait aucune faute. Priap savait que le jugement ne lui revenait pas, mais il savait que Nektoos ferait une recrue de choix pour leurs seigneurs de l'Astartes.
Laissant passer les autres au devant, Priap ralentit pour arriver à hauteur de l'élève blessé. Celui ci n'accorda pas un regard à son camarade, gardant les yeux bas, suivant la marche sans une parole.
-Tu n'a pas à te blâmer pour cette blessure, frère. fit Priap après un moment de réflexion.
-J'ai laissé mon esprit s'égarer sur ce qui arrivait à Xanos. répondit sèchement Nektoos. J'ai été blessé pour ma négligence, et j'aurai pu faire blesser ou tuer l'un des nôtres. Je n'étais pas concentré. Si, Priap. Je suis à blâmer. Et je suis prêt à faire face aux conséquences.
-Il n'y en aura aucune Nektoos. Tu t'es battu bravement, et nous n'avons aucune perte à déplorer. Tu as fais ton devoir, et même une fois blessé, tu n'a pas baissé les armes. Il n'y a rien à punir.
-Je te remercie pour ces belles paroles, Priap. fit Nektoos avec un pâle et triste sourire. Mais ma décision est prise. J'ai fauté. Une fois rentrés, je me soumettrai à la pénitence de l'égaré.
Priap ne répondit pas, se contentant de hocher la tête gravement. Demander soi même une telle punition était un acte de dévotion important, et il savait que les Maîtres se montreraient fiers de Nektoos une fois qu'il aurait purgé son esprit du doute et de l'hésitation.
Priap lui même était passé par là, l'an passé, après qu'il eu manqué de contrôle, et blessé un élève à la mâchoire lors d'un exercice de lutte. Pour être tout à fait honnête, il lui avait proprement fracassé la mâchoire, et l'élève avait dû passer une journée entière chez le guérisseur, puis une semaine à se remettre du coup. Durant ce temps, Priap avait été envoyé en pénitence, et avait effectué ses prières de repentir, entièrement nu dans une des cryptes de la Caserne, agenouillé sur un sol hérissé de cristaux de verre. Durant deux semaines, il n'avait changé de posture que pour trouver quelques minutes de repos ou trouver de quoi ses sustenter, tantôt des insectes, tantôt de petits rongeurs. L'air dans les cryptes était glacial, au contraire de la surface et Priap s'était surpris lui même à supporter de telles conditions, alors que son développement physique n'était pas encore à son apogée.
Lorsqu'il était sorti des cryptes avec l'accord d'un Maître Pénitent, il était en sang, amaigri et transi de froid, mais l'esprit pur et serein. L'élève qu'il avait blessé fut celui qui vint le chercher, et Priap pleura de regret quand il vit son infortunée victime arborer un implant grossier en lieu et place de sa mâchoire inférieur. Le jeune homme défiguré l'avait pardonné en l'étreignant et ils étaient repartis tout deux auprès de leurs frères d'armes, unis malgré ce regrettable incident. Deux jours plus tard, l'élève à la mâchoire brisée fut tué par un prédateur lors d'un des nombreux entraînements en bordure de la forêt...
Personne en revanche ne viendrait chercher Nektoos, car il avait fauté envers lui même. Mais il savait qu'une fois son repentir effectué, l'élève reviendrait à son groupe inchangé à leurs yeux. Il serait toujours un frère, et serait salué pour son geste comme un être à l'âme pure et sage.
De plus en plus, Priap sentait ce besoin de protection envers les siens grandir en lui, et ce sentiment de confiance et d'inspiration qu'il voulait leur inspirer. Il ne désirait pas pour autant devenir un leader ou un quelconque chef, mais il pouvait de moins en moins ignorer ce sentiment. Par peur que ce ne fusse de l'orgueil, il se jura intérieurement d'aller voir dès leur retour le Maître Arkos pour qu'il le conseille, et au besoin lui indique la pénitence à effectuer. Priap ne pouvait se résoudre à échouer si près du but pour une bête question de sentiments mal placés. Jalousait-il depuis le début Xanos pour sa position de favori? Et voilà où il en était réduit: avoir laissé ses peurs prendre le dessus et disparaître, laissant ses frères sans chef. Il avait beau être le favori d'Arkos, en définitive c'était un lâche. Un traître. Une vulgaire déjection...
Priap se figea brusquement sur place, surpris et horrifié par la violence soudaine de ses pensées. Était-ce vraiment lui qui pensait ça? C'est vrai il n'avait jamais vraiment apprécié Xanos, mais c'était son frère de combat, et il l'aimait et le respectait en tant que tel. Le jeune homme secoua la tête, comme s'il venait de s'éveiller après avoir été étourdi.
Le groupe s'arrêta un peu plus loin, sur un sifflement de Laros qui vint vers Priap.
-Un problème, frère? demanda-t-il. Tu semble fatigué.
-Ce n'est rien, Laros. répondit Priap en se massant son front moite de sueur. Je... Je ressens une impression étrange. Comme si cet endroit m'oppressait et m'amenait à... A penser des choses que je ne désire pas penser. Qui ne sont pas de moi.
-Cet endroit est hostile, Priap. le rassura Laros à voix basse. Son emprise peut revêtir bien des formes. Xanos a sombré dans la folie, et toi tu sens d'étranges pensées éclore en toi. Tu n'es pas seul.
-D'autres sont affectés? demanda Priap en se rapprochant de lui.
-Hukarios ne cesse d'entendre des sons qui n'existent pas, et Kulios parle tout seul. Et tout le monde semble trop nerveux. Il se passe quelque chose d'anormal. Je recommande la prudence...
-Et toi comment te sens tu? hasarda Priap. Tu sembles tellement calme.
-Je ne le suis pas, frère. Loin de là. le contredit Laros en secouant la tête. Mais j'ai appris de longue date à contrôler mes tempéraments. Nous sommes suivis. Je ne sais pas par qui, mais ça dure depuis un bon moment déjà. Avant même notre rencontre avec ces mutants. Le fait que "ça" ne nous ai pas encore attaqué me porte à croire que "ça" ne nous veut pas de mal. Pas encore du moins.
-En as-tu parlé aux autres?
-Non, ils sont déjà bien déstabilisés comme ça pour en rajouter une couche. Tu es le premier auquel j'en parle. Crois moi, je pense que nous sommes les deux seuls encore un tant soit peu droits dans leurs bottes ici.
-Qortos a l'air normal...
-Ca fait depuis notre départ du lieu où Xanos a disparu que Qortos murmure tout seul et triture sa radio comme un dément. Non, il a déraillé aussi. Cet endroit nous pousse dans les recoins de notre équilibre mental. Un grand mal y règne...
-Tu veux dire...
-Le Chaos? Au vu de ce qui est arrivé à 1C, c'est très certainement possible.
-Alors il nous faut redoubler de ferveur et de vigilance. Je pense que nous pouvons compter sur Nektoos aussi.
-Oui, mais peut il se faire confiance à lui même?
-Il est marqué par sa blessure, mais garde l'esprit vif et alerte. Il ne faillira pas. Pas cette fois.
Laros jeta un regard absent vers l'élève blessé, et celui ci lui en rendit un qui scintillait d'une ferveur redoublée. Sa blessure était un cuisant échec pour lui. Il n'en connaîtrait pas de deuxième.
-Entendu. fit Laros. Il nous faut continuer, frère. Nous devons à tout prix parvenir à joindre Tayguète pour faire un rapport de situation.
Comme si le destin avait voulu lui faire une mauvaise blague, ce fut à la fin même de cette phrase que Qortos s'écria d'une voix trépignante et folle:
-Les communications! Loué soit l'Empereur, nous avons retrouvé les communications! Les canaux sont libres!
Et avant même que Laros ou Priap ne réagissent pour lui ordonner de contacter Arkos en urgence, une longue plainte déchirante se leva dans la jungle, suivie presque immédiatement de grognements bestiaux.
Priap avait déjà saisi son fusil et le pointait vers le bruit.
-Frères! Tenez vous prêts, ils reviennent! cria-t-il, retrouvant tout son bon sens tandis que l'approche du combat inondait ses veines d'adrénaline.


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Message par Turielo Mer 22 Aoû 2012 - 14:14

LES MUTANTS QUI avaient été autrefois les élèves du groupes 1C étaient prosternés devant l'être qu'ils avaient nommé "la Voix", créature difforme et à l'abjecte constitution, qui semblait tout droit sortie du plus terrible des enfers. Theseus sentit ses poils se hérisser et vit un givre surnaturel se former sur le sol en se frayant un chemin comme de diaboliques serpents sur une terre boueuse qui un court instant auparavant était surchauffée par la torpeur de la jungle. Il ressentit sur la langue un goût métallique et porta une main vers sa tête, ses doigts se posant sur sa tempe, alors qu'un bourdonnement naissait et croissait dans son crâne. Le jeune homme crispa la mâchoire et secoua vivement la tête pour se débarrasser de cet désagréable impression, avant de reporter son attention sur la scène extérieur, faisant appel à toute sa concentration et en se remémorant tout ses entraînements pour résister à la pression maléfique qui pesait à présent sur lui.
La Voix descendit de son perchoir rocheux, ses robes déchirées flottant autour de ses jambes, donnant plus l'impression que le démon flottait plus qu'il ne marchait. Il se tenait accroché à un bâton tordu comme une branche malade, au sommet duquel s'élevait une hideuse étoile à huit branches. Bien qu'il ignora pourquoi, la seule vue de cette image donna la nausée à Theseus et il se sentit en proie à une terreur grandissante. Il ralentit sa respiration, et apaisa les pulsations de son coeur, s'accrochant à ce qu'on lui avait appris pour s'empêcher de basculer dans la folie.
L'infâme créature parvint au centre du cercle inconsciemment formé par les huit élèves renégats, et leva son bâton bien haut, dessinant de son autre main des traits entre les élèves qui fit apparaître leur formation similaire à l'étoile perchée sur son appui. Se tenant au centre de cette plus grande étoile mauvaise, la Voix commença à parler à chacun d'une voix emplie de malice et de haine, sa main crochue allant d'un front à l'autre.
-Les proies succomberont bientôt à nos efforts, et nous nous repaîtrons de leurs chairs et de leurs âmes. Nous danserons au milieu des quatre vents et nous célèbrerons les Dieux immortels pour qu'ils récompensent notre dévotion. Et ceux parmi les faibles qui se montreront assez forts les servirons à leur tour. Voilà bien longtemps que je vous observe, et vous m'avez trouvé. Je vous ai montré la voie et maintenant c'est à vous de la montrer à vos frères perdus, esclaves du Dieu Cadavre perché sur son Trône d'Or sanguinolent!
Ces paroles étaient à ce point empoisonnées que Theseus ne put s'empêcher de vomir, tâchant de calmer au maximum ses spasmes pour empêcher le bruit de trahir sa présence. Les larmes perlaient à ses yeux et il se plaqua les mains sur les oreilles, faisant une nouvelle fois appel aux enseignements de la Caserne pour lui permettre de surmonter cette épreuve.
Se répétant sans cesse les sages paroles de son maître Arkos, et ses paroles de dévotion envers l'Empereur, il ferma les yeux et, progressivement, parvint à se détacher du discours blasphématoire du monstre hérétique. Il trouva à nouveau le calme et sa résolution, et ses mains quittèrent ses oreilles. Les paroles virulentes et acides de la Voix lui parvinrent à nouveau mais cette fois elle ne lui apportèrent nulle douleur, mais avivèrent en lui un feu vengeur. Il saisit sa hache et la serra suffisamment pour canaliser sa colère montante et riva à nouveau son regard vers le groupe de créatures.
La Voix était toujours plongée dans un discours haineux que les huit mutants écoutaient avidement, et tandis qu'il parlait, Theseus vit d'autres ombres approcher. D'autres mutants difformes apparurent, d'autres élèves, et Theseus sentit ses entrailles se serrer alors qu'il voyait plus d'uniformes de la Caserne, mais cette fois, il n'y avait pas que celui porté par 1C. D'autres couleurs, et d'autres héraldiques, correspondant à autant d'années différentes et de groupes différents. 1C n'étaient donc pas les seuls, d'autres étaient également tombés sous l'emprise du perfide serviteur des Dieux Sombres.
Avec peine, il reconnu les couleurs censées être portées par 2C sur un garçon dont la mutation en était encore à un stade peu développé, et conclu que le groupe d'élèves qu'ils devaient rejoindre en accord avec leurs objectifs principaux était lui aussi tombé. Peut être y avait-il des survivants, mais la présence d'un des leurs ici n'augurait rien de bon. Il en vit un deuxième, puis un troisième suivre.
Et comme pour confirmer ses doutes, Theseus observa, impuissant et horrifié, les nouveaux venus charrier avec eux des corps mutilés et figés dans des poses défiant toute anatomie, mais portant les couleurs de 2C. Comptant les corps brisés, et selon ce qu'il avait entendu d'eux, Theseus constata que tout le reste du groupe était là. Trois étaient tombés dans la damnation, et le reste avait péri. Neuf élèves dont la vie avait été arrachée de la plus affreuse des façons, offerte à la voracité des divinités du Chaos.
La colère monta irrésistiblement en lui, et Theseus dû faire preuve d'un extraordinaire contrôle de soi pour ne pas jaillir hors du bunker, hache levée, pour les massacrer. L'inverse se serait bien trop vite produit, lui étant seul contre à présent une quinzaine d'êtres abominablement corrompus.
Son entraînement avait été conséquent, et donner la mort était devenu chose aisée pour lui, mais devant un si grand nombre, la sagesse de ses enseignements lui imposait de rester à couvert en attendant une meilleure opportunité.
Les créatures déposèrent leurs macabres prises aux pieds de la Voix, et s'agenouillèrent à leur tour. Le démon huma lentement les cadavres encore chauds des élèves et montra des crocs jaunis et pointus en poussant un infâme sifflement. Il grogna quelque chose d'insensé, et ses disciples se jetèrent sur les corps pour commencer à les dépecer et les consommer.
Theseus se détourna de l'abject spectacle et se laissa glisser assis le long du mur du bunker. Il devait absolument trouver un moyen de rejoindre les siens avant que ces monstres leur tombent dessus. Mais alors qu'il était coincé, il fallait au moins pouvoir les prévenir du danger. Il devait au plus vite retrouver ses affaires dans la caverne...


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Message par Corax Mer 22 Aoû 2012 - 16:06

Surprenante suite, j'aime beaucoup.


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Message par Turielo Sam 25 Aoû 2012 - 14:12

EDIT: passage complété et reposté.

HONORIUS SUIVAIT TOUJOURS le groupe d'élèves et demeurait discret comme une ombre, étudiant les futures recrues comme il le faisait depuis le début, à ceci près qu'il évoluait désormais armes en main. Son crozius était encore en sommeil, car l'activer trahirait sa position, mais il ne quittait pas sa main droite, tandis que sa gauche restait toujours à proximité de son pistolet plasma dont le holster était ouvert.
Le Chapelain n'était pas intervenu lors de la première rixe, car il y voyait là l'occasion d'enfin pouvoir observer ce qu'il attendait de futurs néophytes Astartes, leur attitude au combat et leurs capacités martiales. Néanmoins, à la seule vue des assaillants, il n'avait plus aucun doutes: le Chaos était à l'oeuvre dans cette horrible jungle et il sentait monter en lui une profonde fureur envers le Grand Ennemi mais aussi envers les autorités de Taygète pour ne pas avoir su détecter une telle menace. Que le Warp puisse avoir une telle emprise sur une planète sous la protection du Chapitre était un fait intolérable, et les coupables allaient devoir être châtiés. Avant tout, il voulait surtout savoir comment une telle horreur avait pu se développer ici, depuis combien de temps, et quelle en était sa source. Détecter un cancer était une chose, estimer sa gravité en était une autre. La purification s'imposait mais à quel stade?
Il savait que le Warp et les Puissances de la Ruine pouvaient s'insinuer partout, même les mondes les plus surveillés et les plus sanctifiés, mais il ne pouvait pardonner le fait qu'ici, des élèves de la Caserne, des futurs recrues potentielles pour le Chapitre, aient pu être corrompues. Cela remettait en fait totalement en question l'intégrité des Sky Slaughters et la menace planait sur eux d'avoir dans leurs rangs des frères, même en toute inconscience, condamnés par la corruption du Chaos. Honorius ne voyait pas ici une contamination bénigne comme il s'en produit tous les jours dans l'Imperium, mais bien un risque énorme pour le Chapitre. Un risque de chute et d'extinction.
Il sentait la salissure du Warp à mesure qu'ils avançaient, et pouvait observer avec tension que déjà plusieurs des élèves de 2B montraient des signes d'agitation inquiétante. Si danger véritable il y avait, il les abattrait tous sans une seule once de remord, mais la vitesse à laquelle leur comportement changeait suggérer que la menace était déjà très forte. Plus il les observait, plus il voyait ceux qui ne survivraient pas. Et ils étaient nombreux. Le groupe déplorait déjà deux pertes, celles de leur chef tombé dans la corruption, et l'un de ses éclaireurs évanoui dans la nature sans laisser de traces. Deux autres étaient sur le point de connaître le même sort que le jeune Xanos, de ce que pouvait observer Honorius, et trois étaient tellement sur les nerfs qu'ils craqueraient sûrement si la situation dégénérait, risquant de se tuer ou de tuer un de leurs camarades.
Honorius constatait en revanche la forte détermination de trois autres. Priap, le jeune au charisme radieux, Nektoos, le jeune plongé dans sa foi avec douleur, et Laros, celui qui restait le plus étranger au groupe. Celui aussi qui inquiétait Honorius dans le sens où il était persuadé qu'il l'avait repéré, chose impossible pour un gamin de son âge face à un vétéran comme lui. A moins... A moins de posséder un don qui l'aidait à mieux voir.
Depuis le début, le Chapelain n'avait eu de cesse de décortiquer leurs personnalités pour savoir ceux qui deviendraient des Apprentis du Chapitre, et ce qu'ils pourraient bien devenir en son sein. De façon inconsciente, il avait déjà tracé le destin de quelques uns, et à cette pensée, Honorius savait qu'il pouvait se méprendre sur leur compte. Sa preuve était bien la chute de Xanos, qu'il voyait depuis le début du périple comme étant taillé pour devenir chef d'escouade, voire peut être même plus haut dans la hiérarchie. A présent, ce n'était qu'un enfant qui avait échoué dans son épreuve. Un enfant qui allait mourir pour avoir faillit.
Son écouteur grésilla brusquement, et il faillit activer son crozius sous l'effet de la surprise. Le code d'identification s'afficha sur sa visière et il reconnu celui du Disdaskalos Homeros. C'était la première fois depuis plus de trois heures qu'une communication passait clairement. Plus de brouillage. Il s'était passé quelque chose...
D'une impulsion cérébrale, il activa son vox et ouvrit la transmission entrante.
-Disdaskalos. salua-t-il d'une voix sèche. Je suppose que vous avez compris que quelque chose ne tournait pas rond ici...
-Chapelain Honorius, le Trône soit remercié vous êtes encore vivant! s'exclama Homeros.
-Il en faudra davantage pour m'abattre! grogna le Chapelain, réponds à cette remarque stupide par un profond mépris. Que se passe-t-il ici?
-Ca fait bientôt plus de deux heures que nous essayons de vous joindre, mais les transmissions ne passaient plus. Vous étiez complètement isolés du reste de Sparta...
-Merci du renseignement, Homeros, mais vous arrivez trop tard. coupa brutalement Honorius. Je vous demande de m'expliquer pourquoi nous avons été brouillés de la sorte. Il me semblait avoir compris que seule la fréquence de 2B le serait pour leur exercice, pas toutes les fréquences!
-Oui, en effet, c'est ce qui était sensé arriver. Mais vous vous êtes apparemment déplacés vers une partie de la zone noire qui était signalée comme "zone hostile purgée". Il semblerait que ce ne soit aucunement le cas. Chapelain, nous avons détecté depuis l'orbite, en plus de la signature de 2B, celle du groupe d'élèves 1C, porté disparu depuis l'an passé, et dans des circonstances similaires.
-Nous avons retrouvé vos élèves perdus, Disdaskalos. Ils ont été corrompu. Aucun n'est récupérable. 2B est également compromis. Ils ont subi deux pertes, et j'en prévois davantage à venir.
-Corrompus? Mais c'est impossible! Nous n'avons pas eu d'activité du Grand Ennemi ici depuis longtemps! Nos relevés sont clairs!
-Et comment êtes vous sûrs que cette fameuse zone hostile et soi-disant purgée a bien répondu à vos scans? Ce brouillage que nous avons subi est peut être plus subtil et dangereux que vous ne le pensez...
-Le Chaos... Ici, en Tayguète...
Le Disdaskalos se tut un instant, trop choqué pour parler. Honorius était sur le point de lui donner de nouvelles directives pour contrer la menace, lorsque la voix d'Homeros s'éveilla à nouveau, sur un ton ferme.
-Il n'y a qu'une seule explication à cela. Et que l'Empereur nous protège ce n'est pas bon du tout. Je pense savoir de quand date cette corruption, ce qui expliquerait dans le même temps d'autres disparitions non élucidées.
-Vous avez mentionné la disparition de 1C l'an dernier. se souvint Honorius.
-Non c'est beaucoup plus vieux que ça. fit sombrement Homeros. Elle date de la Treizième Croisade Noire du Fléau, il y a plus de vingt ans...
-Comment est-il possible que la corruption ait subsisté aussi longtemps? répliqua Honorius, choqué par la révélation. La Première Compagnie a procédé à la purge totale de Sparta après la défaite du Sanglant, et le Purgateur y a même assigné certains de ses meilleurs agents pour assistance.
-Il est vrai. reconnu Homeros. A ceci près que la jungle de la Caserne fut épargnée par le processus.
-Et pour quelle raison? demanda Honorius, s'attendant au pire.
-Par ordre direct de votre Maître Chapelain. répondit Homeros dans un souffle, comme si on venait de lui extirper le plus affreux des aveux.
-Impossible! Jamais Scupios n'aurait ordonné pareille folie! C'est même lui qui a mené la purge au côté du Capitaine Angelius!
-Précisément pour sauvegarder certaines zones corrompues proches de la Caserne et des autres zones de test des recrues. expliqua Homeros. Le Seigneur Chapelain Scupios a fait placer ces zones sous haute surveillance afin de limiter les zones touchées par le Chaos, et ceci afin d'en faire plus tard des zones de test ultime pour nos sujets, avant le Rituel. C'était l'épreuve la plus importante mais aussi la plus secrète: déterminer qui des élèves serait assez fort pour supporter la corruption, et qui succomberait. Nous avons des équipes spécialisées dans la traque des déchus pour les achever et les faire disparaître.
-Visiblement, vous avez merdé quelque part, Homeros! cracha Honorius. Qui est au courant?
-Scupios, moi même et le Gardien, qui supervise les équipes d'interventions. répondit Homeros, choqué par le soudain franc parler du Chapelain. Ces équipes sont anonymes et gardées dans le secret le plus total. Ils sont conditionnés pour être protégés contre la corruption et isolés du reste de Sparta.
-Donc ni le Gouverneur, ni le Maître de Chapitre ne sont au courant?
-C'est exact. Scupios nous a interdit d'en parler. Mais je suppose que la situation a suffisamment dégénéré comme ça.
-En effet! Comment expliquez vous que ça ait à ce point débordé?
-Lors de la purge, certains éléments ennemis ont disparu, et ont probablement trouvé refuge dans ces zones, à l'insu de tous. J'ai pratiqué des recherches quand je tentai de vous joindre, et il semble que seule la zone de la jungle est touchée, les relevés des autres zones sont parfaitement normaux. Ici, la zone noire est atteinte par la zone de corruption, ce qui signifie que celle ci s'est brutalement étendue de plusieurs kilomètres. Je n'ai d'autres explications que de suggérer que l'un des hérétiques qui a échappé à nos purges ait pu se réfugier ici et développer un pouvoir plus puissant grâce à ce puits de noirceur...
-Etes vous conscient que vous et ceux qui ont participé à cela ont risqué la perte de Sparta et la déchéance au sein du Chapitre? grogna Honorius, la colère lui vrillant les entrailles.
-Je... Je n'ai jamais pensé que ça irait aussi loin. Je faisais confiance à Maître Scupios, voilà tout.
-Scupios répondra de ses crimes, mais que ce soit clair entre nous, vous y répondrez à ses côtés. Puissent l'Empereur et nos Ancêtres vous pardonner pour votre folie!
Ivre de rage, se sentant trahi, Honorius coupa brutalement la communication et sortit en trombe de son couvert, marchant armes en mains droit vers les élèves, dont la plupart tombèrent à genoux, tétanisés par une telle apparition.
Voyant approcher ce géant au corps d'obsidienne et au masque de mort, Priap et Laros s'inclinèrent avec crainte, tandis que Nektoos resta droit comme un i, le regard brillant d'une résolution indestructible. Honorius parvint à eux, et, d'un geste presque négligeant, leur ordonna de se redresser.
-Votre entraînement est terminé, vous qui pensez pouvoir prétendre devenir des Astartes. Le Chaos est ici, et nous allons le purger! Gardez l'âme pure et le bras sûr, et je n'aurai pas à achever votre misérable existence. En route!
-Droiture et Honneur. termina Nektoos en exécutant le signe de l'aquila avant de partir en avant de tous, arme en main.
Honorius hocha la tête de satisfaction. Certains d'entre eux semblaient au déjà au delà du risque de corruption. S'il condamnait fermement l'expérience hérétique de son Maître Chapelain, il devait bien reconnaître que l'exercice, aussi cruel soit il, avait porté ses fruits.
Le géant et les adolescents s'enfoncèrent dans la jungle tandis que résonnaient à nouveaux les hurlements bestiaux des ennemis corrompus par le Warp. Mais cette fois ils ne les attendraient pas. Ils iraient les chercher directement pour leur apporter la mort, le seul châtiment que ces abominations méritaient.


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Message par Corax Sam 25 Aoû 2012 - 17:49

J'aime toujours autant te lire Turielo.


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Message par Kairos le Tisseur Dim 26 Aoû 2012 - 7:23

Toujours aussi sympa. Bravo Turielo. What a Face
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Message par Turielo Mer 5 Sep 2012 - 13:53

LE CHAPELAIN A leur tête, les recrues retrouvèrent une grande ardeur, et ceux qui commençaient à souffrir de l'exposition malsaine au Warp semblèrent à nouveau focalisés sur leur mission. Honorius les mena de l'avant, armes au clair, vers l'endroit d'où semblaient s'élever les cris de sauvages carnassiers. Il n'y avait plus besoin d'être discret, et Honorius abattait son Crozius crépitant d'énergie sur les branchages de la jungles qui se consumaient instantanément pour leur libérer le passage. Priap avait prit la tête du groupe d'adolescent sans qu'aucun n'y trouva à redire, et son lance flammes crachotait régulièrement pour aider à dégager leur chemin. Le jeune homme jeta un regard en arrière et considéra les huit garçons qui le suivaient. Certains comme Gonok et Junos avaient connu de grosses difficultés au début de l'exercice, pour se concentrer ou suivre les ordres, et à présent leurs visages irradiaient de détermination. Hukarios, l'apprenti éclaireur timide et maladroit marchait d'un pas sûr et son regard était devenu aussi acéré que celui d'un rapace. Laros, le sombre et taciturne Laros que tous pensaient qu'il serait le premier à tomber dans la démence, était devenu un exemple de droiture et de détermination. Qortos s'était calmé et Kulios aussi, leurs signes alarmants de stress s'étant évanouis. Nektoos avançait tel le héros blessé refusant d'être vaincu, pâle et courbé, mais le regard brillant d'un moral féroce. Persos, qui fermait la marche, gardait toujours son fusil levé, ses sens en alerte. 2B était à nouveau ce groupe si prometteur, même en l'absence de leur chef de groupe original et de leur premier éclaireur.
Priap priait intérieurement que rien ne soit arrivé à son ami, même si l'absence de Theseus était trop longue pour augurer du bien. Il était peut être déjà mort, ou pire... Le Chapelain Sky Slaughter sembla devinait ce que le jeune garçon ruminait, et, sans ralentir sa cadence de colosse, il s'adressa à lui, son casque rendant une voix abyssale et terrible.
-Nous pleurerons nos morts un autre jour, garçon. fit il. Ce n'est pas le moment de se laisser distraire par ceux qui sont tombés.
-Mon esprit est clair et préparé, monseigneur. l'assura Priap.
-Tu ne peux le savoir avec certitude. Pouvoir affirmer que l'on est prêt à servir lors d'une situation difficile, et l'être réellement requiert un long entraînement. Mais ton esprit est fort, et si tu ne connais pas la mort ici, tu deviendra un bon néophyte. Peut être même un jour un des nôtres.
-Mon existence est vouée à la réussite d'une telle existence.
-Non!
La voix du Chapelain claqua comme une détonation, et cette fois il s'arrêta pour se tourner vers l'adolescent, sa haute stature de demi dieu le dépassant totalement. Priap se sentit défaillir mais se força à rester debout, à faire face à ce géant, quoi qu'il advienne de lui.
-Ton existence est vouée à l'Empereur, et à rien d'autre. Si tu te détourne de Lui, alors tu mourras. reprit Honorius, sombrement. Rappelle toi bien ceci, Priap de Taygète. Et peut être que tu survivra assez longtemps pour comprendre le véritable sens de ce devoir.
Pripa hocha la tête, déglutissant avec peine. Ce n'était pas vraiment un reproche que le Chapelain lui avait fait, mais le poids de ses paroles pesait lourdement sur ses épaules. Et il n'était pas seul. Il sentit tout le groupe tressaillir à l'entente de ces mots de foi pure.
Honorius reprit son chemin sans un mot de plus, et les élèves le suivirent sans bruit.
Un hurlement bestial retentit tout prêt d'eux et ils se braquèrent tous en sa direction. Honorius fut intérieurement satisfait d'observer que chacun des élèves avait son arme prête à servir, sans avoir fait l'erreur de s'en servir sans plus y penser. Il leva une main pour qu'ils baissent leurs fusils et s'approcha de la source du cri, écartant sans mal les lianes et hautes herbes sur son passage, comme si la nature elle même s'inclinait devant son aura de puissance.
Le Chapelain trouva enfin la source des cris et fut immédiatement révulsé par leur nature ignominieuse. On ne pouvait vraiment savoir ce qu'avait été cette pauvre chose auparavant, un animal ou un être humain, tant elle était déformée au delà de toute raison par la corruption du Chaos, amas de chair informe ruisselant de sang, de bile, d'excréments et d'autres fluides impossibles à identifier, gargouillant, poussant des gémissements terrifiants. Sa tête hypertrophiée reposait sur le côté, son poids anormal la tirant lentement et douloureusement au sol. Deux bras aux articulations impossibles étaient cruellement cloués à un tronc massif, et ses jambes réduites à deux moignons sanglants pendaient dans le vide. La créature ne devait pas faire plus d'un mètre de haut et pourtant elle vagissait comme toute une horde de bêtes à l'agonie, épinglée comme elle l'était sur cet énorme tronc, portant multitude de marques de tortures. Sur le sol et tout le pourtour du moignon d'arbre étaient gravés d'infâmes symboles dont l'origine n'était en aucun cas sujet au doute pour Honorius. Sur le torse boursouflé de la chose secouée de spasmes et de frémissements était étalée une large étoile à huit branches, taillée profondément dans la chair, et qui semblait irradier d'une énergie nauséabonde. Deux yeux laiteux fixaient désespérément le Space Marine, semblables à des bubons jaillissant des replis de peau gangrénée. Honorius y lut de la pitié et une tourmente inimaginable.
Il appela les élèves auprès de lui et leur montra l'affreux spectacle de son Crozius.
-Regardez, jeunes mortels, où mène le chemin damné du Chaos. Contemplez ce qui représente votre plus mortel ennemi.
Plusieurs élèves vomirent instantanément à la vue du cauchemar hurlant, d'autres laissèrent échapper un chapelet de prières. Honorius les laissa assimiler la macabre vision, avant de dégainer son pistolet et d'en appuyer le canon sur le crâne fripé de la créature.
-Il n'y a aucune rédemption possible lorsque vous succombez aux Forces de la Ruine. Et si le Chaos ne vous consume pas lui même, nous vous purgerons pour votre faute. Comprenez ceci: le Chaos, en dépit de toutes ses infectes promesses, ne mène qu'à une seule issue. La mort.
Il appuya sur la détente et la moitié du corps de la bête supplicié explosa en une gerbe de sang et d'os, et l'autre tomba lourdement à terre dans un bruit humide et écœurant.
A peine eurent ils digéré la dure leçon que les élèves durent se remettre en chemin, Honorius ne leur laissant aucun répit. D'autres hurlements semblables à ceux de la créature qu'il avait abattue retentirent alors. L'esprit amélioré du Space Marine étudia la position de chaque hurlement et un schéma se dessina dans son crâne.
-Une barrière. murmura-t-il. Ces créatures sont disposées en cercle, comme une barrière. Nous venons de pénétrer sur leur territoire.
-Tant mieux. fit une voix derrière lui et il reconnu l'élève Nektoos. Nous allons porter la mort directement chez eux, au Nom de l'Empereur et de nos frères disparus.
Sous son masque de mort, Honorius s'autorisa un sourire. Ils n'avaient pas encore effectué le Rituel que leurs esprits étaient déjà capables de raisonner comme des Astartes. Scupios avait-il eu raison d'instaurer un exercice aussi dangereux? Le doute n'était pas permis pour un Space Marine, et Honorius refoula ses pensées. Le Maître Chapelain Scupios était peut être son supérieur, mais il avait fauté envers le Chapitre et envers l'Empereur. Que le résultat de son expérience clandestine soit bon ou pas ne faisait aucune différence, il devrait répondre de ses actes.
Etait-ce la forte présence d'énergies obscures en ces lieux ou une simple impression, le ciel s'assombrissait très rapidement, sans pour autant diminuer la chaleur étouffante. Des parasites envahirent par intermittence sa vision mais l'esprit de son armure était toujours aussi paisible et alerte. Honorius écarta d'autres lianes en s'avançant dans la zone compromise, et s'aperçut qu'elles étaient entièrement putréfiées, filaments de moisissure pendouillant au cadavre desséché d'un arbre squelettique. Le sol était sec et craquelé, et les roches noires et à la silhouette aiguisée. Il n'y avait aucun doute possible. Ils parvenaient dans l'oeil du cyclone. Cela allait être pour les élèves de Taygète l'épreuve suprême, qui ferait du Rituel une franche rigolade en comparaison, et c'était bien évidemment là le but qu'avait dû rechercher Scupios. Mais le sort des adolescents, Honorius ne s'en préoccupait pas. Qu'ils survivent ou qu'ils tombent, son devoir à lui était de s'assurer que l'infestation du Chaos soit stoppée ici et maintenant...
Des grognements et grattements surgirent d'un peu partout autour d'eux. L'ennemi était là et guettait ses proies avant de fondre dessus sans aucune pitié.
Le cyclone se réveillait...


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Message par Corax Mer 5 Sep 2012 - 16:53

Toujours aussi intéressant. Very Happy


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Message par Turielo Mar 25 Sep 2012 - 14:42

LE MACABRE FESTIN venait de prendre fin et le jeune élève dut faire tout les efforts du monde pour s'empêcher de jeter un regard en direction de ce qui restait des morts, ceux qui avaient été il n'y a pas si longtemps des adolescents la tête pleine de rêves et le corps en pleine transformation pour aspirer à devenir des demi dieux au service du Père des Etoiles. Ils étaient pourtant morts au nom d'autres dieux, avatars de haine et de déviance humaine, l'Annihilateur Primordial comme le nommait parfois le vieux Didaskalos de la Caserne.
Theseus tendit son oreille exercée et entendit les monstres jubiler de leur oeuvre sanglante, absorbant les dernières gouttes de vie arrachée aux jeunes élèves, s'esclaffant comme les déments qu'ils étaient, criant, hurlant, grognant. Mais quelque chose arriva, et les réjouissances sauvages s'interrompirent brutalement. Il ne compris pas immédiatement, mais finit par distinguer d'autres cris, lointains, et des claquements secs et répétés. Une attaque.
-Par l'Empereur tout puissant, ils m'ont retrouvé... souffla Theseus, le coeur bondissant de joie et de reconnaissance.
Ce fut loin d'être le sentiment partagé par les choses damnées qui se tenaient non loin de lui. Ils se mirent à siffler, cracher et vociférer leur rage, certains courant déjà loin devant, sa soif de sang le pressant à se précipiter au carnage. Theseus entendit la Voix hoqueter de frustration, et, relevant la tête assez pour le distinguer, le vit se redresser autant que son corps difforme le lui permettait pour invectiver ses compagnons démoniaques par des grands gestes et des claquements secs et nerveux de ce qui lui tenait lieu de mâchoire.
-Le Sanctuaire! beugla-t-il. Bande de chiens, ils attaquent le Sanctuaire! Allez les trouver, tas de cloportes! Allez les trouver et déchirez les aux noms des Sombres Puissances!
Dans sa rage, il sifflait comme un asthmatique mourant, et Theseus se jura de voir sa peau cadavérique palpiter d'une affreuse lueur malsaine. Il sentit ses poils se dresser dans sa nuque comme ils l'avaient fait lorsque la Voix était arrivée auprès des âmes qu'elle avait détourné de la Lumière de Terra et le jeune homme vit les deux poings griffus de la créature irradier d'un masse confinée d'éclairs écarlates, crissant et sifflant comme une légion de serpents fous.
Alors que les démons difformes fonçaient à toutes jambes vers le lieu des combats, la Voix lança un hurlement ahurissant vers le ciel qui se couvrait comme un soir d'orage, et se lança à son tour en chasse, claudiquant comme un éclopé, et pourtant progressant à grande vitesse, son bâton maléfique pointé de l'avant, prêt à frapper et tuer.
Etait-ce son hurlement rageur, Theseus ne parvenait pas à le deviner, mais une pluie fine se mit à tomber sur la jungle alors que le ciel se gonflait de gros bouillons de nuages noirs et menaçants. Le jeune homme sans défenses attendit quelques instants avant de décider que la zone était sûre, et sortit du bunker à pas de loups. Personne. Il se redressa, sa garde toujours levée, la hache primitive fermement tenue dans une main, l'autre poing grossièrement renforcé par une liane enroulée autour de ses doigts serrés.
La vision qui s'offrit alors à lui le fit vomir aussi sûrement que si on lui avait porté le plus puissant des coups au ventre. Un tas de viande éparpillée et d'os brisés figurait l'endroit où avaient été consommés les enfants tués par les créatures qui avaient autrefois été leurs frères. Reprenant ses esprits, Theseus commença à avancer vers les cavernes, prenant soin de ne pas poser les pieds dans les organes réduits en bouillie informe, et ne pouvant plus en dégager son regard malade.
Finalement il atteignit l'entrée de la caverne et écouta brièvement les résonances du combat qui avait éclaté à ce qu'il estimait à un ou deux kilomètres à l'est, avant de s'engouffrer à nouveau dans l'obscurité fraîche, en quête de ses armes et équipement.
Il progressa lentement et prudemment dans les boyaux hasardeux de la structure naturelle jusqu'à déboucher sur une autre petite salle qui s'ouvrait sur l'extérieur.
Au centre, cerclées de pierre, luisaient encore des braises rougeoyantes au milieu desquelles subsistaient quelques bris d'os noircis. Dans un coin de la cavité, un empilement de caisses défoncées et à son grand bonheur, jetées à terre négligemment, ses affaires.
Et en plein devant l'entrée, se tenant voutée, secouée de tremblements et émettant un grognement absurde, une silhouette, le fixant intensément de deux yeux injectés de sang, ses poings crispés recouverts de sang frais jusqu'aux coudes.
-Theseus... grogna la silhouette la bouche tremblante écumant d'une rage décuplée. Je suis content que tu sois encore en vie... Aides moi, mon frère! Aides moi à lutter contre les voix!
Elle tituba vers lui comme un dément, et Theseus se figea en reconnaissant l'être devant lui.
-Aides moi avant que je te tue pour elles! hurla Xanos.


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Message par Corax Mar 25 Sep 2012 - 16:38

Toujours aussi haletant.


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Message par Turielo Mar 2 Oct 2012 - 14:17

LE PREMIER DÉMON qui jaillit hors de méandres pourrissantes de la jungle corrompue portait sur lui les restes d'une tunique de la Caserne, qui s’éparpillèrent lorsque son poitrail explosa en une gerbe de viande et de bris d'os. Le second bolt tiré par Honorius vaporisa la tête difforme d'un autre égaré, qui arborait des haillons ayant été autrefois une belle tunique des Phalanges Spartiates.
Le Space Marine dénombra une vingtaine d'hostiles en approche rapide, la soif de sang les rendant complètement fous et suicidaires. Priap fit chanter son lance flammes qui incinéra en feulant un groupe de trois abominations qui se recroquevillèrent à terre en glapissant de douleur. Nektoos usait de son bras invalide comme support à son arme, tirant coup après coup en avançant, faisant exploser crânes et cages thoracique. Laros choisissait ses cibles avec soin et à chaque fois qu'il pressait la détente, il interrompait brutalement une vie. Les autres élèves suivaient en tirant de concert, ne laissant pas un seul instant l'avantage à leurs monstrueux assaillants, Hukarios bondissant de couvert en couvert, Qortos s'efforçant de défendre son matériel en se préoccupant des menaces directes, laissant Kulios éliminer des cibles plus distantes. Gonok, Persos et Junos se déployaient en marge de la formation afin de prendre l'ennemi de revers.
La vague ennemie déferla avec son lot d'horreurs et d'absurdités, des êtres autrefois honorables, dont l'âme avait irrémédiablement flanché et qui marchaient à présent sur le chemin impardonnable de la damnation. Honorius, en sa qualité de Chapelain, laissa toute son horreur pour ces renégats déferler à travers ses armes, purgeant l'hérésie par le Crozius et le bolter, donnant la mort à ces êtres qui avaient si honteusement tourné le dos à l'Empereur de l'Humanité, pour adorer de vils puissances et commettre l'inavouable.
Les élèves quant à eux se battaient avec ardeur, faisant chanter leur foi dans les braillement secs de leurs fusils, faisant de chaque balle l'annonciatrice du Jugement de l'Empereur. Leurs bouches murmuraient des prières à leurs Ancêtres et au Trône d'Or et leurs cœurs bouillonnaient d'une rage innée pour les Sombres Puissances et tout ce qui était un danger mortel pour l'Humanité.
En quelques secondes semblant se dérouler au ralenti, plus de la moitié du groupe de créatures démoniaque fut abattue, et ils ne tarderaient pas à venir à bout des survivants qui se désespérément sur eux avec comme seule motivation l'illusion d'une glorieuse récompense de la part de Dieux dont ils étaient les jouets.
-Il en arrive d'autres! prévint Laros en faisant disparaître les jambes d'un mutant d'un tir et l'achevant d'un autre qui dispersa son crâne.
-Quinze contacts en approche sur notre droite. confirma Hukarios en se plaquant contre un tronc malade pour recharger son arme.
Des grognements inhumains et des hurlements de rage primaire annoncèrent l'arrivée des hérétiques qui bondirent par dessus les hautes herbes desséchées pour fondre sur le groupe.
Les trois élèves partis sur le côté prirent la nouvelle vague de plein fouet. Persos mourut en premier, ouvert de la pointe du sternum au bas du ventre par une immense paire de griffes, laissant échapper à terre ses intestins fumants. Avant même qu'il ne réalise sa blessure mortelle, un revers des griffes lui arracha la gorge, envoyant violemment sa tête pendre en arrière tandis que son corps secoué de soubresauts tombait à genoux, un sang artériel giclant à gros bouillon de la blessure fatale.
Junos vengea son frère en fracassant le crâne du meurtrier démoniaque à coups de crosse, perdant la seconde d'après une large portion de sa main gauche sur laquelle se referma une énorme mâchoire. De sa main restante, il fit pivoter son fusil, l'appuyant sur le front craquelé du renégat qui l'avait blessé et appuyant sur la détente en fermant les yeux, sentant immédiatement une matière visqueuse et chaude asperger son visage.
Il rouvrit les yeux juste à temps pour voir arriver l'excroissance osseuse plongeante qui vint le décapiter.
Gonok parvint à supprimer deux monstres avant de battre en retraite, échappant à une pluie de coups meurtriers. Quelque chose rebondit sur son épaule, et, tandis qu'il sautait en avant, manquant de trébucher, il entraperçu la tête de Junos rouler au sol, ses yeux vitreux emplis d'une expression de vague surprise. Le sol qui n'était qu'une étendue de terre sèche et craquelée lorsqu'ils étaient arrivés était devenu un infâme bourbier d'humus et de poussière mêlés au sang et aux organes pulvérisés.
Gonok parvint à se rétablir de justesse et lâcha un tir en arrière, fusil plaqué à la hanche, avant de rejoindre ses frères dans la mêlée, se retrouvant épaule contre épaule avec Priap qui vit immédiatement la menace arriver et déploya sur les attaquants une longue langue de prometheum incandescent qui les consuma tous d'un coup.
Leurs cris d'agonie ressemblaient à ceux d'une bête qu'on noie, leurs poumons s'emplissant de liquide à mesure que le prometheum les rongeait. Leurs gargouillis infâmes s'éteignirent à peine trois secondes après qu'ils eussent pris feu.
-Persos? demanda Priap dans un souffle, en faisant promener son déluge de feu vers un autre groupe d'ennemis qui l'évitèrent de peu.
-Mort, tout comme Junos. répondit Gonok tout en envoyant valser un ennemi d'un tir en plein ventre.
Priap ne fit aucun commentaire, réservant le deuil pour plus tard. Il appuya sur la cuillère de son lance flammes et fit rôtir cinq autre créatures dans un infâme concert de piaillements d'agonie. Son arme pour sa part rendit un dernier crachotement pathétique. Son réservoir n'avait plus une goutte de carburant.
Les monstres, débarrassés du risque de se faire incinérer au moindre pas, se regroupèrent immédiatement en une masse compacte pour foncer sur le groupe, hurlant de haine, vociférant leur soif de carnage. Cette charge aveugle signa leur perte. Une salve de tir leur répondit, en envoyant un bon tas à terre, faisant exploser les corps, mutilant et exterminant une dizaine d'hérétiques en moins de trois secondes. Honorius fit un grand pas en avant pour accueillir le reste de la vague comme il se devait, envoyant voler en l'air, presque coupé en deux, un des égarés d'un grand coup ascendant de son Crozius crépitant d'énergie, alors même qu'il lâchait bolt sur bolt sur les autres, son champ de vision du moment se résumant à un immense massacre et une pluie de viande corrompue retapissant son armure d’ébène.
-Ressentez la Colère de l'Empereur, vous qui l'avez trahi en vendant votre âme putride aux Seigneurs de la Déchéance! hurla-t-il à la face des hérétiques qui tentaient vainement de le submerger.
Une poignée de secondes plus tard, le dernier des assaillants tomba face contre terre, encore agité de spasmes, fendu de travers par un coup de Crozius, sa chair calcinée grésillant en répandant dans l'air une immonde odeur de chair brûlée. Honorius écrasa la tête du mourant de sa botte, la terre humide de sang étouffant à peine le bruit écœurant de la boîte crânienne réduite en bouillie.
Le Chapelain se tourna vers le groupe d'élèves survivants, déjà affairés à recharger leurs armes pour reprendre la progression. Priap détacha son lance flammes vide et s'arma de sa longue machette tandis que Hukarios aidait Qortos à se bander une profonde entaille dans la cuisse droite.
-Statut? réclama Honorius au groupe.
-Persos et Junos sont morts, Qortos a reçu une blessure superficielle à la cuisse. l'informa diligemment Laros en passant son fusil en bandoulière pour se rapprocher. Munitions épuisées à la moitié, monseigneur.
Honorius hocha la tête pour toute réponse. Il accrocha du regard les cadavres des deux élèves tombés.
-Leur nom sera consigné dans les registres de la Caserne. dit-il. Mais nous ne pouvons rien faire de plus pour eux. Laissez les là. On reprends la progression.
Une vague de murmure endeuillé accusa réception de l'ordre et le groupe se remit en marche. Honorius réprima un grognement d'aversion, alors même qu'il sentait l'influence du Warp de plus en plus fortement.
Ils arriveraient bientôt en vue de leur véritable objectif.


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Message par Solathen Mar 2 Oct 2012 - 16:44

Toujours un vrai plaisir de découvrir un nouvel épisode


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Message par Corax Mar 2 Oct 2012 - 19:46

C'est clair, c'est toujours aussi bien écrit .


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Message par Turielo Ven 26 Oct 2012 - 20:34

petit up du sujet pour signaler la mise en stand by de cet écrit, pour plusieurs raisons:
-comme dit précédemment, je compte apporter une importante modification au niveau de certains passages, notamment tout un chapitre voué à disparaître. Préférant ne pas éditer les posts précédents, je compte faire une mise à jour adéquate le moment venu.
-le principe initial du roman était de suivre les aventures à la fois des Sky Slaughters et des Praetors. Néanmoins, l'écriture en pâtit puisque au final les deux histoires ne se lieront pas dans l'immédiat. J'ai donc pris la décision de scinder le récit en deux romans disctincts: un sur les Sky Slaughters, l'autre sur les Praetors, avant de les réunir à un moment donné.
-Suite à quelques recherches fluff tardives, certaines choses doivent être revues, et cela implique un travail plus long, ce qui bloque du coup la trame. Il est probable également que le récit change suivant ces changements.

Etant donné qu'il s'agit du second livre dans ma chronologie établie, je compte m'en chargé de façon à pouvoir livrer une oeuvre finie et définitive une fois le premier livre (Ultlèndr) achevé de bonne manière.

NOTE: Il en va de même pour "Pour l'Empereur Malgré Lui" qui, malgré une réécriture avancée, subira aussi certains changements (mineurs) et sera livré au final sous une forme définitive. Etant donné que plus des trois quarts du travail sont déjà achevé, sa version finale devrait être livrée à peu près en même temps que Egorgeurs des Cieux qu'il est sensé suivre dans la trame chronologique.

Désolé du désagrément, la suite donc plus tard que prévu, mais bientôt j'espère.

PS: il s'agit pour moi aussi de cesser de jongler sur plusieurs période au risque de m'emmêler les pinceaux. j'ai donc décidé de livrer mon travail suivant l'ordre chronologique que je me suis donné.


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Message par Sanguinius Ven 26 Oct 2012 - 20:39

Eh bien, je viens de tout lire et ma foi c'est...génial. Très bon style d'écriture, des personnages qui ne sont pas des têtes à claques et des histoires qui tiennent debout.
Superbe boulot, Turielo. Ça a du te prendre un temps fou. Wink


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Message par Turielo Ven 26 Oct 2012 - 20:58

ça me prends en effet un temps extraordinaire doublé d'heures et d'heures de recherches et de travail de fond.
C'est pour cela que je mets ce projet ci en suspens, afin de pouvoir le rendre meilleur encore.
Merci pour le compliment! Smile


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Message par Corax Sam 27 Oct 2012 - 17:42

Pas de problème pour moi, tu recommences quand tu veux .


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Message par Turielo Ven 1 Mar 2013 - 14:51

Comme promis, l'écriture de "Egorgeurs de Cieux" reprends cours. Livre I de la "Croisade Maudite", intrigue majeure de mes "Chroniques de l'Ordre de l'Epée", je l'ai retravaillé afin de ne plus mélanger la partie concernant les Astartes du Chapitre des Sky Slaughters et les Gardes Impériaux des Praetors.
La trame temporelle ne change pas vraiment, et certains passages restent inchangés, tandis que d'autres se sont vu réécrits, partiellement ou plus en profondeur. D'autres passages sont même inédits.
En ce qui concerne les Praetors, le même travail a été effectué, et je serai à même de vous mettre tout cela à disposition fort bientôt. Livre II des "Chroniques", sa réécriture a suivi le même processus: certains passages sont inchangés, d'autres son inédits ou retravaillés.
Dans un soucis de cohérence, je vais poster tout depuis le début du roman, partie par partie. Pour éviter l'effet doublon, certaines parties inchangées, certains posts seront plus longs que d'autre, deux partie d'un coup.
"Ùtlendr" continuera d'être posté le samedi, et "Egorgeurs des Cieux" sera posté le vendredi.

"Egorgeurs des Cieux" prends place quelques mois après le Désastre de Nubia, à peu près au même moment où débute "Ùtlendr". Il se veut un aperçu du Chapitre des Sky Slaughters, l'un des plus droits au sein de l'Ordre, venus chercher leurs nouveaux néophytes alors qu'une nouvelle guerre se prépare. Toutefois, de sombres évènements sont en oeuvre, et le combat qu'ils vont porter n'est pas celui qu'ils attendent.

Note pour ce post: deux parties: partie 1 avec changements mineurs, partie 2 sans changements.


***

PREMIER PARTIE
Élève


***

Chapitre 1:
Retour triomphal - La guerre nous appelle

sept mois après le Désastre de Nubia

LE LARGE GLOBE tournoyait à une vitesse imperceptible dans le froid éternel du cosmos, ses reflets bleutés avivés par la lueur d'or projetée par l'étoile incandescente du système. La planète semblait faite de marbre, un marbre d'un bleu glacial veiné de vert et de couleur terre, strié de longues bandes nuageuses d'un blanc crémeux, léchant ses courbes, jetant ici une pluie fraiche et là une ombre grisâtre et cotonneuse.
La lune cristalline qui gravitait autour brillait d'un éclat nacré, une perle accrochée au vide spatial, boule de de glace aux cratères noirs et aux crevasses obscures.
Le soleil frémissant accrocha un instant les pourtours métallisés de l'imposante barge de bataille qui approchait du globe terrestre, faisant luire ses longues traversées de métal poli, découpant avec netteté les arrêtes de ses vénérables flèches faisant ressembler le vaisseau à une gigantesque cathédrale mouvante.
Les gigantesques propulseurs lancés à vitesse de croisière luisait d'un feu cyan en grondant faiblement, le son étouffé par le vide sidéral.
Le Spartacus glissait lentement vers son point d'attache pour s'ancrer en haute orbite au dessus de la planète Sparta, sur sa face nimbée de la lumière de l'aurore délivrée par Zeus, le soleil du système Olympus.
La barge de bataille aux reflets bleus et sang arborait sur un de ses flancs un insigne titanesque représentant un faisceau d'éclairs crépitants noués en leur milieu par un délicat cordage végétal.
S'étalant sur la proue, un aigle bicéphale d'or étendait ses ailes sur la lame effilée qui constituait le nez du béhémoth de métal et d'adamantium, rivant son double regard vers l'immensité de l'espace, ses deux têtes de rapaces pointées en avant.
Autour de l'imposante barge filaient lentement trois autres vaisseaux plus petits, semblables à des lames, tranchant dans les remous du cosmos. Les trois petits croiseurs suivaient l'ombre de leur grand frère hérissé de canons pour aller mouiller au dessus de Sparta dans une formation triangulaire parfaite.
Quelques instants plus tard, le ventre du géant s'ouvrit et un groupe de navettes fila vers la surface, s'éclairant subitement en boules de feu mouvantes à mesure qu'il pénétrait l'atmosphère frottant les ventres d'acier en les chauffant à une température extrême.
Filant au dessus de plaines verdoyantes et de champs dorés, les quatre navettes se dirigèrent vers une grande cité millénaire, tendant ses flèches vers le ciel et jetant ses tentacules d'habitations dans les grandes plaines sauvages l'environnant.
La cité aux reflets d'argent et de cuivre semblait brûler de mille feux à mesure que l'aube la touchait de ses doigts délicats, repoussant la fraicheur de la nuit et le léger brouillard qui restait accroché en bas, s'étalant comme une nappe laiteuse sur les reliefs courbés du paysage paradisiaque de Sparta.
Atteignant une des plus hautes spires de la cité, bâtie d'une pierre dorée et surmontée d'un grand aigle en envol, les quatre navettes produisirent une élégante courbe avant de se poser gracieusement sur l'un des ponts raccordés à la longue tour haute de plusieurs centaines de mètres.
Dominant majestueusement le comité d'accueil rassemblé devant le pont, les navettes sifflantes et crachant de lourds nuages de vapeur firent descendre leurs rampes d'accès pareilles à des bouches béantes, et libérèrent chacune un groupe de guerriers.
Les colosses aux armures de céramite peintes d'un bleu marin et lardées d'éclairs rouges avancèrent pesamment vers le groupe d'individus les attendant, emmitouflés dans de lourds manteaux laineux en se protégeant le visage des bourrasques chaudes crachées par les navettes de transport.
Les guerriers géants étaient impressionnants à observer, une vision de perfection martiale et de vénérable existence se dégageant de chacun d'eux. Celui en tête était sans doute le plus grandiose, engoncé dans une armure du même bleu rehaussé d'une multitude de délicates dorures présentant des bas reliefs aux figures saintes et apaisantes, une poignée de parchemins fatigués virevoltant de toute part. Une lourde épée pendait à son côté et un magnifique bolter ouvragé martelait son autre flanc à chacun de ses pas.
Son casque, surmonté d'une crête lui courant du front jusqu'à l'arrière de la nuque et dont le panache noir flottait dans le vent matinal, était un masque mortuaire aux yeux flamboyants, un éclair doré lui partant des arcades sourcilières pour aller frapper les hauteurs de son visage de métal. A son cou pendait un lourd pendentif représentant une épée aux ailes déployées qui rebondissait dans un bruit clinquant sur son plastron majestueusement décoré, sur lequel était sculpté un aigle d'or jetant ses ailes royales de chaque côtés, ses deux têtes tournées dans un sens opposé, tenant des grappes de foudre dans chacune de ses serres.
Une lourde cape vermeille flottait en claquant tel un fouet dans son dos, ses bordures brillant d'entrelacs dorés et argentés.
Derrière l'être à l'allure seigneuriale, un autre guerrier avançait, tenant à deux mains un grand drapeau gonflé par le vent, tendant un motif délicatement tissé qui présentait la même représentation de foudre liée, ses éclairs frappant en bas de l'image de sordides ennemis aux visages haineux, les consumant dans un grand brasier. Accrochée sur la couronne de feuilles qui enserrait les arcs électriques, une large goutte d'un sang artériel auréolée d'une aura d'un blanc sablé.
Le géant de métal et de céramite s'arrêta devant le comité d'accueil et retira son casque à cimier dans un petit sifflement à mesure que les fermetures hermétiques se relâchaient et présenta à l'assistance un visage d'une grande beauté, creusé de fines rides et de cicatrices anciennes.
Son profil anguleux et carré, d'une peau blanche comme la neige, respirait la sagesse et la noblesse. Ses cheveux blonds descendant sur ses épaules en cascades scintillantes reflétaient la lumière du soleil matinal, luisant tel une auréole dorée, faisant de ce visage martial un visage de saint guerrier, comme ceux dont on parle dans les légendes anciennes. Un ange protecteur qui traquait et abattait les perfides ennemis de l'Humanité.
Son regard d'un bleu mordant était fait d'un mélange de douceur et de dureté, d'amour et de colère.
Sa mâchoire carrée était cachée par une courte barbe aux mèches dorées, fine et délicatement taillée comme une pointe d'épée, au poil dru comme de la paille, ondulé comme la laine et dorée comme le blé.
Sur le haut de son crâne, enserrant sa tête, une couronne de lauriers d'or blanc achevait de donner à ce visage martial une apparence divine.
Le Space Marine salua l'assistance en faisant le signe de l'aquila tout en courbant la tête légèrement, tandis que l'un des membres de l'assistance s'avançait avec un grand sourire lui illuminant le visage. C'était un petit homme courbé, à la longue barbe d'un blanc neigeux et aux longs cheveux tressés en une couronne aux mèches torsadées. Son grand âge le faisait paraître comme un vieux sage resplendissant d'une noblesse antique.
Il courba la tête, et son buste du mieux qu'il put, écartant ses bras maigrelets en une élégante révérence avant de se relever avec peine et d'afficher à nouveau son sourire jovial qui lui dessina de petites pommettes rosâtres.
-Maître Grivus, nous nous réjouissons de votre retour parmi nous! dit il d'une voix éraillée par l'âge. Votre victoire nous est déjà parvenue, et les célébrations n'attendaient que votre arrivée et celle de vos guerriers, que l'Empereur les bénisse tous.
-Merci à vous, Akiles Athenai. répondit le Maître de Chapitre Fredrich Grivus. Je vois que vous êtes toujours en grande forme, vénérable Ancien...
-Mon grand âge ne permet plus grand chose, monseigneur, mais la vie demeure d'une grande clémence à mon égard, il est vrai...  répondit en riant Athenai, le Grand Ancien de Sparta.
Un homme dans la force de l'âge s'avança à son tour et salua le Maître de Chapitre. Il était relativement grand et habillé d'un majestueux uniforme impérial, l'aigle bicéphale doré de Terra flamboyant sur sa cuirasse de fer. Son visage taillé à coups de serpe et encadré par une fine chevelure noire semblait d'une grande dureté, mais tous savaient ici que le Gouverneur Flavien Dekris était un homme d'une grande bonté et doué lui aussi d'une grande sagesse.
Originaire d'un monde proche du nom de Patria Secundus, le hors monde avait accédé au rang de Général dans la Garde Impériale après une glorieuse victoire contre les Orks dans le sous secteur Gaïa, vingt années auparavant, à la tête du 13ème Patrien, alors presque entièrement décimé. Il s'installa sur Sparta peu de temps après la dissolution des reliquats de son régiment, et il se plaça au service du Gouverneur Otakis. Lorsque celui ci fut au seuil de la mort, il demanda à ce que son successeur soit ce « sage étranger qui aima notre monde comme le sien ».
Depuis, Dekris, devenu Gouverneur planétaire de Sparta et siégeant au Conseil d'Olymp, en charge du système d'Olympus, s'était montré à la hauteur de la tâche qui lui fut confiée, et devint un homme respecté et aimé par son peuple.
Fredrich Grivus l'accueillit avec un hochement de tête bienveillant et se frappa le plastron dans un antique geste de salut martial, ce qui ne fit qu'accentuer le sourire du Gouverneur qui répéta le geste.
-Monseigneur, c'est une grande joie de vous voir de retour et victorieux. commença le Gouverneur. Le Grand Adepte d'Itaquia vous adresse ses respects et félicitations pour votre triomphe, et le Gardien de Styx vous fait part de son impatience quant à votre retour à la Forteresse. Il est plus qu'heureux de vous apprendre que de nouvelles recrues satisfaisantes attendent votre arrivée pour se soumettre à votre commandement. Olympus tout entier célèbre en ce moment même votre victoire sur les viles forces du Chaos.
-Eh bien je suis heureux et satisfait de l'apprendre... répondit Grivus en hochant du chef, amusé par la façon dont Dekris avait décrit la réaction de Priam Agammon, le Gardien de Styx, planète du Chapitre, et Capitaine de la Garde d'Honneur. Il s'imaginait déjà son frère l'inonder de paroles reconnaissantes et congratulant le triomphe de son Chapitre. Mais la douleur causée par le Désastre de Nubia était encore vive dans sa poitrine, et même si son propre Chapitre n'en avait pas trop souffert, les pertes de ses frères et amis le peinaient grandement. Balayant ces sombres souvenirs de son esprit, il reprit.
-Où en est la levée de l'armée d'Olympus?
-Le recrutement s'est très bien déroulé, selon nos espérances, et le système est à nouveau pleinement fortifié. De plus, trois régiments de la garde Praetor ont été renforcés avec succès, prêts à rejoindre leur monde pour reprendre du service, selon votre demande. Le Consul Justius nous a adressé ses remerciements et déclare que sa Garde possède à nouveau près de vingt régiments aux effectifs complets, et actifs dans le secteur et au delà. L'Ordre a accueillit cette nouvelle avec beaucoup de satisfaction et a décrété que le double serait facilement atteint d'ici une ou deux décennies, tout au plus.
-Le Consul n'a pas à nous remercier de la sorte, c'est mon devoir de Protecteur d'Olympia et d'ami. Leur Garde ne peut demeurer aussi faible laissant le sous secteur sans protection, aussi ai-je proposé l'aide de nos fiefs. acquiesça Grivus. Le Chaos les a laissé exsangues mais leur détermination est toujours aussi forte. Je suis confiant en la volonté du Consul pour continuer à défendre notre sous secteur et Mythos comme il le faut.
De nombreuses personnes hochèrent la tête en silence, approuvant la décision qu'avait prise Grivus peu avant son départ pour le secteur voisin, de recourir à un recrutement de masse dans son propre système pour combler les trous laissés dans les rangs alliés, et notamment ceux des Praetors, pratiquement décimés après la récente incursion du Chaos, il y avait quinze ans de cela, lors de la Treizième Croisade Noire du Fléau, puisse son nom être mille fois maudit. Cet acte de renfort militaire à grande échelle était le premier dans l'histoire du sous secteur Hellàs, d'autres à plus petite échelle ayant été acclamé des siècles auparavant, et ce depuis que les mondes de ce sous secteur en bordure de territoire connu s'étaient rapprochés pour la plupart au sein de la Ligue Hellénique afin de faire front commun contre les ennemis de l'Empereur.
Cette aide militaire hors du commun était favorisé par les statuts de Sparta et Styx en tant que mondes Astartes, et par là non concernés par les dîmes militaires imposées par le Departmento Munitorum. Le Décret de Sparta, à l’initiative de Grivus, avait donc permis au Maître Sky Slaughter de charger ses vassaux de recruter assez d'hommes pour renforcer les rangs meurtris de leurs voisins, de façon à accélérer leur remise sur pieds.
Les premiers jours avaient été saisissants par l'engouement soudain qu'avait suscité l'aide demandée, le peuple de Sparta ayant rapidement répondu à l'appel, de même que les mondes voisins inféodés ou alliés de longue date au Chapitre.
Grivus coupa court aux discussions, sentant ses interlocuteurs frissonner dans la fraicheur matinale, rendue mordante à cette hauteur.
Tous rentrèrent dans la vaste salle de réception de la loge gouvernementale où était déployé une vaste table de banquet, ployant sous le poids des nombreuses victuailles présentées, avec une foule encore plus dense, près d'une bonne cinquantaine de politiques, seigneurs de clans, officiers en tout genres, qui acclamèrent le retour de leur seigneur Astartes dans une grande ovation, leurs applaudissements enjoués roulant comme le tonnerre dans la grande salle de festivités.
Grivus leva une main apaisante pour rétablir un semblant de silence, les remerciant tous de leur loyauté et de leurs remerciements à son égard.
Puis tous s'employèrent à fêter comme il se devait cette nouvelle victoire en chantant, buvant et festoyant de plus belle, avides d'écouter les récits des combats glorieux qu'avaient vécu les guerriers Space Marines.
Alors que l'aube acheva de s'installer sur cette face de Sparta, les réjouissances commencèrent au sein de la flèche du gouvernement, tandis que dans chaque rue de la cité la fête battait son plein, les habitants célébrant dans la joie et dans l'allégresse la nouvelle victoire de leurs protecteurs surhumains. Des notes de musiques entraînantes résonnèrent de partout et les acclamations que la foule en liesse scandaient résonnèrent dans toute la cité et dans ses alentours. Le vin coula à flot, les baratis, bétail local délicieux et gras, servis rôtis, parfumant chaque portion d'habitations d'un délicat parfum de prospérité.
Depuis toujours, un lien fort unissait le peuple de Sparta aux Sky Slaughters, et ce depuis l'arrivée même du Chapitre en Mythos.
Sparta avait été un monde sauvage et rude, parsemé de tribus guerrières se disputant leurs maigres territoires dans une suite de guerres absurdes. Lorsque les Astartes avait investi le système pour s'y installer, il y a très longtemps de cela, chaque seigneur de clan avait déposé les armes et s'était plié à la volonté des Space Marines. Des générations durant, Sparta avait retrouvé le calme et avait érigé de hautes cités, calmes et prospères, tandis que les plaines autrefois marécageuses et maladives, s'étaient transformées peu à peu en riches champs de céréales et de fruits sucrés.
Quand Grivus, encore jeune Capitaine au sein de son Chapitre avait posé le pied sur le sol de Sparta pour la première fois, il avait trouvé un peuple accueillant et jovial, loin de leur passé de barbares guerroyant pour quelques centimètres de terre stérile.
Les majestueuses forêts de Sparta conservaient une faune et une flore riches et diversifiées, et les habitants les entretenaient avec un grand amour depuis des générations et des générations.
Au fil des âges toutefois, le Chapitre avait préféré s'installer durablement sur Styx, une planète au climat dur bien plus à même de former de futurs Astartes, mais les Sky Slaughters gardèrent toujours un pied à terre sur Sparta, où ils possédaient encore certains antiques bastions, et où étaient prélevées certaines recrues, faisant garder au monde son statut de domaine Astartes des Sky Slaughters. Bien évidemment, les différences entre natifs de Sparta et natifs de Styx se ressentaient au sein du Chapitre, les uns naturellement doués de charisme et réputés proches des humains ordinaires, les autres bien plus froids et austères, au caractère durement forgé dans les déserts brûlants du monde monastère. Grivus était lui même né sur Sparta, de même que son Premier Capitaine, et certaines des plus éminentes figures du Chapitre, et même s'ils avaient comme tout néophyte enduré le dur entraînement de Styx, son âme restait ancrée dans ce monde en dehors du temps qu'était Sparta.
Malgré ces différences notoires parmi les frères de bataille, les Sky Slaughters, à l'inverse de certains Chapitres, ne souffrirent jamais de différents entre eux, car tous savaient que ni Sparta, ni Styx n'était leur terre natale.

LA PETITE COUR fraîche du Palais des Anciens résonnait de délicats chants d'oiseaux et du bruissement léger des feuilles dans le vent parfumé de la vallée de Taygète, le soleil perçant les branchages torsadés des arbres rouges par bandes dorées, apposant une lueur chatoyante sur l'herbe verte la faisant briller comme du verre.
L'envol d'un petit groupe d'échassier typiques de la région, d'un blanc immaculé, la pointe des plumes striée de noir, fit se tordre faiblement l'eau claire du petit bassin nourri par une belle fontaine de marbre représentant un ange ailé aux bras écartés dans un geste d'accueil chaleureux et au visage incroyablement paisible.
La journée était déjà bien avancée et l'astre royal qui gouvernait le système Olympus atteignait son zénith, laissant tomber une douce chaleur sur la cité.
Au loin, la fête continuait, faisant résonner la vieille cité d'une multitude de chants enjoués et de notes effrénées de musique endiablée.
De riches odeurs roulaient dans toutes les rues, charriant ses effluves douceâtres de viande délicatement rôtie et de liqueurs ancestrales.
La réception matinale des seigneurs d'Olympus avait duré plusieurs heures durant lesquelles les membres du haut gouvernement de Sparta avaient écouté les récits épiques du seigneur Grivus, au cours d'un somptueux banquet, et tour à tour, des frères de bataille Sky Slaughters s'étaient relayés pour faire profiter l'assistance d'un aperçu de la glorieuse campagne dont ils revenaient auréolés de gloire.
Un seul n'avait pas pris part aux festivités, s'étant très vite éclipsé pour trouver un endroit où reposer son esprit encore empli du fracas des combats. Il aspirait à la tranquillité, et ses pas l'avaient guidé ici, suivant un chemin qu'il n'avait pas emprunté depuis fort longtemps.
Le Premier Capitaine Menelas Angelius était assis sur un banc paraissant minuscule sous l'assise du géant en armure, et goûtait un repos bien mérité, les yeux clos, tout ses sens tournés vers ce calme salvateur, embrassant la douce sérénité qui se dégageait du petit parc floral.
Ça et là, de petits groupes d'érudits encapuchonnés et de bureaucrates dans leurs bures marron se rendaient à leurs travaux respectifs, en silence, troublant seulement le silence bienfaiteur du léger raclement de leurs pas sereins.
Angelius laissa la lumière du soleil caresser son visage patricien d'ange blond, fin et juvénile, bien qu'il soit déjà âgé de plusieurs siècles, sentant les radiations de l'étoile bouillonnante lui détendre chaque parcelle de sa figure lisse, comme dessinée par un illustre artiste de l'ancien temps. De petites vagues d'une brise légère et rafraîchissante se faufilaient doucement dans ses cheveux d'or aux fines boucles à la coupe sévère. Il ouvrit ses yeux d'un bleu océanique et parcourut une fois encore ce petit coin de paradis, s'empreignant de sa tranquillité, oubliant un instant sa qualité de combattant surhumain né et formé pour et par l'art de la guerre.
Il porta à ses lèvres fines une coupe argentée remplie d'un vin aux arômes boisés et robustes, et fit claquer sa langue aux papilles sur-développées, analysant avec délice chaque note fruitée, chaque pic d'acidité, chaque degré de fermentation, avant de laisser le nectar couler jusqu'au fond de son estomac, sentant une fraîcheur râpeuse lui descendre le long de l’œsophage.
Le temps semblait s'être figé autour de lui et il se laissa à nouveau glisser dans ses songes, profitant d'un de ces rares moments où il s'autorisait à agir et à penser comme un simple être humain. L'esprit libre, rêveur, loin du fracas de la guerre et de l'horreur des massacres.
Cela faisait deux siècles qu'il foulait cet univers au service de l'Empereur, Père de l'Humanité, et il avait vu tant de merveilles lors de ses déplacements. Hélas tant de merveilles qu'il laissait trop souvent derrière lui à l'état de ruines cendreuses et consumées après une autre de ces batailles contre les ennemis de l'Imperium...
Depuis près d'un siècle il était devenu le fier Capitaine de la Première Compagnie des Sky Slaughters et à ce titre avait mené ses frères et parfois le Chapitre entier vers la gloire, terrassant démons et xenos, hérétiques et mutants, pour la survie et la pérennité de l'Imperium de l'Humanité.
Sa glorieuse Compagnie, composée des meilleurs guerriers de tout le Chapitre, s'était couverte d'honneur et était souvent citée dans les récits et les légendes des peuples d'Olympus et parfois du secteur tout entier, et cela même bien avant qu'il n'en devint le Capitaine.
Il était connu comme étant l'un des Astartes du Chapitre qui avait passé le plus de temps sur sa terre natale de Sparta pour porter son savoir  parmi la population, et était devenu peu à peu à leurs yeux autre chose qu'une machine à tuer. Il était rare qu'un Space Marine considère les "simples humains" comme ses égaux, gardant un fossé creusé entre ceux qu'ils considéraient comme de faibles mortels et eux, élus de l'Empereur et demi dieux plein de courroux.
Mais c'était chose courante au sein des Sky Slaughter de combler ce fossé en gardant des liens forts avec ceux sur qui ils veillaient depuis tant de temps, les regardant comme des frères et des sœurs, tous loyaux sujets de l'Empereur.
Le Capitaine savait que ses frères Sun Hawks œuvraient de la même manière, bien que beaucoup moins ouverts à l'esprit d'un homme mortel, de même qu'il avait entendu pareilles observations en ce qui concernait les austères Salamanders qui aimaient à passer du temps parmi les mortels pour leur apprendre leurs arts. Par contre, les Repenters gardaient farouchement leurs distances, croisés au cœur forgé dans la bataille, guerriers constamment en quête de guerre à mener contre les ennemis de l'Imperium. Si ils aimaient leur peuple et veillaient paternellement dessus, rares étaient les mortels à pouvoir se targuer d'avoir un lien amical avec l'un d'entre eux, plus rares encore étaient ceux qui disaient là la vérité.
Angelius repensa un instant à leur tout dernier triomphe, sur Caprophis IV, une planète du sous secteur Finalis, tombée sous le marteau cruel de la guerre lorsque les dernières forces du Chaos qui avaient ébranlé le système d'Eris avaient tenté d'y trouver refuge, massacrant une population entière et érigeant de sinistres temples à leurs détestables divinités corrompues.
Les Sky Slaughters avaient connu l'horreur sur les champs pollués et désertiques de Nubia « la Belle » lors de la grande incursion, et étaient parvenus aux côtés de leurs frères de bataille et de leurs alliés à repousser les forces impies du Chaos. Ils avaient connu ensuite la sédition lorsqu'il avait fallu se dresser contre un Inquisiteur zélé, aveuglé par sa haine pour le Purgateur qui avait pourtant dirigé avec brio la croisade qui avait mis un terme aux exactions des forces de la déchéance, et avaient dû endurer d'infâmes procès par la suite pour se justifier de leurs actes.
Par la Grâce de l'Empereur, ils s'en étaient tirés, et aucun des deux belligérants n'avaient été condamnés, ce qui en soi tenait du miracle. Une chance pour le Purgateur, une honte pour l'Inquisiteur Fou, comme il était à présent surnommé dans le sous secteur Finalis, à la suite de ses massacres fanatiques pour débusquer de prétendus hérétiques alors que tous avaient déjà été purgés comme il se devait.
Puis les Sky Slaughters, assombris par cet épisode douloureux s'étaient mis en quête des dernières forces du Chaos qu'ils avaient terrassées, et étaient donc parvenus jusqu'à cette petite planète minière jusqu'alors paisible qu'était Caprophis IV.
Des champs de ruines les avaient accueilli, et trois longs mois de combats enragés avaient été nécessaires pour achever d'abattre le juste châtiment réservé aux traîtres par le bras armé de Terra. Les forces du Chaos avaient été écrasées, et les Sky Slaughters victorieux étaient enfin revenus chez eux, à Olympus, pour célébrer leur victoire sur le Grand Ennemi.
Un raclement de savates plus proche, auquel faisait écho le claquement régulier de l'embout d'une canne, le tira de ses songes, et le Space Marine tourna son paisible visage de guerrier vers le nouveau venu, un petit homme rabougri et parcheminé, voûté par les années, habillé d'une vieille bure crasseuse, visiblement trop grande pour lui.
Ses yeux ridés étaient creusés de cernes noirs et profonds, qui renforçaient tout en même temps l'éclat émeraude de ses iris brillants. Son nez de rapace surmontait une très longue barbe effilochée et broussailleuse de laquelle dépassaient deux pommettes rieuses. Ses longs cheveux grisonnants et aussi fins que de la fibre optique étaient grossièrement ramassés à l'arrière de son crâne livide en un paquet de tresses emmêlées, cachant partiellement la coque de métal qui renfermait son cerveau, de fins câblages fatigués en dépassant comme des touffes capillaires supplémentaires. De sa gorge squelettique et fripée comme celui d'un poulet malade brillait d'un éclat métallique froid, son vocordeur venu remplacer ses cordes vocales depuis longtemps éteintes.
Le Marine se releva, dominant le vieillard de presque plus de deux fois sa taille et lui laissa aimablement sa place. L'ancêtre accepta l'offre avec un sourire seulement traduit par un haussement significatif de ses pommettes osseuses et striées de petits vaisseaux sanguins rosâtres et se hissa avec difficulté sur le banc de pierre, révélant un court instant son implant bionique venu remplacer l'une de ses jambes, qu'il s'empressa de dissimuler à nouveau sous un pan de sa robe griffée et tachée.
Angelius resta debout et salua celui qui avait pris sa place d'un hochement de tête respectueux:
- Ancien Grakkus... le nomma-t-il d'une voix claire et douce.
-Capitaine Angelius, merci à vous. lui répondit le vieux sage d'une voix métallique mais admirablement teintée d'humanité. Mon pauvre corps ne supporte plus tellement les contraintes quotidiennes... Comment vous portez vous, mon vieil ami?
-Aussi bien que me le permets ma condition de guerrier, vénérable. répondit Angelius en souriant, songeant que Grakkus n'avait somme toute que quelques décennies de moins que lui, du haut de ses deux cents trente années vécues.
-Vous n'êtes donc pas là haut à écouter les glorieux récits de votre victoire? demanda l'Ancien en balançant sa jambe organique comme un enfant fatigué.
-A quoi bon écouter ce que j'ai vécu au jour le jour? soupira Angelius. Je ne suis pas très coutumier de ces mondanités.
-Il est vrai... fit Grakkus en dodelinant de la tête, son corps frêle secoué d'un petit rire. Je vous ai toujours connu ici, au calme, dans notre modeste petit parc... C'est étrange à première vue de trouver un être forgé par et pour la guerre dans un endroit aussi paisible. Ça l'est moins lorsqu'on vous connaît... Dites moi mon ami, qu'est ce que vous aimez y trouver, dans ce petit coin de verdure?
-Mon humanité véritable, j'imagine... répondit Angelius en inspirant profondément l'air frais et parfumé, en jetant un regard circulaire pour observer son lieu favori de repos. Je ne connais que trop bien le fracas de la guerre et les paysages apocalyptiques qu'elle engendre. Parfois, j'imagine que j'ai juste peur de totalement perdre mon bon sens en oubliant des endroits comme celui ci...
Grakkus se balança d'avant en arrière en émettant un nouveau petit rire malicieux, et goûta lui aussi à la fraicheur revigorante de l'endroit.
Il tourna l'éclat de ses prunelles vers l'Astartes, plissant les yeux à cause de la lumière, ce qui lui creusa un peu plus les rides en lui donnant un air d'être éternellement riant.
-En viendriez vous à regretter votre condition, Capitaine Angelius?
-Non, par le Trône, pas du tout... Je me sens même honoré chaque jour de mon rôle de protecteur de l'Humanité et d'humble serviteur de notre Empereur bien aimé. Je suis juste un peu nostalgique j'imagine.
-Vous êtes né ici, n'est ce pas?
-Oui, c'est exact. J'ai grandi plus au nord, près de l'actuelle ville de Tarvanis. Mais je n'ai pas vraiment de souvenirs de cette époque, mon ascension en tant qu'Astartes et le temps me les ont presque tous arrachés. Je me souviens juste de mon père forgeron et de ma mère travaillant la terre. Je me souviens des grandes fêtes données en l'honneur de mes semblables lorsqu'ils venaient sur Sparta pour y trouver de nouvelles recrues. Et quelques anecdotes... Rien de plus... Mais je ne pourrais jamais oublier Sparta elle même. Je suis un fruit de cette planète et son souvenir restera à jamais partie intégrante de mon être.
Les yeux de Grakkus se perdirent dans le vague, ses propres souvenirs de vieillard refaisant surface.
-Je me souviens lorsque vous avez été promu au grade de Capitaine, Ménélas. Vous avez tenu à ce que ça soit célébré ici même, sur votre monde natal, et non pas sur Styx, auprès des vôtres comme le veulent vos traditions dans de tels cas... Par Terra, que ce fut une belle fête...Vous vous rendîmes au tombeau de vos ancêtres pour les remercier de votre glorieuse carrière et de leur protection. Et vous avez accueilli trois nouveaux apprentis à vos côtés.
-Votre frère était de ceux là...
-Oui... Mon cher frère... Varias, que l'Empereur veille à jamais sur son âme.
-C'était un bon guerrier,et un frère inestimable. Sa perte fut très douloureuse pour nous tous.
-Vous savez Angelius que ça aurait dû être moi à sa place... Mais nos parents m'avaient déjà prédestiné à mon actuelle assignation, que le Trône d'Or bénisse leur clairvoyance. Varias avait été fou de joie lorsqu'il avait connu le succès lors des épreuves qu'il dût surmonter pour que vous le preniez avec vous. Peu avant son départ définitif de Sparta, il avait passé toute la nuit à forger son glaive.
Angelius caressa inconsciemment le pommeau du sien. C'était une vielle tradition du Chapitre que la nuit avant son départ pour le restant de sa vie au sein de sa nouvelle famille, un apprenti devait forger son propre glaive, qui jamais plus ne le quitterai.
Le Capitaine avait le sien à ses côtés depuis près de trois cents ans, et si jamais il devait le perdre, la honte s'abattrait sur lui et toute sa famille.
A sa mort, un guerrier du Chapitre était incinéré avec son épée qui l'accompagnerai alors dans l'au delà pour lui permettre de pouvoir toujours se battre et défendre l'Empereur.
Grakkus poussa un long soupir avant de lorgner sur la carafe de vin aux arômes fruités dont Angelius s'abreuvait jusque là. Le Capitaine se pencha pour en offrir une coupe généreusement remplie à l'Ancien qui y but avec un nouveau petit rire, se délectant du nectar acidulé.
Il reposa le calice après deux ou trois gorgées dont il profita de tout son être avant de recommencer à triturer sa canne de bois noueux, l'air pensif.
-Varias n'a jamais revu Sparta après son départ... J'imagine que son monde lui a souvent manqué.
-Il ne cessait pas d'en parler, toujours avec des paroles douces et élogieuses. Ses yeux brillaient fortement chaque fois qu'il en contait les merveilles. Vous aviez le même regard. Rieur et d'une incroyable sagacité.
-Allons, Capitaine Angelius, ne flattez pas le vieux fou que je suis.
Un moment de silence tomba à nouveau, les deux natifs de Sparta plongés dans leurs souvenirs, leurs visages sereins caressés par la brise légère.
Grakkus brisa la tranquillité au bout de quelques minutes, hésitant.
-Comment est il mort?
Angelius ne répondit pas immédiatement, embarrassé par la soudaine demande. Varius avait été un de ses guerriers au sein de la Première Compagnie, bien qu'il n'eut jamais été un Vétéran à part entière et il avait était l'un des plus appréciés, considéré par beaucoup comme un guerrier vénérable et méritant.
Le Capitaine répondit alors, sa voix calme et chaude comme un soir d'été:
-Lorsque j'ai mené la Première Compagnie sur les champs de mort de Nubia, les hordes de démons avaient déjà brisé les défenses de nos frères. Leur maître maudit était à leur tête, et beaucoup pensaient que son triomphe était garanti. Varius n'en faisait pas partie et avait juré sur le nom de ses ancêtres qu'il n'aurait de repos avant que le dernier démon ne soit tué.
-C'est tout à fait mon frère de blasphémer ainsi. Manquer ainsi de respect à nos ancêtres était monnaie courante chez lui, qu'ils puissent lui pardonner son insolence...gloussa l'Ancien.
-Le Purgateur, louée soit sa sagesse, décréta une contre offensive massive et nous nous engageâmes aux côtés des farouches Repenters, Seconde Compagnie, celle du Capitaine Atavius. Varius faisait partie des guerriers en première ligne, faisant hurler sa haine au travers de son bolter et terrassant l'ennemi dans de terribles moulinets de son fidèle glaive qu'il maniait à la perfection. A un moment, notre groupe d'assaut fut séparé en deux par une vague de créatures du Warp et nous dûment faire l'impossible pour retrouver nos frères. J'avais depuis un moment perdu de vue Varius, et après les combats de nombreux guerriers ont loué ses prouesses au combat, disant de lui qu'à aucun moment il ne recula, terrible qu'il était, clamant que par sa seule présence le sol qu'il foulait était redevenu un sol impérial et que les démons ne le souilleraient pas à nouveau.
-Héroïque et pieux. Mais je n'ose imaginer tout les jurons qui ont eux mêmes souillé sa bouche à ce moment là... fit Grakkus en riant.
-Lorsque nos deux groupes séparés se rejoignirent, Varius n'était pas parmi nous et lorsque je demanda où il était, la réponse terrible ne me fut donnée que par des mines graves et attristées. Remontant à l'assaut, nous passâmes par l'endroit où s'était tenu le groupe dans lequel s'était retrouvé votre frère, et j'ai entraperçu son corps gisant au milieu d'une montagne de cadavres d'ennemis pourrissant, leur irrémédiable corruption les consumant déjà. Le combat avait dû être formidable et Varius avait anéanti nombre d'adversaire avant de succomber. Il tenait encore son glaive dans ses mains mortes et son visage était éclairé des persistances d'une juste fureur, ses yeux absents de tout signe de vie irradiaient d'une sainte détermination. J'ai fait immédiatement emporter son corps brisé afin qu'il ne soit pas déshonoré par un quelconque ennemi. Il repose aujourd'hui dans la crypte de notre fière barge Spartacus, en attendant de rentrer sur Styx où il sera inhumé parmi ses frères dans le tombeau chapitral. Je m'assurerai moi même que son nom soit inscrit en lettres d'or dans le Grimoir des Luttes...
Grakkus garda le silence, de petites larmes argentées perlant au bord de ses vieux yeux rieurs. Il renifla discrètement, ravalant sa tristesse, laissant ses larmes de douleur s'écouler en suivant les sillons de ses joues creuses. Les larmes suivantes étaient des larmes de joie, joie de savoir que son frère bien aimé avait été un si formidable combattant et que son trépas avait été si glorieux et exemplaire.
Il reprit son gobelet de fer blanc entre ses mains calleuses et tremblotantes et y but une longue gorgée, versant le reste du contenu au sol, imbibant la terre noire et riche en souvenir de son frère, comme le voulait une très ancienne tradition funéraire.
Il releva alors ses yeux humides et toujours riant vers Angelius:
-Vous voyez, Capitaine, vous faites un très bon conteur... Vous devriez vraiment remonter avec les autres pour leur faire profiter de vos talents!
Angelius secoua la tête en riant, déclinant la suggestion, préférant encore goûter au calme du parc coloré du Palais des Anciens et converser avec son vieil ami, sachant que tôt ou tard, sa tumultueuse vie de guerrier au service de l'Empereur allait le rappeler en enfer...
Il s'adossa contre un arbre relativement âgé et aussi courbé que Grakkus, et les deux amis replongèrent à nouveau dans leur discussion, partageant de nombreuses histoires et d'antiques souvenirs, riant, buvant, profitant de cette belle journée ensoleillée et résonnant des joies de la grande fête qui faisait toujours vibrer les rues de Taygète.
Une cloche au son cristallin sonna, marquant le début de l'après midi, quelques ecclésiastes se précipitant pour assister au prières qui allaient être entamées.


Dernière édition par Turielo le Mer 12 Juin 2013 - 12:51, édité 3 fois


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Message par Turielo Ven 8 Mar 2013 - 15:11

La suite avec deux passages originaux mais retravaillés et améliorés. Quelques lignes inédites et notions modifiées.
La suite vendredi prochain!

***

THESEUS MORLIS rentra dans le bâtiment frais des baraquements du groupe 2B, dans la caserne de Taygète, en s'essuyant le front d'un revers de bras. Il lissa sa courte tunique blanche taillé en une pièce et réajusta ses brassard de force en bronze avant de se diriger vers un petit bassin d'eau ondoyante. Il y plongea sa tête entièrement avant de la ressortir dans un grand bruissement liquide, répandant une large flaque à ses pieds, l'eau s'infiltrant lentement dans le dallage d'argile. Il se passa une éponge sur son cou, fermant ses yeux au regard profond et ténébreux, goûtant la fraicheur de l'eau qui lui coulait en petites traînées le long de son dos musclé et puissamment bâti, comme le reste de son corps.
L'adolescent se passa une main dans ses cheveux d'un noir de jais et aux nombreuses boucles, coupés très court avant de pousser un soupir de soulagement et alla s'asseoir sur sa paillasse, en retirant ses sandales brûlantes qui lui cuisaient les pieds.
Theseus ferma à nouveau les yeux, respirant profondément, à l'écoute des battements sourds de son cœur encore sous le coup du rude entraînement. Les joutes du matin avaient duré un certain moment avant que leur pédotribe leur fasse faire le parcours du juste, un chemin tortueux le long de la caserne qui montait sans cesse en une enceinte, ses hauts murs gravés des noms des élèves ayant jadis réussi leur entraînement et rejoint les rangs si prisés des seigneurs Astartes. Les nouveaux aspirants devaient suivre ce chemin avec sur le dos un sac de pierre récoltées la veille, et en récitant chaque nom gravés afin de s'imprégner de l'exemple que représentaient ces élus immortalisés.
Theseus ne comptait plus le nombre de fois qu'il avait suivit le parcours, et chaque fois il semblait s'y attarder, croulant sous une charge de plus en plsu importante destinée à fortifier son corps, et son esprit devenant de plus en plus familier avec les noms de ces héros de Sparta qui étaient partis fouler les étoiles aux côtés des Anges.
Alors qu'il se laissait plonger dans un état somnolent, il perçut vaguement les éclats lointains de la fête qui égayait toute la cité, et sourit en se mettant à imaginer tout les mets et breuvages qu'il aurait englouti s'il n'avait pas été là, dans cette caserne militaire poussiéreuse.
Mais il savait aussi que très peu étaient admis entre ces murs et considérait sa présence au sein des Apprentis comme un véritable honneur, une condition tellement plus grisante que le plus puissant des vins.
A quatorze années standard, Theseus avait achevé son premier cycle d'apprentissage et savait l'heure de son épreuve la plus importante approcher toujours plus. Les seigneurs des étoiles étaient de retour et il ne tarderait pas à devoir leur prouver ses capacités pour peut être espérer être accueilli parmi eux. Nul ne savait vraiment parmi les élèves en quoi consistait le Rituel, mais toute leur jeunesse avait été sacrifiée pour forger leur corps et leur esprit en vue de ce test ultime. Aucune erreur n'était admise et les exercices se faisaient de plus en plus sélectifs à mesure qu'arrivait l'heure d'être choisi ou rejeté.
Tandis que tout le monde s'amusait dans les hauts niveaux, lui et ses camarades s'étaient entraînés durement sous le soleil de plomb, maniant les lourdes épées de pratique et courant plusieurs fois autour du stade poussiéreux afin de nourrir leurs muscles déjà imposants. Lorsque le corps n'était plus requit, il s'adonnaient à des exercices de réflexion, des jeux de stratégie, des épreuves énigmatiques et mathématiques, toutes en vue d'améliorer et de fortifier leurs capacités de réflexion et d'analyse, et d'assurer une force d'âme qui ferait d'eux les surhommes qu'ils espéraient de devenir un jour.
Loin de ressembler aux garçonnets de son âge, Theseus avait déjà atteint un bon mètre soixante dix et son corps entier était déjà une arme redoutable, de même que son esprit était affûté comme la plus tranchante des lames de Sparta, l'adolescent ayant toujours trouvé sa place sur le podium des meilleurs élèves, excellent tant par sa combativité que par sa ruse et sa qualité d'observation.
Depuis quatre ans il avait travaillé dur pour en arriver là, s'étant porté candidat sur un coup de tête et par jalousie pour son frère officier dans les Phalanges Spartiates. A de nombreuses reprises il avait failli abandonner devant la dureté de sa formation et la sévérité de ses maîtres, mais il avait fini par passer le cap et s'était fait à cette vie recluse et si particulière.
Il sentit sa respiration s'apaiser et rouler lentement, gonflant sa poitrine à un rythme régulier et calme. Son esprit divagua un peu plus, et enfin il trouva un semblant de repos, affalé sur sa couchette de paille et de tissu, oubliant la chaleur torride et la douleur lancinante qui lui chauffait tous ses muscles. Il s'enfonça alors dans un sommeil réconfortant et commença à rêver.
Ses yeux s'ouvrirent subitement, son corps entier se crispa en alerte et par réflexe, sa main se lança à la recherche de son épée qu'il n'avait plus à ses côtés, laissée dans l'armurerie de la caserne. Il leva un regard embué et rageur vers l'intrus dont les pas traînants l'avaient tiré de son début de songe. Un garçon de son âge, aux épaules carrées et à la musculature déjà fortement développée se tenait au dessus de lui, un sourire en coin.
Priap Agames tendit une main à la poigne aussi dure que le fer vers son camarade somnolent et l'aida à se relever. Leur groupe était à nouveau appelé sur la place du fort, pour une nouvelle vague d'exercices.
Theseus soupira vivement, encore courbaturé par les efforts récents qu'il avait produit, mais il repensa à ses enseignements et refoula son sentiment de fatigue pour garder la tête froide et accepter d'à nouveau se hisser parmi les meilleurs.
-Je viens à peine de m'endormir...grommela-t-il en se frottant ses yeux rougis.
-Tu plaisantes? Ça fait une heure que tu ronfles comme un foutu baratis! se mit à rire son camarade.
Theseus gémit en entendant les paroles de son frère apprenti, réalisant à quel point la fatigue l'avait pris, au point qu'il eut dormi tant de temps sans s'en rendre compte. Il se frappa la tête de colère et se promit intérieurement d'aller voir le maître de pénitence pour demander l'épreuve qui raffermirait sa résolution.
Les deux adolescents partirent d'une démarche rapide vers le rassemblement de leur groupe d'entraînement, leur maître, un colosse tout en muscles au regard empli de dureté, les attendant, poings sur les hanches, d'un air grave.
-Allez, bande de fainéants! beugla-t-il à leur intention. Ce n'est pas en traînaillant que vous serez admis sur Styx! Tours de stade! Une heure, et au pas de charge! Allez, c'est parti! Bougez, et plus vite que ça!
Theseus suivit ses camarades, la tête basse, se concentrant sur sa respiration à nouveau pleinement requise, pour soutenir le rythme infernal de leur manœuvre autour d'un stade dont le parcours en ellipse avoisinait les cinq cents mètres.
La poussière soulevée par les dizaines de pieds lui piqua le visage et le fit presque larmoyer, et l'astre solaire faisait de l'endroit découvert une véritable fournaise.
L'eau qu'il s'était jetée dans les cheveux, sur la nuque et le visage ne tarda pas à le chauffer horriblement, faisant cloquer ou peler sa peau pourtant burinée depuis longtemps, tel un cuir épais. Les coups de soleil sur Sparta ne pardonnaient pas...
Il inspirait et expirait son air à cadence régulière, se forçant à la concentration pour éviter le malaise, tout en récitant des passages de litanies de guerre apprises par cœur.
Il tenta aussi, en gardant ses yeux au sol, d'éviter les quelques regards sombres que ses frères apprentis lui jetaient, car il savait pertinemment que le maître leur avait rajouté une grosse demi heure de course à cause de son retard...
Le large chron suspendu aux yeux de tous au dessus de l'arche d'entrée de l'agora indiquait que la fin de journée était proche, même si la chaleur était toujours aussi infernale. Un peu plus de trois heures et la nuit tomberait abruptement sur Taygète, amenant avec elle une fraîcheur plus que bienvenue...
Theseus acheva son premier tour de stade et compta une durée totale de moins d'une minute. Secouant la tête, sachant qu'il pouvait faire mieux, il poussa un peu plus sa vitesse, sans trop se précipiter et risquer des douleurs inutiles ou une fatigue trop rapide.
Il atteint sa vitesse naturelle au deuxième tour de stade et son sourire satisfait lui fit craqueler ses lèvres séchées, son regard aux lueurs d'onyx se faisant plus ferme et résolu. Il avait passé quatre années à s'entraîner, et il savait qu'il devait être le meilleur si il voulait avoir une chance d'accéder à un futur fait de gloire et d'honneurs.
Il acheva son troisième tour de stade et jeta un regard au chron. Plus que cinquante huit minutes de course à faire...

***

Uxiles Argos observait les élèves tournant en rond autour du stade à une vitesse soutenue, faisant par moments tonner sa voix pour réprimander un adolescent trop lent ou ordonner une modification de la course, les faisant passer du sprint à la course genoux levés, ou les appelant à effectuer quelques pas de chasse.
Le pédotribe en était à sa trente sixième année d'enseignement au sein de la caserne, et il avait toujours été fier de ses élèves. Peu échouaient, et même ceux là lui faisaient honneur par le seul fait d'avoir suivi ses enseignements. Ceux en revanche qui le décevait ouvertement ou par dessein encouraient une colère abyssale, et rares furent ceux qui passèrent outre une de ses remontrances et était resté au sein de la caserne.
Enchaînant ordres et cris de motivation, maître Argos entendit un pas de course différent de ceux de ses élèves qui arrivait vers lui. Il se retourna pour voir un serviteur de la caserne le rejoindre en soufflant. L'homme, chétif et rougi par son effort, le salua avec respect, avant de délivrer son message.
-Le Disdaskalos a convoqué tous les pédotribes de la caserne, maître Argos. annonça-t-il, essoufflé. Votre présence est requise. Je ne sais de quoi il s'agit, maître, mais le Premier Chapelain de nos seigneurs space marines est avec lui.
Argos hocha la tête pour toute réponse et congédia le serviteur. Puis il appela à lui un des élèves, un des plus anciens parmi le groupe 2B.
-Xanos, notre Disdaskalos me fait mander. dit-il. Je veux que tu reste ici pour superviser la suite de l'exercice. Que nul ne s'arrête durant mon absence, même si les délais que j'ai annoncé pour la course sont dépassés. Te voilà mon bâton. Va les rejoindre, et surveille les.
Le garçon s'inclina en acceptant l'objet symbole de l'autorité du pédotribe et retourna courir avec ses camarades en les encourageant de sa voix claire et forte, réprimandant les plus lents à coups de bâton dans les jambes. Argos resta encore cinq minutes pour s'assurer du bon comportement de l'élève à qui il avait confié sa charge, puis s'en alla rejoindre ses confrères auprès du maître de la caserne.
Les convier tous n'était pas une première. Les convier sous la demande et en présence du seigneur Honorius en était une. Et Argos sentait au fond de ses tripes que cela n'augurait rien de bon.

LES RUES ÉTAIENT TOUJOURS ENCOMBRÉES par la populace en liesse, alors même que se levait le deuxième jour de fêtes. Beaucoup des fêtards avaient depuis longtemps reprit le travail aux usines et dans les champs, et Taygète retrouvait un semblant d'ordre, mais cela n'empêchait pas les habitants d'exprimer leur joie.
Très peu d'incidents avaient été à déplorer, les casernes de l'Arbites sur l'ensemble de Sparta ne rapportant que quelques interpellations d'ivrognes bagarreurs. Dans l'ensemble, le peuple de la planète féodale se comportaient avec respect et discipline, comme à leur habitude, se laissant aller à leur joie du triomphe de leurs maîtres sans outrepasser la loi ou oublier leurs obligations.
Le décret ayant autorisé les festivités stipulait que la journée devait être employée au labeur et à la prière tandis que le soir à compter du coucher du soleil et jusqu'à son lever le lendemain matin, serait le temps des amusements, des festins, des tournois, des concerts et des beuveries.
Et les habitants de Sparta respectaient scrupuleusement le décret. Flavien Dekris pouvait difficilement être plus satisfait de la loyauté de la population placée sous sa surveillance.
Le Gouverneur était appuyé sur le rebord du balcon donnant sur son bureau, et qui offrait une superbe vue des niveaux supérieurs de Taygète. Les rues résonnaient encore des clameurs enjouées de toute une nuit de fête, et déjà on pouvait observer le trafic reprendre tranquillement pour emmener les ouvriers vers les usines et les fermes gigantesques qui fournissaient la cité en nourriture, ou vers les baraquements imposants à l'est d'où sortaient quantités de chars d'assaut et autres armes de guerre.
Dekris tira une bouffée sur sa pipe en ivoire de baratis sculptée et lâcha un fin nuage de fumée bleuté qui alla se perdre dans la brise matinale et fraîche de Sparta. Il savoura encore quelques secondes le goût et l'odeur persistante du tabac de Sparta, cultivé dans le grand sud selon une antique tradition, puis fit claquer sa langue et se redressa. Il tapa sa pipe sur le rebord du balcon ouvragé, la récura, la rangea dans sa petite boîte de bois d'un noir d'obsidienne, puis se détourna de son perchoir pour aller retrouver les individus qui l'attendaient dans son bureau.
En entrant, il salua d'un geste bref de la tête le serviteur qui était venu le quérir à la demande des trois personnages qui se tenaient droits comme des piquets devant son bureau, et alla rejoindre son fauteuil face à eux en les invitant à s'asseoir d'un ample geste de la main.
Tandis que le serviteur sortit de la chambre en claudiquant, Dekris replaça l'étui de sa pipe sur le bureau massif et joignit ses mains, observant les nouveaux venus l'espace d'un instant, avant de briser le silence, de sa voix à la fois sèche et bourrue tout en restant incroyablement aimable.
-On m'a informé il y a exactement une heure que la totalité des troupes que nous avons levées étaient déjà sur le point de partir pour le front. Trois régiments tout frais renforcés, plus deux autres dont les nouvelles recrues viennent tout juste de terminer leur formation militaire. N'est ce pas un peu rapide, messieurs? demanda-t-il en hochant un sourcil réprobateur.
-Il n'est pas vraiment question de les envoyer au front, Gouverneur. rectifia un homme au visage d'aigle, ses yeux au regard glacial enfoncés sous d'épais sourcils noirs, surplombant un nez proéminent en crochu, acéré comme le bec d'un rapace. C'était l'un des colonels de la Garde Praetor affecté au recrutement de leurs futures unités, et il était réputé pour être aussi dur et tranchant que le fil de son glaive. Nos nouveaux effectifs seront dirigés vers Romae dans les plus brefs délais pour être incorporés avec le reste de nos unités, et ainsi devenir pleinement des membres de notre Garde. Appelons cela une dernière épreuve, nécessaire à leur formation, et vitale pour que nos rangs soient soudés.
-En ce qui concerne les deux régiments prêts, je comprends, Colonel Tracius. Mais pas en ce qui concerne les trois que nous venons à peine de reformer... insista Dekris en ramenant ses mains jointes à hauteur de visage, et laissant reposer ses deux index sur son arête nasale.
-Notre magister militum pense au contraire que ces trois régiments sont pleinement opérationnels. intervint un autre homme vêtu du costume typique de Commissaire Impérial. Leur entraînement a été couronné de succès, et leurs progrès sont rapides. De plus, les vétérans qui les ont encadré nous assurent que les recrues d'Olympus se sont parfaitement intégrés dans la culture et les traditions que nous possédons. Ne vous en faites pas pour eux. Ils sont très compétents, il ne leur manque plus que le sens de la discipline stricte. Le magister militum pense que cela ne prendra pas trop de temps non plus.
-Oh, je suis sûr en effet que le Seigneur Commissaire Augustus saura se montrer convaincant! sourit Dekris. Bien, bien, j'entends ce que vous me dites. Mais, pardonnez moi d'insister, pourquoi est ce que tout ceci doit se passer maintenant? Le Consul semblait pleinement satisfait des délais, et m'a assuré il y a quelques jours qu'il n'y avait pas d'urgence.
-Il y a toujours urgence, tant qu'il y a des ennemis de l'Empereur à combattre, Gouverneur. récita par réflexe le Commissaire, en hochant la tête.
-J'en suis conscient, Commissaire Atrius, mais ce n'est pas ce que je voulais dire, vous le savez. répliqua aimablement Dekris. Je veux dire, pourquoi maintenant? Pourquoi ce soudain empressement?
-Parce que bientôt, ils seront amenés à combattre. Plus tôt que nous ne l'aurions supposé. intervint une voix orageuse.
Dekris leva les yeux, et aperçu le colosse qui se tenait près du balcon, observant d'un air détaché les allers venues des citoyens de Taygète en contrebas. Dekris reconnut le Chapelain Honorius de la Première Compagnie, engoncé dans son armure noire et aux reliefs morbides, son visage caché derrière le faciès d'un crâne grimaçant de rage, sculpté sur son casque à cimier blanc. De ses épaulières à rivets descendait une lourde cape noire bordée de rouge brodé d'or, et à sa hanche pendait son Crozius, une arme formidable, symbole des Chapelains Astartes, surmonté d'un crâne hurlant entre deux ailes déployées en deux terribles lames tranchantes comme des rasoirs.
Honorius se tourna vers les quatre militaires, décroisant ses bras massifs en laissant apparaître un aquila impérial fait d'ossements dont Dekris se refusa instantanément à savoir si ils étaient réels ou synthétiques.
-Notre sous secteur est à nouveau menacé. Les astropathes de Styx ont capté des messages provenant du système condamné de Caldris, et sont formels. D'après les estimations des équipes de surveillance laissées en périphérie du sous secteur Gaïa, notre vieil ennemi, le Big Boss Ork Gorzakk des Kranes Pointus est de retour, et tente de nouveau à s'implanter durablement dans le système.
-Mais il n'y a plus rien là bas! rétorqua le troisième invité de Dekris, un officier des Phalanges Spartiates, également en charge du recrutement. Ça fait des décennies que le système Caldris est déclaré perdita...
-Apparemment, il ne l'est plus suffisamment pour les peaux vertes, Capitaine Hektor. Ce qui veut dire que nous devons immédiatement nous y rendre pour empêcher les Orks d'y établir une nouvelle colonie.
-Pour quand estiment-ils leur invasion, Chapelain? demanda Dekris.
-Plusieurs mois, peut être même un an. Mais cela peut tout aussi bien survenir très prochainement, nous savons tous à quel point les Orks sont imprévisibles. répondit le Space Marine. Pour le moment, la cellule Occulis n'a pu qu'établir de vagues estimations d'après les relevés de signatures en bordure de secteur. Toutes les froces détectées convergent vers Caldris, et nous savons tous ce qui se trouve au delà des Territoires Hostiles. En plus de ces relevés alarmants, les augures ont perçu des tempêtes Warp en formation dans ces régions, et si cela annonce très certainement le retour de Gorzakk, ça peut également le ralentir. Ce qui nous laisse le temps de nous préparer pour les repousser sans difficultés.
-D'où l'ordre de faire accélérer le recrutement et la formation. conclu Tracius à l'attention du Gouverneur.
-Je vois. Et en ce qui concerne les Apprentis? demanda ce dernier.
-Leur Rituel d'Acceptation sera avancé. fit Honorius. Il aura lieu en fin de semaine, et non pas dans un mois. Le temps joue déjà contre nous. Nous devons être prêts. J'ai d'ors et déjà confirmation qu'Yggdrasile a envoyé un Drakkar de guerre pour établir une première ligne défensive, et la Deuxième Compagnie de nos frères Repenters sont en opération en bordure de Gaïa.
-Et le Consul souhaite y envoyer les cinq régiments de Sparta que nous lui avons offert de renforcer? s'enquit Hektor, avec une moue désapprobatrice. Le Colonel Farkos risque de fortement de s'y opposer.
-Non, seul deux régiments, celui sous mon commandement et le 89ème, car comptant encore en leur sein suffisament de Praetors véritables. Ils y seront envoyés au côté d'un autre provenant de Romae. le tempéra Tracius. Les autres iront rejoindre notre système, comme prévu.
-Très bien. Je me charge d'en informer les officiers concernés. acquiesça Dekris faisant signe de la main à Hektor qu'il ne voulais rien entendre de sa part.
Honorius hocha la tête, et Tracius parut satisfait. Le Chapelain reprit après avoir laissé le temps à Dekris de rédiger un billet à l'attention des officiers de recrutement.
-Le Seigneur Grivus m'a annoncé avant que je vienne vous rejoindre qu'il était déjà sur le départ pour retrouver le reste du détachement d'intervention qui nous attends sur Styx. Le Capitaine Angelius restera sur Sparta avec les Deuxième et Troisième Compagnies le temps que le Rituel d'Acceptation soit accompli, si ses ordres ne changent pas, puis partira à son tour avec les Apprentis sélectionnés. Pour ma part, je suis allé trouver personnellement le Disdaskalos pour lui remettre ses nouvelles directives pas plus tard qu'hier soir, aussitôt que nous avons eu confirmation des mouvements ennemis.
Dekris opina et laissa reposer sa pipe sur un petit support de marbre blanc. Le Colonel praetor se leva le premier pour saluer le Gouverneur et le Chapelain, avant d'adresser un hochement de tête rassurant au Capitaine Hektor.
-N'ayez crainte, vos troupes seront entre de bonnes mains. dit il.
-J'espère bien, Colonel. renchérit Hektor en affichant son doute. Ces gars là, pour la plupart, n'ont jamais tenu une arme de leur vie. Je ne crois pas que les envoyer au front si vite est une bonne chose...
-Considérez que leur devoir envers l'Empereur en est une assez bonne pour justifier leur mobilisation immédiate. trancha Atrius avec sévérité.
Les deux Praetors saluèrent derechef et quittèrent la salle, bientôt suivi par Hektor, sombre, se contentant juste de hocher du chef. Honorius s'apprêtait à partir à son tour quand le Gouverneur l’interpela.
-Puis-je vous être d'une autre utilité, monseigneur? demanda-t-il.
Honorius resta silencieux un moment avant de hausser des épaules en désignant la fenêtre par laquelle parvenaient encore les clameurs des festivités.
-Profitez, Gouverneur. répondit le Space Marine. Allez retrouver votre peuple et buvez à la gloire des enfants de Sparta, futurs Praetors ou futurs Astartes. Vous leur devez bien ça...


Dernière édition par Turielo le Mer 12 Juin 2013 - 12:52, édité 2 fois


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Message par Turielo Mar 19 Mar 2013 - 15:21

Mea culpa, j'ai eu une crise de flemmingite aigüe vendredi dernier, et ai complètement zappé le post de la semaine... que voici donc! Wink
En attente de vos réactions!

***

UN CALME SEREIN régnait sur le pont sur béhémoth ancré au dessus de Sparta, l'hémicycle d'ordinaire bouillonnant d'activité seulement troublé par le bourdonnement des consoles de navigation et des auspex, quelques serviteurs allant et venant, croisant la route des quelques officiers de faction. Aucun trouble n'était à déplorer, et le transit vers Styx se préparait dans l'ordre et la discipline. Malgré le branle bas de combat décrété par le Maître de Chapitre, chacun parvenait à conserver son calme et à mener ses opérations à bien, de façon à faciliter au mieux le départ vers une nouvelle zone de guerre.
Frederic Afrius, Maître de la Flotte du Chapitre, recevait encore les rapports de surface pour pouvoir au mieux diriger l'acheminement des forces autorisées au départ selon les directives du seigneur Grivus. D'après ce qu'il pouvait lire, les trois premières Compagnies du Chapitre restaient pour le moment sur Styx, laissées aux ordres du Premier Capitaine, tandis que Grivus revenait à bord, seulement accompagné de sa garde d'honneur et d'un régiment de la Phalange Spartiate. Le Spartacus était alors presque entièrement vidé de ses forces armées, hormis un groupe de volontaires de Styx, un groupe de vénérables Dreadnoughts et les escouades blindées des Compagnies, ces dernières ne laissant sur Sparta que leurs guerriers. Le reste du déploiement à venir se ferait probablement en plusieurs étapes, à bord des barges Iliàs et Odysus.
La lueur bleuté qui traversait la baie d'observation faisait luire le crâne rasé de près de l'Astartes et accrochait délicatement les détails de son armure entièrement bleue. Seuls son bras droit et son pectoral arboraient une couleur rouge sanguine, et son casque était d'or scintillant. Sa stature surhumaine emplissait tout un pan du réseau de communications alors qu'il recevait les derniers détails nécessaire à leur prochain départ.
Il cessa un instant de lire les rapports qui apparaissaient sans arrêt sur les cogitateurs ambrés, levant les yeux lorsque la porte principale du pont s'ouvrit dans un chuintement étouffé. Son poing ganté de fer rouge frappa son plastron pour saluer le nouvel arrivant, alors que sa bouche esquissa un mince sourire, fissurant un instant ce visage ferme et dur comme un bloc de roche, piqué de deux yeux brûlant d'un éclat de glace.
-Je commençais à croire que Sparta n'allait pas vous laisser regagner votre cher vaisseau, capitaine Herbert. dit il de sa voix lourde comme un éboulement de roche.
-J'ai bien failli le croire moi même, monseigneur. répondit Urtias Herbert, capitaine du Spartacus.
Le Maître de la Flotte partit d'un rire alors que le capitaine originaire de Sparta regagnait son trône, hissant sa carrure imposante au regard de sa condition de simple humain sur son bien aimé siège de commandement frappé de la foudre du Chapitre et dominé d'un aquila de bronze à la sculpture soignée. Le capitaine caressa amoureusement les accoudoirs de son trône, comme s'il venait de retrouver une amante laissée trop longtemps seule.
Afrius s'approcha de l'homme en ne pouvant réprimer un sourire narquois.
-A peine deux jours que vous vous êtes absenté, et vous croyez déjà que je lui ai fait du tort. ricana-t-il.
-Par Terra, j'ai encore suffisamment confiance en vous pour vous laisser la surveillance de mon cher vaisseau, Frederic. rétorqua Herbert en feignant un ton révolté avant de sourire à son tour. Vous avez raison. Sparta me manquait, mais pas autant que le Spartacus. J'ai beau tourner cela dans le sens que je veux, il est devenu ma véritable demeure désormais.
Bien que l'un fut un simple homme et que l'autre était une véritable incarnation de demi dieu plus vieux de presque deux cents ans, les deux hommes avaient noué une véritable amitié au fil du temps, et étaient passé outre leurs simples différences génétiques. Le grade se faisait toujours respecter, mais ils agissaient en frères, et entretenaient un lien fort.
Il y eu un silence durant lequel le capitaine survola rapidement ses messages sur un petit cogitateur cerclé de cuivre poli, raccordé à son accoudoir droit, et il pencha la tête de côté en fronçant les sourcils lorsqu'un des rapports s'afficha, écrit d'une écriture rouge et menaçante.
-Quoi, nous appareillons déjà? demanda-t-il en tournant un regard interrogateur vers le Maître de Flotte.
-Pour Styx dans l'immédiat, oui. opina l'Astartes. Mais notre véritable destination sera bien au delà, et dans le feu des combats qui plus est.
-Caldris. lu Herbert. Par le Trône aimé de tous, combien de fois encore allons nous tenter de pacifier ce damné système?
-Autant de fois qu'il le faudra. estima Afrius avec un pointe de reproche dans la voix. Il serait impensable, hérétique même, de concevoir de l'abandonner au Xenos.
-Oui, bien entendu, je suis d'accord... approuva Herbert d'un geste de la main agacé. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais combien de temps va-t-il falloir avant que nous ne parvenions à lancer une croisade digne de ce nom vers les Domaines Orks pour les purger une bonne fois pour toute?
Afrius opina en silence, se refusant à parler à voix haute après qu'il eut maintes fois réclamé du Maître de Chapitre son appui pour déclencher la dite croisade qui n'avait jamais eu lieu.
-Galvinius joue un jeu dangereux en ignorant ce qui nous menace depuis tant de temps, et l'Ordre ne semble pas l'en dissuader. grommela Herbert, disant à haute voix ce que pensait Afrius depuis fort longtemps.
Le Maître de la Flotte parut hésiter un instant, avant de répondre en pesant chacun de ses mots.
-Le Gouverneur de Mythos est dans une position délicate ces temps ci, son attention ne peut pas être partout à la fois. Quant à l'Ordre, Nubia l'a considérablement affaibli, vous devriez le savoir mieux que tout le monde, ce qui ne nous permet pas de nous précipiter n'importe où sans précaution, comme le font si bien nos frères Repenters, ou les Faucons...
-Je sais tout cela, Frederic. fit Herbert en fronçant les sourcils. Mais nous ne pouvons continuer à opérer en Caldris seulement pour repousser une force qui chaque fois revient plus forte encore. Il va falloir que tout ces seigneurs songent à s'en débarrasser de façon perpétuelle!
-Mais ils y songent, capitaine Herbert. Croyez moi. fit une nouvelle voix à la force écrasante. Ils subissent les affres d'un ennemi plus terrible encore.
Afrius et Herbert s'inclinèrent respectueusement alors que Fredrich Grivus pénétrait sur le pont. Le Maître de Chapitre les rejoignit en les faisant se relever d'un geste de la main.
-Ils subissent les jeux de la politique, Urtias. continua-t-il en posant sa main sur l'épaule du capitaine qui regarda furtivement l'énorme gantelet se refermer sur toute son épaule.
-J'en fais moi aussi les frais, croyez moi. continua Grivus avec un sourire fatigué.
Il marqua une courte pause, ses yeux perdu dans le vide, comme si de tristes pensées se rappelaient à lui. Herbert se sentit soudain mal à l'aise devant le silence de son seigneur, Afrius se contentant de garder un silence entendu.
-Quelque chose ne va pas monseigneur? s'enquit Herbert en essayant de capter le regard de Grivus. Vous ai-je offensé de quelque façon?
-Non, capitaine, je vous assure que non. s'empressa de répondre le Maître de Chapitre, revenant brusquement à la réalité. Je comprends vos interrogations, et si je le pouvais, j'appuierai davantage vos requêtes. Mais les temps ne nous sont pas favorables. J'aimerai qu'il en soit autrement, pourtant nous sommes bloqués, et même ma position au sein de l'Ordre ne me donne aucun avantage. Nous nous devons de nous faire discret en ce moment et je crains qu'il faille un long moment pour que les choses se calment.
Il se rapprocha du capitaine, et sa voix se fit murmure.
-De vous à moi, je considère même que la campagne d'Eris était une erreur. Une épouvantable erreur aux conséquences désastreuses.
-Monseigneur? fut surpris Herbert, qui n'avait jamais entendu son maître parler en cette manière.
-Cette campagne, et surtout son dénouement désastreux, a attiré sur nous nombre de regards accusateurs. Ce n'est pas la première fois, je vous l'accorde, mais jamais ce ne fut dans ces conditions. Nous sommes exposés. L'Ordre est exposé. Vous êtes, j'en suis sûr, parfaitement au fait de la situation politique plus que douteuse en Mythos.
Herbert réfléchit un instant, sentant que la situation était plus complexe qu'il ne l'avait cru.
-Vous voulez parler des protestations envers le gouverneur Galvinius, sire? demanda-t-il, hésitant.
-Oh, ce ne sont plus de simples protestations, capitaine. Les ennemis du gouverneur commencent à se dévoiler clairement, et ils ne sont pas de simples protestataires... Ce n'est plus tellement le gouverneur qui est visé, mais la place qu'il occupe. Le Baron Minier Atrid semble gagner en popularité, et ses ambitions deviennent de plus en plus claires.
-Pardonnez mon audace, monseigneur, mais êtes vous en train de me dire que c'est à cause des chamailleries de politiciens jaloux que nos frontières sont menacées? Que c'est à cause d'une joute puérile que les choses semblent se figer en Mythos?
-Nous avons depuis longtemps dépassé le stade de futiles chamailleries, capitaine. C'est une revendication de pouvoir qui se trame. Pire, ce pourrait être une guerre civile en train de se préparer si le gouverneur fait montre de faiblesse.
-Mais en quoi cela doit-il nous empêcher de faire notre devoir? En quoi est ce que cela nous menace? insista Herbert, visiblement sujet à un mélange entre stupéfaction et colère.
-Nous sommes depuis longtemps de proches alliés de Galvinius, et lui avons maintes fois accordé notre soutien. A cause de cela, nous sommes désignés comme dangereux par ses ennemis, et certains parmi eux ont de vieux comptes à régler avec nous. Comme par exemple le cardinal de Fortis Hexx lui même...
-Pontius? Cela me choque d'entendre cela, sire. Je sais que nous n'avons pas toujours été en parfait accord avec lui, mais jamais je n'aurai pensé qu'il nous veuille du mal... Et quand bien même, il a toujours été loyal à son gouverneur!
-Il semblerait bien que non, hélas... soupira Grivus. J'ai ouï dire qu'il était même devenu farouchement opposé à sa politique de stabilité qui, selon lui, menace grandement le secteur. Au delà de ça, je flaire des raisons bien plus haineuses, mais il ne m'appartient pas de l'accuser sans preuve. Toujours est il que ses yeux, et ceux de ses suivants, sont braqués sur nous aujourd'hui, et nous devons nous faire discrets. Nubia nous a grandement affaiblis et nous devons à présent être particulièrement sur nos gardes.
-Pourquoi alors déclencher une croisade en Caldris, si nous sommes à ce point affaiblis? rétorqua Herbert avec véhémence.
-Ce n'est pas un croisade, du moins pas encore. répondit Afrius avant son maître. Il s'agit juste de défendre nos territoires contre une menace évidente. Si c'était une croisade, nous irions bien plus nombreux et bien plus loin que Caldris. Nous irions de la même manière que celle que vous réclamez.
-Nous devons nous protéger, capitaine. reprit Grivus. Et nous savons tous que le sous secteur Gaïa est une porte ouverte sur nos mondes qui s'ouvre directement sur des territoires hostiles. Toute menace doit être traitée au plus vite. Sachez que alors que nous partons pour sécuriser ce point faible de nos frontières, nos frères et nos soeurs de l'Ordre sont tous en train de consolider leurs propres mondes. Les Repenters n'ont que la Deuxième Compagnie en déplacement, le reste du Chapitre rappelé sur Semos, les Praetors se reforment, et j'ai entendu dire que les Futharks se sont coupés du reste du monde pour gérer des problèmes internes. Même la Sororité de Soeur Egeria est cantonnée en son monastère. De ce que je sais, seuls nos orgueilleux frères Sun Hawks continuent leurs affaires sans plus s'inquiéter.
-Nous nous barricadons... traduisit sombrement Herbert, et Grivus opina du chef.
-Nous n'attendons tous qu'une chose pour aller de l'avant. dit-il. Qu'il revienne.
Les protestations du capitaine Herbert moururent dans sa gorge à la mention de l'exil du plus éminent membre de l'Ordre, et il put mesurer combien il était difficile pour eux d'avancer alors que leur entière structure était pour l'instant sans tête pensante.
Bien sur l'Ordre avait toujours son Conseil, mais le fait que le plus important d'eux manque à l'appel ne pouvait que les plonger dans l'immobilisme. Et il comprit alors pourquoi il leur était nécessaire de se replier sur eux mêmes pour se protéger d'une tempête menaçant d'éclater à tout instant. Il n'ignorait pas que les implications de l'Ordre étaient bien plus complexes qu'une simple alliance avec le gouverneur sectoriel, mais il n'en connaissait pas les détails. Seule une poignée d'initiés au sein de l'Ordre étaient au fait des sombres secrets que tous protégeaient, consciemment ou non.
Et en cela les paroles de Grivus trouvèrent leur sens, le Désastre de Nubia ayant amené l'Ordre tout entier au plus près de la destruction en menaçant d'exposer ses points les plus critiques. Par le Trône, l'Inquisiteur Fou avait été si proche de leur arracher leurs secrets. Même s'il en savait très peu, Herbert savait très bien que si pareille chose était arrivée, aucun d'eux ne serait encore en vie en cette heure.
Et chacun savait que Urtias van Disenstein avait toujours été un proche collaborateur et un ami fidèle du Cardinal Pontius. Une pale coïncidence qui ne passa pas inconnue auprès du capitaine, qui put mesurer en quoi le Cardinal de Fortis Hexx, et plus influent représentant de l'Ecclésiarchie en Mythos, était un grand danger pour eux.
Herbert lâcha un soupir exaspéré, se sentant malade de se comprendre autant immobilisé, et retourna à son fauteuil de commandement.
-Prions l'Empereur alors, pour que le Purgateur revienne au plus vite. dit il.
-Cela, hélas, ne relève de la décision que d'une seule personne, capitaine Herbert. répondit Grivus.
Il n'était pas besoin de nommer cette personne, chacun savait qui avait prononcé l'exil du Purgateur, et pourquoi. Mais la décision de l'Inquisiteur Heiklimer avait eu de terribles répercussions sur la stabilité de l'Ordre, et après tout juste un an depuis Nubia, les effets néfastes de cette absence commençaient à s'en faire ressentir. Heiklimer avait fait cesser le conflit en Eris de façon impartiale et sans compromis, et pour cela des millions d'âmes le remerciait chaque jours. Mais d'autres, parmi les hautes instances, avaient vu d'un très mauvais oeil ses décisions jugées rapides, qui avaient laissé s'échapper un criminel de guerre et un potentiel blasphémateur.
Heiklimer lui même savait que beaucoup voulaient depuis longtemps voir le Purgateur sur un bûcher, et pour cela, il avait préféré le sommer de rester à ses côtés durant un temps indéfini, plutôt que de le renvoyer auprès de l'Ordre.
Mais ce n'était pas tout.
-La raison première de ma préoccupation, vous tous la connaissez. reprit le Maître de Chapitre avec un vague sourire se voulant rassurant. Notre Ordre est exposé, et les écarts plus ou moins consentis de certains de nos frères pourraient bien nous faire tous plonger. Mais il y a une autre raison qui m'apporte du tracas. Le seigneur Heiklimer a déclenché une mission de surveillance à l'encontre de ceux qu'il juge comme sur le chemin de la déviation. Et cette mission, "Imperator Lux", nous vise aussi. Je soupçonne même qu'elle ne vise précisément que l'Ordre.
-Nous sommes surveillés? s'offusqua Herbert en serrant les poings. A quelles fins?
-Venant d'Heiklimer, j'avoue ne pas bien le savoir. admit Grivus. Mais ce qui m'inquiète, c'est qu'il a délégué sa préparation et son suivi à des instances parmi lesquelles se trouvent certains de nos plus farouches opposants. Dont le Cardinal Pontius.
-En quoi consiste cette mission? demanda Afrius pour couper court à toute spéculation.
-De ce qu'on a bien daigné me faire savoir, "Imperator Lux" consiste à envoyer un groupe d'observateur triés sur le volet pour nous observer, et compiler nos méthodes et nos objectifs. répondit Grivus, parvenant mal à cacher son irritation. Cela résulte directement d'une des décisions énoncées lors du procès de Nubia.
-Nous sommes l'Adeptus Astartes! clama Afrius, outré. Nous sommes au dessus de ce genre de décision!
-Détrompez vous, Frederic, cela s'est déjà produit. le tempéra Grivus en levant une main qui mit fin à elle seule les protestations du Maître de la Flotte. D'ordinaire cela se fait en interne, et avec l'Inquisition seule aux commandes. Et certains Chapitres sont tombés, conséquences des débouchés de telles entreprises. Je pense que les noms de Relictors ou Black Dragons ne vous sont pas inconnus?
Le silence d'Afrius répondit à la question, bien que nulle réponse n'eut été demandée.
-Tout comme nos frères de l'Ordre, et d'autres factions en Mythos, nous allons devoir accueillir un groupe d'observateurs aux missions adaptées à leurs rôles. continua Grivus. Je sais qu'ils sont pour l'heure en route pour Styx, et nous les récupérerons avant d'aller porter la guerre aux Orks. Le message qui m'a été relayé parle d'une dizaine de ces observateurs. Des humains, de simples clercs ou adeptes de l'Administratum, de ce que j'en sais. Nous les amènerons avec nous. Et nous leur montreront combien nos coeurs sont purs.
Afrius se frappa le plastron du poing comme pour appuyer la volonté de son maître.
-Voilà pourquoi nous devons partir dès maintenant? demanda Herbert en se frottant la joue d'un air pensif.
-Non, nous partons bel et bien pour nous rassembler et partir à la guerre. Leur convoi arrivera à temps pour être récupéré par notre force voilà tout. Mais s'ils ont du retard, alors ce sera à Menelas de les accueillir. Je ne souffrirai aucun retard.
-Et si le Capitaine Angelius les récupère à notre place, qu'adviendra-t-il? fit Afrius.
-Le Premier Capitaine les prendra à son bord de la même façon que nous le ferions. Avec honnêteté et respect. Une fois qu'il aura récupéré sa force d'intervention, ils iront nous rejoindre en Caldris. Je me suis entretenu avec lui sur ce point, il sait ce que j'attends de lui.
Bien que la nouvelle ait assombri l'atmosphère, ni Herbert ni Afrius ne se laissèrent déstabiliser. Le Maître de Flotte se contenta d'un hochement de tête entendu et le Capitaine du Spartacus renifla d'un air résigné, l'air grave.
-Eh bien nous partirons dès que vous le voudrez monseigneur. dit il à Grivus en haussant légèrement les épaules, comme si rien n'avait changé pour lui. Donnez l'ordre et nous irons cueillir ces vilains curieux pour leur montrer ce que c'est que de stopper une vague verte.
-J'apprécie votre engouement, Capitaine. sourit Grivus. Donnez l'ordre. Nous partons immédiatement.


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Message par Turielo Ven 22 Mar 2013 - 14:57

La suite du vendredi avec un nouveau passage inédit!
Bonne lecture et à demain pour une nouvelle étape dans le parcours du père Nevenski auprès des Futharks!

***

LES RUES ÉTAIENT envahies par la population en liesse, et la fête battait son plein, tandis que le soleil débutait son coucher, la chaleur torride à son paroxysme. Les rues et les boulevards ceignant la Haute Cité résonnaient de notes de musique et de brailleries joyeuses au même rythme qu'au petit matin, et il était difficile de ne pas se laisser entraîner dans ce ballet endiablé de réjouissances.
Deux colosses se tenaient au coin d'un carrefour au milieu duquel on avait improvisé une petite scène en bois, sur laquelle se produisaient avec plus ou moins de succès des poètes et des danseurs, déclamant d'interminables vers chantant les exploits de leurs protecteurs surhumains. L'un des deux géants gardait ses bras massifs comme des troncs d'arbre croisés sur sa poitrine et considérait la représentation amateur avec un sourire amusé, tandis que l'autre était adossé contre le mur, mangeant une cuisse de baratis rôtis, qui paraissait ridicule dans son énorme main. Leurs toges bleues zébrées de rouge arboraient le chiffre de la Première Compagnie entouré de lauriers dorés, et à leur ceinture pendait un glaive au fourreau, aucun des deux similaires.
Celui au bras croisés fit retentir son rire alors qu'un des acrobates sur la scène venait de plonger à terre après une parodie de combat à l'épée. L'autre, qui regardait aussi le spectacle de rue, laissa échapper un gloussement amusé qui sonnait comme un grondement sauvage.
-Je n'ai jamais vu meilleure représentation de notre frère Amadrius! s'esclaffa le premier. Je gage que si notre champion était là, il serait déjà en train de vouloir leur sauter à la gorge pour le caricaturer de la sorte!
-Ou en train de supplier l'Empereur de mettre fin à son calvaire... ricana le second, en recrachant un morceau d'os du diamètre d'un poignet d'enfant.
L'autre partit d'un nouveau rire en se tournant vers son camarade, ses yeux bleus plissés par son large sourire.
-Voilà un bien pathétique portrait de lui que tu viens de faire, frère-sergent! dit il en donnant un coup de poing amical sur l'épaule de l'autre.
-Que veux-tu, Elos, je n'ai jamais supporté son orgueil et sa susceptibilité. répondit le frère sergent Ektelion Herkar, un sourire mauvais barrant un instant son visage carré au crane chauve, un chiffre "un" en bronze riveté sur son front. Il est peut être l'escrimeur le plus redoutable de tout le Chapitre, il reste un crétin sans cervelle à mes yeux.
Le space marine acheva de manger son morceau de viande et laissa tomber les ossements dans une écuelle avant de se frotter les mains de satisfaction, son regard dur aux prunelles aussi noires que la nuit revenant à la représentation théâtrale pleine d'innocence et de naïveté.
-Mais tout crétin qu'il est, il reste notre frère, nous devrions cesser de parler de lui ainsi. reprit-il, et son frère d'escouade opina.
Les deux Astartes redescendirent dans les rues bondées pour se frayer sans effort un passage vers l'esplanade des Anciens, tout les citoyens s'écartant respectueusement de leur chemin en s'inclinant. Alors qu'il progressaient en avant, observant avec satisfaction l'expression de la joie et de la reconnaissance du peuple de Sparta, un ivrogne voulut s'enlever de leur chemin mais finit par s'étaler contre Herkar après avoir trébucher sur les pavés.
-Par le Trône d'Or, vas donc cuver ton vin ailleurs! tonna le sergent en le fusillant du regard, une dizaine de passants reculant d'effroi devant cet accès soudain de colère.
L'homme ivre voulut bredouiller des excuses et trébucha à nouveau sans faire plus de chemin. Voulant épargner un sort malvenu au soûlard, Elos l'attrapa doucement par un de ses bras pour le relever, et le leva jusqu'à une charette de foin pour l'y laisser tomber, ignorant les gémissement terrifiés de l'homme.
-Voilà, il n'embêtera personne ici. déclara le space marine en poussant des deux bras la charrette vers une ruelle isolée.
Il revint vers son sergent donc le visage était toujours tordu par la colère, et lui administra une nouvelle tape sur l'épaule.
-Et toi qui appelle Amadrius un susceptible! se moqua-t-il de lui.
-Surveille ta langue, Elos Ykarios, ou il t'en cuira de te moquer impunément de ton sergent! grogna Herkar, et Elos se mit immédiatement en retrait, la tête baissée.
-Pardonnes moi, frère sergent, je ne voulais pas te manquer de respect. dit il en se frappant le torse du poing. J'accepterai humblement ma réprimande pour ma stupidité.
Herkar le dévisagea un instant avec ce qui ressemblait à une colère noire au fond des yeux, et Elos baissa à nouveau les yeux. Il avait manqué à son rang, et ce n'était pas chose pardonnable. Amende devait être faite. Il attendit la sanction, mais à sa grande surprise ce fut le rire de tonnerre d'Herkar qu'il entendit.
-Une réprimande? se gaussa celui-ci. De quoi parles-tu voyons, Elos?
-Je t'ai manqué de respect, frère, et ai sali ton honneur en oubliant ton rang. J'accepte ma punition, car je la sais nécessaire, voilà tout. répondit Elos en essayant de cacher sa surprise.
-Rien que ça? ricana le sergent space marine, les poings sur les hanches. Elos, mon pauvre frère! Tu n'es donc pas assez ancien au sein de mon escouade pour savoir que pour ce genre d'écart je n'appelle aucune réprimande?
Elos voulut répondre quand Herkar lui brandit son poing au visage, avec un de ses sourires plein de méchanceté.
-Je me contente d'un bon coup dans les gencives pour remettre les idées en place, c'est amplement suffisant! ricana l'Astartes. Maintenant arrêtes un peu ton cirque et allons retrouver nos frères au Palais!
Décidant que l'incident était clos, Herkar ouvrit son poing pour administrer une petite gifle mesquine à son camarade et l'agrippa par l'épaule pour reprendre son chemin.
-Une réprimande... continua-t-il de se moquer. Allons allons, c'est bon pour les recrues, ça! Nous sommes de la Première Compagnie, Elos! Si réprimande il doit y avoir à notre encontre, autant que ça soit pour quelque chose de terriblement plus grave... Et prie l'Empereur pour que ça n'arrives jamais, crois moi!
-Mes excuses frère sergent. fit Elos, penaud. Les subtilités de la Première doivent encore m'être étrangères, je suppose.
-Alors familiarises-toi avec elles. le rabroua son sergent. Tu n'appartient plus à la Troisième parce que tu as prouvé que tu méritais l'honneur d'être un des meilleurs du Chapitre. Ce que tu as accompli sur Nubia... Par les tripes du Primarque! C'était...
-Je sais ce que j'ai accompli, frère. le coupa brusquement Elos, d'un air sombre. Mais si nous pouvons parler de tout ce que tu souhaites, je ne veux pas parler de Nubia. Plus jamais.
Herkar se sentit à son tour terriblement gêné. Tout le monde savait qu'un space marine de l'Empereur ne connaissait pas la peur. Mais ceux des Anges de la Mort qui étaient présents lors du Désastre connaissaient quelques difficultés à maintenir ce vieux mythe. Là bas, ils avaient affronté la peur elle même, et nombreux étaient ceux qui étaient restés marqués.
Bien sûr, cela ne les affectaient pas au même titre qu'un humain chez qui ce genre de traumatisme aurait coupé au mieux toute volonté de se battre, au pire toute volonté de vivre. Ils étaient de l'Adeptus Astartes, et c'était la guerre qui les avaient forgés. Mais si ils parvenaient à refouler ce sentiment écoeurant que leur avait laissé Nubia, il laissa place à un goût amer fait de défaite mêlée d'horreur et de folie. Ce qui s'était passé là bas, nombreux parmi les mortels avaient mis fin à leurs jours à son seul souvenir. Des horreurs enfouies au plus profond des âges et que beaucoup se refusaient à conter avaient ressurgi d'un coup, un seul coup, brutal et sans pitié, et tous en avaient été blessés.
Non, Nubia n'avait pas laissé les space marines sans peur. Mais ils s'y étaient faits.
-Tu as raison, frère. Moi non plus je ne veux plus en parler. fit Herkar alors qu'ils passaient le haut porche d'entrée qui menait au Palais du Ciel Égorgé pour rejoindre leurs semblables.
Alors que derrière eux la foule en liesse poursuivait son activité joyeuse, les deux Astartes fermèrent leurs esprits aux seuls besoins du Chapitre et allèrent retrouver leurs armures de vétérans. Parvenant au niveau des quartiers réservés aux space marines, les deux guerriers trouvèrent leur Chapelain de Compagnie, progressant vers le grand escalier menant aux étages. Honorius sembla les remarquer car il s'arrêta pour aller à leur rencontre.
-Vous voilà bien tardifs, frères. déclara-t-il avec une pointe de reproche dans sa voix sévère.
Les deux space marines s'inclinèrent avec respect devant leur Chapelain, en se frappant le torse du poing.
-Nous revenons de la Basse Taygète, seigneur Honorius, auprès du peuple. Mon frère et moi sommes restés assister à une représentation de nos exploits, je...
-Cela n'est pas votre rôle dans l'heure, sergent Herkar. Nous sommes sur le point de repartir au combat, au cas où vous ne le sauriez pas.
L'Astartes lança un regard en coin à son frère et haussa les épaules d'un air embêté.
-Pardonnez nous seigneur Chapelain, nous ne savions pas cela. dit-il. Qui partons nous combattre?
-Nous partons soulager Caldris de quelques peaux vertes trop ambitieux. répondit Honorius sans cacher son désagrément que deux vétérans se soit aventurés auprès du peuple sans rester en contact avec le reste de leur Compagnie. Vos frères sont au fait et parés. J'étais en chemin pour parachever les préparatifs auprès de votre Capitaine. Votre attachement au peuple de Sparta ne doit pas vous faire oublier votre devoir envers le Chapitre, je suis très déçu par ce manquement de votre part, sergent Herkar. Plus que je ne pourrai l’être vis à vis du frère Ykarios dont je comprendrai l'envie de retrouver son propre peuple. Mais vous, un enfant de Styx?
-J'ai appris à aimer ce peuple comme le mien, seigneur. répondit Herkar, comme si la remarque demandait une réponse, avant de forcer la conversation à changer de fil. Quand partons nous?
-Puisque vous semblez de nouveau accorder une importance à votre fonction, sachez que nous ne partons pas tout de suite. l'informa Honorius. Le Capitaine Angelius désire assister au Rituel avant de partir. J'ose espérer que vous serez à même de sélectionner un Apprenti sans vous éclipser festoyer avec lui à la première occasion!
Le sergent Sky Slaughter paru blessé par la remarque, et la réplique qu'il allait laisser échapper resta coincée dans sa gorge. Il se contenta de hocher la tête pour signifier qu'il avait compris la leçon.
De tout le Chapitre, les guerriers de la Première Compagnie étaient les plus nobles et les plus révérés, seigneurs guerriers ayant chacun de longue années d'expérience et les seuls habilités à vivre en rois parmi la population humaine. En dehors des seigneurs régissant le Chapitre ou du maître des scouts et Capitaine de la Dixième Compagnie, les meilleurs guerriers de la Première recevaient le droit de choisir un jeune mortel comme Apprenti afin qu'il soit envoyé sur Styx pour y être formé. C'était là une tradition remontant aux débuts même du Chapitre de faire honneur aux guerriers vétérans qui l'avaient mérité en leur accordant la possibilité de choisir ceux qui seront le futur du Chapitre.
Sous ses dehors de brute, il était un des plus nobles représentants de la Première, et l'un de ses plus anciens guerriers. L'Astartes était né et avait grandi sur Styx, fils d'une tribu guerrière fière et orgueilleuse, et chacun connaissait la réputation de ce space marine à l'âme de roi et aux manière de brute sauvage. Certains murmuraient qu'il était en réalité le dernier représentant de sa tribu natale et que c'était pourquoi il gardait avec fierté l'excentricité de ses ancêtres, trait de caractère inhabituel au sein du Chapitre qu'il se plaisait à transmettre aux plus jeunes frères de bataille et qui donna plus d'une fois du fil à retordre aux Chapelains.
Il était brusque mais profondément dévoué à ses frères. Toutefois, depuis Nubia, une sombre mélancolie s'était emparé de son coeur, sans que nul ne sache pourquoi.
Honorius finit par lâcher un soupir frustré et lui prit l'épaule.
-Sergent, je comprends que vous vouliez oublier pour un temps ce qui s'est passé là bas. Tout nos frères le veulent. Mais sachez vous rappeler de votre statut. Vous êtes un Space Marine et ne devez souffrir d'aucune faiblesse. Qui plus est, vous êtes un des meilleurs de la Première, ce pourquoi on vous a toujours accordé l'honneur de désigner un futur Apprenti. Ne gaspillez pas cet honneur par une conduite indigne d'un membre de l'Adeptus Astartes.
Herkar le regarda en face, sa mâchoire se crispant plusieurs fois de suite, tandis qu'il ruminait la remontrance.
-Allez dans vos cellules, frères. les congédia le Chapelain. Méditez et préparez vous. La guerre nous appelle, et nous devons être sans failles.
Les deux guerriers se frappèrent la poitrine et partirent en direction des sanctums. Honorius resta un instant à les regarder partir, puis reprit son chemin pour aller retrouver l'état major du Chapitre qui l'attendait. Il ne put s’empêcher de pester intérieurement contre cette guerre malvenue, qui en plus d'avoir manqué de tous les balayer sans aucune chance de se relever, avait immanquablement changé l'esprit de ses frère jusqu'aux tréfonds de leur âme. En tant que Chapelain, il se devait de les maintenir sur le droit chemin. Mais cette fois, il éprouvait d'immenses difficultés à mener sa tache à bien.
Car au fond de lui, il savait qu'il était tout autant marqué que ses frères d'armes. Sinon plus...


Dernière édition par Turielo le Sam 11 Mai 2013 - 12:40, édité 1 fois


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