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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Variel Mar 9 Mar 2021 - 23:18

Et ben, sacré chapitre !

Tout ce que j'ai pu dire concernant certains dialogues entre les personnages n'a plus rien à voir ici, parce qu'au contraire j'ai beaucoup beaucoup aimé les discussions entre Astartes, surtout dans la deuxième partie du chapitre.
Et d'une manière générale, j'ai trouvé que l'écriture était vraiment très propre ^^ En fait, il est exempt des quelques moments de flou qu'il pouvait y avoir par ci par là, tes descriptions et la manière dont tu narres l'histoire est vraiment solide et efficace (c'est déjà un point que j'avais abordé auparavant ^^)

C'était déjà le cas et ce chapitre ne fait pas exception, le rythme est très efficace lui aussi et permet de rester bien concentré sur l'histoire.

Alors tu vois, autant tu disais que j'avais tendance à trop mettre de virgules, autant je trouve que tu n'en mets peut-être pas assez What a Face :
Nero a écrit:« Au suivant! aboya Kyriss enivré. »
Nero a écrit:« C'est ici que vous allez avoir l'opportunité de vous défouler un peu cousins [...]
Tu vois, dans les deux cas, j'aurai ajouté une virgule avant le dernier mot. Mais comme tu l'as dit, chacun sa manière de concevoir les choses ^^

Mis à part ça, j'ai hâte de connaître la suite (et la bataille spatiale s'annonce très intéressante !) Smile


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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Message par Nero Mar 9 Mar 2021 - 23:26

Salut Variel !
Merci de ton retour rapide c'est sympa 🙂
Oui comme je disais je veille à purger un max les erreurs et tournures de phrases maladroites. D'ailleurs à ce propos, je trouve que plus ça avance mieux c'est je trouve.
Le rythme c'est ce que j'ai de plus sacré ! Comme déjà dit également, c'est lui qui peut m assurer que les lecteurs soient captivés, vois tu 😉
Enfin, pour te répondre, dans la première phrase je ne vois pas la nécessité d en mettre de virgule, tandis que dans la seconde, oui, avant le dernier mot.
A très vite !


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Message par - Talos - Mer 10 Mar 2021 - 10:05

J'aimerais beaucoup avoir le temps de lire ton texte Nero... Promis, dès que je peux bounce


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Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 19:53

Inspiration, inspiration, quand tu nous tiens! Very Happy

XVII


Plan d’attaque. Surveiller. Visite impromptue
 
Les deux bâtiments de la IVème et de la VIème se tenaient l’un près de l’autre, à l’écart des senseurs longue portée de la station et des barges de bataille adverses qui devaient à n’en pas douter scanner tout le secteur, répertorier tout élément étranger, et guetter notamment leur venue.

Ils avaient plus ou moins récupéré tous deux de leur séjour dans le Warp. Et maintenant qu’ils s’étaient répartis équitablement les maigres ressources qu’il leur restait, ils étaient parés à faire mouvement.

« Nous y voici, articula Bazilleuck Eunam en grossissant la projection holographique du système d’Halito. « Et ce que vous voyez ici correspond à Annilion, la forteresse spatiale. Là où se terrent nos ennemis. J’en suis certain.

« Qu’est-ce donc ? demanda Harrix qui ne pouvez savoir de quoi il s’agissait puisque trop jeune par rapport aux autres.

« Il s’agit d’une arène spatiale. Un peu comme certaines légions en possèdent sur leurs vaisseaux. Les World Eaters, les Sons of Horus ou encore les Thousand Sons, expliqua Celeste Rugor près de lui. « Un lieu qui, il y a encore peu, accueillait les plus grands bretteurs de l’Imperium. Eidolon de la IIIème, Sanakth de la XVème, Khârn ou encore Abandon, voire Sigismund. Une pléthore de guerriers comme seuls les légions ont su en créer.

« Et qui aujourd’hui se voit s’affronter sur de sombres champs de bataille pour finir oublier, poursuivit le lieutenant Arkos en ruminant ses mots. »

Brugwoll lui fit face.

« Et qu’en sais-tu guerrier de fer. Chez nous les Routs, quand un des nôtres tombe, on chante des récits et on festoie en son honneur pendant plusieurs nuits. N’en est-il donc pas de même au sein de la IV ? »

Le lieutenant-commandeur inspira et lui répondit avec la plus grande courtoisie.

« Nous avons seulement des rites et des traditions qui divergent des vôtres, loup. »

Cela suffit pour le chef de meute qui n’insista pas.

« Bien, poursuivit Bazilleuck Eunam, « il semblerait qu’il y ait une forte activité autour de la station. Nous devons donc en déduire que leur flotte est massée tout autour. Les chacals vont protéger leur terrier. Soit ils vont nous envoyer tout ce qu’ils ont, soit ils vont attendre que nous nous approchions suffisamment pour nous annihiler sans trop d’efforts de leur part.

« Aucune de ces deux suggestions ne me plait, intervint Brugwoll qui regardait la projection holographique sur la table centrale, autour de laquelle tous étaient agglutinés.

« Elles ne me plaisent pas non plus, avoua Bazilleuck Eunam.

« Il va nous falloir toutes les ressources nécessaires pour ce nouvel affrontement, ajouta Celeste Rugor dans son armure Terminator, redorée par les serviteurs au cours de leur transit Warp. « Nous devrions demander l’appui du Mehanicum, ils seront ravis de servir, se moqua le Centurion en pensant à la tête du maitre Magos Tubari à l’idée de lui demander ses troupes à envoyer en première ligne. »

Le Lieutenant-commandeur songeait, les deux poings sur la table.

« Vous avez raison. Je vais aller parler au maitre Tubari. Et puis je crois que Ranos Clerg ici présent ne nous fera pas défection ?

« Vous avez l’appui total de la cohorte lieutenant-commandeur, répondit le chef skitarii de sa voix semi mécanique. « Aux deux tiers de ses effectifs. Soit approximativement plus de quatre cents combattants. »

Le commandant de l’Iron Wound hocha la tête, satisfait.

« Vous avez évidemment le soutien du Cycle Infernal, intervint à son tour le Colonel Spens, sortant de l’ombre, le buste bien droit. « Elle est à vous, même si son nombre est considérablement réduit, déclara-t-il affligé d’une voix ferme.

« De combien disposez-vous Colonel ? lui demanda le Lieutenant-commandeur.

« Deux cents hommes, tout au plus. Tous pourvus d’armures carapaces pour l’affrontement spatial. »

L’Iron Warrior réflichit un instant avant de répondre. Sans offenser l’officier de carrière qui avait tant donné à la légion, il lui ordonna de tenir et de défendre corps et âme le croiseur.

« Colonel, vous aurez à charge l’Iron Wound. Cela vous convient-il ? »

Ce dernier fit un pas en avant sous le regard dur mais respectueux des autres Astartes présents.

« J’en serai honoré, mon commandant.

 « Je vais de mon côté commencer les rites sur notre vénérable Trator, leur annonça le techmarine Valdon. « Il lui tarde de se mettre en branle. D’ici quelques heures il serra sur pied.

« Très bien, faites donc ça frère, approuva d’un geste Bazilleuck Eunam. « Combien de guerriers prêts au combat ?

« Cent vingt guerriers, répondit Celeste Rugor. « Il va nous falloir les employer à bon escient. 

« Cela va de soi, répondit le commandant. « Vous n’êtes que quatre en ce qui vous concerne, loup, est-ce bien ça ?

« Ja, c’est bien ça. Mais ne te fie pas au nombre, mais plutôt en notre détermination.

« J’en prends bonne note, même si en face ils peuvent déployer jusqu’à dix fois notre nombre. Quoi qu’il en soit, rappelez-vous que nous sommes ici pour secourir nos frères et occasionner le plus de dégâts chez l’ennemi. Je ne veux pas qu’on s’enlise. Je ne veux pas que cet endroit soit notre tombeau à tous. J’espère que la plupart d’entre nous en réchappera afin d’avertir le reste de l’Imperium sur ce qu’il se passe, si ce n’est pas déjà fait. »

Personne ne dit mot.

« Bien, voici mon plan. Je suggère d’envoyer le Victory First en tête. Il y a des chances pour qu’ils ne le détruisent pas étant donné qu’ils vous ont occulté la première fois. Il se peut qu’il ne s’attende à aucune action hostile de votre part. Je compte jouer de cet élément clef pour la réussite de cette mission. Nous savons qu’ils s’attendent à notre venue. Ils savent que l’Iron Wound a dû se translater dans ce système, que ce n’est qu’une question de temps avant que nous arrivions à la station. Et il est indéniable qu’ils nous auront concocté un pot de bienvenue. Nous allons masser une partie de nos éléments dans votre frégate, chef de meute, afin de la diriger seule vers le Twilight of Angels, du moins aussi proche que possible. »

Quelques-uns approuvèrent. D’autres étaient plus sceptiques.

« Ce sera très risqué, aboya Brugwoll.

« Nous tentons le tout pour tout, je vous l’accorde. Mais je ne vois pas d’autres moyens que de nous approcher le plus près possible et d’atteindre la barge de la VIIIème.

Le commandant se tourna vers son fidèle bras droit.

« Centurion, cette tâche sera vôtre. 

« J’en suis honoré, commandant.

« Le centurion avec la moitié de nos guerriers entrera à bord de la barge ennemie afin de porter secours à nos frères retenus prisonniers. Au moment même où les tirs commenceront à retentir, l’Iron Wound se manifestera en sortant du champ de la frégate afin de faire plier les boucliers du vaisseau ennemi. L’idée vous la concevez bien, est de les surprendre nous aussi du mieux que nous pourrons, même s’ils s’y attendront probablement. Cela pourra nous donner dans le meilleur des cas plusieurs minutes, voire de longues secondes pendant lesquelles manœuvrer et nous rapprocher d’Annilion par la même occasion. Une fois à portée, nous envoyons tout ce que nous avons sur cette dernière et ceux se trouvant sur la trajectoire. Sachez à ce moment-là que nous subirons un feu nourri de la flotte adverse. »

Il observa les visages burinés et fatigués de ses frères, leur détermination mise à rude épreuve, mais toujours inébranlable. Il continua son exposé sans plus attendre.

« Nous projetterons un bélier de siège sur la station orbitale, déclara-t-il. « Il déchirera aisément les couches de blindage et pénétrera dans la zone que nous localiserons au dernier moment, probablement ici, pointa-t-il du doigt une section proche du pont d’armement principal sur l’hologramme. « Nous compterons sur la force de frappe de notre vénérable frère Trator et de la moitié de la cohorte skitarii pour atteindre l’objectif et venir à bout des félons à bord. Cet objectif sera vôtre lieutenant Arkos.

« Et mes guerriers et moi le conduiront à terme, Lieutenant commandeur ».

Ce dernier opina du chef, puis regarda son auditoire.

« Quelque chose à dire ?

« Oui, quand est-il de nous autres ? demanda Brugwoll.

« Le reste des effectifs demeurera à bord en réserve. Quant à vous quatre, regarda-t-il les frères égarés, « vous n’êtes pas sous mon commandement, et êtes donc libres de vous déployer de la manière qu’il vous plaira.

 « Il y a du potentiel dans ton plan, guerrier de fer ! aboya Danokall. « Et j’aime l’idée. Je doute cependant en ce qui me concerne, que l’on parvienne aussi aisément que tu le dis à s’approcher suffisamment sans courir le risque d’être mis en pièces. Je me tiens dès à présent prêt à l’abordage d’un bâtiment ou de la station elle-même. Je suis impatient d’observer par moi-même où le grand Khârn à tirer sa réputation.

« Tu feras comme on te dit, l’attrapa par l’avant-bras Brugwoll. « Ne vas surtout pas commettre l’erreur de nous précipiter dans les filets de l’ennemi à cause d’une envie mal placée. »

Danokall se libéra sèchement.

« Vous êtes décidément bien froids vous autres de Fenris comme de la IV. Mais je m’en tiendrai au plan jusqu’à nouvel ordre. Pas d’inquiétudes. »

Le calme régna un petit moment dans la chambre. L’odeur de l’huile empreignait l’air et les narines. Bazilleuck inspira et se sentit bien. Tous les Iron Warrior sentaient la même chose. Le calme avant la tempête. Il était temps de chanter la litanie de fer.

« Descendons à présent dans la baie d’embarquement. Nous devons nous réunir une dernière fois avant l’assaut, prononça le commandant. »


*

Kyriss se tenait sur la passerelle du Twilight of Angels, les mains dans le dos. Il observait les serviteurs à leur poste, comme il avait lui et son capitaine, tant l’habitude de le faire. Des moins que rien selon lui, voilà ce qu’ils étaient. Et pourtant, il lui rebutait de leurs reconnaitre une certaine utilité. C’était une chose qu’il ne partageait pas avec son capitaine. Une de plus.

Par-delà, il regardait le vide s’étendre sur un horizon infini. Ce même espace qui bientôt espérait-il, serait le terrain d’un nouveau champ de bataille et l’occasion de récolter de nouveaux trophées. Il lui tarder au fond de lui d’exhiber ces derniers sous le nez de ces autres frères, tous bien loin aux côtés du Primarch. De les narguer et de s’attirer les louanges de quelques guerriers bien placés dans la hiérarchie.

Kyriss avait toujours su voir loin il faut dire. Et même s’il ne parvenait pas, admettons, à sortir de ce trou dans les heures qui viendraient, il ferait néanmoins en sorte de disparaitre en emportant cet infâme Dépeceur. Celui-là même qui venait de l’humilier et de le rabaisser devant ses propres guerriers. Même si dans les faits, techniquement, tous lui appartenaient, lui y compris, tâchait-il de se défaire de cette idée déplaisante. Quoi qu’il en soit, il ne laisserait pas passer, c’en était certain. Et puis comme l’avait dit lui-même son capitaine, il fallait un jour rompre le cordon pour pouvoir avancer et asseoir ses propres positions.

Un guerrier arriva dans son dos.

« Parle, dit-il sèchement.

« Tous les prisonniers ont été reconduits à leurs cellules, lieutenant. »

Ce dernier se contenta de hocher la tête et donna congé au garde. Pour l’instant, tout était calme sur le stratagium. Tous vaquaient à leurs taches respectives. Mais pendant combien de temps encore ce calme régnerait-il ? Karss Zaltar lui avait fait part, malgré leur accrochage plus tôt, du plan que le Palatin de Fer et lui-même s’apprêtaient à mettre en place.

Sur sa droite, il voyait au loin, minuscules, cinq de la dizaine de vaisseaux de la flottille aller se cacher dans la ceinture d’astéroïdes. Il voyait aussi la barge de la IV se tenir prête à s’élancer comme appât sous le nez de l’ennemi une fois celui-ci assez proche pour le détourner de la station et ainsi le réduire à l’état de débris insignifiants plus à l’écart. L’ennemi ne devait pas poser le pied sur Annilion. D’ailleurs à ce propos, lui-même avait reçu pour instructions d’affaiblir les boucliers du croiseur ennemi, sans plus le mal mener.

Kyriss se pourlécha les lèvres gercées de ses dents aiguisées. Bientôt, le sang coulerait à nouveau. Très bientôt même, songea-t-il en sachant ce parvenu de Salatar Holl quelque part sur la passerelle à le surveiller, à n’en pas douter, sur ordre de son capitaine.


*

Karss Zaltar observait depuis le stratagium d’Annilion la disposition de la flotte. Une partie massée autour de la station, l’autre près de la ceinture d’astéroïdes.  Comme prévu la barge de bataille du Palatin de fer se tenait prête à se diriger vers la ceinture elle aussi, dès que l’Iron Wound ferait son apparition. C’est ce qui devait se passer normalement, disons. Ou aurait dû. Sauf qu’un imprévu venait à l’instant de se manifester au loin. Voilà, il se n’agissait non pas du croiseur tant attendu, mais de ce vaisseau solitaire dont la venue était impromptue. Le Victory First, se souvenait le capitaine de la 18è compagnie. Ils l’avaient rencontré la veille, mais ils n’avaient pas imaginé un seul instant qu’il ait pu se rétablir aussi vite et se tenir devant eux. Cela était étrange.

« Agrandissez l’image, ordonna le Dépeceur, élevant lentement quelques doigts gantés.

« Il s’agit du vaisseau de la VI légion, monseigneur. Solution de tirs parée. Il nous suffit d’un ordre. »

Karss Zaltar réfléchissait. Evidement que quelque chose n’allait pas. Que pouvait bien faire ce vaisseau ici ? avait-il fini par récupérer de ses avaries ? De toute évidence, en convint le Night Lords. La question était de savoir s’il avait eu une aide extérieure. Comme celle d’un vaisseau qu’ils s’attendaient lui et les siens à voir débarquer à la place de celui-ci. Peut-être serait-il plus judicieux d’effacer le doute, et de le supprimer de suite…

« Non. Je vous interdis d’ouvrir le feu. Laissons-le s’approcher encore. Voyons ce qu’il compte faire. Aucune trace d’un autre vaisseau dans les parages ?

« Aucune, monseigneur. Rien que les signatures connues de nos bâtiments. »

Le capitaine fit une grimace. Il se tenait debout devant sa balustrade. Il voyait le petit vaisseau se rapprochait du Twilight of Angels.

« Assurez-vous que le lieutenant Kyriss soit prêt à répondre à une bordée adverse ou à un abordage éventuel.

« Tout de suite seigneur, répondit un serviteur à sa console. »

Le capitaine se rassit, se massant le menton abimé.

« Que l’on prépare le canon nova ! aboya-t-il soudain. « Que notre meilleur atout se tienne prêt à expédier ces vermines à l’autre bout de la galaxie. »


Dernière édition par Nero le Ven 12 Mar 2021 - 19:57, édité 1 fois


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Message par Variel Mer 10 Mar 2021 - 22:52

Bon chapitre une nouvelle fois !

Un vocabulaire toujours très adapté, une narration de bonne facture, quelques fautes mais rien qui pose problème.

J'ai encore plus hâte de voir la bataille spatiale après avoir vu les deux camps préparer leur stratégie ! Je viens de lire La Lance d'Ultramar de l'HH et je dois dire que ça m'y fait pas mal penser sur ce point. En tous cas, moi ça m'intrigue fort ^^

De même, la tension que tu continues à faire évoluer sur divers plans au niveau de l'alliance NL et IW continue a être intéressante, je suis intrigué de voir où ça va finir par mener les forces renégates.
Je suis un peu moins à fond dans la relation entre les IW loyalistes et les SW, mais c'est très subjectif : la VIe ne m'intéresse juste pas vraiment, et ça n'a rien à voir avec ton récit. (et d'ailleurs, j'aime bien le WE ^^)

Donc voilà, peut-être un peu moins de chose à en dire du fait du moment où on sent la tension qui se crée, mais encore une fois j'apprécie, et j'ai hâte de voir la suite !


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 23:02

Merci pour ton retour 🙂

Oui la tension monte c'est certain. Après ça, malheureusement pour les membres de la VI faut faire avc à haha. Moi j'ai mon Danokall qui me plaît bien aussi 😉
Je Regarderais pour les fautes merci 👍

Et tiens toi que j'ai attaqué aussi la Lance d Ultramar, je savais même pas qu'il était sorti en Fr!
J'y trouve un côté Dantioch, last survivor.


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Message par Nero Sam 13 Mar 2021 - 14:38

XVIII

De si bons éléments. Terroriser avant de frapper. Iron Wound.


 
Le Victory First commença sa lancée sans déployer ses armes. Il se tenait bien sûr prêt, jusqu’à ce que l’ordre soit émis, ou que la situation se détériore et qu’il ne soit obligé de répliquer. Mais pas avant pour ne nouer aucun soupçon.

Il traversa sans encombres l’espace qui le séparer jusqu’à la barge de la VIIIème et par-delà de la station. La flottille adverse était déployée en avant-garde de la station orbitale. L’ennemi espérait par son nombre pousser le vaisseau neutre pour l’instant, à tourner bride, ou à entreprendre une manœuvre qui annoncerait sa fin imminente.


Seule la barge de bataille Fury of Iron se tenait en retrait, ce pour une raison inconnue, constatait Bazilleuck Eunam depuis la passerelle de l’Iron Wound, encore à bonne distance des senseurs ennemis. Peut-être celle de protéger la station au cas où un de leurs deux vaisseaux parviendrait à franchir cette ligne de défenses quasi impénétrable.


Annilion elle, s’étalait sur plusieurs longs kilomètres dans le vide, ayant pour toile de fond cette petite planète autour de laquelle gravitaient bon nombre d'astéroïdes de tailles diverses. Tout autour de cette étoile volcanique, d'innombrables irruptions jaillissaient telles autant d'écume d'eau chaude dans un récipient. La ceinture créée n’était composée de rien d’autre que des résidus rocailleux et magmatiques propulsés depuis la surface. Des explosions minuscules de leur position, mais d'une couleur rougeoyante qui donnait l'impression que l'issue de cette bataille ne se terminerait que dans un nouveau bain de sang.

Serena Dior, fidèle à son poste, pensait à ces mots qu’elle avait eus il y a encore peu, juste avant que leurs effectifs ne se scindent en deux. C’était après le discours haranguant du Lieutenant-Commandeur dans le vaste hangar à chasseurs avec toutes les troupes réunies. Elle esquissa un sourire en pensant à cet échange qu’elle avait eu avec le Centurion ici même, au stratagium, avant qu’il ne rejoigne la frégate.

« Je ne crois pas le moment opportun pour observer le vide spatial, Centurion, lui fit-elle remarquer poliment.

« Figurez-vous que je pense. »

Elle tourna la tête dans sa direction une seconde.

« Et peut-on savoir à quoi pense sa seigneurie ? 

« A nous. A nos morts. A ceux qui n’assisteront pas à un autre combat demain. Aux vivants. A ceux qui combattront encore pendant longtemps après cette bataille. »

Elle se tourna qu’un quart de tour pour lui faire face.

« Ainsi avez-vous été modelés, vous et vos frères, lui répondit-elle solennellement. Apporter l’illumination, l’ordre et la volonté impériale. Ainsi avez-vous été créés, pour combattre toute menace se dressant contre le bouclier du genre humain. Ceci signifie aussi défendre l’Imperium de l’intérieur. De combattre celui que vous considériez hier encore votre frère. »

Il sonda la Maitresse de Pavillon. Elle disait vrai.

« Je vous admire, madame, lui dit-il en toute franchise. Elle se sentit quelque peu gênée. « Votre ferveur comme votre stoïcisme font honneur à la légion. Rares sont ceux qui ne le pensent pas. Ou ce sont des idiots alors. »


Serena risqua un sourire. Elle était flattée. Et c’était bien sûr le but. Le centurion lui-même esquissa un mince sourire en coin des lèvres. Elle l’observa sous ses traits marqués part plusieurs longues décennies de guerres brutales contre les ennemis de l’humanité. Elle pensait à lui comme à tous les autres qui s’étaient battus jusqu’ici pour défendre ce qui leur était cher, comme leurs vies à eux, personnel de bord, matelots, et autres serviteurs. Finalement, se dit-elle, étaient-ils aussi froids comme le fer pour ne pas avoir le moindre état d’âme ? à cette simple pensée elle contre disait toutes les rumeurs qui circulaient aux sujets des guerriers de la IVème de Fer.

« Puis je vous suggérer à présent de descendre vous joindre à la force de frappe dans les hangars? il serait mal venu de faire attendre ses troupes plus longtemps. Ou pire, que vos guerriers ne se battent sans leur chef à leur tête. »

L’Iron Warrior se tenait droit, deux fois plus grand que la capitaine de pavillon. Il l’aimait aussi pour sa franchise et son courage. Il esquissa un autre sourire.

« Une fois encore vous avez raison. Quel piètre meneur ferai-je à les faire attendre plus longtemps. Pire encore, s’ils devaient s’accaparer tous les lauriers sans moi ! » 

Il avait alors salué. Serena Dior, droite, lui rendit l’appareil.


« J’espère que nous nous reverrons Centurion. »



Ce dernier, déjà sur le départ tourna brusquement la tête.

« Cela madame, je l’espère. Mais si jamais quoi que ce soit devait m’arriver à moi et mes frères, j’ose espérer que vous tiendrez suffisamment longtemps pour envoyer le plus de félons dans les abysses ! »


« Est-ce que vous allez bien Maitresse de Pavillon ? la sortit de ses pensées une voix masculine. » 

Elle tourna la tête. Ce n’était plus le Centurion qui se tenait près d’elle.


« Pardon sergent, le reconnut-elle à ses marquages, « oui tout va bien. »

Ce dernier leva les yeux vers Bazilleuck Eunam discrètement et fut aussitôt gonflé à bloc en se disant avoir le privilège de se tenir parmi les plus grands guerriers jamais produits. Puis, une voix l’appela. C’était le Colonel Spens un peu plus loin, affairé sur des projections holographiques du croiseur et de ses différents ponts, entouré de plusieurs de ses hommes.

« Sergent Jaarl, venez ici. Il vint au pas de course. « Nous devons sécuriser ces sections ci au cas où on nous aborderait, désigna-t-il plusieurs secteurs clefs du bâtiment. « Votre groupe mené par moi-même aura en charge la passerelle. Vous avez vos ordres, rompez. »

Et il s’en alla auprès de ses hommes pour les mettre au parfum.

Bazilleuck Eunam observait Serena Dior avec une certaine compassion. Dire que de si bons éléments allaient très probablement disparaitre en ce jour, pensa-t-il. Il la voyait pensive, les yeux pas totalement en face des trous.

« Restez concentrée, lui souffla Bazilleuck Eunam en se penchant à son oreille. « Ce bâtiment a plus que jamais besoin de vous maitresse. »

A ces mots, elle inspira et fit un tour d’horizon de la passerelle. Elle voyait chaque homme et femme, chaque serviteur là où il devait se trouver. Elle voyait la Maitresse des Astropathes Ing Sae à sa console guider ses semblables depuis le cœur du vaisseau. Elle voyait également Till Kro le maitre des transmissions coordonner et analyser le flux de données entrant et sortant avec rigueur et calme. Elle voyait la fin de cette histoire se profiler. Et elle la voyait avec sérénité et calme, comme tout bon sujet de l’Empereur se devait d’agir et d’accepter son sort.

*

« Dans combien de temps ? s’impatientait Danokall.

« Bientôt War Hounds, répondit à voix basse le Centurion aux commandes de la frégate, quelque peu pensif.

« Ça ne me suffit pas ! Pourquoi n’émettent-ils pas ? attendent-ils que nous les percutions ? auraient-ils perdu l’esprit ?

« Nous vivons des temps assez fous, dois-je te faire remarquer, articula Brugwoll agacé par l’impatience de son frère d’arme. « Maintenant vas-tu la mettre en veilleuse une bonne fois pour toute ?! lui expédia-t-il en grognant.

« Des nacelles vous attendent, si vous êtes incapables de vous taire tous les deux, statua d’une voix dure le Centurion lui aussi bassiné de les entendre se quereller. »

Brugwoll marmonna quelque chose dans sa barbe et se détourna de son camarade de joute. Non loin se tenaient ses deux frères de livrée, Tormas Perce Œil et Kroma le Briseur, ce dernier à qui on avait soigné la jambe et la clavicule avant l’assaut. Tous deux s’exerçaient un peu à l’écart l’un contre l’autre. Tout proche également, un guerrier conversait avec un apothicaire. Ils parlaient des prisonniers détenus à bord de la barge ennemie. Ils devaient avoir une certaine importance à leurs yeux apparemment songea-t-il.

Soudain, un premier contact survint. Tous s’alarmèrent.

« Ah, enfin ! s’exclama Danokall.

« Ouvrez le vox, ordonna Celeste Rugor. « Mais n’émettez pas. »

Après plusieurs secondes interminables et parasitées, une ou plusieurs voix qui s’entre mêlaient, leur parvinrent aux oreilles dans une langue immonde.

« Que signifie tout ça ? exigea le War Hounds.

« C’est du nostramien, le fit taire le Centurion.

« Et qu’est-ce que ça dit ? »

C’était tout à coup comme si les voix qui émanaient des hauts parleurs léchaient chaque mur, chaque console, chaque serviteur, en passant d’abord en surface, puis en pénétrant au plus profond d’eux, jusqu’à…

Une première personne hurla. Puis une seconde. D’autres suivirent. Les voix serpentines qui sifflaient dans l’air se confondaient à présent avec les hurlements de terreur et d’épouvante des membres d’équipages apeurés.

« Eteignez tout ! sur le champ ! commanda le Centurion vétéran qui réagissait prestement.

« Qu’est-ce que tout cela signifie ? demanda Brugwoll interloqué mais pas secoué le moins du monde. »

Celeste Rugor, Hébor et Harrix se regardèrent alors. Avant même que les serviteurs affectés aux consoles de timonerie ne se manifestent, les trois Iron Warrior surent ce qui allait advenir après ce ballet de voix macabres. C’était là l’œuvre de la VIII. Terroriser avant de frapper.

La première bordée atteignit le Victory First et l’ébranla tout bonnement. Le Centurion s’anima sans attendre.

« Tout le monde à son poste de combat ! timoniers, ouvrez les sabords, feu à volonté ! Une fois que nous nous serons projetés, déguerpissez ! »

Un second en poste à la place du défunt commandant de bord salua et donna ses ordres.

« Vous autres, aux nacelles ! commanda le Centurion vétéran. »

*

« Monseigneur ! appela un serviteur, « la frégate répond à nos tirs, elle engage le combat contre le Twilight of Angels. »

Les doigts croisés, Karss Zaltar observait le combat au loin.

« Bien, très bien, comme nous nous y attendions. Ecrasons les une bonne fois pour toute.

« Ordre transmis !

« Comment se porte le Twilight of Angels ? exigea-t-il depuis son siège de commandement.

« Il se porte magnifiquement bien, seigneur. Il semblerait même que la frégate ennemie soit sur le point de succomber, seulement…

« Seulement quoi ? désira savoir le Night Lords en tournant la tête en direction du serviteur Primus en charge du personnel de la station.

« Des modules semblent avoir été largués et se dirigent sur votre vaisseau, monseigneur. »

Karss Zaltar se leva.

« Ils vont essayer de libérer leurs frères. Enfin, ce qu’il en reste. Kyriss saura quoi faire. Il se rassit.

« Seigneur ! aboya un autre homme à son poste, « signature énergétique décelée à cent milles de la station ! c’est le croiseur Iron Warrior ! »

Le Dépeceur se releva aussitôt, quelque peu décontenancé.

« Vous dites ? »

La voix du serviteur fut tout à coup étouffée par les tirs multiples s’écrasant contre le bouclier d’Annilion. Un voile bleu crépitant illuminait la passerelle. Karss Zaltar resta un instant là, cloué de surprise.

« Les sales cabots…murmura-t-il. « Ils osent… Il éleva cette fois la voix afin d’être entendu de tous. « Ils osent nous tirer dessus !

Le croiseur ennemi était sorti tout droit du dos de la frégate de la VIème. Il s’était tenu suffisamment proche de son champ pour que les deux vaisseaux ne fassent plus qu’un. Un grand risque encouru certes, si collision il y avait seulement eue. Le croiseur était à présent prêt pour libérer ses lances à énergie contre la station et le Twilight of Angels. Tout avait été méticuleusement préparé songea le Night Lords.

D’autres lances navales percutèrent la station, la faisant trembler.

« Boucliers à quarante et un pour cent, monseigneur ! déclara un serviteur.

« Nous ne pouvons pas rester là sans riposter ! s’alarma plus que de mesure le serviteur Primus. »

Karss Zaltar dégaina son bolter, tendit le bras, et d’un tir lui pulvérisa la tête en un gruau sanglant. L’espace d’un battement de cœur, le calme régna.

« Qu’attendez-vous pour utiliser le canon nova, à la fin ! s’écria-t-il face aux dizaines de serviteurs cloués de surprise et de terreur. »

Tous retournèrent à leurs tâches. Il faudrait bien encore quelques minutes avant d’entendre aboyer la gueule du canon.

Le commandant Night Lords s’adressa d’une voix clair et profonde aux serviteurs en dessous de son balcon.

 « Transmettez à la flotte d’engager le combat contre la frégate et le croiseur. Ajoutez aussi à l’attention de notre bon ami le Palatin de Fer, de se mettre en route, comme convenu. Et dites-lui, avec toute mon amitié, se prit-il d’un large sourire, « de se presser. »

Il se rassit à nouveau. Soudain, autre chose accapara son attention. Il pencha la tête de côté. Un de ses capitaines vint à portée d’oreilles.

« Serait-ce de nouvelles nacelles d’abordages que je décèle au loin ? n’en revenait-il pas.

« En effet seigneur, répondit Yachi Tor à la place du serviteur Primus. « Et elles s’approchent dangereusement. Elles se dirigent…

« Vers le canon nova, oui, le coupa Karss Zaltar. « Ils espèrent passer au milieu des tirs confondus à l’extérieur. Malin, très malin. »

Il fit un signe de la main. « Capitaine. Ils veulent s’emparer du canon, si ce n’est le mettre hors service. Je ne peux pas laisser ce don du Mechanicum causer notre perte. »

Yachi Tor s’avança et salua.

« J’attendais que vous me le demandiez. Sachez qu’aucun de ces pourceaux n’atteindra le canon. Mes guerriers et moi même vous le jurons, Dépeceur. »

Et ce dernier s’en alla, ses guerriers à sa suite.

« Oui, oui, marmonna Karss Zaltar. « Vos paroles, mes frères, commencent à être vide de sens. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 13 Avr 2021 - 17:09



XIX

Cap sur la barge ennemie. Voilà venir notre heure. En route.

 
L’Iron Wound était balloté en tous sens. Les tirs dirigés contre lui de cinq vaisseaux ne laissaient entrevoir qu’une mince échappatoire dans leur situation. Il s’agissait de tirs n’ayant qu’un seul but. La destruction. Les Night Lords ne leur feraient pas de cadeaux, ça n’avait jamais été l’idée. Les hommes de Bazilleuck avaient de suite su à quoi s’attendre. Comment pouvait-il en être autrement entre deux forces de l’Astartes de toute manière ? Surtout quand les ressources mises à contribution pour l’une comme pour l’autre des légions n’étaient là que pour l’annihilation ?


« Boucliers à quarante-sept pour cent commandant ! hurla Serena Dior accrochée à une console. « Nous devons nous écarter de leur trajectoire ! »


Les lances navales étaient crachées dans le vide depuis les innombrables bouches de canons issues des ponts d’armement de chaque bâtiment. Chacun des tirs creusait des sillons dans l’espace. Les obus de l’Iron Wound se rapprochaient d’Annilion. Certains d’entre eux firent exploser sur leur trajectoire deux escorteurs ennemis dénommés le Vicious Bat ainsi que l’Harvester. Les autres poursuivirent leur lancée jusqu’à ce qu’ils s’écrasent contre les boucliers de la station.


« Monseigneur ! lança la Maitresse de Pavillon, « la station!


« J’ai vu. Accentuez la cadence de tirs jusqu’à ce que le bouclier tombe ! répondit-il en voyant leur première bordée faire crépiter le champ d’énergie. »


Quelques instants plus tard, une lumière vive et aveuglante se créa devant eux, jusqu’à grossir et obnubiler toute la passerelle. Tous les mortels portèrent leurs mains à leurs yeux.


« Qu’est-ce que…, s’exclama le Colonel Spens. »


Un tir destructeur fonça droit sur eux et passa juste au-dessus de leur bâtiment, faisant virer les boucliers au rouge et sauter plusieurs tours d’habitation en son sommet.


« Canon nova ! hurla Bazilleuck Eunam. Il se tourna vivement vers le Colonel. Ce dernier soutint un moment son regard avant que le lieutenant-commandeur ne s’exprime. « Son temps de rechargement est long, nous devons en profiter.


« Pardonnez-moi, commandant, l’interrompit le Colonel, « mais j’imagine mal une seconde solution de tir nous manquer de la sorte au prochain coup ! Il faut nous désengager tout de suite ! »


Bazilleuck ferma les yeux et jura. Il ne tint pas rigueur de la remontrance de l’officier du Cycle Infernal. Ils avaient tout au plus dix minutes devant eux, avant que la station ne fasse feu à nouveau et ne les envoie dans les méandres du système. Ceci sans parler de la flotte réunie autour d’eux et qui les assaillait à présent telle une meute de loups affamée, lacérant leur bouclier de parts et d’autres.


« Nous devons mettre hors service cette arme, dit-il à voix basse. C’est la seule solution. Nos canons ne viendront jamais à bout de la flotte adverse en plus de la station.


« Monseigneur ? l’interrogea Serena Dior qui attendait ses ordres.


« Arkos.


« Lieutenant-commandeur, répondit ce dernier depuis la baie d’embarquement.


« Il est l’heure pour notre vénérable Laissé pour Compte de rendre une petite visite à nos frères déchus. Que la demi cohorte embarque en soutien de notre vénérable frère. Et que la chance vous sourit. »


Le lieutenant partit d’un rire rauque.


« A vos ordres commandant. Mais ne vous en faites pas trop pour moi. J’effacerai moi-même le sourire de ces rejetons du Night Hunter. »


Sans prévenir, une autre voix s’immisça sur le canal, se joignant ainsi à la conversation.


« Monseigneur, ici Le Techmarine Valdon. Je souhaite partir aux côtés de mon frère le vénérable Trator. J’aimerais être auprès de lui dans ses derniers instants. »


Bazilleuck Eunam réfléchit un moment à cette requête. Il savait pertinemment qu’en ce jour il perdrait beaucoup de ses frères dans cet engagement ô suicidaire selon les standards d’engagements spatiaux. Et puis, ce n’était pas comme s’il s’attendait à voir revenir qui que ce soit. Mais néanmoins, l’audace de cette attaque n’avait semblé souffrir d’aucun défaut jusqu’ici.


« Accordé, répondit-il. « Battez-vous honorablement.


« Comptez sur nous monseigneur. »

La liaison se coupa.


« A présent, sortez-nous de la trajectoire de ce canon ! Et faites-moi céder ces boucliers ! Il faut que nos nacelles d’abordages pénètrent à l’intérieur le plus près possible de leur pont d’armement. Maitresse de Pavillon. »


Cette dernière se retourna, fixe.


« Que tous nos tirs se concentrent sur les tourelles de la station en ce point ci, pointa-il du doigt l’hologramme de la station. Nous devons à tout prix offrir une entrée à nos troupes. 


« Commandant ! le coupa le Maitre des Transmissions, « signature énergétique découverte. Il s’agit du Fury of Iron. Il semblerait qu’il quitte le périmètre de la station et ne s’éloigne en direction de l’étoile. »


Bazilleuck inspira. Il se tenait droit. Au loin, en face de lui, son ennemi viscéral était en train de lui glisser entre les doigts. Il n’aurait peut-être pas de meilleure occasion que de lui mettre la main dessus. Toutefois, il devait faire un choix ; continuer d’affaiblir la station, ou se mettre en chasse. Il y réfléchit vite, très vite, puis donna ses nouveaux ordres. Ses frères devraient se débrouiller seuls. La vengeance personnelle prenait en cet instant le dessus sur leurs vies à tous. Il s’en voudrait pour toujours de ce choix égoïste et abominable.


Nous récupèrerons ceux qui seront encore présents si nous même nous sortons de cette affaire, pensa t-il.


« Abandonnez la station. Cap sur la barge de bataille ennemie. Concentrez toute notre puissance vers les boucliers. Une fois à porter, feu à volonté sur ce bâtard de traitre. »


*


Le chef de meute des Mentons Rouges regardait une dernière fois son heaume de bataille, la partie sous la bouche peinte de trois traits verticaux de sang. Il souriait en pensant à Fenris et à ses nombreux rituels et coutumes. Il souriait en pensant ses frères, lesquels devaient déjà avoir entamés les combats contre la XV légion. Il souriait à l'idée de mourir dans son combat à lui, ici, d'un millier de façons. Il chassa ces images pénibles de sa tête en un grognement bestial, puis il enfonça pour de bon son casque de bataille sur la tête.


Il se trouvait dans un module bélier, dont l’habitacle était éclairé de diodes rouges. Il se trouvait en compagnie de ses deux frères, du Centurion, et de plusieurs de ses guerriers en armure Terminators et une escouade tactique. Chacun d’eux était prêt et concentré. D’ici quelques instants, leur appareil allait passer au travers des boucliers déjà affaiblis de la barge de bataille. Cela n’anéantirait pas le module, puisque pourvu d’un disrupteur de bouclier, mais réduirait considérablement sa vitesse. Et c’était là que ça deviendrait amusant. Car les tourelles qui garnissaient la coque du vaisseau ennemi allaient s’en donner à cœur joie.


Brugwoll se mit à rire à pleine gorge à cette simple idée, bientôt suivi de ses deux frères qui se mirent eux à hululer tels les deux loups qu’ils étaient. Secoués comme ils l’étaient, Celeste Rugor et ses guerriers observaient le comportement des Space Wolves avant la bataille. D’habitude si taciturnes, cela les perturba sur le moment, avant de reconnaitre que les trois Astartes vêtus de peaux de bêtes allaient leur être d’une utilité fort bienvenue dans ce prochain combat.


Tous pouvaient entendre les tirs fuser tout près de leur bélier, lequel piquait droit en direction de la coque adverse. Bien avant d’atteindre leur destination, certains des appareils d’assaut explosèrent en des boules de feu grossières, avant de s’éteindre dans le vide spatial, les corps des défunts clairsemant l’espace.


« Trente secondes avant impact, annonça le Centurion. »


Chacun avait son arme qui reposait magnétiquement contre son armure. Epée énergétique, fléau, bolter ou arme de soutien à côté d’eux. Ces armes étaient toutes des instruments de destruction massive. Les Astartes vivaient et pensaient à travers elles.


L’instant fatidique finit par advenir. Le bélier traversa le champ de force de la barge ennemie. Sa vitesse ralentit considérablement, mais évidemment pas assez pour que ce dernier défonce la coque du bâtiment de plein fouet en lieu et place de l’impact localisé avant le lancement du module. Même à une telle vitesse, avec une telle force, il s’enfonça dans les entrailles du vaisseau, déchiquetant au passage plusieurs sections de pont.


« Voilà venir notre heure! hurla le Centurion. « Nous allons sauver nos frères des griffes de ces avortons et nous vengerons nos morts ! »


Ses guerriers approuvèrent et hurlèrent leur assentiment.


Le bélier s’arrêta enfin dans sa course. Il n’y avait pas de détonations jusque-là. D’un coup de botte, Celeste Rugor envoya voler le sas contre le mur du pont qui leur faisait à présent face.


« Pas de temps à perdre, en avant ! »


Le groupe sortit, foulant de ses pas pesants pour la première fois ce sol maudit. Tout était sombre ici. Tout était nauséabond. Ça sentait la putréfaction et le sang. 


« Des animaux, déclara Brugwoll en sous pesant le tibia d’un macchabé accroché à une cloison à l’aide de sa hache. »


Le Centurion ne se prononça pas quant à l’hygiène de vie qui devait être celle des Routs dans leur tanière du Croc ou à bord de leurs vaisseaux.


« Avançons, statua-t-il.  « Vous, s’adressa-t-il à un de ses frères, « entrez en contact avec les autres groupes. Qu’ils se dirigent vers le pont de détention. »


L’autre acquiesça.


Le groupe fit une centaine de mètres, lorsque tout à coup un groupe ennemi les croisa. Les premiers tirs de bolter retentirent, freinant ainsi leur progression.


*


« Où sommes-nous ? exigea Danokall à ses compagnons en secouant la tête. Elle lui tournait légèrement, mais cela allait passait dans les prochaines secondes, son métabolisme comme ceux des autres déjà en train d’œuvrer pour rendre leurs capacités et leurs sens optimaux.


« Est-ce que tout va bien, lui demanda l’apothicaire Hébor qui terminait d’extraire les glandes progénoides d’un de leurs défunts frères suite à l’impact. »


Le War Hounds ne répondit pas de suite. Il se retourna et observa leur module encastré entre deux cloisons, de biais. Il y avait eu des morts. Le pilote avait littéralement traversé le cockpit.


« Disons que je suis encore debout, donc je pense que ça peut allait. Il renifla. Il sentait l’odeur du sang. « Ça aurait pu être pire, ajouta-t-il. « Ça aurait pu être nous. »


Le guerrier en armure bleue et blanche salie d’éclaboussures de sang, de tirs, de coups de lames, partit en quête du chemin à prendre. Nul doute qu’ils n’étaient pas passés inaperçus.


« Mettons-nous en route, frères. Nous n’allons pas attendre sagement qu’ils arrivent, les tança-t-il tous. »


Leur groupe, composé plus que de onze guerriers se mit en route sans plus attendre. Le bélier d’assaut avait éperonné le pont de la barge de bataille avec force malgré le disrupteur qui avait freiné sa progression. Il y avait des dégâts multiples de plus ou moindre importance. Dans le corridor qu’ils prirent, les quelques diodes vertes et rouges sautaient par intermittence, et des câbles sortaient des murs, voire pendaient au plafond.


Ils se créèrent un chemin non sans résistance, tout d’abord avec les matelots de la VIII, lesquels se présentèrent rapidement à divers embranchements, bien entrainés et hautement fidèles à leurs maitres. Ils les mirent en pièces en quelques battements de cils. Puis, la vraie menace se profila moins d’une minute plus tard, le temps nécessaire aux guerriers adverses de se rendre d’un pont à l’autre afin de stopper une fois pour toute leur ascension jusqu’au pont de détention.


Un premier membre du groupe tomba à genoux, avant que son visage ne s’écrase face contre terre, le torse troué de bolts. Les guerriers du Night Hunter étaient dans leur élément. L’obscurité et les ténèbres. Danokall n’avait jamais eu à se battre de nouveau contre ses frères depuis que le schisme entre les légions avait éclaté. Or, ce n’était pas la première fois qu’il en massacrait. Au cours de sa vie, il avait fait des choses horribles et nécessaires, jusqu’à ce qu’il finisse par plier l’échine face à son père génétique et croire suffisamment en la justesse de ses actes. Le doute n’avait plus jamais été permis. Plus jamais. Jusqu’à ce qu’il apprenne tout récemment l’ignominie qui s’était déroulée sur Istvaan III. Du moment que l’on doutait une première fois, on finissait dès lors par faire du doute une de ses grandes qualités, au point de tout remettre en question. Même les siens.


Les bolts ricochèrent contre les armures. Le groupe d’assaut mené par le War Hounds, Hébor et Harrix ne tergiversa pas quant à l’idée de perdre du temps en tirs de couverture. Il leur fallait avancer. Danokall leur insuffla cet élan en se jetant sur les fétides rejetons de la VIII. Il sauta par-dessus un couvert de fortune et trancha l’armure du guerrier devant lui. Les deux tronçons se détachèrent, formant une marre de viscères à ses pieds.


Deux guerriers ennemis se jetèrent sur lui, mais Danokall était un guerrier talentueux bien que barbare sous de nombreux aspects. Sa furie prévalait sur ses adversaires. Très vite, l’escouade envoyée les retenir vola en lambeaux lorsque les deux derniers Night Lords reculèrent et qu’ils se firent fauchés par les tirs cadrés des Iron Warriors à leurs trousses.


« Voilà la véritable nature des fils du Night Hunter ! aboya le War Hounds en brandissant ses haches en l’air d’un air de triomphe. « Tous des couards !


« Nul ne sait s’ils rejoignaient d’autres de leurs frères à une autre intersection, répondit à cela Harrix qui reçut l’approbation de l’apothicaire à ses côtés. »


Danokall grogna quelque chose. C’était un guerrier sanguin, bien au-delà des standards que certains d’entre eux avaient bien pu voir au cours de leur existence chez d’autres World Eaters.


« Très bien, statua le guerrier de la XII dans son armure maculée de sang. « Dans ce cas, allons les déloger. Je ne voudrais pas que mes lames s’émoussent et que vos bolters s’enrayent mes frères, esquissa-t-il un sourire en coin avant de reprendre leur route. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 28 Avr 2021 - 14:42

XX


Canon Nova. L’Empereur veille. Ode fraternelle pour la guerre.


Les nacelles n’atteignirent pas toutes l’objectif. A cause des nombreuses tourelles disséminées sur la station, beaucoup de combattants du Mechanicum avaient trouvé la mort avant d’exercer leur colère contre l’ennemi de l’Omnimésie. Ces derniers gisaient à présent dans l’espace, plus froids encore que ce que leurs nombreux implants et augmétiques avaient fait d’eux. Au même titre que déjà deux vaisseaux – deux escorteurs - en train de partir en lambeaux non loin de la station, chose assez improbable que seul un bon capitaine à l’évidence avait pu, par un plan minutieusement orchestré, mener à bien.


Néanmoins, les propriétaires de la station jubilèrent lorsque le second coup de semonce tonna, et que le nouveau tir du canon nova éructa et percuta de plein fouet non pas le croiseur, mais la frégate en prise avec le Twilight of Angels. Karss Zaltar avait changé de cible afin d’être sûr d’avoir le champ libre pour le croiseur restant. Le petit bâtiment avait très bien mené son office, mais sa fin avait sonné. La poupe avait volé en éclat, ce qui ravissait Karss Zaltar qui exultait sur son trône. Mais il comprit très vite qu’il n’avait remporté là qu’une partie de sa vengeance. 


Tous les guerriers à bord de la frégate, savait-il à coup sûr, étaient sur son propre croiseur maintenant, certainement à se mener un chemin sanglant à coups de lames et de bolters jusqu’à leurs frères retenus prisonniers. Peut-être lui fallait-il passer l’ordre à son lieutenant déchu que d’abattre ces derniers ? songea t-il.


Quoi qu’il en fut, sa colère atteint son paroxysme quand il reçut les premières transmissions d’un sergent d’escouade en charge du canon nova, l’avertir de la présence d’ennemis sur leur pont d’armement. Le Dépeceur avait bondi une fois de plus. Si ses propres hommes n’étaient pas capables de venir à bout de quelques dizaines d’assaillants, il voulait bien être damné. Il se leva, pris congés en laissant les mortels en charge de la passerelle, puis se dirigea vers le canon nova. Un peu d’exercice ne lui ferait pas de mal après tout.




« Tuez-les tous ! ordonna Arkos qui abattait son fléau dans la plaque faciale d’un adversaire. « Qu’il n’en reste plus un seul ! »


Valdon était sur ses pas, ainsi qu’une quinzaine d’autres guerriers aux ordres du lieutenant. Leurs fonctions vitales étaient bonnes, malgré un taux de pertes affligeant plus les minutes passaient. Ils étaient sur une station orbitale ennemie. Une position fermement défendue par des troupes endurcies et sans peur.


Il abattit de deux bolts un guerrier qui sortit des ombres, une lame à deux mains au-dessus de sa tête. Le Night Lords s’écroula. De divers embranchements des troupes ennemies arrivaient en criant et en proférant des insanités dans leur langue vile. Les skitarri émergèrent à leur tour d’un sas, leurs carabines à radium déstabilisant les armures adverses et les perforant par leur nombre. Des corps commencèrent à tapisser le sol, et le sang à le repeindre.


Pris ainsi au dépourvu, les renégats opérèrent une retraite en bonne et due forme, moins nombreux en cet instant. Il était hors de question de fuir, mais de tenir leur positions en attendant des renforts qu’ils savaient tout proche. Depuis deux corridors adjacents l’un à l’autre, des escouades semi-décimées des Night Lords maintenaient la pression par un feu nourri. L’ennemi était en nombre, peut-être deux cents guerriers avaient investi le pont d’armement. Et parmi eux, plus d’une dizaine d’Iron Warrior loyalistes encore debout.


Les guerriers de la VIII ne le sentaient pas. Et comme pour accentuer leur crainte soudaine, ils ne comprirent que trop tard que l’ennemi ne cherchait pas à les massacrer à tout prix, mais en fait à faire exploser le canon nova qu’on leur avait expressément ordonné de protéger. Ceci, ils le constatèrent par le cercle protecteur érigé par les Astartes autour des skitarii à l’œuvre.



Les sergents d’escouades communiquèrent sur la marche à suivre faute d’ordres venus d’au-dessus, quand soudain dans leur dos, le bruit de pas lourds les fit se retourner les uns après les autres. Cinq guerriers en armures Terminator venaient d’arriver pour leur prêter main forte. Les Night Lords jubilèrent à nouveau.


Tandis que la hampe de la hallebarde du capitaine Yachi Tor tapait contre le sol de métal, les quatre autres Terminators déployèrent leurs armes - des doubles canons et des griffes éclairs – puis avancèrent en un rang serré pour semer la mort.


« Relevez-vous feignants ! rugit le capitaine de la 41e. « Cette station ne va pas se purger toute seule ! Tuez-moi ces avortons ! »


*


« Nous décélérons Lieutenant-Commandeur ! hurla Serena Dior. « Boucliers à dix-neuf pour cents ! nous n’atteindrons jamais le vaisseau ennemi ! »


Bazilleuck Eunam, fou de rage depuis des semaines après l’horreur de Corona VI, ne pouvait plus contenir sa colère.


« Je vous interdis de dire une chose pareille ! dirigez toute l’énergie nécessaire sur les propulseurs ! »


La capitaine de pavillon n’en revenait pas. Elle ne comprenait plus. Si, elle comprenait très bien à dire vrai. Elle avait prêté serment elle aussi. C’était un aller simple. Le dernier. Elle le regarda, triste, tandis que lui était focalisé sur le bâtiment adverse qui les narguait à distance.


« Toute l’énergie restante sur les propulseurs, ordonna-t-elle alors que les membres de la passerelle la questionnaient du regard. Ing Sae. Till Kro. Tous se connaissaient. Un tel ordre de sa part signifiait tout. Et eux aussi avaient été mis au parfum. « Exécution ! »


Au détriment de ses boucliers, l’Iron Wound piqua jusqu’à la barge de bataille ennemie. Le croiseur se rapprochait dangereusement, Serena Dior le savait, mais n’en avait pour tout dire, plus cure du tout. Elle nota que la frégate alliée avait été détruite, qu’elle n’était plus, comme les milliers de membres d’équipage à son bord. Elle ne se donna pas la peine de faire l’annonce. L’histoire se répétait sans cesse. Et elle se répéterait bien une fois de plus pour eux, savait-elle pertinemment, en jetant un regard en direction des quelques bâtiments adverses s’assurer de la mort de la frégate par ultime une bordée, comme si la puissance du canon nova n’avait pas été suffisante.


« Que toutes les troupes restantes se tiennent prêtes à être larguées, prononça Bazilleuck Eunam à travers tout le vaisseau à l’attention du colonel Spens sur la passerelle, de Ranos Clerg déjà dans le hangar, ainsi que de ses guerriers restants. « Capitaine de Pavillon, se tourna-t-il vers elle avec un sourire railleur déterminé.


« Evitons les grandes phrases je vous en prie, Lieutenant-Commandeur, lui répondit-elle sèchement. « Faites ce que vous avait à faire, et laissez-moi accomplir mes derniers devoirs. »


Il sourit alors, et il ne lui fallut pas longtemps pour qu’elle lui rende l’appareil.


« Que l’Empereur soit avec vous Maitresse. Décrochez dès que nous aurons décollé.


« Et puis quoi encore, lui répondit-elle, le regard toujours braqué sur la barge de bataille ennemie. « Ils vont voir ce qu’on a dans le ventre nous aussi, jura-t-elle à l’attention du Lieutenant-Commandeur et de tous ceux à bord, via les vox et hauts parleurs du vaisseau. »


Mais Bazilleuck Eunam était déjà parti et il ne resta vite plus que les quelques milliers de membres d’équipage sous ses ordres. Un équipage finement préparé au destin qui les attendait. Des hommes et des femmes qui rugirent d’ailleurs leur assentiment à la fois sur la passerelle comme à travers tout le croiseur lorsque ses mots leur parvinrent. Et c’est le cœur gonflé à bloc, gonflé de fierté, que Serena Dior se retrouvait de nouveau maitre de son propre bâtiment, comme par le passé.


*


Le Fury of Iron était parvenu a attiré dans son piège le croiseur ennemi. Non sans mal ceci dit, puisque ce dernier n’avait eu de cesse de les canarder jusqu’à ce qu’ils se mêlent à la ceinture gravitationnelle autour de la petite lune rougeoyante.


« C’est bien, grogna de plaisir Ekos Torar. « C’est très bien, du bon travail à tous ! maintenant, s’appuya-t-il à la balustrade du balcon qui nichait au-dessus du reste de la passerelle, « que notre plan se mette en marche. »


Tout à coup, quatre vaisseaux apparurent. Trois escorteurs et un croiseur. Ils sortirent de derrière les astéroïdes gravitant en une seule et même direction tout autour de la petite planète. Sûr que l’Iron Wound n’avait rien vu venir. De ça, le Palatin de Fer en était certain. Il devait avoir été impossible au croiseur ennemi de détecter un quelconque autre vaisseau dans ce maelström. Et maintenant leur piège allait se refermer.


*


Il était trop tard pour faire machine arrière. Le croiseur à présent aux ordres de Serena Dior n’avait plus le choix de la manouvre. Ils s’étaient approchés suffisamment près pour permettre au Lieutenant-Commandeur de se propulser sur la barge adverse.


Pour les aider, et sachant leurs chances de se sortir de cette bataille plus que dérisoires, la Maitresse de Pavillon avait néanmoins redirigé le flux d’énergie restant sur les boucliers à la proue du bâtiment, avant d’ordonner le branlebas de combat.


Les batteries à tribord étaient déjà chargées, ceci avant même que l’ennemi n’ait ouvert le feu. Les canons rugirent et crachèrent leurs ogives et leurs lances plasma qui ricochèrent contre les boucliers adverses. Cela les affaiblit un peu, mais il fallait au moins une autre salve de la même ampleur pour penser les voir arriver à un éventuel point de rupture.


« Rechargez les batteries ! feu à tous les canons sur mon ordre ! »


Till Kro relaya l’ordre. Les timoniers à leurs postes se tenaient près. Ils n’avaient jamais été aussi prêts et lucides qu’en cet instant. Moins d’une minute s’écoula avant que son ordre n’advienne. Entre temps, la barge ennemie ne les manqua pas. Le navire trembla de douleur, leur bouclier disparut et les tirs ennemis creusèrent de profonds sillons dans la coque du croiseur d’attaque.


« Maitresse de Pavillon ! hurla Ing Sae. « Ils pleurent, ils pleurent d’une fin atroce ! D’une fin inéluctable dont tous voient l’issue fatale ! »


Serena Dior n’avait pas le temps de s’attarder sur les traductions de la maitresse des astropathes. Néanmoins, elle en comprit suffisamment pour saisir qu’ils étaient en mauvaise posture, chose qui n’était pas nouvelle.


« Les prochains tirs seront fatals ! s’égosilla Till Kro à son attention.


« Je sais tout ça ! s’écria-t-elle. Elle vit que les batteries étaient chargées. « Faites feu sur la barge ennemie. Voyons comment elle s’en sort après ça. »


La nouvelle volée de lances plasma percuta les boucliers adverses. Cette fois, ces derniers se rompirent, même s’il fallait s’attendre à ce qu’ils se rechargent bien plus vite que tout autre vaisseau. C’était une barge de bataille de l’Astartes après tout.


« Contactez le Lieutenant-Commandeur. Dites-lui qu’il peut lui et ses hommes pénétrer dans le ventre de la bête. C’est maintenant ou jamais. Que nos chasseurs les escortent, ils auront eux aussi l’opportunité de croiser le fer.


« Ordre reçu et transmis maitresse. Il ne reste cependant pas assez de pilotes pour nos chasseurs, lui fût-il envoyé en retour par un serviteur à son poste.


« Qu’ils décollent quand même ! aboya-t-elle sans même détourner le regard de leur objectif. « Mieux vaut qu’ils meurent en combattant qu’à l’intérieur de ce croiseur ! »


Elle regardait l’immense bâtiment Iron Warrior devant eux, tout de fer vêtu, tout de fer remarquable comme l’était leur propre navire. Il était navrant de voir où le cours des évènements les avait conduits, surtout après tant de guerres et de sang versés. Elle chassa cette soudaine pensée et revint à la réalité qui était malheureusement la leur.
Le Fury of Iron faisait à nouveau feu de toutes ses batteries bâbord. Les tirs ne rateraient pas. Ils allaient mettre en lambeaux l’Iron Wound. Personne ne se souviendrait d’eux, de leur sacrifice dans cette partie de la galaxie.


La Maitresse de Pavillon voyait les quatre autres bâtiments émerger de la ceinture gravitationnelle autour de la lune en effervescence. Et elle eut une idée.


« Timoniers, les appela-t-elle. « Prochaine et dernière bordée sur ces astroïdes là-bas. Choisissez vos cibles. Leurs éclats seront pour ces vaisseaux comme une montagne s’écrasant sur eux. Ils ne résisteront pas aux impacts d’aussi près. »


Les hommes se pourléchèrent d’un plan aussi audacieux. Ils comptaient emporter un maximum d’ennemis ? Et bien par cette action ils seraient comblés.


La bordée ennemie arrivait à grande vitesse. Trop vite pour pouvoir manœuvrer si seulement on eut donné un tel ordre.


« Feu, prononça alors Serena Dior dans un dernier ordre. »


Elle savait que ses hommes feraient mouche. Elle le savait. L’Empereur y veillait. Tout disparut dans un voile d’explosions cataclysmiques lorsque les tirs ennemis les désintégrèrent.


*



Les nacelles d’abordage et les Thunderhawk de Bazilleuck Eunam se frayaient un chemin dans le sillon de tirs engendré par la bataille spatiale autour d’eux.  A leurs côtés, quelques chasseurs volaient en formation défensive pour les protéger des tirs et des chasseurs ennemis, quand il ne s’agissait pas de de mener un duel singulier à travers cet affrontement.


Par l’habitacle du pilote, le Lieutenant-Commandeur vit l’ultime bordé de l’Iron Wound faire exploser les météores au loin dans des explosions qui ne laissèrent aucune chance aux nouveaux vaisseaux renégats dévoilés.
Il fut bluffé par un tel acte, mais surtout fier de savoir que sa Maitresse de Pavillon avait donné un tel ordre. L’éclat non pas de shrapnels au loin, mais bel et bien de morceaux de roche gros comme des spires d’habitation atteignit les vaisseaux ennemis, les faisant exploser tels autant de nouveaux soleils, avant d’être réduits au silence dans les minutes qui s’écoulèrent.


Toutefois, bien plus proche, ce traitre d’Ekos Torar avait envoyé sur eux plusieurs escadrilles afin de les empêcher de pénétrer dans la barge de bataille. Peine perdue cependant, songea le Lieutenant Commandeur, quand il avait vu l’avant dernière bordée du croiseur faire tomber les boucliers ennemis.


« Pressons, pilote ! je ne veux pas nous voir voler en éclats lorsque ces boucliers seront rétablis ! »


Plusieurs nacelles avaient déjà explosé, transportant essentiellement des membres du Mechanicum et des hommes du Cycle Infernal. Bazilleuck Eunam espérait que Ranos Clerg fusse parmi les survivants qui atteindraient la barge de bataille.


Non loin de leur module, un chasseur d’escorte vola en éclats lorsque plusieurs tirs l’abattirent. Certains rompirent la formation autour des quelques nacelles et autres modules d’abordage pour écarter la menace que représentaient les escadres ennemies.


Bazilleuck savait qu’aucun de leurs chasseurs de s’en sortiraient. Serena Dior les avait faits décoller pour leur permettre de jouer leur rôle dans cette bataille et permettre au Lieutenant-commandeur d’avancer avec moins d’entrave. Mais au fond, il appréhendait l’issu de cet engagement.




Le colonel Spens se trouvait dans la soute, accrochés comme une trentaine d’autres de frères d’armes, dont Jaarl, qui fermait les yeux et murmurait discrètement une prière à l’Empereur. Il voyait tous ces hommes et femmes prêts à livrer leur ultime combat au nom de l’Empereur.


Une quinzaine de space marines se tenaient aussi debout à leurs côtés, parmi lesquels ce qu’il restait des Terminators qui n’avaient pas déjà embarqués avec Celeste Rugor. Cela réconfortait les hommes du Cycle Infernal de savoir qu’ils aient pu monter à bord du même engin que les transhumains. Cela témoignait qu’ils n’étaient plus des moins que rien. Plus cette simple chair à canon qui pouvait se volatiliser à tout instant, se rappelait-il les propos d’Inryr.


« Gardez à l’esprit que si nous mourrons, nous mourrons aux côtés de dieux vivants, prononça Spens à l’attention de ses hommes. C’est un jour glorieux. »


Un Iron Warrior se mit à chanter la litanie de fer. Puis un autre, avant que tous ceux à bord n’en fassent de même. Quand Bazilleuck Eunam se retourna, il les rejoignit dans cette ode fraternelle pour la guerre.


« Chantons mes frères. Et n’oublions pas ces hommes qui vont mourir à nos côtés, désigna-t-il le colonel et ses hommes. « Ils sont nôtres. »


Ainsi galvanisés et pris en considération, plus que chacun aurait pu imaginer, ils chantèrent ensemble, allant droit dans la gueule du loup.


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Message par Nero Lun 10 Mai 2021 - 19:14

XXI

     Chaque chose en son temps. Sortir d’ici. Nous en viendrons vite à bout.


Son énorme épée tronçonneuse achevait le dernier de ses frères parjures. Sa lame dégoulinait d’un sang riche, celui d’un ancien camarade avec qui il avait probablement déjà combattu. Ainsi en allait-il avec le temps, avec les affres de la guerre. Avec les croyances des uns et les convictions erronées ou non des autres.


Trois de ses frères en armures Terminator se tenaient à ses côtés, tous de l’hémoglobine recouvrant leurs carapaces d’adamantium quasiment inviolables et inarrêtables.


« Un bien sale travail que voilà, fit un des guerriers.


« Bien que nécessaire, nous le savons tous, répondit un autre de la haine dans la voix. »


Celeste Rugor se retourna pour leur faire face. Derrière ses hommes se trouvaient son escouade et les trois loups, lesquels parachevaient leur office en prenant soin que chacun de leurs ennemis était bien mort, avant de prélever sur eux un trophée digne du combat passé.


« Ne nous arrêtons pas plus, les tança-t-il tous. « Qui sait seulement ce que l’ennemi peut envoyer contre nous. Ce n’était que des guerriers en armures. Je doute que ce soit là tout ce qui compose ce bâtiment sordide. »


Brugwoll grogna son assentiment en redressant la tête.


« Tu as raison Centurion. Hâtons-nous ! d’autres attendent de succomber de nos lames. »


Les quinze guerriers reprirent leur progression, laissant dans leur dos trois de leurs défunts frères d’escouade.


« Cet endroit respire la traitrise, aboya Torma Perce-Œil en crachant un flegme.


« Mon frère à raison, répondit Brugwoll. « La VIII possédait déjà en elle les gènes de la trahison. Il ne leur aura visiblement manqué qu’un pas pour se retrouver du mauvais côté. »


Le Centurion écoutait. Il écoutait ce que les loups disaient, et il écoutait aussi ces voix derrière ce voile de ténèbres formé par une fumée ambiante, jouant de figures et d’arabesques lors de leur ascension jusqu’au pont de détention. Un peu comme si on les suivait, ou qu’on leur indiquait la voie.


« Restez concentrés vous autres, ne vous éparpillez dans des pensées annexes à la mission. »


Ils se rapprochaient. Selon leur géo-localisateur, il se trouvaient un pont en dessous des geôles. Ils se doutaient qu’elles seraient bien évidement gardées, et même bien gardées. Cela n’allait pas être une mince affaire que de porter secours à leurs frères, surtout avec potentiellement des centaines de guerriers à leurs trousses.


« Avons-nous au moins une idée de comment sortir d’ici après ? souleva Kroma le Briseur. « Je n’ai plus de liaison avec la frégate. Nous devons supposer que cette dernière n’est plus.


« Moi non plus, je n’ai plus rien, renchérit Brugwoll.


« Chaque chose en son temps, loups, releva Celeste Rugor. « Nous sortons nos frères de là et ensuite nous penserons à comment nous évacuer. »


Cela convint parfaitement aux Space Wolf qui s’abstinrent de tout nouveau commentaire.


« Sommes-nous les seuls à avoir mis pied à bord ? souleva Torma Perce-Œil après quelques instants.


« Non, répondit Celeste Rugor. « J’ai l’identification de certains de mes frères sur notre flanc gauche. Quelques signatures énergétiques également sur le flanc droit au même pont. Pour le reste, je me fie à ce que j’ai. »


Le loup renifla et se contenta de cette réponse. Leur ascension promettait d’être intéressante.


« Plus que quelques centaines de mètres, leur communiqua le centurion vétéran. « Pressons. »


*


« Vous entendez ? leur fit remarquer le lieutenant Capone Zuvar, les mains accrochées aux barreaux de sa cellule.


« On dirait des tirs, reconnut le sergent Timalt Verosen. »


Le capitaine Ipanov Hoccard se redressa. Lui aussi entendait des détonations.


« Les fils du Night Hunter seraient-ils soudain devenus fous au point que de s’assassiner entre eux ?


« Ce ne serait pas chose nouvelle à ce que je sais, articula Faum Dravell dans un coin de sa cellule.


« Qu’ils s’entre tuent, bon débarrât. Il me tarde de savoir la progéniture de Curze disparaitre, renchérit Craxus avec colère, sa blessure toujours douloureuse. »


Ipanov Hoccard voyait les gardes en faction des deux côtés du pont de détention. Aucun d’eux ne bougeait. Ce qui pouvait bien se tramer dans leur dos ne les intriguait nullement. Leurs ordres étaient de tenir ce pont et de garder à l’œil les prisonniers.


« C’est bien étrange tout de même, souleva Attix à ses côtés. « Pensez-vous capitaine que nos frères auraient orchestré une mission de sauvetage ? »


L’idée lui avait traversé l’esprit, bien sûr. Mais cela paraissait impossible. Il savait leurs troupes insuffisantes pour tenter une telle action. C’était du suicide. A moins que ce ne fut là plus que leur dernière issue.


« Si tel est le cas, prononça le capitaine, « alors nous devrons tirer avantage de la situation quand le moment viendra. Nous devrons nous diriger vers la passerelle ou les nacelles.


« C’est là un pari risqué. Nous ne sommes qu’une poignée, face à une barge toute entière. »


Ipanov Hoccard indiqua du regard le côté du pont où il savait leurs geôliers avoir entreposés leurs armes et armures.


« Si nous parvenons à sortir d’ici et à nous procurer de quoi combattre, je pleure les Night Lords à l’avance. »


Attix souriait d’impatience.


*


« Lieutenant, vous venez avec moi, lui ordonna Kyriss de le suivre en fulminant. »


Salatar Holl s’exécuta.


« Des guerriers sont parvenus à nous aborder. Cela parait tout bonnement inconcevable je vous l’accorde, néanmoins c’est le cas. Et je ne crois pas nos hommes sur place parvenir à endiguer leur progression. »


Salatar Holl écoutait son homologue. Il lui vouait autant de haine que ce dernier lui en témoignait. Ils ne s’aimaient pas, et à juste titre.


« Et comment comptez-vous vous y prendre ? se surprit l’ancien lieutenant de Silmilon à relever.


« Nous avons des ressources qu’ils n’ont pas. Nous allons nous en servir. Il marqua une pause. « Et puis je sais qu’ils veulent quelque chose que nous possédons. »


Salatar Holl plissa le front derrière son casque.


« Les détenus ? vous pensez qu’ils viennent expressément pour eux ?


« Pour quoi d’autre ? répondit Kyriss en levant les bras d’interrogation. « Je ne vois que ça. »


En chemin, les deux hommes qui avait laissé la passerelle aux commandes d’un sergent, formèrent un groupe de combat avec les unités qu’ils parvinrent à rallier. Près d’une cinquantaine de guerriers se dirigeaient vers le pont de détention. Kyriss n’avait aucunement l’intention de prévenir les geôliers de leur arrivée, comme de celle des intrus qu’il savait manifeste. Moins l’ennemi en saurait, plus la surprise serait jouissive.


« Le lieutenant Varphos est déjà sur place, ajouta Kyriss, « il n’attend plus qu’un ordre. Et d’autres unités sont en provenance de divers autres points pour converger vers les cellules.


« Savons-nous à combien d’ennemis nous devons nous attendre ? »


Kyriss fit un geste nonchalant de sa main.


Quelques groupes épars, toujours perdus dans leur quête vaine de reconquérir les peuples égarés de l’humanité. Nous en viendrons vite à bout. Je vous en fais le serment. »


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Message par Nero Jeu 20 Mai 2021 - 13:05

XXII

 Faire la jonction. Tomber en morceaux. Tombés dans leur propre piège.


 
La hallebarde du capitaine Yachi Tor faisait des ravages dans les rangs loyalistes. Cette dernière scindait les armures en deux. Elle coupait aux travers de ces dernières comme dans du beurre, rependant du sang à foison et des escarbilles d’os.


Autour de lui, tout n’était que tuerie. Il démontrait lui et ses frères, l’élite de la légion détachée de la 1ère compagnie, comment mettre à mort un ennemi. Et Yachi Tor savait très bien faire son travail.


Dans une pirouette, il fondit sur un nouvel assaillant, la chaine de la lance creusant dans la carapace du skitarri qui se présentait, avant qu’elle ne s’enfonce dans son abdomen.


Le capitaine de la 41e explosa de plaisir.


Ses propres hommes et le reste des Night Lords se retrouvaient confondus dans cette mêlée gravitant autour du canon nova, lequel avait cessé de tirer dès que les combats l’avaient atteint.


Cet affrontement n’était d’ailleurs rien d’autre que la possession par un camp ou un autre du canon titanesque. Celui qui possédait cette arme maitrisait le champ de bataille. Et de surcroît, obtenait la victoire.


Les skitarris tombaient pèle mêle. Des dizaines d’entre eux gisaient au sol dans des mares de sang, accompagnés de plusieurs Iron Warrior ainsi que de guerriers de la VIIIe.


« Lieutenant Arkos, si nous restons dans son sillage, c’en est fini de nous ! s’écria Valdon. »


Arkos abattit son fléau sur un ennemi proche, lequel évitait coup sur coup. Le lieutenant, renfrogné, se jeta sur lui et en finit quelques secondes plus tard. Quand il se redressa, les corps d’alliés comme d’adversaires à ses pieds, il se permit une réponse brève au techmarine.


« Frère, occupez-vous de ce canon, et veillez à ce qu’il ait de quoi le faire sauter dix fois ! »


L’autre opina du chef.


La combat allait de mal en pis. Des combats avaient éclaté de partout sur le pont d’armement. Des poches isolées affrontaient par endroits des cellules plus importantes, parfois l’inverse.


Très vite, les loyalistes se sentirent en infériorité numérique. Ce capitaine adverse leur en faisait voir. C’était un très bon combattant. Mais il était l’heure pour Arkos qui voyait ses frères tomber les uns après les autres que d’en finir.
Dans un hurlement de rage, le lieutenant courut, prit appui sur une section du canon, et fléau brandit, alla porter le coup de grâce à ce capitaine certes félon, mais terriblement efficace.


Yachi Tor vit le guerrier venir. Il tint fermement sa position, et répondit également par un cri de guerre à tétaniser les mortels.


La hallebarde écarta aisément le fléau du nouveau venu, bien que d’un autre côté, il reçut du bolter dans l’autre main, deux tirs qui lui criblèrent le plastron. Le Night Lords, malgré les impacts soudains, envoya voler sur le côté le lieutenant Arkos qui cracha un flegme de sang avant de se redresser et retourner aussitôt au combat.


Ils échangèrent de cette manière des passes d’armes guère élégantes. Pas de finesse en cet instant, seule l’agressivité et la furie avaient leur place ici. Et chacun des deux guerriers usait au mieux de sa force physique ainsi que de sa haine respective pour prendre le dessus.


Comme un dément, Arkos faisait pleuvoir coup sur coup contre le capitaine adverse. Son armure le répugnait. Ses couleurs le révulsaient. Son égocentrisme prononcé par-dessus ses airs mondains le dégoutait.


Yachi Tor trouva le duel distrayant, mais ce n’était pas là un bon bretteur. Il commençait à s’ennuyer. Et comme toute personne s’ennuyant, on finissait par se lasser et mettre au rebus l’objet de désintéressement.


« Tu as beaucoup à travailler, guerrier de fer, articula Yachi Tor derrière les diodes rouges de son heaume ailé. « Tu n’aurais pas dû te dresser contre moi. Maintenant tu vas mourir ! »


Pour seule réponse, Arkos jeta son pistolet bolter vide, et à deux mains leva son fléau pour l’abattre comme une masse sur la tête de son opposant.


Le capitaine Night Lords n’eut qu’à se baisser et d’un demi-tour joliment exécuté, trancher dans l’armure puis les chairs.


L’élan de l’Iron Warrior retomba net. Médusé, estomaqué, Arkos s’effondra en deux parties distinctes. Il entendit quelque part Valdon hurler quelque chose. Et la dernière chose qu’il vit fut le visage narquois de ce sombre guerrier pourtant à la peau si pâle, daigner relever la visière pour le saluer cyniquement.


*


Les torpilles d’abordage percutèrent la coque de la barge ennemie avec toute la violence et la haine que la IV pouvaient déployer. Elles s’arrimèrent à la peau grise et terne du Fury of Iron avant que leurs sas ne s’abattent sur le pont et que les premiers combattants n’en sortent.


C’est en criant leur colère et leur haine sur tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin, que les assaillants semèrent la mort. A coups de lames et de bolters, les guerriers de Bazilleuck Eunam réduisirent en charpie les adversaires qu’ils rencontrèrent.


Ils avaient abordé lui et ses hommes un pont pas si éloigné de la passerelle. Le Lieutenant commandeur espérait que les autres ne fussent pas trop loin, ni trop isolés. Il leur faudrait toute la puissance du nombre pour résoudre cette histoire. Et assurément que l’ennemi avait de la puissance, et de feu et dans le nombre, qu’il ne tarderait pas à envoyer contre eux.


Le commandant Iron Warrior se trouvait en présence de tous ses guerriers embarqués dans la torpille ainsi que la majeure partie des hommes du colonel Spens. Certains ayant été littéralement projetés et broyés telles des pantins désarticulés lorsque le module avait percuté la coque.


« Colonel, articula le lieutenant commandeur en regardant à gauche puis à droite si sur le pont où ils se trouvaient, il n’y avait pas de nouvel ennemi. « Etablissez moi le contact avec les autres groupes. Que tous convergent vers cette position. »


Ce dernier opina avant de se tourner vers un de ses hommes.


« Jaarl, à vous de jouer. Vous avez entendu le lieutenant commandeur ? »


Celui-ci fit comme il lui était demandé. Il posa un genou à terre. Il était entièrement équipé de son armure carapace, comme ses frères d’arme qui sécurisé le carrefour où ils avaient pris position.


Après deux tentatives, toujours rien. Le colonel Spens attendait. Non loin, on entendait la sirène résonner et marteler le pont. Des cris de guerre et des ordres étaient émis un peu partout, on ne savait pas bien. Difficile de se repérer sur une barge de bataille vu la taille, qui plus est pour des mortels.


« Qu’en est-il ? s’impatienta-t-il. »


A la troisième fois, Jaarl eut enfin une réponse. Une voix émana. Une voix froide et métallique.


« Vérification authenticité du signal d’appel. Force du Lieutenant Commandeur. Content de vous savoir de la partie, prononça le maitre Ranos Clerg avec une certaine forme d’humour qui surprit le soldat du Cycle Infernal.


« Oui, nous sommes à une jonction dans les niveaux supérieurs, non loin de la passerelle de commandement. A vous. Il releva la tête et s’adressa à son supérieur. « Contact établi avec la cohorte skitarri colonel. 


« Nous avons réussi à nous poser sans trop d’encombre. Taux de pertes acceptable dans les premières minutes suivant l’abordage. Présence ennemie accrue dans notre dos. Les chances de se désengager et de retourner au hangar à chasseurs ne sont plus viables.


« Reçu, répondit Jaarl. « Vous avez pour ordre de rejoindre notre position afin d’attaquer en force le pont de commandement. »


Plus rien pendant quelques longues secondes, seulement des parasites.


« Alors, qu’en est-il ? » demanda Bazilleuck Eunam qui travaillait de son côté avec un de ses guerriers pour savoir où pouvaient bien se trouver le reste de leurs frères à bord.


Jaarl daigna lever la tête et se confronter à sa personne majestueuse. Il ne fit qu’hausser les épaules faute d’autres nouvelles.


Après quelques instants, la voix réapparut.


« Reçu, répondit en retour Ranos Clerg. « L’ennemi ne nous lâche pas d’une semelle. Nous risquons d’arriver avec des pertes. Délai avant point de rendez-vous, sept minutes et trente trois secondes. Au plaisir de vous retrouver.


« Ils sont en route, monseigneur, dit Jaarl.


« Très bien, répondit le lieutenant commandeur. « Etablissons un périmètre de défense ici même. Nous allons attendre que nos troupes viennent à nous. D’ici, nous avons une vue dégager sur ces trois directions. » Il fit quelques signes et ordonna à ses guerriers de se diviser en trois groupes. « Colonel Spens, répartissez vos hommes en autant de groupes. Tenons cette position coûte que coûte. 


« Seigneur, pardonna moi, mais restez ici n’est-il pas commettre une erreur et laisser le temps à l’ennemi de se coordonner pour mieux nous prendre en tenaille ? »


Le colonel l’entendit prononcer quelque chose qui devait visiblement s’apparenter à un rire.


« Colonel, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous nous trouvons déjà dans la gueule du loup. »


Spens baissa quelque peu la tête et recula de deux pas, avant de s’en retourner vers ses hommes.


« Dépêchez-vous, marmonna Bazilleuck Eunam à l’attention de ses troupes essayant de converger vers lui. »


*


Karss Zaltar ne se trouvait pas loin du pont d’armement, peut-être à quelques deux cents mètres de ce dernier. Les détonations lui parvenaient distinctement de sa position, et à chaque nouveau pas, le rugissement des bolters, des empoignades, ainsi que des explosions s’accroissait.


Le capitaine de la 18è fulminait sous son heaume de bataille. Déjà, de savoir leurs ennemis à bord étaient assez embêtant pour ne pas dire rabaissant, quand on était aux commandes de pareille arme entre ses mains. Une arme capable de détruire des vaisseaux entiers. Puis, le comble dans l’affaire, était qu’il désespérait de voir un jour ses guerriers parvenir à mettre hors d’état de nuire leurs adversaires.


Il traversa plusieurs coursives, ses derniers Atramentars à sa suite. Il était temps qu’il montre à ses troupes ainsi qu’à ses ennemis de quel boit on se chauffait chez la VIII. Et si ce n’était pas suffisamment clair, bien leur faire comprendre comment au sein de la 18ème compagnie on terrassait ses proies.


Son élan fut cependant brusquement coupé, lorsque devant lui accoururent dans la mauvaise direction plusieurs guerriers de la 41ème aux ordres de son frère capitaine Yachi Tor. Il fronça les sourcils, marquant un arrêt. Plusieurs combattants se regroupaient en la personne du Dépeceur qu’ils étaient ravis de trouver ici.


Karss Zalatar, du dégoût plein le visage, ses traits presque horrifiés face à tant de couardise, s’exclama en un langage plus que fleuri.


« Sale misérables, vociféra-t-il en faisant un pas.


« Monseigneur, articula un sergent de griffe, « l’ennemi a l’intention de faire sauter toute la station. Ils ont truffé le canon nova d’explosifs. »


Le Dépeceur l’écarta sans effort de son chemin à l’aide de son épée.


« Et vous êtes là, à détaler comme des rats cherchant à fuir le navire, grogna-t-il écœuré.


« C’est que, mon seigneur, ils ont un Dreadgnought là-bas qui…


« Je me contre fiche de qui se trouve là-bas ! sales mécréants ! les fustigea-t-il tous. « Vous allez me faire le plaisir de retourner au combat sinon… »


Il s’arrêta subitement. Il recevait des brides d’informations depuis la passerelle. Il resta pâle un instant, plus pâle que d’ordinaire en tout cas.


« Monseigneur ? releva le sergent de griffe. 


« La flotte massée autour de la ceinture d’astéroïdes vient de voler en éclats, littéralement, dit-il à voix basse, concevant en cet instant toute leur témérité, leur arrogance. Ils avaient été dupés, aveuglés par la détermination de leurs ennemis. « Comment se peut-il…cherchait-il l’erreur, la faille dans ce plan si méticuleusement bien préparé par le Palatin de fer. »


Il s’emporta et pulvérisa aussitôt le sergent devant lui dans un excès de colère à l’aide de ses armes de poings, ceci sous les regards momentanément perturbés des guerriers devant lui. Le corps s’écroula dans quelques spasmes au milieu d’une flaque d’hémoglobine, le visage défoncé, avant de ne plus bouger du tout.


Ils en étaient donc là. Ils étaient tombés dans leur propre piège. A peine croyable si l’on repensait il y a quelques heures encore à leur plan si parfait. Cela signifiait cependant que le Palatin avait peut-être péri au milieu de ses hommes dans cette explosion, ou avait fait partie des dommages collatéraux. Cela signifiait donc qu’il était potentiellement seul aux commandes en cet instant.


Tout alla alors très vite. Nul besoin de rester ici plus longtemps, malgré les souvenirs de l’arène. Si l’ennemi était décidé à réduire en poussière la station, il ne doutait plus de leur détermination. Il lui fallait trouver au plus vite une issu afin de se rendre sur le Twilight of Angels pour commencer.


Il se retourna. Pas très loin se trouver une salle de téléportation. D’un imperceptible signe de la tête, il ordonna à ses Atramentars de s’y diriger, ce qu’ils firent.


« Capitaine Frasen, voxa t-il. 


« Dépeceur, répondit d’un ton neutre le capitaine de la 107è.


« Je ne vous apprends rien en vous disant que les deux tiers de notre flotte ont été réduits à néant.


« J’ai appris la nouvelle. Il semblerait que le Black Night de notre frère de la 41ème ait été pulvérisé dans l’explosion ainsi que le reste de la flotte là-bas. Et possiblement le Fury of Iron. Rien de sûr toutefois le concernant.


« Oui, répondit Karss Zaltar en cherchant à esquiver le sujet. « Il m’importe peu le sort du Palatin de Fer. « Néanmoins, frère, je vous veux vous et vos troupes sur le Twilight of Angels. Je veux être sûr de nous débarrasser des résidus ennemis à bord.


« Reçu, Dépeceur. »


La liaison terminée, Karss Zaltar jeta un dernier regard en direction des cris de guerre et des détonations qui émanaient du pont d’armement. Son regard se posa sur les restes de la 41è qu’il ne considéra qu’un instant avant de rejoindre sa garde personnelle. Les autres emboitèrent le pas.


Une fois parvenus dans la salle de téléportation qui les mènerait à bord de la barge de bataille, Karss Zaltar s’installa.


« Quels sont vos ordres, monseigneur ? demanda un guerrier de la 41è en face de lui. »


Le Dépeceur soupesa la question un moment avant de sourire.


« Je vous laisse vous et les restes de votre compagnie l’opportunité de mourir comme vous avez fui. En rebroussant chemin. »


Le guerrier ne dit rien. Le sas se referma devant eux. D’un éclat de lumière, les guerriers dans la pièce disparurent.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 1 Juin 2021 - 14:58

salut à tous. Je vois qu'on atteint bientôt les 3000 vues et qu'on a passé la vingtaine de chapitres. C'est dire si je m'étais attendu à ça! N'hésitez pas à partager sur ce qui vous fait bondir, ou plaisir tout simplement. Vos retours sont toujours bons. En ce qui me concerne, je me régale à vous écrire cette joyeuse story ( en tant que fan de l'Hérésie), et sachez que la fin se rapproche, pour ceux qui suivent. 
Je ne sais pas si j'en aide certains dans leurs propres projets d'écriture, si tel est le cas j'en suis flatté et n'hésitez pas à me faire signe ou me montrer. Au plaisir d'avoir de vos nouvelles, compères lecteurs  Smile




XXIII


Mourir ensemble. Loué soit le Dépeceur. Les alliés arrivent.

Côte à côté les uns les autres, la ligne de guerriers ennemis avançait, imperturbable sous les coups de l’adversaire. Cette même ligne de céramite bleue nuit progressait d’un pas résolu et ferme dans la direction des troupes agglutinées autour du canon nova, qu’ils avaient pour ordre de déloger.


Leur lieutenant maintenant mort, Yachi Tor ne voyait plus comment l’ennemi pouvait conserver sa cohésion. Il n’avait pas vu un seul autre officier dans la mêlée.


Brandissant sa hallebarde, ses guerriers drapés de nuit semaient la mort et laissaient dans leur dos les restes fumant des exosquelettes skitarris essentiellement.


De toutes les directions, de nouvelles escouades de la VIIIe arrivaient pour avoir leur part du butin. Les assaillants, à présent restreints au rôle de défenseurs autour d’une seule position, livraient leur dernier carré avec férocité, faisant perdre à chaque mètre de terrain parcouru des pertes dans les rangs adverses.


« Qu’ils n’en restent aucun ! voxa le capitaine de la 41e sourire éclatant, en voyant ses troupes passer devant lui vers l’objet de leur colère. »


Valdon avait vu Arkos périr de cette arme maudite. Il l’avait vu tomber en morceaux des mains de ce psychopathe cadavérique. Il était certes techmarine, dans une certaine mesure, mais il demeurait toutefois un Astartes. Et comme tout space marine, celui-ci savait se battre. Il marmonnait de haine et de colère. Il criait de défi à l’encontre de ce sauvage qu’il avait dans son champ de vison. Il voulait le tuer, si ce n’était le torturer à son tour, comme lui et les siens savaient si bien faire.


Il bondit alors en avant, malgré la grêle de tirs dirigée contre eux. A ses côtés, des dizaines de soldat du méchanicum chargeaient avec lui. Et des dizaines tombaient, fauchés la seconde suivante.


Ses derniers frères à ses côtés, Gorond et Venelka, rugirent et lancèrent toutes leurs armes, leur ultime force à chacun, dans la bataille. Pistolet bolter tendu, Valdon tira, encore et encore jusqu’à ce que son chargeur soit vide, et qu’il ne déploya au tout dernier moment ses méchadendrites rangées dans son dos pour le corps à corps. Ses frères restants furent jetés au sol et y restèrent au moment où lui entrait en contact avec son adversaire droit devant.


Ses bras déployés - de véritables armes dévastatrices quand elles n’étaient employées à réparer plutôt qu’à tuer et massacrer – perforèrent l’armure du guerrier le plus proche après avoir écarté purement et simplement les armes de ce dernier. Une fois défait de celui-ci, Valdon s’engagea sur le sentier de la guerre. Peu furent épargnés, et lors de cet acte de bravoure, lequel ne passa pas inaperçu pour le capitaine Night Lords, les derniers skitarris abandonnèrent le canon suffisamment garni d’explosifs, pour se jeter à leur tour au cœur des combats.


A cet instant précis, tandis que Yachi Tor écartait ses propres hommes de sa hallebarde pour se confronter à ce nouveau guerrier, des pas pesants retentir.


Ces derniers ne passèrent inaperçus qu’un court instant, lorsque la profusion des tirs baissa en intensité, faute d’adversaires à abattre.


Alors que les derniers soldats du mechanicum tombaient et que les Night Lords s’adonnaient à leur passe-temps favori - celui de récupérer des trophées sur les cadavres ennemis - un sas anti explosion vola et vint s’écraser sur un guerrier en face. Ce même guerrier ainsi projeté et renversé par la cloison, souleva cette dernière afin de s’extirper en râlant.


Le pied monstrueux d’une machine de guerre s’avançait dans sa direction, même s’il ne fut pas bien sûr que la machine divine s’y dirigeait vraiment pour lui.


Il n’eut le temps que de relever que la tête, lorsque le pied s’abattit sur la cloison, réduisant en bouillie tel un insecte sous son pied, l’individu dessous. Dans un bruit de piston hydraulique, le Dreadnought avança en direction des guerriers de la VIIIe.


Il vociféra quelque chose avant de charger. Les guerriers tout autour tentèrent de s’écarter, pour la plupart, en vain. Ils finirent pulvérisés par le poing destructeur de la machine qui les clouait contre les cloisons du pont, quand cette dernière ne les envoyait pas voler à l’autre bout. Les plus téméraires pensèrent que de ne pas bouger et faire face à toute la puissance des légions incarnée dans un seul esprit de la machine pouvait être considéré comme héroïque. Erreur. Rien ni personne ne sortirait d’ici et ne raconterait comment il serait mort.


« Traitres ! articula le vénérable Trator en semant la mort dans son sillage. »


Soudain, tandis que les esprits avaient momentanément été perturbés par l’arrivée fracassante du Dreadnought, Valdon s’élança sur le capitaine en pensant jouer de ces secondes perturbatrices. C’était sans savoir hélas qu’après deux pas, quelque chose le pénétra au travers de son armure puis de son torse. Le sang coula à ses pieds en trombe.


« Trop tard, souleva Yachi Tor. « Tu pensais peut-être m’avoir avec cette diversion théâtrale, désigna-t-il d’un geste de sa main libre Trator à l’œuvre. Il fit une petite grimace. « Ça ne prend pas avec moi. Il s’avança d’un pas en enfonçant son arme un peu plus loin. La douleur qu’il lisait sur les lèvres de l’Iron Warrior l’excitait. « A présent, je vais te … »


Du sang éclaboussa tout à coup la visière de Valdon. Un sang chaud qui n’était pas le sien. Il vit le capitaine adverse être happé avec sa hallebarde, emporté par le poing de son vénérable frère venu le secourir.


Yachi Tor, que ses propres guerriers encore en vie ne parvinrent que difficilement à reconnaitre en cet instant comme infaillible, se replièrent dans le désordre.


Le capitaine de la 41e avait cessé de hurler il y a déjà plusieurs secondes. Trator l’avait tellement mal mené, qu’une fois mort, il le projeta contre un mur dans une gerbe de sang, sa hallebarde quelque part sur un tas de cadavres.


Trator prit délicatement entre les griffes de sa main surdimensionnée son frère mourant. Il n’y avait plus que des morts autour d’eux. Les seuls encore debout avaient pris leurs jambes à leur cou sans doute afin de relayer la situation, ou chercher du soutien, peu importait. L’heure n’était plus à la confrontation, mais au deuil et au devoir auquel ils devaient encore s’astreindre.


« Frère…prononça avec difficulté Valdon en levant un bras. « Où sont les…glorieux jours de…la IVe… ? »


Le Dreadnought demeurait silencieux. Le techmarine tourna la tête vers fenêtre blindée criblée d’impacts de bolts, derrière laquelle les restes de navires de guerre flottaient dans le vide spatial. Parmi eux, il devinait quelque part l’Iron Wound les attendre en silence.


« Je t’avais…dit, toussa-t-il, « je t’avais dit que nous…combattrions à nouveau ensemble. Je t’avais dit… »


Sa voix s’éteignit, tandis que son bras pointait en direction du canon.


La machine divine n’avait pas besoin de savoir ce qui allait suivre. Elle le savait. Tout comme elle n’avait pas besoin d’attendre la fin du compte à rebours, ni même de tirer dessus les explosifs pour tout faire voler en éclats. Elle venait elle-même de lancer son système d’auto destruction.


« Oui mon frère, prononça enfin la voix de baryton du vénérable Trator. « Oui, tu m’avais dit que nous mourrions ensemble. »


Le cœur du Dreadnought le fit imploser, accélérant de fait la mise à feu des explosifs. Dans la seconde qui suivit, une boule de plasma incandescente bleue jaillit du pont d’armement et de la station elle-même.


Annilion n’était plus.


*


Les combats se rapprochaient. Non loin des cellules, sur le même pont de détention, l’armurerie était en train d’être dévalisée par l’unité de rapaces du lieutenant Varphos. Les guerriers réunis, une quarantaine environ, s’appropriaient armes de corps à corps, parmi lesquelles fléaux, masses, lames tronçonneuses, griffes ainsi que pistolets bolter. Un nouveau bain de sang se profilait, et ils étaient conviés.


« Loué soit le Dépeceur de nous offrir l’opportunité de récolter encore quelques trophées, frères ! s’exclama Varphos à l’attention de sa troupe. »


La plupart avait fait le choix de leurs armes. Certains vérifiaient que leurs chargeurs étaient bien pleins, et qu’il n’y avait aucun dysfonctionnement concernant leur paquetage dorsal.


L’air était chargé de matière rance issue de restes de serviteurs ou de prisonniers que les guerriers exhibaient sur leurs plastrons, leurs épaulières ou encore leur ceinturon. Des organes fraichement arrachés ou des os collés les uns aux autres avaient été prélevés pour former des colliers et autres babioles ostentatoires. L’odeur d’huile également, ainsi que celle de brûlé provenant des réacteurs dorsaux de l’unité, émanaient de la vaste pièce où ils se trouvaient. Les serviteurs lobotomisés œuvraient d’ailleurs en nombre auprès de leurs maitres, quand ces derniers dans un excès de folie ne s’en débarrassaient pas d’un coup de lame.


« Sergent Vorash, couina le lieutenant Varphos, « assurez-vous que les hommes aient tout le nécessaire, nous ne reviendrons pas ici. »


Ce dernier acquiesça d’un hochement de tête.


« Fort bien ! aboya de nouveau le lieutenant.  « Il est l’heure, dirigeons-nous au point de rendez-vous. »


C’est dans un fracas de céramite que les armures cliquetantes et le pas lourd, la colonne se mit en branle les uns à la suite des autres.


*


Le nombre jouait contre eux, c’était une évidence. Mais sans surprise pour le Lieutenant-commandeur qui abattait un matelot d’un unique bolt. Celui-ci s’écroula dans une gerbe de sang, le torse ayant volé en morceaux. A ses côtés, toute une horde de combattants piquaient de leurs fusils laser, baïonnettes au canon, sur les positions défensives établies à la hâte par le commandant Iron Warrior.


Dans toutes les directions que les hommes couvraient, l’ennemi se jetait sur eux avec violence, frénésie et haine. Les rangs ne cessaient de grossir malgré les pertes. Un tapis rougeoyant maculait le sol autour de la tête de pont établie. Les douilles elles aussi parsemaient le sol où l’affrontement avait lieu.


Le Cycle Infernal sous les ordres du Colonel Spens tenait en respect les troupes ennemies qui déferlaient des coursives et jonctions adjacentes. A l’aide d’un canon laser et d’un bolter lourd qu’ils avaient embarqués avec eux, ils étaient d’un appui non négligeable pour les guerriers du Lieutenant-commandeur en infériorité numérique.


Des Iron Warrior du 1er bataillon sous commandement du Palatin de Fer, issus de compagnies diverses, commençaient à se manifester en soutien aux matelots donnant leurs vies presque inutilement.


« Je ne sais pas combien de temps on tiendra, articula Jaarl à son colonel debout sur sa gauche. »


Ce dernier, de son pistolet bolter, logea trois tirs bien cadrés sur un Astartes ennemi, avant que ce dernier ne remarque d’où vienne la menace et ne ratisse le couvert depuis lequel le Cycle Infernal se protégeait.


« Nous tiendrons le temps qu’il faudra, répondit sèchement Spens à son attention. Dites-moi plus tôt où en sont les troupes de Maitre Ranos Clerg. »


Jaarl s’empressa de faire comme on lui disait. Cela valait toujours mieux que de jouer avec sa vie en levant une fois de plus la tête par-dessus le couvert. Même si de se trouver en cet endroit était aussi suicidaire que d’espérer en sortir.


Après un moment à essayer de joindre le groupe des skitarris, Jaarl laissa tomber et empoigna son fusil d’assaut. Il inspira et finit par poser un genou à terre avant de viser et de tirer. Le décompte commença.


Leurs couverts, formant une sorte de U, donnait sur trois directions différentes. Après que les matelots eussent permis au Iron warrior de jauger les forces adverses ainsi que leur potentiel, les guerriers du Palatin de Fer se lancèrent à l’assaut.


Les positions de fortune érigées par Bazilleuck Eunam commencèrent à voler en éclats face aux tirs continus de leurs frères déchus.  


Quelques-uns tombèrent face aux exploits ponctuels du Cycle Infernal, mais surtout grâce aux guerriers restants du 2nd bataillon en soutien de Jaarl et ses semblables.


Nous pouvons le faire, pensa le Lieutenant-commandeur. Nous devons le faire, jura-t-il entre ses dents.


Le pont, assez haut pour permettre aux modules de descente et aux oiseaux d’assaut de stationner ici, amplifiait l’écho de la bataille. Les cris de haine et de douleur, les pleurs et les insultes étaient une musique commune à tous les théâtres d’opérations.


Les mutilés de chaque côté rampaient et cherchaient un visage amical, si ce n’était un simple couvert afin de panser ses blessures, comme derrière la carlingue d’un Stormbird, en nombre ici.


L’ennemi pensait en cet instant avoir endigué l’assaut pitoyable de Bazilleuck Eunam. Ce n’était qu’une question de point de vue. Mais comme l’avait dit ce loup de Fenris, il valait mieux penser à la détermination d’un groupe plutôt qu’en son nombre. Il avait trouvé de quoi y redire sur le coup, se rappelait-il. Or, maintenant que la situation se présentait, il était vrai que ces mots avaient tout leur sens.


Des hurlements de panique retentirent subitement d’un l’un des couloirs menant à la position de Bazilleuck Eunam et ses troupes. Il aurait pu s’agir d’une nouvelle vague d’adversaires, comme si celle-ci ne suffisait pas. Or il en fut tout autre. Leur parvenait en formation serrée une phalange de skitarris menés corps et âme par Maitre Ranos Clerg. Tel un rouleau compresseur, cette dernière massacrait l’ennemi dans leur dos. Ils piquaient de leurs lances et abattaient à bout portant les trainards, les blessés et les malchanceux.


Le premier Astartes ennemi à constater ce qui se passait, eut à peine le temps de se retourner que la lance crépitante de Ranos Clerg lui traversa le torse. Stupéfait, le guerrier grogna quelque chose, avant que le meneur skitarri ne retire la lance d’un geste sec et ne décroche la tête du space marine.  


Pris de panique soudaine face à la venue impromptue de l’ennemi, les matelots du Fury of Iron tentèrent de se regrouper auprès du reste de leurs forces. C’était sans penser un instant qu’une grêle de tirs les abattit dans leur vaine tentative de se mettre à l’abri.


« Ils sont là ! prononça un homme, « nos alliés arrivent ! »


Les hommes du Cycle Infernal exultèrent. Pensant qu’il était peut-être arrivé malheur aux skitarris, c’est avec une détermination sans précédent qu’ils abandonnèrent leurs positions et chargèrent l’ennemi sur toutes les positions. Face à cet élan de toute évidence inébranlable, les matelots de bord se mirent à reculer. Sous les ordres répétés des Iron Warrior, certains parvinrent à maintenir leur position quelques minutes de plus avant de disparaitre dans des brumes de sang écarlate.


Les Astartes répondirent aussi longtemps qu’ils purent avant que cette force combinée de leurs frères en face, des mortels, ainsi que des troupes du mechanicum ait raison d’eux.


« Vous voilà, maitre Ranos ! dit à voix haute Bazilleuck Eunam en se dirigeant vers lui, tout en passant par-dessus les nombreux cadavres à leurs pieds, leurs corps grimaçants et fumants.


« Lieutenant-commandeur, salua-t-il. « Ne vous avais-je pas dit que nous viendrions, même avec du retard ? »


Le commandant esquissa un semblant de sourire.


« Vous tombez à point nommé quoi qu’il en soit. Que vos forces se rassemblent. Nous poursuivons dans cette direction, indiqua-t-il d’une main gantée là où le gros des forces ennemies avaient reculé. Certainement à les attendre au prochain carrefour. Son regard porta sur la scène de carnage autour d’eux, avant qu’il ne tombe sur un prêtre de Mars dans sa toge complète, pourvue d’une armure resplendissante en dessous. « Maitre Tubari, s’exclama-t-il. »


Le chef de l’ost du mechanicum accompagnant le 2nd bataillon eut une seconde d’hésitation. Non, pas d’hésitation, plutôt de pause calculée sur le sujet de cette perturbation. Qui l’appelait ? Qui le dérangeait ? Il se redressa et releva la tête. Ses dendrites au bout de ses doigts se rétractèrent quant à ce qu’elles accomplissaient. Ses mécadendrites dans son dos en firent de même. D’un pas assuré, ce dernier alla à la rencontre de Bazilleuck Eunam qu’il reconnut sans peine.


« Monseigneur, hocha-t-il la tête.


« Je ne pensais pas vous trouver ici, Magos


« Plutôt ici qu’à bord de feu l’Iron Wound, voulez-vous dire ? »


Le Lieutenant-commandeur demeura de marbre, sans rien répondre à cela.


« Je collecte des preuves, je collecte tout ce qui sera susceptible d’aider l’Imperium et l’Omnimessie dans cette guerre. Devais-je avoir votre accord pour embarquer ?


« Evidemment que non, répondit- à cela d’un ton bourru Bazilleuck Eunam. « M’en avertir aurait été suffisant.


« C’est chose faite ainsi, monseigneur, en termina le chef du Cercle des Magos, avant de retourner à ses tâches. »


D’un signe de tête, le commandant du bataillon ainsi que celui du contingent skitarris se mirent en route avec leurs troupes respectives à leurs côtés. La passerelle n’était pas à côté.


Dernière édition par Nero le Mar 3 Aoû 2021 - 18:02, édité 1 fois


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Sam 12 Juin 2021 - 10:49

XXIV


Vers les montes charges. Retour sur le Twilight of Angels. Brouillard.

Le poing ganté de son armure Terminator broya une console près de son siège de commandement. La colère distillait ses traits déjà malmenés par plus d’un siècle de combats et de retouches faciales. Cette colère s’expliquait par deux simples faits. Le premier étant que leur piège autour de la ceinture d’astéroïdes n’avait pas fonctionné, au point que toute la flotte accompagnant le Fury of Iron soit détruite. Le second, que le Lieutenant commandeur lui-même et les vestiges de son bataillon soit parvenu à mettre pied à bord. Sans doute ce qui le révoltait le plus.


Ekos Torar se retourna d’un geste brusque et communiqua à ses guerriers ses ordres.


« Ils se situent dans les ponts inférieurs. Je veux qu’on me les localise très exactement et qu’on me les tienne en respect jusqu’à mon arrivée. Bazilleuck ici, j’en fais une affaire personnelle, statua –il comme si le ton employait n’était pas déjà pas suffisamment clair pour savoir rester en marge de ce futur duel.


« Monseigneur, apostropha un guerrier de sa garde personnelle, « nous pouvons les bloquer au carrefour de maintenance deux pont en dessous. C’est le seul itinéraire qu’ils peuvent suivre s’ils veulent tomber sur vous. »


« Oui, je vois très bien, songea-t-il un instant. « Nous nous servirons des montes charges dans lesquels nous déploierons nos guerriers. Et une fois l’ennemi parvenu là-bas, nous leur tomberons dessus et n’en ferons qu’une bouchée, je vous l’assure. »


Fier d’un tel plan, le Palatin de Fer se mit en route, ravi que ce dernier puisse réussir, à n’en pas douter.


« Pour le 81ème Grand Bataillon, nous écrasons notre ennemi véritable en ce jour ! »


Sa garde personnelle à sa suite, les combattant frappèrent de leur poing leur plastron en signe d’assentiment.


*


La téléportation leur en avait coûtée. En effet, des Atramentars qui accompagnaient Karss Zaltar, seul trois étaient parvenus jusqu’à bord du Twilight of Angel.


Ils étaient apparus dans une brume sanguinolente, laquelle devait sans nul doute appartenir à l’un de leur défunt frère dont les morceaux gisaient un peu partout autour d’eux.


Le Dépeceur renifla une seconde avant de faire un pas dans la chambre de téléportation. Tout était sombre, bien entendu. La pièce respirait au rythme des volutes de gaz chargées d’émanations rances omniprésentes à bord, et que les bustes grimaçants de créatures postées en sentinelles dans les angles exhalaient.


Il fit un tour d’horizon. Il n’y avait personne. Quelle surprise, pensa Karss Zaltar pour qui les ordres et la loyauté de ses frères commençait à devenir un vrai problème. Il avait par deux fois déjà essayé de contacter Kyriss sur la station, et maintenant pour la troisième fois qu’il réessayait, toujours aucune réponse. Se devait-il d’imaginer un scénario particulier ? par exemple un Kyriss mort au combat ? ce qu’il doutait fortement, ou pire, qu’il lui fasse défection ? Chose plus probable et qu’il savait possible connaissant les méthodes et penchant de la légion.


Au diable mes enseignements ! fulmina-t-il.


D’un geste de la main, il ordonna à sa garde personnelle de sécuriser la pièce et de guetter une venue imminente.
Après de longues secondes, son vox crépita et une voix se manifesta.


« Monseigneur, ici le sergent en charge de la passerelle. Nous avons décelé un pic d’activité énergétique sur votre position. Nous ne savions pas que vous viendri…


« Cessez vos palabres inutiles ! éructa le capitaine Night Lords. « Dites-moi plutôt où sont nos guerriers ?


« Le lieutenant Kyriss est parti à la rencontre des assaillants. Il semblerait selon nos informations qu’ils se dirigent vers les ponts de détention. »


Karss Zaltar réfléchissait. Ainsi donc, ses guerriers n’étaient toujours pas parvenus à endiguer cet assaut misérable ? Il allait falloir s’en charger soi-même. Pourtant, même s’il savait son ancien bras droit capable, sa confiance en lui avait grandement diminué ces dernières heures. De fait, il était hors de question que sur son propre bâtiment, quelqu’un d’autre s’attire des lauriers à sa place.


« Très bien, indiquez-moi la position de l’unité la plus proche. Dès à présent, je reprends les commandes. »


*


Une grenade venait exploser dans le corridor. Kyriss qui s’était jeté au sol, était recouvert de poussières, d’éclats métalliques, ainsi que de lambeaux de chairs ; ces derniers plus nombreux que le reste et provenant des corps gisant au sol autour de lui. Il grogna et se releva d’un bond.


Les murs des deux côtés étaient littéralement troués, éventrés par la puissance de l’explosion là où l’impact avait eu lieu. Des volutes de gaz fuyaient des énormes tuyaux d’ordinaire masqués par les parois elles-mêmes. A présent sortis de leur alignement, les tuyaux dardaient vers l’intérieur du couloir, vomissant un véritable nuage grisâtre, au point de parasiter leur senseur momentanément ainsi que leurs moyens de communication.


« On reste groupés, frères, communiqua-t-il en se rendant compte la seconde suivante que toute tentative était effectivement vaine. »


Très bien, se dit-il, s’ils veulent la jouer comme ça, ça me va.


Kyriss distinguait les silhouettes de ses frères à ses côtés, leurs runes d’identification et leurs paramètres vitaux toujours viables, bien que disparaissant par moment. D’un signe de son épée, il enjoignit ses guerriers à avancer discrètement, Salatar Holl sur ses pas.


Il avait divisé les troupes qu’il avait amassé en chemin. Une trentaine de guerriers se trouvaient avec lui lorsque l’ennemi les avait cloués au sol, avant que n’explose la grenade à fragmentation. Une belle surprise pour les Night Lords que d’être ainsi pris au dépourvu sur leur propre vaisseau.


Il n’avait pas eu le temps d’estimer les forces adverses. Probablement une escouade en route pour les geôles, un pont au-dessus, et que lui et ses guerriers avaient espérés atteindre avant de croiser l’ennemi. Pari manqué.


Kyriss se prit d’un risque inconsidéré en retirant son heaume, lequel ne lui était d’aucune utilité en cet instant quant à une bonne visibilité. Il préférait s’en remettre à son acuité visuelle qui elle, il le savait, ne lui ferait jamais défaut dans l’obscurité.


Où que pouvait se trouver l’ennemi, cela n’empêcha pas la troupe de progresser toutefois. Peut-être s’étaient-ils repliés ? Peut-être s’en étaient-ils repartis vers les ponts de détention ? qui savait ?


Pour réponse, après dix mètres à peine parcourus, un mur de bolts fendit l’air devant eux et fusa dans leur direction. Le premier d’entre eux, comme pour répondre de l’arrogance et de la témérité du lieutenant Night Lords, lui effleura la joue droite. Le casque n’était peut-être pas d’une aussi mauvaise utilité, tout compte fait, pensa Kyriss en crachant un flegme de sang.


A ses côtés, ses guerriers avaient chargé sans même attendre son ordre. Il voyait Salatar Holl à leur tête, ce qui le révolta. Ce qui lui donna des envies de meur… Un autre bolt traversa le flanc de son armure de bataille rompant net avec sa soif de sang. Kyriss enragea et se rua sur l’adversaire en brandissant ses armes. Il avait encore besoin de l’autre lieutenant pour bouter l’ennemi du vaisseau, après quoi, il aurait tout le loisir de trouver un plan malsain pour son frère.


Plusieurs de ses guerriers étaient tombés, fauchés par les rafales adverses. Lorsque les deux bandes de guerriers se percutèrent dans ce brouillard – et Kyriss soupçonnait qu’il soit aussi parasitant pour eux – le choc des lames, des masses, et des pistolets bolter devint une musique agréable aux oreilles de Kyriss.


Un premier Iron Warrior tomba, une épée passée au travers du plastron, un bolt logé dans le casque. Le lieutenant Night Lords passa au suivant. L’ennemi décalqua la grille faciale d’un guerrier du monde sans soleil, avant de se jeter sur Kyriss pour finir empalé après une feinte adroitement orchestrée.


La brume se rependait dans tout le couloir, et bien au-delà, constatait-il. Ils allaient devoir se montrer rusés et patients pour ne pas finir fauchés par les tirs alliés après cet engagement-là. Tout ce qu’il espérait en tout honnêteté, c’était que le reste de ses guerriers et le lieutenant Varphos ne soient pas aussi ralentis qu’eux ne l’étaient. Ralenti, un mot qui le fit doucement sourire, pour eux qui connaissaient le vaisseau comme leur poche.


Il vit Salatar Holl sectionner en deux un autre Iron Warrior, enjoignant les guerriers autour de lui à se ruer plus avant, à les enivrer comme s’il s’agissait de ses propres guerriers.


« En voilà un que le Dépeceur aurait mieux fait de laisser sur la station avec ses hommes, murmura-t-il. »


Il se lança de nouveau dans la mêlée, lorsque le vox de son casque accroché à son ceinturon crépita. Le son était à peine audible, mais il fut une voix que même Kyriss, s’il eut conservé son heaume sur sa tête, aurait reconnu entre mille.


« Kyriss, réponds…oi. Où t…situ…tu ? »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 29 Juin 2021 - 10:59

XXV


Un très bon endroit pour mourir. Bourbier. Dans la même direction.


Harcelés. Ils étaient harcelés par le nombre d’ennemis qui les suivait. Tels autant de loups derrière une proie affaiblie et dont ils savouraient chaque instant jusqu’à la fin inéluctable, les guerriers du Palatin de fer émergeaient de coursives et d’ascenseurs, prenant en tenaille les groupes épars de survivants.


Ces derniers se frayaient un chemin sanglant de tirs de riposte et de suppression, se couvrant mutuellement les uns les autres. Beaucoup tombaient en route, cloués, fauchés par les bolts adverses. Certains d’entre eux, parmi les hommes restants du Cycle Infernal, ou des skitarris, voire, en de maigres occasions des guerriers du 2nd bataillon, revenaient sur leurs pas pour porter assistance à leurs frères d’armes. Cela valait le coup parfois, parfois non. D’une perte, on pouvait la multiplier aussitôt. Et le comble dans toute cette affaire, était que l’ennemi les acculait dans une direction qu’ils n’étaient plus si sûr d’avoir choisie.


Lorsque la plupart des unités firent la jonction avec le gros de la troupe, celle sous les ordres de Bazilleuck Eunam et de Ranos Clerg, leur contingent ne comptait plus que deux cents âmes à peine. Des soldats déterminés, mais fatigués et éreintés de reculer, comme d’avancer. Or, à la vue des Astartes tenant les positions aux côtés des hommes de Spens, la flamme se raviva soudainement. Tout n’était pas perdu.


« Colonel Spens ! aboya le Lieutenant Commandeur, « vos hommes sont-ils tous arrivés ?


« Ils sont là, monseigneur. Nous attendons l’ordre de marche.


« Lequel viendra très rapidement, soyez en assuré, lui répondit-il en apposant sa main gantée sur son épaule avec délicatesse. »


Il fit un tour sur lui-même et jaugea la situation d’un simple regard. Ils étaient peu. Déjà l’étaient-ils en quittant l’Iron Wound, son navire de guerre, que là, la situation en devenait préoccupante.


Il n’y avait plus que vingt guerriers de la légion, nota-t-il. Quant au reste, il s’agissait de soldats confondus du Cycle Infernal en tenue carapace et de Skitarris.


Bazilleuck distinguait le Maitre Magos Tubari, toujours à s’affairer à quelque chose. Non loin, Ranos Clerg conversait en binaire avec un subalterne, supposait le Lieutenant Commandeur. Des tirs ricochaient contre les cloisons derrière lui. Les tirs de laser des matelots de bord, comme les bolts des Iron Warrior en face, ne leur laissaient aucune accalmie. Et la plupart du temps, ils faisaient mouche, à son grand dam.


« Bien, statua-t-il. « Nous avançons. »


Les groupes composés de mortels, de Skitarris, ainsi que de guerriers Iron Warrior, s’arrachèrent de leur position actuelle pour se diriger en amont, là où le sas conduisant au prochain pont s’ouvrait, grâce notamment au Magos Tubari qui avait bien consenti à aider.


Déjà s’y engouffraient les combattants, accueillis par des tirs sporadiques de fusils laser. Les guerriers de Bazilleuck Eunam chargèrent et démembrèrent les matelots, conservant ainsi leurs munitions pour plus sérieux.  Lorsque tous furent passés, laissant derrière eux quelques exosquelettes fumants et des morceaux de chair épars, Bazilleuck fit condamner le sas.


C’est au travers des émanations de gazes issues des tuyauteries et des grilles de ventilation, de la même manière que le fracas ininterrompu des marteaux et pistons frappant contre les enclumes des nombreuses salles alentours, que le contingent se déplaçait. Il s’y mouvait comme s’il s’agissait un peu de feu leur propre bâtiment, dont les couleurs, les effluves et les bruits produits étaient similaires en tous points à ce qu’ils connaissaient. La chaleur du métal, du fer, ainsi que le goût de l’huile prononcée dans l’air, leur rappelaient ô combien ils étaient des Iron Warrior. Et que le destin les mena sur cette barge de bataille était pour eux rédempteur. C’était un très bon endroit pour mourir.


*


Un coup de hache tronçonneuse de biais. Un autre par-dessus. Encore un par-dessus afin d’être sûr. Le corps tomba au sol, inerte, le casque et la tête roulant sur le côté. D’un coup de botte, le guerrier en armure de sang projeta contre une cloison un autre fils du Night Hunter, avant d’enfoncer son poing dans la visière du guerrier, le corps glissant le long du mur. D’un bolt en plein cœur, l’autre s’assura qu’il ne se relève plus.


Le guerrier aux deux haches tronçonneuses jubila quand autour de lui pas une seule armure de fer ne gisait au sol. Il y avait cinq corps, et tous les cinq appartenaient à la même légion. Celle de leurs ennemis.


« Je l’admets, vous savez y faire War Hounds, articula Harrix en observant la tête démolie d’un Night Lords. « Qu’en pensez-vous, frère apothicaire ? »


Ce dernier, plus préoccupé à soigner ses frères d’armes en cet instant comme de manière générale, s’abstint de répondre quoi que ce soit. Non pas qu’il fut incapable de tuer, bien au contraire, mais sa vocation en tant qu’apothicaire l’éloignait néanmoins des excès d’autres de ses frères de légion, voire, à l’instar de ce guerrier aux talents singuliers.


« Je vous montrerais comment on s’y prend, prononça Danokall qui cracha un flegme. « Une fois que nous sortirons d’ici. Je suis sûr qu’un tas de serviteurs doit sagement attendre nos lames sur ce vaisseau.


« Si seulement on sort de cet endroit, renchérit Harrix pour qui la prothèse bionique à la jambe ne faisait à présent plus qu’une avec le reste de son corps et de son armure. »


Le War Hounds grogna quelque chose.


« Contentez-vous de me suivre, et vous verrez si nous ne sortons pas de ce bourbier dans l’heure. C’est moi qui vous le dis.


« Dans ce cas, lui fit signe Harrix d’un geste de la main, » nous n’attendons que vous. »


Ils ne se trouvaient plus qu’à deux cents mètres du pont de détention. Deux cents mètres n’étaient certes rien, mais sur une barge de bataille garnie de guerriers des légions, et dont votre nombre pâtissait chaque instant de cette simple défaillance, c’était une autre paire de manches.


Aussitôt que Danokall fut partit, le reste emboita le pas.


*


Il retira son épée du plastron du guerrier défunt. La lame dégoulinait de sang. Il la regarda un instant, ses sens et notamment ses yeux décelant jusqu’à la composition riche de l’hémoglobine la maculant. Tous étaient morts. Pas un n’avait survécu ou même pris la fuite. Que l’on considéra ça d’honorable ou pas, ils étaient tous morts, et c’était ce qui importait.


La brume n’avait pas encore disparu et parasitait encore l’espace autour d’eux. C’était fâcheux. Le groupe de Kyriss se remit en marche, guettant à chaque coursive la venue impromptue d’éventuelles troupes adverses. Le lieutenant savait leur nombre restreint, et avec cet engagement terminé, cela amputait l’ennemi d’au moins un bon quart de ses forces, présumait –il.


Ils découvrirent après une cinquantaine de mètres, de nouveaux corps, et de nouvelles armures. Il s’agissait de matelots de bord, ainsi que de guerriers en armure de nuit. Des guerriers que Kyriss ne reconnaissait pas. Il s’attarda sur l’un d’entre eux.


« Les guerriers du capitaine Frasen, la 107ème, prononça Salatar Holl en arrivant aux côtés de son homologue. « Je ne savais qu’ils étaient à bord.


« Parce qu’on ne nous a rien dit, répondit du tac au tac Kyriss, dont la présence de son voisin l’exacerbait. « Réjouissons-nous que ce soit eux plutôt que nous, lâcha-t-il après un moment. « L’ennemi doit être en lambeaux à présent. Il doit reconsidérer ses plans. Il doit se dire qu’il a été un peu trop gourmand avec si peu de ressources.
« Lieutenant, l’appela un guerrier. »


Les deux concernés se retournèrent au même moment.


« C’est à moi qu’il s’adresse, imbécile, l’écarta Kyriss d’un geste. »


Salatar Holl ne dit rien, se contentant d’observer son frère marcher d’une manière si arrogante qu’elle aurait fort plu aux fils du Phénicien.


« Qu’est-ce que c’est ? demanda Kyriss en suivant la direction indiquée par le guerrier.


« Des tirs de bolters lourds sur ce frère. »


Ce dernier redressa la tête.


« Je sais reconnaitre des impacts quand je les vois, merci. Je n’ai pas le souvenir que nos anciens frères soient venus ainsi pourvus en armes. Il regarda par-dessus son épaule. « Et toi ? »


Salatar Holl haussa les épaules en guise de réponse.


« Ça ne nous laisse qu’une réponse, conclut Kyriss. « Des Terminators sont présents sur le pont. Son regard se porta plus loin dans le corridor, où un certain nombre de matelots gisaient éparpillés au sol dans des mares de sang. « Et on dirait qu’ils se dirigent dans la même direction que nous.


« C’est le pont de détention, en face ? questionna l’autre lieutenant.


« Oui, répondit son homologue. « Et il est étonnant que nous n’entendions rien. »


Ils se remirent en marche, prudemment.


Si tout se passait comme prévu, songeait Kyriss, Varphos et ses guerriers devaient se tenir prêts jusqu’au moment donné. Lui et ses rapaces donneraient alors une bonne correction à ces rebus. Peut-être cet instant arrivait-il ? peut-être n’attendait-il plus que lui, plus que sa présence là-bas ? Peut-être.


Toutefois, moins d’une semaine auparavant, le Twilight of Angels avait souffert d’un premier abordage. Cela était un souvenir gênant, pénible et douloureux. L’affront qu’avait été cet assaut inopiné avait laissé un goût amer dans les esprits de la 18ème compagnie. Et que cela se reproduise en devenait déroutant, dut admettre Kyriss qui observait Salatar Holl d’un œil avide.


Il reconnaissait bien là la détermination des Iron Warrior, sans doute le seul bon point qu’il leur accordait. Néanmoins, les Night Lords allaient leur rendre gorge une seconde fois eux aussi, et tout se terminerait là.


« Soyez prêts mes frères, leur dit-il d’un ton alléchant. « Pas un bruit. Aujourd’hui, nous allons récolter des crânes. »


Derrière lui, dans le brouillard ambiant, toute la procession de guerriers sortit ses armes de mains d’une délicatesse et d’un calme déconcertant. On entendit dès lors plus que les lames sortir des fourreaux.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 20 Juil 2021 - 14:20

XXVI 

Faire la jonction. Agitation. Avec notre mort ou la leur.


Les pas de leurs bottes résonnaient dans le long couloir les conduisant au pont de détention. Le chemin derrière eux était parsemé de tronçons de corps vulgairement répandus au sol. Les portes s’étaient refermées, qu’il n’y avait soudainement plus eu qui que ce soit pour se mesurer à eux et à leur progression. Seulement quelques serviteurs, mais rien de sérieux.


« Curieux, ne trouvez-vous pas, centurion ? s’exprima un des Terminators accompagnant Ceste Rugor. »


Ce dernier scannait le pont. Pas un seul ennemi à l’horizon. C’était en effet curieux, surtout si on pensait au carnage que cela avait été pour se frayer un chemin jusqu’ici.


« Soyez vigilants, ces mutins savent y faire. Ils sont dans leur élément. L’obscurité va jouer pour eux. 


« Mes senseurs me font défauts une fois encore, éructa un autre combattant.


« Conserver bien tous vos heaumes de bataille. Une tête à nue est un homme déjà mort en cet endroit. Pas besoin que nous leur fassions ce plaisir. Avançons, fit-il de sa voix de baryton. »


De la quinzaine de guerriers qu’ils étaient il n’y a pas si longtemps, il ne restait plus que douze d’entre eux à cet instant. Douze combattants avides de revanche, Avides de répandre le sang de leurs ennemis.


De chaque côté du corridor, se présentaient des cellules de diverses tailles, certaines pourvues de barreaux, d’autres de sas. Chacune de ces cages, de ces prisons, contenait des corps mutilés, des vestiges d’individus depuis longtemps méconnaissables. Parfois ils croisaient les pièces d’armure de quelque guerrier, ici et là, ce qui les révoltait profondément.


Le groupe se serait attendu à croiser des gardes en faction, les geôliers et auteurs d’un si macabre lieu. Il n’en était rien cependant. Ils étaient seuls.


Brugwoll écarta de sa hache des restes de mortels accrochés à des crochets depuis le plafond vouté. Il y en avait profusion. Celeste Rugor et les siens serraient les dents, là où les loups de Fenris ne témoignaient que peu de scrupules, même s’ils devaient reconnaitre que leur propre brutalité dans les combats n’égalait pas un tel niveau de violence et de sadisme à peine justifiés.


Le centurion vétéran pensait à ce que ses frères envoyés il y a des jours de ça, avaient pu vivre en abordant ce vaisseau. Il s’imaginait à leur place, parcourant le bâtiment de part en part, traquant l’ennemi, puis finalement traqués à leur tour avant de finir, il l’espérait de tout cœur, ici, dans l’une de ces sordides cages pour rats.


D’un signe du bras, il dirigea plusieurs guerriers inspecter les cellules. Dans certaines d’entre elles, quelques âmes hagardes, esseulées, et au teint livide demeuraient encore. Assises sur leur banc, elles regardaient passer les guerriers de fer comme s’il s’agissait d’illusions que leurs esprits malmenés leurs montraient. Ceux-là étaient différents, notèrent-ils. Il n’y avait pas le même désintérêt derrière leurs lentilles, savaient-ils comme si pour la plupart des mortels présents, être issu du monde sans soleil leur permettait de voir au travers de leurs casques.


Quelques-uns commencèrent à se redresser, se lever, puis à faire quelques pas timides en direction des barreaux. Ils murmuraient des choses dans la langue natale des Night Lords. Que cela fut des appels à l’aide, des encouragements ou encore des offenses, les Iron Warrior n’en surent rien.


Les prisonniers commencèrent à se lamenter davantage en discernant là des sauveurs potentiels, et le chœur de leurs plaintes réunies ne tarda pas à monter en volume au point de déranger le centurion. Cela lui déplut assez vite au point qu’il se fit violence pour ne pas ordonner à ce qu’on les réduise au silence tant qu’ils n’auraient pas mis la main sur leurs frères. Néanmoins, face à tant d’atrocités, une once d’indulgence se fit jour, et il passa outre.


Ils arrivèrent à une fourche, séparant le corridor en deux autres directions. Il n’y avait toujours pas d’ennemi. Celeste Rugor soupçonnait que ses frères devaient se trouver dans une cellule à part, et adaptée pour leurs conditions transhumaines, sans doutes plus à l’écart.


« Je note une entrée au fond de chacune de ces directions, dit un guerrier. »


Le centurion opina.


« A-t-on des nouvelles des autres groupes ? demanda-t-il.


« Il semblerait que le groupe de l’apothicaire Hebor et du War Hounds se trouve à deux pas d’ici. Nous pourrions faire la jonction. »


Le centurion réfléchissait à la meilleure option à prendre. Il porta sur son regard tout à tour dans chacune des deux directions présentées.


« Très bien, on continue, prononça-t-il. « Chef des Mentons Rouges, vous prenez à gauche avec quelques de mes hommes, le reste avec moi. Tentons de faire la jonction avec les autres et de trouver nos frères. »


La force se divisa en deux et les guerriers reprirent leur route.


*


Les guerriers de la VIII courraient en tous sens. Des escouades à moitié composées se dirigeaient dans une direction, puis une autre, ceci afin de rejoindre le reste de leur unité.


« Nos frères de la nuit semblent agités, dit Attix au bras en moins. « Vous pensez capitaine que le Lieutenant Commandeur est ici ?


« Je n’en sais rien, répondit Ipanov Hoccard. « Ce que je sais, c’est que les Night Lords ne pensaient visiblement pas nos frères capables d’arriver aussi loin dans le vaisseau. Je peux sentir d’ici l’adrénaline courir sur leur peau et la stupéfaction de nos geôliers.


« Il va falloir agir, s’exprima à côté le lieutenant Faum Dravell.  « Nos frères ne tiendront pas longtemps. L’ennemi est trop nombreux. Une barge entière contre une poignée, c’est insensé. »


Ipanov Hoccard ricana.


« Et depuis quand ne trouvez-vous pas tout ce qui se passe d’insensé ? Nos frères sont déterminés, comme nous l’avons été. C’est dans notre nature que de persévérer là où d’autres ne pourraient pas. »


Les autres approuvèrent. Le capitaine de la 2nde compagnie lorgnait depuis un petit moment maintenant le sas tenu par un garde en faction. Il savait leur nécessaire de combat présent derrière.


« Allez, encore quelques instants, puis dès que les premiers bolts résonneront, nous passerons à l’action. »


*


Ce ne furent pas les bolts qui entrèrent en action les premiers, mais bel et bien les cris et les rugissements emplissant l’air des guerriers de la VIII sortant de tous les angles du couloir qu’avait suivi Celeste Rugor. Il en sortait de partout, des colonnades, et des cellules elles-mêmes.


Les fils du Night Hunter, très bien camouflés jusque-là dans l’obscurité, ayant patienté le moment opportun pour surgir, bondirent toutes armes de poings brandies, épées tirées de leurs fourreaux, prêts à semer la mort. Leurs casques ailés renvoyés l’aspect malsain et sadique de ces guerriers rompus au meurtre et autres accomplissements pervers.


Le choc des lames et des premiers bolts emplit l’air autour des combattants. Les armures s’entre choquèrent, et rapidement les pointes de lames ainsi que les têtes de bolts trouvèrent leurs cibles.


Le centurion ne fut pas surpris de cette embuscade, mais il devait avouer que le lieu avait été judicieusement choisi. Un lieu exigu où on ne pouvait manœuvrer qu’à quelques-uns de front.


Les prisonniers derrière leurs barreaux se collèrent aux murs de leur cellule en jappant, les tirs ricochant en tous sens, très souvent trouvant des cibles collatérales. Le vacarme emplit le pont tout entier, et nul doute que déjà d’autres renforts se dirigeaient depuis les ponts adjacents pour prendre part aux combats.


Les senseurs des casques de Celeste Rugor et des siens se manifestaient encore par interruption, mais en plus de la protection octroyée, ils leurs permettaient de voir leurs adversaires têtes nues, et leurs sourires suffisants de décérébrés.


Le centurion embrocha de ses griffes Terminators le premier venu, l’écartant aussi aisément qu’un mortel et s’effondrant le long d’un mur les viscères à l’air. Ses frères pourvus des mêmes armures en firent tout autant. Les Night Lords n’avaient aucune chance en combat singulier face à ces tanks.


En revanche les guerriers en armures à leurs côtés ne bénéficièrent pas du même avantage, et furent littéralement pris à partie, collés au sol, démembrés et dépecés.


Celeste Rugor doutait qu’il ait pris le bon couloir pour sauver les siens, ou bien même faire jonction avec les autres groupes. Toutefois, sentant le poids de l’ennemi sur eux, il convenait de maintenir ces forces ennemies aussi longtemps que possible, afin de donner une chance aux autres de parvenir à l’objectif.


« Tuez-les tous. Qu’il n’en reste pas un seul. Notre devoir prendra fin avec notre mort ou la leur. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 11 Aoû 2021 - 9:42

XXVII


Exfiltrateurs. Parmi les vivants. Guerrier singulier.


Des hurlements et des cris de combats émanèrent de derrière le sas. Les lames s’entrechoquaient, et les tirs creusaient les murs. Puis plus rien.  Ce qui faisait barrage jusque-là n’était visiblement plus. Ou alors les assaillants avaient manqué leur coup.


Une mine fit sauter le sas devant lequel montait la garde un guerrier Night Lords jusque-là, ceci malgré ses frères aux prises avec l’ennemi juste derrière. Celui-ci vola sur plusieurs mètres, une partie des portes retombant sur lui et l’aplatissant tout bonnement. Des tirs firent à nouveau irruption. Très vite ce fut la confusion la plus totale. Les geôliers présents se ruèrent sur les intrus, lames dégainées. Une ligne de bolts les frappa en pleine courses, les renvoyant en arrière le torse fumant.


Les derniers Night Lords furent réduits au silence par la prouesse martiale des assaillants et l’effet de surprise de ces derniers. Dès lors, il ne resta plus qu’une bande de guerriers aux armures de métal grises et de givre. Ces derniers se tinrent devant les cellules où d’autres transhumains se tenaient, têtes hautes.


Un guerrier portant une hache et une peau de loup s’exclama en pointant son arme.


« Alors c’est pour vous que l’on remue ciel et terre ici ?


« Vous êtes ? réclama un guerrier sans armure.


« Je suis un guerrier des Routs. Mais pas le temps de tergiverser. D’autres vont arriver d’une minute à l’autre. Et vous feriez mieux d’enfiler vos armures avant que ça ne chauffe. »


Les deux autres Space Wolves qui accompagnaient le groupe d’exfiltrateurs firent sauter les serrures des cellules. Les prisonniers se ruèrent dans la chambre de dépôt où se trouver leurs armes et armures. Entre Iron warrior on se salua, contents de savoir ses frères encore de ce monde et prêts à livrer bataille.


Les prisonniers libres se vêtir aussi vite qu’ils le purent avec l’aide de certains de leurs frères, tandis que d’autres montaient la garde aux entrées.


« Dépêchez-vous, frères ! aboya Brugwoll. »


Les cris et les hurlements des assaillants se rapprochaient. On pouvait presque entendre leurs bottes le pont au-dessus, avec un empressement digne d’une meute de loups en pleine chasse.


« Il faudra m’expliquer comment des loups de Fenris se trouvent ici ! s’exclama Faum Dravell à l’attention de son capitaine, et finissant d’enfiler son harnois.


« Je préfère les savoir présents à nos côtés en cet instant, répondit Attix qui terminait d’enfiler sa propre armure, le bras raccourci au niveau du poignet. Il attrapa une lame sur un râtelier, la soupesa, la jugea appropriée, et la rangea au fourreau. Puis il s’arma d’un pistolet bolter. « C’est quand ils veulent, dit-il d’un ton menaçant. »


Les tirs reprirent de plus belle au niveau du sas de détention qui avait volé en éclats.


Une escouade ennemie se manifesta et fut prise en tirs croisés par les membres de la VI de chaque côté. Ces derniers ne firent pas de cadeaux, et taillèrent en pièce les Night Lords. Les bolts les trouèrent, et les lames les transpercèrent.


« Il continue d’en arriver ! aboya Tormas Perce Œil. « Je crains que nous restions bloqués ici si on ne fait pas mouvement au plus vite !


« Holdja, rugit Brugwoll des Mentons Rouges. « Mais frères de meute ont raison guerriers de fer. Si vous êtes prêts à déguerpir, allons-y ! »


Le capitaine Ipanov Hoccard, les lieutenants Capone Zuvar et Faum Dravell, le sergent Timalt Verosen et les frères Attix et Craxus, ce dernier toujours debout bien que vacillant suite à la blessure dans le flanc de ce chien de lieutenant adversaire dans l’arène, se tenaient parés et armés. Ils se regardèrent, et serrèrent fermement les manches de leurs armes.


« Très bien, statua Ipanov Hoccard pour qui toute cette situation n’avait duré que trop longtemps. « Allons rendre gorge, mes frères. »


*


« Où est-ce ? demanda l’apothicaire Hebor derrière une colonnade, à l’abri des tirs qui fusaient dans leur direction.


« Derrière ce sas ! lui répondit Danokall qui venait d’éviter de justesse un tir de fuseur. « Il faut le faire sauter ! »


Un frère d’escouade opina, et se fraya un chemin jusqu’à un nouveau couvert grâce au tir de suppression de ses camarades. Arrivé à bonne distance, il pencha la tête. Trois Night Lords tenaient le sas. Il inspira et arma d’un geste sec la mine. L’instant suivant, son bras propulsa l’explosif aux pieds de leurs adversaires et explosa en une gerbe de shrapnels et de morceaux d’armure visqueux. L’Iron Warrior, satisfait du bruit de l’explosion, pencha à nouveau la tête. Sa tête explosa en un gruau sanglant composé de ceramite et de cervelle, lorsqu’un bolt l’a lui fit sauter.


Harrix jura entre ses dents serrées, à tel point qu’il s’apprêta à passer par-dessus son couvert pour venger son frère d’arme. Une main gantée et maculée d’hémoglobine le retint ferment cependant en secouant la tête.


« Nous avons notre entrée ! s’écria-t-il. « Il n’est pas mort en vain. Mais nous ne devons pas risquer inutilement nos vies si nous voulons atteindre notre objectif. »


Harrix manqua de le regarder avec de gros yeux. De dire qu’il ne fallait pas qu’il risque sa vie pour ses frères paraissait déplacé, surtout vu leur situation. Qui plus est de la part d’un World Eaters dont le seul but était bien souvent de se jeter sur l’ennemi au péril de sa vie ou de celles de ses propres frères.


L’Iron Warrior se ravisa et hocha la tête derrière son heaume. Il leva ses armes, jeta un œil à gauche, à droite, et d’un signe de tête opéra la lancée. Tous les membres du groupe s’élancèrent comme un seul homme, tirant durant leur progression. Ils mirent à terre de cette manière tous ceux qui se présentèrent, même par le trou béant du sas qu’ils venaient de faire exploser.


Ils pénétrèrent un par un par l’accès créé, chacun soutenant le précédent et le suivant dans une vigilance de tous les instants. Ils usèrent de tirs de suppression, lorsqu’un fétide guerrier de la VIII se présenta. Une grenade à fragmentation vola dans leur direction. Un Iron Warrior n’eut pas le temps de se trouver un couvert, ni même de se jeter au sol, quand cette dernière le sectionna en deux, répandant des viscères tout autour.  


Danokall fut le dernier à passer, vérifiant qu’il n’était pas suivi dans l’immédiat. Une fois rassuré, il rejoignit les autres.


Ensemble, ils prirent la direction du sas de détention à quelques dizaines de mètres. Ils s’apprêtèrent à tirer sur quelques formes se manifestant dans ce brouillard de particules dans le couloir, quand l’une d’elle s’effondra à deux pas d’Hebor.  Un guerrier de la VIII, l’arrière du crâne fendu par un coup de hache. Son frère Harrix, à sa droite, leva la tête dans sa direction.


« Pas bon signe on dirait, fit Harrix à l’apothicaire. »


D’autres sons de bottes, celles-là multiples, se dirigeaient dans leur direction. D’un signe du poing, Danokall, derrière eux, intima aux membres du groupe de lever ses armes. Certains d’entre eux s’occupaient de leurs arrières, des fois qu’une meute furibonde ne leur saute dessus dans cette brume ambiante.


Ils firent quelques pas, lorsque tout à coup plusieurs silhouettes émanèrent du nuage. D’entre mille, Harrix et Hebor reconnurent la voix qui s’exprima, puis les armures qui l’accompagnaient.


« Vous n’irez pas bien loin dans cette direction, prononça l’individu d’un signe du pouce. « Et vous n’y accompliriez pas grand-chose, mes frères. »


Harrix se précipita vers son capitaine, vivant, et paré comme jamais pour la bataille. Ils se serrèrent l’avant-bras comme chacun des guerriers présents avait pour habitude de le faire. Derrière leurs casques, des sourires se profilaient.


« Quelle joie de vous savoir parmi les vivants, capitaine ! il me navre d’imaginer la course qui a dû être la vôtre depuis l’assaut de ce croiseur il y a des jours de cela maintenant.


« Non seulement en vie, mais qui plus est avec la ferme intention de me venger et d’avertir tout le monde alentour de ce système, jusqu’à Terra elle-même.


« Un noble but que voilà, éructa le Dépossédé qui bousculait Harrix de l’épaule volontairement pour se ternir devant Ipanov Hoccard.


« Holdja ! par tous les Routs ! tu es en vie sale bête. Tu n’as pas succombé à toutes tes blessures ?


« Regardez-moi qui voilà, répondit à cette remarque le War Hound. « Et toi, loup, as-tu arraché suffisamment de gorges en mon absence ?  Mon soutien ne t-a-t-il pas manquer depuis notre arrivée ? Sans moi tu n’es rien. »


Brugwoll des Mentons Rouges rugit et écarta les guerriers de son groupe pour se tenir devant celui de la XII. Ils se toisèrent l’espace d’une seconde et se jetèrent l’un sur l’autre avant de s’empoigner comme les deux amis qu’ils étaient.


« Veille à demeurer en vie jusqu’à la fin de cette bataille, frère, et tu auras tout le loisir de me voir prendre des gorges. »


« Sans vouloir rompre avec ces retrouvailles, mes frères, nous avons une barge de bataille à nos trousses. Je préférais nous savoir mourir en combattant, plutôt que de tomber lâchement abattus dans le dos, à cause de votre sentimentalisme déplacé, fit le capitaine. »


Les deux guerriers se reprirent et acquiescèrent.


« Est-ce tout ce qu’il demeure du bataillon ?  Où sont les autres ? et le lieutenant commandeur ? poursuivit-il.


« Il n’y a que nous, capitaine, répondit Harrix, tandis qu’Hebor se dirigeait vers les blessures du groupe d’en face, notamment celles d’Attix et de Craxus.


« Le Centurion vétéran est quelque part plus en amont de ce couloir, sans doute à tailler dans le cœur même de la VIII. Je ne sais pas si vous souhaitez le rej… »


Brugwoll ne termina pas sa phrase, que des tirs se manifestèrent et criblèrent les murs autour d’eux. Des guerriers en armures de nuit arrivaient. Et ils arrivaient vite.


« Tant pis, nous devons essayer de rejoindre la passerelle. De là nous pourrons mener les opérations. Quant au Centurion vétéran, il sait ce qu’il à faire. Il connaissait les risques, comme nous tous. »


Les autres approuvèrent ces mots, puis, tout en ripostant aux traitres dans leur dos, commencèrent à rebrousser chemin par là où étaient arrivés Danokall et Harrix.


*


De tous les éléments de son groupe, il ne restait plus que lui et ses trois frères Terminators. Tous les autres avaient péri. Une bien sale besogne que voilà, avait prononcé plus tôt un de ses frères d’arme. Ça n’avait jamais été aussi vrai au vue du travail accompli jusqu’ici, et de ceux restant pour pouvoir statuer cet état de fait.


Celeste Rugor comptait les morts, les cadavres, et les mutilés autour de lui. Tout en reculant, - car il y a bien longtemps qu’il avait compris qu’avancer ne servait plus à rien – il massacrait ses ennemis avec un plaisir malsain, assez similaire à celui de ses adversaires. Cela le répugnait et le contentait en même temps. Était-il en train de reconnaitre que massacrer ainsi, passer au fil de ses griffes était une source de plaisir infinie ?


Deux Night Lords crachèrent du sang, avant que fontaine ne jaillissent de leurs plaies béantes. Les uns tombaient, que les autres prenaient leur place en sautant par-dessus sans même un regard pour eux.


Des diodes rouges par moment se présentaient, le vrombissement des armes accompagnant leur pugnacité. Parfois des guerriers têtes nues se manifestaient aussi, tel ce guerrier singulier qui écarta ses propres hommes et toisa Celeste Rugor. Bien que plus petit dans son armure de bataille, ce guerrier n’en était pas moins capitaine vu ses galons. Et de toute évidence la présence de Terminators en face ne lui faisait pas froid aux yeux.


Il stoppa un instant ses guerriers et prit le temps de choisir sa cible. Curieusement, il n’y eut plus un tir pendant ce court instant. Le capitaine adversaire pointa de sa lame en direction du Centurion vétéran. Il sourit de ses dents limées, et présenta un visage balafré. Des cicatrices parcouraient son visage abimé, et avant que le premier Iron Warrior, excédé de ce triste spectacle ne tire, le capitaine ennemi se fit une énième balafre à l’aide de sa lame contre une de ses joues.


Au moment où les armes crachèrent leurs projectiles, les Night Lords s’élancèrent.


« Appelle moi Frasen, Iron Warrior, capitaine de la 107ème compagnie. Observe-moi bien, je suis celui qui te mettra à terre en ce jour. »


Sans plus de considération du félon, le centurion chargea à son tour. Il éventra un guerrier ennemi qui s’interposa dans une futile quête de gloire, puis frappa. La puissance de son coup fit vibrer l’armure de son adversaire. Celui-ci, bien que moins imposant que Celeste Rugor, bloqua fermement le coup. La férocité de l’Iron Warrior était impressionnante, constata Frasen, mais il en avait vu d’autres.


A son tour, d’un coup de lame il dégagea les griffes de son ennemi et glissa sous son flanc. Il passa ses lames au travers de l’épaisse armure. De l’huile coula et une pièce d’armure se détacha. Frasen sourit.


L’autre se retourna vivement et donna un violent coup visant à décapiter le Night Lords. Evidemment, ce dernier était beaucoup plus leste que son homologue de l’Astartes dans son armure de bataille, et en profita. Une fois dans le dos de celui-ci, il enfonça ses lames. Celeste Rugor jura et pivota. Une des lames demeura coincée et il ne parvint pas à la retirer.


Frasen, une lame en moins, ne se plaignit pas pour autant. Un autre Terminator vint en soutien à son supérieur. Ce guerrier était bien affaibli et saignait de multiples endroits. Un coup et c’en serait fini.


Le guerrier chargea d’un ultime effort afin de désarçonner l’ennemi. Frasen le vit venir et bondit contre une paroi sur laquelle il prit appui, et sectionna la tête du Terminator. Le casque vola et retomba au sol. Le corps entier suivit, avant que la tête ne cesse de rouler.


Essoufflé mais pas encore mort, le centurion vétéran rétracta ses griffes. Le capitaine Night Lords y voyait-il là les derniers instants de ce grand guerrier ? Il sourit. Peu importait, il devait tomber. Il se jeta alors corps et âme sur lui.
Hélas, c’était tout ce dont avait eu besoin Celeste Rugor. Une distraction malheureuse, celle de son frère sacrifié, pour lui jeter une mine ventouse. Ils se trouvaient à cinq mètres l’un de l’autre. Une distance courte certes, mais une distance appropriée pour que la mine se colle sur le torse de son adversaire. Vraiment surpris, Frasen enragea, et comprenant qu’il ne s’en sortirait pas, bondit sur Celeste Rugor espérant l’emporter avec lui.


L’explosion fit voler en morceaux le guerrier, tandis que le souffle faisait pencher en avant le centurion vétéran. Des os ainsi que des pièces d’armure maculèrent le sol et les murs autour de lui. Pour le coup, il ne tomberait pas des mains de ce malade.


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Message par Nero Mar 24 Aoû 2021 - 12:27

XXVIII

Le dernier du Cycle Infernal. Que mijotes tu ? Une noble tâche à accomplir.


 
Des membres brisés. Des armures écrasées. Des corps volant en lambeaux. Le marteau qu’utilisait le Lieutenant-commandeur générait tant de pertes chez l’ennemi que ce dernier avait consenti à envoyer sur leur position toutes les ressources à bord. Des matelots en armes, des compagnies entières de guerriers, des automates pourvus de canon multiples et rotatifs libérant chacun un feu soutenu sur la troupe d’envahisseurs.


Et pourtant, malgré leur nombre, le contingent de Bazilleuck Eunam semait la mort dans leurs rangs. Les frères déchus, ceux du 1er grand bataillon observait d’un œil venimeux les vestiges de leurs anciens frères. Ils les voyaient se battre comme des Iron Warrior certes ; tenaces, inflexibles et déterminés par-dessus tout. Ils se voyaient à travers eux, indubitablement.


L’un d’eux, trop téméraire en pensant avoir l’ascendant sur le Lieutenant commandeur, fut accueilli et projeté l’instant suivant par un coup de marteau. Le corps retomba comme un poids mort parmi ses frères, les douilles clairsement le sol en pagaille.


Dans ce carrefour, les survivants avaient déjà perdu de moitié leur nombre. Approximativement une centaine de combattants tenaient leur position bec et ongles face à la nasse orchestrée par l’adversaire.


Leur nombre dégringolait pêle-mêle, mais ils emportaient pour chacun d’entre eux plusieurs ennemis à chaque fois. Les hommes du Cycle Infernal n’étaient plus. Il ne demeurait plus que Jaarl, au-dessus du corps inerte de son colonel, Spens, tombé il y a déjà plusieurs longues minutes. Avec le pistolet bolter de son défunt supérieur, il tirait bolt après bolt sur les assaillants. Des matelots tombaient en face de lui, au milieu des rugissements et des tirs innombrables.


Le voilà qui était définitivement seul, sans ses amis, sans Inryrn, sans Obert et les autres. Plus un seul pour raconter les faits d’armes du régiment. C’était sans doute ce qu’il y avait de plus triste dans cette histoire. Non pas leur mort à tous, que l’on sait inéluctable, mais bien la disparition des souvenirs. De savoir que tout ce qu’il avait traversé durant ces années était tout bonnement balayé. C’est ce qui lui crispait le cœur. Puis, quand une lame le traversa d’un mètre dans l’abdomen, le soulevant du sol, Jaarl comprit la peine et la douleur terrible qui incombait aux hommes.


Le space marine qui l’observait enleva le corps du soldat d’un geste. Le dernier du Cycle Infernal tomba, les yeux ouverts sur un chaos pas si différent de ceux passés et de ceux à venir.
 
Une poignée d’Astartes loyalistes se battaient encore farouchement aux côtés des Skittaris de Ranos Clerg, bientôt submergé par le nombre. Ce dernier fit d’ailleurs sauter la tête d’un Iron Warrior, avant d’entreprenne un ballet mortel à l’aide de sa lance crépitante. Très vite il fut une cible de choix pour l’ennemi. Les tirs de bolters ainsi que les canons des automates furent dirigés dans sa direction. Ranos Clerg ne pouvait éviter tous les tirs, évidemment. Il se démena néanmoins à emporter un maximum de ses ennemis avec lui.


Bazilleuck Eunam, écrasant, pulvérisant une fois encore ses adversaires, ne vit que trop tard le sort jouer contre son allié. Il bouscula un de ses frères d’armes pour se jeter au secours du maitre skittari.


Trop tard. La grêle de tirs eut raison de lui deux secondes avant que le Lieutenant-commandeur ne se jette sur lui. Ranos Clerg fut pulvérisé, réduit à l’état de pièces détachées, son corps troué de parts en parts. La lance elle, allait retomber lorsque l’Iron Warrior la rattrapa en plein vol. Fulminant, il broya ses ennemis à l’aide de son marteau d’une main et perfora les meurtriers de son fidèle allié avec la lance. 


« Maitre Tubari, nous attendons votre signal ! ne trainez pas. »


Bazilleuck Eunam abandonna son unité vox pour porter son regard aux quatre coins du vaste carrefour, là où soudain un cor de guerre résonna. Un son grave qu’il ne connaissait que trop bien. De ces quatre directions, les portes d’ascenseurs s’ouvrirent, libérant une nouvelle vague d’adversaires, ceux-là envoyés dans un but très précis.


En finir avec eux.


*


Le maitre magos Tubari se trouvait à quelques centaines de mètres des combats. En investissant la zone dans les premiers instants, Bazilleuck Eunam et Ranos Clerg lui avaient créé un chemin afin de se rendre dans le local de maintenance le plus proche et ainsi se relier. Il s’affairait en cet instant à faire monter en puissance les réacteurs à plasma du vaisseau depuis la console de travail mobile qu’il avait emportée avec lui avant l’assaut.


Avec une poignée de serviteurs et de skittaris pour protection, le magos drainait un maximum d’énergie depuis tous les ponts et systèmes opérationnels de la barge de bataille. Il aurait en temps normal fallu des dizaines de magos comme lui pour une telle tâche. Or, le savoir et l’ingéniosité de Tubari n’avait pas d’égal. La tâche lui prendrait plus de temps, mais l’objectif serait atteint, c’était une certitude logique et mécanique.


Le premier souci était de passer par-dessus les séquences et barrières de protection qui s’affichaient sur son écran et via sa liaison synaptique. Un premier problème qui lui prenait un peu trop de temps, étant donné qu’à chaque minute de nouvelles vagues de codes s’affichaient afin de contrecarrer ses plans.


Le second souci était quant à lui plus physique que du binaire. Ses skittaris maintenaient à distance les troupes adverses qui avaient fini par les localiser il y plusieurs minutes maintenant. Seulement des matelots jusque-là, mais il ne doutait pas un instant que plus sérieux se manifesterait bien vite, une fois leur réel but découvert.


Le Lieutenant –commandeur l’apostropha. Il n’aimait pas être ainsi dérangé, mais il passait outre, vue les circonstances plus que critiques.


« Maitre Tubari nous attendons votre signal, ne trainez pas ! »


Les chiffres et les combinaisons de chiffres incalculables pour un esprit humain ordinaire, défilaient sous ses yeux. Cela ne lui prenait que quelques secondes pour tout interpréter. Et il fallait reconnaitre que les résultats qu’il obtenait lui convenaient.


Malin et audacieux qu’il était, Tubari en profitait également pour glaner, ou plutôt voler, disons, toutes les informations à bord. Historique de navigation du vaisseau, destinations futures le concernant, ainsi que ceux de la flotte toute entière, ou du moins ce qu’il en restait.


Tubari savait qu’il ne mourrait pas. Pas ici en tout cas, et pas maintenant. Il lui restait encore une noble tâche à accomplir. Après être sorti d’ici, il comptait se rendre dans son foyer la planète rouge. Mars la toute puissante. Il comptait rapporter au Fabricator Général Kelbor-Hal ses trouvailles concernant la IV, et le mettre au secret de l’ampleur de tout ce qui se tramait ici, si bien sûr ce n’était pas déjà fait. Nul doute qu’avec pareilles informations vitales, il grimperait les échelons rapidement en apportant la preuve irréfutable de la félonie du Maitre de Guerre, et que pour ce geste loyal, il serait récompensé.


Un sourire passager, si rare fût-il, parcourut ses traits semi machine semi mortel à cette idée.


« Bientôt, lieutenant-commandeur. « Tout sera bientôt prêt. »


*


Ce qui se dirigeait sur lui et les derniers de ses frères était de trop.  C’était la goutte de trop, littéralement. Quatre Dreadnoughts sortirent des ascenseurs, accompagnés d’escouades de soutien. Bazilleuck Eunam ne déglutit pas. Il avait tellement vu de choses monstrueuses, aberrantes au cours de sa vie de soldat, que même la puissance de feu de la légion ne le surprenait plus. Et il y avait pourtant de quoi prendre les jambes à son cou.


Les patins hydrauliques des châssis de ces bêtes de guerre firent trembler le sol. Elles broyèrent et réduisirent en charpie les résidus qui se jetaient sur eux, en vain.


Tout alla très vite. Les images se succédaient à vive allure. Pour une des rares fois dans sa vie, Bazilleuck Eunam sentit la fin se présenter. Qu’elle fut honorable ou pas, venant de la main d’un ancien frère ou non, comme de celle d’un xeno, plus rien n’importait. Cette pensée ne lui importait plus et ne l’importunerait surtout bientôt plus.


Son regard se figea sur celui qui approchait, accompagné d’une garde rapprochée. Le guerrier était vêtu d’une armure de bataille huilée, resplendissante. Ce guerrier il le connaissait bien. Il avait combattu jadis à ses côtés. Et quand sa voix lui parvint à travers son casque, reconnaissable parmi le chaos ambiant, il sut à qui il avait affaire.


« Lieutenant-commandeur ! un titre qui aurait mieux profité à un autre que toi ! »


Bazilleuck observait son traitre de frère s’approcher. Autour d’eux, les combats étaient déchainés. La fin s’annonçait, et il voyait ses hommes se jeter avec véhémence sur les félons.


Bientôt. Très bientôt. C’était les mots qu’avait prononcé Tubari.


« Regarde autour de toi, mon frère ! voilà avec quoi tu t’opposes au règne du Maitre de Guerre et par extension, à notre père. Ceci est tout bonnement pitoyable. Tu salis l’image même de notre légion.


« Depuis les débuts, tu devrais savoir que cette légion, peut et sait œuvrer avec bien peu. Il regarda son environnement. Il ne pouvait espérer être plus prêt de son but. « Je suis là où je dois être, frère. »


L’autre grommela quelque chose d’incompréhensible. D’un geste il envoya sa garde affaiblir le lieutenant-commandeur. Ce dernier les accueilli à jolis coups de marteau ascendants et latéraux. Les guerriers volèrent une fois de plus. Ils rejoignirent les rangs des cadavres rougissant déjà le sol d’obsidienne.


Quand il n’en resta plus un seul debout, et que les combats autour cessèrent, il ne resta plus que l’écho des pistons hydrauliques des Dreadnought, et leurs voix à tous les deux.


« Je reconnais que tu es un bon guerrier. En cela, jamais je n’ai douté. Il est triste de savoir que de bons éléments prennent de mauvaises directions par la faute d’idéaux mal placés et d’errements concernant leur loyauté.


« Je n’ai jamais fauté. Je n’ai jamais été plus lucide que le jour où j’ai choisi de rompre avec le reste de la légion. Et je mourrai avec l’idée que je me serai dressé contre notre père et toute cette démence. »


Ekos Torar minauda, son arme tourné vers le sol, ses deux mains reposant dessus.


« Peut-être bien. Une chose est sûre, tu vas mourir, cela est vrai. »


Tout à coup, le vox de son homologue crachota. Bazilleuck Eunam n’en montra rien, demeurant stoïque, immobile. Il retira son casque délicatement afin que tous puissent bien le voir une dernière fois. Un sourire se lisait sur son visage buriné. Un sourire qui perturba son ancien frère.


« Qu’est ce qui peut bien te faire rire en pareil instant? La mort s’impatiente-t-elle à ce point ?


« Il y a une chose de vrai que tu as dite, reprit-il ses mots. « Je vais mourir, ici, parmi vous, mes frères. Comme nous aurions dû tous mourir il y a déjà bien longtemps selon moi. »


Ekos Torar mit une seconde pour réaliser où voulait en venir son le Lieutenant-Commandeur.


« Que mijotes tu ? se rendit-il compte subitement en levant son propre marteau. « Qu’est-ce que tu as fait ? »


Il s’élança et se jeta sur Bazilleuck Eunam. Son coup de marteau l’envoya dans les bras de ses guerriers. Un autre l’expédia contre le châssis d’un de ces monstres imposants et surarmés de cinq mètres de haut. Celui-ci repoussa le lieutenant-commandeur.


Le sang coulait de ses lèvres, et il continuait pourtant de sourire. Une fois mis au sol, le Palatin de Fer se baissa et l’attrapa par le col de son armure.


« Je n’aime pas ce sourire. Dis-moi ce que tu trafiques ? »


D’un geste, il communiqua à ses troupes d’investiguer les alentours en quête de subterfuges potentiels.


« Je crois, mon frère, prononça Bazilleuck Eunam en écumant du sang, « qu’il est temps pour nous de rendre les armes, ne crois-tu pas ? »


Il lâcha son propre marteau, et la lance dont il ne s’était même pas servi. Une alarme retentit aussitôt derrière.


« Réacteurs principaux au point de rupture, prononçait une voix mécanique. « Destruction du vaisseau dans une minute et…


« Qu’espères-tu provoqué en faisant cela !? aboya l’autre par-dessus lui. « Je suis un loyal fils de Perturabo ! et mon destin ne saurait être compromis par toi, avorton. Mon destin est à ses côtés !


« Le temps de la légion est fini. Fais-toi une raison. Il attrapa son casque et frappa la tête Ekos Torar qui chancela. « Maitre Tubari, si vous m’entendez, maintenant ! »


 
Dans la nacelle avec laquelle avaient réussi à fuir le maitre magos et le reste de sa suite, non sans mal à travers les coursives de la barge de bataille dont il connaissait le schéma par cœur, il entendit l’ordre être émis.


Parvenu à bonne distance, le magos jeta un dernier coup d’œil par le hublot. Il entra une série de chiffres, une énième combinaison, laquelle enclencha la montée exponentielle des réacteurs.


En l’espace d’une seconde, la barge de bataille Fury of Iron et tous ceux à bord disparurent à jamais dans le maelstrom résultant.


Sa mission accomplie en hommage au Lieutenant –commandeur, une nouvelle commençait dès à présent. Mais pour cela, il lui fallait se rendre sur un autre vaisseau, en convint Tubari. Et balayant l’horizon, il savait qu’il en trouverait un.


Dernière édition par Nero le Ven 24 Sep 2021 - 20:10, édité 1 fois


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Sam 18 Sep 2021 - 19:31

XXIX

Un pas sur le côté. Frénésie et avidité. Admirer le travail.
 
Des cris, des pleurs, des hurlements et des tirs. Une cacophonie bienvenue, un mélange de sons savoureux aux oreilles de celui qui reprenait les rennes de son bâtiment.


Karss Zaltar avait traversé une partie de la barge de bataille pour se rendre ici, là où lui avait-on transmis, les combats étaient les plus âpres, les plus violents. Il avait vu dans sa progression les nombreux corps ennemis et alliés joncher le sol de son vaisseau. Cela le motiva davantage quant à sa confrontation prochaine avec ses adversaires.


Une fois qu’il eut passé le sas et qu’il eut pris à droite à la fourche, il observa le spectacle. Il n’était pas terminé, et le capitaine de la 18ème vit le dernier instant de gloire de son frère, le capitaine Frasen, avant de mourir de ce colossale guerrier de la IV par une mine.


Son épée dentelée glissa le long de son avant-bras et sa main serra fermement le manche. Son tour allait bientôt arriver.


Le guerrier de fer en finissait avec les combattants de la 107ème, mais même un guerrier aussi fort et intelligent savait qu’il fallait se replier. Cela aurait été plus intelligent en tout cas, jugea Karss Zaltar.


Une brume ambiante avait pris place en ces lieux, et ce depuis déjà un moment, avait noté le Night Lords. Elle ne facilitait en rien les combats, mais un guerrier de la VIII savait faire de son environnement un élément crucial dans la bataille. Surtout l’obscurité et les nuages de particules, de toxines.


Le guerrier en armure Terminator rebroussait chemin seul, les derniers combattants de la 107ème le harcelant. Karss Zaltar l’observa à l’œuvre. Il écartait aisément ses adversaires. Il se battait bien.


Or, quand il ne fut plus qu’à quelques pas du commandant Night Lords, le guerrier s’arrêta. Les autres en firent de même quand ils comprirent qui se tenait devant eux.


D’un signe de tête, le Dépeceur ordonna à ses guerriers de ne pas intervenir. Il ôta son casque à son tour, de sorte que l’autre puisse le voir aussi. Délicatement, lentement, atrocement long, il écarta les bras, et salua le guerrier de la IV.


Ce guerrier était fatigué, mais encore capable d’infliger bien des blessures. Et il avait envie de faire mal, de tuer pour assouvir une vengeance, personnelle peut-être ? ou pour tout le mal engendré à ses frères ? à la galaxie encore, qui savait ?


Il chargea donc, ses armes levées, et se rua sur le capitaine ennemi qui l’attendait.


Le Dépeceur n’eut qu’à s’écarter d’un pas sur le côté. Il frappa d’un coup ascendant de sa longue lame les bras du guerrier, lequel eut un hoquet de surprise. Son regard se figea alors à jamais lorsque le coup suivant, descendant celui-ci, fit rouler la tête du Terminator au sol.


Karss Zaltar renifla avec dédain, se retourna, et ses guerriers à sa suite, reprit la traque.


*
Ils étaient cette fois acculés par la masse d’ennemis qui se jetait sur eux depuis toutes les directions, ou presque. Ipanov Hoccard, le capitaine des survivants, découvrait pour la seconde fois le bâtiment adverse. Il connaissait les schémas des croiseurs et barges de bataille, et cela les aida grandement.


Lui et les siens se dirigeaient avec toute l’énergie qu’ils possédaient vers un accès non gardé à l’autre bout de la salle, pour l’instant encore, avec pour but de remonter les ponts.


Néanmoins, après être tous passés par l’entrée de fortune et qu’ils furent au moins au milieu de la vaste salle voutée - une autre que le Hall des Trépassés - les guerriers durent se frayer un chemin en slalomant bien souvent et en passant d’un couvert à un autre au travers des tirs ennemis.


Le cordon composé d’Iron Warrior et de loups traversait en courant la pièce richement ornementée, pourvue de multiples balcons d’où avaient pris position des escouades de soutien, lesquelles ne manquaient pas de leur faire savoir qu’elles étaient là.


On avait abandonné l’atmosphère chargée en particules présente dans les couloirs et sections précédentes. Tous dorénavant avaient revêtu leur heaume. Allié comme ennemi. Et il était temps.


Des tirs de canons laser et de bolters lourds créèrent des trous béants dans les murs et le sol. Pas un couvert n’était laissé au hasard. Les intrus ne devaient compter que sur leur génie et leur chance.


Les Night Lords se jetaient avec frénésie et avidité sur le contingent de la IV. Ils bondissaient tels des lions affamés sur leurs proies. Les combats au corps à corps étaient brutaux, d’une violence inouïe. Un frère de bataille tombait, emportant un combattant de la VIII avec lui. Un Night Lords répondait en abattant sa lame crochue et abattait un autre Iron Warrior.


A chaque seconde, à chaque mètre parcouru, un énième rescapé s’écroulait. Ipanov Hoccard fulminait. La haine distillait ses sens. Ils en étaient là. On était venus les chercher, ce qui témoignait du courage et de la ténacité exemplaire des guerriers de fer. Et pourtant, ils se retrouvaient une fois de plus traqués. Ils n’en auraient pour sûr, plus pour très longtemps à ce rythme, il le savait.


Les survivants arrivèrent au niveau du sas non défendu, peut être volontairement. Lorsqu’ils y parvinrent, un duo d’Iron Warrior à la dérive dans les méandres de la barge de bataille se présenta. Ils eurent à peine le temps de saluer leur supérieur, ravi de tomber sur des troupes alliées, qu’ils disparurent tous deux sous une avalanche de bolts, avant de finir calcinés par un lance-flammes.


Du sas émergea aussitôt de nouveaux ennemis, raillant leurs adversaires, dont tout espoir de sortir d’ici s’envolait. Ipanov Hoccard était persuadé que cela les réjouissait. La VIII devait prendre en cet instant un plaisir malsain de les voir errer et chercher une quelconque issue inexistante.


« Avec moi ! s’époumona le capitaine. « Reculons ! »


Des adversaires, il y en avait dans leur dos, sur leurs flancs droit et gauche. Et maintenant en face. Ces derniers, postés en groupes de combat, avançaient en masse, usant de tout l’espace autour d’eux pour mieux cerner leurs proies. Certains d’entre eux tombaient sous les coups de masses, ainsi que de lames, quand ce n’était pas dû aux bolts soigneusement logés dans leurs armures profanes.


Tout à coup, il y eut une charge de boucliers ennemie. Cette dernière n’épargna pas le frère à côté du capitaine. D’un coup de lame, celui-ci tomba à genoux, avant que la pointe ne traverse le poitrail. Danokall, tout proche, ayant assisté à la scène, joua des épaules et percuta de plein fouet l’assassin.  L’autre, pris au dépourvu dans cette mêlée rougeoyante, fut littéralement soulevé du sol et collé contre une colonne. Le War Hounds prit un malin plaisir lui aussi, et broya le gorgerin de son ennemi avant de le lâcher, inerte, et de passer au suivant.


Les lames et les bolters claquaient et crépitaient dans l’espace. Des étincelles apparaissaient aussi vite qu’elles disparaissaient. Des corps innombrables une fois encore jonchaient le sol dallé. En regardant autour de soi, on se demandait ce qu’il y avait finalement de plus macabre entre les fétiches ostentatoires des propriétaires à bord, et tous ces frères entrelacés à ses pieds ?


Ipanov Hoccard baissa la tête à temps, au moment où une masse s’écrasait contre un mur. Il expédia d’un coup d’épaule puis de botte son ennemi dans les bras de Craxus, lequel était en meilleure forme qu’en cellule, cela grâce à l’aide inestimable et inespérée de l’apothicaire Hebor.


Craxus, cet autre géant parmi eux en dehors de Brugwoll des Mentons Rouges et du Dépossédé, mit un terme à ce félon de trois bolter dans le casque.


Tandis que l’ennemi se ruait sur eux avec sauvagerie, le capitaine Iron Warrior leva la tête, et dut user de tout son savoir-faire pour éviter au mieux les tirs venus d’au-dessus.


Il voyait les trois loups de Fenris rendre coup pour coup à leurs anciens frères, hululant et crachant au visage des Night Lords en langue des Routs. L’un d’eux, ce devait être Kroma le Briseur, il n’en était pas bien sûr, prit appui sur un couvert et sauta sur un balcon. Dans un cri de rage, ce dernier s’arc-bouta à sa prise, et perpétra un massacre là-haut, il en était certain. Or, comme toute chose, rien n’était fait pour durer, et en l’espace de quelques secondes, deux silhouettes chutèrent et s’écrasèrent au milieu des combats, indistincts et confondus parmi les morts.
Ipanov Hoccard entendit quelques part les deux loups restant hurler de haine et de colère. Tous redoublèrent d’intensité dans leurs attaques.


C’est à cet instant précis qu’une alarme retentit, comme celle des baies d’embarquement lorsque les boucliers étaient levés et annonçaient la perte de gravité dans les hangars. Accompagné de ce son strident, un gyrophare tournoya, balayant la vaste pièce de ses faisceaux rouges.


Les Iron Warrior levèrent la tête. Au-dessus d’eux, une trappe s’ouvrait, révélant alors une lumière vive et chaude. Les cœurs s’emballèrent à nouveau avec l’espoir que cette issue serait la leur.


Hélas, comme ils le redoutaient tous, la lumière n’annonçait en rien leur exfiltration pour les ponts supérieurs, mais bien une nouvelle menace dont ils se seraient passés.


*
Karss Zaltar observait. Non, il commençait à admirer le travail. Son ex bras droit, Kyriss, lequel avait été réprimandé plus tôt, faisait un travail remarquable jusqu’ici, devait concéder le capitaine de la 18ème.
Le Dépeceur enjambait les gravats suite à l’explosion du mur par les intrus. Il marchait d’un pas ample, et contemplatif à souhait. Ses guerriers, ses nobles guerriers issus du monde sans soleil pour la majeure partie, progressaient à ses côtés, aussi fiers que s’ils s’étaient tenus aux côtés de leur père Hante la Nuit.


L’odeur de poudre, quand ce n’était pas celui du sang répandu, emplissait cette chambre, devenue un véritable piège pour leurs opposants. Le goût atteignit les lèvres et la langue de Karss Zaltar qui en fut enivré un bref instant.
Il bomba le torse, fit quelques moulinés de sa lame, et regarda les prisonniers et leurs sauveteurs faire machine arrière, tels des chiens égarés. Il ne les sous estimait pas, loin de là. Ils étaient des Astartes eux aussi, et il savait qu’un chien acculé, poussé dans ses retranchements, pouvait se montrer parfois plein de surprises. Ceci dit, il doutait sincèrement qu’avec d’aussi maigres ressources ils parviennent à quoi que ce soit.


Il s’avança au milieu de la fusillade explosive qui sévissait. Il leva la tête et observa les balcons en proie aux tirs de suppression des Iron Warrior. Il souriait. Que pouvaient bien espérer leurs adversaires de toute manière ? l’issue était connue d’avance.


Un guerrier de la IV, rebroussant chemin afin de trouver une issue, fut embroché par un frère déchu en armure de nuit. Le Night Lords murmura comme quelque chose à l’oreille du guerrier avant que ce dernier ne tombe.
Beaucoup de scènes similaires se répétaient dans la vaste salle. Beaucoup de duels dont l’issue fatale était connue elle aussi.


Karss Zaltar vit un loup de Fenris bondir pied en avant sur une colonnade brisée. Il y prit appui, et rugit comme le fier loup qu’il devait se prendre. Il brandit sa hache restante, et grâce à sa vitesse, malgré les blessures qui lui incombaient, parvint à s’accrocher à une des terrasses depuis lesquelles on les malmenait. Il rugit et en quelques mouvements peu harmonieux, fut sur ses adversaires. D’un coup de hache latéral, il rompit le Wyrd d’un de ses ennemis, la hache pourfendant l’armure de l’épaule à l’aine. Il évita les tirs de riposte du second tireur embusqué. Puis, il rugit une dernière fois avant de bondir sur ce dernier, l’emportant dans son élan. Tous deux passèrent par-dessus la balustrade et vinrent s’écraser près de huit mètres en dessous, les os et la tête brisés.


D’autres parmi eux tentèrent des attaques audacieuses, mais toutes se terminaient avec le même résultat.


Il vit Kyriss quelque part dans la poussière. Il parlait dans leur langue natale et invectivait ses troupes à terrasser leurs adversaires. Enfin, non pas ses troupes, mais les siennes. Ce dernier se prit à sourire à cette idée, et il laissa le lieutenant jouir de son statut momentané et de sa place de choix en cet instant. Après tout, pourquoi se salir les mains quand d’autres pouvaient remplir les besognes à votre place. Du moment qu’on lui laissait le chef de cette bande, cela lui allait.


Le lieutenant Night Lords brandit une épée. Il prononça quelque chose, et fondit sur les Iron Warrior qui les réceptionnèrent en hurlant à leur tour.  Le choc des lames et des armures était quelque chose d’agréable aux oreilles du capitaine de la 18ème.


Un guerrier de la VIII fut soulevé du sol par plus gros que lui, et vint se briser contre une colonne. Son adversaire le souleva d’une main, les pieds hors du sol. Il serra, encore et encore, jusqu’à ce que le cou se brise. Puis il passa au suivant.


Karss Zaltar grogna quelque chose. Il s’avança d’un pas. Il vit Kyriss, ou un de ses homologues, difficile d’être sûr au milieu de la mêlée, frapper de son bouclier un autre adversaire.


Soudain, alors que l’ennemi se regroupait au centre de la salle, une vive lueur rouge se manifesta. Karss Zaltar sourit de plus belle en sachant pertinemment ce qui arrivait.


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Message par Nero Jeu 7 Oct 2021 - 16:19

XXX

Récolter. Laisse-toi faire. Sourire de cette situation.


 
On peut dire ce que l’on veut de la VIII légion, mais il est cependant une chose qu’on ne peut leur retirer. Une chose pour laquelle elle est douée. Compétente. Une chose que tous ceux s’y étant frottés attesteraient. Cette chose se résume en un mot. Ou plutôt, en plusieurs mots pour n’en définir qu’un seul. La cruauté. La barbarie. Le sadisme. La perversion. La terreur.


A nul autre pareil, un guerrier de la VIII légion est un combattant émérite, doté d’une force d’égale mesure à celles de tous ses frères. Et pourtant, il émane toujours une chose qui leur est propre. Une chose qu’ils transportent avec eux comme leur ombre. Une chose connue de tous les frères des légions et des mortels les ayant ne serait-ce qu’entraperçus. Une chose difficilement descriptible quand on est mort.


Cette chose que les guerriers de cette légion distillent et vouent à leurs ennemis est un trait propre à leur personne. Comme encrée dans leur code génétique. C’est bien souvent par un aspect théâtral des choses elles-mêmes d’ailleurs, que les guerriers du Night Haunter affligent aux âmes mortels leurs tourments les plus sombres. Et quand elles ne sont plus, tout ce qu’il reste bien souvent quand ce ne sont pas des tronçons de corps, des macchabés écorchés vifs, éparpillés ou réunis, ce sont des visages. Des visages horriblement mutilés dont les traits et l’expression, quand ils sont encore visibles, sont les seules traces de cette chose que les Night Lords infligent.

La peur.


 
Pour ceux qui s’apprêtaient en cet instant à fondre sur leurs proies, sur ceux chez qui ils dissémineraient la peur au travers de la cruauté, la barbarie, le sadisme, la perversion et la terreur, on avait soigneusement et délicatement préparé ses lames, ses couteaux, et ses haches de combat. On avait pris le temps. Tout le temps nécessaire pour accomplir cet office.


En dessous de leur position, quelque vingt mètres plus bas, une bataille faisait rage. Des tirs, des hurlements et des explosions retentissaient dans tous les sens.


Fermement encrés avec leurs bottes limées en serres de vautours, l’unité de raptors du lieutenant Varphos attendait. Les guerriers pourvus de leurs paquetages dorsaux patientaient depuis un petit moment maintenant. Depuis suffisamment longtemps en tout cas pour entendre claquer les bolters ainsi que les chocs des lames sous l’énorme sas autour duquel ils étaient tous agglutinés.


Ils s’observaient, se jetaient des regards les uns les autres derrière leurs casques aux diodes rouges, parfois à la forme plus allongé. Ils étaient parés de serments de l’instant depuis bien longtemps illisibles, couverts de sang comme de crasse, quand ils n’étaient tout bonnement pas arrachés.


A leurs côtés se trouvait un monstre. Une machine de guerre toute faite d’adamantium, montée sur châssis. L’arme, bien plus grande qu’aucun de ceux présents, possédait une griffe surdimensionnée pour une machine de guerre tout aussi exubérante et ravageuse, tandis qu’un lance-missiles se trouvait sur l’autre bras. La machine était éveillée depuis un moment, mais ne disait mot. Tous savaient néanmoins qu’ils auraient eu tort d’imaginer cet engin inoffensif. Il émanait de cette arme redoutable une colère froide qui n’attendait qu’un ordre, qu’un moment bien précis pour ouvrir les yeux et se mettre en branle.


Les combats redoublaient d’intensité sous leurs pieds. Le rugissement des lames tronçonneuses raclant et creusant dans les armures puis les chaires et enfin les os étaient une sensation qui mettait les raptors hors d’eux.
Beaucoup commençaient à s’impatienter. Beaucoup craignaient de ne pouvoir rejoindre les combats à temps et prélever leurs tributs avant que le dernier ennemi ne soit mort.


« Calme, mes frères. Calme. Bientôt, vous verrez, articula le lieutenant Varphos lui-même parcouru de spasmes à cause de l’adrénaline. »


Il tourna la tête pour observer ses frères. Il distingua son sergent, Vorash, glousser et gratter les plaques du pont à l’aide de sa griffe sur une main. Ici dans l’obscurité la plus totale, leur élément à tous, Varphos imaginait les pensées de ses frères. Il se demandait quel tribut chacun d’eux pensait récolter. Quel trophée ils arboreraient prochainement.


Ce n’est pas tant qu’on cherchait à savoir qui rapporterait le plus beau trophée, mais au sein de la VIII, il était monnaie courante que de s’afficher de manière ostentatoire. Cette même raison poussait de fait chaque guerrier à se surmener pour montrer clairement aux yeux de ses pairs qu’il était un guerrier de valeur, émérite.


Or, comme bien souvent chez les Night Lords, on s’affrontait très vite pour peu de chose. Un regard comme un mot déplacé, quand ce n’était pas une parure au goût de son voisin.


Une lumière rouge s’enclencha soudain, accompagnée d’une alarme résonnant dans l’espace autour d’eux.


Ça y est, ça commençait. Les raptors enclenchèrent leurs paquetages dorsaux, ainsi que leurs armes de poing. Le Dreadnought se réveilla également, suspendu à des chaines énormes afin de le treuiller jusqu’en bas sans heurt. Ses deux bras remuèrent et s’activèrent. La griffe se ferma en un poing destructeur puis s’ouvrit de nouveau dans un éclat métallique.


« Très bien, mes frères, c’est le moment. Que chacun fasse ce qu’il sait faire de mieux ! rugit-il derrière son heaume. « Massacrez ! Mutilez ! Dévorez ! Récoltez ! »


L’instant d’après, le lieutenant se laissait tomber en avant comme un œuf, ses guerriers à sa suite, tout autour du géant d’adamantium. Le son produit par leurs paquetages dorsaux annonçait la fureur de leur attaque.


*
 
« A couvert, frères ! exhorta Ipanov Hoccard à l’attention de ses guerriers. »


Au-dessus d’eux, le bruit des turbines des réacteurs dorsaux emplit subitement l’air, lorsque des dizaines de guerriers ennemis se laissèrent tout bonnement tomber du plafond.


A travers la myriade de tirs croisés, la fumée ainsi que les explosions, il devenait difficile de discerner les choses clairement. L’atmosphère tamisée de la salle rendait d’ailleurs la tâche encore moins aisée.


« Qu’ils viennent ! qu’ils viennent ! hurlait Brugwoll des Mentons Rouges à l’attention de ce nouvel adversaire tombé du ciel. Sa hache de combat brandit en l’air, son autre main tapant contre son plastron, le Space Wolf se tenait sur un tronçon de colonnade effondrée à aboyer et rugir plus que de vraiment articuler. « Je montrerais à ces chiens galeux ce qu’il en coute de tuer un frère des Routs ! »


Un missile passa entre le guerrier et ses camarades autour, avant de venir exploser contre un buste de créature impie plus en hauteur, faisant voler cette dernière en éclats. Au même moment, le vrombissement terrible des paquetages dorsaux se fit plus intense à mesure que les Night Lords se rapprochaient. L’un d’eux, couinant et fusant droit sur le groupe en contre bas, percuta Brugwoll, ses bottes s’enfonçant profondément dans son armure d’hiver. Le guerrier de la VI encaissa le coup, mais perdit l’équilibre et partit en arrière, emportant le félon avec lui dans un corps à corps sauvage.


D’autres de ces mutins de la VIII s’en prirent ainsi à leurs anciens frères, tombant dans leur dos, seul, ou à plusieurs parfois, ne laissant aucune chance aux malheureux.


Les combats viraient au cauchemar, au sens figuré évidemment, pensait Ipanov, bien qu’il se demanda un instant si ce n’était pas justement ce que cherchaient à inspirer les combattants de la VIII.


Plusieurs de ses frères gisaient au sol, des guerriers dont on ne chanterait jamais les exploits. Des guerriers à qui on ne penserait jamais si l’on ne sortait pas d’ici vivant, même un seul d’entre eux. Mais pire dans tout ça, songeait Ipanov tout en tirant sur des cibles mouvantes vêtues d’armures de nuit derrière le voile de poussière, c’était qu’il ne connaissait pas le nom de ces frères tombés et venus les secourir lui et les siens. Il ne restait autour de lui, à portée d’identification visuelle en tout cas, plus que ceux dont il possédait les noms sur la langue.


Frère Brazipov se rua sur le raptor qui avait chuté sur Brugwoll. Il tenta de l’attraper, quand un autre Night Lord l’embrocha à son tour par derrière.


Brugwoll roulait au sol avec son adversaire dans un sens puis dans l’autre.


« Laisse-moi faire ! laisse-toi faire ! roucoulait frénétiquement le raptor derrière sa visière d’un air de psychopathe. « Ce sera rapide, promis ! »


Ils roulèrent de plus belle, lorsque le Space Wolve lui expédia un crochet, avant de lui arracher son casque.


« Tu ne représentes pas une menace pour moi, immonde créature ! explosa de colère le guerrier de Fenris. »


A ce moment précis, le meneur raptor, puisqu’il fut identifié comme tel malgré la profanation et la dégradation de son armure de bataille, fut soulevé du sol par la force colossale du guerrier entre ses bras, puis projeté en arrière. Hurlant de rage, le raptor se remit sur ses pieds et chargea à nouveau.


Le Space Wolve eut tout juste le temps de se saisir d’un bolter au sol près de lui et de presser la détente. Le tir traversa la visière et ressortit par l’arrière du casque. Le guerrier s’effondra de tout son poids dans sa course, à deux pas de Brugwoll. Affalé sur le dos, le guerrier avait une expression presque comique, niaise, avec ses gros yeux ronds.


Le temps ralentit considérablement pour lui le temps d’une seconde. Tout n’avait plus de sens. Même son appétit insatiable pour la guerre, la tuerie, en prenait un coup. Il voyait tous ces frères s’affronter et s’entre tuer. Il voyait des alliés et des ennemis tomber. Il voyait rouge. Le rouge du sang artériel entre ses mains gantées. Il voyait…


Une main le saisit subitement, puis une autre, avant qu’il ne réalise que la seconde écoulée avait permise à quelque chose d’affreusement perverti de descendre du pont au-dessus pour s’en prendre à eux.


Quand il réalisa le danger, Brugwoll était sur ses pieds à nouveau, à l’abri derrière un couvert. A sa gauche, Tormas Perce Œil, son dernier frère de meute, se tenait là à reprendre son souffle l’espace d’un instant avant de repartir de plus belle. Sur sa droite, Capone Zuvar, un lieutenant de ce capitaine qu’il était venu sauver. Entre ses mains, une hache de combat et un bolter. Il n’y réfléchit pas à deux fois.


*


Les cadavres s’agglutinaient. Les Night Lors prenait un plaisir malsain à surgir de toutes parts dans cette brume de poussière. Ils criaient et hurlaient, vociférant des insanités à leurs adversaires.


Les guerriers aux boucliers de Kyriss et Salatar Holl rendaient la vie dure aux guerriers d’en face. Le sol glissait du sang riche des défunts. Les coups pleuvaient autant que les insultes. Un grand guerrier, plus grand en tout cas que ses semblables, donnait lui aussi du fil à retordre aux Night Lords. C’était le même qui envoyait dans les airs voler leurs frères.


Kyriss le vit. Il s’arrangea pour s’approcher le mieux possible sans se faire remarquer ni même toucher par l’ennemi. Il passa derrière ses frères en formation, poussant et grognant sous l’effort. Un guerrier de la XII leur en faisait voir également. Kyriss se faufila entre d’autres de ses frères, puis observa un instant. Sa proie était là. Juste à trois mètres de lui. Le guerrier martelait de coups de poing un membre de sa compagnie, la malchance ou la témérité ayant eu raison de lui.


Soudain furieux, le lieutenant Night Lords vit son homologue de frère Salatar Holl passer sa lame dans l’armure du guerrier. Ce dernier grogna. Salatar Holl le frappa de la botte, l’envoya s’écraser au sol sur plusieurs cadavres. Il souriait. Ô que oui Kyriss savait son frère sourire de cette situation. Son frère allait passait au fil de l’épée une proie importante et en faire son trophée. Il ne pouvait laisser cela advenir. C’en était hors de question. Kyriss inspira et chargea alors, poussant ses frères au passage. Il brandit sa propre lame et se mit à hurler de haine à l’encontre de son homologue, faisant même fi des tirs dirigés dans sa direction.


Hélas, au moment où le coup allait s’abattre, c’était déjà trop tard. Salatar Holl décapita son adversaire d’un geste fluide. Exultant, le guerrier récupéra la tête au sol et sourit, comme Kyriss s’y était attendu. Mais ce sourire ne dura pas. Par chance, le lieutenant Salatar Holl disparut la seconde suivante dans une brume écarlate. Le bras tenant la tête du défunt Iron Warrior tomba au sol, avant que la tête ne soit pulvérisée par plusieurs bolt à bout portant par le capitaine de la IV.


Kyriss serra les dents et se jeta littéralement derrière un couvert, tandis que le capitaine ennemi dirigeait sa colère contre lui et ses frères.


Deux guerriers en armure de fer vinrent récupérer le corps sans tête de leur défunt frère, alors que le meneur adverse les couvrait.


Kyriss tourna la tête un instant depuis là où il se terrait, tandis que des tirs ricochaient près de lui. Il observa le théâtre d’opération d’un rapide coup d’œil. Le nombre d’ennemis se réduisait à vue d’œil. Une poignée, tout au plus. C’en serait vite fini.


Alors même que cette pensée se formulait dans son esprit, ce guerrier à l’armure bleue et blanc maculée de sang repoussa en arrière trois de ses frères. Il hurlait et chacun de ses coups creusait des sillons dans les armures. Du sang coulait à foison. Un frère tomba, le torse presque ouvert en deux. Un autre perdit une jambe à hauteur de la cuisse, avant de finir sans tête. Et le dernier avait encore un avenir incertain.


Kyriss à cet instant ne savait plus trop s’il fallait rire ou considérer cet élément comme une menace prioritaire. Car si rien n’était fait, ce n’était pas des guerriers de fer dont il allait falloir se soucier, mais bien de cet individu.


Dès lors, Kyriss planifiait la mise à mort de ce guerrier singulier. Il échafaudait en cet instant la manière et le moment où ils se rencontreraient et quand il lui ôterait la tête des épaules. Or, un rapide coup d’œil à son propre capitaine plus en retrait des combats, à observer la bataille, lui rappela qu’il avait un autre compte à régler.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 2 Nov 2021 - 16:19

Salut à tous!  De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 1f600  voilà, on approche de la fin. Ceci est l'avant dernier chapitre avant l'épilogue. Bonne lecture.


XXXI


Machine infernale. Tout sourire disparu. Quelques secondes d’avance.


Le pistolet bolter dans la main d’Ipanov Hoccard fumait encore quand sa cible tomba net au sol, son visage méconnaissable. Les dents crispées, le capitaine Iron Warrior fit un quart de tour et vit l’ennemi gagner du terrain, sans surprise. Il voyait ses hommes tomber et l’ennemi leur passer dessus. Il contemplait le désastre auquel il assistait. La violence de cet affrontement, celle dont était capable l’Astartes.


Il se baissa presque instinctivement quand il perçut le trait d’un missile filer sur sa droite. En se redressant, il vit la machine de guerre tombée du ciel émettre par sa grille faciale, afin d’indiquer sa venue. Un grognement lourd, empli de menaces. Elle se trouvait au milieu de la mêlée, perpétrant déjà un carnage.


Frère Attix qui se démenait depuis le début des combats avec son seul membre valide, esquivait les moulinets adroitement orchestrés d’un guerrier de la nuit. L’instant suivant, le Night Lords disparut dans une brume écarlate et d’escarbilles d’os, lorsque la machine de guerre bipède l’envoya voler contre une colonne. Attix leva son pistolet bolter et hurla son défi à la machine plus si divine que ça.


L’Iron Warrior fut attrapé par la griffe surdimensionnée de la machine infernale, broyé par sa poigne d’adamantium, et violemment malmené au point qu’il ne resta plus un signe de vie du valeureux guerrier quand son corps rejoignit les cadavres.


Ipanov Hoccard enrageait. Etait-ce ainsi que lui et les siens allaient parvenir à avertir l’Empereur de cet ignoble trahison ? il avait su très tôt que ce serait un aller simple. Il avait seulement espéré qu’au moins l’un d’entre eux survive suffisamment longtemps pour accomplir ce devoir vital.


Tandis que la mince ligne de combattants sous ses ordres - digne des exploits des plus nobles défenseurs de l’antique Terre - tenait en respect l’ennemi, une idée lui vint. Il s’orientait facilement à bord des vaisseaux, et celui-ci n’était pas une exception.


Pour atteindre la passerelle, il savait comment se ménager un accès et s’y rendre en force à travers les ponts et les coursives.


Peut-être le Dreadnought l’avait-il vu songeur, peut-être pas. Quoi qu’il en soit, il chargea Ipanov en grognant une nouvelle fois. Et Ipanov ne put que courir dans la direction qu’il avait choisie pour leur retraite.


*


Une bande de guerriers aux visages peinturlurés se présenta devant Danokall qui retirait ses deux haches d’un défunt combattant. Haletant, le dépossédé leva les yeux vers les trois Night Lords qui se tenaient face à lui.


Il cracha un flegme de sang à ses pieds. Autour de lui, les frères hurlaient et s’entre déchiraient. Les bolts sifflaient également, mais le guerrier de la XII n’en avait cure, il était dans son élément.


Sans plus attendre, le premier passa à l’acte. Danokall le réceptionna en se baissant et sectionna une jambe avant que la tête n’y passe. Le second s’élança à son tour et ses armes furent bloquées par une seule hache levée. Le guerrier singulier sourit, et de son autre hache commença à entamer l’armure du combattant par des coups latéraux. A chaque fois la hache s’enfonçait plus profondément, faisant jaillir des torrents d’hémoglobine. Le guerrier de la nuit hurla et jura. Il releva ses armes de poing, mais ne put rien faire quand Danokall vint coller son visage au sien et lui arracha le nez de ses dents.


Le guerrier de la XII recracha le morceau de chair, et fit voler la tête du guerrier d’un simple coup de hache. Il jubilait. Du sang coulait de sa bouche. Son armure elle, en était tout autant maculée.


Le dernier Night Lords hésita. Soudain, une lame lui traversa le plastron, perforant le cœur principal. Un second coup perfora le deuxième cœur. Le guerrier tomba à genou, écumant du sang. Son assassin retira la lame et sourit à Danokall.


« Je t’ai observé, tu te bats bien. »


L’autre le toisait avec insignifiance.


« Je n’allais certainement pas laisser un de mes médiocres frères tenter l’impensable, pointa-il le cadavre au sol de sa lame.


« Je te méprise toi et toute ta portée de bâtards, prononça à voix haute Danokall. »


Quelqu’un le bouscula dans la mêlée, et il lui fendit le crâne.


« Sais-tu comment je me prénomme ? réclama le Night Lords.


« Pas la moindre idée, répondit-il en crachant à nouveau. Il joua des épaules, se préparant à ce nouvel affrontement. « Et je m’en contre fiche. »


Il rugit et chargea à son tour. Il percuta un guerrier s’interposant à nouveau et l’envoya valser sur plusieurs mètres. C’était un vrai colosse, une vraie brute faite de muscles et de fer.


Lorsque les haches s’abattirent sur le Night Lords, celui-ci n’était plus là. Danokall grogna. Il se retourna en frappant en même temps. Mais l’autre avait déjà disparu. Il se redressa et ne vit que le chaos ambiant. A deux mètres à peine de lui, des frères s’entre tuaient. Comment différencier son ennemi parmi cette vague bleue nuit ?
Un coup de lame le sortit de ses pensées, s’enfonçant dans sa cuisse. Il rugit et frappa de biais. Il ne toucha que de l’air.


« Sais-tu ce qui nous rend différents, quant à être des bourreaux, des mains exécutrices, ou des assassins, autant vous que nous ? le nargua le Night Lords depuis les ombres et le chaos ambiant. »


Danokall entendit le guerrier rire avec hilarité. Il n’était pas loin du tout.


« Non, j’ai mieux, poursuivit-il. « Quelle est la différence qui fait de nous des ennemis aujourd’hui, et celle qui faisait de nous des frères hier ? »


Le War Hounds répondit dans un murmure.


« L’ignorance visiblement. Mais contrairement à toi, je ne le suis pas, moi. »


Danokall inspira profondément. Son adversaire était rusé et rapide. Il avait le climat ambiant pour lui avec cette poussière, l’absence de vrai éclairage, ainsi que l’agencement de la pièce en tête. Il lui fallait se montrer plus malin.
Un second coup de lame le frappa dans le dos. Il se retourna et effaça le sourire d’un guerrier de la nuit qui n’était pas sa cible. C’en était trop. Il se fia à ses sens. Pendant un instant il écouta. Son métabolisme œuvrait en cet instant à assimiler les déplacements alentours. Rapides pour la plupart. Lents pour certains.


Alors il comprit. Son adversaire était là, juste là, à côté de lui et de tous les autres. Il souriait et riait, se pensant intouchable et inatteignable. Il l’entendit accélérer l’allure. Plus rapide à chaque foulée. Mais, tout s’estompa brutalement.


Le War Hounds lâcha une de ses haches et saisit au cou son adversaire, tout sourire disparu. Le voile de fumée pour lequel le Night Lords s’était pris retombait. Danokall souriait à présent. Il frappa de la tête le visage du guerrier, encore et encore. L’autre tentait de se défaire de la poigne incroyablement puissante de son adversaire.


Peut-être Kyriss avait-il visé trop haut ? jamais, non. Quelque chose ne s’était pas passé comme prévu, c’est tout, pensa -t-il. Son visage pâle était devenu peau rouge. Comment avait-il pu échouer ? se morfondait-il. Il devait trouver quelque chose, il le fallait s’il ne voulait pas mourir ici et maintenant. Il tira inopinément le poignard à son ceinturon, malgré la douleur. L’autre était tellement obnubilé par le massacre qu’il perpétrait à son encontre, qu’il ne le vit pas tirer son arme.


Kyriss était à bout de force. Il planta néanmoins le poignard dans son flanc avec le peu d’énergie qu’il lui restait. L’autre sortit de sa furie rouge, et hoqueta. Il lâcha aussitôt sa proie.


Avec de gros yeux, Danokall voyait arriver un guerrier immense dans son armure Terminator. Plus grand encore que lui. Il vit ce guerrier aider son frère au sol. Il voyait l’autre repousser son aide.


Quelqu’un ou quelque chose arriva vite sur sa gauche. Il savait que tout allait se terminer ici. Il pensa à sa fin, quand tout à coup, deux loups hululèrent à ses côtés, armes brandies. Tormas Perce Œil et Brugwoll des Mentons Rouges étaient là. Ses vrais frères de meute.


Peut-être que tout n’était pas encore jouer.


*


Dans sa course effrénée, Ipanov Hoccard voyait Capone Zuvar et les deux loups restants charger. Ils se jetaient dans les combats avec une fureur à faire détaler n’importe qui. Ils rejoignirent leurs frères sur la ligne et poussèrent d’un élan unanime le cordon adverse.  


Tout autour, les raptors sautaient et bondissait de leurs paquetages dorsaux, s’exfiltrant ainsi d’un combat pour s’accrocher à une colonne, ou tomber sur un balcon plus haut. Ces derniers évitaient de cette manière des fins mille fois méritées. Ce n’était pas pour rien qu’on les considérait comme des lâches bien des fois aussi. Or, ils agissaient de cette manière pour mieux revenir et tomber dans le dos de leurs adversaires. Tactiques de couards certes, mais qui avait néanmoins le mérite de parachever leur devoir. Tuer l’ennemi de toutes les manières possibles.


Cette analyse visuelle ne lui avait pris qu’une seconde à peine. Toutefois, il entendait derrière lui une menace se profiler. La machine infernale de la VIII se frayait un chemin jusqu’à lui, écartant quiconque osait se trouver sur son passage, entre lui et sa proie.


Le sas devant Ipanov Hoccard était bien sûr tenu de pieds fermes par une escouade tactique, laquelle ne le vit arriver qu’au dernier moment. Il bondit par-dessus un épais débris de colonne au sol, une explosion retentissant dans son dos, envoyant voler des morceaux de roche. Il retomba vite, et tout aussi vite il détacha une mine ventouse de son arsenal, dont ils avaient fini lui et les rescapés par faire un de leur jouet favori.


Les résidus de l’explosion retombaient à peine, que le Dreadnought se manifesta dans son sillage, le canon de son lance missile encore fumant.


Ipanov, pistolet bolter magnétiquement attaché à son armure, lança son fléau dans la grille faciale du premier infortuné devant lui. Au même instant, il se retourna et vit le monstre de métal sur lui, à quelques mètres.


C’était maintenant ou jamais.


« Tous sur ma position ! Nous convergeons vers les niveaux supérieurs ! »


Il n’eut pas besoin de se le faire répéter. Déjà la mince ligne de défenseurs lâchait prise avec l’ennemi. Dans un repli à peine organisé, ces derniers se couvraient mutuellement, gagnant ainsi la position du capitaine. A l’aide de signes de couverture, Capone Zuvar aidait les derniers d’entre eux à s’enfuir, parmi lesquels l’apothicaire Hébor, frère Harrix, les deux loups et Danokall claudicant, mettant en pièces plusieurs guerriers de la seule puissance de ses bras.
Dans ce même temps imparti, le Dreadnought hurla son défi au capitaine adverse, progressant à vive allure, une allure de charge.


Alors, la machine allait écraser Ipanov contre une cloison, ou contre d’autres de ses frères de la nuit, peu importait. Il n’en resterait strictement rien à part de la pulpe sanguinolente.  Les Night Lords voyait la fureur incarnée dans ce caisson d’adamantium. Certains s’écartèrent par prudence, d’autres, plus téméraires ou voulant jouir du spectacle, ne se rendirent compte de rien lorsqu’Ipanov Hoccard colla la mine ventouse sur le poitrail de la machine, avant qu’il n’effectue une roulade sur le côté. Le temps de manœuvrabilité de la machine était long et cela serait suffisant pour se mettre à l’abri pendant cette seconde inestimable.


La déflagration qui suivit l’explosion venait d’envoyer en charpie les guerriers de la nuit alentours, projetant ainsi des morceaux de roche, d’armures, et de chair, les uns aussi meurtriers qu’un boulet de canon, les autres aussi tranchants que du shrapnel.


Le Dreadnought s’éteignit dans un râle d’agonie. Ses câbles libéraient un liquide visqueux, quand ce n’était pas des arcs électriques. L’individu dans son sarcophage n’était plus.


Ipanov Hoccard releva la tête de son couvert de fortune. Il voyait le monstre bloquer de moitié le sas. Il sentit aussi quelqu’un le lever. C’était son bon ami et frère Faum Dravell. Il vit toute sa suite arriver en courant. Il vit Brugwoll et son frère écarter la carcasse de la machine infernale. L’arc de cercle formé autour des dépouilles tirait sans discontinuer, même si les munitions n’étaient pas illimitées.


Ils s’apprêtaient tous à passer le sas. Ils allaient le faire, quand le regard du capitaine accrocha au loin dans la mêlée son frère de compagnie, le lieutenant Capone Zuvar. Il tenait tête à toute une horde de la nuit. Il tira jusqu’à ce qu’il ne put plus tirer. Il trancha de sa lame tant que cela lui fut possible. Puis, il hurla sa colère et sa haine à ces engeances répugnantes qu’étaient les rebus du Night Haunter.


Quand le dernier rescapé franchit le sas, non sans assaillants à ses trousses, Varphos des raptors se laissa tomber d’un balcon sur sa proie à genoux, au milieu d’un cercle d’armures bleues nuit. La lame dentelée de Karss Zaltar traversa l’armure de fer du guerrier. La seconde suivante, tous firent un pas en arrière, et le lieutenant Varphos tomba sur le guerrier, puis lui décrocha la tête.


Capone Zuvar avait donné quelques secondes d’avance aux survivants.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Lun 29 Nov 2021 - 15:38

Salut à tous, voici le chapitre final de mon histoire avant l'épilogue. Bonne lecture  Smile


XXXII


Ascension de la passerelle. Un ordre à exécuter. Suivre les préceptes.
 
Space Marine, membres du clergé de Mars, et tout membre d’équipage confondu se trouvaient là. On provenait de toutes les directions avec un seul but. Les mortels avaient pour ordre de stopper l’ascension du groupe d’Astartes ennemi vers la passerelle. Or, la panique et le chaos avaient empli le cœur de ces derniers, et beaucoup d’entre eux butèrent évidement sur l’ordre donné. Là où certains préféraient discuter les ordres et se voir occire sur le champ, d’autres voyaient une libération à se jeter sur les Iron Warrior.


Nombre d’entre eux tombèrent alors, fauchés par leurs maitres, abrégeant ainsi leurs souffrances avant une vie entière promise à la servitude de psychopathes.


On courait vite au sein du groupe de rescapés. Les effigies grotesques et terrorisantes de créatures dressées un peu partout sur leur chemin leur rappelaient ô combien ils se trouvaient en un lieu profane, bien loin des idéaux et valeurs portés par l’Imperium ou le code Astartes lui-même.


Plus le groupe avançait, plus le sang coulait. Sur les murs d’abord, pour finir en petits torrents au sol au point de rendre ce dernier glissant. Les morts jonchaient les coursives conduisant à la passerelle. Les blessés eux, pour ceux qui le pouvaient, venaient s’adosser aux murs, et de leur souffle court, observaient dans leurs derniers instants le fracas des armes et des armures.
Ils voyaient ces guerriers, ces transhumains que l’Imperium et l’Empereur avaient créés, s’adonner au meilleur d’eux même. La tuerie. La boucherie. Le massacre. Les Night Lords ne faisaient pas exception, loin de là. Et ils ne firent pas de quartiers à leurs membres d’équipage quand ceux-là fuyaient.


Il arrivait néanmoins, ceci plus d’une fois, que dans leur ascension, le groupe de survivants enjoigne l’équipage à faire machine arrière, afin de se réfugier au stratagium. Peut-être concevait-on alors qu’il n’y avait pas que du mauvais chez tous les Astartes, ou qu’il y avait encore une chance, minime soit-elle, pour qu’ils s’en sortent.
Et puis il y avait ceux qui tenaient, fermement encrés dans leurs bottes et dans leur devoir envers la légion pour mourir dignement, pensaient-ils. Comme si leurs maitres en avaient seulement quelque chose à faire.


Des skitarris se manifestèrent à une intersection, et ce fut le sergent Timalt Verosen qui lâcha son dernier souffle sous les yeux de ses frères las. On ne prit pas même le temps de récupérer son patrimoine génétique. L’apothicaire Hébor était aussitôt emporté par ses frères. Tant pis si certains tombaient, du moment que la majorité atteignait l’objectif. Ils avaient l’habitude, eux de la IV. Eux les laissés pour compte, ceux que l’on envoyait faire le sale travail. Les oubliés des fronts lointains. On savait ce que c’était que de perdre un frère dans la boue et le sang. Alors ils poursuivirent leur route.


Dans leur dos, une nué de raptors courait et bondissait grâce à leurs réacteurs dorsaux. Le vrombissement de ces derniers faisant un bruit épouvantable en plus de la sirène d’alarme retentissant depuis le début de l’abordage.
Au milieu de cette vague bleue marine, un guerrier en armure Terminator marchait à pas ample. Il tenait une épée dentelée, capable de déchirer les armures et les chairs.


Ipanov Hoccard risqua un regard par-dessus son épaule. Il le reconnaissait. C’était ce capitaine ennemi, ce Karss Zaltar. Voilà qu’il venait enfin. Pour eux. Pour lui.


Non pas qu’il souhaitait se mesurer à lui, ce que le Night Lords espérait vivement, mais il savait qu’une fois sur la passerelle il pourrait commander à tout le vaisseau. Et il avait sa petite idée pour se défaire de la VIII.


« La passerelle est droit devant, mes frères ! s’époumonait Ipanov Hoccard. »


A ses côtés on frappait, on tirait et on tombait. Les Night Lords jaillissaient de toutes parts. Des cloisons dissimulées se révélaient soudainement et des guerriers tombaient sur le groupe de fuyards.


Les cris de panique et les hurlements issus d’une centaine de gorges confondues attaquaient les oreilles de tout le monde.


En face, à quelques dizaines de mètres, après une progression longue de plusieurs minutes dans le Twilight of Angels, on discernait enfin la passerelle. Et sans surprise, cette dernière était tenue par des escouades armées.


On fulminait parmi les survivants, mais on se surpassait aussi.


« Nous faisons bloc jusqu’au bout, frères ! hurlait le capitaine Iron Warrior. « Pour la IV ! pour tous les nobles combattants de Terra et de l’Imperium. »


Ses frères rugirent leur assentiment à ses côtés, et en une masse compacte de space marine de trois légions différentes, on baissa ses bolters au niveau du bassin telle une phalange, puis on ouvrit le feu.


Les guerriers en face tombèrent comme des quilles dans l’entrebâillement du sas du stratagium. Arrivé à vingt mètres, Tormas Perce Œil abandonna toute retenue, même son bolter, et se rua sur l’ennemi en rugissant. Il sauta sur le premier venu, et frappa de son poignard la lentille du casque du guerrier de la nuit. Il bondit sur le suivant tel un loup géant, trop rapide et brutale pour l’arrêter ou faire la différence. Il lui arracha son heaume et mordit profondément dans le cou. Mais il y avait du monde, et seul il fatigua. Il fut pris au dépourvu lorsqu’une lame le traversa par le flanc. Il cria de douleur et massacra son agresseur. Un autre lui planta sa dague de combat dans le dos. Un autre dans l’épaule. Encore un dans le ventre. Tormas Perce Œil, tout sanguinolent, demeura immobile, sa fourrure rougie de son sang comme de celui de ses adversaires. L’instant d’après, tous les Night Lords s’y donnèrent à cœur joie.


Voyant cela, Brugwoll redoubla d’énergie pour pourfendre chacun des assassins de son défunt frère de meute. Et il ne le fit pas seul. Danokall, blessé mais pas terrassé, lui porta assistance dans cette épreuve. Harrix et Hébor, côte à côte, s’entre aidaient mutuellement.


Harrix s’était fait un devoir et un point d’honneur depuis la confection de sa jambe bionique, à protéger leur dernier apothicaire et son ami. Sans parler du peu d’entre eux qu’il restait, et dont le matériel génétique de la compagnie reposée dans ses tubes et besaces à sa ceinture.


« Laissez les mortels ! aboyait Ipanov, « occupez-vous de nous trouver le point de Mandeville le plus proche. Direction Terra ! »


Hébor et Harrix se mirent à la tâche, rompant parfois le fil de quelques mortels insouciants venus tenter de les interrompre.


Le stratagium était vaste. Des centaines et des centaines de personnes œuvraient ici en cet instant. En dessous d’eux, un nombre incalculable de terrasses s’étendaient. Au-dessus et tout autour, un nombre tout aussi important de balcons et de stations. La plupart des serviteurs étaient reliaient à leur poste, et ne tournèrent même pas la tête pour voir de qui il s’agissait, ou ce qui pouvait bien se passer.


Le capitaine Iron Warrior, un des derniers à bientôt franchir le sas, voyait arriver la horde ennemie se dandinant, claudicant, se poussant ou se bagarrant pour avoir un morceau de choix une fois sur la passerelle. Il voyait Karss Zaltar progressait. Il n’était plus bien loin.


Quelque chose quelque part dans sa tête lui disait qu’il ne sortirait pas d’ici vivant. Que quelque chose comme un ultime affrontement était nécessaire avant que cette histoire ne se termine. Comme si par devoir ou honneur peut-être, il se devait de se confronter à cet impitoyable guerrier.


Quand son idée de mettre fin à tout ça lui revint subitement, il n’hésita pas un seul instant. Il poussa les derniers d’entre eux sur la passerelle, et brisa le panneau de commandes contre le mur. Les portes se fermèrent aussitôt, sectionnant littéralement en deux un raptor un peu trop téméraire.


On se retourna derrière le sas, frappant et hurlant d’incompréhension.


« Que fait-il ?! est-il devenu fou ? s’exclama Danokall reposant contre la cloison à côté du sas, et reprenant son souffle. »


Brugwoll frappa de sa hache contre le sas afin de l’ouvrir. Il pourrait y parvenir, peut-être, si seulement ils avaient eu tout le temps pour cela, et si ça n’avait pas été les portes blindées d’un stratagium.


« Hébor, prononça Ipanov par le biais du communicateur de son casque, dans les secondes qu’il lui restait. « Je vous donne l’ordre d’expurger ce vaisseau à compter de maintenant. Déclenchez le compte à rebours. Isoler seulement la salle des machines, des réacteurs, du champ de Geller, ainsi que de la passerelle. Vous devriez être en paix jusqu’à atteindre le système de Sol.


« Capitaine ! que dites-vous ! nous n’allons pas vous tuer pour nous permettre de nous en sortir ! nous survivons tous ou pas du tout.


« Ecoutez-moi ! il ne me reste plus que quelques instants. Je veux que vous fassiez cela pour moi. Pour nous tous. En ouvrant les sas extérieurs, tout l’air à l’intérieur du bâtiment exceptée les zones indiquées, sera expulsé dans le vide. Tous ceux qui ne se trouveront pas dans une des chambres protégées, mourront gelés. »


Plus rien. Des crépitements et des parasites.


« Ce que vous demandez capitaine


« …est un ordre à exécuter, frère apothicaire. Vous continuerez de vivre et de faire perdurer la vie. Vous sauverez notre compagnie. Et avec les autres, au nom de l’Empereur, vous les ramènerez sur Terra. »


Hébor allait répondre quelque chose, quand une voix se manifesta dans les hauts parleurs. Harrix qui n’avait pas lâcher du regard son frère, entendit aussi. Tous l’entendirent.


« Attention. Attention. Saut dans l’Immaterium imminent. Attention. Atten…


« Qu’est-ce que c’est que ça ?! s’emporta Harrix. Il tourna la tête vers un membre d’équipage. « Toi, qu’est-ce que ça veut dire ? nous n’avons pas encore choisi de destination !


« Une séquence a déjà été planifiée par le commandant, seigneur ! on ne peut pas revenir dessus. Ça nous prendrait bien trop de temps !


« Et nous n’en avons pas ! l’interrompit Harrix sur le point de lui écraser la tête.


« Je vous en supplie ! »


Hébor retint le geste de son frère. Il devait se résigner. Ils n’auraient jamais le temps de relancer une nouvelle séquence. Harrix partit en courant vers le sas ou Danokall et Brugwoll s’acharnaient dessus.


« Capitaine. Capitaine ? réitéra Hébor. Mais plus rien. « Très bien. Si c’est cela que vous voulez, dans ce cas j’honorerais votre mémoire avec ce dernier ordre. »


L’apothicaire entreprit avec l’aide de subordonnés de la passerelle, d’exécuter l’ordre du capitaine. Bien que tous les mortels survivants - réfugiés sur les terrasses et balcons - s’étaient regardés un instant, se demandant si cet ordre relevait d’un acte de folie ou purement désespéré, ils firent comme on leur disait.


De l’autre côté du sas, quelques secondes s’étaient écoulées, et Ipanov ne demeurait tout compte fait pas seul. Son bras droit de la 2nde compagnie se redressait parmi les cadavres. Visiblement Faum Dravell avait tenu à rendre gorge jusqu’au bout.


« Si tu avais cru me laisser comme ça, c’est un pari manqué. »


Le capitaine sourit. Il était heureux de combattre pour la dernière fois avec son ami, et de tomber à ses côtés.


Une voix émana en face d’eux, non pas celle des hauts parleurs au-dessus de leurs têtes, mais bel et bien celle du commandant adverse qui les apostrophait.


« J’ai comme l’impression que tout s’arrête là pour vous. C’est un aller simple. »


Les deux Iron Warrior se regardèrent et sourirent.


« Ces portes ne résisteront pas longtemps, vous savez, même après votre départ, mes frères. »


Toute la horde s’était arrêtée et attendait impatiemment et avec avidité qu’on leur donnât l’ordre de déchiqueter ces deux avortons souillant de leur simple présence leur vaisseau.


Mais pas pour le lieutenant Varphos qui ne put se contenir davantage. Il s’accroupit et enclencha son réacteur dorsal. Tel une fusée, il partit sur Faum Dravell qui percuta le sas derrière eux. Le raptor malmena l’Iron Warrior à coups de griffe et de lame. Il le défigura et creusa dans les chairs. Faum Dravell ne cria pas une seule fois. A la fin, il sortit une grenade à fragmentation et l’enfonça dans la grille faciale du casque de son adversaire.


« Tiens, mange ça, charognard ! »


L’autre fit de gros yeux derrière son heaume.


L’explosion envoya en l’air des morceaux d’armure et des membres en tous sens. Ipanov se situait assez loin pour subir quelque dégât que ce soit. Néanmoins la mort peu glorieuse de son ami l’atteignit terriblement. Il serra ses armes un peu plus.


« De toute évidence, aucun de nos frères ne mesurait vraiment le prix de la gloire. A n’en point douter. Ce sont des guerriers tels que nous qui façonnent la galaxie, déclarait Karss Zaltar. « Or, contrairement à toi, je dois être un peu égoïste. Je n’aime pas partager. Encore moins la gloire. Et depuis le début de toute cette opération, t’avoir rencontré est certainement la plus grande gloire qu’il m’ait été donnée d’atteindre un jour. Et ce jour est arrivé. »


Sa lame dentelée glissa le long de son avant-bras, et il entreprit d’avancer seul.


En parallèle, la voix dans les hauts parleurs continuait d’annoncer le saut imminent dans le Warp. Ce Karss Zaltar ne semblait pas le moins du monde intriguait par cette nouvelle, songeait Ipanov Hoccard.


« Tu te demandes sans doute où nous allons nous translater ? J’aimerais te dire que c’est un endroit terrible, où le sang est en train de couler et où les serments brûlent. Un lieu d’où sortira des cendres de ce bûcher nécessaire, quelque chose de nouveau. De grandiose. De divin ! »


Ipanov en avait assez entendu. Il s’élança et leva ses armes. L’autre y répondit en hurlant à pleine gorge. Ils croisèrent le fer, à nouveau, toujours dans des passes d’armes peu élégantes, avec pour assemblée, des morts et des assassins.


« Cela aura pris le temps qu’il faut, je l’avoue, mais le résultat est là. Nous nous retrouvons, et l’un de nous va mourir. 


« Ou peut-être bien tous les deux, répondit à cela Ipanov. »


Ils se battaient comme les deux fiers Astartes qu’ils étaient. Des guerriers qui, si leur légion respective n’avait pas fait défection à l’Imperium, aurait connu une gloire éternelle, qui sait.


« Attention. Attention. Saut Warp imminent, prononçait la voix sans discontinuer. »


Karss Zaltar souriait. Pourtant, curieusement presque, la seconde suivante son sourire disparut. Une alarme stridente, différente encore de la précédente, se répercuta dans le couloir et par extension dans toute la barge de bataille. Tous levèrent la tête.


« Purge du bâtiment lancée. Veillez à vous munir du matériel nécessaire en zone sans gravité. Veillez à être à l’abri lors de la purge. Je répète. Purge du bât… »


Cette fois, c’était au tour d’Ipanov Hoccard de sourire.


« Qu’as-tu fait !? s’envenima Karss Zaltar en révélant ses dents limées. »


Mais aucune réponse ne parvint aux oreilles de qui que ce soit, car subitement les cloisons furent expulsées de leur logement sous la pression. L’air disparut, aspirée par les conduites et recraché dans le vide. Très vite, tout le monde se retrouva emporté, aspiré, parfois sur de longs mètres, avant de se mettre à flotter dans le couloir.


Ceux qui eurent le temps de mettre leur casque survécurent un peu plus longtemps. Quant aux autres, c’était là la dernière chose à laquelle on s’était attendu. Mourir asphyxié et gelé dans son propre vaisseau.


Les Night Lords devinrent encore plus pâle qu’ils ne l’étaient. Les mains à leur cou, certains cherchaient de l’air inexistant. D’autres encore arrachaient le casque de leurs camarades dans une effusion de sang. Tout était bon en cet instant pour rappeler aux yeux de tous, quelle engeance la VIII était.


Ipanov, son casque à présent sur la tête, observait ce sombre spectacle de ses yeux lourds et fatigués. Il voyait ces animaux s’entre tuaient encore, même au bord de la mort. Il était satisfait d’être parvenu jusque-là. Il savait que ses frères défunts seraient fiers de ses exploits. Il repensait au commandant Bazilleuck Eunam qu’il n’aura plus jamais revu depuis le premier abordage. Il repensait à Céleste Rugor le centurion vétéran. Il pensait à Capone Zuvar et à Faum Dravell. Il pensait à tous les autres.


Bientôt il les rejoindrait. De ça il en était certain, car il n’en avait plus pour très longtemps.  Ses cœurs finiraient par s’arrêter. Son métabolisme transhumain était conçu pour résister à de tels extrêmes. Pas indéfiniment, mais un moment. Or, il n’y avait aucune chance qu’il s’en sorte. Le trajet Warp allait s’effectuer d’un instant à l’autre et il mourrait.


Tandis que les corps cessaient de remuer petit à petit, il observait Karss Zaltar cherchant à fuir dans cette pagaille. Ipanov ne chercha pas à lui courir après, et inversement, son adversaire avait plus important à faire que se préoccuper d’un futur cadavre.


Alors, sa mission accompli, Ipanov ferma les yeux en pensant à ses frères derrière le sas, à qui il donnait une chance de vivre et de poursuivre les combats.  Maintenant, il s’agissait d’attendre son heure.





 Le commandant du Twilight of Angels cherchait une échappatoire. Cependant, il n’alla pas très loin lorsqu’une silhouette se présenta face à lui dans l’obscurité perturbée par l’éclairage rougeoyant des lumiglobes. Plus petite, à la livrée de la VIII, elle tenait une dague de combat à la main.


« Kyriss ? prononça surpris Karss Zaltar derrière son casque. »


L’autre lui enfonça la lame dans son gorgerin et retira lentement la lame. Kyriss resta là un moment à regarder son supérieur s’étouffer dans son propre sang, et se vider. Il resta là le temps nécessaire afin de s’assurer de la mort de son commandant, des gouttes de sang perlant l’espace autour d’eux.


« J’aurai suivi vos préceptes jusqu’au bout, monseigneur. Il faut voir loin si on veut asseoir ses positions. »


Puis, quelques instants plus tard, le Twilight of Angels se translata.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 22 Déc 2021 - 14:22

EPILOGUE


Tuer nos frères. Ave Dominus Nox. Guerre Civile.



Quelques jours après les évènements survenus dans le système Halitho.



Le gel était omniprésent à l’extérieur du bâtiment, enrobant sa coque toute entière d’un film de givre prenant une couleur différente à chaque seconde. Le Warp, ce maelstrom d’une beauté saisissante avec ses couleurs fantasques y était bien sûr pour quelque chose.


Ce couloir extra dimensionnel, assuré par les astropathes, était le conduit le plus rapide pour se rendre d’un point à un autre. Et en cet instant, il assurait le transport du Twilight 
of Angels depuis la bataille d’Annilion jusqu’à sa destination prochaine.

Pour autant, bien que l’Immaterium fut la némésis des navigateurs et des mortels, le voyage n’avait pas été éprouvant dans ses débuts. Une chose fort appréciable après le cauchemar que l’équipage et les rescapés avaient vécu précédemment. Cependant, très vite on avait cherché à sortir du Warp pour définir une nouvelle séquence et une nouvelle destination. Malheureusement, ce dernier s’était rapidement agité lui aussi. Et capricieux comme il était, il avait décidé de les bloquer dans l’Immaterium, comme si les remous savaient pour la trahison du Maitre de Guerre, et tâchaient de le faire savoir à l’équipage.


On avait ramené l’éclairage au sein de la barge de bataille. Pas à une intensité aussi importante qu’au sein du standard des flottes impériales, mais suffisant néanmoins pour que les survivants trouvent cela acceptable. Et de surcroit, pour l’équipage qui lui baignait depuis sa naissance dans le noir, et pour qui l’acclimatation aurait été plus violente et plus longue.


On avait également pressurisé toutes les sections de ponts. On avait ordonné aux membres d’équipage demeurés en vie de se charger des morts innombrables qui avaient suivi la dépressurisation avant le saut Warp.


Les survivants, entre autre Harrix, Danokall et Brugwoll, avaient mis leur aide à contribution dans cette tâche pénible, notamment concernant les combattants Night Lords, prisonniers à jamais dans leurs armures de glace. Par moments, certains s’étaient réveillés, ou avaient attendu le moment propice que quelqu’un les réveille pour accomplir sa fatidique besogne. En vain. Une fois, le trio était même tombé sur un groupe entier qui avait su à temps se mettre à l’abri dans une chambre close. Ce fut l’acte de résistance et de pacification le plus ardu de leur trajet.


Puis, on avait disposé les cadavres dans les baies d’embarquement, prêts à être expulsés à leur retour dans l’espace-temps, ceci sans espoir aucun d’être récupérés.


Les Astartes avaient laissé les commandes à des mortels qui s’étaient résolus à accepter leur présence à bord, et leur autorité manifeste. L’équipage entier de facto. Et puis, ce n’était pas comme si on risquait de changer de cap dans l’immédiat, pensait-on.


Dans la morgue de la barge de bataille, Hébor se tenait immobile devant les corps sans vie de ses frères. Sur des tables alignées les unes aux autres, reposaient Craxus, Timalt Verosen, Capone Zuvar, ce qu’il restait d’identifiable de Faum Dravell, d’Attix, des deux loups, ainsi que de leur capitaine de compagnie Ipanov Hoccard.


L’apothicaire, dans un calme tout relatif si on occultait le bruit des machines non loin, avec un éclairage tamisé, récitait la litanie de fer les mains jointes. Tous avaient su dans cette périlleuse mission que bon nombre mourraient. Peut-être même sans qu’aucun d’entre eux n’en réchappe. Pourtant lui était là. Hébor regardait ses frères d’un œil vengeur et calme à la fois. Il était serein en cet instant, son esprit profondément enfoui dans ses souvenirs. Il puisait de la force dans ces derniers et dans le devoir qui les appelait dorénavant tous.


Transmettre la nouvelle à Terra.


Le calme ambiant fut aussitôt rompu par la sirène d’alarme que l’apothicaire ne souhaita pas reconnaitre pour ce qu’elle était.


« Frère apothicaire, entendit-il une voix l’appeler. »


Hébor inspira et se retourna face au sas.


« J’ai entendu Brugwoll. Je suis en route. »


Une fois que ce dernier eut remonté les sections de pont et rejoint la passerelle, il découvrit un remue-ménage qu’ils avaient quitté voilà plusieurs jours. Il y avait une telle effervescence, qu’Hébor peina à atteindre le trio de ses frères patientant près d’une console sans heurter un mortel.


« Quant est-il ? est-ce pour bientôt ? s’enquit Danokall.


« Je pense que ça ne saurait tarder, en effet, répondit à l’auditoire Harrix, les mains fermement accrochées à la balustrade devant eux. Il observait le manège en contre bas d’un œil attentif. Sa respiration était calme, maitrisée.


« Que pensez-vous que nous trouvions là-bas ? demanda Brugwoll.


« Un nouveau cimetière, au moins, répondit du tac au tac Danokall.


« Rappelez-moi le nom de ce système ? fit Hébor.


« Istvaan V, lui répondit Harrix. « Selon les sources du personnel de bord, le commandant Night Lords avait depuis leur arrivée à la station d’Annilion, ordonné que leur cap soit redirigé vers ce système en vue d’un regroupement des légions. Après, de là à s’attendre à un nouvel Istvaan III... »


Les autres approuvèrent ces dires. Brugwoll grogna quelque chose.


« Tu as raison, frère. Nous devrions nous attendre au pire. Et comme le pire est notre pain quotidien, nous serons prêts. 


« Sortie de l’Immaterium dans soixante secondes, messeigneurs, les avisa un membre de l’équipage. »


Ils arrivaient finalement plus vite qu’ils ne l’avaient imaginé. Tous se contentèrent d’inspirer profondément. La minute serait bien vite écoulée, et ils sauraient alors de quoi il retourne exactement.


« Quarante secondes, mes seigneurs ! articula le même homme. »


L’équipage tout entier se préparait à la translation. Ils s’assirent ou s’accrochèrent en vue du saut imminent. Les Astartes eux n’eurent qu’à fixer leurs bottes magnétiquement au sol pour s’assurer ne pas bouger.


« Vingt secondes ! »


Tous repensaient à ces jours passés. A Corona VI le monde garnison pour les uns, les joutes pour les autres, et Annilion pour tout le monde. Ceci dit, tous espéraient sauter à nouveau dans le Warp afin de se translater le plus vite possible sur Terra. Nul besoin de s’attarder sur place.


Alors, l’espace droit devant se rétrécit. Un siphon apparut, et les couleurs qui jouaient jusque-là autour du bâtiment disparurent pour ne laisser plus qu’une ligne droite. Le Twilight of Angels fut pris dans le puits, et l’instant d’après se matérialisa de l’autre côté.


Or, rien de ce côté-ci, pas même Annilion, ne les avait préparés à ce qu’ils virent en cet instant.


Le vaisseau était tombé en plein combat spatial d’une envergure qu’aucun de ceux présents à bord n’avait connu. Un champ de bataille titanesque où pas moins de neuf livrées des légions s’affrontaient pour la suprématie de l’espace.


Des tirs de macro-canon, de tourelles, d’obus et de plasma volaient en tous sens. Des escorteurs, des frégates, des destroyers, des croiseurs de ligne, des barges de bataille partaient en fumée à chaque instant et rejoignaient les épaves existantes.


Des boules de feu incandescentes passaient à côté du Twilight of Angels, certaines piquant vers l’orbite, d’autres ricochant sur d’autres bâtiments les faisant exploser à leur tour, où tout simplement errant au large de la planète en pleine ébullition.


La barge de bataille était secouée de tous côtés. Des appels à l’aide filtraient sur les hauts parleurs, tout aussi nombreux que les ordres donnés. Hébor abandonna sa position pour faire quelques pas. Il ne parvenait pas à concevoir une énormité pareille. Bien que rompu au combat, jamais de mémoire d’Astartes il n’avait, lui comme les autres, connu pareil chaos.


« Par l’Empereur, dit-il à voix basse.


« Par tous les Routs, nos frères sont donc tous devenus fous !


« Nous devrions réfléchir à nous joindre aux combats et assurer notre soutien à ceux de notre côté, les enjoignit Harrix.


« Tu as raison, aboya Danokall qui avait saisi ses deux haches de combat. « Nous devrions en tuer quelques-uns, peut-être cela leur rappellerait l’énormité de ce qu’ils accomplissent ici. »


Hébor fit encore quelques pas au milieu de la cohue qui régnait autour de lui. Des ordres étaient émis par les officiers et on demandait l’aval des Space marines. Or aucun des quatre guerriers présents ne fut en capacité de répondre quoi que ce soit.


Il distinguait au loin - et il était à peu près sûr que ses frères voyaient la même chose - les couleurs irréfutables de la IV en pleine action. Toute la flotte devait être présente, pensa-t-il. Il vit même émerger de la mêlée un magnifique et terrifiant bâtiment de classe Gloriana. Ce dernier passait au travers de proies blessés, sortant des flammes tel un dieu vengeur.


Il n’y avait plus de doute. Le Primarch, son Primarch Perturabo était là, et avec lui l’Iron Blood.


« Ainsi donc nos frères de légion révèlent en ce lieu et en ce jour leur vrai visage, prononça-t-il à voix basse plus pour lui-même que pour son auditoire. »


Tout à coup on communiqua à l’apothicaire qu’on cherchait à les joindre. Sans surprise, leur apparition avait été aperçue.


« Salutations frères, les interpela un guerrier dont la voix était perçante et désagréable. « Vous tombez à point nommé pour la récolte. Il y en aura bien assez pour nous tous. Suivez la trajectoire du Night Fall. Notre Seigneur aimé de tous, Night Haunter, est déjà en surface avec la légion. Tout comme ses frères. Votre contribution sera dument notée. »


Le canal se rompit.


« Est-ce que vous avez entendu la même chose que moi ? demanda Harrix.


« C’est le marquage du vaisseau, répondit Brugwoll. « Nous sommes de la VIII légion.


« Ils nous ordonnent de prendre part aux combats et de tuer nos frères !


« Et nous n’y participerons pas, statua d’une voix ferme l’apothicaire sous les yeux paniqués de l’équipage du monde sans soleil. « Nous avons notre propre mission. Et rien ne saurait l’ébranler.


« C’est bien beau tout ça, grogna Danokall, « mais je vous signale à tous que nous sommes au beau milieu d’un champ de bataille et que notre fuite serait vue comme de la couardise. Je ne donne pas cher de notre peau.


« Nous allons suivre la mission, le dévisagea H
ébor revenu à leur hauteur. « C’est clair pour tout le monde ? déclara-t-il pour tout le stratagium.


« Mon frère, dit Harrix, « qu’est-ce qui nous assure qu’en rentrant nous ne serons pas anéantis sur place, ou encore mis aux fer ? »

Son frère de légion ne répondit rien. Bien sûr que c’était un risque à courir.


« Et puis, poursuivit-il, « je pense que Terra est déjà au courant de la trahison du Maitre de Guerre. Sinon pourquoi autant de légions réunies dans ce bourbier ? Ce doit être en réponse d’Istvaan III. Quelqu’un est sans doute déjà parvenu à atteindre Terra. »


Harrix visait juste à nouveau. Peut-être le destin les avait-il conduits ici, tout comme leur sort était-il de périr en ce lieu. Ils avaient envoyé un communiqué dans l’espoir qu’il atteindrait Terra avant eux. Le serait-il seulement avant leur funeste fin ? Hébor fit rapidement le tour de la question. Lui-même savait au fond que son devoir en tant qu’Astartes n’était pas la fuite, mais bel et bien la poursuite des combats. S’il pouvait faire la différence, même à un seul vaisseau, et pas des moindres, il devait le faire. Pour l’honneur de feu la légion. Pour leurs morts. Pour les morts tout autour.


Il allait donner ses instructions, lorsque tout à coup la barge de bataille fut ébranlée par plusieurs tirs, éclipsant les boucliers d’un trait. Des cris de panique survinrent.


« Impacts localisés sur tribord ! hurla un membre d’équipage. « La X nous attaque. Une barge de bataille et six croiseurs ! »


Un canal fut forcé, laissant entrer une voix de baryton.


« Ignobles pourceaux ! votre lâcheté n’a d’égale que votre soif de sang ! par Monseigneur Ferrus et au nom de l’Empereur, je réponds en ce jour de cette infamie par votre destruction ! »


Alors, avant même qu’on ne prononça un mot, et tandis que le sort des loyalistes s’écrivait sur le champ de bataille, un vaisseau et quatre frères de plus disparurent dans l’indifférence la plus totale.



*


Autour de lui le monde tremblait. Il était secoué comme un prunier. Des bruits sourds et des explosions claquaient autour de sa capsule. D’une simple séquence, l’individu avait orchestré sa descente aux enfers. Il souriait en entendant le conglomérat de voix s’entre mêlant les unes les autres à travers son casque et son module par extension.


Bientôt il serait en surface. Bientôt il sortirait de sa léthargie, et se joindrait au massacre.


Kyriss ouvrit les yeux.


« Ave Dominus Nox. »



*


Quelque part à bord d’une frégate remis en état et dont on avait judicieusement et astucieusement changé la dénomination, le Magos Tubari et sa suite rentraient. Ils retournaient enfin à leur foyer. Au berceau qui les avait vu naitre.


Mars.


La planète rouge se profilait droit devant. Le vaisseau décéléra à la venue d’une patrouille, et quelle ne fut pas la surprise de Maitre Tubari quand il constata le blocus impérial autour de sa planète mère.


Il fit courir ses doigts mécaniques sur le lutrin devant lui. Sa gaité manifeste à l’idée de rentrer se transformait soudainement en humeur maussade, désagréable. Depuis son poste, au-dessus de lui, plusieurs écrans relayaient en binaire les évènements écoulés ces derniers jours et ceux se déroulant en ce moment même.


Il prit un soin tout particulier de lire chaque bribe défilant sous ses augmétiques.


Il se redressa d’un bond, furieux.


++ Cela ne se peut, ++ émit-il, ++ les forges se retournent les unes contre les autres. Un code corrompu s’est répondu sur Mars et infeste le réseau tout entier ! ++


Mars était tombée entre les mains des traitres. Son seigneur et maitre Kelbor-Hal avait tiré la hache de guerre selon les ordres et promesses d’Horus Lupercal, le Maitre de Guerre. La guerre civile était aux portes de Terra.


Des vaisseaux de guildes marchandes, du Mechanicum demeuré loyal envers l’Empereur, des vaisseaux qui jusque-là faisaient commerce sur la planète rouge fuyaient ce théâtre de guerre. Par centaines il voyait au loin les vaisseaux quitter l’orbite martienne.


Tubari fulmina et lâcha en binaire quelques grossièretés.


Le canal s’ouvrit alors, laissant un membre de la flotte d’escorteurs en face d’eux s’exprimer.


« Je suis le Premier Capitaine Sigismund de la légion des Impérial Fist. Déclinez votre identité et votre allégeance. Nous avons nos canons prêts à faire feu. »


Mon identité, mon allégeance, répéta Tubari en boucle dans sa tête. Quelle énormité ! que faire, mentir ou dire la vérité ? J’ai toutes les chances de disparaitre et de perdre tout ce que je ramène.


Il se plia néanmoins aux exigences du Premier Capitaine.


« Je suis le Maitre Magos Tubari, anciennement rattaché à la IV légion. Je viens de loin et apporte de source sûre la trahison du Primarch Horus Lupercal. »


Un silence pesant s’installa avant que le premier capitaine ne réplique, une once de tristesse dans sa manière abrupte de répondre, peut-être ? Il faut dire que c’était une nouvelle des plus alarmantes, et même le mot était faible pour quelqu’un comme lui, pour qui les vœux et serments de loyauté entre frères représentaient tout, pensa le Magos.


« Alors vous avez fait le déplacement pour rien. Cela fait des semaines que Terra est au courant. Beaucoup de légions sont parties pour Istvaan V en découdre. »


Il y eut un autre blanc. De ce que Tubari lisait en gros sur ses écrans, il savait qu’il n’apprenait rien à son interlocuteur. Mais se pouvait-il qu’il ignore l’allégeance des autres légions envoyées à Istvaan V ?


« Mars est en proie à la guerre civile. Le schisme a divisé ses seigneurs. Nous nous rendons en surface afin de reprendre les forges. Votre soutien ne serait pas de refus.


« Pardonnez-moi, seigneur Sigismund, mais j’ai en ma possession des informations importantes qui ne sauraient souffrir d’aucun contre temps.


« Et moi je vous dis que vous allez venir avec nous. Donnez-moi ces informations sur le champ, Magos. »


La maitre Tubari hésita un instant. Etait-ce à cause de tout ce qu’il avait vu ? De cette obsession nouvelle à briser ses vœux envers l’Empereur chez chacun de ses enfants ? Etait-ce cela qui le faisait hésiter, et qui irritait en même temps son interlocuteur dont la patience était grandement éprouvée ces dernières semaines ? se pouvait-il d’ailleurs que cet Imperial Fist fût lui aussi un dissident dissimulé ? Le Magos s’était remis à jouer de son cliquetis sur son lutrin. Après quelques instants, il formula ce qu’il jugea bon de dire.


« Je pense que vous ne savez pas tout. Je sais que la VIII et la IV légions œuvrent avec Horus Lupercal. Si ce que vous venez de me dire est vrai, alors vous avez envoyé à la mort nombre de vos frères. »


Cette fois, ce fut au tour de l’Imperial Fist de demeurer silencieux. Sans doute le temps de digérer les paroles du Magos. Ou cherchant quoi répondre.


« Si ce que vous dites est vrai, alors je vous enjoints, sous bonne escorte, à rejoindre Terra au plus vite. Vous devez voir le Sigillite et mon Primarch Rogal Dorn. Vous devez leur dire tout ce que vous savez. Mais ne vous avisez surtout pas d’avoir menti. Nous le saurions très vite. Préparez-vous à être abordés. Une escouade va vous rejoindre et faire chemin avec vous.


« Qu’il en soit ainsi, maugréa Tubari qui se rassit mollement.


« En ce qui me concerne, ajouta le premier capitaine, « je ne sais plus quoi croire. Mais ma mission m’enjoint de sécuriser Mars. Et comme vous le dites vous-même, elle ne saurait souffrir d’aucun retard. Avec ma bénédiction, je vous souhaite de faire bonne route, Magos. »


La liaison se coupa, et la frégate se mit alors en route pour Terra sous des auspices bien sombres.









***






Voilà, voici la fin de mon épopée, et de la leur. Je suis ravie d'avoir terminé cette histoire qui me tenait à cœur, trouvant toute sa place au sein de l'Hérésie d'Horus, notamment dans ses débuts que je trouve les plus durs, les plus horribles. Ce schisme naissant disons. J'en remercie évidemment les auteurs pour leurs nombreuses œuvres qui m'ont influencées et sur toutes les autres influences et connaissances connues à ce jour.
J'espère pour ceux qui suivent, s'il y en a, que vous aurait pris autant de plaisir à lire que moi à écrire. En ce qui me concerne elle m'a tenue en haleine tout le long. Ca n'aura pas été si simple de décider d'une telle fin, même si dans le fond je savais celle-ci concorder. L'histoire se suffit à elle même je trouve. Elle s'insère parfaitement selon mois dans la chronologie de départ. Nous connaissons tous la suite des évènements, et il n'est pas nécessaire de créer une autre hérésie ici. Juste un supplément jouissif.
L'idée maintenant est d'essayer de me tirer cette histoire sous forme d'un exemplaire, et de le glisser dans la chronologie!  Very Happy


Bonne lecture à tous, et joyeuses fêtes de fin d'année malgré les sévisses au vue de la situation sanitaire. 




NERO


   nightlords ironwar




Et je précise au passage, que : "Le plagiat, selon son niveau de gravité, est une contrefaçon. L'article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que "toute représentation ou reproduction intégrale ou parielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite."


AVE DOMINUS NOX
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