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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

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Message par Variel Mar 9 Mar 2021 - 23:18

Et ben, sacré chapitre !

Tout ce que j'ai pu dire concernant certains dialogues entre les personnages n'a plus rien à voir ici, parce qu'au contraire j'ai beaucoup beaucoup aimé les discussions entre Astartes, surtout dans la deuxième partie du chapitre.
Et d'une manière générale, j'ai trouvé que l'écriture était vraiment très propre ^^ En fait, il est exempt des quelques moments de flou qu'il pouvait y avoir par ci par là, tes descriptions et la manière dont tu narres l'histoire est vraiment solide et efficace (c'est déjà un point que j'avais abordé auparavant ^^)

C'était déjà le cas et ce chapitre ne fait pas exception, le rythme est très efficace lui aussi et permet de rester bien concentré sur l'histoire.

Alors tu vois, autant tu disais que j'avais tendance à trop mettre de virgules, autant je trouve que tu n'en mets peut-être pas assez What a Face :
Nero a écrit:« Au suivant! aboya Kyriss enivré. »
Nero a écrit:« C'est ici que vous allez avoir l'opportunité de vous défouler un peu cousins [...]
Tu vois, dans les deux cas, j'aurai ajouté une virgule avant le dernier mot. Mais comme tu l'as dit, chacun sa manière de concevoir les choses ^^

Mis à part ça, j'ai hâte de connaître la suite (et la bataille spatiale s'annonce très intéressante !) Smile


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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Message par Nero Mar 9 Mar 2021 - 23:26

Salut Variel !
Merci de ton retour rapide c'est sympa 🙂
Oui comme je disais je veille à purger un max les erreurs et tournures de phrases maladroites. D'ailleurs à ce propos, je trouve que plus ça avance mieux c'est je trouve.
Le rythme c'est ce que j'ai de plus sacré ! Comme déjà dit également, c'est lui qui peut m assurer que les lecteurs soient captivés, vois tu 😉
Enfin, pour te répondre, dans la première phrase je ne vois pas la nécessité d en mettre de virgule, tandis que dans la seconde, oui, avant le dernier mot.
A très vite !


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par - Talos - Mer 10 Mar 2021 - 10:05

J'aimerais beaucoup avoir le temps de lire ton texte Nero... Promis, dès que je peux bounce


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Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 19:53

Inspiration, inspiration, quand tu nous tiens! Very Happy

XVII


Plan d’attaque. Surveiller. Visite impromptue
 
Les deux bâtiments de la IVème et de la VIème se tenaient l’un près de l’autre, à l’écart des senseurs longue portée de la station et des barges de bataille adverses qui devaient à n’en pas douter scanner tout le secteur, répertorier tout élément étranger, et guetter notamment leur venue.

Ils avaient plus ou moins récupéré tous deux de leur séjour dans le Warp. Et maintenant qu’ils s’étaient répartis équitablement les maigres ressources qu’il leur restait, ils étaient parés à faire mouvement.

« Nous y voici, articula Bazilleuck Eunam en grossissant la projection holographique du système d’Halito. « Et ce que vous voyez ici correspond à Annilion, la forteresse spatiale. Là où se terrent nos ennemis. J’en suis certain.

« Qu’est-ce donc ? demanda Harrix qui ne pouvez savoir de quoi il s’agissait puisque trop jeune par rapport aux autres.

« Il s’agit d’une arène spatiale. Un peu comme certaines légions en possèdent sur leurs vaisseaux. Les World Eaters, les Sons of Horus ou encore les Thousand Sons, expliqua Celeste Rugor près de lui. « Un lieu qui, il y a encore peu, accueillait les plus grands bretteurs de l’Imperium. Eidolon de la IIIème, Sanakth de la XVème, Khârn ou encore Abandon, voire Sigismund. Une pléthore de guerriers comme seuls les légions ont su en créer.

« Et qui aujourd’hui se voit s’affronter sur de sombres champs de bataille pour finir oublier, poursuivit le lieutenant Arkos en ruminant ses mots. »

Brugwoll lui fit face.

« Et qu’en sais-tu guerrier de fer. Chez nous les Routs, quand un des nôtres tombe, on chante des récits et on festoie en son honneur pendant plusieurs nuits. N’en est-il donc pas de même au sein de la IV ? »

Le lieutenant-commandeur inspira et lui répondit avec la plus grande courtoisie.

« Nous avons seulement des rites et des traditions qui divergent des vôtres, loup. »

Cela suffit pour le chef de meute qui n’insista pas.

« Bien, poursuivit Bazilleuck Eunam, « il semblerait qu’il y ait une forte activité autour de la station. Nous devons donc en déduire que leur flotte est massée tout autour. Les chacals vont protéger leur terrier. Soit ils vont nous envoyer tout ce qu’ils ont, soit ils vont attendre que nous nous approchions suffisamment pour nous annihiler sans trop d’efforts de leur part.

« Aucune de ces deux suggestions ne me plait, intervint Brugwoll qui regardait la projection holographique sur la table centrale, autour de laquelle tous étaient agglutinés.

« Elles ne me plaisent pas non plus, avoua Bazilleuck Eunam.

« Il va nous falloir toutes les ressources nécessaires pour ce nouvel affrontement, ajouta Celeste Rugor dans son armure Terminator, redorée par les serviteurs au cours de leur transit Warp. « Nous devrions demander l’appui du Mehanicum, ils seront ravis de servir, se moqua le Centurion en pensant à la tête du maitre Magos Tubari à l’idée de lui demander ses troupes à envoyer en première ligne. »

Le Lieutenant-commandeur songeait, les deux poings sur la table.

« Vous avez raison. Je vais aller parler au maitre Tubari. Et puis je crois que Ranos Clerg ici présent ne nous fera pas défection ?

« Vous avez l’appui total de la cohorte lieutenant-commandeur, répondit le chef skitarii de sa voix semi mécanique. « Aux deux tiers de ses effectifs. Soit approximativement plus de quatre cents combattants. »

Le commandant de l’Iron Wound hocha la tête, satisfait.

« Vous avez évidemment le soutien du Cycle Infernal, intervint à son tour le Colonel Spens, sortant de l’ombre, le buste bien droit. « Elle est à vous, même si son nombre est considérablement réduit, déclara-t-il affligé d’une voix ferme.

« De combien disposez-vous Colonel ? lui demanda le Lieutenant-commandeur.

« Deux cents hommes, tout au plus. Tous pourvus d’armures carapaces pour l’affrontement spatial. »

L’Iron Warrior réflichit un instant avant de répondre. Sans offenser l’officier de carrière qui avait tant donné à la légion, il lui ordonna de tenir et de défendre corps et âme le croiseur.

« Colonel, vous aurez à charge l’Iron Wound. Cela vous convient-il ? »

Ce dernier fit un pas en avant sous le regard dur mais respectueux des autres Astartes présents.

« J’en serai honoré, mon commandant.

 « Je vais de mon côté commencer les rites sur notre vénérable Trator, leur annonça le techmarine Valdon. « Il lui tarde de se mettre en branle. D’ici quelques heures il serra sur pied.

« Très bien, faites donc ça frère, approuva d’un geste Bazilleuck Eunam. « Combien de guerriers prêts au combat ?

« Cent vingt guerriers, répondit Celeste Rugor. « Il va nous falloir les employer à bon escient. 

« Cela va de soi, répondit le commandant. « Vous n’êtes que quatre en ce qui vous concerne, loup, est-ce bien ça ?

« Ja, c’est bien ça. Mais ne te fie pas au nombre, mais plutôt en notre détermination.

« J’en prends bonne note, même si en face ils peuvent déployer jusqu’à dix fois notre nombre. Quoi qu’il en soit, rappelez-vous que nous sommes ici pour secourir nos frères et occasionner le plus de dégâts chez l’ennemi. Je ne veux pas qu’on s’enlise. Je ne veux pas que cet endroit soit notre tombeau à tous. J’espère que la plupart d’entre nous en réchappera afin d’avertir le reste de l’Imperium sur ce qu’il se passe, si ce n’est pas déjà fait. »

Personne ne dit mot.

« Bien, voici mon plan. Je suggère d’envoyer le Victory First en tête. Il y a des chances pour qu’ils ne le détruisent pas étant donné qu’ils vous ont occulté la première fois. Il se peut qu’il ne s’attende à aucune action hostile de votre part. Je compte jouer de cet élément clef pour la réussite de cette mission. Nous savons qu’ils s’attendent à notre venue. Ils savent que l’Iron Wound a dû se translater dans ce système, que ce n’est qu’une question de temps avant que nous arrivions à la station. Et il est indéniable qu’ils nous auront concocté un pot de bienvenue. Nous allons masser une partie de nos éléments dans votre frégate, chef de meute, afin de la diriger seule vers le Twilight of Angels, du moins aussi proche que possible. »

Quelques-uns approuvèrent. D’autres étaient plus sceptiques.

« Ce sera très risqué, aboya Brugwoll.

« Nous tentons le tout pour tout, je vous l’accorde. Mais je ne vois pas d’autres moyens que de nous approcher le plus près possible et d’atteindre la barge de la VIIIème.

Le commandant se tourna vers son fidèle bras droit.

« Centurion, cette tâche sera vôtre. 

« J’en suis honoré, commandant.

« Le centurion avec la moitié de nos guerriers entrera à bord de la barge ennemie afin de porter secours à nos frères retenus prisonniers. Au moment même où les tirs commenceront à retentir, l’Iron Wound se manifestera en sortant du champ de la frégate afin de faire plier les boucliers du vaisseau ennemi. L’idée vous la concevez bien, est de les surprendre nous aussi du mieux que nous pourrons, même s’ils s’y attendront probablement. Cela pourra nous donner dans le meilleur des cas plusieurs minutes, voire de longues secondes pendant lesquelles manœuvrer et nous rapprocher d’Annilion par la même occasion. Une fois à portée, nous envoyons tout ce que nous avons sur cette dernière et ceux se trouvant sur la trajectoire. Sachez à ce moment-là que nous subirons un feu nourri de la flotte adverse. »

Il observa les visages burinés et fatigués de ses frères, leur détermination mise à rude épreuve, mais toujours inébranlable. Il continua son exposé sans plus attendre.

« Nous projetterons un bélier de siège sur la station orbitale, déclara-t-il. « Il déchirera aisément les couches de blindage et pénétrera dans la zone que nous localiserons au dernier moment, probablement ici, pointa-t-il du doigt une section proche du pont d’armement principal sur l’hologramme. « Nous compterons sur la force de frappe de notre vénérable frère Trator et de la moitié de la cohorte skitarii pour atteindre l’objectif et venir à bout des félons à bord. Cet objectif sera vôtre lieutenant Arkos.

« Et mes guerriers et moi le conduiront à terme, Lieutenant commandeur ».

Ce dernier opina du chef, puis regarda son auditoire.

« Quelque chose à dire ?

« Oui, quand est-il de nous autres ? demanda Brugwoll.

« Le reste des effectifs demeurera à bord en réserve. Quant à vous quatre, regarda-t-il les frères égarés, « vous n’êtes pas sous mon commandement, et êtes donc libres de vous déployer de la manière qu’il vous plaira.

 « Il y a du potentiel dans ton plan, guerrier de fer ! aboya Danokall. « Et j’aime l’idée. Je doute cependant en ce qui me concerne, que l’on parvienne aussi aisément que tu le dis à s’approcher suffisamment sans courir le risque d’être mis en pièces. Je me tiens dès à présent prêt à l’abordage d’un bâtiment ou de la station elle-même. Je suis impatient d’observer par moi-même où le grand Khârn à tirer sa réputation.

« Tu feras comme on te dit, l’attrapa par l’avant-bras Brugwoll. « Ne vas surtout pas commettre l’erreur de nous précipiter dans les filets de l’ennemi à cause d’une envie mal placée. »

Danokall se libéra sèchement.

« Vous êtes décidément bien froids vous autres de Fenris comme de la IV. Mais je m’en tiendrai au plan jusqu’à nouvel ordre. Pas d’inquiétudes. »

Le calme régna un petit moment dans la chambre. L’odeur de l’huile empreignait l’air et les narines. Bazilleuck inspira et se sentit bien. Tous les Iron Warrior sentaient la même chose. Le calme avant la tempête. Il était temps de chanter la litanie de fer.

« Descendons à présent dans la baie d’embarquement. Nous devons nous réunir une dernière fois avant l’assaut, prononça le commandant. »


*

Kyriss se tenait sur la passerelle du Twilight of Angels, les mains dans le dos. Il observait les serviteurs à leur poste, comme il avait lui et son capitaine, tant l’habitude de le faire. Des moins que rien selon lui, voilà ce qu’ils étaient. Et pourtant, il lui rebutait de leurs reconnaitre une certaine utilité. C’était une chose qu’il ne partageait pas avec son capitaine. Une de plus.

Par-delà, il regardait le vide s’étendre sur un horizon infini. Ce même espace qui bientôt espérait-il, serait le terrain d’un nouveau champ de bataille et l’occasion de récolter de nouveaux trophées. Il lui tarder au fond de lui d’exhiber ces derniers sous le nez de ces autres frères, tous bien loin aux côtés du Primarch. De les narguer et de s’attirer les louanges de quelques guerriers bien placés dans la hiérarchie.

Kyriss avait toujours su voir loin il faut dire. Et même s’il ne parvenait pas, admettons, à sortir de ce trou dans les heures qui viendraient, il ferait néanmoins en sorte de disparaitre en emportant cet infâme Dépeceur. Celui-là même qui venait de l’humilier et de le rabaisser devant ses propres guerriers. Même si dans les faits, techniquement, tous lui appartenaient, lui y compris, tâchait-il de se défaire de cette idée déplaisante. Quoi qu’il en soit, il ne laisserait pas passer, c’en était certain. Et puis comme l’avait dit lui-même son capitaine, il fallait un jour rompre le cordon pour pouvoir avancer et asseoir ses propres positions.

Un guerrier arriva dans son dos.

« Parle, dit-il sèchement.

« Tous les prisonniers ont été reconduits à leurs cellules, lieutenant. »

Ce dernier se contenta de hocher la tête et donna congé au garde. Pour l’instant, tout était calme sur le stratagium. Tous vaquaient à leurs taches respectives. Mais pendant combien de temps encore ce calme régnerait-il ? Karss Zaltar lui avait fait part, malgré leur accrochage plus tôt, du plan que le Palatin de Fer et lui-même s’apprêtaient à mettre en place.

Sur sa droite, il voyait au loin, minuscules, cinq de la dizaine de vaisseaux de la flottille aller se cacher dans la ceinture d’astéroïdes. Il voyait aussi la barge de la IV se tenir prête à s’élancer comme appât sous le nez de l’ennemi une fois celui-ci assez proche pour le détourner de la station et ainsi le réduire à l’état de débris insignifiants plus à l’écart. L’ennemi ne devait pas poser le pied sur Annilion. D’ailleurs à ce propos, lui-même avait reçu pour instructions d’affaiblir les boucliers du croiseur ennemi, sans plus le mal mener.

Kyriss se pourlécha les lèvres gercées de ses dents aiguisées. Bientôt, le sang coulerait à nouveau. Très bientôt même, songea-t-il en sachant ce parvenu de Salatar Holl quelque part sur la passerelle à le surveiller, à n’en pas douter, sur ordre de son capitaine.


*

Karss Zaltar observait depuis le stratagium d’Annilion la disposition de la flotte. Une partie massée autour de la station, l’autre près de la ceinture d’astéroïdes.  Comme prévu la barge de bataille du Palatin de fer se tenait prête à se diriger vers la ceinture elle aussi, dès que l’Iron Wound ferait son apparition. C’est ce qui devait se passer normalement, disons. Ou aurait dû. Sauf qu’un imprévu venait à l’instant de se manifester au loin. Voilà, il se n’agissait non pas du croiseur tant attendu, mais de ce vaisseau solitaire dont la venue était impromptue. Le Victory First, se souvenait le capitaine de la 18è compagnie. Ils l’avaient rencontré la veille, mais ils n’avaient pas imaginé un seul instant qu’il ait pu se rétablir aussi vite et se tenir devant eux. Cela était étrange.

« Agrandissez l’image, ordonna le Dépeceur, élevant lentement quelques doigts gantés.

« Il s’agit du vaisseau de la VI légion, monseigneur. Solution de tirs parée. Il nous suffit d’un ordre. »

Karss Zaltar réfléchissait. Evidement que quelque chose n’allait pas. Que pouvait bien faire ce vaisseau ici ? avait-il fini par récupérer de ses avaries ? De toute évidence, en convint le Night Lords. La question était de savoir s’il avait eu une aide extérieure. Comme celle d’un vaisseau qu’ils s’attendaient lui et les siens à voir débarquer à la place de celui-ci. Peut-être serait-il plus judicieux d’effacer le doute, et de le supprimer de suite…

« Non. Je vous interdis d’ouvrir le feu. Laissons-le s’approcher encore. Voyons ce qu’il compte faire. Aucune trace d’un autre vaisseau dans les parages ?

« Aucune, monseigneur. Rien que les signatures connues de nos bâtiments. »

Le capitaine fit une grimace. Il se tenait debout devant sa balustrade. Il voyait le petit vaisseau se rapprochait du Twilight of Angels.

« Assurez-vous que le lieutenant Kyriss soit prêt à répondre à une bordée adverse ou à un abordage éventuel.

« Tout de suite seigneur, répondit un serviteur à sa console. »

Le capitaine se rassit, se massant le menton abimé.

« Que l’on prépare le canon nova ! aboya-t-il soudain. « Que notre meilleur atout se tienne prêt à expédier ces vermines à l’autre bout de la galaxie. »


Dernière édition par Nero le Ven 12 Mar 2021 - 19:57, édité 1 fois


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Variel Mer 10 Mar 2021 - 22:52

Bon chapitre une nouvelle fois !

Un vocabulaire toujours très adapté, une narration de bonne facture, quelques fautes mais rien qui pose problème.

J'ai encore plus hâte de voir la bataille spatiale après avoir vu les deux camps préparer leur stratégie ! Je viens de lire La Lance d'Ultramar de l'HH et je dois dire que ça m'y fait pas mal penser sur ce point. En tous cas, moi ça m'intrigue fort ^^

De même, la tension que tu continues à faire évoluer sur divers plans au niveau de l'alliance NL et IW continue a être intéressante, je suis intrigué de voir où ça va finir par mener les forces renégates.
Je suis un peu moins à fond dans la relation entre les IW loyalistes et les SW, mais c'est très subjectif : la VIe ne m'intéresse juste pas vraiment, et ça n'a rien à voir avec ton récit. (et d'ailleurs, j'aime bien le WE ^^)

Donc voilà, peut-être un peu moins de chose à en dire du fait du moment où on sent la tension qui se crée, mais encore une fois j'apprécie, et j'ai hâte de voir la suite !


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 23:02

Merci pour ton retour 🙂

Oui la tension monte c'est certain. Après ça, malheureusement pour les membres de la VI faut faire avc à haha. Moi j'ai mon Danokall qui me plaît bien aussi 😉
Je Regarderais pour les fautes merci 👍

Et tiens toi que j'ai attaqué aussi la Lance d Ultramar, je savais même pas qu'il était sorti en Fr!
J'y trouve un côté Dantioch, last survivor.


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Message par Nero Sam 13 Mar 2021 - 14:38

XVIII

De si bons éléments. Terroriser avant de frapper. Iron Wound.


 
Le Victory First commença sa lancée sans déployer ses armes. Il se tenait bien sûr prêt, jusqu’à ce que l’ordre soit émis, ou que la situation se détériore et qu’il ne soit obligé de répliquer. Mais pas avant pour ne nouer aucun soupçon.

Il traversa sans encombres l’espace qui le séparer jusqu’à la barge de la VIIIème et par-delà de la station. La flottille adverse était déployée en avant-garde de la station orbitale. L’ennemi espérait par son nombre pousser le vaisseau neutre pour l’instant, à tourner bride, ou à entreprendre une manœuvre qui annoncerait sa fin imminente.


Seule la barge de bataille Fury of Iron se tenait en retrait, ce pour une raison inconnue, constatait Bazilleuck Eunam depuis la passerelle de l’Iron Wound, encore à bonne distance des senseurs ennemis. Peut-être celle de protéger la station au cas où un de leurs deux vaisseaux parviendrait à franchir cette ligne de défenses quasi impénétrable.


Annilion elle, s’étalait sur plusieurs longs kilomètres dans le vide, ayant pour toile de fond cette petite planète autour de laquelle gravitaient bon nombre d'astéroïdes de tailles diverses. Tout autour de cette étoile volcanique, d'innombrables irruptions jaillissaient telles autant d'écume d'eau chaude dans un récipient. La ceinture créée n’était composée de rien d’autre que des résidus rocailleux et magmatiques propulsés depuis la surface. Des explosions minuscules de leur position, mais d'une couleur rougeoyante qui donnait l'impression que l'issue de cette bataille ne se terminerait que dans un nouveau bain de sang.

Serena Dior, fidèle à son poste, pensait à ces mots qu’elle avait eus il y a encore peu, juste avant que leurs effectifs ne se scindent en deux. C’était après le discours haranguant du Lieutenant-Commandeur dans le vaste hangar à chasseurs avec toutes les troupes réunies. Elle esquissa un sourire en pensant à cet échange qu’elle avait eu avec le Centurion ici même, au stratagium, avant qu’il ne rejoigne la frégate.

« Je ne crois pas le moment opportun pour observer le vide spatial, Centurion, lui fit-elle remarquer poliment.

« Figurez-vous que je pense. »

Elle tourna la tête dans sa direction une seconde.

« Et peut-on savoir à quoi pense sa seigneurie ? 

« A nous. A nos morts. A ceux qui n’assisteront pas à un autre combat demain. Aux vivants. A ceux qui combattront encore pendant longtemps après cette bataille. »

Elle se tourna qu’un quart de tour pour lui faire face.

« Ainsi avez-vous été modelés, vous et vos frères, lui répondit-elle solennellement. Apporter l’illumination, l’ordre et la volonté impériale. Ainsi avez-vous été créés, pour combattre toute menace se dressant contre le bouclier du genre humain. Ceci signifie aussi défendre l’Imperium de l’intérieur. De combattre celui que vous considériez hier encore votre frère. »

Il sonda la Maitresse de Pavillon. Elle disait vrai.

« Je vous admire, madame, lui dit-il en toute franchise. Elle se sentit quelque peu gênée. « Votre ferveur comme votre stoïcisme font honneur à la légion. Rares sont ceux qui ne le pensent pas. Ou ce sont des idiots alors. »


Serena risqua un sourire. Elle était flattée. Et c’était bien sûr le but. Le centurion lui-même esquissa un mince sourire en coin des lèvres. Elle l’observa sous ses traits marqués part plusieurs longues décennies de guerres brutales contre les ennemis de l’humanité. Elle pensait à lui comme à tous les autres qui s’étaient battus jusqu’ici pour défendre ce qui leur était cher, comme leurs vies à eux, personnel de bord, matelots, et autres serviteurs. Finalement, se dit-elle, étaient-ils aussi froids comme le fer pour ne pas avoir le moindre état d’âme ? à cette simple pensée elle contre disait toutes les rumeurs qui circulaient aux sujets des guerriers de la IVème de Fer.

« Puis je vous suggérer à présent de descendre vous joindre à la force de frappe dans les hangars? il serait mal venu de faire attendre ses troupes plus longtemps. Ou pire, que vos guerriers ne se battent sans leur chef à leur tête. »

L’Iron Warrior se tenait droit, deux fois plus grand que la capitaine de pavillon. Il l’aimait aussi pour sa franchise et son courage. Il esquissa un autre sourire.

« Une fois encore vous avez raison. Quel piètre meneur ferai-je à les faire attendre plus longtemps. Pire encore, s’ils devaient s’accaparer tous les lauriers sans moi ! » 

Il avait alors salué. Serena Dior, droite, lui rendit l’appareil.


« J’espère que nous nous reverrons Centurion. »



Ce dernier, déjà sur le départ tourna brusquement la tête.

« Cela madame, je l’espère. Mais si jamais quoi que ce soit devait m’arriver à moi et mes frères, j’ose espérer que vous tiendrez suffisamment longtemps pour envoyer le plus de félons dans les abysses ! »


« Est-ce que vous allez bien Maitresse de Pavillon ? la sortit de ses pensées une voix masculine. » 

Elle tourna la tête. Ce n’était plus le Centurion qui se tenait près d’elle.


« Pardon sergent, le reconnut-elle à ses marquages, « oui tout va bien. »

Ce dernier leva les yeux vers Bazilleuck Eunam discrètement et fut aussitôt gonflé à bloc en se disant avoir le privilège de se tenir parmi les plus grands guerriers jamais produits. Puis, une voix l’appela. C’était le Colonel Spens un peu plus loin, affairé sur des projections holographiques du croiseur et de ses différents ponts, entouré de plusieurs de ses hommes.

« Sergent Jaarl, venez ici. Il vint au pas de course. « Nous devons sécuriser ces sections ci au cas où on nous aborderait, désigna-t-il plusieurs secteurs clefs du bâtiment. « Votre groupe mené par moi-même aura en charge la passerelle. Vous avez vos ordres, rompez. »

Et il s’en alla auprès de ses hommes pour les mettre au parfum.

Bazilleuck Eunam observait Serena Dior avec une certaine compassion. Dire que de si bons éléments allaient très probablement disparaitre en ce jour, pensa-t-il. Il la voyait pensive, les yeux pas totalement en face des trous.

« Restez concentrée, lui souffla Bazilleuck Eunam en se penchant à son oreille. « Ce bâtiment a plus que jamais besoin de vous maitresse. »

A ces mots, elle inspira et fit un tour d’horizon de la passerelle. Elle voyait chaque homme et femme, chaque serviteur là où il devait se trouver. Elle voyait la Maitresse des Astropathes Ing Sae à sa console guider ses semblables depuis le cœur du vaisseau. Elle voyait également Till Kro le maitre des transmissions coordonner et analyser le flux de données entrant et sortant avec rigueur et calme. Elle voyait la fin de cette histoire se profiler. Et elle la voyait avec sérénité et calme, comme tout bon sujet de l’Empereur se devait d’agir et d’accepter son sort.

*

« Dans combien de temps ? s’impatientait Danokall.

« Bientôt War Hounds, répondit à voix basse le Centurion aux commandes de la frégate, quelque peu pensif.

« Ça ne me suffit pas ! Pourquoi n’émettent-ils pas ? attendent-ils que nous les percutions ? auraient-ils perdu l’esprit ?

« Nous vivons des temps assez fous, dois-je te faire remarquer, articula Brugwoll agacé par l’impatience de son frère d’arme. « Maintenant vas-tu la mettre en veilleuse une bonne fois pour toute ?! lui expédia-t-il en grognant.

« Des nacelles vous attendent, si vous êtes incapables de vous taire tous les deux, statua d’une voix dure le Centurion lui aussi bassiné de les entendre se quereller. »

Brugwoll marmonna quelque chose dans sa barbe et se détourna de son camarade de joute. Non loin se tenaient ses deux frères de livrée, Tormas Perce Œil et Kroma le Briseur, ce dernier à qui on avait soigné la jambe et la clavicule avant l’assaut. Tous deux s’exerçaient un peu à l’écart l’un contre l’autre. Tout proche également, un guerrier conversait avec un apothicaire. Ils parlaient des prisonniers détenus à bord de la barge ennemie. Ils devaient avoir une certaine importance à leurs yeux apparemment songea-t-il.

Soudain, un premier contact survint. Tous s’alarmèrent.

« Ah, enfin ! s’exclama Danokall.

« Ouvrez le vox, ordonna Celeste Rugor. « Mais n’émettez pas. »

Après plusieurs secondes interminables et parasitées, une ou plusieurs voix qui s’entre mêlaient, leur parvinrent aux oreilles dans une langue immonde.

« Que signifie tout ça ? exigea le War Hounds.

« C’est du nostramien, le fit taire le Centurion.

« Et qu’est-ce que ça dit ? »

C’était tout à coup comme si les voix qui émanaient des hauts parleurs léchaient chaque mur, chaque console, chaque serviteur, en passant d’abord en surface, puis en pénétrant au plus profond d’eux, jusqu’à…

Une première personne hurla. Puis une seconde. D’autres suivirent. Les voix serpentines qui sifflaient dans l’air se confondaient à présent avec les hurlements de terreur et d’épouvante des membres d’équipages apeurés.

« Eteignez tout ! sur le champ ! commanda le Centurion vétéran qui réagissait prestement.

« Qu’est-ce que tout cela signifie ? demanda Brugwoll interloqué mais pas secoué le moins du monde. »

Celeste Rugor, Hébor et Harrix se regardèrent alors. Avant même que les serviteurs affectés aux consoles de timonerie ne se manifestent, les trois Iron Warrior surent ce qui allait advenir après ce ballet de voix macabres. C’était là l’œuvre de la VIII. Terroriser avant de frapper.

La première bordée atteignit le Victory First et l’ébranla tout bonnement. Le Centurion s’anima sans attendre.

« Tout le monde à son poste de combat ! timoniers, ouvrez les sabords, feu à volonté ! Une fois que nous nous serons projetés, déguerpissez ! »

Un second en poste à la place du défunt commandant de bord salua et donna ses ordres.

« Vous autres, aux nacelles ! commanda le Centurion vétéran. »

*

« Monseigneur ! appela un serviteur, « la frégate répond à nos tirs, elle engage le combat contre le Twilight of Angels. »

Les doigts croisés, Karss Zaltar observait le combat au loin.

« Bien, très bien, comme nous nous y attendions. Ecrasons les une bonne fois pour toute.

« Ordre transmis !

« Comment se porte le Twilight of Angels ? exigea-t-il depuis son siège de commandement.

« Il se porte magnifiquement bien, seigneur. Il semblerait même que la frégate ennemie soit sur le point de succomber, seulement…

« Seulement quoi ? désira savoir le Night Lords en tournant la tête en direction du serviteur Primus en charge du personnel de la station.

« Des modules semblent avoir été largués et se dirigent sur votre vaisseau, monseigneur. »

Karss Zaltar se leva.

« Ils vont essayer de libérer leurs frères. Enfin, ce qu’il en reste. Kyriss saura quoi faire. Il se rassit.

« Seigneur ! aboya un autre homme à son poste, « signature énergétique décelée à cent milles de la station ! c’est le croiseur Iron Warrior ! »

Le Dépeceur se releva aussitôt, quelque peu décontenancé.

« Vous dites ? »

La voix du serviteur fut tout à coup étouffée par les tirs multiples s’écrasant contre le bouclier d’Annilion. Un voile bleu crépitant illuminait la passerelle. Karss Zaltar resta un instant là, cloué de surprise.

« Les sales cabots…murmura-t-il. « Ils osent… Il éleva cette fois la voix afin d’être entendu de tous. « Ils osent nous tirer dessus !

Le croiseur ennemi était sorti tout droit du dos de la frégate de la VIème. Il s’était tenu suffisamment proche de son champ pour que les deux vaisseaux ne fassent plus qu’un. Un grand risque encouru certes, si collision il y avait seulement eue. Le croiseur était à présent prêt pour libérer ses lances à énergie contre la station et le Twilight of Angels. Tout avait été méticuleusement préparé songea le Night Lords.

D’autres lances navales percutèrent la station, la faisant trembler.

« Boucliers à quarante et un pour cent, monseigneur ! déclara un serviteur.

« Nous ne pouvons pas rester là sans riposter ! s’alarma plus que de mesure le serviteur Primus. »

Karss Zaltar dégaina son bolter, tendit le bras, et d’un tir lui pulvérisa la tête en un gruau sanglant. L’espace d’un battement de cœur, le calme régna.

« Qu’attendez-vous pour utiliser le canon nova, à la fin ! s’écria-t-il face aux dizaines de serviteurs cloués de surprise et de terreur. »

Tous retournèrent à leurs tâches. Il faudrait bien encore quelques minutes avant d’entendre aboyer la gueule du canon.

Le commandant Night Lords s’adressa d’une voix clair et profonde aux serviteurs en dessous de son balcon.

 « Transmettez à la flotte d’engager le combat contre la frégate et le croiseur. Ajoutez aussi à l’attention de notre bon ami le Palatin de Fer, de se mettre en route, comme convenu. Et dites-lui, avec toute mon amitié, se prit-il d’un large sourire, « de se presser. »

Il se rassit à nouveau. Soudain, autre chose accapara son attention. Il pencha la tête de côté. Un de ses capitaines vint à portée d’oreilles.

« Serait-ce de nouvelles nacelles d’abordages que je décèle au loin ? n’en revenait-il pas.

« En effet seigneur, répondit Yachi Tor à la place du serviteur Primus. « Et elles s’approchent dangereusement. Elles se dirigent…

« Vers le canon nova, oui, le coupa Karss Zaltar. « Ils espèrent passer au milieu des tirs confondus à l’extérieur. Malin, très malin. »

Il fit un signe de la main. « Capitaine. Ils veulent s’emparer du canon, si ce n’est le mettre hors service. Je ne peux pas laisser ce don du Mechanicum causer notre perte. »

Yachi Tor s’avança et salua.

« J’attendais que vous me le demandiez. Sachez qu’aucun de ces pourceaux n’atteindra le canon. Mes guerriers et moi même vous le jurons, Dépeceur. »

Et ce dernier s’en alla, ses guerriers à sa suite.

« Oui, oui, marmonna Karss Zaltar. « Vos paroles, mes frères, commencent à être vide de sens. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 13 Avr 2021 - 17:09



XIX

Cap sur la barge ennemie. Voilà venir notre heure. En route.

 
L’Iron Wound était balloté en tous sens. Les tirs dirigés contre lui de cinq vaisseaux ne laissaient entrevoir qu’une mince échappatoire dans leur situation. Il s’agissait de tirs n’ayant qu’un seul but. La destruction. Les Night Lords ne leur feraient pas de cadeaux, ça n’avait jamais été l’idée. Les hommes de Bazilleuck avaient de suite su à quoi s’attendre. Comment pouvait-il en être autrement entre deux forces de l’Astartes de toute manière ? Surtout quand les ressources mises à contribution pour l’une comme pour l’autre des légions n’étaient là que pour l’annihilation ?


« Boucliers à quarante-sept pour cent commandant ! hurla Serena Dior accrochée à une console. « Nous devons nous écarter de leur trajectoire ! »


Les lances navales étaient crachées dans le vide depuis les innombrables bouches de canons issues des ponts d’armement de chaque bâtiment. Chacun des tirs creusait des sillons dans l’espace. Les obus de l’Iron Wound se rapprochaient d’Annilion. Certains d’entre eux firent exploser sur leur trajectoire deux escorteurs ennemis dénommés le Vicious Bat ainsi que l’Harvester. Les autres poursuivirent leur lancée jusqu’à ce qu’ils s’écrasent contre les boucliers de la station.


« Monseigneur ! lança la Maitresse de Pavillon, « la station!


« J’ai vu. Accentuez la cadence de tirs jusqu’à ce que le bouclier tombe ! répondit-il en voyant leur première bordée faire crépiter le champ d’énergie. »


Quelques instants plus tard, une lumière vive et aveuglante se créa devant eux, jusqu’à grossir et obnubiler toute la passerelle. Tous les mortels portèrent leurs mains à leurs yeux.


« Qu’est-ce que…, s’exclama le Colonel Spens. »


Un tir destructeur fonça droit sur eux et passa juste au-dessus de leur bâtiment, faisant virer les boucliers au rouge et sauter plusieurs tours d’habitation en son sommet.


« Canon nova ! hurla Bazilleuck Eunam. Il se tourna vivement vers le Colonel. Ce dernier soutint un moment son regard avant que le lieutenant-commandeur ne s’exprime. « Son temps de rechargement est long, nous devons en profiter.


« Pardonnez-moi, commandant, l’interrompit le Colonel, « mais j’imagine mal une seconde solution de tir nous manquer de la sorte au prochain coup ! Il faut nous désengager tout de suite ! »


Bazilleuck ferma les yeux et jura. Il ne tint pas rigueur de la remontrance de l’officier du Cycle Infernal. Ils avaient tout au plus dix minutes devant eux, avant que la station ne fasse feu à nouveau et ne les envoie dans les méandres du système. Ceci sans parler de la flotte réunie autour d’eux et qui les assaillait à présent telle une meute de loups affamée, lacérant leur bouclier de parts et d’autres.


« Nous devons mettre hors service cette arme, dit-il à voix basse. C’est la seule solution. Nos canons ne viendront jamais à bout de la flotte adverse en plus de la station.


« Monseigneur ? l’interrogea Serena Dior qui attendait ses ordres.


« Arkos.


« Lieutenant-commandeur, répondit ce dernier depuis la baie d’embarquement.


« Il est l’heure pour notre vénérable Laissé pour Compte de rendre une petite visite à nos frères déchus. Que la demi cohorte embarque en soutien de notre vénérable frère. Et que la chance vous sourit. »


Le lieutenant partit d’un rire rauque.


« A vos ordres commandant. Mais ne vous en faites pas trop pour moi. J’effacerai moi-même le sourire de ces rejetons du Night Hunter. »


Sans prévenir, une autre voix s’immisça sur le canal, se joignant ainsi à la conversation.


« Monseigneur, ici Le Techmarine Valdon. Je souhaite partir aux côtés de mon frère le vénérable Trator. J’aimerais être auprès de lui dans ses derniers instants. »


Bazilleuck Eunam réfléchit un moment à cette requête. Il savait pertinemment qu’en ce jour il perdrait beaucoup de ses frères dans cet engagement ô suicidaire selon les standards d’engagements spatiaux. Et puis, ce n’était pas comme s’il s’attendait à voir revenir qui que ce soit. Mais néanmoins, l’audace de cette attaque n’avait semblé souffrir d’aucun défaut jusqu’ici.


« Accordé, répondit-il. « Battez-vous honorablement.


« Comptez sur nous monseigneur. »

La liaison se coupa.


« A présent, sortez-nous de la trajectoire de ce canon ! Et faites-moi céder ces boucliers ! Il faut que nos nacelles d’abordages pénètrent à l’intérieur le plus près possible de leur pont d’armement. Maitresse de Pavillon. »


Cette dernière se retourna, fixe.


« Que tous nos tirs se concentrent sur les tourelles de la station en ce point ci, pointa-il du doigt l’hologramme de la station. Nous devons à tout prix offrir une entrée à nos troupes. 


« Commandant ! le coupa le Maitre des Transmissions, « signature énergétique découverte. Il s’agit du Fury of Iron. Il semblerait qu’il quitte le périmètre de la station et ne s’éloigne en direction de l’étoile. »


Bazilleuck inspira. Il se tenait droit. Au loin, en face de lui, son ennemi viscéral était en train de lui glisser entre les doigts. Il n’aurait peut-être pas de meilleure occasion que de lui mettre la main dessus. Toutefois, il devait faire un choix ; continuer d’affaiblir la station, ou se mettre en chasse. Il y réfléchit vite, très vite, puis donna ses nouveaux ordres. Ses frères devraient se débrouiller seuls. La vengeance personnelle prenait en cet instant le dessus sur leurs vies à tous. Il s’en voudrait pour toujours de ce choix égoïste et abominable.


Nous récupèrerons ceux qui seront encore présents si nous même nous sortons de cette affaire, pensa t-il.


« Abandonnez la station. Cap sur la barge de bataille ennemie. Concentrez toute notre puissance vers les boucliers. Une fois à porter, feu à volonté sur ce bâtard de traitre. »


*


Le chef de meute des Mentons Rouges regardait une dernière fois son heaume de bataille, la partie sous la bouche peinte de trois traits verticaux de sang. Il souriait en pensant à Fenris et à ses nombreux rituels et coutumes. Il souriait en pensant ses frères, lesquels devaient déjà avoir entamés les combats contre la XV légion. Il souriait à l'idée de mourir dans son combat à lui, ici, d'un millier de façons. Il chassa ces images pénibles de sa tête en un grognement bestial, puis il enfonça pour de bon son casque de bataille sur la tête.


Il se trouvait dans un module bélier, dont l’habitacle était éclairé de diodes rouges. Il se trouvait en compagnie de ses deux frères, du Centurion, et de plusieurs de ses guerriers en armure Terminators et une escouade tactique. Chacun d’eux était prêt et concentré. D’ici quelques instants, leur appareil allait passer au travers des boucliers déjà affaiblis de la barge de bataille. Cela n’anéantirait pas le module, puisque pourvu d’un disrupteur de bouclier, mais réduirait considérablement sa vitesse. Et c’était là que ça deviendrait amusant. Car les tourelles qui garnissaient la coque du vaisseau ennemi allaient s’en donner à cœur joie.


Brugwoll se mit à rire à pleine gorge à cette simple idée, bientôt suivi de ses deux frères qui se mirent eux à hululer tels les deux loups qu’ils étaient. Secoués comme ils l’étaient, Celeste Rugor et ses guerriers observaient le comportement des Space Wolves avant la bataille. D’habitude si taciturnes, cela les perturba sur le moment, avant de reconnaitre que les trois Astartes vêtus de peaux de bêtes allaient leur être d’une utilité fort bienvenue dans ce prochain combat.


Tous pouvaient entendre les tirs fuser tout près de leur bélier, lequel piquait droit en direction de la coque adverse. Bien avant d’atteindre leur destination, certains des appareils d’assaut explosèrent en des boules de feu grossières, avant de s’éteindre dans le vide spatial, les corps des défunts clairsemant l’espace.


« Trente secondes avant impact, annonça le Centurion. »


Chacun avait son arme qui reposait magnétiquement contre son armure. Epée énergétique, fléau, bolter ou arme de soutien à côté d’eux. Ces armes étaient toutes des instruments de destruction massive. Les Astartes vivaient et pensaient à travers elles.


L’instant fatidique finit par advenir. Le bélier traversa le champ de force de la barge ennemie. Sa vitesse ralentit considérablement, mais évidemment pas assez pour que ce dernier défonce la coque du bâtiment de plein fouet en lieu et place de l’impact localisé avant le lancement du module. Même à une telle vitesse, avec une telle force, il s’enfonça dans les entrailles du vaisseau, déchiquetant au passage plusieurs sections de pont.


« Voilà venir notre heure! hurla le Centurion. « Nous allons sauver nos frères des griffes de ces avortons et nous vengerons nos morts ! »


Ses guerriers approuvèrent et hurlèrent leur assentiment.


Le bélier s’arrêta enfin dans sa course. Il n’y avait pas de détonations jusque-là. D’un coup de botte, Celeste Rugor envoya voler le sas contre le mur du pont qui leur faisait à présent face.


« Pas de temps à perdre, en avant ! »


Le groupe sortit, foulant de ses pas pesants pour la première fois ce sol maudit. Tout était sombre ici. Tout était nauséabond. Ça sentait la putréfaction et le sang. 


« Des animaux, déclara Brugwoll en sous pesant le tibia d’un macchabé accroché à une cloison à l’aide de sa hache. »


Le Centurion ne se prononça pas quant à l’hygiène de vie qui devait être celle des Routs dans leur tanière du Croc ou à bord de leurs vaisseaux.


« Avançons, statua-t-il.  « Vous, s’adressa-t-il à un de ses frères, « entrez en contact avec les autres groupes. Qu’ils se dirigent vers le pont de détention. »


L’autre acquiesça.


Le groupe fit une centaine de mètres, lorsque tout à coup un groupe ennemi les croisa. Les premiers tirs de bolter retentirent, freinant ainsi leur progression.


*


« Où sommes-nous ? exigea Danokall à ses compagnons en secouant la tête. Elle lui tournait légèrement, mais cela allait passait dans les prochaines secondes, son métabolisme comme ceux des autres déjà en train d’œuvrer pour rendre leurs capacités et leurs sens optimaux.


« Est-ce que tout va bien, lui demanda l’apothicaire Hébor qui terminait d’extraire les glandes progénoides d’un de leurs défunts frères suite à l’impact. »


Le War Hounds ne répondit pas de suite. Il se retourna et observa leur module encastré entre deux cloisons, de biais. Il y avait eu des morts. Le pilote avait littéralement traversé le cockpit.


« Disons que je suis encore debout, donc je pense que ça peut allait. Il renifla. Il sentait l’odeur du sang. « Ça aurait pu être pire, ajouta-t-il. « Ça aurait pu être nous. »


Le guerrier en armure bleue et blanche salie d’éclaboussures de sang, de tirs, de coups de lames, partit en quête du chemin à prendre. Nul doute qu’ils n’étaient pas passés inaperçus.


« Mettons-nous en route, frères. Nous n’allons pas attendre sagement qu’ils arrivent, les tança-t-il tous. »


Leur groupe, composé plus que de onze guerriers se mit en route sans plus attendre. Le bélier d’assaut avait éperonné le pont de la barge de bataille avec force malgré le disrupteur qui avait freiné sa progression. Il y avait des dégâts multiples de plus ou moindre importance. Dans le corridor qu’ils prirent, les quelques diodes vertes et rouges sautaient par intermittence, et des câbles sortaient des murs, voire pendaient au plafond.


Ils se créèrent un chemin non sans résistance, tout d’abord avec les matelots de la VIII, lesquels se présentèrent rapidement à divers embranchements, bien entrainés et hautement fidèles à leurs maitres. Ils les mirent en pièces en quelques battements de cils. Puis, la vraie menace se profila moins d’une minute plus tard, le temps nécessaire aux guerriers adverses de se rendre d’un pont à l’autre afin de stopper une fois pour toute leur ascension jusqu’au pont de détention.


Un premier membre du groupe tomba à genoux, avant que son visage ne s’écrase face contre terre, le torse troué de bolts. Les guerriers du Night Hunter étaient dans leur élément. L’obscurité et les ténèbres. Danokall n’avait jamais eu à se battre de nouveau contre ses frères depuis que le schisme entre les légions avait éclaté. Or, ce n’était pas la première fois qu’il en massacrait. Au cours de sa vie, il avait fait des choses horribles et nécessaires, jusqu’à ce qu’il finisse par plier l’échine face à son père génétique et croire suffisamment en la justesse de ses actes. Le doute n’avait plus jamais été permis. Plus jamais. Jusqu’à ce qu’il apprenne tout récemment l’ignominie qui s’était déroulée sur Istvaan III. Du moment que l’on doutait une première fois, on finissait dès lors par faire du doute une de ses grandes qualités, au point de tout remettre en question. Même les siens.


Les bolts ricochèrent contre les armures. Le groupe d’assaut mené par le War Hounds, Hébor et Harrix ne tergiversa pas quant à l’idée de perdre du temps en tirs de couverture. Il leur fallait avancer. Danokall leur insuffla cet élan en se jetant sur les fétides rejetons de la VIII. Il sauta par-dessus un couvert de fortune et trancha l’armure du guerrier devant lui. Les deux tronçons se détachèrent, formant une marre de viscères à ses pieds.


Deux guerriers ennemis se jetèrent sur lui, mais Danokall était un guerrier talentueux bien que barbare sous de nombreux aspects. Sa furie prévalait sur ses adversaires. Très vite, l’escouade envoyée les retenir vola en lambeaux lorsque les deux derniers Night Lords reculèrent et qu’ils se firent fauchés par les tirs cadrés des Iron Warriors à leurs trousses.


« Voilà la véritable nature des fils du Night Hunter ! aboya le War Hounds en brandissant ses haches en l’air d’un air de triomphe. « Tous des couards !


« Nul ne sait s’ils rejoignaient d’autres de leurs frères à une autre intersection, répondit à cela Harrix qui reçut l’approbation de l’apothicaire à ses côtés. »


Danokall grogna quelque chose. C’était un guerrier sanguin, bien au-delà des standards que certains d’entre eux avaient bien pu voir au cours de leur existence chez d’autres World Eaters.


« Très bien, statua le guerrier de la XII dans son armure maculée de sang. « Dans ce cas, allons les déloger. Je ne voudrais pas que mes lames s’émoussent et que vos bolters s’enrayent mes frères, esquissa-t-il un sourire en coin avant de reprendre leur route. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 28 Avr 2021 - 14:42

XX


Canon Nova. L’Empereur veille. Ode fraternelle pour la guerre.


Les nacelles n’atteignirent pas toutes l’objectif. A cause des nombreuses tourelles disséminées sur la station, beaucoup de combattants du Mechanicum avaient trouvé la mort avant d’exercer leur colère contre l’ennemi de l’Omnimésie. Ces derniers gisaient à présent dans l’espace, plus froids encore que ce que leurs nombreux implants et augmétiques avaient fait d’eux. Au même titre que déjà deux vaisseaux – deux escorteurs - en train de partir en lambeaux non loin de la station, chose assez improbable que seul un bon capitaine à l’évidence avait pu, par un plan minutieusement orchestré, mener à bien.


Néanmoins, les propriétaires de la station jubilèrent lorsque le second coup de semonce tonna, et que le nouveau tir du canon nova éructa et percuta de plein fouet non pas le croiseur, mais la frégate en prise avec le Twilight of Angels. Karss Zaltar avait changé de cible afin d’être sûr d’avoir le champ libre pour le croiseur restant. Le petit bâtiment avait très bien mené son office, mais sa fin avait sonné. La poupe avait volé en éclat, ce qui ravissait Karss Zaltar qui exultait sur son trône. Mais il comprit très vite qu’il n’avait remporté là qu’une partie de sa vengeance. 


Tous les guerriers à bord de la frégate, savait-il à coup sûr, étaient sur son propre croiseur maintenant, certainement à se mener un chemin sanglant à coups de lames et de bolters jusqu’à leurs frères retenus prisonniers. Peut-être lui fallait-il passer l’ordre à son lieutenant déchu que d’abattre ces derniers ? songea t-il.


Quoi qu’il en fut, sa colère atteint son paroxysme quand il reçut les premières transmissions d’un sergent d’escouade en charge du canon nova, l’avertir de la présence d’ennemis sur leur pont d’armement. Le Dépeceur avait bondi une fois de plus. Si ses propres hommes n’étaient pas capables de venir à bout de quelques dizaines d’assaillants, il voulait bien être damné. Il se leva, pris congés en laissant les mortels en charge de la passerelle, puis se dirigea vers le canon nova. Un peu d’exercice ne lui ferait pas de mal après tout.




« Tuez-les tous ! ordonna Arkos qui abattait son fléau dans la plaque faciale d’un adversaire. « Qu’il n’en reste plus un seul ! »


Valdon était sur ses pas, ainsi qu’une quinzaine d’autres guerriers aux ordres du lieutenant. Leurs fonctions vitales étaient bonnes, malgré un taux de pertes affligeant plus les minutes passaient. Ils étaient sur une station orbitale ennemie. Une position fermement défendue par des troupes endurcies et sans peur.


Il abattit de deux bolts un guerrier qui sortit des ombres, une lame à deux mains au-dessus de sa tête. Le Night Lords s’écroula. De divers embranchements des troupes ennemies arrivaient en criant et en proférant des insanités dans leur langue vile. Les skitarri émergèrent à leur tour d’un sas, leurs carabines à radium déstabilisant les armures adverses et les perforant par leur nombre. Des corps commencèrent à tapisser le sol, et le sang à le repeindre.


Pris ainsi au dépourvu, les renégats opérèrent une retraite en bonne et due forme, moins nombreux en cet instant. Il était hors de question de fuir, mais de tenir leur positions en attendant des renforts qu’ils savaient tout proche. Depuis deux corridors adjacents l’un à l’autre, des escouades semi-décimées des Night Lords maintenaient la pression par un feu nourri. L’ennemi était en nombre, peut-être deux cents guerriers avaient investi le pont d’armement. Et parmi eux, plus d’une dizaine d’Iron Warrior loyalistes encore debout.


Les guerriers de la VIII ne le sentaient pas. Et comme pour accentuer leur crainte soudaine, ils ne comprirent que trop tard que l’ennemi ne cherchait pas à les massacrer à tout prix, mais en fait à faire exploser le canon nova qu’on leur avait expressément ordonné de protéger. Ceci, ils le constatèrent par le cercle protecteur érigé par les Astartes autour des skitarii à l’œuvre.



Les sergents d’escouades communiquèrent sur la marche à suivre faute d’ordres venus d’au-dessus, quand soudain dans leur dos, le bruit de pas lourds les fit se retourner les uns après les autres. Cinq guerriers en armures Terminator venaient d’arriver pour leur prêter main forte. Les Night Lords jubilèrent à nouveau.


Tandis que la hampe de la hallebarde du capitaine Yachi Tor tapait contre le sol de métal, les quatre autres Terminators déployèrent leurs armes - des doubles canons et des griffes éclairs – puis avancèrent en un rang serré pour semer la mort.


« Relevez-vous feignants ! rugit le capitaine de la 41e. « Cette station ne va pas se purger toute seule ! Tuez-moi ces avortons ! »


*


« Nous décélérons Lieutenant-Commandeur ! hurla Serena Dior. « Boucliers à dix-neuf pour cents ! nous n’atteindrons jamais le vaisseau ennemi ! »


Bazilleuck Eunam, fou de rage depuis des semaines après l’horreur de Corona VI, ne pouvait plus contenir sa colère.


« Je vous interdis de dire une chose pareille ! dirigez toute l’énergie nécessaire sur les propulseurs ! »


La capitaine de pavillon n’en revenait pas. Elle ne comprenait plus. Si, elle comprenait très bien à dire vrai. Elle avait prêté serment elle aussi. C’était un aller simple. Le dernier. Elle le regarda, triste, tandis que lui était focalisé sur le bâtiment adverse qui les narguait à distance.


« Toute l’énergie restante sur les propulseurs, ordonna-t-elle alors que les membres de la passerelle la questionnaient du regard. Ing Sae. Till Kro. Tous se connaissaient. Un tel ordre de sa part signifiait tout. Et eux aussi avaient été mis au parfum. « Exécution ! »


Au détriment de ses boucliers, l’Iron Wound piqua jusqu’à la barge de bataille ennemie. Le croiseur se rapprochait dangereusement, Serena Dior le savait, mais n’en avait pour tout dire, plus cure du tout. Elle nota que la frégate alliée avait été détruite, qu’elle n’était plus, comme les milliers de membres d’équipage à son bord. Elle ne se donna pas la peine de faire l’annonce. L’histoire se répétait sans cesse. Et elle se répéterait bien une fois de plus pour eux, savait-elle pertinemment, en jetant un regard en direction des quelques bâtiments adverses s’assurer de la mort de la frégate par ultime une bordée, comme si la puissance du canon nova n’avait pas été suffisante.


« Que toutes les troupes restantes se tiennent prêtes à être larguées, prononça Bazilleuck Eunam à travers tout le vaisseau à l’attention du colonel Spens sur la passerelle, de Ranos Clerg déjà dans le hangar, ainsi que de ses guerriers restants. « Capitaine de Pavillon, se tourna-t-il vers elle avec un sourire railleur déterminé.


« Evitons les grandes phrases je vous en prie, Lieutenant-Commandeur, lui répondit-elle sèchement. « Faites ce que vous avait à faire, et laissez-moi accomplir mes derniers devoirs. »


Il sourit alors, et il ne lui fallut pas longtemps pour qu’elle lui rende l’appareil.


« Que l’Empereur soit avec vous Maitresse. Décrochez dès que nous aurons décollé.


« Et puis quoi encore, lui répondit-elle, le regard toujours braqué sur la barge de bataille ennemie. « Ils vont voir ce qu’on a dans le ventre nous aussi, jura-t-elle à l’attention du Lieutenant-Commandeur et de tous ceux à bord, via les vox et hauts parleurs du vaisseau. »


Mais Bazilleuck Eunam était déjà parti et il ne resta vite plus que les quelques milliers de membres d’équipage sous ses ordres. Un équipage finement préparé au destin qui les attendait. Des hommes et des femmes qui rugirent d’ailleurs leur assentiment à la fois sur la passerelle comme à travers tout le croiseur lorsque ses mots leur parvinrent. Et c’est le cœur gonflé à bloc, gonflé de fierté, que Serena Dior se retrouvait de nouveau maitre de son propre bâtiment, comme par le passé.


*


Le Fury of Iron était parvenu a attiré dans son piège le croiseur ennemi. Non sans mal ceci dit, puisque ce dernier n’avait eu de cesse de les canarder jusqu’à ce qu’ils se mêlent à la ceinture gravitationnelle autour de la petite lune rougeoyante.


« C’est bien, grogna de plaisir Ekos Torar. « C’est très bien, du bon travail à tous ! maintenant, s’appuya-t-il à la balustrade du balcon qui nichait au-dessus du reste de la passerelle, « que notre plan se mette en marche. »


Tout à coup, quatre vaisseaux apparurent. Trois escorteurs et un croiseur. Ils sortirent de derrière les astéroïdes gravitant en une seule et même direction tout autour de la petite planète. Sûr que l’Iron Wound n’avait rien vu venir. De ça, le Palatin de Fer en était certain. Il devait avoir été impossible au croiseur ennemi de détecter un quelconque autre vaisseau dans ce maelström. Et maintenant leur piège allait se refermer.


*


Il était trop tard pour faire machine arrière. Le croiseur à présent aux ordres de Serena Dior n’avait plus le choix de la manouvre. Ils s’étaient approchés suffisamment près pour permettre au Lieutenant-Commandeur de se propulser sur la barge adverse.


Pour les aider, et sachant leurs chances de se sortir de cette bataille plus que dérisoires, la Maitresse de Pavillon avait néanmoins redirigé le flux d’énergie restant sur les boucliers à la proue du bâtiment, avant d’ordonner le branlebas de combat.


Les batteries à tribord étaient déjà chargées, ceci avant même que l’ennemi n’ait ouvert le feu. Les canons rugirent et crachèrent leurs ogives et leurs lances plasma qui ricochèrent contre les boucliers adverses. Cela les affaiblit un peu, mais il fallait au moins une autre salve de la même ampleur pour penser les voir arriver à un éventuel point de rupture.


« Rechargez les batteries ! feu à tous les canons sur mon ordre ! »


Till Kro relaya l’ordre. Les timoniers à leurs postes se tenaient près. Ils n’avaient jamais été aussi prêts et lucides qu’en cet instant. Moins d’une minute s’écoula avant que son ordre n’advienne. Entre temps, la barge ennemie ne les manqua pas. Le navire trembla de douleur, leur bouclier disparut et les tirs ennemis creusèrent de profonds sillons dans la coque du croiseur d’attaque.


« Maitresse de Pavillon ! hurla Ing Sae. « Ils pleurent, ils pleurent d’une fin atroce ! D’une fin inéluctable dont tous voient l’issue fatale ! »


Serena Dior n’avait pas le temps de s’attarder sur les traductions de la maitresse des astropathes. Néanmoins, elle en comprit suffisamment pour saisir qu’ils étaient en mauvaise posture, chose qui n’était pas nouvelle.


« Les prochains tirs seront fatals ! s’égosilla Till Kro à son attention.


« Je sais tout ça ! s’écria-t-elle. Elle vit que les batteries étaient chargées. « Faites feu sur la barge ennemie. Voyons comment elle s’en sort après ça. »


La nouvelle volée de lances plasma percuta les boucliers adverses. Cette fois, ces derniers se rompirent, même s’il fallait s’attendre à ce qu’ils se rechargent bien plus vite que tout autre vaisseau. C’était une barge de bataille de l’Astartes après tout.


« Contactez le Lieutenant-Commandeur. Dites-lui qu’il peut lui et ses hommes pénétrer dans le ventre de la bête. C’est maintenant ou jamais. Que nos chasseurs les escortent, ils auront eux aussi l’opportunité de croiser le fer.


« Ordre reçu et transmis maitresse. Il ne reste cependant pas assez de pilotes pour nos chasseurs, lui fût-il envoyé en retour par un serviteur à son poste.


« Qu’ils décollent quand même ! aboya-t-elle sans même détourner le regard de leur objectif. « Mieux vaut qu’ils meurent en combattant qu’à l’intérieur de ce croiseur ! »


Elle regardait l’immense bâtiment Iron Warrior devant eux, tout de fer vêtu, tout de fer remarquable comme l’était leur propre navire. Il était navrant de voir où le cours des évènements les avait conduits, surtout après tant de guerres et de sang versés. Elle chassa cette soudaine pensée et revint à la réalité qui était malheureusement la leur.
Le Fury of Iron faisait à nouveau feu de toutes ses batteries bâbord. Les tirs ne rateraient pas. Ils allaient mettre en lambeaux l’Iron Wound. Personne ne se souviendrait d’eux, de leur sacrifice dans cette partie de la galaxie.


La Maitresse de Pavillon voyait les quatre autres bâtiments émerger de la ceinture gravitationnelle autour de la lune en effervescence. Et elle eut une idée.


« Timoniers, les appela-t-elle. « Prochaine et dernière bordée sur ces astroïdes là-bas. Choisissez vos cibles. Leurs éclats seront pour ces vaisseaux comme une montagne s’écrasant sur eux. Ils ne résisteront pas aux impacts d’aussi près. »


Les hommes se pourléchèrent d’un plan aussi audacieux. Ils comptaient emporter un maximum d’ennemis ? Et bien par cette action ils seraient comblés.


La bordée ennemie arrivait à grande vitesse. Trop vite pour pouvoir manœuvrer si seulement on eut donné un tel ordre.


« Feu, prononça alors Serena Dior dans un dernier ordre. »


Elle savait que ses hommes feraient mouche. Elle le savait. L’Empereur y veillait. Tout disparut dans un voile d’explosions cataclysmiques lorsque les tirs ennemis les désintégrèrent.


*



Les nacelles d’abordage et les Thunderhawk de Bazilleuck Eunam se frayaient un chemin dans le sillon de tirs engendré par la bataille spatiale autour d’eux.  A leurs côtés, quelques chasseurs volaient en formation défensive pour les protéger des tirs et des chasseurs ennemis, quand il ne s’agissait pas de de mener un duel singulier à travers cet affrontement.


Par l’habitacle du pilote, le Lieutenant-Commandeur vit l’ultime bordé de l’Iron Wound faire exploser les météores au loin dans des explosions qui ne laissèrent aucune chance aux nouveaux vaisseaux renégats dévoilés.
Il fut bluffé par un tel acte, mais surtout fier de savoir que sa Maitresse de Pavillon avait donné un tel ordre. L’éclat non pas de shrapnels au loin, mais bel et bien de morceaux de roche gros comme des spires d’habitation atteignit les vaisseaux ennemis, les faisant exploser tels autant de nouveaux soleils, avant d’être réduits au silence dans les minutes qui s’écoulèrent.


Toutefois, bien plus proche, ce traitre d’Ekos Torar avait envoyé sur eux plusieurs escadrilles afin de les empêcher de pénétrer dans la barge de bataille. Peine perdue cependant, songea le Lieutenant Commandeur, quand il avait vu l’avant dernière bordée du croiseur faire tomber les boucliers ennemis.


« Pressons, pilote ! je ne veux pas nous voir voler en éclats lorsque ces boucliers seront rétablis ! »


Plusieurs nacelles avaient déjà explosé, transportant essentiellement des membres du Mechanicum et des hommes du Cycle Infernal. Bazilleuck Eunam espérait que Ranos Clerg fusse parmi les survivants qui atteindraient la barge de bataille.


Non loin de leur module, un chasseur d’escorte vola en éclats lorsque plusieurs tirs l’abattirent. Certains rompirent la formation autour des quelques nacelles et autres modules d’abordage pour écarter la menace que représentaient les escadres ennemies.


Bazilleuck savait qu’aucun de leurs chasseurs de s’en sortiraient. Serena Dior les avait faits décoller pour leur permettre de jouer leur rôle dans cette bataille et permettre au Lieutenant-commandeur d’avancer avec moins d’entrave. Mais au fond, il appréhendait l’issu de cet engagement.




Le colonel Spens se trouvait dans la soute, accrochés comme une trentaine d’autres de frères d’armes, dont Jaarl, qui fermait les yeux et murmurait discrètement une prière à l’Empereur. Il voyait tous ces hommes et femmes prêts à livrer leur ultime combat au nom de l’Empereur.


Une quinzaine de space marines se tenaient aussi debout à leurs côtés, parmi lesquels ce qu’il restait des Terminators qui n’avaient pas déjà embarqués avec Celeste Rugor. Cela réconfortait les hommes du Cycle Infernal de savoir qu’ils aient pu monter à bord du même engin que les transhumains. Cela témoignait qu’ils n’étaient plus des moins que rien. Plus cette simple chair à canon qui pouvait se volatiliser à tout instant, se rappelait-il les propos d’Inryr.


« Gardez à l’esprit que si nous mourrons, nous mourrons aux côtés de dieux vivants, prononça Spens à l’attention de ses hommes. C’est un jour glorieux. »


Un Iron Warrior se mit à chanter la litanie de fer. Puis un autre, avant que tous ceux à bord n’en fassent de même. Quand Bazilleuck Eunam se retourna, il les rejoignit dans cette ode fraternelle pour la guerre.


« Chantons mes frères. Et n’oublions pas ces hommes qui vont mourir à nos côtés, désigna-t-il le colonel et ses hommes. « Ils sont nôtres. »


Ainsi galvanisés et pris en considération, plus que chacun aurait pu imaginer, ils chantèrent ensemble, allant droit dans la gueule du loup.


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