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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

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Message par Variel Mar 9 Mar 2021 - 23:18

Et ben, sacré chapitre !

Tout ce que j'ai pu dire concernant certains dialogues entre les personnages n'a plus rien à voir ici, parce qu'au contraire j'ai beaucoup beaucoup aimé les discussions entre Astartes, surtout dans la deuxième partie du chapitre.
Et d'une manière générale, j'ai trouvé que l'écriture était vraiment très propre ^^ En fait, il est exempt des quelques moments de flou qu'il pouvait y avoir par ci par là, tes descriptions et la manière dont tu narres l'histoire est vraiment solide et efficace (c'est déjà un point que j'avais abordé auparavant ^^)

C'était déjà le cas et ce chapitre ne fait pas exception, le rythme est très efficace lui aussi et permet de rester bien concentré sur l'histoire.

Alors tu vois, autant tu disais que j'avais tendance à trop mettre de virgules, autant je trouve que tu n'en mets peut-être pas assez What a Face :
Nero a écrit:« Au suivant! aboya Kyriss enivré. »
Nero a écrit:« C'est ici que vous allez avoir l'opportunité de vous défouler un peu cousins [...]
Tu vois, dans les deux cas, j'aurai ajouté une virgule avant le dernier mot. Mais comme tu l'as dit, chacun sa manière de concevoir les choses ^^

Mis à part ça, j'ai hâte de connaître la suite (et la bataille spatiale s'annonce très intéressante !) Smile


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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Message par Nero Mar 9 Mar 2021 - 23:26

Salut Variel !
Merci de ton retour rapide c'est sympa 🙂
Oui comme je disais je veille à purger un max les erreurs et tournures de phrases maladroites. D'ailleurs à ce propos, je trouve que plus ça avance mieux c'est je trouve.
Le rythme c'est ce que j'ai de plus sacré ! Comme déjà dit également, c'est lui qui peut m assurer que les lecteurs soient captivés, vois tu 😉
Enfin, pour te répondre, dans la première phrase je ne vois pas la nécessité d en mettre de virgule, tandis que dans la seconde, oui, avant le dernier mot.
A très vite !


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Message par - Talos - Mer 10 Mar 2021 - 10:05

J'aimerais beaucoup avoir le temps de lire ton texte Nero... Promis, dès que je peux bounce


-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



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Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 19:53

Inspiration, inspiration, quand tu nous tiens! Very Happy

XVII


Plan d’attaque. Surveiller. Visite impromptue
 
Les deux bâtiments de la IVème et de la VIème se tenaient l’un près de l’autre, à l’écart des senseurs longue portée de la station et des barges de bataille adverses qui devaient à n’en pas douter scanner tout le secteur, répertorier tout élément étranger, et guetter notamment leur venue.

Ils avaient plus ou moins récupéré tous deux de leur séjour dans le Warp. Et maintenant qu’ils s’étaient répartis équitablement les maigres ressources qu’il leur restait, ils étaient parés à faire mouvement.

« Nous y voici, articula Bazilleuck Eunam en grossissant la projection holographique du système d’Halito. « Et ce que vous voyez ici correspond à Annilion, la forteresse spatiale. Là où se terrent nos ennemis. J’en suis certain.

« Qu’est-ce donc ? demanda Harrix qui ne pouvez savoir de quoi il s’agissait puisque trop jeune par rapport aux autres.

« Il s’agit d’une arène spatiale. Un peu comme certaines légions en possèdent sur leurs vaisseaux. Les World Eaters, les Sons of Horus ou encore les Thousand Sons, expliqua Celeste Rugor près de lui. « Un lieu qui, il y a encore peu, accueillait les plus grands bretteurs de l’Imperium. Eidolon de la IIIème, Sanakth de la XVème, Khârn ou encore Abandon, voire Sigismund. Une pléthore de guerriers comme seuls les légions ont su en créer.

« Et qui aujourd’hui se voit s’affronter sur de sombres champs de bataille pour finir oublier, poursuivit le lieutenant Arkos en ruminant ses mots. »

Brugwoll lui fit face.

« Et qu’en sais-tu guerrier de fer. Chez nous les Routs, quand un des nôtres tombe, on chante des récits et on festoie en son honneur pendant plusieurs nuits. N’en est-il donc pas de même au sein de la IV ? »

Le lieutenant-commandeur inspira et lui répondit avec la plus grande courtoisie.

« Nous avons seulement des rites et des traditions qui divergent des vôtres, loup. »

Cela suffit pour le chef de meute qui n’insista pas.

« Bien, poursuivit Bazilleuck Eunam, « il semblerait qu’il y ait une forte activité autour de la station. Nous devons donc en déduire que leur flotte est massée tout autour. Les chacals vont protéger leur terrier. Soit ils vont nous envoyer tout ce qu’ils ont, soit ils vont attendre que nous nous approchions suffisamment pour nous annihiler sans trop d’efforts de leur part.

« Aucune de ces deux suggestions ne me plait, intervint Brugwoll qui regardait la projection holographique sur la table centrale, autour de laquelle tous étaient agglutinés.

« Elles ne me plaisent pas non plus, avoua Bazilleuck Eunam.

« Il va nous falloir toutes les ressources nécessaires pour ce nouvel affrontement, ajouta Celeste Rugor dans son armure Terminator, redorée par les serviteurs au cours de leur transit Warp. « Nous devrions demander l’appui du Mehanicum, ils seront ravis de servir, se moqua le Centurion en pensant à la tête du maitre Magos Tubari à l’idée de lui demander ses troupes à envoyer en première ligne. »

Le Lieutenant-commandeur songeait, les deux poings sur la table.

« Vous avez raison. Je vais aller parler au maitre Tubari. Et puis je crois que Ranos Clerg ici présent ne nous fera pas défection ?

« Vous avez l’appui total de la cohorte lieutenant-commandeur, répondit le chef skitarii de sa voix semi mécanique. « Aux deux tiers de ses effectifs. Soit approximativement plus de quatre cents combattants. »

Le commandant de l’Iron Wound hocha la tête, satisfait.

« Vous avez évidemment le soutien du Cycle Infernal, intervint à son tour le Colonel Spens, sortant de l’ombre, le buste bien droit. « Elle est à vous, même si son nombre est considérablement réduit, déclara-t-il affligé d’une voix ferme.

« De combien disposez-vous Colonel ? lui demanda le Lieutenant-commandeur.

« Deux cents hommes, tout au plus. Tous pourvus d’armures carapaces pour l’affrontement spatial. »

L’Iron Warrior réflichit un instant avant de répondre. Sans offenser l’officier de carrière qui avait tant donné à la légion, il lui ordonna de tenir et de défendre corps et âme le croiseur.

« Colonel, vous aurez à charge l’Iron Wound. Cela vous convient-il ? »

Ce dernier fit un pas en avant sous le regard dur mais respectueux des autres Astartes présents.

« J’en serai honoré, mon commandant.

 « Je vais de mon côté commencer les rites sur notre vénérable Trator, leur annonça le techmarine Valdon. « Il lui tarde de se mettre en branle. D’ici quelques heures il serra sur pied.

« Très bien, faites donc ça frère, approuva d’un geste Bazilleuck Eunam. « Combien de guerriers prêts au combat ?

« Cent vingt guerriers, répondit Celeste Rugor. « Il va nous falloir les employer à bon escient. 

« Cela va de soi, répondit le commandant. « Vous n’êtes que quatre en ce qui vous concerne, loup, est-ce bien ça ?

« Ja, c’est bien ça. Mais ne te fie pas au nombre, mais plutôt en notre détermination.

« J’en prends bonne note, même si en face ils peuvent déployer jusqu’à dix fois notre nombre. Quoi qu’il en soit, rappelez-vous que nous sommes ici pour secourir nos frères et occasionner le plus de dégâts chez l’ennemi. Je ne veux pas qu’on s’enlise. Je ne veux pas que cet endroit soit notre tombeau à tous. J’espère que la plupart d’entre nous en réchappera afin d’avertir le reste de l’Imperium sur ce qu’il se passe, si ce n’est pas déjà fait. »

Personne ne dit mot.

« Bien, voici mon plan. Je suggère d’envoyer le Victory First en tête. Il y a des chances pour qu’ils ne le détruisent pas étant donné qu’ils vous ont occulté la première fois. Il se peut qu’il ne s’attende à aucune action hostile de votre part. Je compte jouer de cet élément clef pour la réussite de cette mission. Nous savons qu’ils s’attendent à notre venue. Ils savent que l’Iron Wound a dû se translater dans ce système, que ce n’est qu’une question de temps avant que nous arrivions à la station. Et il est indéniable qu’ils nous auront concocté un pot de bienvenue. Nous allons masser une partie de nos éléments dans votre frégate, chef de meute, afin de la diriger seule vers le Twilight of Angels, du moins aussi proche que possible. »

Quelques-uns approuvèrent. D’autres étaient plus sceptiques.

« Ce sera très risqué, aboya Brugwoll.

« Nous tentons le tout pour tout, je vous l’accorde. Mais je ne vois pas d’autres moyens que de nous approcher le plus près possible et d’atteindre la barge de la VIIIème.

Le commandant se tourna vers son fidèle bras droit.

« Centurion, cette tâche sera vôtre. 

« J’en suis honoré, commandant.

« Le centurion avec la moitié de nos guerriers entrera à bord de la barge ennemie afin de porter secours à nos frères retenus prisonniers. Au moment même où les tirs commenceront à retentir, l’Iron Wound se manifestera en sortant du champ de la frégate afin de faire plier les boucliers du vaisseau ennemi. L’idée vous la concevez bien, est de les surprendre nous aussi du mieux que nous pourrons, même s’ils s’y attendront probablement. Cela pourra nous donner dans le meilleur des cas plusieurs minutes, voire de longues secondes pendant lesquelles manœuvrer et nous rapprocher d’Annilion par la même occasion. Une fois à portée, nous envoyons tout ce que nous avons sur cette dernière et ceux se trouvant sur la trajectoire. Sachez à ce moment-là que nous subirons un feu nourri de la flotte adverse. »

Il observa les visages burinés et fatigués de ses frères, leur détermination mise à rude épreuve, mais toujours inébranlable. Il continua son exposé sans plus attendre.

« Nous projetterons un bélier de siège sur la station orbitale, déclara-t-il. « Il déchirera aisément les couches de blindage et pénétrera dans la zone que nous localiserons au dernier moment, probablement ici, pointa-t-il du doigt une section proche du pont d’armement principal sur l’hologramme. « Nous compterons sur la force de frappe de notre vénérable frère Trator et de la moitié de la cohorte skitarii pour atteindre l’objectif et venir à bout des félons à bord. Cet objectif sera vôtre lieutenant Arkos.

« Et mes guerriers et moi le conduiront à terme, Lieutenant commandeur ».

Ce dernier opina du chef, puis regarda son auditoire.

« Quelque chose à dire ?

« Oui, quand est-il de nous autres ? demanda Brugwoll.

« Le reste des effectifs demeurera à bord en réserve. Quant à vous quatre, regarda-t-il les frères égarés, « vous n’êtes pas sous mon commandement, et êtes donc libres de vous déployer de la manière qu’il vous plaira.

 « Il y a du potentiel dans ton plan, guerrier de fer ! aboya Danokall. « Et j’aime l’idée. Je doute cependant en ce qui me concerne, que l’on parvienne aussi aisément que tu le dis à s’approcher suffisamment sans courir le risque d’être mis en pièces. Je me tiens dès à présent prêt à l’abordage d’un bâtiment ou de la station elle-même. Je suis impatient d’observer par moi-même où le grand Khârn à tirer sa réputation.

« Tu feras comme on te dit, l’attrapa par l’avant-bras Brugwoll. « Ne vas surtout pas commettre l’erreur de nous précipiter dans les filets de l’ennemi à cause d’une envie mal placée. »

Danokall se libéra sèchement.

« Vous êtes décidément bien froids vous autres de Fenris comme de la IV. Mais je m’en tiendrai au plan jusqu’à nouvel ordre. Pas d’inquiétudes. »

Le calme régna un petit moment dans la chambre. L’odeur de l’huile empreignait l’air et les narines. Bazilleuck inspira et se sentit bien. Tous les Iron Warrior sentaient la même chose. Le calme avant la tempête. Il était temps de chanter la litanie de fer.

« Descendons à présent dans la baie d’embarquement. Nous devons nous réunir une dernière fois avant l’assaut, prononça le commandant. »


*

Kyriss se tenait sur la passerelle du Twilight of Angels, les mains dans le dos. Il observait les serviteurs à leur poste, comme il avait lui et son capitaine, tant l’habitude de le faire. Des moins que rien selon lui, voilà ce qu’ils étaient. Et pourtant, il lui rebutait de leurs reconnaitre une certaine utilité. C’était une chose qu’il ne partageait pas avec son capitaine. Une de plus.

Par-delà, il regardait le vide s’étendre sur un horizon infini. Ce même espace qui bientôt espérait-il, serait le terrain d’un nouveau champ de bataille et l’occasion de récolter de nouveaux trophées. Il lui tarder au fond de lui d’exhiber ces derniers sous le nez de ces autres frères, tous bien loin aux côtés du Primarch. De les narguer et de s’attirer les louanges de quelques guerriers bien placés dans la hiérarchie.

Kyriss avait toujours su voir loin il faut dire. Et même s’il ne parvenait pas, admettons, à sortir de ce trou dans les heures qui viendraient, il ferait néanmoins en sorte de disparaitre en emportant cet infâme Dépeceur. Celui-là même qui venait de l’humilier et de le rabaisser devant ses propres guerriers. Même si dans les faits, techniquement, tous lui appartenaient, lui y compris, tâchait-il de se défaire de cette idée déplaisante. Quoi qu’il en soit, il ne laisserait pas passer, c’en était certain. Et puis comme l’avait dit lui-même son capitaine, il fallait un jour rompre le cordon pour pouvoir avancer et asseoir ses propres positions.

Un guerrier arriva dans son dos.

« Parle, dit-il sèchement.

« Tous les prisonniers ont été reconduits à leurs cellules, lieutenant. »

Ce dernier se contenta de hocher la tête et donna congé au garde. Pour l’instant, tout était calme sur le stratagium. Tous vaquaient à leurs taches respectives. Mais pendant combien de temps encore ce calme régnerait-il ? Karss Zaltar lui avait fait part, malgré leur accrochage plus tôt, du plan que le Palatin de Fer et lui-même s’apprêtaient à mettre en place.

Sur sa droite, il voyait au loin, minuscules, cinq de la dizaine de vaisseaux de la flottille aller se cacher dans la ceinture d’astéroïdes. Il voyait aussi la barge de la IV se tenir prête à s’élancer comme appât sous le nez de l’ennemi une fois celui-ci assez proche pour le détourner de la station et ainsi le réduire à l’état de débris insignifiants plus à l’écart. L’ennemi ne devait pas poser le pied sur Annilion. D’ailleurs à ce propos, lui-même avait reçu pour instructions d’affaiblir les boucliers du croiseur ennemi, sans plus le mal mener.

Kyriss se pourlécha les lèvres gercées de ses dents aiguisées. Bientôt, le sang coulerait à nouveau. Très bientôt même, songea-t-il en sachant ce parvenu de Salatar Holl quelque part sur la passerelle à le surveiller, à n’en pas douter, sur ordre de son capitaine.


*

Karss Zaltar observait depuis le stratagium d’Annilion la disposition de la flotte. Une partie massée autour de la station, l’autre près de la ceinture d’astéroïdes.  Comme prévu la barge de bataille du Palatin de fer se tenait prête à se diriger vers la ceinture elle aussi, dès que l’Iron Wound ferait son apparition. C’est ce qui devait se passer normalement, disons. Ou aurait dû. Sauf qu’un imprévu venait à l’instant de se manifester au loin. Voilà, il se n’agissait non pas du croiseur tant attendu, mais de ce vaisseau solitaire dont la venue était impromptue. Le Victory First, se souvenait le capitaine de la 18è compagnie. Ils l’avaient rencontré la veille, mais ils n’avaient pas imaginé un seul instant qu’il ait pu se rétablir aussi vite et se tenir devant eux. Cela était étrange.

« Agrandissez l’image, ordonna le Dépeceur, élevant lentement quelques doigts gantés.

« Il s’agit du vaisseau de la VI légion, monseigneur. Solution de tirs parée. Il nous suffit d’un ordre. »

Karss Zaltar réfléchissait. Evidement que quelque chose n’allait pas. Que pouvait bien faire ce vaisseau ici ? avait-il fini par récupérer de ses avaries ? De toute évidence, en convint le Night Lords. La question était de savoir s’il avait eu une aide extérieure. Comme celle d’un vaisseau qu’ils s’attendaient lui et les siens à voir débarquer à la place de celui-ci. Peut-être serait-il plus judicieux d’effacer le doute, et de le supprimer de suite…

« Non. Je vous interdis d’ouvrir le feu. Laissons-le s’approcher encore. Voyons ce qu’il compte faire. Aucune trace d’un autre vaisseau dans les parages ?

« Aucune, monseigneur. Rien que les signatures connues de nos bâtiments. »

Le capitaine fit une grimace. Il se tenait debout devant sa balustrade. Il voyait le petit vaisseau se rapprochait du Twilight of Angels.

« Assurez-vous que le lieutenant Kyriss soit prêt à répondre à une bordée adverse ou à un abordage éventuel.

« Tout de suite seigneur, répondit un serviteur à sa console. »

Le capitaine se rassit, se massant le menton abimé.

« Que l’on prépare le canon nova ! aboya-t-il soudain. « Que notre meilleur atout se tienne prêt à expédier ces vermines à l’autre bout de la galaxie. »


Dernière édition par Nero le Ven 12 Mar 2021 - 19:57, édité 1 fois


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Message par Variel Mer 10 Mar 2021 - 22:52

Bon chapitre une nouvelle fois !

Un vocabulaire toujours très adapté, une narration de bonne facture, quelques fautes mais rien qui pose problème.

J'ai encore plus hâte de voir la bataille spatiale après avoir vu les deux camps préparer leur stratégie ! Je viens de lire La Lance d'Ultramar de l'HH et je dois dire que ça m'y fait pas mal penser sur ce point. En tous cas, moi ça m'intrigue fort ^^

De même, la tension que tu continues à faire évoluer sur divers plans au niveau de l'alliance NL et IW continue a être intéressante, je suis intrigué de voir où ça va finir par mener les forces renégates.
Je suis un peu moins à fond dans la relation entre les IW loyalistes et les SW, mais c'est très subjectif : la VIe ne m'intéresse juste pas vraiment, et ça n'a rien à voir avec ton récit. (et d'ailleurs, j'aime bien le WE ^^)

Donc voilà, peut-être un peu moins de chose à en dire du fait du moment où on sent la tension qui se crée, mais encore une fois j'apprécie, et j'ai hâte de voir la suite !


- Si Variel réchappe vivant de cette folie, il viendra chercher l'enfant une de ces nuits, où que tu te caches.
- Il ne nous trouvera peut-être pas.
L'hilarité de Talos finit par se calmer, mais il continua à sourire.
- Prie pour qu'il ne le fasse pas.

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Message par Nero Mer 10 Mar 2021 - 23:02

Merci pour ton retour 🙂

Oui la tension monte c'est certain. Après ça, malheureusement pour les membres de la VI faut faire avc à haha. Moi j'ai mon Danokall qui me plaît bien aussi 😉
Je Regarderais pour les fautes merci 👍

Et tiens toi que j'ai attaqué aussi la Lance d Ultramar, je savais même pas qu'il était sorti en Fr!
J'y trouve un côté Dantioch, last survivor.


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Message par Nero Sam 13 Mar 2021 - 14:38

XVIII

De si bons éléments. Terroriser avant de frapper. Iron Wound.


 
Le Victory First commença sa lancée sans déployer ses armes. Il se tenait bien sûr prêt, jusqu’à ce que l’ordre soit émis, ou que la situation se détériore et qu’il ne soit obligé de répliquer. Mais pas avant pour ne nouer aucun soupçon.

Il traversa sans encombres l’espace qui le séparer jusqu’à la barge de la VIIIème et par-delà de la station. La flottille adverse était déployée en avant-garde de la station orbitale. L’ennemi espérait par son nombre pousser le vaisseau neutre pour l’instant, à tourner bride, ou à entreprendre une manœuvre qui annoncerait sa fin imminente.


Seule la barge de bataille Fury of Iron se tenait en retrait, ce pour une raison inconnue, constatait Bazilleuck Eunam depuis la passerelle de l’Iron Wound, encore à bonne distance des senseurs ennemis. Peut-être celle de protéger la station au cas où un de leurs deux vaisseaux parviendrait à franchir cette ligne de défenses quasi impénétrable.


Annilion elle, s’étalait sur plusieurs longs kilomètres dans le vide, ayant pour toile de fond cette petite planète autour de laquelle gravitaient bon nombre d'astéroïdes de tailles diverses. Tout autour de cette étoile volcanique, d'innombrables irruptions jaillissaient telles autant d'écume d'eau chaude dans un récipient. La ceinture créée n’était composée de rien d’autre que des résidus rocailleux et magmatiques propulsés depuis la surface. Des explosions minuscules de leur position, mais d'une couleur rougeoyante qui donnait l'impression que l'issue de cette bataille ne se terminerait que dans un nouveau bain de sang.

Serena Dior, fidèle à son poste, pensait à ces mots qu’elle avait eus il y a encore peu, juste avant que leurs effectifs ne se scindent en deux. C’était après le discours haranguant du Lieutenant-Commandeur dans le vaste hangar à chasseurs avec toutes les troupes réunies. Elle esquissa un sourire en pensant à cet échange qu’elle avait eu avec le Centurion ici même, au stratagium, avant qu’il ne rejoigne la frégate.

« Je ne crois pas le moment opportun pour observer le vide spatial, Centurion, lui fit-elle remarquer poliment.

« Figurez-vous que je pense. »

Elle tourna la tête dans sa direction une seconde.

« Et peut-on savoir à quoi pense sa seigneurie ? 

« A nous. A nos morts. A ceux qui n’assisteront pas à un autre combat demain. Aux vivants. A ceux qui combattront encore pendant longtemps après cette bataille. »

Elle se tourna qu’un quart de tour pour lui faire face.

« Ainsi avez-vous été modelés, vous et vos frères, lui répondit-elle solennellement. Apporter l’illumination, l’ordre et la volonté impériale. Ainsi avez-vous été créés, pour combattre toute menace se dressant contre le bouclier du genre humain. Ceci signifie aussi défendre l’Imperium de l’intérieur. De combattre celui que vous considériez hier encore votre frère. »

Il sonda la Maitresse de Pavillon. Elle disait vrai.

« Je vous admire, madame, lui dit-il en toute franchise. Elle se sentit quelque peu gênée. « Votre ferveur comme votre stoïcisme font honneur à la légion. Rares sont ceux qui ne le pensent pas. Ou ce sont des idiots alors. »


Serena risqua un sourire. Elle était flattée. Et c’était bien sûr le but. Le centurion lui-même esquissa un mince sourire en coin des lèvres. Elle l’observa sous ses traits marqués part plusieurs longues décennies de guerres brutales contre les ennemis de l’humanité. Elle pensait à lui comme à tous les autres qui s’étaient battus jusqu’ici pour défendre ce qui leur était cher, comme leurs vies à eux, personnel de bord, matelots, et autres serviteurs. Finalement, se dit-elle, étaient-ils aussi froids comme le fer pour ne pas avoir le moindre état d’âme ? à cette simple pensée elle contre disait toutes les rumeurs qui circulaient aux sujets des guerriers de la IVème de Fer.

« Puis je vous suggérer à présent de descendre vous joindre à la force de frappe dans les hangars? il serait mal venu de faire attendre ses troupes plus longtemps. Ou pire, que vos guerriers ne se battent sans leur chef à leur tête. »

L’Iron Warrior se tenait droit, deux fois plus grand que la capitaine de pavillon. Il l’aimait aussi pour sa franchise et son courage. Il esquissa un autre sourire.

« Une fois encore vous avez raison. Quel piètre meneur ferai-je à les faire attendre plus longtemps. Pire encore, s’ils devaient s’accaparer tous les lauriers sans moi ! » 

Il avait alors salué. Serena Dior, droite, lui rendit l’appareil.


« J’espère que nous nous reverrons Centurion. »



Ce dernier, déjà sur le départ tourna brusquement la tête.

« Cela madame, je l’espère. Mais si jamais quoi que ce soit devait m’arriver à moi et mes frères, j’ose espérer que vous tiendrez suffisamment longtemps pour envoyer le plus de félons dans les abysses ! »


« Est-ce que vous allez bien Maitresse de Pavillon ? la sortit de ses pensées une voix masculine. » 

Elle tourna la tête. Ce n’était plus le Centurion qui se tenait près d’elle.


« Pardon sergent, le reconnut-elle à ses marquages, « oui tout va bien. »

Ce dernier leva les yeux vers Bazilleuck Eunam discrètement et fut aussitôt gonflé à bloc en se disant avoir le privilège de se tenir parmi les plus grands guerriers jamais produits. Puis, une voix l’appela. C’était le Colonel Spens un peu plus loin, affairé sur des projections holographiques du croiseur et de ses différents ponts, entouré de plusieurs de ses hommes.

« Sergent Jaarl, venez ici. Il vint au pas de course. « Nous devons sécuriser ces sections ci au cas où on nous aborderait, désigna-t-il plusieurs secteurs clefs du bâtiment. « Votre groupe mené par moi-même aura en charge la passerelle. Vous avez vos ordres, rompez. »

Et il s’en alla auprès de ses hommes pour les mettre au parfum.

Bazilleuck Eunam observait Serena Dior avec une certaine compassion. Dire que de si bons éléments allaient très probablement disparaitre en ce jour, pensa-t-il. Il la voyait pensive, les yeux pas totalement en face des trous.

« Restez concentrée, lui souffla Bazilleuck Eunam en se penchant à son oreille. « Ce bâtiment a plus que jamais besoin de vous maitresse. »

A ces mots, elle inspira et fit un tour d’horizon de la passerelle. Elle voyait chaque homme et femme, chaque serviteur là où il devait se trouver. Elle voyait la Maitresse des Astropathes Ing Sae à sa console guider ses semblables depuis le cœur du vaisseau. Elle voyait également Till Kro le maitre des transmissions coordonner et analyser le flux de données entrant et sortant avec rigueur et calme. Elle voyait la fin de cette histoire se profiler. Et elle la voyait avec sérénité et calme, comme tout bon sujet de l’Empereur se devait d’agir et d’accepter son sort.

*

« Dans combien de temps ? s’impatientait Danokall.

« Bientôt War Hounds, répondit à voix basse le Centurion aux commandes de la frégate, quelque peu pensif.

« Ça ne me suffit pas ! Pourquoi n’émettent-ils pas ? attendent-ils que nous les percutions ? auraient-ils perdu l’esprit ?

« Nous vivons des temps assez fous, dois-je te faire remarquer, articula Brugwoll agacé par l’impatience de son frère d’arme. « Maintenant vas-tu la mettre en veilleuse une bonne fois pour toute ?! lui expédia-t-il en grognant.

« Des nacelles vous attendent, si vous êtes incapables de vous taire tous les deux, statua d’une voix dure le Centurion lui aussi bassiné de les entendre se quereller. »

Brugwoll marmonna quelque chose dans sa barbe et se détourna de son camarade de joute. Non loin se tenaient ses deux frères de livrée, Tormas Perce Œil et Kroma le Briseur, ce dernier à qui on avait soigné la jambe et la clavicule avant l’assaut. Tous deux s’exerçaient un peu à l’écart l’un contre l’autre. Tout proche également, un guerrier conversait avec un apothicaire. Ils parlaient des prisonniers détenus à bord de la barge ennemie. Ils devaient avoir une certaine importance à leurs yeux apparemment songea-t-il.

Soudain, un premier contact survint. Tous s’alarmèrent.

« Ah, enfin ! s’exclama Danokall.

« Ouvrez le vox, ordonna Celeste Rugor. « Mais n’émettez pas. »

Après plusieurs secondes interminables et parasitées, une ou plusieurs voix qui s’entre mêlaient, leur parvinrent aux oreilles dans une langue immonde.

« Que signifie tout ça ? exigea le War Hounds.

« C’est du nostramien, le fit taire le Centurion.

« Et qu’est-ce que ça dit ? »

C’était tout à coup comme si les voix qui émanaient des hauts parleurs léchaient chaque mur, chaque console, chaque serviteur, en passant d’abord en surface, puis en pénétrant au plus profond d’eux, jusqu’à…

Une première personne hurla. Puis une seconde. D’autres suivirent. Les voix serpentines qui sifflaient dans l’air se confondaient à présent avec les hurlements de terreur et d’épouvante des membres d’équipages apeurés.

« Eteignez tout ! sur le champ ! commanda le Centurion vétéran qui réagissait prestement.

« Qu’est-ce que tout cela signifie ? demanda Brugwoll interloqué mais pas secoué le moins du monde. »

Celeste Rugor, Hébor et Harrix se regardèrent alors. Avant même que les serviteurs affectés aux consoles de timonerie ne se manifestent, les trois Iron Warrior surent ce qui allait advenir après ce ballet de voix macabres. C’était là l’œuvre de la VIII. Terroriser avant de frapper.

La première bordée atteignit le Victory First et l’ébranla tout bonnement. Le Centurion s’anima sans attendre.

« Tout le monde à son poste de combat ! timoniers, ouvrez les sabords, feu à volonté ! Une fois que nous nous serons projetés, déguerpissez ! »

Un second en poste à la place du défunt commandant de bord salua et donna ses ordres.

« Vous autres, aux nacelles ! commanda le Centurion vétéran. »

*

« Monseigneur ! appela un serviteur, « la frégate répond à nos tirs, elle engage le combat contre le Twilight of Angels. »

Les doigts croisés, Karss Zaltar observait le combat au loin.

« Bien, très bien, comme nous nous y attendions. Ecrasons les une bonne fois pour toute.

« Ordre transmis !

« Comment se porte le Twilight of Angels ? exigea-t-il depuis son siège de commandement.

« Il se porte magnifiquement bien, seigneur. Il semblerait même que la frégate ennemie soit sur le point de succomber, seulement…

« Seulement quoi ? désira savoir le Night Lords en tournant la tête en direction du serviteur Primus en charge du personnel de la station.

« Des modules semblent avoir été largués et se dirigent sur votre vaisseau, monseigneur. »

Karss Zaltar se leva.

« Ils vont essayer de libérer leurs frères. Enfin, ce qu’il en reste. Kyriss saura quoi faire. Il se rassit.

« Seigneur ! aboya un autre homme à son poste, « signature énergétique décelée à cent milles de la station ! c’est le croiseur Iron Warrior ! »

Le Dépeceur se releva aussitôt, quelque peu décontenancé.

« Vous dites ? »

La voix du serviteur fut tout à coup étouffée par les tirs multiples s’écrasant contre le bouclier d’Annilion. Un voile bleu crépitant illuminait la passerelle. Karss Zaltar resta un instant là, cloué de surprise.

« Les sales cabots…murmura-t-il. « Ils osent… Il éleva cette fois la voix afin d’être entendu de tous. « Ils osent nous tirer dessus !

Le croiseur ennemi était sorti tout droit du dos de la frégate de la VIème. Il s’était tenu suffisamment proche de son champ pour que les deux vaisseaux ne fassent plus qu’un. Un grand risque encouru certes, si collision il y avait seulement eue. Le croiseur était à présent prêt pour libérer ses lances à énergie contre la station et le Twilight of Angels. Tout avait été méticuleusement préparé songea le Night Lords.

D’autres lances navales percutèrent la station, la faisant trembler.

« Boucliers à quarante et un pour cent, monseigneur ! déclara un serviteur.

« Nous ne pouvons pas rester là sans riposter ! s’alarma plus que de mesure le serviteur Primus. »

Karss Zaltar dégaina son bolter, tendit le bras, et d’un tir lui pulvérisa la tête en un gruau sanglant. L’espace d’un battement de cœur, le calme régna.

« Qu’attendez-vous pour utiliser le canon nova, à la fin ! s’écria-t-il face aux dizaines de serviteurs cloués de surprise et de terreur. »

Tous retournèrent à leurs tâches. Il faudrait bien encore quelques minutes avant d’entendre aboyer la gueule du canon.

Le commandant Night Lords s’adressa d’une voix clair et profonde aux serviteurs en dessous de son balcon.

 « Transmettez à la flotte d’engager le combat contre la frégate et le croiseur. Ajoutez aussi à l’attention de notre bon ami le Palatin de Fer, de se mettre en route, comme convenu. Et dites-lui, avec toute mon amitié, se prit-il d’un large sourire, « de se presser. »

Il se rassit à nouveau. Soudain, autre chose accapara son attention. Il pencha la tête de côté. Un de ses capitaines vint à portée d’oreilles.

« Serait-ce de nouvelles nacelles d’abordages que je décèle au loin ? n’en revenait-il pas.

« En effet seigneur, répondit Yachi Tor à la place du serviteur Primus. « Et elles s’approchent dangereusement. Elles se dirigent…

« Vers le canon nova, oui, le coupa Karss Zaltar. « Ils espèrent passer au milieu des tirs confondus à l’extérieur. Malin, très malin. »

Il fit un signe de la main. « Capitaine. Ils veulent s’emparer du canon, si ce n’est le mettre hors service. Je ne peux pas laisser ce don du Mechanicum causer notre perte. »

Yachi Tor s’avança et salua.

« J’attendais que vous me le demandiez. Sachez qu’aucun de ces pourceaux n’atteindra le canon. Mes guerriers et moi même vous le jurons, Dépeceur. »

Et ce dernier s’en alla, ses guerriers à sa suite.

« Oui, oui, marmonna Karss Zaltar. « Vos paroles, mes frères, commencent à être vide de sens. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 13 Avr 2021 - 17:09



XIX

Cap sur la barge ennemie. Voilà venir notre heure. En route.

 
L’Iron Wound était balloté en tous sens. Les tirs dirigés contre lui de cinq vaisseaux ne laissaient entrevoir qu’une mince échappatoire dans leur situation. Il s’agissait de tirs n’ayant qu’un seul but. La destruction. Les Night Lords ne leur feraient pas de cadeaux, ça n’avait jamais été l’idée. Les hommes de Bazilleuck avaient de suite su à quoi s’attendre. Comment pouvait-il en être autrement entre deux forces de l’Astartes de toute manière ? Surtout quand les ressources mises à contribution pour l’une comme pour l’autre des légions n’étaient là que pour l’annihilation ?


« Boucliers à quarante-sept pour cent commandant ! hurla Serena Dior accrochée à une console. « Nous devons nous écarter de leur trajectoire ! »


Les lances navales étaient crachées dans le vide depuis les innombrables bouches de canons issues des ponts d’armement de chaque bâtiment. Chacun des tirs creusait des sillons dans l’espace. Les obus de l’Iron Wound se rapprochaient d’Annilion. Certains d’entre eux firent exploser sur leur trajectoire deux escorteurs ennemis dénommés le Vicious Bat ainsi que l’Harvester. Les autres poursuivirent leur lancée jusqu’à ce qu’ils s’écrasent contre les boucliers de la station.


« Monseigneur ! lança la Maitresse de Pavillon, « la station!


« J’ai vu. Accentuez la cadence de tirs jusqu’à ce que le bouclier tombe ! répondit-il en voyant leur première bordée faire crépiter le champ d’énergie. »


Quelques instants plus tard, une lumière vive et aveuglante se créa devant eux, jusqu’à grossir et obnubiler toute la passerelle. Tous les mortels portèrent leurs mains à leurs yeux.


« Qu’est-ce que…, s’exclama le Colonel Spens. »


Un tir destructeur fonça droit sur eux et passa juste au-dessus de leur bâtiment, faisant virer les boucliers au rouge et sauter plusieurs tours d’habitation en son sommet.


« Canon nova ! hurla Bazilleuck Eunam. Il se tourna vivement vers le Colonel. Ce dernier soutint un moment son regard avant que le lieutenant-commandeur ne s’exprime. « Son temps de rechargement est long, nous devons en profiter.


« Pardonnez-moi, commandant, l’interrompit le Colonel, « mais j’imagine mal une seconde solution de tir nous manquer de la sorte au prochain coup ! Il faut nous désengager tout de suite ! »


Bazilleuck ferma les yeux et jura. Il ne tint pas rigueur de la remontrance de l’officier du Cycle Infernal. Ils avaient tout au plus dix minutes devant eux, avant que la station ne fasse feu à nouveau et ne les envoie dans les méandres du système. Ceci sans parler de la flotte réunie autour d’eux et qui les assaillait à présent telle une meute de loups affamée, lacérant leur bouclier de parts et d’autres.


« Nous devons mettre hors service cette arme, dit-il à voix basse. C’est la seule solution. Nos canons ne viendront jamais à bout de la flotte adverse en plus de la station.


« Monseigneur ? l’interrogea Serena Dior qui attendait ses ordres.


« Arkos.


« Lieutenant-commandeur, répondit ce dernier depuis la baie d’embarquement.


« Il est l’heure pour notre vénérable Laissé pour Compte de rendre une petite visite à nos frères déchus. Que la demi cohorte embarque en soutien de notre vénérable frère. Et que la chance vous sourit. »


Le lieutenant partit d’un rire rauque.


« A vos ordres commandant. Mais ne vous en faites pas trop pour moi. J’effacerai moi-même le sourire de ces rejetons du Night Hunter. »


Sans prévenir, une autre voix s’immisça sur le canal, se joignant ainsi à la conversation.


« Monseigneur, ici Le Techmarine Valdon. Je souhaite partir aux côtés de mon frère le vénérable Trator. J’aimerais être auprès de lui dans ses derniers instants. »


Bazilleuck Eunam réfléchit un moment à cette requête. Il savait pertinemment qu’en ce jour il perdrait beaucoup de ses frères dans cet engagement ô suicidaire selon les standards d’engagements spatiaux. Et puis, ce n’était pas comme s’il s’attendait à voir revenir qui que ce soit. Mais néanmoins, l’audace de cette attaque n’avait semblé souffrir d’aucun défaut jusqu’ici.


« Accordé, répondit-il. « Battez-vous honorablement.


« Comptez sur nous monseigneur. »

La liaison se coupa.


« A présent, sortez-nous de la trajectoire de ce canon ! Et faites-moi céder ces boucliers ! Il faut que nos nacelles d’abordages pénètrent à l’intérieur le plus près possible de leur pont d’armement. Maitresse de Pavillon. »


Cette dernière se retourna, fixe.


« Que tous nos tirs se concentrent sur les tourelles de la station en ce point ci, pointa-il du doigt l’hologramme de la station. Nous devons à tout prix offrir une entrée à nos troupes. 


« Commandant ! le coupa le Maitre des Transmissions, « signature énergétique découverte. Il s’agit du Fury of Iron. Il semblerait qu’il quitte le périmètre de la station et ne s’éloigne en direction de l’étoile. »


Bazilleuck inspira. Il se tenait droit. Au loin, en face de lui, son ennemi viscéral était en train de lui glisser entre les doigts. Il n’aurait peut-être pas de meilleure occasion que de lui mettre la main dessus. Toutefois, il devait faire un choix ; continuer d’affaiblir la station, ou se mettre en chasse. Il y réfléchit vite, très vite, puis donna ses nouveaux ordres. Ses frères devraient se débrouiller seuls. La vengeance personnelle prenait en cet instant le dessus sur leurs vies à tous. Il s’en voudrait pour toujours de ce choix égoïste et abominable.


Nous récupèrerons ceux qui seront encore présents si nous même nous sortons de cette affaire, pensa t-il.


« Abandonnez la station. Cap sur la barge de bataille ennemie. Concentrez toute notre puissance vers les boucliers. Une fois à porter, feu à volonté sur ce bâtard de traitre. »


*


Le chef de meute des Mentons Rouges regardait une dernière fois son heaume de bataille, la partie sous la bouche peinte de trois traits verticaux de sang. Il souriait en pensant à Fenris et à ses nombreux rituels et coutumes. Il souriait en pensant ses frères, lesquels devaient déjà avoir entamés les combats contre la XV légion. Il souriait à l'idée de mourir dans son combat à lui, ici, d'un millier de façons. Il chassa ces images pénibles de sa tête en un grognement bestial, puis il enfonça pour de bon son casque de bataille sur la tête.


Il se trouvait dans un module bélier, dont l’habitacle était éclairé de diodes rouges. Il se trouvait en compagnie de ses deux frères, du Centurion, et de plusieurs de ses guerriers en armure Terminators et une escouade tactique. Chacun d’eux était prêt et concentré. D’ici quelques instants, leur appareil allait passer au travers des boucliers déjà affaiblis de la barge de bataille. Cela n’anéantirait pas le module, puisque pourvu d’un disrupteur de bouclier, mais réduirait considérablement sa vitesse. Et c’était là que ça deviendrait amusant. Car les tourelles qui garnissaient la coque du vaisseau ennemi allaient s’en donner à cœur joie.


Brugwoll se mit à rire à pleine gorge à cette simple idée, bientôt suivi de ses deux frères qui se mirent eux à hululer tels les deux loups qu’ils étaient. Secoués comme ils l’étaient, Celeste Rugor et ses guerriers observaient le comportement des Space Wolves avant la bataille. D’habitude si taciturnes, cela les perturba sur le moment, avant de reconnaitre que les trois Astartes vêtus de peaux de bêtes allaient leur être d’une utilité fort bienvenue dans ce prochain combat.


Tous pouvaient entendre les tirs fuser tout près de leur bélier, lequel piquait droit en direction de la coque adverse. Bien avant d’atteindre leur destination, certains des appareils d’assaut explosèrent en des boules de feu grossières, avant de s’éteindre dans le vide spatial, les corps des défunts clairsemant l’espace.


« Trente secondes avant impact, annonça le Centurion. »


Chacun avait son arme qui reposait magnétiquement contre son armure. Epée énergétique, fléau, bolter ou arme de soutien à côté d’eux. Ces armes étaient toutes des instruments de destruction massive. Les Astartes vivaient et pensaient à travers elles.


L’instant fatidique finit par advenir. Le bélier traversa le champ de force de la barge ennemie. Sa vitesse ralentit considérablement, mais évidemment pas assez pour que ce dernier défonce la coque du bâtiment de plein fouet en lieu et place de l’impact localisé avant le lancement du module. Même à une telle vitesse, avec une telle force, il s’enfonça dans les entrailles du vaisseau, déchiquetant au passage plusieurs sections de pont.


« Voilà venir notre heure! hurla le Centurion. « Nous allons sauver nos frères des griffes de ces avortons et nous vengerons nos morts ! »


Ses guerriers approuvèrent et hurlèrent leur assentiment.


Le bélier s’arrêta enfin dans sa course. Il n’y avait pas de détonations jusque-là. D’un coup de botte, Celeste Rugor envoya voler le sas contre le mur du pont qui leur faisait à présent face.


« Pas de temps à perdre, en avant ! »


Le groupe sortit, foulant de ses pas pesants pour la première fois ce sol maudit. Tout était sombre ici. Tout était nauséabond. Ça sentait la putréfaction et le sang. 


« Des animaux, déclara Brugwoll en sous pesant le tibia d’un macchabé accroché à une cloison à l’aide de sa hache. »


Le Centurion ne se prononça pas quant à l’hygiène de vie qui devait être celle des Routs dans leur tanière du Croc ou à bord de leurs vaisseaux.


« Avançons, statua-t-il.  « Vous, s’adressa-t-il à un de ses frères, « entrez en contact avec les autres groupes. Qu’ils se dirigent vers le pont de détention. »


L’autre acquiesça.


Le groupe fit une centaine de mètres, lorsque tout à coup un groupe ennemi les croisa. Les premiers tirs de bolter retentirent, freinant ainsi leur progression.


*


« Où sommes-nous ? exigea Danokall à ses compagnons en secouant la tête. Elle lui tournait légèrement, mais cela allait passait dans les prochaines secondes, son métabolisme comme ceux des autres déjà en train d’œuvrer pour rendre leurs capacités et leurs sens optimaux.


« Est-ce que tout va bien, lui demanda l’apothicaire Hébor qui terminait d’extraire les glandes progénoides d’un de leurs défunts frères suite à l’impact. »


Le War Hounds ne répondit pas de suite. Il se retourna et observa leur module encastré entre deux cloisons, de biais. Il y avait eu des morts. Le pilote avait littéralement traversé le cockpit.


« Disons que je suis encore debout, donc je pense que ça peut allait. Il renifla. Il sentait l’odeur du sang. « Ça aurait pu être pire, ajouta-t-il. « Ça aurait pu être nous. »


Le guerrier en armure bleue et blanche salie d’éclaboussures de sang, de tirs, de coups de lames, partit en quête du chemin à prendre. Nul doute qu’ils n’étaient pas passés inaperçus.


« Mettons-nous en route, frères. Nous n’allons pas attendre sagement qu’ils arrivent, les tança-t-il tous. »


Leur groupe, composé plus que de onze guerriers se mit en route sans plus attendre. Le bélier d’assaut avait éperonné le pont de la barge de bataille avec force malgré le disrupteur qui avait freiné sa progression. Il y avait des dégâts multiples de plus ou moindre importance. Dans le corridor qu’ils prirent, les quelques diodes vertes et rouges sautaient par intermittence, et des câbles sortaient des murs, voire pendaient au plafond.


Ils se créèrent un chemin non sans résistance, tout d’abord avec les matelots de la VIII, lesquels se présentèrent rapidement à divers embranchements, bien entrainés et hautement fidèles à leurs maitres. Ils les mirent en pièces en quelques battements de cils. Puis, la vraie menace se profila moins d’une minute plus tard, le temps nécessaire aux guerriers adverses de se rendre d’un pont à l’autre afin de stopper une fois pour toute leur ascension jusqu’au pont de détention.


Un premier membre du groupe tomba à genoux, avant que son visage ne s’écrase face contre terre, le torse troué de bolts. Les guerriers du Night Hunter étaient dans leur élément. L’obscurité et les ténèbres. Danokall n’avait jamais eu à se battre de nouveau contre ses frères depuis que le schisme entre les légions avait éclaté. Or, ce n’était pas la première fois qu’il en massacrait. Au cours de sa vie, il avait fait des choses horribles et nécessaires, jusqu’à ce qu’il finisse par plier l’échine face à son père génétique et croire suffisamment en la justesse de ses actes. Le doute n’avait plus jamais été permis. Plus jamais. Jusqu’à ce qu’il apprenne tout récemment l’ignominie qui s’était déroulée sur Istvaan III. Du moment que l’on doutait une première fois, on finissait dès lors par faire du doute une de ses grandes qualités, au point de tout remettre en question. Même les siens.


Les bolts ricochèrent contre les armures. Le groupe d’assaut mené par le War Hounds, Hébor et Harrix ne tergiversa pas quant à l’idée de perdre du temps en tirs de couverture. Il leur fallait avancer. Danokall leur insuffla cet élan en se jetant sur les fétides rejetons de la VIII. Il sauta par-dessus un couvert de fortune et trancha l’armure du guerrier devant lui. Les deux tronçons se détachèrent, formant une marre de viscères à ses pieds.


Deux guerriers ennemis se jetèrent sur lui, mais Danokall était un guerrier talentueux bien que barbare sous de nombreux aspects. Sa furie prévalait sur ses adversaires. Très vite, l’escouade envoyée les retenir vola en lambeaux lorsque les deux derniers Night Lords reculèrent et qu’ils se firent fauchés par les tirs cadrés des Iron Warriors à leurs trousses.


« Voilà la véritable nature des fils du Night Hunter ! aboya le War Hounds en brandissant ses haches en l’air d’un air de triomphe. « Tous des couards !


« Nul ne sait s’ils rejoignaient d’autres de leurs frères à une autre intersection, répondit à cela Harrix qui reçut l’approbation de l’apothicaire à ses côtés. »


Danokall grogna quelque chose. C’était un guerrier sanguin, bien au-delà des standards que certains d’entre eux avaient bien pu voir au cours de leur existence chez d’autres World Eaters.


« Très bien, statua le guerrier de la XII dans son armure maculée de sang. « Dans ce cas, allons les déloger. Je ne voudrais pas que mes lames s’émoussent et que vos bolters s’enrayent mes frères, esquissa-t-il un sourire en coin avant de reprendre leur route. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mer 28 Avr 2021 - 14:42

XX


Canon Nova. L’Empereur veille. Ode fraternelle pour la guerre.


Les nacelles n’atteignirent pas toutes l’objectif. A cause des nombreuses tourelles disséminées sur la station, beaucoup de combattants du Mechanicum avaient trouvé la mort avant d’exercer leur colère contre l’ennemi de l’Omnimésie. Ces derniers gisaient à présent dans l’espace, plus froids encore que ce que leurs nombreux implants et augmétiques avaient fait d’eux. Au même titre que déjà deux vaisseaux – deux escorteurs - en train de partir en lambeaux non loin de la station, chose assez improbable que seul un bon capitaine à l’évidence avait pu, par un plan minutieusement orchestré, mener à bien.


Néanmoins, les propriétaires de la station jubilèrent lorsque le second coup de semonce tonna, et que le nouveau tir du canon nova éructa et percuta de plein fouet non pas le croiseur, mais la frégate en prise avec le Twilight of Angels. Karss Zaltar avait changé de cible afin d’être sûr d’avoir le champ libre pour le croiseur restant. Le petit bâtiment avait très bien mené son office, mais sa fin avait sonné. La poupe avait volé en éclat, ce qui ravissait Karss Zaltar qui exultait sur son trône. Mais il comprit très vite qu’il n’avait remporté là qu’une partie de sa vengeance. 


Tous les guerriers à bord de la frégate, savait-il à coup sûr, étaient sur son propre croiseur maintenant, certainement à se mener un chemin sanglant à coups de lames et de bolters jusqu’à leurs frères retenus prisonniers. Peut-être lui fallait-il passer l’ordre à son lieutenant déchu que d’abattre ces derniers ? songea t-il.


Quoi qu’il en fut, sa colère atteint son paroxysme quand il reçut les premières transmissions d’un sergent d’escouade en charge du canon nova, l’avertir de la présence d’ennemis sur leur pont d’armement. Le Dépeceur avait bondi une fois de plus. Si ses propres hommes n’étaient pas capables de venir à bout de quelques dizaines d’assaillants, il voulait bien être damné. Il se leva, pris congés en laissant les mortels en charge de la passerelle, puis se dirigea vers le canon nova. Un peu d’exercice ne lui ferait pas de mal après tout.




« Tuez-les tous ! ordonna Arkos qui abattait son fléau dans la plaque faciale d’un adversaire. « Qu’il n’en reste plus un seul ! »


Valdon était sur ses pas, ainsi qu’une quinzaine d’autres guerriers aux ordres du lieutenant. Leurs fonctions vitales étaient bonnes, malgré un taux de pertes affligeant plus les minutes passaient. Ils étaient sur une station orbitale ennemie. Une position fermement défendue par des troupes endurcies et sans peur.


Il abattit de deux bolts un guerrier qui sortit des ombres, une lame à deux mains au-dessus de sa tête. Le Night Lords s’écroula. De divers embranchements des troupes ennemies arrivaient en criant et en proférant des insanités dans leur langue vile. Les skitarri émergèrent à leur tour d’un sas, leurs carabines à radium déstabilisant les armures adverses et les perforant par leur nombre. Des corps commencèrent à tapisser le sol, et le sang à le repeindre.


Pris ainsi au dépourvu, les renégats opérèrent une retraite en bonne et due forme, moins nombreux en cet instant. Il était hors de question de fuir, mais de tenir leur positions en attendant des renforts qu’ils savaient tout proche. Depuis deux corridors adjacents l’un à l’autre, des escouades semi-décimées des Night Lords maintenaient la pression par un feu nourri. L’ennemi était en nombre, peut-être deux cents guerriers avaient investi le pont d’armement. Et parmi eux, plus d’une dizaine d’Iron Warrior loyalistes encore debout.


Les guerriers de la VIII ne le sentaient pas. Et comme pour accentuer leur crainte soudaine, ils ne comprirent que trop tard que l’ennemi ne cherchait pas à les massacrer à tout prix, mais en fait à faire exploser le canon nova qu’on leur avait expressément ordonné de protéger. Ceci, ils le constatèrent par le cercle protecteur érigé par les Astartes autour des skitarii à l’œuvre.



Les sergents d’escouades communiquèrent sur la marche à suivre faute d’ordres venus d’au-dessus, quand soudain dans leur dos, le bruit de pas lourds les fit se retourner les uns après les autres. Cinq guerriers en armures Terminator venaient d’arriver pour leur prêter main forte. Les Night Lords jubilèrent à nouveau.


Tandis que la hampe de la hallebarde du capitaine Yachi Tor tapait contre le sol de métal, les quatre autres Terminators déployèrent leurs armes - des doubles canons et des griffes éclairs – puis avancèrent en un rang serré pour semer la mort.


« Relevez-vous feignants ! rugit le capitaine de la 41e. « Cette station ne va pas se purger toute seule ! Tuez-moi ces avortons ! »


*


« Nous décélérons Lieutenant-Commandeur ! hurla Serena Dior. « Boucliers à dix-neuf pour cents ! nous n’atteindrons jamais le vaisseau ennemi ! »


Bazilleuck Eunam, fou de rage depuis des semaines après l’horreur de Corona VI, ne pouvait plus contenir sa colère.


« Je vous interdis de dire une chose pareille ! dirigez toute l’énergie nécessaire sur les propulseurs ! »


La capitaine de pavillon n’en revenait pas. Elle ne comprenait plus. Si, elle comprenait très bien à dire vrai. Elle avait prêté serment elle aussi. C’était un aller simple. Le dernier. Elle le regarda, triste, tandis que lui était focalisé sur le bâtiment adverse qui les narguait à distance.


« Toute l’énergie restante sur les propulseurs, ordonna-t-elle alors que les membres de la passerelle la questionnaient du regard. Ing Sae. Till Kro. Tous se connaissaient. Un tel ordre de sa part signifiait tout. Et eux aussi avaient été mis au parfum. « Exécution ! »


Au détriment de ses boucliers, l’Iron Wound piqua jusqu’à la barge de bataille ennemie. Le croiseur se rapprochait dangereusement, Serena Dior le savait, mais n’en avait pour tout dire, plus cure du tout. Elle nota que la frégate alliée avait été détruite, qu’elle n’était plus, comme les milliers de membres d’équipage à son bord. Elle ne se donna pas la peine de faire l’annonce. L’histoire se répétait sans cesse. Et elle se répéterait bien une fois de plus pour eux, savait-elle pertinemment, en jetant un regard en direction des quelques bâtiments adverses s’assurer de la mort de la frégate par ultime une bordée, comme si la puissance du canon nova n’avait pas été suffisante.


« Que toutes les troupes restantes se tiennent prêtes à être larguées, prononça Bazilleuck Eunam à travers tout le vaisseau à l’attention du colonel Spens sur la passerelle, de Ranos Clerg déjà dans le hangar, ainsi que de ses guerriers restants. « Capitaine de Pavillon, se tourna-t-il vers elle avec un sourire railleur déterminé.


« Evitons les grandes phrases je vous en prie, Lieutenant-Commandeur, lui répondit-elle sèchement. « Faites ce que vous avait à faire, et laissez-moi accomplir mes derniers devoirs. »


Il sourit alors, et il ne lui fallut pas longtemps pour qu’elle lui rende l’appareil.


« Que l’Empereur soit avec vous Maitresse. Décrochez dès que nous aurons décollé.


« Et puis quoi encore, lui répondit-elle, le regard toujours braqué sur la barge de bataille ennemie. « Ils vont voir ce qu’on a dans le ventre nous aussi, jura-t-elle à l’attention du Lieutenant-Commandeur et de tous ceux à bord, via les vox et hauts parleurs du vaisseau. »


Mais Bazilleuck Eunam était déjà parti et il ne resta vite plus que les quelques milliers de membres d’équipage sous ses ordres. Un équipage finement préparé au destin qui les attendait. Des hommes et des femmes qui rugirent d’ailleurs leur assentiment à la fois sur la passerelle comme à travers tout le croiseur lorsque ses mots leur parvinrent. Et c’est le cœur gonflé à bloc, gonflé de fierté, que Serena Dior se retrouvait de nouveau maitre de son propre bâtiment, comme par le passé.


*


Le Fury of Iron était parvenu a attiré dans son piège le croiseur ennemi. Non sans mal ceci dit, puisque ce dernier n’avait eu de cesse de les canarder jusqu’à ce qu’ils se mêlent à la ceinture gravitationnelle autour de la petite lune rougeoyante.


« C’est bien, grogna de plaisir Ekos Torar. « C’est très bien, du bon travail à tous ! maintenant, s’appuya-t-il à la balustrade du balcon qui nichait au-dessus du reste de la passerelle, « que notre plan se mette en marche. »


Tout à coup, quatre vaisseaux apparurent. Trois escorteurs et un croiseur. Ils sortirent de derrière les astéroïdes gravitant en une seule et même direction tout autour de la petite planète. Sûr que l’Iron Wound n’avait rien vu venir. De ça, le Palatin de Fer en était certain. Il devait avoir été impossible au croiseur ennemi de détecter un quelconque autre vaisseau dans ce maelström. Et maintenant leur piège allait se refermer.


*


Il était trop tard pour faire machine arrière. Le croiseur à présent aux ordres de Serena Dior n’avait plus le choix de la manouvre. Ils s’étaient approchés suffisamment près pour permettre au Lieutenant-Commandeur de se propulser sur la barge adverse.


Pour les aider, et sachant leurs chances de se sortir de cette bataille plus que dérisoires, la Maitresse de Pavillon avait néanmoins redirigé le flux d’énergie restant sur les boucliers à la proue du bâtiment, avant d’ordonner le branlebas de combat.


Les batteries à tribord étaient déjà chargées, ceci avant même que l’ennemi n’ait ouvert le feu. Les canons rugirent et crachèrent leurs ogives et leurs lances plasma qui ricochèrent contre les boucliers adverses. Cela les affaiblit un peu, mais il fallait au moins une autre salve de la même ampleur pour penser les voir arriver à un éventuel point de rupture.


« Rechargez les batteries ! feu à tous les canons sur mon ordre ! »


Till Kro relaya l’ordre. Les timoniers à leurs postes se tenaient près. Ils n’avaient jamais été aussi prêts et lucides qu’en cet instant. Moins d’une minute s’écoula avant que son ordre n’advienne. Entre temps, la barge ennemie ne les manqua pas. Le navire trembla de douleur, leur bouclier disparut et les tirs ennemis creusèrent de profonds sillons dans la coque du croiseur d’attaque.


« Maitresse de Pavillon ! hurla Ing Sae. « Ils pleurent, ils pleurent d’une fin atroce ! D’une fin inéluctable dont tous voient l’issue fatale ! »


Serena Dior n’avait pas le temps de s’attarder sur les traductions de la maitresse des astropathes. Néanmoins, elle en comprit suffisamment pour saisir qu’ils étaient en mauvaise posture, chose qui n’était pas nouvelle.


« Les prochains tirs seront fatals ! s’égosilla Till Kro à son attention.


« Je sais tout ça ! s’écria-t-elle. Elle vit que les batteries étaient chargées. « Faites feu sur la barge ennemie. Voyons comment elle s’en sort après ça. »


La nouvelle volée de lances plasma percuta les boucliers adverses. Cette fois, ces derniers se rompirent, même s’il fallait s’attendre à ce qu’ils se rechargent bien plus vite que tout autre vaisseau. C’était une barge de bataille de l’Astartes après tout.


« Contactez le Lieutenant-Commandeur. Dites-lui qu’il peut lui et ses hommes pénétrer dans le ventre de la bête. C’est maintenant ou jamais. Que nos chasseurs les escortent, ils auront eux aussi l’opportunité de croiser le fer.


« Ordre reçu et transmis maitresse. Il ne reste cependant pas assez de pilotes pour nos chasseurs, lui fût-il envoyé en retour par un serviteur à son poste.


« Qu’ils décollent quand même ! aboya-t-elle sans même détourner le regard de leur objectif. « Mieux vaut qu’ils meurent en combattant qu’à l’intérieur de ce croiseur ! »


Elle regardait l’immense bâtiment Iron Warrior devant eux, tout de fer vêtu, tout de fer remarquable comme l’était leur propre navire. Il était navrant de voir où le cours des évènements les avait conduits, surtout après tant de guerres et de sang versés. Elle chassa cette soudaine pensée et revint à la réalité qui était malheureusement la leur.
Le Fury of Iron faisait à nouveau feu de toutes ses batteries bâbord. Les tirs ne rateraient pas. Ils allaient mettre en lambeaux l’Iron Wound. Personne ne se souviendrait d’eux, de leur sacrifice dans cette partie de la galaxie.


La Maitresse de Pavillon voyait les quatre autres bâtiments émerger de la ceinture gravitationnelle autour de la lune en effervescence. Et elle eut une idée.


« Timoniers, les appela-t-elle. « Prochaine et dernière bordée sur ces astroïdes là-bas. Choisissez vos cibles. Leurs éclats seront pour ces vaisseaux comme une montagne s’écrasant sur eux. Ils ne résisteront pas aux impacts d’aussi près. »


Les hommes se pourléchèrent d’un plan aussi audacieux. Ils comptaient emporter un maximum d’ennemis ? Et bien par cette action ils seraient comblés.


La bordée ennemie arrivait à grande vitesse. Trop vite pour pouvoir manœuvrer si seulement on eut donné un tel ordre.


« Feu, prononça alors Serena Dior dans un dernier ordre. »


Elle savait que ses hommes feraient mouche. Elle le savait. L’Empereur y veillait. Tout disparut dans un voile d’explosions cataclysmiques lorsque les tirs ennemis les désintégrèrent.


*



Les nacelles d’abordage et les Thunderhawk de Bazilleuck Eunam se frayaient un chemin dans le sillon de tirs engendré par la bataille spatiale autour d’eux.  A leurs côtés, quelques chasseurs volaient en formation défensive pour les protéger des tirs et des chasseurs ennemis, quand il ne s’agissait pas de de mener un duel singulier à travers cet affrontement.


Par l’habitacle du pilote, le Lieutenant-Commandeur vit l’ultime bordé de l’Iron Wound faire exploser les météores au loin dans des explosions qui ne laissèrent aucune chance aux nouveaux vaisseaux renégats dévoilés.
Il fut bluffé par un tel acte, mais surtout fier de savoir que sa Maitresse de Pavillon avait donné un tel ordre. L’éclat non pas de shrapnels au loin, mais bel et bien de morceaux de roche gros comme des spires d’habitation atteignit les vaisseaux ennemis, les faisant exploser tels autant de nouveaux soleils, avant d’être réduits au silence dans les minutes qui s’écoulèrent.


Toutefois, bien plus proche, ce traitre d’Ekos Torar avait envoyé sur eux plusieurs escadrilles afin de les empêcher de pénétrer dans la barge de bataille. Peine perdue cependant, songea le Lieutenant Commandeur, quand il avait vu l’avant dernière bordée du croiseur faire tomber les boucliers ennemis.


« Pressons, pilote ! je ne veux pas nous voir voler en éclats lorsque ces boucliers seront rétablis ! »


Plusieurs nacelles avaient déjà explosé, transportant essentiellement des membres du Mechanicum et des hommes du Cycle Infernal. Bazilleuck Eunam espérait que Ranos Clerg fusse parmi les survivants qui atteindraient la barge de bataille.


Non loin de leur module, un chasseur d’escorte vola en éclats lorsque plusieurs tirs l’abattirent. Certains rompirent la formation autour des quelques nacelles et autres modules d’abordage pour écarter la menace que représentaient les escadres ennemies.


Bazilleuck savait qu’aucun de leurs chasseurs de s’en sortiraient. Serena Dior les avait faits décoller pour leur permettre de jouer leur rôle dans cette bataille et permettre au Lieutenant-commandeur d’avancer avec moins d’entrave. Mais au fond, il appréhendait l’issu de cet engagement.




Le colonel Spens se trouvait dans la soute, accrochés comme une trentaine d’autres de frères d’armes, dont Jaarl, qui fermait les yeux et murmurait discrètement une prière à l’Empereur. Il voyait tous ces hommes et femmes prêts à livrer leur ultime combat au nom de l’Empereur.


Une quinzaine de space marines se tenaient aussi debout à leurs côtés, parmi lesquels ce qu’il restait des Terminators qui n’avaient pas déjà embarqués avec Celeste Rugor. Cela réconfortait les hommes du Cycle Infernal de savoir qu’ils aient pu monter à bord du même engin que les transhumains. Cela témoignait qu’ils n’étaient plus des moins que rien. Plus cette simple chair à canon qui pouvait se volatiliser à tout instant, se rappelait-il les propos d’Inryr.


« Gardez à l’esprit que si nous mourrons, nous mourrons aux côtés de dieux vivants, prononça Spens à l’attention de ses hommes. C’est un jour glorieux. »


Un Iron Warrior se mit à chanter la litanie de fer. Puis un autre, avant que tous ceux à bord n’en fassent de même. Quand Bazilleuck Eunam se retourna, il les rejoignit dans cette ode fraternelle pour la guerre.


« Chantons mes frères. Et n’oublions pas ces hommes qui vont mourir à nos côtés, désigna-t-il le colonel et ses hommes. « Ils sont nôtres. »


Ainsi galvanisés et pris en considération, plus que chacun aurait pu imaginer, ils chantèrent ensemble, allant droit dans la gueule du loup.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Lun 10 Mai 2021 - 19:14

XXI

     Chaque chose en son temps. Sortir d’ici. Nous en viendrons vite à bout.


Son énorme épée tronçonneuse achevait le dernier de ses frères parjures. Sa lame dégoulinait d’un sang riche, celui d’un ancien camarade avec qui il avait probablement déjà combattu. Ainsi en allait-il avec le temps, avec les affres de la guerre. Avec les croyances des uns et les convictions erronées ou non des autres.


Trois de ses frères en armures Terminator se tenaient à ses côtés, tous de l’hémoglobine recouvrant leurs carapaces d’adamantium quasiment inviolables et inarrêtables.


« Un bien sale travail que voilà, fit un des guerriers.


« Bien que nécessaire, nous le savons tous, répondit un autre de la haine dans la voix. »


Celeste Rugor se retourna pour leur faire face. Derrière ses hommes se trouvaient son escouade et les trois loups, lesquels parachevaient leur office en prenant soin que chacun de leurs ennemis était bien mort, avant de prélever sur eux un trophée digne du combat passé.


« Ne nous arrêtons pas plus, les tança-t-il tous. « Qui sait seulement ce que l’ennemi peut envoyer contre nous. Ce n’était que des guerriers en armures. Je doute que ce soit là tout ce qui compose ce bâtiment sordide. »


Brugwoll grogna son assentiment en redressant la tête.


« Tu as raison Centurion. Hâtons-nous ! d’autres attendent de succomber de nos lames. »


Les quinze guerriers reprirent leur progression, laissant dans leur dos trois de leurs défunts frères d’escouade.


« Cet endroit respire la traitrise, aboya Torma Perce-Œil en crachant un flegme.


« Mon frère à raison, répondit Brugwoll. « La VIII possédait déjà en elle les gènes de la trahison. Il ne leur aura visiblement manqué qu’un pas pour se retrouver du mauvais côté. »


Le Centurion écoutait. Il écoutait ce que les loups disaient, et il écoutait aussi ces voix derrière ce voile de ténèbres formé par une fumée ambiante, jouant de figures et d’arabesques lors de leur ascension jusqu’au pont de détention. Un peu comme si on les suivait, ou qu’on leur indiquait la voie.


« Restez concentrés vous autres, ne vous éparpillez dans des pensées annexes à la mission. »


Ils se rapprochaient. Selon leur géo-localisateur, il se trouvaient un pont en dessous des geôles. Ils se doutaient qu’elles seraient bien évidement gardées, et même bien gardées. Cela n’allait pas être une mince affaire que de porter secours à leurs frères, surtout avec potentiellement des centaines de guerriers à leurs trousses.


« Avons-nous au moins une idée de comment sortir d’ici après ? souleva Kroma le Briseur. « Je n’ai plus de liaison avec la frégate. Nous devons supposer que cette dernière n’est plus.


« Moi non plus, je n’ai plus rien, renchérit Brugwoll.


« Chaque chose en son temps, loups, releva Celeste Rugor. « Nous sortons nos frères de là et ensuite nous penserons à comment nous évacuer. »


Cela convint parfaitement aux Space Wolf qui s’abstinrent de tout nouveau commentaire.


« Sommes-nous les seuls à avoir mis pied à bord ? souleva Torma Perce-Œil après quelques instants.


« Non, répondit Celeste Rugor. « J’ai l’identification de certains de mes frères sur notre flanc gauche. Quelques signatures énergétiques également sur le flanc droit au même pont. Pour le reste, je me fie à ce que j’ai. »


Le loup renifla et se contenta de cette réponse. Leur ascension promettait d’être intéressante.


« Plus que quelques centaines de mètres, leur communiqua le centurion vétéran. « Pressons. »


*


« Vous entendez ? leur fit remarquer le lieutenant Capone Zuvar, les mains accrochées aux barreaux de sa cellule.


« On dirait des tirs, reconnut le sergent Timalt Verosen. »


Le capitaine Ipanov Hoccard se redressa. Lui aussi entendait des détonations.


« Les fils du Night Hunter seraient-ils soudain devenus fous au point que de s’assassiner entre eux ?


« Ce ne serait pas chose nouvelle à ce que je sais, articula Faum Dravell dans un coin de sa cellule.


« Qu’ils s’entre tuent, bon débarrât. Il me tarde de savoir la progéniture de Curze disparaitre, renchérit Craxus avec colère, sa blessure toujours douloureuse. »


Ipanov Hoccard voyait les gardes en faction des deux côtés du pont de détention. Aucun d’eux ne bougeait. Ce qui pouvait bien se tramer dans leur dos ne les intriguait nullement. Leurs ordres étaient de tenir ce pont et de garder à l’œil les prisonniers.


« C’est bien étrange tout de même, souleva Attix à ses côtés. « Pensez-vous capitaine que nos frères auraient orchestré une mission de sauvetage ? »


L’idée lui avait traversé l’esprit, bien sûr. Mais cela paraissait impossible. Il savait leurs troupes insuffisantes pour tenter une telle action. C’était du suicide. A moins que ce ne fut là plus que leur dernière issue.


« Si tel est le cas, prononça le capitaine, « alors nous devrons tirer avantage de la situation quand le moment viendra. Nous devrons nous diriger vers la passerelle ou les nacelles.


« C’est là un pari risqué. Nous ne sommes qu’une poignée, face à une barge toute entière. »


Ipanov Hoccard indiqua du regard le côté du pont où il savait leurs geôliers avoir entreposés leurs armes et armures.


« Si nous parvenons à sortir d’ici et à nous procurer de quoi combattre, je pleure les Night Lords à l’avance. »


Attix souriait d’impatience.


*


« Lieutenant, vous venez avec moi, lui ordonna Kyriss de le suivre en fulminant. »


Salatar Holl s’exécuta.


« Des guerriers sont parvenus à nous aborder. Cela parait tout bonnement inconcevable je vous l’accorde, néanmoins c’est le cas. Et je ne crois pas nos hommes sur place parvenir à endiguer leur progression. »


Salatar Holl écoutait son homologue. Il lui vouait autant de haine que ce dernier lui en témoignait. Ils ne s’aimaient pas, et à juste titre.


« Et comment comptez-vous vous y prendre ? se surprit l’ancien lieutenant de Silmilon à relever.


« Nous avons des ressources qu’ils n’ont pas. Nous allons nous en servir. Il marqua une pause. « Et puis je sais qu’ils veulent quelque chose que nous possédons. »


Salatar Holl plissa le front derrière son casque.


« Les détenus ? vous pensez qu’ils viennent expressément pour eux ?


« Pour quoi d’autre ? répondit Kyriss en levant les bras d’interrogation. « Je ne vois que ça. »


En chemin, les deux hommes qui avait laissé la passerelle aux commandes d’un sergent, formèrent un groupe de combat avec les unités qu’ils parvinrent à rallier. Près d’une cinquantaine de guerriers se dirigeaient vers le pont de détention. Kyriss n’avait aucunement l’intention de prévenir les geôliers de leur arrivée, comme de celle des intrus qu’il savait manifeste. Moins l’ennemi en saurait, plus la surprise serait jouissive.


« Le lieutenant Varphos est déjà sur place, ajouta Kyriss, « il n’attend plus qu’un ordre. Et d’autres unités sont en provenance de divers autres points pour converger vers les cellules.


« Savons-nous à combien d’ennemis nous devons nous attendre ? »


Kyriss fit un geste nonchalant de sa main.


Quelques groupes épars, toujours perdus dans leur quête vaine de reconquérir les peuples égarés de l’humanité. Nous en viendrons vite à bout. Je vous en fais le serment. »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Jeu 20 Mai 2021 - 13:05

XXII

 Faire la jonction. Tomber en morceaux. Tombés dans leur propre piège.


 
La hallebarde du capitaine Yachi Tor faisait des ravages dans les rangs loyalistes. Cette dernière scindait les armures en deux. Elle coupait aux travers de ces dernières comme dans du beurre, rependant du sang à foison et des escarbilles d’os.


Autour de lui, tout n’était que tuerie. Il démontrait lui et ses frères, l’élite de la légion détachée de la 1ère compagnie, comment mettre à mort un ennemi. Et Yachi Tor savait très bien faire son travail.


Dans une pirouette, il fondit sur un nouvel assaillant, la chaine de la lance creusant dans la carapace du skitarri qui se présentait, avant qu’elle ne s’enfonce dans son abdomen.


Le capitaine de la 41e explosa de plaisir.


Ses propres hommes et le reste des Night Lords se retrouvaient confondus dans cette mêlée gravitant autour du canon nova, lequel avait cessé de tirer dès que les combats l’avaient atteint.


Cet affrontement n’était d’ailleurs rien d’autre que la possession par un camp ou un autre du canon titanesque. Celui qui possédait cette arme maitrisait le champ de bataille. Et de surcroît, obtenait la victoire.


Les skitarris tombaient pèle mêle. Des dizaines d’entre eux gisaient au sol dans des mares de sang, accompagnés de plusieurs Iron Warrior ainsi que de guerriers de la VIIIe.


« Lieutenant Arkos, si nous restons dans son sillage, c’en est fini de nous ! s’écria Valdon. »


Arkos abattit son fléau sur un ennemi proche, lequel évitait coup sur coup. Le lieutenant, renfrogné, se jeta sur lui et en finit quelques secondes plus tard. Quand il se redressa, les corps d’alliés comme d’adversaires à ses pieds, il se permit une réponse brève au techmarine.


« Frère, occupez-vous de ce canon, et veillez à ce qu’il ait de quoi le faire sauter dix fois ! »


L’autre opina du chef.


La combat allait de mal en pis. Des combats avaient éclaté de partout sur le pont d’armement. Des poches isolées affrontaient par endroits des cellules plus importantes, parfois l’inverse.


Très vite, les loyalistes se sentirent en infériorité numérique. Ce capitaine adverse leur en faisait voir. C’était un très bon combattant. Mais il était l’heure pour Arkos qui voyait ses frères tomber les uns après les autres que d’en finir.
Dans un hurlement de rage, le lieutenant courut, prit appui sur une section du canon, et fléau brandit, alla porter le coup de grâce à ce capitaine certes félon, mais terriblement efficace.


Yachi Tor vit le guerrier venir. Il tint fermement sa position, et répondit également par un cri de guerre à tétaniser les mortels.


La hallebarde écarta aisément le fléau du nouveau venu, bien que d’un autre côté, il reçut du bolter dans l’autre main, deux tirs qui lui criblèrent le plastron. Le Night Lords, malgré les impacts soudains, envoya voler sur le côté le lieutenant Arkos qui cracha un flegme de sang avant de se redresser et retourner aussitôt au combat.


Ils échangèrent de cette manière des passes d’armes guère élégantes. Pas de finesse en cet instant, seule l’agressivité et la furie avaient leur place ici. Et chacun des deux guerriers usait au mieux de sa force physique ainsi que de sa haine respective pour prendre le dessus.


Comme un dément, Arkos faisait pleuvoir coup sur coup contre le capitaine adverse. Son armure le répugnait. Ses couleurs le révulsaient. Son égocentrisme prononcé par-dessus ses airs mondains le dégoutait.


Yachi Tor trouva le duel distrayant, mais ce n’était pas là un bon bretteur. Il commençait à s’ennuyer. Et comme toute personne s’ennuyant, on finissait par se lasser et mettre au rebus l’objet de désintéressement.


« Tu as beaucoup à travailler, guerrier de fer, articula Yachi Tor derrière les diodes rouges de son heaume ailé. « Tu n’aurais pas dû te dresser contre moi. Maintenant tu vas mourir ! »


Pour seule réponse, Arkos jeta son pistolet bolter vide, et à deux mains leva son fléau pour l’abattre comme une masse sur la tête de son opposant.


Le capitaine Night Lords n’eut qu’à se baisser et d’un demi-tour joliment exécuté, trancher dans l’armure puis les chairs.


L’élan de l’Iron Warrior retomba net. Médusé, estomaqué, Arkos s’effondra en deux parties distinctes. Il entendit quelque part Valdon hurler quelque chose. Et la dernière chose qu’il vit fut le visage narquois de ce sombre guerrier pourtant à la peau si pâle, daigner relever la visière pour le saluer cyniquement.


*


Les torpilles d’abordage percutèrent la coque de la barge ennemie avec toute la violence et la haine que la IV pouvaient déployer. Elles s’arrimèrent à la peau grise et terne du Fury of Iron avant que leurs sas ne s’abattent sur le pont et que les premiers combattants n’en sortent.


C’est en criant leur colère et leur haine sur tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin, que les assaillants semèrent la mort. A coups de lames et de bolters, les guerriers de Bazilleuck Eunam réduisirent en charpie les adversaires qu’ils rencontrèrent.


Ils avaient abordé lui et ses hommes un pont pas si éloigné de la passerelle. Le Lieutenant commandeur espérait que les autres ne fussent pas trop loin, ni trop isolés. Il leur faudrait toute la puissance du nombre pour résoudre cette histoire. Et assurément que l’ennemi avait de la puissance, et de feu et dans le nombre, qu’il ne tarderait pas à envoyer contre eux.


Le commandant Iron Warrior se trouvait en présence de tous ses guerriers embarqués dans la torpille ainsi que la majeure partie des hommes du colonel Spens. Certains ayant été littéralement projetés et broyés telles des pantins désarticulés lorsque le module avait percuté la coque.


« Colonel, articula le lieutenant commandeur en regardant à gauche puis à droite si sur le pont où ils se trouvaient, il n’y avait pas de nouvel ennemi. « Etablissez moi le contact avec les autres groupes. Que tous convergent vers cette position. »


Ce dernier opina avant de se tourner vers un de ses hommes.


« Jaarl, à vous de jouer. Vous avez entendu le lieutenant commandeur ? »


Celui-ci fit comme il lui était demandé. Il posa un genou à terre. Il était entièrement équipé de son armure carapace, comme ses frères d’arme qui sécurisé le carrefour où ils avaient pris position.


Après deux tentatives, toujours rien. Le colonel Spens attendait. Non loin, on entendait la sirène résonner et marteler le pont. Des cris de guerre et des ordres étaient émis un peu partout, on ne savait pas bien. Difficile de se repérer sur une barge de bataille vu la taille, qui plus est pour des mortels.


« Qu’en est-il ? s’impatienta-t-il. »


A la troisième fois, Jaarl eut enfin une réponse. Une voix émana. Une voix froide et métallique.


« Vérification authenticité du signal d’appel. Force du Lieutenant Commandeur. Content de vous savoir de la partie, prononça le maitre Ranos Clerg avec une certaine forme d’humour qui surprit le soldat du Cycle Infernal.


« Oui, nous sommes à une jonction dans les niveaux supérieurs, non loin de la passerelle de commandement. A vous. Il releva la tête et s’adressa à son supérieur. « Contact établi avec la cohorte skitarri colonel. 


« Nous avons réussi à nous poser sans trop d’encombre. Taux de pertes acceptable dans les premières minutes suivant l’abordage. Présence ennemie accrue dans notre dos. Les chances de se désengager et de retourner au hangar à chasseurs ne sont plus viables.


« Reçu, répondit Jaarl. « Vous avez pour ordre de rejoindre notre position afin d’attaquer en force le pont de commandement. »


Plus rien pendant quelques longues secondes, seulement des parasites.


« Alors, qu’en est-il ? » demanda Bazilleuck Eunam qui travaillait de son côté avec un de ses guerriers pour savoir où pouvaient bien se trouver le reste de leurs frères à bord.


Jaarl daigna lever la tête et se confronter à sa personne majestueuse. Il ne fit qu’hausser les épaules faute d’autres nouvelles.


Après quelques instants, la voix réapparut.


« Reçu, répondit en retour Ranos Clerg. « L’ennemi ne nous lâche pas d’une semelle. Nous risquons d’arriver avec des pertes. Délai avant point de rendez-vous, sept minutes et trente trois secondes. Au plaisir de vous retrouver.


« Ils sont en route, monseigneur, dit Jaarl.


« Très bien, répondit le lieutenant commandeur. « Etablissons un périmètre de défense ici même. Nous allons attendre que nos troupes viennent à nous. D’ici, nous avons une vue dégager sur ces trois directions. » Il fit quelques signes et ordonna à ses guerriers de se diviser en trois groupes. « Colonel Spens, répartissez vos hommes en autant de groupes. Tenons cette position coûte que coûte. 


« Seigneur, pardonna moi, mais restez ici n’est-il pas commettre une erreur et laisser le temps à l’ennemi de se coordonner pour mieux nous prendre en tenaille ? »


Le colonel l’entendit prononcer quelque chose qui devait visiblement s’apparenter à un rire.


« Colonel, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous nous trouvons déjà dans la gueule du loup. »


Spens baissa quelque peu la tête et recula de deux pas, avant de s’en retourner vers ses hommes.


« Dépêchez-vous, marmonna Bazilleuck Eunam à l’attention de ses troupes essayant de converger vers lui. »


*


Karss Zaltar ne se trouvait pas loin du pont d’armement, peut-être à quelques deux cents mètres de ce dernier. Les détonations lui parvenaient distinctement de sa position, et à chaque nouveau pas, le rugissement des bolters, des empoignades, ainsi que des explosions s’accroissait.


Le capitaine de la 18è fulminait sous son heaume de bataille. Déjà, de savoir leurs ennemis à bord étaient assez embêtant pour ne pas dire rabaissant, quand on était aux commandes de pareille arme entre ses mains. Une arme capable de détruire des vaisseaux entiers. Puis, le comble dans l’affaire, était qu’il désespérait de voir un jour ses guerriers parvenir à mettre hors d’état de nuire leurs adversaires.


Il traversa plusieurs coursives, ses derniers Atramentars à sa suite. Il était temps qu’il montre à ses troupes ainsi qu’à ses ennemis de quel boit on se chauffait chez la VIII. Et si ce n’était pas suffisamment clair, bien leur faire comprendre comment au sein de la 18ème compagnie on terrassait ses proies.


Son élan fut cependant brusquement coupé, lorsque devant lui accoururent dans la mauvaise direction plusieurs guerriers de la 41ème aux ordres de son frère capitaine Yachi Tor. Il fronça les sourcils, marquant un arrêt. Plusieurs combattants se regroupaient en la personne du Dépeceur qu’ils étaient ravis de trouver ici.


Karss Zalatar, du dégoût plein le visage, ses traits presque horrifiés face à tant de couardise, s’exclama en un langage plus que fleuri.


« Sale misérables, vociféra-t-il en faisant un pas.


« Monseigneur, articula un sergent de griffe, « l’ennemi a l’intention de faire sauter toute la station. Ils ont truffé le canon nova d’explosifs. »


Le Dépeceur l’écarta sans effort de son chemin à l’aide de son épée.


« Et vous êtes là, à détaler comme des rats cherchant à fuir le navire, grogna-t-il écœuré.


« C’est que, mon seigneur, ils ont un Dreadgnought là-bas qui…


« Je me contre fiche de qui se trouve là-bas ! sales mécréants ! les fustigea-t-il tous. « Vous allez me faire le plaisir de retourner au combat sinon… »


Il s’arrêta subitement. Il recevait des brides d’informations depuis la passerelle. Il resta pâle un instant, plus pâle que d’ordinaire en tout cas.


« Monseigneur ? releva le sergent de griffe. 


« La flotte massée autour de la ceinture d’astéroïdes vient de voler en éclats, littéralement, dit-il à voix basse, concevant en cet instant toute leur témérité, leur arrogance. Ils avaient été dupés, aveuglés par la détermination de leurs ennemis. « Comment se peut-il…cherchait-il l’erreur, la faille dans ce plan si méticuleusement bien préparé par le Palatin de fer. »


Il s’emporta et pulvérisa aussitôt le sergent devant lui dans un excès de colère à l’aide de ses armes de poings, ceci sous les regards momentanément perturbés des guerriers devant lui. Le corps s’écroula dans quelques spasmes au milieu d’une flaque d’hémoglobine, le visage défoncé, avant de ne plus bouger du tout.


Ils en étaient donc là. Ils étaient tombés dans leur propre piège. A peine croyable si l’on repensait il y a quelques heures encore à leur plan si parfait. Cela signifiait cependant que le Palatin avait peut-être péri au milieu de ses hommes dans cette explosion, ou avait fait partie des dommages collatéraux. Cela signifiait donc qu’il était potentiellement seul aux commandes en cet instant.


Tout alla alors très vite. Nul besoin de rester ici plus longtemps, malgré les souvenirs de l’arène. Si l’ennemi était décidé à réduire en poussière la station, il ne doutait plus de leur détermination. Il lui fallait trouver au plus vite une issu afin de se rendre sur le Twilight of Angels pour commencer.


Il se retourna. Pas très loin se trouver une salle de téléportation. D’un imperceptible signe de la tête, il ordonna à ses Atramentars de s’y diriger, ce qu’ils firent.


« Capitaine Frasen, voxa t-il. 


« Dépeceur, répondit d’un ton neutre le capitaine de la 107è.


« Je ne vous apprends rien en vous disant que les deux tiers de notre flotte ont été réduits à néant.


« J’ai appris la nouvelle. Il semblerait que le Black Night de notre frère de la 41ème ait été pulvérisé dans l’explosion ainsi que le reste de la flotte là-bas. Et possiblement le Fury of Iron. Rien de sûr toutefois le concernant.


« Oui, répondit Karss Zaltar en cherchant à esquiver le sujet. « Il m’importe peu le sort du Palatin de Fer. « Néanmoins, frère, je vous veux vous et vos troupes sur le Twilight of Angels. Je veux être sûr de nous débarrasser des résidus ennemis à bord.


« Reçu, Dépeceur. »


La liaison terminée, Karss Zaltar jeta un dernier regard en direction des cris de guerre et des détonations qui émanaient du pont d’armement. Son regard se posa sur les restes de la 41è qu’il ne considéra qu’un instant avant de rejoindre sa garde personnelle. Les autres emboitèrent le pas.


Une fois parvenus dans la salle de téléportation qui les mènerait à bord de la barge de bataille, Karss Zaltar s’installa.


« Quels sont vos ordres, monseigneur ? demanda un guerrier de la 41è en face de lui. »


Le Dépeceur soupesa la question un moment avant de sourire.


« Je vous laisse vous et les restes de votre compagnie l’opportunité de mourir comme vous avez fui. En rebroussant chemin. »


Le guerrier ne dit rien. Le sas se referma devant eux. D’un éclat de lumière, les guerriers dans la pièce disparurent.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 1 Juin 2021 - 14:58

salut à tous. Je vois qu'on atteint bientôt les 3000 vues et qu'on a passé la vingtaine de chapitres. C'est dire si je m'étais attendu à ça! N'hésitez pas à partager sur ce qui vous fait bondir, ou plaisir tout simplement. Vos retours sont toujours bons. En ce qui me concerne, je me régale à vous écrire cette joyeuse story ( en tant que fan de l'Hérésie), et sachez que la fin se rapproche, pour ceux qui suivent. 
Je ne sais pas si j'en aide certains dans leurs propres projets d'écriture, si tel est le cas j'en suis flatté et n'hésitez pas à me faire signe ou me montrer. Au plaisir d'avoir de vos nouvelles, compères lecteurs  Smile




XXIII


Mourir ensemble. Loué soit le Dépeceur. Les alliés arrivent.

Côte à côté les uns les autres, la ligne de guerriers ennemis avançait, imperturbable sous les coups de l’adversaire. Cette même ligne de céramite bleue nuit progressait d’un pas résolu et ferme dans la direction des troupes agglutinées autour du canon nova, qu’ils avaient pour ordre de déloger.


Leur lieutenant maintenant mort, Yachi Tor ne voyait plus comment l’ennemi pouvait conserver sa cohésion. Il n’avait pas vu un seul autre officier dans la mêlée.


Brandissant sa hallebarde, ses guerriers drapés de nuit semaient la mort et laissaient dans leur dos les restes fumant des exosquelettes skitarris essentiellement.


De toutes les directions, de nouvelles escouades de la VIIIe arrivaient pour avoir leur part du butin. Les assaillants, à présent restreints au rôle de défenseurs autour d’une seule position, livraient leur dernier carré avec férocité, faisant perdre à chaque mètre de terrain parcouru des pertes dans les rangs adverses.


« Qu’ils n’en restent aucun ! voxa le capitaine de la 41e sourire éclatant, en voyant ses troupes passer devant lui vers l’objet de leur colère. »


Valdon avait vu Arkos périr de cette arme maudite. Il l’avait vu tomber en morceaux des mains de ce psychopathe cadavérique. Il était certes techmarine, dans une certaine mesure, mais il demeurait toutefois un Astartes. Et comme tout space marine, celui-ci savait se battre. Il marmonnait de haine et de colère. Il criait de défi à l’encontre de ce sauvage qu’il avait dans son champ de vison. Il voulait le tuer, si ce n’était le torturer à son tour, comme lui et les siens savaient si bien faire.


Il bondit alors en avant, malgré la grêle de tirs dirigée contre eux. A ses côtés, des dizaines de soldat du méchanicum chargeaient avec lui. Et des dizaines tombaient, fauchés la seconde suivante.


Ses derniers frères à ses côtés, Gorond et Venelka, rugirent et lancèrent toutes leurs armes, leur ultime force à chacun, dans la bataille. Pistolet bolter tendu, Valdon tira, encore et encore jusqu’à ce que son chargeur soit vide, et qu’il ne déploya au tout dernier moment ses méchadendrites rangées dans son dos pour le corps à corps. Ses frères restants furent jetés au sol et y restèrent au moment où lui entrait en contact avec son adversaire droit devant.


Ses bras déployés - de véritables armes dévastatrices quand elles n’étaient employées à réparer plutôt qu’à tuer et massacrer – perforèrent l’armure du guerrier le plus proche après avoir écarté purement et simplement les armes de ce dernier. Une fois défait de celui-ci, Valdon s’engagea sur le sentier de la guerre. Peu furent épargnés, et lors de cet acte de bravoure, lequel ne passa pas inaperçu pour le capitaine Night Lords, les derniers skitarris abandonnèrent le canon suffisamment garni d’explosifs, pour se jeter à leur tour au cœur des combats.


A cet instant précis, tandis que Yachi Tor écartait ses propres hommes de sa hallebarde pour se confronter à ce nouveau guerrier, des pas pesants retentir.


Ces derniers ne passèrent inaperçus qu’un court instant, lorsque la profusion des tirs baissa en intensité, faute d’adversaires à abattre.


Alors que les derniers soldats du mechanicum tombaient et que les Night Lords s’adonnaient à leur passe-temps favori - celui de récupérer des trophées sur les cadavres ennemis - un sas anti explosion vola et vint s’écraser sur un guerrier en face. Ce même guerrier ainsi projeté et renversé par la cloison, souleva cette dernière afin de s’extirper en râlant.


Le pied monstrueux d’une machine de guerre s’avançait dans sa direction, même s’il ne fut pas bien sûr que la machine divine s’y dirigeait vraiment pour lui.


Il n’eut le temps que de relever que la tête, lorsque le pied s’abattit sur la cloison, réduisant en bouillie tel un insecte sous son pied, l’individu dessous. Dans un bruit de piston hydraulique, le Dreadnought avança en direction des guerriers de la VIIIe.


Il vociféra quelque chose avant de charger. Les guerriers tout autour tentèrent de s’écarter, pour la plupart, en vain. Ils finirent pulvérisés par le poing destructeur de la machine qui les clouait contre les cloisons du pont, quand cette dernière ne les envoyait pas voler à l’autre bout. Les plus téméraires pensèrent que de ne pas bouger et faire face à toute la puissance des légions incarnée dans un seul esprit de la machine pouvait être considéré comme héroïque. Erreur. Rien ni personne ne sortirait d’ici et ne raconterait comment il serait mort.


« Traitres ! articula le vénérable Trator en semant la mort dans son sillage. »


Soudain, tandis que les esprits avaient momentanément été perturbés par l’arrivée fracassante du Dreadnought, Valdon s’élança sur le capitaine en pensant jouer de ces secondes perturbatrices. C’était sans savoir hélas qu’après deux pas, quelque chose le pénétra au travers de son armure puis de son torse. Le sang coula à ses pieds en trombe.


« Trop tard, souleva Yachi Tor. « Tu pensais peut-être m’avoir avec cette diversion théâtrale, désigna-t-il d’un geste de sa main libre Trator à l’œuvre. Il fit une petite grimace. « Ça ne prend pas avec moi. Il s’avança d’un pas en enfonçant son arme un peu plus loin. La douleur qu’il lisait sur les lèvres de l’Iron Warrior l’excitait. « A présent, je vais te … »


Du sang éclaboussa tout à coup la visière de Valdon. Un sang chaud qui n’était pas le sien. Il vit le capitaine adverse être happé avec sa hallebarde, emporté par le poing de son vénérable frère venu le secourir.


Yachi Tor, que ses propres guerriers encore en vie ne parvinrent que difficilement à reconnaitre en cet instant comme infaillible, se replièrent dans le désordre.


Le capitaine de la 41e avait cessé de hurler il y a déjà plusieurs secondes. Trator l’avait tellement mal mené, qu’une fois mort, il le projeta contre un mur dans une gerbe de sang, sa hallebarde quelque part sur un tas de cadavres.


Trator prit délicatement entre les griffes de sa main surdimensionnée son frère mourant. Il n’y avait plus que des morts autour d’eux. Les seuls encore debout avaient pris leurs jambes à leur cou sans doute afin de relayer la situation, ou chercher du soutien, peu importait. L’heure n’était plus à la confrontation, mais au deuil et au devoir auquel ils devaient encore s’astreindre.


« Frère…prononça avec difficulté Valdon en levant un bras. « Où sont les…glorieux jours de…la IVe… ? »


Le Dreadnought demeurait silencieux. Le techmarine tourna la tête vers fenêtre blindée criblée d’impacts de bolts, derrière laquelle les restes de navires de guerre flottaient dans le vide spatial. Parmi eux, il devinait quelque part l’Iron Wound les attendre en silence.


« Je t’avais…dit, toussa-t-il, « je t’avais dit que nous…combattrions à nouveau ensemble. Je t’avais dit… »


Sa voix s’éteignit, tandis que son bras pointait en direction du canon.


La machine divine n’avait pas besoin de savoir ce qui allait suivre. Elle le savait. Tout comme elle n’avait pas besoin d’attendre la fin du compte à rebours, ni même de tirer dessus les explosifs pour tout faire voler en éclats. Elle venait elle-même de lancer son système d’auto destruction.


« Oui mon frère, prononça enfin la voix de baryton du vénérable Trator. « Oui, tu m’avais dit que nous mourrions ensemble. »


Le cœur du Dreadnought le fit imploser, accélérant de fait la mise à feu des explosifs. Dans la seconde qui suivit, une boule de plasma incandescente bleue jaillit du pont d’armement et de la station elle-même.


Annilion n’était plus.


*


Les combats se rapprochaient. Non loin des cellules, sur le même pont de détention, l’armurerie était en train d’être dévalisée par l’unité de rapaces du lieutenant Varphos. Les guerriers réunis, une quarantaine environ, s’appropriaient armes de corps à corps, parmi lesquelles fléaux, masses, lames tronçonneuses, griffes ainsi que pistolets bolter. Un nouveau bain de sang se profilait, et ils étaient conviés.


« Loué soit le Dépeceur de nous offrir l’opportunité de récolter encore quelques trophées, frères ! s’exclama Varphos à l’attention de sa troupe. »


La plupart avait fait le choix de leurs armes. Certains vérifiaient que leurs chargeurs étaient bien pleins, et qu’il n’y avait aucun dysfonctionnement concernant leur paquetage dorsal.


L’air était chargé de matière rance issue de restes de serviteurs ou de prisonniers que les guerriers exhibaient sur leurs plastrons, leurs épaulières ou encore leur ceinturon. Des organes fraichement arrachés ou des os collés les uns aux autres avaient été prélevés pour former des colliers et autres babioles ostentatoires. L’odeur d’huile également, ainsi que celle de brûlé provenant des réacteurs dorsaux de l’unité, émanaient de la vaste pièce où ils se trouvaient. Les serviteurs lobotomisés œuvraient d’ailleurs en nombre auprès de leurs maitres, quand ces derniers dans un excès de folie ne s’en débarrassaient pas d’un coup de lame.


« Sergent Vorash, couina le lieutenant Varphos, « assurez-vous que les hommes aient tout le nécessaire, nous ne reviendrons pas ici. »


Ce dernier acquiesça d’un hochement de tête.


« Fort bien ! aboya de nouveau le lieutenant.  « Il est l’heure, dirigeons-nous au point de rendez-vous. »


C’est dans un fracas de céramite que les armures cliquetantes et le pas lourd, la colonne se mit en branle les uns à la suite des autres.


*


Le nombre jouait contre eux, c’était une évidence. Mais sans surprise pour le Lieutenant-commandeur qui abattait un matelot d’un unique bolt. Celui-ci s’écroula dans une gerbe de sang, le torse ayant volé en morceaux. A ses côtés, toute une horde de combattants piquaient de leurs fusils laser, baïonnettes au canon, sur les positions défensives établies à la hâte par le commandant Iron Warrior.


Dans toutes les directions que les hommes couvraient, l’ennemi se jetait sur eux avec violence, frénésie et haine. Les rangs ne cessaient de grossir malgré les pertes. Un tapis rougeoyant maculait le sol autour de la tête de pont établie. Les douilles elles aussi parsemaient le sol où l’affrontement avait lieu.


Le Cycle Infernal sous les ordres du Colonel Spens tenait en respect les troupes ennemies qui déferlaient des coursives et jonctions adjacentes. A l’aide d’un canon laser et d’un bolter lourd qu’ils avaient embarqués avec eux, ils étaient d’un appui non négligeable pour les guerriers du Lieutenant-commandeur en infériorité numérique.


Des Iron Warrior du 1er bataillon sous commandement du Palatin de Fer, issus de compagnies diverses, commençaient à se manifester en soutien aux matelots donnant leurs vies presque inutilement.


« Je ne sais pas combien de temps on tiendra, articula Jaarl à son colonel debout sur sa gauche. »


Ce dernier, de son pistolet bolter, logea trois tirs bien cadrés sur un Astartes ennemi, avant que ce dernier ne remarque d’où vienne la menace et ne ratisse le couvert depuis lequel le Cycle Infernal se protégeait.


« Nous tiendrons le temps qu’il faudra, répondit sèchement Spens à son attention. Dites-moi plus tôt où en sont les troupes de Maitre Ranos Clerg. »


Jaarl s’empressa de faire comme on lui disait. Cela valait toujours mieux que de jouer avec sa vie en levant une fois de plus la tête par-dessus le couvert. Même si de se trouver en cet endroit était aussi suicidaire que d’espérer en sortir.


Après un moment à essayer de joindre le groupe des skitarris, Jaarl laissa tomber et empoigna son fusil d’assaut. Il inspira et finit par poser un genou à terre avant de viser et de tirer. Le décompte commença.


Leurs couverts, formant une sorte de U, donnait sur trois directions différentes. Après que les matelots eussent permis au Iron warrior de jauger les forces adverses ainsi que leur potentiel, les guerriers du Palatin de Fer se lancèrent à l’assaut.


Les positions de fortune érigées par Bazilleuck Eunam commencèrent à voler en éclats face aux tirs continus de leurs frères déchus.  


Quelques-uns tombèrent face aux exploits ponctuels du Cycle Infernal, mais surtout grâce aux guerriers restants du 2nd bataillon en soutien de Jaarl et ses semblables.


Nous pouvons le faire, pensa le Lieutenant-commandeur. Nous devons le faire, jura-t-il entre ses dents.


Le pont, assez haut pour permettre aux modules de descente et aux oiseaux d’assaut de stationner ici, amplifiait l’écho de la bataille. Les cris de haine et de douleur, les pleurs et les insultes étaient une musique commune à tous les théâtres d’opérations.


Les mutilés de chaque côté rampaient et cherchaient un visage amical, si ce n’était un simple couvert afin de panser ses blessures, comme derrière la carlingue d’un Stormbird, en nombre ici.


L’ennemi pensait en cet instant avoir endigué l’assaut pitoyable de Bazilleuck Eunam. Ce n’était qu’une question de point de vue. Mais comme l’avait dit ce loup de Fenris, il valait mieux penser à la détermination d’un groupe plutôt qu’en son nombre. Il avait trouvé de quoi y redire sur le coup, se rappelait-il. Or, maintenant que la situation se présentait, il était vrai que ces mots avaient tout leur sens.


Des hurlements de panique retentirent subitement d’un l’un des couloirs menant à la position de Bazilleuck Eunam et ses troupes. Il aurait pu s’agir d’une nouvelle vague d’adversaires, comme si celle-ci ne suffisait pas. Or il en fut tout autre. Leur parvenait en formation serrée une phalange de skitarris menés corps et âme par Maitre Ranos Clerg. Tel un rouleau compresseur, cette dernière massacrait l’ennemi dans leur dos. Ils piquaient de leurs lances et abattaient à bout portant les trainards, les blessés et les malchanceux.


Le premier Astartes ennemi à constater ce qui se passait, eut à peine le temps de se retourner que la lance crépitante de Ranos Clerg lui traversa le torse. Stupéfait, le guerrier grogna quelque chose, avant que le meneur skitarri ne retire la lance d’un geste sec et ne décroche la tête du space marine.  


Pris de panique soudaine face à la venue impromptue de l’ennemi, les matelots du Fury of Iron tentèrent de se regrouper auprès du reste de leurs forces. C’était sans penser un instant qu’une grêle de tirs les abattit dans leur vaine tentative de se mettre à l’abri.


« Ils sont là ! prononça un homme, « nos alliés arrivent ! »


Les hommes du Cycle Infernal exultèrent. Pensant qu’il était peut-être arrivé malheur aux skitarris, c’est avec une détermination sans précédent qu’ils abandonnèrent leurs positions et chargèrent l’ennemi sur toutes les positions. Face à cet élan de toute évidence inébranlable, les matelots de bord se mirent à reculer. Sous les ordres répétés des Iron Warrior, certains parvinrent à maintenir leur position quelques minutes de plus avant de disparaitre dans des brumes de sang écarlate.


Les Astartes répondirent aussi longtemps qu’ils purent avant que cette force combinée de leurs frères en face, des mortels, ainsi que des troupes du mechanicum ait raison d’eux.


« Vous voilà, maitre Ranos ! dit à voix haute Bazilleuck Eunam en se dirigeant vers lui, tout en passant par-dessus les nombreux cadavres à leurs pieds, leurs corps grimaçants et fumants.


« Lieutenant-commandeur, salua-t-il. « Ne vous avais-je pas dit que nous viendrions, même avec du retard ? »


Le commandant esquissa un semblant de sourire.


« Vous tombez à point nommé quoi qu’il en soit. Que vos forces se rassemblent. Nous poursuivons dans cette direction, indiqua-t-il d’une main gantée là où le gros des forces ennemies avaient reculé. Certainement à les attendre au prochain carrefour. Son regard porta sur la scène de carnage autour d’eux, avant qu’il ne tombe sur un prêtre de Mars dans sa toge complète, pourvue d’une armure resplendissante en dessous. « Maitre Tubari, s’exclama-t-il. »


Le chef de l’ost du mechanicum accompagnant le 2nd bataillon eut une seconde d’hésitation. Non, pas d’hésitation, plutôt de pause calculée sur le sujet de cette perturbation. Qui l’appelait ? Qui le dérangeait ? Il se redressa et releva la tête. Ses dendrites au bout de ses doigts se rétractèrent quant à ce qu’elles accomplissaient. Ses mécadendrites dans son dos en firent de même. D’un pas assuré, ce dernier alla à la rencontre de Bazilleuck Eunam qu’il reconnut sans peine.


« Monseigneur, hocha-t-il la tête.


« Je ne pensais pas vous trouver ici, Magos


« Plutôt ici qu’à bord de feu l’Iron Wound, voulez-vous dire ? »


Le Lieutenant-commandeur demeura de marbre, sans rien répondre à cela.


« Je collecte des preuves, je collecte tout ce qui sera susceptible d’aider l’Imperium et l’Omnimessie dans cette guerre. Devais-je avoir votre accord pour embarquer ?


« Evidemment que non, répondit- à cela d’un ton bourru Bazilleuck Eunam. « M’en avertir aurait été suffisant.


« C’est chose fait ainsi, monseigneur, en termina le chef du Cercle des Magos, avant de retourner à ses tâches. »


D’un signe de tête, le commandant du bataillon ainsi que celui du contingent skitarris se mirent en route avec leurs troupes respectives à leurs côtés. La passerelle n’était pas à côté.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Sam 12 Juin 2021 - 10:49

XXIV


Vers les montes charges. Retour sur le Twilight of Angels. Brouillard.

Le poing ganté de son armure Terminator broya une console près de son siège de commandement. La colère distillait ses traits déjà malmenés par plus d’un siècle de combats et de retouches faciales. Cette colère s’expliquait par deux simples faits. Le premier étant que leur piège autour de la ceinture d’astéroïdes n’avait pas fonctionné, au point que toute la flotte accompagnant le Fury of Iron soit détruite. Le second, que le Lieutenant commandeur lui-même et les vestiges de son bataillon soit parvenu à mettre pied à bord. Sans doute ce qui le révoltait le plus.


Ekos Torar se retourna d’un geste brusque et communiqua à ses guerriers ses ordres.


« Ils se situent dans les ponts inférieurs. Je veux qu’on me les localise très exactement et qu’on me les tienne en respect jusqu’à mon arrivée. Bazilleuck ici, j’en fais une affaire personnelle, statua –il comme si le ton employait n’était pas déjà pas suffisamment clair pour savoir rester en marge de ce futur duel.


« Monseigneur, apostropha un guerrier de sa garde personnelle, « nous pouvons les bloquer au carrefour de maintenance deux pont en dessous. C’est le seul itinéraire qu’ils peuvent suivre s’ils veulent tomber sur vous. »


« Oui, je vois très bien, songea-t-il un instant. « Nous nous servirons des montes charges dans lesquels nous déploierons nos guerriers. Et une fois l’ennemi parvenu là-bas, nous leur tomberons dessus et n’en ferons qu’une bouchée, je vous l’assure. »


Fier d’un tel plan, le Palatin de Fer se mit en route, ravi que ce dernier puisse réussir, à n’en pas douter.


« Pour le 81ème Grand Bataillon, nous écrasons notre ennemi véritable en ce jour ! »


Sa garde personnelle à sa suite, les combattant frappèrent de leur poing leur plastron en signe d’assentiment.


*


La téléportation leur en avait coûtée. En effet, des Atramentars qui accompagnaient Karss Zaltar, seul trois étaient parvenus jusqu’à bord du Twilight of Angel.


Ils étaient apparus dans une brume sanguinolente, laquelle devait sans nul doute appartenir à l’un de leur défunt frère dont les morceaux gisaient un peu partout autour d’eux.


Le Dépeceur renifla une seconde avant de faire un pas dans la chambre de téléportation. Tout était sombre, bien entendu. La pièce respirait au rythme des volutes de gaz chargées d’émanations rances omniprésentes à bord, et que les bustes grimaçants de créatures postées en sentinelles dans les angles exhalaient.


Il fit un tour d’horizon. Il n’y avait personne. Quelle surprise, pensa Karss Zaltar pour qui les ordres et la loyauté de ses frères commençait à devenir un vrai problème. Il avait par deux fois déjà essayé de contacter Kyriss sur la station, et maintenant pour la troisième fois qu’il réessayait, toujours aucune réponse. Se devait-il d’imaginer un scénario particulier ? par exemple un Kyriss mort au combat ? ce qu’il doutait fortement, ou pire, qu’il lui fasse défection ? Chose plus probable et qu’il savait possible connaissant les méthodes et penchant de la légion.


Au diable mes enseignements ! fulmina-t-il.


D’un geste de la main, il ordonna à sa garde personnelle de sécuriser la pièce et de guetter une venue imminente.
Après de longues secondes, son vox crépita et une voix se manifesta.


« Monseigneur, ici le sergent en charge de la passerelle. Nous avons décelé un pic d’activité énergétique sur votre position. Nous ne savions pas que vous viendri…


« Cessez vos palabres inutiles ! éructa le capitaine Night Lords. « Dites-moi plutôt où sont nos guerriers ?


« Le lieutenant Kyriss est parti à la rencontre des assaillants. Il semblerait selon nos informations qu’ils se dirigent vers les ponts de détention. »


Karss Zaltar réfléchissait. Ainsi donc, ses guerriers n’étaient toujours pas parvenus à endiguer cet assaut misérable ? Il allait falloir s’en charger soi-même. Pourtant, même s’il savait son ancien bras droit capable, sa confiance en lui avait grandement diminué ces dernières heures. De fait, il était hors de question que sur son propre bâtiment, quelqu’un d’autre s’attire des lauriers à sa place.


« Très bien, indiquez-moi la position de l’unité la plus proche. Dès à présent, je reprends les commandes. »


*


Une grenade venait exploser dans le corridor. Kyriss qui s’était jeté au sol, était recouvert de poussières, d’éclats métalliques, ainsi que de lambeaux de chairs ; ces derniers plus nombreux que le reste et provenant des corps gisant au sol autour de lui. Il grogna et se releva d’un bond.


Les murs des deux côtés étaient littéralement troués, éventrés par la puissance de l’explosion là où l’impact avait eu lieu. Des volutes de gaz fuyaient des énormes tuyaux d’ordinaire masqués par les parois elles-mêmes. A présent sortis de leur alignement, les tuyaux dardaient vers l’intérieur du couloir, vomissant un véritable nuage grisâtre, au point de parasiter leur senseur momentanément ainsi que leurs moyens de communication.


« On reste groupés, frères, communiqua-t-il en se rendant compte la seconde suivante que toute tentative était effectivement vaine. »


Très bien, se dit-il, s’ils veulent la jouer comme ça, ça me va.


Kyriss distinguait les silhouettes de ses frères à ses côtés, leurs runes d’identification et leurs paramètres vitaux toujours viables, bien que disparaissant par moment. D’un signe de son épée, il enjoignit ses guerriers à avancer discrètement, Salatar Holl sur ses pas.


Il avait divisé les troupes qu’il avait amassé en chemin. Une trentaine de guerriers se trouvaient avec lui lorsque l’ennemi les avait cloués au sol, avant que n’explose la grenade à fragmentation. Une belle surprise pour les Night Lords que d’être ainsi pris au dépourvu sur leur propre vaisseau.


Il n’avait pas eu le temps d’estimer les forces adverses. Probablement une escouade en route pour les geôles, un pont au-dessus, et que lui et ses guerriers avaient espérés atteindre avant de croiser l’ennemi. Pari manqué.


Kyriss se prit d’un risque inconsidéré en retirant son heaume, lequel ne lui était d’aucune utilité en cet instant quant à une bonne visibilité. Il préférait s’en remettre à son acuité visuelle qui elle, il le savait, ne lui ferait jamais défaut dans l’obscurité.


Où que pouvait se trouver l’ennemi, cela n’empêcha pas la troupe de progresser toutefois. Peut-être s’étaient-ils repliés ? Peut-être s’en étaient-ils repartis vers les ponts de détention ? qui savait ?


Pour réponse, après dix mètres à peine parcourus, un mur de bolts fendit l’air devant eux et fusa dans leur direction. Le premier d’entre eux, comme pour répondre de l’arrogance et de la témérité du lieutenant Night Lords, lui effleura la joue droite. Le casque n’était peut-être pas d’une aussi mauvaise utilité, tout compte fait, pensa Kyriss en crachant un flegme de sang.


A ses côtés, ses guerriers avaient chargé sans même attendre son ordre. Il voyait Salatar Holl à leur tête, ce qui le révolta. Ce qui lui donna des envies de meur… Un autre bolt traversa le flanc de son armure de bataille rompant net avec sa soif de sang. Kyriss enragea et se rua sur l’adversaire en brandissant ses armes. Il avait encore besoin de l’autre lieutenant pour bouter l’ennemi du vaisseau, après quoi, il aurait tout le loisir de trouver un plan malsain pour son frère.


Plusieurs de ses guerriers étaient tombés, fauchés par les rafales adverses. Lorsque les deux bandes de guerriers se percutèrent dans ce brouillard – et Kyriss soupçonnait qu’il soit aussi parasitant pour eux – le choc des lames, des masses, et des pistolets bolter devint une musique agréable aux oreilles de Kyriss.


Un premier Iron Warrior tomba, une épée passée au travers du plastron, un bolt logé dans le casque. Le lieutenant Night Lords passa au suivant. L’ennemi décalqua la grille faciale d’un guerrier du monde sans soleil, avant de se jeter sur Kyriss pour finir empalé après une feinte adroitement orchestrée.


La brume se rependait dans tout le couloir, et bien au-delà, constatait-il. Ils allaient devoir se montrer rusés et patients pour ne pas finir fauchés par les tirs alliés après cet engagement-là. Tout ce qu’il espérait en tout honnêteté, c’était que le reste de ses guerriers et le lieutenant Varphos ne soient pas aussi ralentis qu’eux ne l’étaient. Ralenti, un mot qui le fit doucement sourire, pour eux qui connaissaient le vaisseau comme leur poche.


Il vit Salatar Holl sectionner en deux un autre Iron Warrior, enjoignant les guerriers autour de lui à se ruer plus avant, à les enivrer comme s’il s’agissait de ses propres guerriers.


« En voilà un que le Dépeceur aurait mieux fait de laisser sur la station avec ses hommes, murmura-t-il. »


Il se lança de nouveau dans la mêlée, lorsque le vox de son casque accroché à son ceinturon crépita. Le son était à peine audible, mais il fut une voix que même Kyriss, s’il eut conservé son heaume sur sa tête, aurait reconnu entre mille.


« Kyriss, réponds…oi. Où t…situ…tu ? »


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 29 Juin 2021 - 10:59

XXV


Un très bon endroit pour mourir. Bourbier. Dans la même direction.


Harcelés. Ils étaient harcelés par le nombre d’ennemis qui les suivait. Tels autant de loups derrière une proie affaiblie et dont ils savouraient chaque instant jusqu’à la fin inéluctable, les guerriers du Palatin de fer émergeaient de coursives et d’ascenseurs, prenant en tenaille les groupes épars de survivants.


Ces derniers se frayaient un chemin sanglant de tirs de riposte et de suppression, se couvrant mutuellement les uns les autres. Beaucoup tombaient en route, cloués, fauchés par les bolts adverses. Certains d’entre eux, parmi les hommes restants du Cycle Infernal, ou des skitarris, voire, en de maigres occasions des guerriers du 2nd bataillon, revenaient sur leurs pas pour porter assistance à leurs frères d’armes. Cela valait le coup parfois, parfois non. D’une perte, on pouvait la multiplier aussitôt. Et le comble dans toute cette affaire, était que l’ennemi les acculait dans une direction qu’ils n’étaient plus si sûr d’avoir choisie.


Lorsque la plupart des unités firent la jonction avec le gros de la troupe, celle sous les ordres de Bazilleuck Eunam et de Ranos Clerg, leur contingent ne comptait plus que deux cents âmes à peine. Des soldats déterminés, mais fatigués et éreintés de reculer, comme d’avancer. Or, à la vue des Astartes tenant les positions aux côtés des hommes de Spens, la flamme se raviva soudainement. Tout n’était pas perdu.


« Colonel Spens ! aboya le Lieutenant Commandeur, « vos hommes sont-ils tous arrivés ?


« Ils sont là, monseigneur. Nous attendons l’ordre de marche.


« Lequel viendra très rapidement, soyez en assuré, lui répondit-il en apposant sa main gantée sur son épaule avec délicatesse. »


Il fit un tour sur lui-même et jaugea la situation d’un simple regard. Ils étaient peu. Déjà l’étaient-ils en quittant l’Iron Wound, son navire de guerre, que là, la situation en devenait préoccupante.


Il n’y avait plus que vingt guerriers de la légion, nota-t-il. Quant au reste, il s’agissait de soldats confondus du Cycle Infernal en tenue carapace et de Skitarris.


Bazilleuck distinguait le Maitre Magos Tubari, toujours à s’affairer à quelque chose. Non loin, Ranos Clerg conversait en binaire avec un subalterne, supposait le Lieutenant Commandeur. Des tirs ricochaient contre les cloisons derrière lui. Les tirs de laser des matelots de bord, comme les bolts des Iron Warrior en face, ne leur laissaient aucune accalmie. Et la plupart du temps, ils faisaient mouche, à son grand dam.


« Bien, statua-t-il. « Nous avançons. »


Les groupes composés de mortels, de Skitarris, ainsi que de guerriers Iron Warrior, s’arrachèrent de leur position actuelle pour se diriger en amont, là où le sas conduisant au prochain pont s’ouvrait, grâce notamment au Magos Tubari qui avait bien consenti à aider.


Déjà s’y engouffraient les combattants, accueillis par des tirs sporadiques de fusils laser. Les guerriers de Bazilleuck Eunam chargèrent et démembrèrent les matelots, conservant ainsi leurs munitions pour plus sérieux.  Lorsque tous furent passés, laissant derrière eux quelques exosquelettes fumants et des morceaux de chair épars, Bazilleuck fit condamner le sas.


C’est au travers des émanations de gazes issues des tuyauteries et des grilles de ventilation, de la même manière que le fracas ininterrompu des marteaux et pistons frappant contre les enclumes des nombreuses salles alentours, que le contingent se déplaçait. Il s’y mouvait comme s’il s’agissait un peu de feu leur propre bâtiment, dont les couleurs, les effluves et les bruits produits étaient similaires en tous points à ce qu’ils connaissaient. La chaleur du métal, du fer, ainsi que le goût de l’huile prononcée dans l’air, leur rappelaient ô combien ils étaient des Iron Warrior. Et que le destin les mena sur cette barge de bataille était pour eux rédempteur. C’était un très bon endroit pour mourir.


*


Un coup de hache tronçonneuse de biais. Un autre par-dessus. Encore un par-dessus afin d’être sûr. Le corps tomba au sol, inerte, le casque et la tête roulant sur le côté. D’un coup de botte, le guerrier en armure de sang projeta contre une cloison un autre fils du Night Hunter, avant d’enfoncer son poing dans la visière du guerrier, le corps glissant le long du mur. D’un bolt en plein cœur, l’autre s’assura qu’il ne se relève plus.


Le guerrier aux deux haches tronçonneuses jubila quand autour de lui pas une seule armure de fer ne gisait au sol. Il y avait cinq corps, et tous les cinq appartenaient à la même légion. Celle de leurs ennemis.


« Je l’admets, vous savez y faire War Hounds, articula Harrix en observant la tête démolie d’un Night Lords. « Qu’en pensez-vous, frère apothicaire ? »


Ce dernier, plus préoccupé à soigner ses frères d’armes en cet instant comme de manière générale, s’abstint de répondre quoi que ce soit. Non pas qu’il fut incapable de tuer, bien au contraire, mais sa vocation en tant qu’apothicaire l’éloignait néanmoins des excès d’autres de ses frères de légion, voire, à l’instar de ce guerrier aux talents singuliers.


« Je vous montrerais comment on s’y prend, prononça Danokall qui cracha un flegme. « Une fois que nous sortirons d’ici. Je suis sûr qu’un tas de serviteurs doit sagement attendre nos lames sur ce vaisseau.


« Si seulement on sort de cet endroit, renchérit Harrix pour qui la prothèse bionique à la jambe ne faisait à présent plus qu’une avec le reste de son corps et de son armure. »


Le War Hounds grogna quelque chose.


« Contentez-vous de me suivre, et vous verrez si nous ne sortons pas de ce bourbier dans l’heure. C’est moi qui vous le dis.


« Dans ce cas, lui fit signe Harrix d’un geste de la main, » nous n’attendons que vous. »


Ils ne se trouvaient plus qu’à deux cents mètres du pont de détention. Deux cents mètres n’étaient certes rien, mais sur une barge de bataille garnie de guerriers des légions, et dont votre nombre pâtissait chaque instant de cette simple défaillance, c’était une autre paire de manches.


Aussitôt que Danokall fut partit, le reste emboita le pas.


*


Il retira son épée du plastron du guerrier défunt. La lame dégoulinait de sang. Il la regarda un instant, ses sens et notamment ses yeux décelant jusqu’à la composition riche de l’hémoglobine la maculant. Tous étaient morts. Pas un n’avait survécu ou même pris la fuite. Que l’on considéra ça d’honorable ou pas, ils étaient tous morts, et c’était ce qui importait.


La brume n’avait pas encore disparu et parasitait encore l’espace autour d’eux. C’était fâcheux. Le groupe de Kyriss se remit en marche, guettant à chaque coursive la venue impromptue d’éventuelles troupes adverses. Le lieutenant savait leur nombre restreint, et avec cet engagement terminé, cela amputait l’ennemi d’au moins un bon quart de ses forces, présumait –il.


Ils découvrirent après une cinquantaine de mètres, de nouveaux corps, et de nouvelles armures. Il s’agissait de matelots de bord, ainsi que de guerriers en armure de nuit. Des guerriers que Kyriss ne reconnaissait pas. Il s’attarda sur l’un d’entre eux.


« Les guerriers du capitaine Frasen, la 107ème, prononça Salatar Holl en arrivant aux côtés de son homologue. « Je ne savais qu’ils étaient à bord.


« Parce qu’on ne nous a rien dit, répondit du tac au tac Kyriss, dont la présence de son voisin l’exacerbait. « Réjouissons-nous que ce soit eux plutôt que nous, lâcha-t-il après un moment. « L’ennemi doit être en lambeaux à présent. Il doit reconsidérer ses plans. Il doit se dire qu’il a été un peu trop gourmand avec si peu de ressources.
« Lieutenant, l’appela un guerrier. »


Les deux concernés se retournèrent au même moment.


« C’est à moi qu’il s’adresse, imbécile, l’écarta Kyriss d’un geste. »


Salatar Holl ne dit rien, se contentant d’observer son frère marcher d’une manière si arrogante qu’elle aurait fort plu aux fils du Phénicien.


« Qu’est-ce que c’est ? demanda Kyriss en suivant la direction indiquée par le guerrier.


« Des tirs de bolters lourds sur ce frère. »


Ce dernier redressa la tête.


« Je sais reconnaitre des impacts quand je les vois, merci. Je n’ai pas le souvenir que nos anciens frères soient venus ainsi pourvus en armes. Il regarda par-dessus son épaule. « Et toi ? »


Salatar Holl haussa les épaules en guise de réponse.


« Ça ne nous laisse qu’une réponse, conclut Kyriss. « Des Terminators sont présents sur le pont. Son regard se porta plus loin dans le corridor, où un certain nombre de matelots gisaient éparpillés au sol dans des mares de sang. « Et on dirait qu’ils se dirigent dans la même direction que nous.


« C’est le pont de détention, en face ? questionna l’autre lieutenant.


« Oui, répondit son homologue. « Et il est étonnant que nous n’entendions rien. »


Ils se remirent en marche, prudemment.


Si tout se passait comme prévu, songeait Kyriss, Varphos et ses guerriers devaient se tenir prêts jusqu’au moment donné. Lui et ses rapaces donneraient alors une bonne correction à ces rebus. Peut-être cet instant arrivait-il ? peut-être n’attendait-il plus que lui, plus que sa présence là-bas ? Peut-être.


Toutefois, moins d’une semaine auparavant, le Twilight of Angels avait souffert d’un premier abordage. Cela était un souvenir gênant, pénible et douloureux. L’affront qu’avait été cet assaut inopiné avait laissé un goût amer dans les esprits de la 18ème compagnie. Et que cela se reproduise en devenait déroutant, dut admettre Kyriss qui observait Salatar Holl d’un œil avide.


Il reconnaissait bien là la détermination des Iron Warrior, sans doute le seul bon point qu’il leur accordait. Néanmoins, les Night Lords allaient leur rendre gorge une seconde fois eux aussi, et tout se terminerait là.


« Soyez prêts mes frères, leur dit-il d’un ton alléchant. « Pas un bruit. Aujourd’hui, nous allons récolter des crânes. »


Derrière lui, dans le brouillard ambiant, toute la procession de guerriers sortit ses armes de mains d’une délicatesse et d’un calme déconcertant. On entendit dès lors plus que les lames sortir des fourreaux.


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De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story) - Page 2 Empty Re: De Serments et de Fer ( Horus Heresy Story)

Message par Nero Mar 20 Juil 2021 - 14:20

XXVI 

Faire la jonction. Agitation. Avec notre mort ou la leur.


Les pas de leurs bottes résonnaient dans le long couloir les conduisant au pont de détention. Le chemin derrière eux était parsemé de tronçons de corps vulgairement répandus au sol. Les portes s’étaient refermées, qu’il n’y avait soudainement plus eu qui que ce soit pour se mesurer à eux et à leur progression. Seulement quelques serviteurs, mais rien de sérieux.


« Curieux, ne trouvez-vous pas, centurion ? s’exprima un des Terminators accompagnant Ceste Rugor. »


Ce dernier scannait le pont. Pas un seul ennemi à l’horizon. C’était en effet curieux, surtout si on pensait au carnage que cela avait été pour se frayer un chemin jusqu’ici.


« Soyez vigilants, ces mutins savent y faire. Ils sont dans leur élément. L’obscurité va jouer pour eux. 


« Mes senseurs me font défauts une fois encore, éructa un autre combattant.


« Conserver bien tous vos heaumes de bataille. Une tête à nue est un homme déjà mort en cet endroit. Pas besoin que nous leur fassions ce plaisir. Avançons, fit-il de sa voix de baryton. »


De la quinzaine de guerriers qu’ils étaient il n’y a pas si longtemps, il ne restait plus que douze d’entre eux à cet instant. Douze combattants avides de revanche, Avides de répandre le sang de leurs ennemis.


De chaque côté du corridor, se présentaient des cellules de diverses tailles, certaines pourvues de barreaux, d’autres de sas. Chacune de ces cages, de ces prisons, contenait des corps mutilés, des vestiges d’individus depuis longtemps méconnaissables. Parfois ils croisaient les pièces d’armure de quelque guerrier, ici et là, ce qui les révoltait profondément.


Le groupe se serait attendu à croiser des gardes en faction, les geôliers et auteurs d’un si macabre lieu. Il n’en était rien cependant. Ils étaient seuls.


Brugwoll écarta de sa hache des restes de mortels accrochés à des crochets depuis le plafond vouté. Il y en avait profusion. Celeste Rugor et les siens serraient les dents, là où les loups de Fenris ne témoignaient que peu de scrupules, même s’ils devaient reconnaitre que leur propre brutalité dans les combats n’égalait pas un tel niveau de violence et de sadisme à peine justifiés.


Le centurion vétéran pensait à ce que ses frères envoyés il y a des jours de ça, avaient pu vivre en abordant ce vaisseau. Il s’imaginait à leur place, parcourant le bâtiment de part en part, traquant l’ennemi, puis finalement traqués à leur tour avant de finir, il l’espérait de tout cœur, ici, dans l’une de ces sordides cages pour rats.


D’un signe du bras, il dirigea plusieurs guerriers inspecter les cellules. Dans certaines d’entre elles, quelques âmes hagardes, esseulées, et au teint livide demeuraient encore. Assises sur leur banc, elles regardaient passer les guerriers de fer comme s’il s’agissait d’illusions que leurs esprits malmenés leurs montraient. Ceux-là étaient différents, notèrent-ils. Il n’y avait pas le même désintérêt derrière leurs lentilles, savaient-ils comme si pour la plupart des mortels présents, être issu du monde sans soleil leur permettait de voir au travers de leurs casques.


Quelques-uns commencèrent à se redresser, se lever, puis à faire quelques pas timides en direction des barreaux. Ils murmuraient des choses dans la langue natale des Night Lords. Que cela fut des appels à l’aide, des encouragements ou encore des offenses, les Iron Warrior n’en surent rien.


Les prisonniers commencèrent à se lamenter davantage en discernant là des sauveurs potentiels, et le chœur de leurs plaintes réunies ne tarda pas à monter en volume au point de déranger le centurion. Cela lui déplut assez vite au point qu’il se fit violence pour ne pas ordonner à ce qu’on les réduise au silence tant qu’ils n’auraient pas mis la main sur leurs frères. Néanmoins, face à tant d’atrocités, une once d’indulgence se fit jour, et il passa outre.


Ils arrivèrent à une fourche, séparant le corridor en deux autres directions. Il n’y avait toujours pas d’ennemi. Celeste Rugor soupçonnait que ses frères devaient se trouver dans une cellule à part, et adaptée pour leurs conditions transhumaines, sans doutes plus à l’écart.


« Je note une entrée au fond de chacune de ces directions, dit un guerrier. »


Le centurion opina.


« A-t-on des nouvelles des autres groupes ? demanda-t-il.


« Il semblerait que le groupe de l’apothicaire Hebor et du War Hounds se trouve à deux pas d’ici. Nous pourrions faire la jonction. »


Le centurion réfléchissait à la meilleure option à prendre. Il porta sur son regard tout à tour dans chacune des deux directions présentées.


« Très bien, on continue, prononça-t-il. « Chef des Mentons Rouges, vous prenez à gauche avec quelques de mes hommes, le reste avec moi. Tentons de faire la jonction avec les autres et de trouver nos frères. »


La force se divisa en deux et les guerriers reprirent leur route.


*


Les guerriers de la VIII courraient en tous sens. Des escouades à moitié composées se dirigeaient dans une direction, puis une autre, ceci afin de rejoindre le reste de leur unité.


« Nos frères de la nuit semblent agités, dit Attix au bras en moins. « Vous pensez capitaine que le Lieutenant Commandeur est ici ?


« Je n’en sais rien, répondit Ipanov Hoccard. « Ce que je sais, c’est que les Night Lords ne pensaient visiblement pas nos frères capables d’arriver aussi loin dans le vaisseau. Je peux sentir d’ici l’adrénaline courir sur leur peau et la stupéfaction de nos geôliers.


« Il va falloir agir, s’exprima à côté le lieutenant Faum Dravell.  « Nos frères ne tiendront pas longtemps. L’ennemi est trop nombreux. Une barge entière contre une poignée, c’est insensé. »


Ipanov Hoccard ricana.


« Et depuis quand ne trouvez-vous pas tout ce qui se passe d’insensé ? Nos frères sont déterminés, comme nous l’avons été. C’est dans notre nature que de persévérer là où d’autres ne pourraient pas. »


Les autres approuvèrent. Le capitaine de la 2nde compagnie lorgnait depuis un petit moment maintenant le sas tenu par un garde en faction. Il savait leur nécessaire de combat présent derrière.


« Allez, encore quelques instants, puis dès que les premiers bolts résonneront, nous passerons à l’action. »


*


Ce ne furent pas les bolts qui entrèrent en action les premiers, mais bel et bien les cris et les rugissements emplissant l’air des guerriers de la VIII sortant de tous les angles du couloir qu’avait suivi Celeste Rugor. Il en sortait de partout, des colonnades, et des cellules elles-mêmes.


Les fils du Night Hunter, très bien camouflés jusque-là dans l’obscurité, ayant patienté le moment opportun pour surgir, bondirent toutes armes de poings brandies, épées tirées de leurs fourreaux, prêts à semer la mort. Leurs casques ailés renvoyés l’aspect malsain et sadique de ces guerriers rompus au meurtre et autres accomplissements pervers.


Le choc des lames et des premiers bolts emplit l’air autour des combattants. Les armures s’entre choquèrent, et rapidement les pointes de lames ainsi que les têtes de bolts trouvèrent leurs cibles.


Le centurion ne fut pas surpris de cette embuscade, mais il devait avouer que le lieu avait été judicieusement choisi. Un lieu exigu où on ne pouvait manœuvrer qu’à quelques-uns de front.


Les prisonniers derrière leurs barreaux se collèrent aux murs de leur cellule en jappant, les tirs ricochant en tous sens, très souvent trouvant des cibles collatérales. Le vacarme emplit le pont tout entier, et nul doute que déjà d’autres renforts se dirigeaient depuis les ponts adjacents pour prendre part aux combats.


Les senseurs des casques de Celeste Rugor et des siens se manifestaient encore par interruption, mais en plus de la protection octroyée, ils leurs permettaient de voir leurs adversaires têtes nues, et leurs sourires suffisants de décérébrés.


Le centurion embrocha de ses griffes Terminators le premier venu, l’écartant aussi aisément qu’un mortel et s’effondrant le long d’un mur les viscères à l’air. Ses frères pourvus des mêmes armures en firent tout autant. Les Night Lords n’avaient aucune chance en combat singulier face à ces tanks.


En revanche les guerriers en armures à leurs côtés ne bénéficièrent pas du même avantage, et furent littéralement pris à partie, collés au sol, démembrés et dépecés.


Celeste Rugor doutait qu’il ait pris le bon couloir pour sauver les siens, ou bien même faire jonction avec les autres groupes. Toutefois, sentant le poids de l’ennemi sur eux, il convenait de maintenir ces forces ennemies aussi longtemps que possible, afin de donner une chance aux autres de parvenir à l’objectif.


« Tuez-les tous. Qu’il n’en reste pas un seul. Notre devoir prendra fin avec notre mort ou la leur. »


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