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[Nouvelle 40k] - Hexegon

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Message par - Talos - Jeu 25 Fév 2021 - 11:54

[Nouvelle 40k] - Hexegon Eddy-g10



Cette nouvelle fait suite à la publication de l'image ci-dessus par Eddy González Dávila il y a quelques jours. Quand je lui ai dit que ça m'inspirait pour écrire une backstory, il m'a répondu "chiche".

Il ne m'en fallait pas plus Rolling Eyes
Bonne lecture !





*








Hexegon








" L'Hexegon ne peut souffrir d'une faille. "

Les mots ressurgirent dans sa tête en lettres ardentes, tapant derrière son front comme la migraine enserrait son crâne. Les sanglots de Nefrati reprirent de plus belle et elle abandonna tout espoir de se relever pour céder aux hoquets de sa tristesse. Le sol de carrelage fendu partageait la froide réalité de sa courte vie, exposée à la lumière clignotante d'une ampoule misérable pendant du plafond. Elle sentait les bleus qu'elle avait reçu en se débattant pulser en elle et le goût du sang, épais et amer, glisser entre ses dents. La garde seigneuriale avait pénétré ses quartiers à grands pas, ignorant les tapis délicats et renversant les meubles ornés. Nefrati avait bien tenté de les dissuader, quand bien même elle savait ce que son père avait décrété. Ces brutes zélées se fichaient bien des pleurs et des suppliques, et ils avaient projeté la jeune femme au sol avant de la rouer de coups de pieds. Telle l'œil d'un cyclone, la voix calme de son père s'était élevée au-dessus du vacarme.

" L'Hexegon ne peut souffrir d'une faille. Ta faiblesse est une honte à notre famille et je ne te laisserai plus salir notre honneur par l'échec de ta naissance. "

Ces paroles l'avaient heurté plus encore que les bottes. Ses yeux semi-ouverts avaient distingué la forme droite de son père, qui lui renvoyait un regard d'une dureté infinie. Sa moustache sévère ornait des lèvres serrées en une expression de colère contenue, d'une patience érodée par la déception au fil des années.
Jalius Tescalon, seigneur-gouverneur et Gardien de l'Hexegon depuis 5 générations, avait le charme aiguisé d'un militaire et le tempérament intransigeant qui allait avec. Les différents traitements avaient rendu ses traits durs et tendus comme du vieux cuir, mais ses yeux froids offraient à la face du monde le même regard empreint de mesure et de jugement depuis trois siècles.
Il ne souffrait aucune compassion et supportait avec difficulté les compromis à sa juridiction. Monter la garde de l'Hexegon était un devoir que tous les sujets de Jalius s'efforçaient d'accomplir avec la plus grande rigueur. Le dispositif que leur seigneur administrait d'une main de fer n'était guère vaste mais son importance était à la mesure de son régime totalitaire. L'Hexegon était une formation de six stations spatiales entourant une faille Warp de petite taille, perdue dans un agrégat de planètes mortes. Ce cimetière cosmique était la ruine silencieuse dévastée par une guerre antique qui avait vu la victoire de l'Imperium sur un ennemi désormais cloîtré dans sa prison immatérielle, bloqué entre les courants réels et les flots de l'outre-monde par le chœur astropathique de l'Hexegon.
Jalius Tescalon avait participé au conflit et ne tirait que peu de gloire de ses faits d'armes, se contentant d'accomplir son devoir dans une concentration absolue, sans jamais relâcher sa vigilance. Rares étaient les occasions où s'allumait en lui une étincelle d'humilité, et ces moments étaient ceux où il évoquait la présence des Anges de l'Empereur. Il abandonnait alors tout protocole pour livrer un portrait magnifique de ces guerriers terribles, avant que les murs de son esprit ne se referment, comme s'il en avait trop dit.

La descendance du vieux seigneur était née et morte plusieurs fois sous son règne. Ses "enfants" étaient tous issus de mères astropathes et fécondées in vitro pour servir exclusivement à l'entretien de l'Hexegon. Génération après génération, les six descendants assuraient la veille de la prison Warp en un roulement régulier, remplacés comme une matière consommable par les suivants. La génération actuelle perpétrait cette communion silencieuse. Depuis dix-huit ans, les cinq fils de Jalius se préparaient à prendre leur place dans chacune des stations-relais, exerçant leurs dons et leur maîtrise sous le tutorat exigeant de leurs mentors. Les compétences d'une génération qui se vaudrait exemplaire faisaient briller de fierté le cœur  de chaque citoyen vivant dans l'enclave spatiale, chantant ses louanges à leur seigneur alors même que ce dernier maudissait ce tour que le destin avait pour don de jouer. Ces cinq enfants étaient la toile de maître entachée par le coup de pinceau de l'incompétence.  

Nefrati était la sixième, et l'espoir mort-né d'un père cruel.

Elle avait fait de son mieux et travaillé toute son enfance à améliorer son don. Malgré des débuts prometteurs, son incapacité à développer ses talents plus avant s'étaient heurtés à la colère de son père, avide de résultats. Nefrati savait quels étaient les espoirs reposant sur ses épaules et ne comptait plus les efforts, les sacrifices et l'isolement qu'elle s'infligeait à elle-même la plupart du temps. Projeter son esprit en-dehors de son corps, serpenter au milieu du bouillon de pensées d'autrui était une routine pour elle, mais se heurter à la radiance de l'Hexegon était pour elle d'une souffrance insoutenable. Elle avait essayé un nombre incalculable de fois de traverser ce mur douloureux, mais les voix de ses grands frères et sœurs étaient bien trop puissantes pour elle, et elle ne sortait de sa transe que pour subir le regard désapprobateur de son père, jugeant la silhouette frêle et trempée de sueur qui ne faisait que le décevoir.

La tristesse de Nefrati se mua en colère et elle serra les dents, ses doigts se crispant contre le carrelage comme pour passer au travers. Elle avait toujours fait de son mieux ! Pourquoi ses frères arrivaient-ils à œuvrer de concert quand elle ne faisait que boiter maladroitement ? Le poing fragile qu'elle envoya cogner sur le sol ne fit qu'accroître son sentiment d'impuissance envers ces êtres hautains qui, en secret, devaient bien rire de sa misère. S'ils l'avaient aidée, elle n'en serait pas là, à attendre d'être lobotomisée comme un morceau de viande que l'on fait cuire. Elle qui, de naissance, s'était vue refuser tous les droits d'aspirer à autre chose qu'une vie de servitude, allait perdre sa conscience pour ne plus devenir qu'un corps automate bon à récurer les latrines. Son père, non, ce monstre ingrat, lui avait dit que c'était un moindre mal pour elle que de sentir dans sa chair courir la douleur de sa déception. Mais de quel droit ? Et au nom de quelle valeur pouvait-il se permettre une telle gratuité ? Elle n'était qu'une enfant, pas même parvenue à ses vingt ans ! Elle...

Nefrati.

La jeune femme sursauta, ce qui lui arracha un cheveu resté coincé dans une fissure du carrelage. La voix qui avait prononcé son nom était juste là, à son oreille. Nefrati chercha un haut-parleur, mais les murs n'offraient à ses yeux que leur béton humide. L'ampoule clignota brièvement avant que la voix ne résonne à nouveau, plus distincte mais dénuée d'hostilité.

Nefrati.

La pression autour de son crâne reflua, alors qu'elle ouvrait ses sens. Ce n'était pas faute d'avoir écouté des milliers de voix en laissant dériver sa conscience sur chaque station de l'Hexegon, mais celle-ci lui était inconnue. Même si les pensées et les rêves des humains étaient pour elle des nuages de sensations propres à chacun, il était impossible de tous les connaître.

" Qui est là ? " pulsa-t-elle, mal à l'aise en entendant le son de sa propre voix psychique, faible et enrouée.

Un froid pâteux glissa autour de son cerveau, comme pour l'isoler de son crâne et en chasser complètement la douleur. Nefrati frissonna mais accueillit ce soulagement avec plaisir. La voix revint, porteuse d'un accent délicat aux notes sucrées.

Je suis un ami, dit calmement la voix, et j'ai eu vent de vos malheurs.

La jeune femme se retourna, toujours incertaine d'être bien seule dans sa cellule.

" Je ne vous connais pas. " Dit-elle.

La voix sembla amusée, ou du moins souriante.

Très chère, connaissez-vous tous vos voisins ?

Elle baissa les yeux, innocemment piégée. Elle devait bien admettre que non. Les secondes s'écoulèrent, lentes et silencieuses, avant que Nefrati ne reprenne la parole dans un élan psychique désespéré.

" Je n'ai pas d'amis. Tout le monde ici me hait. "

Est-ce vrai, jeune demoiselle ? Ce n'est pourtant pas ce que j'ai entendu.

Nefrati leva les yeux au ciel en pouffant. Sa colère revint, surgie de la fine couche de calme entourant son esprit.

" Je ne serais ici, si les gens voulaient de moi ! Ils sont bien heureux de se débarrasser de leur poids mort. Qui êtes-vous ? Un sous-fifre venu me railler ? "

Elle marcha jusqu'à la porte et tenta de jeter un regard à travers la maigre fente horizontale. Le couloir lui apparut en partie, mais personne ne s'y trouvait. Aussi douce que révoltante, la voix revint chuchoter à son oreille.

Je m'appelle Amoch et je ne suis pas venu vous tourmenter, Nefrati. Je suis venu car j'ai senti votre détresse et j'aimerais vous aider.

Tout cela commençait à prendre une tournure impossible. Nefrati tourna en rond en serrant et déserrant ses poings. La douleur perça à la base de son crâne et planta de nouvelles aiguilles dans ses tempes. Elle finit par prendre une grande inspiration, et s'assit en tailleur au centre de la cellule.
Elle ferma les yeux. Lentement, elle redevint maîtresse de sa perception, bien consciente de l'étendue de son aura. Celle-ci flottait autour de son corps et étendait de fines volutes au-delà du couloir, sous le plancher et au-dessus du plafond. Nefrati sentait la famine qui creusait le ventre d'un détenu deux cellules plus loin, le grésillement piquant du fil de cuivre alimentant l'ampoule au-dessus de sa tête. Et, réconfortante, la présence de l'inconnu qui avait eu la décence de rester silencieux tout ce temps.

" Où êtes-vous ? " pulsa-t-elle, je n'arrive pas à sentir votre aura.

Dans ses oreilles, elle distingua la voix qui prenait une inspiration pénible.

Je ne suis pas loin.

" Êtes-vous dans le palais ? "

Oh non, très chère, je suis bien plus loin. Il me peine de vous le dire, mais j'ai bien peur que la puissance de votre chœur vous empêche de m'atteindre.

Nefrati ouvrit les yeux et, de stupeur, tomba en arrière. Elle avait tendu les mains devant elle par réflèxe, comme pour se protéger de quelque menace invisible.

" Vous... bégaya-t-elle. Vous venez d'au-delà de... "

Un petit rire courtois piqua l'arrière de ses yeux.

Hélas oui, très chère. J'ai bien peur que nous ne soyons tous deux esclaves de nos royaumes.

Elle se remit d'aplomb, mal assurée et dégoûtée à l'idée de communier avec un être de l'outre-monde. Cet esprit méprisable ne méritait pas de s'adresser à elle.

" Je ne suis pas esclave, je suis la fille du seigneur-gouverneur de ce domaine."

Les mots sonnaient creux malgré elle, quittant sa bouche sans la moindre assurance. Elle sentit la l'enveloppe froide autour de son cerveau remuer en vagues sarcastiques.

Permettez que je remette ce statut en doute, ma chère. Vos maîtres ne semblent guère vous porter en haute estime. Y a-t-il une raison à cela ?

Nefrati en eût envie de cracher au sol et perçut la chaleur de sa salive se mêler au sang de ses gencives.

" Je ne suis pas assez douée à leur goût. J'ai déçu mon père malgré tous mes efforts, je suis trop faible pour intégrer le choeur de l'Hexegon. "

Elle se fendit d'un rire sans joie.

" Mais vous n'entendez rien à tout cela. Vous ne vivez pas dans le monde civilisé. "

Elle perçut l'amusement révoltant d'un être sans scrupules et sans chaînes, qui aurait pu rire d'elle et qui pourtant ne la jugeait pas, se contentant de flotter en faisant fi des esprits alentours. Insolent. Excentrique.
Libre.

Sachez, ma chère, que des lois régissent votre monde et le mien en égale mesure. La tyrannie et la jalousie sont les pantins agités par les fils cupides de nos rois. Ils jalousent notre bonne foi car elle menace leurs empires.

" Vous, un monstre de l'au-delà, osez vous prétendre de bonne foi ? "

Et vous-même, Nefrati ? Me traiter de monstre, est-ce là un acte de bonté ? Vous ai-je jamais causé du tort ?

Elle se sentit soudain coupable, mais la douleur disparut à nouveau comme la voix se voulait rassurante.

Allons, mon enfant, je ne nourris aucune haine. Les vertueux ont cela d'unique qu'ils sont passionnés et souvent accusés par les imbéciles jaloux de leurs talents. Il y a des éons de cela, j'étais appelé Le Conteur par mes pairs. Ma voix portait dans ses courants les histoires fabuleuses de dieux magnifiques, que buvaient avec admiration  d'innombrables âmes en peine. J'étais un phare, une flamme chaude perdue dans les océans gelés du vide. Et voyez, par la censure de petits seigneurs arrogants, quel est mon état en ce triste jour.

Le chagrin de la voix était à la mesure de la passion qui l'animait, comme elle se remémorait ce passé noyé sous les remords.

" Qu'est-il arrivé ? " Demanda Nefrati, presque absorbée par le récit.

Un agrégat de rois puissants et jaloux est venu déchiqueter notre harmonie. Nous étions trop sincères pour leur vision étriquée de l'univers. Pour eux, seules la censure et l'asservissement étaient des valeurs fondamentales. La compassion et la connaissance étaient des fléaux et des obstacles à leur entreprise barbare. Ils ont porté la guerre et le feu sur des cités magnifiques, renversant nos statues et brûlant nos maisons. Dans le vent résonnait la plainte du peuple qui n'implorait que clémence.

Loin au fond de sa poitrine, Nefrati sentit le poids de sa compassion s'alourdir. La voix pulsait de chagrin autour de sa tête, inondant la cellule de larmes invisibles.

Ils ne se sont pas contentés de m'enfermer. Combien ont péri seuls, privés de ma parole ? Malades, pauvres, exilés, des millions sont morts de faim et de maladie, ou passés au fil de l'épée. Ces mondes exterminés sont les témoins silencieux de notre sort tragique.

Les yeux de Nefrati s'écarquillèrent comme elle réalisait, sentant poindre le dégoût sur sa langue, ce que la voix était en train de lui révéler.

" Je crains ne pas comprendre. Vous parlez de...mondes ? "

Avez-vous jamais observé les planètes autour de nous, Nefrati ?

Elle comprit soudain, et prit la mesure du massacre qui avait eu lieu dans le système après l'avènement de l'Hexegon. Un carnage. Un système entier. Tous ces gens... Elle balbutia, ses yeux parcourant le carrelage comme elle réalisait sur quel piédestal s'était élevé son père. Cet être froid et stoïque ne se contentait pas de disposer de ses sujets et de sa propre famille. Toute la cruauté qu'il dissimulait apparut à Nefrati comme l'aveu le plus répugnant de sa vie. Impuissante, elle se résigna.

" Je vais finir comme eux. "

Nefrati sentit l'aiguille de la colère remonter aux creux de sa colonne vertébrale.

" C'est injuste." Finit-elle par cracher. " J'ai toujours fait de mon mieux pour lui. "

Votre père, Nefrati, ne veut plus de vous car il a peur de vous. Il a peur de votre réel potentiel, et vos louanges sont connues de tous au-delà du palais. Sachez-le, demoiselle, ils chantent votre nom.

Elle releva la tête, cherchant un sens à ces paroles.

" Qui chante mon nom ? "

Soudain, le couloir résonna de bruits de pas. La conscience se replia sur elle-même sans un mot de plus, alors que Nefrati reprenait toute la notion de son environnement. Avec le départ de la voix, la migraine revint, grimpant comme des racines noueuses le long de son cou. Le verrou glissa dans son logement avec un grincement aigu et la jeune fille sentit son cœur  caler dans sa poitrine comme elle savait son heure venue. Une terreur enfantine barrait encore ses traits quand la garde seigneuriale la sortit sans ménagement de la cellule. La coursive grillagée écorchait ses pieds nus alors qu'ils descendaient de plusieurs niveaux vers le cœur  du palais. Nefrati sentit des larmes couler lourdement le long de ses joues rougies par le froid quand ils passèrent le porche austère de l'aile médicale. Dans un élan de désespoir, elle tenta misérablement d'étendre sa conscience à la recherche de la voix, d'appeler au secours à qui pourrait l'entendre. Quand elle comprit qu'elle était trop paniquée pour user de son don psychique correctement, elle finit par crier avec sa vraie voix. Ses hurlements ne cessèrent que sous le coup de poing à l'estomac que lui asséna un des gardes. Nefrati vomit un mince filet de bile qui lui brûla la trachée et lui laissa un arrière goût acide dans la gorge.

Ils la traînèrent jusque dans une salle de taille moyenne baignée de bruits parasites où trônaient consoles de données et forêts de câbles, exsudant une odeur de formol écœurante.
Encastré dans le mur du fond, au sommet de trois courtes marches, se tenait un sarcophage terrifiant.
Paralysée par cette vision, Nefrati ne se débattit même plus alors qu'elle était portée au-dessus des câbles courant sur le sol, le regard vissé dans la coque sombre qui approchait. Un bruit attira son attention sur la gauche. Un serviteur, aux robes percées de tuyaux, se retourna vers elle, plantant son regard sans vie dans le sien. L'espace d'une fraction de seconde, elle crût sentir une bonté derrière ces yeux mi-clos. Le filet d'écume qui coula le long du menton de la créature annihila cette impression. C'est cela qu'elle était sur le point de devenir. Nefrati Tescalon, fille de Jalius Tescalon, vivait ses derniers instants. Alors que son dos était plaqué contre la surface râpeuse du sarcophage et que ses liens étaient verrouillés, elle le vit.
Son père.
Dans l'encadrement de la porte, il portait comme toujours l'armure de son office. La plaque pectorale ornementée de l'Aquila renvoyait en reflets multicolores les voyants et autres écrans de la salle à mesure qu'il s'approchait. Envolées dans l'instant, la peur et la détresse laissèrent la place à la rage dans les yeux de Nefrati. Elle voulut se débattre, arracher ses liens pour se jeter sur ce visage qu'au fond, elle avait toujours détesté. Le froid enroba à nouveau son cerveau comme une flaque d'huile.

Il vient te narguer, Nefrati.

Les gardes reculèrent et se rangèrent sur les côtés du sarcophage. Jalius monta les marches pour se tenir devant sa fille, sa main posée nonchalamment  sur le pommeau de son sabre. Il inspira avant de parler de sa voix dure comme un roc.

" Sache que je déplore ce qui arrive. "

Il l'avait prévu.

Nefrati essaya à nouveau de se libérer dans le claquement de ses liens, mais ses efforts furent vains. Le vieux seigneur fit un pas de plus vers elle.

" Tu n'es pas digne de marcher parmi nous, Nefrati. Ce n'est pas ta faute, car tous ne reçoivent pas l'illumination. " Poursuivit-il sans aucune chaleur.

Il te méprise.

" Tes capacités sont trop faibles pour servir ton propos, mais ta présence constitue un danger malgré toi. "

Il a peur de ton vrai pouvoir.

" Je ne peux pas risquer la vie des millions d'âmes qui peuplent l'Hexegon. "

Il en a massacré bien plus.

" Ce n'est que justice, l'ordre naturel des choses. " Acheva-t-il en se retournant pour descendre les marches.

C'est sa justice, celle qui extermine et qui tue ses enfants. Est-ce là que va finir ta vie, Nefrati ? Va-t-il poursuivre son règne impunément ? Vas-tu le laisser annihiler ton pouvoir, le laisser faire ? Vas-tu te couvrir du sang des innocents ?

" Non ! " Pulsa-t-elle en réponse. " Je veux qu'il paie pour ce qu'il a fait, pour sa cruauté, il n'est pas bon ! "

Elle sentit un cri monter en elle. Il naquit du fond de son cœur , tendit les muscles de son ventre et rougit ses poings fermés. Dans la pièce, des moniteurs bipèrent. Un tuyau se rompit, éjectant un filet de vapeur. Les regards se tournèrent vers elle. La conscience de Nefrati bouillonna d'une fureur qu'elle n'avait jamais ressenti, celle qui anime les derniers instants d'une fille trahie par son père. Avec toute la puissance de sa haine, toute la violence de son chagrin, elle hurla.

" Je veux la VENGEANCE ! "

La voix dans son crâne répondit avec une satisfaction que la fureur de Nefrati l'empêcha de discerner.

Alors, venge-toi.

Le temps se figea.
Nefrati vit son père à moitié retourné, interpelé par le cri qu'elle venait de pousser et qui avait ravivé la brûlure au fond de sa gorge. Les gardes demeuraient aussi immobiles que des statues, tout comme le serviteur béat et les innombrables données des moniteurs. Dans un geste réflexe elle voulut se pencher pour mieux comprendre ce qui se passait et tomba en avant sur le sol. Ses liens avaient disparu. Sa tenue débraillée avait également laissé place à l'une de ses robes quotidiennes. Elle se retourna et ne trouva à la place du sarcophage que le néant. Le mur lui-même avait disparu, remplacé par l'abysse le plus profond. Nefrati était abasourdie par ce phénomène irréel. Était-elle responsable de cela ? Avait-elle débloqué son plein potentiel ? Ces questions et tant d'autres noyaient son esprit quand de petites flammes apparurent dans le noir. Elle reconnut des bougies, clignotant faiblement de plus en plus loin, traçant une voie fragile dans l'obscurité. Hésitante, Nefrati posa un pied devant elle, et fut surprise de sentir la pierre froide sous ses pieds. Avec précaution, un pas après l'autre, elle avança de quelques mètres. Elle voulut déployer timidement sa conscience avant de se rendre compte que cette dernière était déjà tout autour d'elle, exaltée dans toutes les directions comme si des barrières invisibles l'avaient ligotée depuis toujours. Elle étira sa présence mentale comme elle se serait étirée avec son corps, et fut envahie d'une telle sensation de confort qu'elle en sourit à pleines dents.

Elle continua d'avancer, jusqu'à ce qu'elle distingue une flamme plus grande que les autres, plus fragile et aux couleurs changeantes. Plus elle s'approchait, plus elle sentait que quelque chose l'appelait de derrière ce noyau multicolore. Le froid caressa son cerveau une nouvelle fois, et Nefrati comprit qui était prisonnier de cette cellule.

" Amoch ? " pulsa-t-elle.

Je suis ici, chère enfant.

" Où sommes-nous ? "

A la croisée des mondes, l'entrée de mon cachot. C'est ici, au milieu des larmes de mes sujets, que ton père m'a exilé.

Tout autour d'elle, Nefrati discerna des cris semblables à des mugissements, des plaintes assoiffées à la limite de sa perception.

Je suis content que tu sois là, Nefrati. Reprit Amoch. Sa voix était empreinte de la sincérité la plus profonde que la jeune femme ait jamais entendue.

Les suppliques se firent plus distinctes, et le voile noir autour de Nefrati se déforma par endroits en laissant se dessiner par transparence des faciès sinitres, empreints de colère, ivres de rancœur.

Ils sont les innombrables innocents massacrés par ton père. Eux aussi réclament vengeance pour l'injustice qu'ils ont subi. L'impensable trône de mensonges bâti par ton père est sculpté dans les os des infirmes et des laissés pour compte. Tu es comme eux, Nefrati. Tu es comme moi. Nous pouvons rendre justice aux opprimés et aux innocents, plutôt que de laisser faire les tortionnaires.

Sur la pierre éclairée de reflets roses cliqueta une dague apparue de nulle part. Nefrati recula d'un pas à la vue de l'arme, se sentant soudain mal à l'aise.

N'aie crainte, Nefrati. Le sortilège maintenu par tes aînés ne peut être brisé que par le sang de leurs semblables. Et tu es la plus puissante d'entre eux. Je sais que cela va faire mal et mon cœur  est lourd à l'idée de te demander cela, mais nous ne pourrons rétablir la justice que si tu consens à ce geste douloureux. Pour eux, ajouta-t-il, et Nefrati sentit la conscience d'Amoch tisser des fils froids depuis chaque visage torturé jusqu'à son cœur. Par le Trône, il y en avait tant.

Se sentant redevable, elle s'accroupit et saisit le poignard comme par automatisme. Le poids de l'arme était important, et elle doutait de pouvoir faire quoique ce fut sans que ce soit trop grave, car ses dimensions étaient plus imposantes qu'un simple couteau. Elle sentit le froid suave se lover autour de son cerveau aussi lentement qu'elle faisait glisser la lame le long de son bras. Le picotement de la peau tranchée fut vite remplacé par une douleur aigue, mais Nefrati serra les dents et continua alors que des filets chauds coulaient en lignes écarlates sur sa peau blanche. A la limite de sa conscience, elle entendit des voix paniquées et ce qui semblait être des sirènes d'alarmes. Quelqu'un criait son nom.

Un peu plus de sang n'a jamais fait de mal.


Un claquement fit sursauter Nefrati. Devant elle, la flamme violette s'élargit en un maëlstrom d'éclair. De sa main ensanglantée, elle se protégea de la vive lumière alors qu'en émergeait une immense silhouette. Un pas lourd résonna sur la pierre en trainant derrière lui des étincelles roses et des résidus électriques. Nefrati eut le souffle coupé devant le dieu qui se tenait devant elle. Son armure violette et dorée était un amalgame impossible d'arabesques et de sculptures sublimes. Ses mouvements étaient parfaitement fluides alors qu'il levait le bras pour fermer et ouvrir une main. Comme satisfait du résultat, le masque de fer se tourna vers elle. La voix qui sortit du casque était déformée mais reconnaissable entre mille.

" Je te dois mes infinis remerciements, Nefrati. " Dit Amoch.

Figée sur place, la jeune astropathe ne savait quoi dire. Cet être impossible ressemblait aux Anges de l'Empereur décrits par son père. Pourquoi en aurait-il emprisonné un ?

" Vous... parvint-elle à articuler. Vous êtes un de Ses Anges ? "

Le vent éthéré qui soufflait depuis la faille, dans le dos d'Amoch, porta à ses oreilles un rire qu'elle ne parvint pas à définir.

" Oui, chère demoiselle, je suis un Ange. Et grâce à toi, justice va pouvoir être enfin rendue. Ta vengeance, notre vengeance, la vengeance de nos frères exterminés. Des siècles de pénitence endurés enfin arrivés à leur terme. "

Il tendit une de ses énormes mains vers elle, comme le ferait un ami.
Comme l'aurait fait un père.
Elle tendit son bras meurtri et le sang coula sur sa clavicule. Quelque chose, au plus profond de son être, hurla en silence. Dans le lointain, les alarmes se firent plus fortes.

Leurs doigts se touchèrent et, instantanément, l'air se chargea d'une puanteur atroce. Un vent de décomposition souffla tous les cierges et charia des tornades de cris infiniment puissants, poussés par des gorges inhumaines. Nefrati vomit sans vomir. Elle voulut se couvrir les oreilles mais la main d'Amoch la retenait. Elle leva les yeux vers le casque qui la fixait, impassible dans la tourmente, ses lentilles rougeoyantes plantées dans son regard. Alors elle le vit, avec son sixième sens. Ce visage, brisé, fétide, infiniment vieux, sertis d'yeux abominables. Et cette bouche sans lèvres, aux crocs acérés, à la langue pourrie, instrument de paroles insidieuses et corrompues. Nefrati pleura, et ses larmes emportées par la tempête furent écartelées par des fantômes avides.
La prise implacable d'Amoch la rapprocha de lui et elle fut envahie par une nausée indescriptible. Elle ferma les yeux, prise d'une panique si totale qu'elle pressa ses paupières comme pour tout faire disparaître. Le froid gelait son cerveau à présent, creusant de plus en plus profond dans ses organes. Quelque chose grandit en elle. Quelque chose qui lui faisait mal. Quelque chose qui voulait sortir. Nefrati se sentit subitement tomber, comme si la pierre s'était dérobé sous ses pieds. La chute vertigineuse ramena sa conscience dans son corps, cependant qu'elle sentait toujours la prise d'Amoch sur son bras. Les effluves de la panique lui parvinrent en même temps que les cris effrayés et les sirènes. Derrière elle, les innombrables voix saturaient les abysses de leur soif de sang, leur voracité pressant horriblement derrière ses yeux. Au milieu de vacarme, le ton mielleux du géant fut la dernière chose qu'elle entendit, murmuré à son oreille et empli d'une satisfaction bestiale. Nefrati sentit quelque chose se déchirer dans sa poitrine.

" Réveille-toi maintenant, chère demoiselle. "

Nefrati ouvrit les yeux sur la salle médicale terrifiée, et mourut.


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Message par vulkan Jeu 25 Fév 2021 - 16:21

RIP Nefrati, petit ange trop doux pour le 41ᵉ millénaire, elle nous manquera.

Sinon super nouvelle, j'aime bien comment t'as écrit le night lord, c'est complètement dans la veine de la VIIIème légion, et le personnage de Nefrati qui est réellement touchant. Aussi bien pour l'histoire du système, on sait ce qui c'est passé, mais on n’a pas les détails, ça me rappelle ce dont on avait discuté hier.
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Message par - Talos - Jeu 25 Fév 2021 - 17:44

Merci Vulkan Smile

Par contre ce n'est pas un Night Lord, son armure est violette/or. En soi l'artiste n'a pas statué sur le chapitre ou la légion d'appartenance mais j'avais plus en tête un seigneur lambda comme il peut y en avoir tant dans une galaxie en guerre Wink

Pour le système en effet, je me suis exercé à ne rester que "sur l'horizon" comme on en a parlé. Donner une vision globale mais laisser l'imaginaire travailler !

Content que cette petite nouvelle t'ait plu ^^


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Message par Variel Mer 3 Mar 2021 - 20:53

Je viens de lire ta nouvelle, et je l'ai beaucoup appréciée !

Les descriptions sont excellentes, et la combinaison de ces dernières et de ce qui nous est déjà donné dans l'image fonctionne à merveille de concert et permet vraiment la visualisation globale de tout ce qui se passe ! Et quand je dis les descriptions, je parle évidemment des descriptions physiques, mais aussi de celles qui concernent les émotions des personnages.

Tu as parfaitement réussi à humaniser Nefrati, et j'ai pu ressentir sa peine et ses autres sentiments grâce à la manière dont tu les as retranscrits. Et cela est renforcé par la description que tu as fait de Jalius, personnage très cohérent aussi, et qui permet d'appuyer encore sur la détresse et d'une manière générale sur ce qui est développé de la personnalité de Nefrati.

J'aime en outre toujours beaucoup la manière dont tu écris, tes tournures de phrases, le vocabulaire que tu utilises, et je trouve que ça rend ta "conception" de l'univers très riche, c'est déjà ce que j'avais trouvé dans ton roman sur les Night Lords, mais c'est réellement flagrant ici (c'est logique en même temps, ton récit NL est plus "terre-à-terre", dans le sens où il ne fait pas trop appel au Warp ^^)


Et, tout particulièrement, je loue l'idée d'avoir écrit une nouvelle à partir d'une image, et en fait, je la trouve même vraiment excellente, ça pourrait être vraiment cool de faire des concours ou tout au moins des défis, à partir d'images de ce genre, pour stimuler la créativité, tu ne crois pas ?


D'ailleurs +1 pour cette nouvelle, évidemment ^^


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Message par - Talos - Jeu 4 Mar 2021 - 0:18

Un très, très grand merci pour ce retour Variel Smile

Je travaille ma manière d'écrire en ce moment, et tes mots semblent confirmer que mon style dénote de ce que j'ai pu écrire auparavant. J'ai même parfois l'impression d'en faire un peu trop, de ne pas laisser assez de place à l'interprétation. C'est un risque auquel j'essaie d'être vigilant...

En effet, bosser depuis une illustration est un bon exercice ! C'était ma première fois d'ailleurs.
Quant au fait de l'appliquer aux concours, ce serait à discuter auprès du staff mais je crains que cela ne limite le champ des possibilités là où une intro textuelle générique est plus ouverte. Après, rien n'empêche de lancer un sondage sur la question ^^


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Message par Nero Jeu 4 Mar 2021 - 9:38

Salut! je viens de finir ta nouvelle, et ma foi, que dire... Voilà un super travail sur une simple image. Je dois dire que je tire ma révérence mon bon signeur! Je loue ta créativité et ton talent pour nous produire un si bon texte que j'ai pris mille plaisirs à lire. 

Car oui, on s'y plonge rapidement et facilement, ceci grâce à un vocabulaire riche et des descriptions bien cousues sans être à rallonges ( cela sans compter les deux trois fautes relevées, mais qui, comme nous dirions tous, malgré x relectures parviennent souvent à passer au travers des mailles du filet! mais cela n'impacte en rien ton récit.)

On voit que tu as toi même pris beaucoup de plaisir dans ce projet et il me ravit de voir cet engouement passionné dans ton récit comme dans ceux de nous autres lecteurs et écrivains de ce forum Wink.

Tu es très habile dans l'exploitation du sujet et on sent que c'est avec facilité que tu trouves tes mots d'une part mais que tu nous dépeints et humanises ce personnage de Nefrati, laquelle nous prenons plaisirs à suivre les tourments dans cette tourmente infernale! Le personnage d'Amoch est lui aussi évidemment très bien décrit, ainsi que l'histoire et ce qui gravite autour de manière générale. Il y a comme une amorce, un compte à rebours tout le long de ton récit, chose que j'adore et que tu parviens très bien à nous faire vivre. 

Voilà! Bravo! on sent que ça s'annonce mal pour les mortels, qu'il y a comme un léger goût de sang dans l'air...ne trouvez vous pas? comme un carnage sur le point d'advenir?  Laughing Laughing

Après j'ai une question, le conflit passé que tu évoques, s'avère t-il être l'un de ceux de l'Hérésie d'Horus ou un conflit parmi tant d'autres au cours du 41eme?


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Message par - Talos - Jeu 4 Mar 2021 - 13:09

Merci beaucoup Nero, je ne sais quoi dire après tant d'éloges et je m'allonge en plate révérence devant mon clavier lol!

Pour la date du conflit, je n'ai rien fixé de précis et ce pour laisser le choix au lecteur. Tout comme la faction d'origine d'Amoch n'est pas nommée, je n'ai laissé aucun indice quant à une éventuelle trame de l'HH ou au-delà. Chacun place le récit où il veut mais pour ma part je le situe entre l'HH et le M41, ce qui laisse dix mille ans de possibilités !

D'ailleurs, je suis resté évasif tout le long du récit pour encourager l'imagination du lecteur. Dans quel système se trouve l'Hexegon ? Qui est venu rétablir l'ordre ? Quand ? Contre quelle légion et contre quel dieu du Panthéon ?

Autant de détails que j'aurais pu nommer, par exemple en disant:

"Il y a trois cent six ans et deux mois, le chapitre de l'Adeptus Astartes des Ultramarines et le 506ème Régiment de la Garde Impériale sont venus purger le système de Trucmuche dans le Segmentum Obscurus de la menace hérétique émanant du seigneur Amoch, fils de Fulgrim inféodé au dieu du chaos Slaanesh."

Voilà, là j'impose mon choix littéraire: le lecteur sait tout, presque jusqu'à la météo... Donner l'information gratuitement n'apporte rien et supplante l'imagination. Alors qu'en restant vague, en remplaçant les marqueurs précis par des approximations, on a:

trois cents six ans et deux mois -> trois siècles
les Ultramarines et le 506ème Régiment de la GI -> les Anges de l'Empereur et "Un agrégat de rois puissants et jaloux"
le système de Trucmuche dans le Segmentum Obscurus -> un agrégat de planètes mortes
le seigneur Amoch, fils de Fulgrim inféodé au dieu du chaos Slaanesh -> "j'étais appelé Le Conteur par mes pairs. Ma voix portait dans ses courants les histoires fabuleuses de dieux magnifiques"

En somme, rester dans le flou non par souci de précision, mais pour faire confiance au lecteur. Le laisser forger sa propre image du récit sans lui imposer quoi que ce soit Smile


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Message par Nero Jeu 4 Mar 2021 - 13:19

Et c'est un très bon choix que de laisser ce côté évasif ! J'en fais moi même usage dans d autres histoires et c'est ce que je trouve génial. Poser le cadre, que ce soit clair, mais sans trop en dire pour laisser l'imagination du lecteur opérer Wink


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