[Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

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[Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mar 7 Jan 2014 - 10:36

Sur Badab j’ai vu la propre forteresse du Tyran tomber en ruines calcinées après tant d’années de guerre impure. Je ne pouvais même pas m’en réjouir car trop d’hommes tombés auraient été si utiles ailleurs. Trop de vies s’étaient éteintes, profitant alors à nos ennemis pour devenir encore plus fort.

Historicus  Ostalan Varus


La Zone du Maelstrom est cette portion de l’espace située dans l’Ultima Segmentum, entre la route vers Terra et le cœur galactique. Cette région stellaire a toujours été célèbre depuis les premières colonisations, pour sa richesse considérable en minerais mais aussi pour sa proximité avec cette anomalie Warp connue sous le nom de Maestrom. Là, sur plusieurs centaines d’années lumières, au sein de tempêtes Warp plus ou moins stables s’étendent des empires xenos et des royaumes conquis par des Seigneurs du Chaos.
Initialement quatre Chapitres Astartes furent assignés à la défense de cette portion de la galaxie. Les Astral Claws en reçurent le commandement suprême et par la même, la responsabilité militaire de toute la région.  
Avant la terrible guerre qui ravagea cette région, le Sous-Secteur Badab était leur fief incontesté.
Sept autres sous-secteurs forment cette région désignée sous le nom de Zone du Maelstrom. Le Sous-Secteur Karthago, siège de l’Administratum, les Etendues de Golgotha, l’Amas d’Endymion, l’Amas de Magog, Angstrom, fief du Mechanicus, l’Amas de Khymara où est basée la Flotte et enfin les Etoiles Livides.

Les quatre Chapitres souverains se soulevèrent et se mutinèrent contre l’Imperium en 901M41 sans raison apparente. La réponse du Senatorum Imperialis ne tarda pas et fut implacable. Pas moins de douze Chapitres Astartes furent alors déroutés et envoyés pour mater cette improbable révolte. Cette guerre dura douze années et causa des ravages et des pertes considérables.  
La responsabilité fut imputée alors à Lufgt Huron, Maitre de Chapitre des Astral Claws et Seigneur de Guerre de la Zone du Maelstrom. Huron blessé, parvint à fuir dans le Maelstrom avec les rescapés de son armée, signant là, la fin du conflit.  
Cette guerre aura ravagé ou rasé des dizaines de mondes, tuant des milliers de space marines et des milliards de soldats et civils. Des dizaines de vaisseaux furent perdus. Le coût total imputé à la Dîme fut considérable et plusieurs générations devront encore le supporter.
Pour avoir soutenu les sécessionnistes, des gouvernements et des maisons nobles furent mis à bas, leurs dirigeants exécutés alors que des populations de mondes entiers furent tournées en  servitudes, forcés de reconstruire les ravages de la guerre.

L’Inquisition fit alors voter un Edit d’Oblitération, afin que la vérité sur toute cette histoire soit effacée ou modifiée. Cette rébellion aura officiellement été causée par une influence xenos.

Mais la réalité est toute autre...  




Un siècle plus tard…


+++Archives de l'Ordo Malleus, section Historicae des Ordos Maelstrom+++
+++Sujet : Rapport de mission de l'Inquisiteur Nathan Ezekiah+++
+++Transcription astrotélépathique encodée de niveau Omega prime+++
+++Anni Terrae : 739.010M42
+++Niveau d'accréditation Magenta+++
+++Astrotélépathe : Theorich Cephros+++
+++Destination : Seigneur Inquisiteur Antrecht, Ordo Maelstrom+++

Pensée du jour : "La Foi ne tolère nulle question"


+++Chargement des données, veuillez patienter+++




DRAMATIS PERSONAE :

Nathan Ezekiah : Inquisiteur de l’Ordo Malleus

Tibaltus Van Der Bergus : Légat interrogateur, primus de la cellule d’acolytes.
Conrad Altimore : Télépathe assermenté.
Hephastos Grimmer : Technoprêtre.
Skeld Torjd : Ex-garde impérial cadien.

Tilus "le Lynx" : Assassin, agent inquisitorial.
Syrius Orvalys. Télekinesiste assermenté, agent inquisitorial.
Séverina d’Angelis : Sœur de bataille.

Hak : Contact de Tilus au sein de la pègre.
Skanks : Membre de le pègre.
Lugg Uberkrump : Baron de la pègre.


Prologue

A la demande de l'Inquisiteur Ezekiah, une équipe d’acolytes, sous la couverture de clercs de l'Administratum, embarque sur un vaisseau cargo du Departmento Munitorum en direction du Sous-Secteur Badab proche de la région du Maelstrom. Après avoir quitté la base orbitale Inquisitoriale de Judgement, en orbite de Surngraad et après un voyage Warp de trois jours, le vaisseau fait escale sur l'orbite de Badab secundus. Ce monde serait actuellement en guerre civile, une sombre histoire de lutte commerciale entre les intérêts du gouverneur et ceux d'un cartel commercial local. La planète reste actuellemnt un peu isolé depuis la destruction près d'un siècle plus tôt de Badab Primaris, le monde capital du système, lors de la tristement célèbre Guerre de Badab.

Les acolytes dépêchés pour cette mission doivent rejoindre sur place l'Inquisiteur Nathan Ezekiah infiltré sous l'identité d’un négociant du nom de Varagine, accompagné de sa suite. La mission de l’inquisiteur est de mettre à jour un complot impliquant visiblement des officiels locaux.
L’équipe ainsi constituée est confiée à Tibaltus Van Der Bergus, un adepte issu de la noblesse d’un monde-ruche du sous-secteur Karthago voisin. Approchant la quarantaine, Tibaltus est un homme élégant, cultivé et rafiné, toujours impécablement habillé et arborant un petit bouc et une fine moustache parfaitement taillés. L’inquisiteur Ezekiah le tient en haute estime depuis près de quinze ans. Au point qu’il décida, il y a cinq ans de cela, de le nommer interrogateur et d’en faire donc son bras droit. Pourtant, les airs jugés hautains et supérieurs de Tibaltus ne font pas toujours l’unamimité parmi ses agents originaires de conditions plus modestes.
C’est le cas notamment de Conrad Altimore, psyker assermenté originaire des bas-fonds du monde-ruche Nécromunda, dont il a toujours conservé l’accent trainant. Conrad a servi de nombreuses années au sein de la Scholastica Psykana, dont il a conservé le crâne rasé et les tatouages, avant d’intégrer une cellule inquisitoriale. Télépathe désabusé, suceptible et bougon, il aspire à une vie plus aventureuse et pleine de rebondissements. Il possède néanmoins un fort potentiel au niveau de la manipulation mentale ce qui pourrait faire de lui un possible candidat au rôle d'interrogateur, de là une certaine rivalité avec Tibaltus.

Le troisième agent se nomme Skeld Torjd, issu de la Garde Impériale et originaire de Cadia. Skeld a été récemment retiré du service actif pour raisons disciplinaires, risquant de peu les légions pénales. Fin pisteur et tireur, expert en infitration et combat urbain, il ne se définit pas comme l'intellectuel du groupe, mais plutôt comme "la belle gueule" du groupe. Un peu en retrait des autres, il aurait tendance à vouloir agir en solitaire et ne semble visiblement pas à l'aise avec l'autorité. En réalité, le cadien est un vétéran marqué par la guerre. Son mental en aurait été affecté, raison pour laquelle il aurait tendance à forcer quelque peu sur les psychotropes.

Hephastos Grimmer est le dernier élément de cette équipe. Technoprêtre à la peau sombre, originaire du Monde-Forge Angstrom dans le secteur Badab, il se défini comme un véritable gourou de la techno-science, même si en réalité, il s'emmêle encore un peu les mecadendrites dans ses litanies. Il aime aussi parler aux esprits des Machines dans un langage arcano-mystique et semble plus à l'aise avec elles qu'avec les humains.


Arrivée sur place de nuit, l'équipe parvient à se rendre au lieu de rendez-vous convenu par Ezekiah,  une riche demeure qu'il loue dans Korigan’s Cove, une bourgade côtière et huppée à quelques lieux de la capitale.
Quelques kilomètres avant qu’ils n'arrivent à la villa, celle-ci explose soudainement. Le quartier est rapidement bouclé par la milice locale et les secours arrivent presque aussitôt, comme s’ils avaient déjà été alertés à l’avance. Les acolytes n'ont pas la possibilité d'approcher à moins de cent mètres du sinistre, mais déjà leurs craintes se confirment, les secours extrairont huit corps des décombres.
Impossible pour eux de confirmer l'identité des victimes mais le nombre semble corroborer celui qui composait l'équipe de l'inquisiteur.

Skeld et Conrad décident alors de faire le tour du quartier afin de repérer quelques indices.Pendant ce temps, Hephastos, le technoprêtre se rend compte d'une présence furtive dans une ruelle proche. Aidé de Tibaltus afin de démasquer l'intru, celui-ci tombe nez à nez avec un enfant mendiant d'à peine sept ans, jeune mutant aux bras atrophiés qui semble totalement perdu.
Après quelques questions, le jeune garçon se faisant appeler Styx, serait à la recherche de son ami et plus ou moins père adoptif : Olanius, un vieux mendiant, ex soldat,  qui vit là dans la ruelle depuis apparemment trente ans avec son chien kasrkin.
Olanius aurait disparu en fait quelques heures avant l'explosion de la villa d'Ezekiah et cela inquiète Styx car Olanius ne quitte jamais sa ruelle.
Avec l'aide de Skeld, la ruelle est fouillée méticuleusement, le corps de kasrkin, le chien est retrouvé un peu plus loin dans un container, la carotide et le cerveau perforés d'un seul coup à l'arme blanche, le tuant brutalement.
Les affaires d'Olanius sont aussi retrouvées. Ils trouvent deux vieilles images pix représentant une jeune femme sur l'une et une escouade de soldats d'un 32ème régiment local sur l'autre. Les restes d'une bouteille de mauvais alcool, un vieux poignard cassé, une ancienne douille de fusil d'assaut gravée du symbole de l'Aquilla et trois crédits complètent les maigres possessions du vieil homme. Par contre, nulle trace physique d'Olanius.

Après ce tragique évènement, face à ces quelques maigres indices et devant la nuit déjà bien avancée, Tibaltus et ses hommes décident de retourner à leur hôtel afin de se reposer quelques heures.




Chapitre I

++Le Drame++
++Traqués++

739.010M42


Le lendemain matin, Tibaltus et son équipe apprennent aux informations locales, à la rubrique faits divers, que les huit habitants d'une villa ont péris dans la nuit suite à une explosion au gaz. Le reste des informations faisant la part belle au conflit contre le Techno-Cartel de Mekton Zeta, incitant les citoyens impériaux à soutenir l'effort de guerre dans un conflit long de cinq années et qui se destine à encore durer.

En passant à la réception le matin même, Tibaltus se voit apostropher par le réceptionniste. Ce dernier lui remet un pli déposé plus tôt par un porteur. L'interrogateur s'empresse de le prendre, averti ses compagnons et tous retournent dans leur chambre afin d'en examiner le contenu. Nul nom d'expéditeur n’est indiqué sur l’enveloppe.

Après un examen minutieux du document, l’interrogateur décide de l’ouvrir. Il y trouve une clé, la clé d'une des chambres de leur hôtel. Après un rapide conciliabule, ils décident de s'y rendre. Celle-ci semble vide et inoccupée de prime abord. Après une fouille approfondie de plusieurs dizaines de minutes, ils finissent par trouver une cache sous le parquet, dissimulée sous un tapis. Dans la cache se trouve une plaque de données à lecture digitale.
Hephastos, le technoprêtre, éveille donc l’esprit de la plaque. Tibaltus apose son empreinte qui lui permet d'activer le décryptage des données.  Un message d'Ezekiah apparait, leur laissant quelques informations sur les raisons de sa véritable mission sur Badab.
L’inquisiteur était apparamment sur les traces d'un vaisseau pirate, portant le nom de  Morning Star et arrivé quelques jours plus tôt. Ezekiah semblait s’intéresser de prêt à son équipage ainsi que d'une mystérieuse cargaison.
Des notes laissées par l’inquisiteur, soulèvent aussi quelques questions, notamment en rapport avec les agissements du gouvernement et la  raison de cette guerre. Mais aussi à qui profite-t-elle vraiment ?  
L’enquête menée par lui et ses agents soulèvent aussi d’autres points. Qui est derrière la série d'attentats qui frappent les intérêts impériaux ? Et qu'en est-il des rumeurs selon laquelle des xenos auraient été apperçus aux abords d’Heldon’s reach, une bourgade située plus au Sud ?

L’interrogateur, callé dans un fauteuil, tend la plaque à Conrad qui se met à parcourir lui aussi les différentes pages.
-Il y a trop d'évènements qui laissent planer un doute sur les activités locales et sur une suspicion de complot de grande ampleur. Lui dit Tibaltus.
-Je vois aussi qu’Ezekiah comptait alerter par voie astrotélépathique un de ses collègues, l'Inquisiteur Joshua Dante, du danger immédiat. Lui répond le psyker.
-Seulement, Ezekiah semble avoir été démasqué avant d'agir.
-Sa couverture était compromise selon toi ?
-C’est plutôt évident.
Tibaltus se tourne alors vers Skeld, l’ancien militaire. Ce dernier était allongé sur un des lits, occupé à jouer avec son poignard.
-Rend-toi utile, tu veux bien ? Trouve-nous deux véhicules. Nous allons rejoindre la capitale Badab City et de là, reprendre l'enquête d'Ezekiah. Je compte me rendre au siège de l'Administratum. J’y serais sous la couverture d'un prefectus du Munitorum venant auditer les quotas de production de prométhéum et ainsi au passage vérifier à qui profite les bénéfices substantiels de production. Conrad et Skeld, je veux que vous alliez à l'astroport afin d'enquêter sur les traces éventuelles de vaisseaux pirates tandis qu'Hephaistos ira se charger d'aller en ville acheter des vox à longue portée pour chacun de nous.

Après ces quelques recherches longues et fastidieuses, face à la machine administrative de l'Imperium, le groupe se réunit tardivement dans la soirée et envisage de se rendre enfin vers 23 heures dans l'hôpital de la ville où ont été amené les corps extraits de la maison d'Ezekiah.

Après quelques tergiversations avec le personnel administratif et hospitalier, Tibaltus toujours sous l'identité d'un officiel de l'Administratum parvint à interroger le medicae de garde et réalise que les identités des victimes ont été confirmées un peu trop rapidement.
Aloysius le vieux medicae s’empresse soudain de donner congé à ses visiteurs.
Une fois sortis de la morgue, Tibaltus se tourne vers Hephastos.
-Tu peux voir si ton servo-crâne pourrait nous scanner la zone, idée d’intercepter toute communication sortante ?
Le technoprêtre procède comme l’interrogateur lui demande et transmet l’ordre à son petit serviteur.
Au bout de quelques secondes, il lui confirme un retour.
-Le médecin utilise son vox. Il est en train de demander à son interlocuteur d’intervenir rapidement car des intrus commencent à poser des questions indiscrètes.

Tibaltus fait alors signe à ses compagnons de se mettre en mouvement.  Ils retournent à la morgue, prétextant de nouvelles questions, bien décidés à faire parler Aloysius.

Alors qu’il s’entretient de nouveau avec ce dernier, toujours aussi peu enclin à parler, Conrad et Hephastos en profitent pour inspecter à nouveau les cadavres. Ceux-ci sont en assez mauvais état du à l’explosion et aux brûlures. Les deux compagnons repèrent sans peine que les corps n’ont même pas subis une autopsie malgré les dires du médecin. En regardant de près, Conrad repère les restes d’un tatouage sur le biceps du plus âgé des corps, celui censé être précisément celui du Seigneur Varagine,  il voit ce qui semble être un Aquila et les chiffres et lettres 32 RG.
Repensant alors à la photo du 32ème Régiment dans les effets personnels du vieux mendiant, il se dit qu’il pourrait bien s’agir là du corps du vieil Olanius.

Pendant ce temps, resté à l’accueil au rez-de-chaussée de l’hôpital, Skeld en profite pour faire la conversation avec Ophélia la charmante hôtesse. Quelque peu déconcentré, il ne voit qu’au dernier moment un groupe de six militaires des Forces de Défense Planétaire faire irruption dans le hall. Skeld n’a que le temps de prévenir discrètement Tibaltus par vox que des militaires sont dans l’hôpital. Le chef de groupe, un sergent donne des ordres rapides à ses hommes, deux restent en faction dans le hall dont un qui part chercher les enregistrements holopix dans le local technique derrière l’hôtesse,  tandis que le sergent et les trois autres descendent au sous-sol par les escaliers. L’homme resté en faction se campe devant Skeld. Ce dernier faisant mine d’être un patient de l’hôpital  engage la conversation mais le militaire peu loquace  lui intime l’ordre de rejoindre sa chambre au plus vite dans les étages. Ce dernier, devant l’air menaçant du fusil d'assaut, obtempère, décidant une fois à l’étage de redescendre au sous-sol par un autre escalier.

Au sous-sol pendant ce temps, Tibaltus, Hephastos et Conrad, alertés par Skeld, en profitent pour prendre rapidement congé du médecin et s’engouffrent dans le couloir vers la sortie, mais trop tard, les militaires sont déjà dans l’escalier et vont apparaître d’une seconde à l’autre. N’ayant plus de voie de sortie, Conrad ouvre la première porte et tous s’engouffrent dans un local juste à temps.

La pièce, plongée dans la pénombre est emplie de paillasses encombrées de pipettes, de tubes et verres emplis de liquides de couleurs et d’appareils tubulaires étranges, l’endroit  semble être un laboratoire. Tous trois tentent de s’y dissimuler au mieux tandis que quatre soldats passent précipitamment devant leur porte et se dirigent vers la morgue. Rapidement, ils entendent des éclats de voix puis un ordre clair est lancé par le sergent.
- Fouillez chaque pièce, trouvez-les !
Tibaltus jette un œil à travers la vitre de la porte, juste à temps pour voir que deux des gardes se dirigent dans le couloir et que l’un d’eux tente d’ouvrir la porte, celle-ci ne se verrouillant pas, il la bloque alors avec son pied et Hephastos l’aide à la maintenir bloquée à l’aide de son bras bionique. Voyant que la porte semble verrouillée de l’intérieur, le garde donne quelques coups d’épaule sans succès puis son compagnon lui lance.
-Recule-toi ! Le bruit sec d’une culasse qu’on arme s’entend alors. Hephastos et Tibaltus n’ont que le temps de se jeter de chaque côté de la porte avant que celle-ci ne soit criblée de balle et ouverte d’un grand coup de botte se la prenant en pleine figure. Tibladus juste derrière pousse un juron, le premier garde entre alors, arme au poing et se jette sur lui, mais Hephastos en profite pour lui tirer dessus à bout portant au pistolet laser, l’impact en grande partie absorbé par le gilet pare-balles du soldat le blesse légèrement mais le coup le jette au sol.
Le deuxième homme dans le couloir ouvre alors le feu dans la pièce, sans hésitation et en rafale avec son fusil d’assaut, faisant exploser les tubes de verres, les pipettes et autres instruments dans tous les sens. Conrad resté dissimulé jusque-là lui lance alors un sort mental qui l’immobilise quelques instants. Le sergent et un de ses hommes reviennent alors de la morgue armes à la main et s’empressent de faire feu par la porte ouverte du laboratoire. Tibaltus riposte au juger au pistolet bolter par l’entrebâillement de la porte. Puis, prenant son vox :
-Skeld, amène-toi, par le Trône de Terra, on a besoin de toi ici de toute urgence !

A l’intérieur, l’homme resté au sol, d’un puissant coup de pied en profite pour faire un balayage dans les jambes de Tibaltus, le faisant chuter lourdement et se cognant la tête en tombant contre le bord d’un lavabo. Il reste là, sonné au sol. Fort de son succès, le soldat en profite pour se relever et pointe son arme vers Conrad, mais celui-ci le renvoi au sol aussitôt par une fléchette anesthésiante tirée en plein front avec son pistolet à aiguilles. Pendant ce temps les deux autres militaires continuent de tirer depuis l’encadrement de la porte faisant voler en éclat le mobilier du laboratoire, Hephastos, touché à la cuisse s’écroule.

Skeld, enfin arrivé au sous-sol voit la scène, il dégoupille une grenade à fragmentation et se rue dans le couloir, à une vingtaine de mètres des militaires, il la lance et se plaque contre un mur mais celle-ci glissant sur le sol carrelé, explose plus loin au beau milieu de la morgue, la détruisant à moitié. Le souffle propulse tout de même les deux soldats au sol, les sonnant quelque peu. Le sergent ayant eu le reflexe de l’esquiver d’une roulade arrive en plein milieu du laboratoire, son pistolet mitrailleur à la main, il ouvre le feu, manquant de peu Conrad. Ce dernier riposte au pistolet à aiguilles mais rate sa cible, le sergent dégaine alors son couteau de combat et se jette sur lui. L’alarme incendie retentit alors dans tout l’hôpital. Conrad tirant à bout portant dans le poignard, désarme le sergent, il tente un autre tir mais son arme s’enraille, le militaire lui assène alors un violent coup de tête, lui cassant le nez et enchainant plusieurs coups de poing, Conrad se défend alors comme il peut, le visage en sang, il envoie tout ce qui lui passe par la main sur le soldat en furie mais sans trop de succès.
Dans le couloir pendant ce temps, la fumée de l’explosion se dissipant, les deux gardes se relèvent et arrosent copieusement le recoin où se trouve Skeld. Celui-ci, de deux tirs bien ajustés, les abats nets au fusil laser, il se rue alors en direction du laboratoire en ruine pour trouver Tibaltus sonné mais en train de reprendre ses esprits, Hephastos dans une flaque de sang en train de s’injecter un stimulant et Conrad aux prises avec le sergent des FDP dans un violent corps à corps.

Skeld met en joue le sergent.
-Mains en l’air, espèce de salopard !
Le sergent obtempère, la mine sombre et furieuse. Il leur ricane alors au nez.
-Bande d’hérétiques, vous êtes fait comme des rats. Mes hommes ont déjà bouclé toutes les issues et des renforts vont arriver d’un instant à l’autre.
L’homme est aussitôt fouillé par Conrad qui trouve sur lui un pistolet automatique, un jeu de tarot et une chevalière portant le I de l’Inquisition
-On peut savoir comment ces objets peuvent être en ta possession ?
-Nous les avons trouvés dans les ruines de la villa qui a sauté.
Skeld le ligote alors fermement tandis que Tibaltus et Conrad retournent à la morgue, là Conrad trouve le vieux medicae tétanisé et caché au fond d’un placard. Il le sort de là, Tibaltus et lui commencent à l’interroger sur le nom du contact qu’il aurait appelé mais le vieil homme apeuré ne semble pas répondre de façon cohérente, ils comprennent juste qu’il aurait touché un pot de vin d’un personnage important pour confirmer la thèse officielle de la mort de Varagine et de ses compagnons. A savoir, confirmer leur décès suite à une explosion au gaz. Le médecin prétend aussi ne pas connaître le nom de cet officiel. Conrad en profite pour le fouiller et récupère sur lui un calepin qu’il étudiera plus tard.

Le groupe décide alors de récupérer les fusils d’assaut des gardes puis de quitter les lieux et se retrouve ainsi dans le couloir en direction de la sortie avec leurs deux otages. Au bout du couloir, Skeld voit un plan d ‘évacuation sur lequel il repère où se trouve le parking des ambulances. Ils décident de s’y diriger tout en trainant leurs prisonniers avec eux. Entrant dans le parking, trois gardes ouvrent le feu sans sommation, abattant le vieux medicae d’une balle en pleine poitrine et une dans la tête. Le corps dans sa chute entraine Skeld qui se prend une balle dans la hanche. En rampant il parvient à se mettre à couvert. Hephastos pendant ce temps, couvert par Conrad qui arrose les gardes au fusil d’assaut par rafales, se met au volant de la première ambulance venu et lance le moteur qui peine à démarrer. Tibaltus monte à bord, le sergent se prend alors une balle à ce moment là et tout le groupe embarque dans le véhicule qui démarre en trombe. Conrad ne cessant de tirer, blesse deux des gardes légèrement au passage, mais l’ambulance est criblée de balles, dont une qui éclate un pneu au moment où ils parviennent à s’enfuir. Hephastos interfacé à l’esprit du camion pousse les limites de celui-ci qui file, de nuit, à travers la ville.

Il ne leur reste que peu de temps avant que leur signalement ne soit lancé et très vite ils réalisent que le lien sera fait avec leur présence à leur hôtel sur le littoral, ils décident donc de s’y rendre au plus vite, allant récupérer le reste de leurs affaires. En route, le sergent perd connaissance, sa blessure lui ayant fait perdre pas mal de sang.
A deux kilomètres de l’hôtel, Hephastos stoppe le camion sur une petite route désertique  en pleine nuit. Le camion n’ira pas plus loin, tandis qu’il prie pour l’esprit blessé de la machine, il commence un rituel de purification sur le véhicule et récupére tout ce qui peut encore être utile, à savoir quelques medipacks. Pendant ce temps, Skeld, après un sort de soins effectué par Conrad, aidé de ce dernier, retournent à pied à l’hôtel pour chercher leurs effets personnels. Le cadien,  affaibli par sa blessure à la jambe attire cependant l’attention du réceptionniste sans le vouloir, ce dernier le voyant ainsi en arme et ensanglanté reste dubitatif devant les explications quelque peu loufoques de partie de chasse nocturne et de besoin de rafraichissements qu’il lui fourni. C’est alors avec empressement que le réceptionniste disparait dans la pièce d’à côté, Skeld en profite pour dérober les clés d’un véhicule appartenant à l’hôtel : une ancienne fourgonnette. A ce moment, Conrad réapparait avec leurs affaires et les deux larrons en profitent pour s’éclipser avec le véhicule.

Resté près de l’ambulance, Tibaltus, après quelques soins tente d’interroger le sergent mais sans succès, ce dernier, affaibli par sa blessure, marmonne en boucle son nom, son grade et son matricule sans pour autant répondre aux véritables questions. Il est plus de trois heures du matin lorsque leurs compagnons les rejoignent avec le nouveau véhicule.
Hephastos après une dernière prière au Dieu Machine pousse l’ambulance et la laisse tomber du haut d’une falaise cinquante mètres plus bas.

Epuisés, ils décident de passer la nuit là, dans le camion, si l’Empereur-Dieu de Terra et le Dieu Machine ne les ont pas abandonné, demain sera un autre jour…

Chapitre II

++Prémonition++
++Une rencontre impromptue++
++Le Monastère Sainte Praxédès++



Il est plus de trois heures du matin quand le groupe s’endort. Dehors il fait nuit noire, Skeld chausse ses lunettes infrarouge et prend le premier tour de garde de deux heures, il s’installe avec son fusil laser sur le toit de la camionnette, tandis qu’une petite pluie fine commence à tomber. A l’intérieur ses compagnons dorment déjà.

Du à la fraicheur matinale et à l’humidité ambiante, Conrad s’éveille soudain, surpris de voir qu’au dehors il fait déjà jour, sa chronomontre indique qu’il est déjà sept heures. Tandis que ses compagnons dorment encore, Conrad décide de sortir de la camionnette, faisant le tour du véhicule, il ne voit nulle trace de Skeld. Voyant que Tibaltus commence à s’éveiller à son tour, ce dernier le rejoint. Ensemble ils commencent à appeler le nom de Skeld, un bruit les surprend alors : Sur le toit du véhicule, leur compagnon s’éveille en sursaut, glisse du toit du camion puis s’écroule au sol aux pieds d’un Tibaltus déjà passablement énervé.

Après le réveil complet de l’équipe, les blessures de la veille, le manque de sommeil et de nourriture ainsi que la situation catastrophique dans laquelle se retrouve l’équipe ne fait rien pour apaiser les tensions.
Décidant de retourner à Korigan’s Cove à quelques kilomètres de là afin d’aller chercher des provisions, l’équipe redémarre à bord de leur véhicule de fortune

Tibaltus et Conrad en profitent pour questionner à nouveau le sergent, toujours prisonnier du groupe. Après quelques échanges acerbes, ils réalisent assez vite le peu d’information dont dispose le militaire. Celui-ci n’étant qu’un simple sous-officier d’une milice locale et n’ayant donc que peu de connaissances sur les informations stratégiques dont disposent sa chaine de commandement. Si complot il y a, à moins d’être un excellent comédien, ce dont doute Tibaldus, l’homme en ignore sans doute toute la trame et semble bien convaincu de servir le plus fidèlement possible l’Imperium.

A l’approche de la petite bourgade, le véhicule reste à cinq cents mètres de là et Conrad décide d’aller seul et discrètement chercher quelques provisions.

Pendant ce temps, le reste de l’équipe scrute les environs. Au bout d’un bon quart d’heure, Tibaltus repère quelque chose.
-Deux appareils en approche. Ils viennent du sud, surement de Badab City.
A l’aide de ses macro-oculaires, Skeld observent à son tour dans la direction indiquée.
-Il s’agit de deux engins des FDP, de classe Valkyrie. Je dirais même qu’ils sont en approche tactique.

Appelant Conrad sur son vox, ils lui font part de l’information et décident de passer le récupérer dans le village devant le Temple St Josmane.
Dans la précipitation, l’excitation et la confusion générale, l’équipe se perd dans le dédale de rues de la petite bourgade, ne sachant plus s’il faut tourner à droite après la rue Aquila ou à gauche après la Place Sainte Celestine, Tibaltus hurle sur Skeld et sur Hephastos bien en peine de trouver leur chemin. Ce dernier sollicitant l’esprit de la machine du camion de façon peu orthodoxe, courrouce ce dernier et dans un rugissement d’embrayage mis à mal, s’encastre en plein carrefour dans un poteau indicateur.

Hephastos est sonné par le choc, Tibaltus sort en fulminant du véhicule, pestant contre le mauvais sort qui s’acharne sur eux, tandis que Skeld, toujours à l’affut des engins des FDP, s’engouffre dans le hall d’un bâtiment proche. Là il gravit les étages tant bien que mal suite à sa blessure à la hanche et se retrouve à la lucarne du troisième étage à scruter les environs.
Tandis qu’Hephastos, le nez et les mécadendrites dans le moteur, tente d’apaiser l’esprit retord du camion, mais en vain, Tibaltus décide devant l’arrivée des badauds qu’il est grandement temps de changer de véhicule.

Du haut de sa fenêtre, Skeld aperçoit à cinq cents mètres de là, les deux Valkyries posées non loin. Il se saisit alors de son vox.
-Tib ! Ils viennent de se poser à côté de notre hôtel, je vois une vingtaine de soldats qui investissent les lieus. On fait quoi ?
-Bordel de Trône, tu rappliques !
Skeld descend alors les marches en clopinant pour les rejoindre au moment même où Tibaltus braque le conducteur d’une voiture, sur ordre de l’Inquisition, le fait descendre lui et sa passagère sous la menace de son pistolet laser et réquisitionne ainsi de force le véhicule sous les yeux stupéfaits des passants. A ce moment, Conrad les rejoint, Hephastos prend le volant tandis que Skeld et Tibaltus retournent rapidement vider le camion de leurs affaires.


Ils réalisent alors que le sergent laissé sans surveillance a bien entendu disparu, de plus il a prit avec lui un fusil automatique et les deux seuls chargeurs restants.
Devant leur erreur, l’équipe s’engouffre dans la voiture dérobée et part en trombe en direction du Nord, à l’opposée des FDP à leurs trousses.
A quelques kilomètres de la petite bourgade, en pleine zone désertique le groupe stoppe le véhicule a proximité d’une zone rocheuse, dissimulant ainsi leur présence.

Tandis que Tibaltus épluche le carnet récupéré sur le médecin, à la recherche d’indices mais sans trop de succès, Skeld, se faisant passer pour ce même médecin appelle depuis son vox, le numéro que ce dernier avait composé pour les dénoncer. Au bout de la ligne, une voix d’homme lui répond « oui ? », après s’être annoncé comme étant le medicae Aloysius, le mystérieux interlocuteur lui raccroche alors soudainement au nez.

Pendant ce temps, essayant tant bien que mal à se concentrer à l’écart, Conrad lance une divination à l’aide de son tarot, se focalisant sur Ezekiah.

Les cartes, psycho-réactives en lien direct avec le Warp, lui envoient quelques signes sous forme de paraboles  et de visions. Conrad laisse les courants de l’Immaterium affluer en lui et tire alors la première lame, celle qui le représente au centre de cette trame. La lame est une Arcane majeure, elle représente la carte du sorcier ou du psyker, sous les traits de Conrad grimé en adepte de l’administration cerné de toutes parts par des hommes en armes en tenue bordeaux. Cette carte représente l’énergie créatrice, cependant les signes sur la carte indiquent que cette énergie est mise à mal.

La deuxième lame est une Mandatio, Conrad la pose juste au dessus de la première lame. C’est la carte de l’Inquisiteur. Elle représente un homme emprisonné dans une cellule, nu et blessé sous les traits d’Ezekiah. Cette carte d'ordinaire positive représente l’éveil de l’esprit mais aussi le renouveau.
La troisième lame que tire Conrad est une Adeptio, elle représente la carte de l’Assassin. La silhouette représente une femme en noir, son corps séduisant et menaçant à la fois est à moitié machine et de nombreuses armes saillent d’excroissances métalliques qui l’entourent. Derrière elle se tiennent six personnages à l’allure martiale qui semblent être des mercenaires armés. A l’arrière plan se tiennent des officiels impériaux, des hauts dignitaires visiblement. Derrière eux, enfin, se profilent deux villes. Conrad place cette lame sous la première, cette lame, à cette position, représente les problèmes cachés.
Il tire alors la quatrième lame, une Arcane mineure qui représente l’Etoile. L’image se focalise en réalité sur une zone précise de la planète, montrant une petite île entre deux continents. Conrad place cette carte à la droite de la sienne, elle représente le symbole d’un nouveau départ.

Il tire alors la cinquième et dernière lame, une Arcane mineure à nouveau, elle représente la Constellation. La carte montre en fait un vaisseau au premier plan. Derrière lui les cieux montrent une étoile et un soleil levant. En arrière fond se dessine l’Oeil de la Terreur. Il place cette ultime lame à la gauche de la sienne, cette carte est signe de coïncidence et aussi d’indice.

Fort de ces nouveaux éléments, Conrad rejoint le groupe, mais déjà Skeld leur indique que les Valkyries sont en approche à deux kilomètres de là, elles semblent les chercher. Hephastos leur confirme que les auspex des Valkyries ne tarderont pas à les repérer s’ils restent là.


Remontant à bord du véhicule et démarrant en trombe, le groupe prend à nouveau la route du Nord dans une zone un peu plus désertique et rocheuse puis bifurquent pour rejoindre une voie express en direction de la capitale Badab City.
Chemin faisant, Hephastos allume la radio de bord et scanne les fréquences, il tombe alors sur le flash spécial de la radio locale qui annonce qu’une contre offensive majeure viendrait d’avoir lieu à la frontière avec Mekton Zeta, les cinquante mille hommes des troupes FDP gouvernementales auraient alors subit de très lourdes pertes.
A quarante kilomètres du front, les quatre mille hommes cantonnés à l’arrière ont subit cette nuit une attaque éclaire, d’après certaines sources, des frappes neurotoxiques et biochimiques auraient anéanties l’intégralité des troupes, des équipements de soutien, de communication et du commandement militaire, dont le général Jericus, en personne, alors en charge des opérations ainsi que l’intégralité de son état major.

Nous sommes à l'aube du 3ème jour, 09h02 heure locale...


Dernière édition par Illuminati le Ven 24 Jan 2014 - 10:08, édité 2 fois


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Ven 10 Jan 2014 - 11:04

Roulant toujours sur une voie rapide en direction de l’Est, au bout de quelques kilomètres, Skeld, scrute l'horizon dans ses jumelles. Il aperçoit au loin une longue file de véhicules ralentis par ce qui semble être un barrage routier. A bien y regarder, il repère en effet plusieurs engins aux couleurs de la FDP qui filtrent les voitures. Sans hésitation, d’un brusque coup de volant, Hephastos bifurque et emprunte une piste perpendiculaire qui s’enfonce dans le désert. Leur berline de ville, mal adaptée aux pistes ensablées, peine à forcer l’allure et subit de nombreux soubresauts. Au bout de quelques kilomètres, un véhicule les rattrape sans peine. Il s’agit d’un énorme tout-terrains des FDP, un modèle Armadillo Defender. Ce dernier les double d’un dérapage contrôlé et dans un nuage de poussière s’arrête en travers de leur chemin,  A l’arrière, un des hommes les met en joue avec une mitrailleuse sur pivot, tandis que quatre soldats sautent du véhicule et les mettent en joue avec leurs fusils d’assaut. Le conducteur reste au volant, moteur en marche.

Les militaires leur intiment alors l’ordre de sortir les mains en l’air.
Pris de court et face à cette nouvelle menace, Tibaltus et ses hommes obtempère. Ils sont alors rapidement désarmés et commencent à se faire ligoter en vue d’être emmenés à bord du véhicule militaire. Le leur est fouillé et vidé de leurs affaires.

Soudain, venant de rochers à une cinquantaine de mètres de là et surprenant tout le monde, un tir de laser fuse en direction du 4x4, puis de façon inexpliquée, le sable commence à se soulever doucement autour du véhicule. Sans hésitation, l’homme à la mitrailleuse sur le toit, fait pivoter son arme et dans un vacarme de flammes, de métal surchauffé et de fumée commence à arroser copieusement les rochers d’une pluie de munitions de gros calibres. Deux des autres soldats tournent aussitôt leurs armes dans la même direction et mitraillent sans hésiter mais aussi sans trop savoir sur quoi ils tirent.
Devant la confusion, Skeld dont les liens n’étaient pas encore complètement serrés en profite pour se libérer les mains discrètement. Tibaltus et Hephastos tentent d’en faire de même et Conrad toujours ligoté utilise un de ses sorts mentaux pour effacer la mémoire du garde qui le tient en joue. Ce dernier soudain confus, l’œil hagard, reste hébété, se demandant bien ce qu’il fait là.

A ce moment là, un des soldats FDP se prend un tir de laser dans le bras qui lui fait lâcher son arme. Le 4x4 est alors pris dans un tourbillon de sable qui le fait se soulever de quelques centimètres du sol, le mettant lui, son conducteur et le tireur hors d’état de nuire. Les autres FDP ne sachant plus d’où vient réellement la menace, et paniquant totalement, se mettent à tirer sur les premières cibles venues,  Hephastos et Tibaldus s’écroulent, fauchés par une rafale, Conrad se jetant de côté esquive celle qui lui était destinée avec une rapidité hors du commun. Skeld tente de désarmer son adversaire en se jetant sur lui mais perd l’équilibre et tombe lourdement au sol, aux pieds du soldat, ce dernier avec un sourire mauvais pointe son arme sur la tête du cadien.

Un autre FDP est alors touché par un tir de laser, le désarmant à son tour. Conrad se ruant en avant, d’un coup d’épaule, fait chuter violement l’homme qui est au dessus de Skeld, le faisant mordre la poussière, en un éclair Skeld en profite pour le désarmer d’un geste expert, il retourne l'arme sur un des gardes déjà blessé, l'abat d'une rafale, puis se retourne et met en joue  l'homme au sol. Au même moment la tête du soldat ayant perdu la mémoire explose, traversée par un tir de laser qui vaporise en une bruine écarlate les restes de sa boîte crânienne, un deuxième ayant déjà été blessé au bras ne tarde pas à le rejoindre, touché mortellement d’un tir en pleine bouche qui lui pulvérise la mâchoire.

Skeld, tenant toujours en joue le soldat, le désarme et récupérant son poignard en profite pour couper les liens de Conrad, ce dernier en profite pour questionner aussitôt le soldat.
-Bordel, mais c'est quoi votre problème avec nous ?
Le soldat, lui crache alors au visage d’un air plein de mépris.
-Tu ferais mieux de me tuer, je ne parle pas à des baiseurs de grox de ton espèce.

Soudain, le tourbillon de sable enveloppant le 4x4 se dissipe, reposant lourdement le véhicule au sol et faisant retomber le tireur à quelques mètres de là, visiblement sonné et à demi ensablé tout comme le conducteur affalé sur le volant. Deux hommes surgissent alors des rochers, vêtus de longs manteaux couleur sable, l’un est armé d’un fusil laser, il a la peau sombre et un œil bionique, l’autre est équipé d’une épée et de pistolets.
Se dirigeant en petite foulée vers le 4x4, armes levées, le premier ouvre la porte du conducteur, dégaine un pistolet laser, lui plaque le canon sur la tempe et l’abat d’un tir en pleine tête alors qu’il reprenait tout juste ses esprits, tandis que son compagnon fait de même avec l’homme au sol, l’achevant d’une balle dans la nuque.

Un peu abasourdi devant une telle froideur professionnelle, Conrad et Skeld ne sachant que penser de leurs sauveurs restent sur leurs gardes. L’homme à l’œil bionique s’approche d’eux d’un pas décidé, armes pointées et abat à bout portant le prisonnier d’un tir en plein visage. Il va ensuite chercher une pelle à l’arrière du 4x4 et revient vers eux.
-Il serait bon de ne pas trop trainer dans le coin. Leur dit-il dans un bas gothique à l’accent Badabi. Je m’appelle Tilus, mais on me surnomme le Lynx. Lui, le psyker, c’est Syrius Orvalys. Nous sommes les deux seuls agents d’Ezekiah qui avons pu échapper au massacre de la villa de Korrigan’s Cove. Nous avons tentés de vous contacter et vous rejoindre un peu plus tôt mais nous avons  finalement été retardés.
Conrad ne peut s’empêcher de lui poser la question.
-Ezekiah est-il encore en vie ?
Le Lynx l’observe un instant avant de lui répondre.
-Ce que je peux vous affirmer, c’est qu’il n’était pas dans la villa.

Syrius, le nouveau psyker, se tourne alors vers les corps de Tibaltus et Hephastos en même temps que Conrad, voyant qu’ils sont salement blessés par balles, ils leurs administrent des premiers soins tandis que Tilus commence à enterrer les morts et que Skeld collecte les armes et le matériel dans le 4x4.
Les deux blessés, une fois stabilisés mais toujours inconscients sont chargés à bord du véhicule des FDP.
Ce dernier fait alors signe à Conrad.
-Il va falloir les emmener rapidement vers le premier Officio Medicae, en l’absence de quoi ils ne passeront pas la soirée.
Consultant une carte de la région, Skeld quelque peu perdu, reçoit l’aide de Syrius qui reconnaît les environs.
-Là, lui dit-il. A une centaine de kilomètres au nord se trouve  un ancien monastère reconverti en Schola Progenium, c’est le seul endroit sûr dans les environs.
Les deux nouveaux disposant de leur propre véhicule, tous se répartissent dans les deux tous-terrains, les deux psykers décident de rester avec les blessés.
Il est près de onze heures et le soleil est déjà bien haut  lorsqu’ils repartent en direction du Nord.
Après trois bonnes heures de route difficile, les véhicules arrivent en vue de petites collines et d’escarpements rocheux. Au sommet de l’un d’eux, se profile un austère bâtiment de style haut gothique perché tel un nid d’aigle. Le deuxième 4x4 est laissé en bas de la colline, vaguement dissimulé puis utilisant le véhicule de FDP, ils empruntent péniblement le chemin qui mène au monastère.

L’Armadillo stoppe à  quelques dizaines de mètres de l’entrée monumentale du bâtiment, une lourde double porte blindée. Le véhicule est alors verrouillé par des tourelles automatiques de défense de type Tarentule équipées d’acquisition de cible et armées de bolters lourds jumelés. La puissance de feu des gros calibres explosifs d’une seule de ces tourelles pourrait aisément les réduire en carcasse de chairs et de ferraille disloquées en quelques secondes. L’équipe ne bouge pas et attend.

Un servo-crâne équipé de scanners sort alors d’une des meurtrières du bâtiment et porté par son petit moteur antigrav, flotte jusqu’à eux en ronronnant. Arrivé à leur auteur, il scanne chacun des occupants du véhicule. Conrad lui tend la chevalière d’Ezekiah, marquée du sceau du I barré de la Très Sainte Inquisition. La bague contenant les séquences encodées d’un niveau de cryptage magenta fait émettre une série de bip frénétiques au servo-crâne qui s’en retourne prestement d’où il est venu en poussant une série de pépiements électroniques.

Au bout de quelques minutes, les lourdes portes de bronze s’ouvrent dans un grondement sourd. Un canal vox s’ouvre en grésillant et une voix féminine se fait entendre, alors amplifiée par l’esprit du porte-vox sur les parois rocheuses. Elle leur intime l’ordre d’entrer.
Roulant au pas, ils pénètrent lentement dans le hall d’entrée du monastère, les tourelles automatiques pointées toujours sur eux.
Une fois à l’intérieur, les portes se referment dans un bruit sourd et caverneux. Depuis le haut plafond des rampes de lumiglobes aux couloirs froides jettent une lumière crue sur les arrivants. Depuis les parois, le petit bruit des servomoteurs des armes lourdes asservies se fait entendre. La voix leur demande de sortir de leur véhicule tout en gardant leurs mains bien visibles.
Depuis des passerelles latérales, des sas s’ouvrent laissant passer deux groupes de quatre femmes d’âges divers, vêtues de robes monacales blanches et noires arborant le symbole de l’Ecclésiarchie et armées de bolters. Elles se disposent de chaque côté des nouveaux venus.
L’une d’elle qui semble être la plus âgée ordonne à deux des sœurs de collecter toutes les armes et matériel de l’équipe, leur précisant qu’en ces lieus, ils n’en auront pas besoin.
Une fois chose faite, toujours dans la ligne de mire des bolters pointés par les sœurs,  les deux blessés sont emmenés sur des brancards antigrav par des jeunes femmes vêtues de robes rouges vers un couloir latéral du hall.
La femme âgée leur annonce alors :
-Vous êtes ici dans les murs de la Schola Progenium du couvent des sœurs hospitalières de L’ordre de Sainte Praxédès. Je suis la Chanoinesse Yasmina Dominica en charge de ce monastère.  Ayant fait vœux de porter assistance aux blessés, nous allons prendre soins de vos compagnons. Qui d’entre vous se prétend être Inquisiteur des Saints Ordos ?
-L’Inquisiteur Ezekiah n’est pas parmi nous, nous sommes son équipe et sommes en mission secrète au nom de la Très Sainte Inquisition, ma Sœur, lui répond Conrad d’une voix assurée.
-Les identités de quatre d’entre vous ont été clairement confirmées comme étant celles de rebelles activistes de Mekton Zeta infiltrés sous l’identité de clercs de l’Administratum. Vous seriez accusés par les autorités, d'attentats, d’assassinats de plusieurs militaires ainsi que celui d’un medicae notamment. Qu’avez-vous à répondre de cela ?  
- Nous enquêtons précisément sur des activités illégales qui se déroulent sur Badab et devons aussi impliquer les agissements du gouvernement qui…
La Chanoinesse l’interrompit aussitôt.
-Vous accuser les Saintes Institutions Impériales ? Dit-elle presque dans un murmure. Les sœurs arment alors les culasses de leurs bolters d’un geste unanime. N'attendant qu'un geste de leur supérieure.
Conrad, avant de répondre, se ravise. Réfléchissant bien à la réponse qu’il va devoir formuler.
-Non, ma Sœur. Je prétends juste que nous devons enquêter sur…mais attendez, parmi nos affaires se trouve une plaque de données, les détails de notre mission y sont mentionnés et validés par l’Inquisiteur Ezekiah, peut-être devriez-vous y jeter un coup d’œil ?  D’un geste lent il indique d’un doigt leurs affaires disposées dans une caisse.

Skeld lance alors, d’un air impatient à l’encontre de la Chanoinesse :
-L’Inquisition a toute autorité sur les institutions impériales, nous n’avons pas à nous justifier devant vous, si vous avez foi en l’Empereur…
-Ne remettez jamais ma foi en l’Empereur en doute ! Ici c’est moi qui ait toute autorité et à la prochaine insolence de votre part, c’est un bolter qui vous fera taire. Lui lança-t-elle le regard lourd de menace.
D’un signe de tête, la Chanoinesse ordonne à une des sœurs d’aller chercher la tablette de données parmi le matériel entreposé. La sœur lui apporte ainsi que la chevalière d’Ezekiah.

- Bien, en attendant de décider quoi que ce soit à votre sujet, je vous rappelle que vous êtes ici dans une Schola Progenium de l’Adepta Sororita et ne pouvez en aucun cas circuler librement en ces lieus. Je vous fais mettre aux arrêts, je statuerais plus tard de votre cas, en attendant je vous laisse méditer à la façon dont vous allez devoir me convaincre de ne pas vous dénoncer aux FDP.  
Puis, la tablette en main, elle s’engouffre dans un des couloirs latéraux suivie de deux sœurs.

Leur faisant signe d’avancer avec leurs armes, les sœurs restantes leur intiment l’ordre d’avancer dans un autre couloir, s’engagent dans un long tunnel puis, descendant une volée de marches humides éclairées d’électrotorches, elles leur indiquent une cellule sombre et sans autre issue que la lourde porte de plastacier qui se referme sur eux.
N’ayant d’autre solution que de prouver la véritable raison de leur présence sur Badab, l’équipe passe ainsi sa soirée à élaborer une défense crédible, les heures passent puis tardivement ils  s’endorment les uns après les autres dans leur cellule spartiate.
Le milieu de la nuit est déjà passé de deux bonnes heures lorsque Syrius réveille ses compagnons, des bruits de pas s’entendent dans le couloir, une clé que l’on tourne dans la porte, une vive lumière qui les éblouie. On leur demande de sortir. Ils obtempèrent et suivent deux sœurs armées qui les font remonter l’escalier puis emprunter des couloirs jusqu’à une vaste salle plongée dans la pénombre à l’exception du centre même de la pièce où se trouve quatre chaises éclairées par des lumiglobes portés par des servo-crânes.  On leur fait signe de s’asseoir dans la lumière aveuglante et d’attendre.
La Chanoinesse Yasmina se tient face à eux dans l’ombre, la plaque de données dans la main,  d’autres sœurs sont là mais on ne distingue guère que leur silhouette, seul Tilus parvient  clairement à les voir par le biais de son œil bionique.

-Avant l’aube et le réveil des jeunes pensionnaires de cette Schola, je vais devoir prendre une décision. Vos deux blessés sont toujours dans le coma suite à leurs blessures. Pour l’instant je reste assez perplexe quant à votre réelle identité. Je vais donc avoir des questions  à vous poser.
Le milieu de la nuit est déjà passé de deux bonnes heures lorsque Syrius réveille ses compagnons, des bruits de pas s’entendent dans le couloir, une clé que l’on tourne dans la porte, une vive lumière qui les éblouie. On leur demande de sortir. Ils obtempèrent et suivent deux sœurs armées qui les font remonter l’escalier puis emprunter des couloirs jusqu’à une vaste salle plongée dans la pénombre à l’exception du centre même de la pièce où se trouve quatre chaises éclairées par des lumiglobes portés par des servo-crânes.  On leur fait signe de s’asseoir dans la lumière aveuglante et d’attendre.
La Chanoinesse Yasmina se tient face à eux dans l’ombre, la plaque de données dans la main,  d’autres sœurs sont là mais on ne distingue guère que leur silhouette, seul Tilus parvient  clairement à les voir par le biais de son œil bionique.

Au cours de cet interrogatoire, certains éléments semblent tourner en leur faveur, notamment le fait d’avoir en leur possession cette plaque de données dont le contenu n’étant autre qu’un mandat officiel de l’Inquisition. Cela porte évidemment crédit sur la raison de la présence d’un inquisiteur et de son équipe sur Badab.
Le sceau inquisitorial permet bien d’identifier son porteur comme étant l’inquisiteur Ezekiah, disposant d’un niveau d’accréditation Magenta. Ce qui est bien au delà de ce dont dispose n’importe quel officiel impérial.

De plus, cette histoire de vaisseau pirate et de contrebandier recherché par l’Inquisition venant livrer on ne sait quoi vraisemblablement à Mekton Zeta  coïncide avec le début de la contre-offensive éclair lancée contre les troupes gouvernementales la veille. Alors que jusque là, Mekton Zeta n’était pas vraiment en position de force.

Toute la difficulté réside encore dans le fait qu’il reste à prouver qu’il s’agit bel et bien d’une équipe sous couverture et que cela reste donc extrêmement difficile à établir. L’inquisition n’est pas une organisation vraiment joignable et de plus, seul le gouverneur dispose d’un astropathe pour communiquer au-delà de ce monde. Le problème est que pour l’instant les autorités les ont plutôt fichés comme étant de dangereux criminels traqués et recherchés.

Au bout de quelques heures, elle demande à ce qu’on leur apporte de l’eau et du pain. Un servant arrive alors avec un plateau, il s’agit d’un vieillard vouté et usé en robe de moine, seul homme visiblement au sein de ce couvent. En servant Skeld, il ne peut s’empêcher de voir les tatouages sur ses bras, reconnaissant des marquages militaires, il l’interroge sur son unité, disant fièrement que lui même a jadis servi dans les FDP.
La chanoinesse lui intime alors l’ordre de se taire et de vaquer à ses occupations. Skeld voit sur l’avant bras du vieil homme un tatouage du 32ème Régiment, comme celui du vieil Olanius. Il l’interromp et l’interpèle.
-Vous n’auriez pas servi au sein du 32ème, par hasard ?
Le vieil homme lui fait signe par l’affirmative.
-Vous auriez connu un certain Olanius ?
-Oh oui… Mais cette vieille canaille d’Olanius doit être morte à l’heure qu’il est !
-En effet, lui confirme Skeld.

La chanoinesse ayant du mal à suivre, Conrad lui raconte alors l’épisode qui suivit l’explosion de la villa d’Ezekiah, la rencontre avec Styx le jeune garçon, la disparition d’Olanius et son corps retrouvé à la morgue sous la fausse identité du seigneur Varagine. Il demande à ce qu’on leur apporte les quelques effets personnels du mendiant, notamment les images pix.

Le vieux servant, du nom de Marsius leur raconte qu’il a lui-même été longtemps un soldat des FDP, il a servi aux côtés d’Olanius pendant près de trente ans, c’est lui à côté d’Olanius et de deux copains de régiment sur l’image. Emu, le vieil homme leur dit que l’autre pix représentait Yessica la jeune épouse d’Olanius, il leur raconte comment elle fut tuée lors de la Révolte des Damnés, il y a de cela plus de cinquante ans : un soulèvement soudain de mutants et de psykers incontrôlés qui massacrèrent des civils dans certains villages isolés du Nord. Yessica alors enceinte fut rituellement sacrifiées par ces bêtes impies sur l’autel dédié à leurs idoles païennes. Le 32ème régiment fut alors créé, entrainé et spécialisé dans la chasse aux mutants, une purge fut lancée avec l’aide du Ministorum, le Culte Impérial. Les mutants furent exterminés jusqu’aux derniers par le feu purificateur de Terra.

- Que le Trône d’Or nous protège,  murmure alors la chanoinesse en joignant ses mains pour faire le signe de l’Aquila, Marsius, les autres sœurs et Skeld l’imitent alors aussitôt…

La Chanoinesse donne alors congé au vieil homme.

Conrad semble alors troublé par un détail.
-Le jeune garçon, Styx était bien un mutant…Pourtant au vu du passé d’Olanius, cela paraît tout de même troublant.

Disposant de peu de temps devant lui et se promettant de se pencher plus tard sur ce point, il en profite pour faire une transition sur les différentes visions qu’il a eu durant sa prémonition avec le tarot de leur inquisiteur.
Il en fait donc part à la chanoinesse, notamment le fait qu’Ezekiah pourrait bien être emprisonné quelque part sur une île située entre les deux continents. Elle lui demande alors de lui décrire cette île, ce qu’il fait. Elle demande alors à ce qu’on lui fasse chercher sœur Attela. Sœur Attela est la bibliothécaire et géographe du monastère, elle a une excellente connaissance des reliefs de Badab.
La sœur en question arrive, il s’agit d’une femme ayant la trentaine, plutôt charpentée et en chair, elle apporte avec elle un énorme grimoire qu’elle pose sur une table. Conrad lui détaille alors la vision qu’il a eu de l’île tandis qu’elle semble chercher parmi les pages de son encyclopédie géographique. Soudain, elle s’arrête sur une page, Conrad en profite pour sonder furtivement son esprit à ce moment là et  lire  à quoi elle pense précisément.
Elle semble alors penser : Oh ! L’île de l’ancien pénitencier d’Hermangard !  La chanoinesse se penche aussi sur le grimoire et s’entretien tout bas avec sœur Atella. Au bout de quelques instants elle demande à ses sœurs de sortir avec elle, laissant seul Conrad, Skeld, Tilus et Syrius dans la pièce qui est alors verrouillée derrière elles.

Conrad se penchant vers ses compagnons leur fait part aussitôt à voix basse de ce qu’il a ressenti dans l’esprit de sœur Attela, Tilus et Syrius en tant que natifs confirment, l’île d’Hermangard situé dans un archipel au sud des côtes de Badab City, abritait bien jadis un pénitencier. Il fut fermé il y a environ soixante-dix ans, jugé trop vétuste suite à de nombreuses évasions. Il est depuis laissé à l’abandon. Il serait question que les quelques habitants de l’île l’aient même pillé pour se servir des matériaux de construction encore utilisables. Ce n’est désormais plus qu’un vieux fort en ruine dominant l’île de sa silhouette lugubre.
Pour Conrad, nul doute, Ezekiah est bien détenu là-bas, reste à convaincre les sœurs de leur bonne foi et qu’elles leur prêtent main forte pour la suite.




Chapitre III

+++Sœur Séverina+++
+++Massacre à Milusboro+++

La porte s’ouvre, Yasmina la chanoinesse entre, accompagnée d’une jeune sœur. Leur capuche abaissée sur leur tête, dissimulant en partie leur visage ainsi que l’entretien qu’elles ont à voix basse. Conrad en profite pour sonder rapidement l’esprit de la plus jeune et perçoit un esprit tactique élaborant une stratégie dans laquelle il est question d’infiltration de leur propre groupe jusqu’à Hermangard. Seulement il est question dans l’esprit de la jeune femme, qu’elle les accompagne.

La Chanoinesse relève sa capuche et leur dit alors :
-Bien, le jour est sur le point de se lever, et aux vues des évènements graves qui se sont déroulés la veille sur Badab, j’ai décidé de vous accorder crédit sur toute cette sombre histoire. Les preuves que vous m’avez fournies confirmeraient bien la présence de l’Inquisition sur notre monde et je ne resterais pas ici sans réagir.
Aussi ai-je décidé de vous aider en échange de certaines garantis. D’abord, vos deux compagnons blessés resteront ici jusqu’à ce qu’ils soient remis en état. D’autre part, nous allons vous aider à poursuivre votre mission, pour cette raison, sœur Séverina à mes côtés, vous accompagnera. Ne vous fiez pas à sa jeunesse, Séverina a servit cinq années au sein d’une escouade de Séraphines de la Sororita avant de nous rejoindre pour instruire aux jeunes recrues le combat au corps à corps. Elle restera en liaison vox avec moi. Toutes les 12 heures, elle me fera un compte rendu de la situation dans un langage secret connu de nous seules.
Si ce message ne me parvenait pas ou bien s’il ne comportait pas certains mots clés, je n’hésiterais alors pas à communiquer les derniers éléments de votre parcours aux FDP. En d’autres termes vous comprendrez qu’il serait fâcheux qu’il arrive quoi que ce soit à sœur Séverina. Est-ce bien clair ?

Les quatre compagnons hochent positivement la tête.

Elle reprend alors :
-Je vais préparer une lettre d’accréditation que je remettrais à Sœur Séverina, lui autorisant à voyager pour le compte de la Schola afin d’aller chercher du ravitaillement avec ses serviteurs.

Séverina prend alors la parole :
-J’ai pour mission de vous accompagner jusqu’à l’Inquisiteur Ezekiah et vous aider à le libérer. Parmi vous quatre, seuls deux sont recherchés, nous allons en tirer partie. Nous prendrons un camion du monastère que nous utilisons pour allez nous ravitailler en ville. En tant que sœur je n’attirerais pas l’attention, je conduirais donc. Les deux qui ne sont pas encore repérés resteront avec moi à bord, en tant que simples serviteurs habillés comme des moines. Pour les deux autres,  il faudra les dissimuler à l’arrière du camion sous le châssis avec leur matériel et leurs armes. Nous garderons dans la cabine un ou deux pistolets avec nous et un fusil d’assaut. Les routes ne sont plus vraiment sûres en ce moment.
Les quatre compagnons acquiescent. L’itinéraire est longuement débattu par le groupe tandis que les derniers préparatifs sont lancés. Finalement il est question de bifurquer au sud-est en direction de l’estuaire de Middenheim et de là voir pour trouver un bateau qui pourra les mener à Hermangard. Là encore le sujet fait débat car un blocus naval vient d’être instauré par les troupes gouvernementales en même temps que la loi martiale sur tout le territoire tandis que les troupes de Mekton Zeta font une percée vers le nord.
 
Devant les événements, cette solution reste celle qui est retenue. L’équipe prend donc place dans  le camion comme convenu et le véhicule démarre. Après quelques heures de route, Tilus repère au loin la zone côtière de l’Estuaire. Sur la route à deux kilomètres de là, un barrage routier et des véhicules FDP. Le camion continue jusqu’à hauteur du barrage où se trouve une dizaine de militaires, là, un soldat en tenue bordeaux poussiéreuse s’approche de la cabine et salut d’un coup sec:
-Votre laissez-passer, ma sœur !  Elle lui tend la lettre d’accréditation, il le lit.
-Vous permettez  qu’on inspecte l’arrière du camion…  
Ce n’était pas vraiment une question, deux autre soldats ouvrent la bâche à l’arrière et montent sur le châssis encombré de caisses et de barils vides, sous les planches, dans un compartiment exigu, Skeld et Conrad retiennent leur respiration. Dans la cabine, Tilus une main sous sa robe de moine, sert son pistolet laser et débloque le cran de sureté. Séverina garde ses deux mains sur le volant, tandis que le moteur ronronne, et attend.
Les militaires redescendent, le premier soldat rend le parchemin à la sœur :
-C’est bon ma sœur, tout est en règle, allez-y !

Le camion redémarre et tout le monde recommence alors à respirer. A moins d’un kilomètre de là débute la ville côtière de Milusboro et ses chantiers maritimes emplis de docks et de porte-containers. Le soir tombe tandis que Séverina gare le camion dans une ruelle sombre du vieux quartier résidentiel du port. Le groupe en sort discrètement et toujours sous couvert d’un groupe de moines, décide de louer une chambre dans un petit hôtel du quartier. Après un repas où il est question dès le lendemain de louer les services d’un bateau, l’équipe rejoint leurs chambres pour quelques derniers points à régler avant d’aller se coucher. Le réveil demain sera tôt, le premier bateau en partance pour le prochain port maritime étant à 05h30.
Séverina avant d’aller se coucher se tourne vers Conrad, lui plaquant le canon de son pistolet bolter entre les deux yeux et lui lance d’un air froid :
-Quant à toi sorcier, ne recommence jamais ta magie sur moi ou bien je t’abattrais sans sommation, est-ce que c’est bien clair ?  

Puis rengainant son arme sous sa robe, elle souhaite la bonne nuit à tout le monde et part se coucher.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Jeu 16 Jan 2014 - 11:42

Retournant dans une de leurs chambres, Tibaltus et son équipe tentent d'élaborer la meilleure stratégie pour le lendemain. Tilus connait un contact dans les environs, peut-être pourra-t-il les aider. À l’aide de son vox, il l’appelle. Ce dernier se faisant appeler Hak, lui communique les coordonnées d’un ami sûr, dans les faubourgs de Middenheim. Tilus promet de l’appeler dès le lendemain matin.
Pendant que l’équipe continue de discuter, Conrad reçoit un appel sur son vox, il s’agit d’Hephastos, le technoprêtre.

Ce dernier lui indique qu’il est sur la route au volant d’un 4x4 à environ une bonne demi-heure de Milusboro, il doit les rejoindre de toute urgence, Tibaltus est avec lui mais toujours blessé et évanoui.

Devant une telle nouvelle, lui et ses compagnons s’étonnent de leur arrivée si tôt, alors qu’ils étaient censés être encore convalescents et en sécurité à la Schola Sainte Praxédès.

Hephastos leur indique que les sœurs les ont aidées à fuir in extremis alors que le monastère de la Schola subissait une lourde attaque. Conrad lui donne rendez-vous à l’hôtel, ils en parleront sur place.
Devant cette nouvelle, Séverina alors informée, contacte via son vox le monastère. La mine sombre, elle revient vers le groupe leur annonçant qu’elle ne parvient pas à établir le contact.

Hephastos arrive devant leur hôtel au volant du véhicule que Tilus avait été laissé à la schola. Encore afaibli suite à la blessure qu’il avait reçu à l’œil gauche, il rejoint ses compagnons. Deux d’entre eux aident Tibaltus à demi conscient à monter dans leur chambre.
Hephastos est alors assailli de questions par ses équipiers en pleine effervescence. Il leur apprend alors peu de chose, si ce n’est que la schola a du subir une lourde attaque au bruit des modules de défense automatiques qui tiraient. Il n’a pu voir les assaillants, mais aucun doute qu’ils étaient puissants car plusieurs explosions ont eu lieu au sein même du monastère. Les sœurs, dont une qui semblait être la supérieure, leur ont tout juste permis de fuir leur disant juste vers où aller pour rejoindre leurs compagnons car les assaillants étaient là justement « pour eux » et qu’elles feraient tout pour les retenir.

Réalisant que leur couverture est sans doute en danger, le groupe décide de rester sur ses gardes.
-Nous sommes désormais devant une nouvelle menace non identifiée et je doute fort qu’il s’agisse là des FDP. Leur annonce Séverina. Tilus et Syrius décident alors de louer une chambre dans un des autres hôtels en face dans la rue où ils se trouvent, idée de ne pas rester trop groupés et de garder tout de même un œil ouvert.
Il est près de vingt trois heures lorsqu’une forte pluie légèrement acide commence à tomber drue sur la petite ville côtière de Milusboro. Au large, au dessus de la mer polluée, le tonnerre gronde alors que tout le monde part se coucher.

Il est un peu plus de deux heures du matin quand, depuis leur propre hôtel, Syrius s’éveille en nage. Le grondement du tonnerre, le bruit de la pluie et les éclairs le font se lever de son lit en sursaut. Il réalise soudain qu’il y a autre chose qui maintient ses sens en alerte. La magie. Dans le deuxième lit à côté de lui, Tilus s’éveille à son tour, un pistolet laser à la main. Il voit son compagnon de chambré scruter la rue depuis l’unique fenêtre de leur chambre.
-Y a quelque chose ? lui demande Tilus.
-Viens voir, y a quelqu’un qui traine autour de notre camion, lui répond Syrius dans un murmure.
Regardant à son tour derrière la fenêtre, Tilus voit en effet la silhouette d’un gamin de six ou sept ans, pas plus, en guenilles et l’air un peu difforme. Il est campé devant le camion de la Schola garé à quelques cent mètres de là, sous la pluie battante et ne bouge pas.
Syrius active son vox et appelle aussitôt Conrad dans l’hôtel d’en face, tandis que Tilus, sortant son fusil laser d’un de ses sacs au passage, enfile sa veste et sort de la chambre discrètement, l’arme pointée devant lui en lançant à son compagnon :
-Je monte sur le toit.

Conrad, encore endormi, entend vibrer son vox, il l’allume :
-Moui ?
-C’est Syrius, le gosse que vous aviez croisé à Korigan’s Cove, il était comment ?
-Attend…par le Trône, tu m’appelles à…quelle heure il est là ?…à deux heures trente du matin pour me demander ça ?
-Répond juste à ma question !
-C’était un mendiant, une sorte de jeune mutant de six ou sept ans…mais pourquoi tu me poses cette question par Terra ?
-Parce qu’il est justement planté devant notre camion, et qu’un gosse de cet âge là à deux heure du matin sous l’orage, moi ça m’intrigue.
-Ok, ça va, je m’habille, on va voir ça. Puis Conrad raccroche et sans hâte s’assoit sur le bord de son lit.

Tilus, après avoir grimpé les autres étage arrive à l’échelle qui mène à une lucarne donnant sur le toit, il y parvient, l’ouvre et réalise que le toit est fortement pentu et rendu glissant sous la pluie acide battante. Le fait de monter dessus ainsi à près de quinze mètres du sol n’est pas forcément une bonne idée. Il se contente donc de se pencher et d’observer la scène grâce aux améliorations augmentiques de son œil bionique.
Depuis la chambre, deux étages plus bas, Syrius en fait de même.
A côté du gamin toujours immobile à fixer le camion, à environ deux ou trois mètres du sol, une sorte de fumée noire apparait, des enroulements et arabesques compliqués dessinent des runes qui commencent à s’entremêler pour donner forme à une silhouette.

La fumée prend progressivement l’aspect d’une jeune femme flottant au dessus du sol, les bras écartés, son corps est absolument magnifique, envoutant et en même temps quelque chose de malsain s’en dégage. Elle est vêtu d’un grand manteau cintré en cuir noir fermé du haut en bas par de grosses boucles en métal, son crâne est rasé sur toute la moitié gauche ou se dessine un tatouage fait d’entrelacs de symboles incarnant la folie pure. Sur l’autre moitié, une longue chevelure noire flotte autour d’elle, comme animée par sa propre volonté et dissimulant en partie son visage angélique à la peau de porcelaine. Les ongles à l’extrémité de ses doigts, sont en fait des griffes, peut-être de métal, de quinze à vingt centimètres. Malgré la pluie toujours battante, autour d’elle et sur près de deux mètres de diamètre, tombent doucement des flocons de neige.
Elle se pose délicatement à côté du jeune garçon qui lève son regard aux grands yeux attendrissants vers elle en pointant du doigt le camion puis l’hôtel où se trouvent Skeld, Conrad et ses compagnons.

Tilus et Syrius, en face de cet hôtel, voient avec effroi que la lumière de la chambre de Conrad vient de s’allumer.
D’un geste presque maternelle, la jeune femme passe affectueusement une de ses mains griffues dans la chevelure ébouriffée de l’enfant et lui sourit, puis écarte un pan de son long manteau dévoilant son corps totalement nu aux caractères sexuels ostentatoires rehaussés d’ornements obscènes, contre lequel vient se blottir le gamin. Tandis qu’elle referme son vêtement, Tilus et Syrius, totalement tétanisés par la scène qui se déroule sous leurs yeux, réalisent que l’enfant a complètement disparu. Le manteau de cuir cintré de la jeune femme ayant de nouveau épousé les formes parfaites de ses courbes envoutantes.

A ce moment Conrad entend tambouriner à sa porte puis à celle de Skeld. Il va ouvrir, Séverina, habillée d’une combinaison noire renforcée et fermée jusqu’en haut du cou, apparait armée devant lui, faisant mine de ne pas remarquer sa nudité, elle lui lance d’un air cinglant :
-Habille toi vite Sorcier, et rejoint nous dans la chambre d’à côté, il y a quelque chose dans la rue qui m’intrigue.
Séverina rejoint alors Skeld qui scrute la rue depuis la fenêtre de sa chambre au travers de ses jumelles.
-Tu vois quelque chose, soldat ? lui lance-t-elle tandis qu’elle réveille le Technoprêtre et lui demande de se préparer.
-Pas grand chose, j’ai pas un bon angle, et la visibilité est quasi nulle, mais ouais y a bien l’air d’y avoir une personne qui rôde devant le camion.
Conrad les rejoint alors, finissant de s’habiller :
-C’est Styx, le gosse qu’on avait vu à Korigan’s Cove, je ne sais pas comment il nous a retrouvé, je descends dans la rue pour voir ce qu’il veut.

D’une démarche assurée, féline, souple et nonchalante, à la manière d’un fauve s’approchant doucement de sa proie, la jeune femme avance alors lentement dans la rue, les yeux rivée vers la fenêtre allumée, tandis que la neige continue de tomber autour d’elle.
Au détour d’une ruelle adjacente, deux miliciens des FDP en patrouille dans leur tenue de pluie aperçoivent sa silhouette attrayante sous l’averse. Tilus et Syrius, toujours pétrifiés continuaient d’observer la scène en silence. Ce quartier non loin des docks a toujours été réputé pour ces jeunes demoiselles pas très farouches aux mœurs dissolus, vénales, certes, mais ô combien divertissantes.

C’est donc sans crainte que les deux militaires s’approchent d’elle pour l’aborder, pensant trouver enfin une bonne motivation à leur fastidieux tour de garde.
Se campant devant elle, un sourire complice sur leurs lèvres aux vue des courbes parfaites de la jeune fille, ce n’est qu’à ce moment là qu’ils réalisent vraiment qu’il neige autour d’eux juste avant de comprendre que leur propre sang est en train de s’écouler à gros bouillon de leur gorge tranchée d’une oreille à l’autre.
Le geste de la fille, d’une rapidité inhumaine n’avait même pas attiré leur attention, quelques gouttes de sang perlent doucement de ses griffes tandis qu’ils tombent tous les deux à genoux à ses pieds. La jeune femme incline alors doucement la tête et leur souris, amusée, lisant dans leurs yeux révulsés une incompréhension propre à leur pitoyable espèce et prenant du coup un réel plaisir à les regarder mourir. De leurs mains rendues gluantes par le sang chaud et épais, ils tentèrent de façon totalement désespérée de retenir leur précieux fluide vital giclant toujours abondamment de leur cou tranché tout autour d’eux en poussant d’immondes gargouillis. Ils ne peuvent comprendre toute la réelle beauté de leur sacrifice pourtant essentiel, se dit-elle et c’est bien dommage. Elle se nourrit alors avec délectation de leur douleur, de leur désespoir, de leur peur et de cette précieuse essence vitale se rependant dans la pluie acide en larges flaques à ses pieds. Puis elle souffle alors doucement dans leur direction à la manière dont on envoie un baiser à son amoureux.

Les corps des deux gardes sont alors pris de violents spasmes frénétiques, leurs os commencent à craquer tandis que les muscles de leur torse et de leurs bras se gonflent et atteignent des proportions surhumaines, leurs uniformes se déchirent et les os de leur mâchoires craquent à leur tour, des crocs poussent de leur gueule béante et hypertrophiée. Les entités innommables qui s’incarnent alors en eux, remodèlent avec délice leur nouvelle enveloppe charnelle afin qu’elle épouse un peu mieux et de façon plus confortable leur formidable puissance. Depuis leur torse, le dessus de leurs épaules et leurs bras disproportionnés se met à pousser des plaques chitineuses. Les avant-bras se changent alors en deux masses énormes faites de kératine solidifiée et recouvertes de pointes à la manière des extrémités caudales de certains megasaures pour l’un, et de longues lames tranchantes et barbelées en os telles celles de Tyranides pour l’autre.

Leur corps, désormais de la taille de celui d’un grand boss ork, se relèvent alors lentement du sol. La pluie recouvrant leur corps, se change alors instantanément en vapeur, dont les volutes fument autour d’eux. Gonflant leur torse immense et cuirassé de pointes et levant leur gueule difforme au regard totalement dément vers le ciel, ils se mettent à pousser un grondement rauque en direction du néant. S’appuyant au sol sur ce qui leur sert désormais d’avant-bras à la manière des grands primates de l’antique Terra, ils retournent docilement leur petits yeux enfoncés au regard vide vers la jeune femme, de la bave encore mêlée du sang de leurs hôtes dégoulinant de leurs mâchoires pendantes.
D’un geste gracieux, elle leur indique d’un doigt l’hôtel non loin de là, puis comme elle venu, son corps se dissipe en volutes de fumée noire avant de disparaître dans la pluie.
Les deux créatures au corps fumant de vapeur, s’élancent alors en grondant, bondissant dans la rue en direction de leur objectif, leur rapidité foudroyante contrastant avec leur masse imposante.

Fébrilement, Syrius parvient à saisir son vox et les doigts encore tout tremblant appelle Conrad. Pendant ce temps, Tilus parvient enfin à dévaler quatre à quatre les escaliers et crie à Syrius de le rejoindre au 4x4.
Conrad arrivée dans le hall du rdc de l’hôtel, active la communication :
-Oui ?
-Conrad, tirez vous tout de suite de là ! hurle Syrius, tirez vous de l’hôtel vite !!
Conrad, hésitant soudainement et reportant son attention vers la porte vitrée de l’entrée de l’hôtel, n’a que juste le temps de percevoir une large silhouette derrière juste avant que la double porte ainsi que son chambranle et une partie du mur autour ne vole en éclat, laissant apparaître en hurlant sa rage une créature tout droit sortie des enfers, aux bras énormes et en forme de masses cloutées.
Conrad, reprenant rapidement ses esprits, s’élance vers les escaliers et remonte quatre à quatre les marches en direction de ses compagnons, leur criant depuis la cage d’escalier qu’il faut évacuer de toute urgence.
Alors qu’il allait attendre le troisième étage, là où se trouve le reste de l’équipe, Séverina apparaît en haut des escaliers, ses deux pistolets bolter en main, elle fait alors feu sans discontinuer, touchant la créature de multiples impacts qui n’eurent comme autre effet que simplement la ralentir.
Conrad passe à la hauteur de la jeune sœur tandis qu’elle crie tout en tirant et reculant :
-Skeld ! Par Terra, trouve nous une issue, vite !
Conrad file alors chercher Tibaltus à demi conscient dans sa chambre, tandis que Skeld part en avant dans le couloir à la recherche d’une autre sortie, Hephastos le suit.
Continuant de tirer des deux mains et psalmodiant en boucle la Litanie de La Foi en Haut Gothique, Séverina maintient la créature à distance, mais celle-ci continue tout de même d’avancer, les bolts, explosant sur sa carapace, n’ayant sur elle visiblement pas plus d’effets que des balles en caoutchouc.

Devant un tel vacarme en pleine nuit, plusieurs personnes font irruption de leur chambre donnant dans le couloir, pour finalement rester paralysées devant une telle scène.
Le directeur de l’hôtel, un homme chauve et bedonnant surgit derrière cette apparition de cauchemar et fait feu avec ce qui semble être un fusil à pompe. Faisant volte-face et d’un geste rapide, la créature fait alors s’entrechoquer ses deux puissantes masses garnies de pointes, broyant entre elles le crâne du pauvre homme dont le contenu sanglant et gélatineux gicle jusqu’au plafond. Une jeune femme blonde en chemise de nuit sur le pas de sa porte juste à côté, le visage soudain recouvert de sang et de morceaux de cervelle humaine, hurle de terreur devant l’horreur de cette scène, la créature la fait taire en une seconde, abattant une de ses masses encore sanglante sur la malheureuse, éclatant son crâne comme un fruit mûr, la puissance du coup, lui écrasant au passage le torse et enfonçant ses restes dans le plancher dans un bruit horrible d’os broyés.
Les autres témoins de la scène s’enfuient alors en hurlant, se poussant et se piétinant vers les escaliers comme des déments, le chaos indescriptible est total.

Skeld hésitant et peinant à trouver une sortie, voit finalement au bout d’un couloir une fenêtre donnant sur un vieil escalier de secours en fer. Il ouvre la fenêtre et passe, il réalise alors que sous la pluie toujours battante, le vieil escalier rouillé et glissant n’est pas très sûr, il enjambe la fenêtre, passe sur l’escalier, il dérape, dévale quelques marches, se rattrape de justesse mais son fusil laser lui échappe des mains et dégringole l’escalier en rebondissant sur les rambardes métalliques avant de toucher le sol dans une flaque de pluie trois étages plus bas.
Se relevant, il entend Conrad lui crier par la fenêtre du couloir d’attraper Tibaltus et de l’aider à descendre. Ce que s’empresse de faire Skeld. Conrad se retourne alors dans le couloir et lance un sort mental sur la créature, mais celle-ci dont l’essence même est issue du Warp, lui renvoi instantanément son sort. Conrad reste donc totalement hébété, planté au milieu du couloir. Voyant cela, Hephastos l’attrape et le fait passer par la fenêtre, Conrad dévale alors quelques marches lourdement, ce qui a au moins pour effet de lui faire reprendre ses esprits. Puis le Technoprêtre dégaine son pistolet laser se retourne et ouvre le feu sur le monstre. Ses tirs n’ayant pas plus d ‘effet que des brûlures de cigarette sur son torse. Séverina tirant et reculant toujours, heurte Hephastos, ce dernier restant pétrifié à regarder la créature démoniaque qui avance vers eux.
-On bouge, par le Trône d’Or ! lui lança-t-elle. Puis sortant une grenade à fragmentation, elle la dégoupille, la lance dans le couloir, attrape Hephastos par la taille et plonge avec lui par la fenêtre tandis que le couloir explose en une boule de feu projetant des débris de fenêtre et de maçonnerie vers la cours en contrebas.
Toute l’équipe se retrouve finalement dans ce qui semble être l’arrière cour de l’hôtel, entourée de murs en briques. Skeld ayant retrouvé son bon vieux et indestructible fusil laser, toujours intact malgré quelques chocs de plus dus à la chute. Conrad reprenant ses esprits, soutien Tibaltus qui a toujours du mal à marcher et peine à rester conscient. Hephastos et Séverina après quelques bleus, les rejoignent. Skeld trouve une porte en bois, fermée, qui donne apparemment dans une ruelle derrière. Il donne quelques coups d’épaule, mais la porte résiste tout de même. En haut, par la fenêtre dévastée et la fumée, la créature fait alors son apparition, défonçant à grand renfort de masses, les restes du mur, puis passant sur la passerelle grinçant sous son poids, semble alors se préparer à sauter trois étages plus bas. Ses quelques blessures dues à l’explosion ne semblant pas l’arrêter. S’activant alors dans la cour afin d’ouvrir la porte, Hephastos aide alors Skeld, la serrure et la porte cédant aussitôt grâce à une simple pression du gantelet énergétique du Technoprêtre. Se retrouvant rapidement dans une petite ruelle sombre et encombrée de détritus, Skeld, fusil laser pointé à hauteur de vision, prend la tête du groupe et avance, son sens de l’orientation le guidant vers une rue transversale. Le reste du groupe le suit, Séverina fermant la marche entend derrière le mur de la cours un lourd impact. La créature est de nouveau à leur trousse.

A quelques rues de là, Tilus et Syrius, au volant de leur 4x4, démarrent et partent à la recherche de leurs compagnons. Une ombre surgit soudain dans le champ de vision de Tilus qui réalisent qu’il s’agit de la deuxième créature qui leur fonce dessus. Mettant un coup de volant au dernier moment, Tilus évite l’impact latéral du monstre, mais celui-ci vif comme un fauve, plante tout de même une de ses lames qui lui sert d’avant bras dans la portière, l’arrache de ses gonds et l’envoie voler dans la rue. Tilus en profite pour accélérer, laissant la créature derrière eux.
Syrius, côté passager, se penche par sa fenêtre baissée et lui tire dessus avec son pistolet mitrailleur, mais la rafale le rate.
Le monstre s’élance et bondit, Tilus accélérant toujours, donne un deuxième coup de volant et esquive de nouveau l’impact de la créature qui rate de peu le toit du véhicule, mais celle-ci, se réceptionne avec souplesse. Le monstre plante une de se lames d’un geste brusque dans le moteur et perfore le radiateur, Tilus parvient à dégager le véhicule au moteur fumant et redémarre en trombe. Sur le tableau de bord, plusieurs runes rouges lui indiquent que l’esprit de la machine semble mis à mal, mais Tilus n’y fait pas attention, pas le temps.
-Le port n’est pas loin, amène nous là-bas lui hurle Syrius.
-On va essayer, lui répond Tilus entre ses dents.
Sous la pluie battante, le véhicule au moteur toussant et crachotant, file tant bien que mal entre les rues en direction du port, leur poursuivant démoniaque toujours sur les talons.
Syrius se concentre et lance un sort vers la créature, invoquant un tourbillon psychique, il parvient à capturer le monstre dans celui-ci, puis dirigeant le tourbillon au dessus des flots noirs, chargés de polluants toxiques et acides, le relâche et le regarde tomber, englouti par des flots qui dissoudraient les chairs de n’importe quel homme en quelques minutes avant de décaper ses os jusqu’à les rendre spongieux. Comme chaque Badabi, Syrius avaient entendu des histoires incroyables décrivant une sorte de faune marine qui aurait survécu en mutant dans ces eaux polluées par cinq millénaires d’industrie intensive. Des légendes parlaient même de monstres marins capables d’engloutir des navires avec leur cargaison et leur équipage. Seul l’Empereur sait ce qui se trouve sous ses eaux impures désormais, mais ce dont Syrius était sûr c’est que cette créature des enfers n’allait pas survivre longtemps dans cet environnement.

Toujours sous la pluie, en petite foulée et discrètement, Skeld indique au groupe le camion de la Schola, toujours garé dans une ruelle, le groupe s’y dirige en courant. Hephastos, prenant le volant, connecte ses mécadendrites au module de démarrage, laissant l’esprit de la machine lui transmettre de façon bienveillante les données techniques du véhicule en impression sur sa rétine. Après le rituel d’invocation de l’activation de la machine, Hephastos, sort de sous sa robe, un cône d’encens sacré et une fiole d’huile sanctifiée et commence à psalmodier en Techna-Linguis le Deus Ex Machina. Conrad trempé par la pluie, ouvre la portière côté passager de la cabine et après avoir aidé Tibaltus à monter, monte à son tour tout essoufflé et s’assoit à côté de lui.
-Qu’est ce que tu fous là ? Démarre bon sang ! lance-t-il à l’encontre du Technoprêtre.
-Je ne souhaite pas courroucer l’esprit de la machine, tu as vu ce que cela à donner la dernière fois ? lui répond calmement Hephastos tout en continuant d’ânonner tel un derviche.
-Mais par tous les Saints de Terra, on n’a pas le temps, démarre, putain ! On a une créature du Warp à nos trousses !
Rejoignant le camion toujours en courant, Séverina d’un geste de militaire surentrainé, éjecte les deux chargeurs droits de ses pistolets bolters et avec une rare économie de mouvements recharge aussitôt ses armes de deux chargeurs pleins de huit cartouches explosives. Elle se retourne sans ralentir et tire sur la silhouette qui la talonne. Les impacts qui perforeraient un homme adulte de par en par, ne font que ralentir sa cible mais ne la stoppent même pas.
La rejoignant, Skeld pose un genou à terre, pointe son fusil laser, ajuste son tir et ouvre le feu à plusieurs reprises. Mais la vision de cauchemar qui surgit lui fait perdre tous ses moyens, se relevant, il se met alors à fuir, dépassant le camion et part dans la rue en criant.

Séverina saute à l’arrière du camion tandis que celui-ci démarre. Hephastos accélère, double le cadien en fuite qui est récupéré au passage à grand peine par Séverina.
Sur la route, Tilus et Syrius laissant leur véhicule détruit, leur fond signe et s’empressent de monter à l’arrière.

Skeld, les yeux exorbités, reprend ses esprits, allongé tout au fond sur le plateau arrière du camion, haletant.
-Tu as de la chance que je ne sois pas un Commissaire, soldat ! lui lance Séverina assise à côté de lui, ses deux pistolets bolters sur les genoux, le regard lourd de reproche.
-En effet…tu aurais peut-être été plus efficace au tir ! lui répond alors Skeld avec un sourire insolent, se relevant sur ses coudes.
-C’est ça, fanfaronne ! Par le Trône, encore un coup comme ça et je te promets que je te fous mon poing dans la gueule !

Roulant ainsi de nuit, sous la pluie, le camion continu de descendre plein sud vers la grande ville maritime de Middenheim, ne s’arrêtant qu’une fois pour faire un plein rapide. Le groupe en profite pour faire un point de la situation. Tilus et Syrius racontent alors à leurs compagnons l’épisode avec l’enfant, la femme en noir, les deux gardes tués et leur transformation en créature du Warp. Conrad, perplexe se demande s’il s’agit là de la même femme évoquée lors de sa séance de tarot, mais la femme semblait à demi-machine, ce qui ne semble pas coller. Tilus lui dit alors que Goldberg, le Libre-Marchand, capitaine du « Morning Star » recherché par Ezekiah, a pour compagnons en plus de ses hommes, deux femmes mystérieuses. L’une pouvant bien être la femme à moitié bionique, l’autre pouvant être celle qu’il avait vue.
Conrad leur demande alors comment ils ont eu ce genre d’information, Tilus lui répond que justement, Ezekiah les avait engagés pour enquêter, ce qu’ils ont fait. Faute d’éléments plus précis, le groupe projette de repartir. Tilus décide alors qu’il est temps d’appeler le contact de son pote Hak, ce qu’il fait, il fixe un rendez-vous dans les faubourgs de Midenheim et le groupe décide de s’y rendre. L’adresse est celle d’un entrepôt situé dans le quartier des anciennes Manufactura...



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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Ven 24 Jan 2014 - 10:00

Chapitre IV

+++Un contact inattendu+++
+++Lugg Uberkrump+++



Au petit matin, ils garent le camion dans l’entrepôt, Tilus rencontre un homme qui dit s’appeler Skanks, un ami de Hak, il peut leur fournir une planque et un peu de matériel. L’homme est un grand gaillard à la peau sombre. Conrad lui demande s’il peut aussi trouver du monde qui pourrait soigner et garder Tibaltus. Il lui dit qu’il leur faudra aussi de faux papiers. Skanks leur répond qu’il va voir ce qu’il peut faire, les installe dans un ancien appartement défraichi situé dans un bloc d’habitation miteux et ressort, il les contactera plus tard. Le groupe en profite alors pour se reposer un peu...
Profitant du calme relatif de la situation et de la planque, l’équipe prend un peu de repos.

Un peu plus tard, Skanks les contacte et repasse les voir à l’appartement. Il peut avoir ce qu’ils demandent, mais ses fournisseurs ne les connaissent pas et n’ayant pas plus de garanties, demandent le prix fort. Quelques 20 000 crédits pour les faux papiers, les soins de Tibaltus et le matériel.

Cette somme colossale et totalement hors budget est absolument inacceptable pour le groupe qui entame une discussion animée avec Skanks qui reste ferme sur ses positions, leur faisant bien comprendre que ce sont eux qui ont besoin de lui et qu’à tout moment ils peuvent repartir. D’autant plus, leur dit-il que depuis les dernières vingt quatre heures, des évènements d’une rare gravité leurs sont apparemment imputés. Devant leur air dubitatif, il leur conseille, à l’occasion, de regarder les informations locales.

Le groupe, lui demandant de trouver un arrangement pour la somme, Skanks leur promet de réfléchir et de leur amener une solution plus tard dans la journée.

Quelques heures plus tard, il repasse, il a une proposition à leur faire. Un magnat de la contrebande locale spécialisé en trafic d’armes et de drogues gène quelque peu les activités de son organisation. Son élimination serait appréciée et effacerait la dette qu’ils lui devront. Ce n’est pas sans risque, le magnat habite une riche villa fortifiée et possède un personnel et un système de sécurité des plus efficaces. Il leur donne quatre heures pour se décider et lui donner leur réponse.

Le groupe entre à nouveau dans une discussion animée et très mouvementée opposant au sein même de l’équipe ceux qui trouvent cette idée d’assassiner un mafieux local très limite. Leur situation est déjà critique, inutile d’en rajouter, d’autant plus que cela les éloigne de leur objectif principal.

De l’autre côté, s’opposent ceux qui sont pour cette opération, éliminer un mafieux ne les géne pas, voyant par là un moyen de se procurer chez le contrebandier, en dehors des faux papiers, du matériel qui manque cruellement en vue de l’assaut pour libérer Ezekiah.

Quatre heures après un âpre débat, le groupe appelle Skanks, leur décision est prise, non sans mal. Ils acceptent finalement son marché. Ce dernier leur fixe un rendez-vous une demi-heure plus tard dans un bar pour leur exposer les détails de leur mission.

Devant une bière et s’assurant que personne ne prête attention à leur conversation, Skanks leur dévoile l’identité de leur cible, il s’appelle Lugg Uberkrump, ce parrain de la contrebande locale, un obèse chauve d’une soixantaine d’années ne sort jamais de sa villa fortifiée et bien gardée, située dans un domaine boisé au sommet d’une colline en dehors de Middenheim.
Tilus, se rappelle avoir déjà entendu ce nom. Goldberg, le capitaine contrebandier du «Morning Star » aurait déjà été en contact avec cet homme. Une cinquantaine d’hommes protègent Uberkrump en permanence, cependant dans moins de vingt quatre heures, sa femme et ses deux filles quitteront la villa sous lourde escorte pour quelques jours. Uberkrump sera seul avec ses lieutenants et une vingtaine de gardes, rendant l’opération alors « possible » pour un groupe comme le leur.

Conrad se voit refuser sa demande de soutien logistique, Skanks lui disant qu’ils devront se débrouiller seuls sur ce coup là, aucun lien ne doit avoir lieu entre eux et son organisation qui ne doit absolument pas être impliquée dans cet assassinat.
S’ils souhaitent de l’aide ou du matériel, ils devront se débrouiller avec leurs propres moyens.

Séverina, toujours préoccupée, en profite pour emprunter un journal dans le bar et regarde les nouvelles locales. En dehors de la guerre qui fait rage et du blocus, un article relate la tragédie qui frappa ces derniers jours le Monastère de la Schola Progenium de Ste Praxédes où elle lit avec effrois que périrent en une nuit ses quelques soixante occupantes, dont cinquante jeunes filles de six à quatorze ans. Leurs corps calcinés ont été retrouvés ce matin dans les ruines du monastère. Les conditions de leur mort restent encore incertaines et une enquête menée par les forces de l’Adeptus Arbites, conjointement avec les FDP est en cours.
Des honneurs seront rendus par le gouverneur Callidon en personne aux sœurs et à leurs jeunes élèves, alors devenues martyres de cette guerre.

Ce tragique événement qui laisse sœur Séverina bouleversée et fortement émue, est mis en corrélation avec une scène de carnage perpétuée dans la petite bourgade côtière de Milusboro, où les occupants d’un hôtel auraient été sauvagement massacrés à l’arme blanche, douze victimes furent retrouvées démembrées. Une enquête est là aussi ouverte par l’Arbites. Selon les premières pistes, ces actes d’une rare barbarie sont imputables à un groupe de terroristes ultra radicaux de Mekton Zeta qui cherche juste à semer la terreur sur le continent nord. Des portraits robots accompagnent cet article. On y reconnaît bien effectivement, quoique de façon un peu grossière et exagéré tels de véritables psychopathes, les traits de Tibaltus, Conrad, Skeld et Hephastos. Un avis officiel encourage d’ailleurs tous citoyens au devoir de délation.

Le soir, l’équipe fait discrètement quelques achats rapides dans le Commercia, le quartier marchand de la ville, idée de changer d’apparence puis rentrent dans leur bloc d’habitation pour y passer la nuit. Séverina passera sa nuit à prier.
Le lendemain, le groupe loue un véhicule, une berline de ville et passe sa journée en reconnaissance dans les abords de la villa d’Uberkrump, qu’ils ne parviennent pas à approcher à moins d’un kilomètre. Cela leur permet de voir les gardes de la villa qui leur demandent de rebrousser chemin. Ces derniers sont équipés de fusils d’assaut compacts avec viseurs, lunettes infrarouge et systèmes vox reliés à la villa. De plus des caméras holopix thermiques sont dissimulées un peu partout dans les abords du parc. Approcher la villa sera donc ardu.
Hephastos, pendant ce temps cherche en ville un endroit ou il pourrait se procurer du matériel de connexion pour prendre la main sur un cogitateur à distance. Le matériel est difficile à trouver et de plus son prix est colossal.
Devant ces quelques informations, l’équipe se retrouve pour faire un point et mettre en place une stratégie...
Le groupe est partagé sur la stratégie à adopter. Comment entrer dans la villa d’Uberkrump, comment venir à bout des gardes, comment faire en sorte de les éviter, faudra-t-il tuer des témoins, comment sortir de là, etc. ?
Autant de questions qui tournent en rond, faute de moyens, de matériel et d’accord sur les méthodes à adopter.

Conrad, Tilus et Severina se réunissent et décident d’un commun accord, qu’en l’absence de Tibaltus, d’autant plus que celle-ci pourrait bien être définitive, le groupe a vraiment besoin d’un leader. Pour l’instant les décisions partent dans tous les sens, le moral de l’équipe se détériore et le rôle de chacun doit être mieux défini. Cette fonction de chef de groupe sera partagée, et en attendant, ce seront donc Conrad et Tilus qui d’un commun accord prendront désormais en main les décisions.

Suite à quoi et après en avoir délibéré avec l’équipe, Tilus considère qu’il leur manque des moyens pour mener à bien cette mission. Il décide donc de rappeler Skanks et de négocier avec lui une aide supplémentaire.

Il lui fixe rendez-vous. Après quelques négociations, Tilus expose de bons arguments et Skanks accepte donc de les aider un peu. Il leur fourni, à leur demande un deuxième véhicule et l’argent nécessaire pour acheter du matériel, notamment un cogitateur. Cela correspond à environ moins de la moitié de ce que demandait Tilus, cependant il s’en contente.
Skanks avant de les quitter, leur rappelle que ce « travail » doit être fait rapidement et que lui et l’organisation pour laquelle il travaille ne doivent à aucun moment être impliqués.

Le Technoprêtre récupère l’argent et accompagné de Severina, se rend rapidement dans le centre ville afin d’acheter le cogitateur portatif. Malgré ses douze kilos, il s’agit d’un modèle en assez bon état, bien qu’ayant déjà servi, que leur cèdent des techno-adeptes. L’investissement en vaut la chandelle, cela devrait permettre à Hephastos de théoriquement prendre la main sur le système de sécurité de la villa, d’autant plus que celui-ci est maintenu par un Technoprêtre travaillant personnellement au service d’Uberkrump.

De retour à l’appartement, Conrad et Tilus leur exposent le « Plan » élaboré jusque là.
Tilus a appris par Skanks qu’Uberkrump se faisait régulièrement livrer de la nourriture tous les quatre jours par des livreurs envoyés par un traiteur local. La prochaine livraison aura lieu dès demain matin.
L’idée est la suivante : Prendre la place des livreurs et ainsi entrer dans la villa. Cela leur laisse peu de temps car la nuit tombe.

Conrad, Syrius et Hephastos se rendent donc rapidement à bord d’un de leurs véhicules dans le Commercia, le quartier marchand. Là, devant l’heure tardive, ils trouvent la boutique du traiteur fermée. Dans la ruelle sombre et humide, le Technoprêtre coupe les alarmes et parvient à ouvrir la porte. Le groupe entre discrètement et commence à fouiller la boutique. Hephastos en profite grâce à son cogitateur pour se connecter aux données enregistrées dans le logicateur de la boutique. Il récupère ainsi les différentes données qui l’intéressent, à savoir l’heure de la livraison qui est prévue à 5h45, le nom des livreurs, ils seront deux, un homme et une femme, ainsi que la nature de la commande, en réalité un véritable banquet suffisant pour une bonne cinquantaine de personnes.
Conrad en profite pour faire un tour au niveau du garage adjacent à la boutique, deux camions de livraison s’y trouvent dont celui qui sera utilisé demain, ce sont de vieux modèles fonctionnant au gaz et dont les chromes et les cuivres ont vu des jours meilleurs. L’arrière des camions est réfrigéré grâce à un ancien système au fréon. Vu la quantité de nourriture, le camion sera plein et cela laissera peu de place aux autres pour s’y cacher.

Remettant tout en place et reconnectant les alarmes, le groupe décide de retourner à leur appartement et finaliser les derniers détails de leur plan. Conrad et Skeld sont plutôt en faveur d’une action rapide basée sur la surprise et sur une bonne part d’improvisation en fonction de la tournure des évènements. Tilus, lui s’y oppose et reste en faveur d’une élaboration minutieuse ou chaque détail compte. Malheureusement l’heure tourne et le groupe doit se préparer et n’a plus vraiment le temps de développer une réelle stratégie.

L’idée est donc d’intercepter le camion tandis qu’il approche de la villa sur la colline, à environ un kilomètre. Severina simulera une jeune femme dont le véhicule est en panne en travers de la route. Comptant sur le fait que cette idée a de bonnes chances d’aboutir, le groupe se met en place. Il fait encore nuit et la forêt qui couvre la colline est totalement sombre.

Severina revêt donc une robe décolleté, toute simple mais qui met sa plastique de jeune femme suffisamment en valeur sans en faire des tonnes. Un de leurs véhicules, la berline, est mise en travers de la route, capot ouvert et phares allumés et Severina attend à côté. Skeld et Conrad se cachent à l’orée du bois sombre de chaque côté et attendent. Syrius reste en amont de la route à environ deux cents mètres et surveille au cas où un autre véhicule arriverait. Pendant ce temps, Hephastos et Tilus, au volant de leur deuxième voiture sont garé discrètement dans un petit chemin perpendiculaire, attendant en guettant que le camion arrive.

Il est 5h30 lorsque Tilus perçoit les phares du véhicule du traiteur, le groupe se tient prêt. L’engin passe devant le 4x4 où se trouvent Tilus et Hephastos. Comme ils s’y attendaient, le camion s’arrête dans un couinement de freins à une dizaine de mètres de Severina qui fait de grands signes aux occupants de la camionnette. La femme reste au volant, l’homme descend et se dirige vers Severina.
Le 4x4 où se trouvent Tilus et Hephastos approche silencieusement, tous phares éteins et se colle derrière contre la camionnette. Hephastos depuis son cogitateur, en profite pour brouiller la radio du véhicule, au cas où.
A ce moment, Conrad surgit du bois et pointe son pistolet à aiguilles sur l’homme, il lui tire dessus à bout portant, l’homme s’écroule. Déjà Skeld ouvre la portière de la conductrice, une petite brunette, en pointant son fusil laser sur elle.
-Descend de là, vite. Lui dit-elle.
La jeune femme paniquée, obtempère, se mettant à pleurer, elle lui demande en l’implorant de lui laisser la vie sauve.
-Rassure toi, je ne vais pas te tuer, on a juste besoin de tes vêtements. Déshabille-toi, vite !
Tout en continuant de pleurer la jeune femme se déshabille alors en tremblant. Pendant ce temps, Conrad enlève les habits de l’homme à terre puis le traine et le met dans le coffre de la berline. Severina récupère les habits de la jeune femme et Conrad s’empresse de l’anesthésier à son tour. Elle rejoindra son collègue dans le coffre de la berline que Tilus part garer un peu plus loin dans la forêt. Il dissimule le véhicule derrière des bosquets, le laissant ainsi totalement invisible depuis la route, puis rejoins ses compagnons.

Puis, Skeld et Tilus se dissimulent dans le fond de l’arrière du camion, derrière des caisses de nourriture, Syrius les rejoint et en fait de même.

Hephastos, lui, reste au volant du 4x4, il agira à distance depuis l’extérieur de la villa, se connectant si tout va bien au réseau d’alarmes via son cogitateur.

Une fois les deux faux livreurs habillés, Conrad laisse son pistolet à aiguilles à Tilus, ajuste la casquette de livreur sur sa tête, dissimulant ainsi ses implants crâniens et prend le volant. A côté de lui, Severina dissimule ses deux pistolets bolter dans la boîte à gants et inspecte les documents et autres bons de livraison laissés sur le tableau de bord, notamment leur laissez-passer et cartes professionnelles.

06h00, la camionnette arrive alors à l’entrée de la villa. Un des gardes, visiblement habitué à voir ce camion dont le passage est récurrent, s’approche et fait un signe de tête à Conrad.
-Tiens, t’es nouveau toi ? Mario n’est pas là aujourd’hui ? Leur demande-t-il sans trop prêter garde à la jeune femme assise à côté, le visage dissimulé sous sa casquette.
-Et non, le pauvre vieux est malade, je le remplace aujourd’hui.
-Je peux voir le laissez-passer ? Conrad lui tend le document, l’homme y jette un œil. Ça m’a l’air bon tout ça, dis moi…Tu peux m’ouvrir l’arrière de ton camion qu’on jette quand même un œil sur ce que tu nous amènes ?
-Houlà !! Attention, c’est que c’est réfrigéré à l’arrière et c’est rempli à craquer, je ne voudrais pas prendre le risque que vous sortiez quoi que ce soit ! Répondit nerveusement Conrad.
-Un deuxième garde approcha, jetant sa barrette de Lho par terre en recrachant la fumée bleutée.
-On jette un coup d’œil rapide, c’est juste que je ne voudrais pas que mon boss apprenne que je fais mal mon boulot, tu comprends ? Répondis le premier garde à Conrad, tandis que le deuxième fait déjà le tour du camion et ouvre la porte arrière.
A l’intérieur, tous retinrent leur souffle. Le deuxième garde monte sur le marchepied et inspecte rapidement le contenu du camion. En effet, les caisses prennent apparemment tout l’arrière du véhicule du sol au plafond, du moins c’est exactement l’impression qu’il a à ce moment-là. Convaincu l’homme redescend et referme la porte faisant signe à son collègue.
Le premier garde regarde Conrad.
-Tu sais où tu dois livrer au moins ? Conrad au préalable avait eu le temps avec le reste de l’équipe d’étudier le plan de la villa laissé par Skanks, il savait donc que, passer l’enceinte, puis le porche d’entrée, il devrait traverser une vaste cour, contourner un bassin et se diriger vers l’aile du bâtiment d’en face. Là se trouvent les cuisines, juste sur la droite. A leur gauche se trouvent les réserves.
-Oui, Mario m’a expliqué, je vais tout droit et les cuisines devraient se trouver sur ma droite, c’est bien ça ? Répondit Conrad. Le garde lui rend son accréditation et hoche de la tête.
-C’est bien ça mon gars, on va t’ouvrir. Par contre toi et ta copine, ne trainez pas trop, faites ce que vous avez à faire mais d’ici trente minutes vous dégagez, ok ?
-Bien compris, on va faire vite.
Conrad fait pénétrer lentement le camion dans l’enceinte de la villa et le dirige vers l’aile où se trouvent les cuisines. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont allumées, dehors il fait toujours nuit. Conrad accole la camionnette dos aux réserves, Severina lui fit un signe. Deux jeunes servantes, des petites badabi aux longues robes et à la peau halée viennent de sortir des cuisines et attendent sur le pas de la porte.
-Il va falloir qu’on s’en débarrasse. Lui dit Severina.
-Je m’en occupe, lui répondit Conrad. Il gare le camion et descend. C’est bon mesdemoiselles, nous devrions y arriver sans problèmes, vous pouvez retourner vaquer à vos occupations. Leur lança Conrad. La plus âgée des deux, une jeune fille d’à peine quinze ans à l’air un peu emprunté et mal assuré lui répondit avec un fort accent local aux sonorités chantantes.
-C’est que…Notre Maître nous a donné l’ordre de venir vous aider et que nous ne…
-Non je vous assure, ça ira, répondit Conrad.
-Alors dans ce cas, laissez nous au moins vous montrer où vous devrez entreposer tout ceci.
-Parfait…Nous vous suivons. Lui et Severina emboitent le pas aux deux servantes qui entrent dans une réserve. La première ne réalisa même pas que l’esprit du psyker venait de l’endormir, tandis que Severina, d’un geste rapide et expert, presse un point au niveau du cou de la deuxième servante qui s’effondre aussitôt. Les deux jeunes filles sont alors dissimulées dans une remise. Severina retourne vers le camion et ouvre les portes arrière. Conrad fait alors mine de décharger des caisses tandis que le reste du groupe se faufile à l’extérieur, armes pointées et se ruent par les réserves en direction des salles annexes du rez-de-chaussée donnant au reste de la villa.
Skeld passe en tête du groupe, fusil laser à hauteur de vue, suivi de Tilus qui progresse dans la même posture. Derrière eux, Syrius ferme la marche, son pistolet mitrailleur compact à la main dont le long chargeur droit dépasse sous la crosse, une épée courte accrochée dans le dos, il couvre leurs arrières.
Ils progressent ainsi furtivement par les annexes des cuisines d’où ils entendent déjà de l’activité. Skeld les fait déboucher dans une salle commune qui donne dans une autre pièce plus vaste, il va pour s’y engouffrer toujours sur le même rythme, puis se ravise au dernier moment et se plaque sur le côté de la porte, croyant entendre un bruit venant de l’intérieur.

En écoutant bien, lui et Tilus entendent bien des voix. Un homme et une femme échangent quelques phrases à voix basse en Badabi commun, Tilus comprend qu’il s’agit de domestiques affairés à dresser une table, il sort de sa poche le pistolet à aiguilles qu’il avait emprunté à Conrad et fit un petit signe à Skeld. Lui et le Cadien font irruption dans la pièce. Fusil laser pointé, Skeld fait signe de se taire et de ne pas bouger aux deux serviteurs. Tilus tire alors aussitôt sur l’homme une aiguille anesthésiante, il s’écroule tandis que la fille se met à hurler de panique et s’enfuit en courant. Juste derrière elle se trouve une autre porte ouverte donnant sur un couloir. Skeld va pour tirer avec son fusil laser mais ne veut risquer de la tuer, il se ravise et court après la fille, déjà Tilus s’élance aussi et tire de nouveau mais son tire rate.

La fille hurle toujours, appelant les gardes au secours. Elle vient de tourner au coin d’un couloir et s’engage dans un vestibule donnant sur la cour centrale de la villa. Dans le vestibule se trouvent aussi deux grands escaliers en marbre qui donnent à l’étage ainsi qu’une porte donnant sur des salles de réceptions.

Conrad continu toujours de faire mine de décharger ses caisses de provisions tout en jetant un œil aux alentours. Sèverina en fait de même, ses deux pistolets bolter tenus prêts, dissimulés à portée de main dans une caisse de nourriture à côté d’elle. Conrad voit de loin deux gardes approcher tranquillement dans leur direction, l’air détendu, ils discutent entre eux et s’arrêtent à une trentaine de mètres de leur camion pour allumer un cigalho. Conrad garde un œil sur eux discrètement tandis que Sèverina glisse un de ses pistolets sous sa veste alors que des cris de femmes retentissent.

Tilus, vif comme l’éclair, dépasse Skeld dans sa course et d’un bond prodigieux, illustrant parfaitement son surnom, saute sur la fille et la plaque au sol. La malheureuse se débat comme elle peut, rendue hystérique, pensant venir sa mort prochaine, le pistolet à aiguille toujours en main, il lui tire dessus à bout portant en pleine nuque et l’endort enfin. Skeld vient de le rejoindre. Syrius les aide aussitôt afin de dissimuler les deux serviteurs endormis dans une petite buanderie adjacente.
Ils n’en ont pas vraiment le temps. A l’étage, deux gardes en treillis gris foncé, avec veste de cuir renforcé et masque à gaz sur le visage, font irruption alertés par les cris de la fille.

Leur fusil d’assaut compact à viseur infrarouge en main, ils voient aussitôt les trois intrus et pointent leurs armes en même temps, tirant au jugé, ils ratent leur cibles qui se mettent à couvert derrière des colonnes de granit gris qui soutiennent le hall, dont des éclats crayeux giclent en tous sens sous les impacts des balles. Le bruit des douilles éjectées par les culasses des armes d’assaut, tintent comme une pluie de pièces de monnaie dans les escaliers.

Skeld s’adosse contre la colonne qui lui sert de couvert et passe son fusil laser, un solide et vieux modèle Cadien standard éraflé de type Kantrael, en mode automatique, lui permettant de tirer en rafales. Il se retourne prestement en posant un genou au sol, mitraille de façon exercée et précise et fauche ainsi les deux gardes qui basculent dans les escaliers, mortellement touchés par les raies de laser rouge vifs qui atteignirent le premier en pleine poitrine et le deuxième en pleine tête.
Les corps sans vie roulèrent mollement jusqu’en bas des escaliers. Skeld récupère sur l’un d’eux un émetteur-récepteur radio. Les corps sont dissimulés à la hâte sous l’escalier. Il n’y a pas de temps à perdre désormais, contrairement au laser relativement silencieux, les coups de feu lâchés par les fusils d’assaut des deux gardes ont du s’entendre.
-On se bouge, lâche Tilus. Les gardes vont rappliquer. Puis pressant son unité vox, il appelle Hephastos, dissimulé en dehors de la villa. Utilisant le code convenu au préalable, il lui demanda de brouiller les radios de la villa et de lancer la diversion.
Hephastos, confortablement installé dans le 4x4 à l’orée du bois, tout proche de la villa, venait de désactivé les alarmes aux alentours. Interfacé au cogitateur posé devant lui, prend alors à distance le contrôle des systèmes d’alarmes, forçant l’esprit de la machine à modifier ses protocoles de sécurité.
Une alarme venait de retentir en zone 18 puis une autre en zone 15, soit à l’opposé totale d’où se trouvent pour l’instant Tilus et son groupe.

Sèverina et Conrad entendent des coups de feu résonner non loin d’eux à une bonne cinquantaine de mètres environ. Ils échangent un rapide coup d’œil puis reportent leur attention sur les deux gardes non loin d’eux. Les gardes jettent leurs cigalhos par terre, saisissent les armes qu’ils ont en bandoulière et se dirigent vers l’endroit où se trouvent Tilus et ses compagnons. Sèverina porte la main sur la crosse de son pistolet bolter. Soudain une alarme retentie au sud de la villa, soit à l’opposé. Les deux gardes stoppent net, faisant crisser le gravier sous leurs pieds. L’un deux tente d’établir un contact vox avec ses collègues mais rien ne semble se passer, ils se séparent donc, allant chacun d’un côté.
Du bâtiment des gardes à l’entrée, des hommes en armes sortent en courant, et se dirigent dans plusieurs directions, ayant du mal à coordonner leurs actions. Finalement des petits groupes de deux ou trois hommes se dirigent vers plusieurs endroits de façon simultanée.

Les alarmes retentissent dans différentes zones de la villa, Skeld reprend rapidement sa progression suivi de Tilus et de Syrius et s’engouffrent dans le prochain couloir toujours en direction des appartements d’Uberkrump. Ils longent un couloir dont les fenêtres donnent sur la cour, de là, Skeld aperçoit à une vingtaine de mètres au dehors, un groupe de quatre gardes qui arrivent dans leur direction se dirigeant vers la porte donnant dans le vestibule juste derrière eux.
Tilus saisit son vox et appelle Hephastos.
-Bloque l’accès du rez-de-chaussée au niveau du vestibule nord, lui lança-t-il.
-Par l’Omniméssie, je m’y efforce ! Le rituel n’est pas respecté et je crains fort de…
- Epargne-nous ton charabia, et magne-toi ! lui répondit alors sèchement Tilus.

Lui et ses deux compagnons n’ont que le temps de se mettre à couvert derrière l’embrasure d’une porte à une dizaine de mètres de là que déjà le groupe de gardes fait irruption dans le hall, fusils d’assaut pointés. Une fusillade brève, brutale et meurtrière s’ensuit. Les gardes ripostent de façon acharnée mais faute de couverts décents, succombent rapidement sous les rafales de tirs nourris de laser et les balles de pistolet mitrailleur venant de la porte en face. Ils sont mis hors d’état de nuire, cependant un des quatre gardes blessé à la main, parvient tout de même à s’enfuir dans la cour. Les trois autres, mourants ou blessés sont laissés sur place alors que Tilus allait les achever, il réalise que cinq autres gardes arrivent déjà au dehors, alertés par le garde en fuite. Skeld en profite alors pour changer la cellule énergétique de son fusil laser.

-Cette porte à verrouiller, c’en est où par le Trône ? Lança-t-il nerveusement dans son vox à l’attention du Technoprêtre tandis qu’à ses pieds les gardes gémissants se vidaient de leur sang sur le dallage beige clair.
-Une seconde…voilà c’est fait…
Reportant son attention sur ses compagnons, d’un geste Tilus fait signe à Skeld de leur ouvrir la route.
Le groupe continu sa progression et débouche dans une antichambre donnant sur l’aile privative de la villa, accédant directement aux appartements du magnat. Skeld tombe alors presque nez-à-nez avec deux gardes semblables à ceux croisés jusque là, surpris, ils n’ont que le temps de lever leurs armes, mais Skeld et Tilus les abattent aussitôt à bout portant. Dans la précipitation, Syrius en perd son arme qui tombe au sol, rapidement il la ramasse et réalise que déjà un groupe de gardes est sur leurs talons à quelques couloirs derrière eux.
-Hephastos ! Bloque tous les accès qui se trouvent derrière nous, et magne-toi cette fois-ci !
Pour cette fois, ils entendent bien le cliquetis des mécanismes de la porte qui se verrouillent derrière eux. Ils sont de nouveau dans une sorte de vestibule flanqué de deux escaliers de marbres encadrant devant eux une lourde porte blindée qui leur bloque le passage.

Devant les réserves, Conrad et Sèverina voient que les gardes continuent de se diriger vers de fausses pistes que le Technoprêtre déclenche un peu partout sur le périmètre. Cependant, la ruse dure un temps, mais au bout d’un moment les gardes ne mordent plus à l’hameçon, ils comprennent bien que des tirs ne s’entendent que d’une seule aile d’un bâtiment, celui justement qui mène aux appartements de leur maitre. Un groupe de quatre gardes se dirige déjà vers Conrad et Severina en formation tactique dispersée, arme pointée sur le camion. Ils ont bien compris que tout ceci avait commencé juste après que les soit-disant livreurs ne rentrent dans le domaine. Severina, discrètement, arme la culasse de ses pistolets bolter et les tient près tandis que Conrad reste concentré, laissant son énergie psychique affluer en lui.

Syrius se dirige vers la porte, y applique ses mains, se concentre et laisse affluer en lui son énergie kinésique. Mais quelque peu déconcentré par la situation ambiante, rien ne se produit si ce n’est qu’il se retrouve vite affaibli devant cet effort vain. Pendant ce temps, Tilus toujours en contact avec Hephastos, lui demande de voir s’il peut leur ouvrir la porte, mais après quelques essais infructueux et de longues secondes d’attente, la porte ne cède toujours pas.
Dehors, déjà les gardes essaient d’enfoncer les portes.
-Par les escaliers, vite ! Propose alors Skeld, tandis que le groupe gravit quatre à quatre les marches de marbre noir.
-Bloque tous les accès derrière nous et déverrouille toutes les portes devant, vite ! Demande alors Tilus à Hephastos.
Progressant ainsi depuis l’étage dans un couloir sombre aux volets clos, le groupe débouche dans un salon.
Dehors, toujours dans sa voiture et connecté par ses mécadendrites à son cogitateur, Hephastos laisse son esprit reformater les algorithmes de cryptage et ainsi donner de nouvelles directive à la machine. C’est à ce moment qu’il réalise que son esprit n’est pas seul, le Technoprêtre en charge de la sécurité de la villa vient à son tour de s’éveiller.
Les quatre gardes ne sont plus qu’à une trentaine de mètres du camion quand Sèverina, toujours dissimulée derrière, fait un signe de tête convenu à Conrad. Puis pivotant vers les gardes, tout en profitant du couvert du camion, elle fait feu de ses deux pistolets bolter sur les hommes en approche. Un des hommes est abattu net d’une balle explosive de calibre dix-neuf millimètres qui lui emporte la partie supérieure du crâne et d’une autre qui lui pulvérise la cage thoracique. Le corps du malheureux bascule en arrière, jambes par-dessus tête et s’affale dans un bruit sinistre. Dans le même mouvement, Sèverina se remet à couvert.
-Et d’un, dit-elle en se plaquant contre l’arrière du camion.


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Message par Illuminati le Jeu 30 Jan 2014 - 12:04

Profitant de cette action, Conrad projette alors son esprit vers les autres gardes, cherchant au passage à localiser le chef du groupe. N’y parvenant pas, il frappe au hasard semant le trouble dans l’esprit d’un des hommes qui allait tirer. Ce dernier hébété, reste planté là à contempler l’arme qu’il tient entre les mains. Ses deux compagnons, sans hésitation aucune, ouvrent le feu de leur fusils d’assaut compacts à canon courts. Les projectiles de petits calibres tintent et ricochent sur le camion, faisant éclater les vitres et criblant la carrosserie en tôle.

De son côté, Skeld progresse silencieusement au travers des pièces meublées. Celles-ci semblent êtres des salons et des bureaux. Il se faufile entre les meubles, passe plusieurs portes entrouvertes afin d’atteindre l’autre extrémité. Au passage, Tilus en profite pour inspecter chaque recoin ou placard pouvant dissimuler quelqu’un. De son côté, Syrius repère dans un bureau, un meuble, une sorte de secrétaire. En le fouillant bien, il découvre certains documents et parchemins traitants de diverses transactions. Il récupère l’ensemble et glisse le tout dans ses poches, se disant que cela pourra toujours servir plus tard.

Skeld arrive face à une porte, il l’ouvre prudemment. Celle-ci débouche dans une longue galerie aux murs décorés de tableaux et dont, à intervalles réguliers se trouvent des sculptures d’un style gothique académique disposées dans des sortes d’alcôves. Profitant de ce modeste couvert, Skeld se faufile dans le couloir, son fusil laser toujours pointé devant lui. Tilus et Syrius lui emboitent le pas, évoluant à leur tour à couvert. Par l’ouverture opposée, à une vingtaine de mètres, Skeld perçoit du mouvement. Il se fige et tente de se dissimuler du mieux qu’il peut mais n’en a pas le temps, trois silhouettes cagoulées, équipées de masques à gaz et armées? viennent de se jeter derrière l’encadrement de la double porte leur faisant face.

Sèverina se baisse en fléchissant les jambes tout en pivotant et ouvre le feu sur l’homme qui arrive dans sa direction. Les bolts le cueillent en pleine lancée, traversent son gilet pare-balles et explosent au cœur même de sa cage thoracique, réduisant en pulpe l’intégralité de son contenu. Le garde est instantanément projeté deux mètres en arrière et s’affale au sol les bras en croix juste à côté de son compagnon confus. Ce dernier regarde d’un air ahuri le spasme qui agite nerveusement les jambes du mort pendant quelques instants.

-Et de deux. Reprit Severina, en se recalant contre l’arrière du camion.
De l’autre côté du véhicule, Conrad dégaine le pistolet mitrailleur qu’il avait dissimulé sur lui, il le pointe sur le garde qui arrive de son côté et presse la queue de détente mais l’arme s’enraie. Il a juste le temps de se remettre à couvert en pestant, évitant ainsi la rafale qui percute en tintant l’endroit où il se trouve.

Dans la galerie, l’enfer éclate soudain. Les impacts des balles des armes d’assaut et les décharges de laser crépitent contre les murs, faisant gicler des morceaux de stuc peint, de plâtre et de marqueterie en tous sens, les sculptures éclatent dans un désordre de bruits saturés par la fumée âcre des armes à feu et de l’ozone dégagée par les décharges de laser.

Skeld tente alors de se protéger du mieux qu’il peut mais sa position avancée dans le couloir ne l’avantage pas. Il vise et lâche une nouvelle rafale avec son fusil laser forçant les hommes en face à se maintenir à couvert. Ceux-ci ripostent cependant avec efficacité et une rafale automatique le cueille de plein fouet. Les impacts lui coupent le souffle net, lui faisant lâcher son arme et le projettent deux mètres en arrière, il s’écroule en plein milieu du couloir alors que les bruits cessent et que tout devient noir autour de lui.

Revigorés par cette victoire, les gardes reprennent de l’assurance et arrosent copieusement la position où Tilus et Syrius sont retranchés. Ces deux derniers ripostent, les échanges de tirs sont violents et fusent en tout sens. Un des tirs de Tilus touche un des gardes au bras gauche, le faisant tomber et lâcher son arme. Le garde s’empresse aussitôt de se remettre à couvert en dégainant son pistolet automatique. Ses deux équipiers continuent pendant ce temps de le couvrir en mitraillant.

Soudain à force de tirer, le fusil laser de Tilus, un vieux modèle Necromunda MkIV de contrebande subit une surchauffe, grillant des composants internes et rendant l’arme inutilisable. Tilus s’en débarrasse rapidement et dégaine son pistolet laser. Syrius, de son côté, continu de mitrailler en rafales courtes avec son pistolet mitrailleur dont il vide le dernier chargeur. Par chance, ou par adresse, la dernière balle de la dernière rafale touche un des gardes au bas-ventre. L’homme se plie en deux et s’écroule au sol en hurlant, mettant ainsi fin brutalement à sa résistance dans une hémorragie mortelle.
Ses deux compagnons, touchés par l’agonie de leur compagnon, ripostent avec fureur, tandis que l’un d’eux, crie par la fenêtre à côté de lui, appelant à l’aide, sans aucun doute ses compagnons dans la cour. Les deux hommes continuent de mitrailler et de tirer, forçant leurs adversaires à rester sur leurs positions. Tilus, toujours plaqué contre un renfoncement, décroche l’épée tronçonneuse à lame courte qu’il porte cachée sous son lourd manteau et attend. Tel un professionnel, il analyse qu’au prochain tir, le type au fusil d’assaut en face, aura vidé son chargeur. Syrius, pour sa part, dégaine son pistolet automatique d’appoint et continue de faire feu au coup par coup.

Puis Tilus entend ce qu’il attendait justement. A savoir de clic caractéristique d’un percuteur claquant dans une culasse vide. D’un geste du pouce, il actionne le petit moteur énergétique intégré de sa lame tronçonneuse et charge dans le couloir à pleine vitesse, fonçant sur l’extrémité en face de lui à environ quinze mètres. Syrius allait se remettre à tirer, lorsqu’il voit Tilus s’élancer dans le couloir, il dégaine sa lame à son tour, un sabre à lame courte, et le suit. C’est à ce moment que Skeld toujours allongé dans le couloir, reprend ses esprits. Sa poitrine et ses côtes lui font un mal de chien, son armure pare-balles les a stoppée net, lui sauvant la vie, mais aussi lui coupant le souffle et le sonnant pendant quelques secondes. Réalisant ce qui se passe et ne pouvant atteindre son fusil laser posé au sol à quelques mètres de lui, il dégaine son pistolet automatique compact du holster à sa hanche gauche et se relève tandis que Tilus passe à côté de lui en chargeant, lame tronçonneuse à la main.

Au bout du couloir, le garde au fusil mitrailleur voit la scène, et réalise qu’il va devoir faire très vite afin de recharger son arme. L’homme blessé au bras à côté de lui, le voit charger aussi, il pointe son pistolet mais perdant ses moyens et perdant aussi beaucoup de sang, tire au juger, ratant totalement sa cible.

Sèverina longe le flanc du camion, de son côté la voie est libre. Derrière, un garde continu d’avancer vers l’endroit où s’est réfugié Conrad et continue d’arroser sa position par courtes rafales, criblant toujours un peu plus la carrosserie du véhicule. Un de ses pistolets bolter pointé devant elle, Séverina glisse le long de la paroi du camion, l’homme ne l’a pas vu, il continu de tirer vers Conrad qui tente toujours de désenrayer son pistolet automatique. Dans une seconde, il sera sur lui. Elle surgit à ce moment derrière l’homme, pistolet pointée à hauteur de visage, le garde n’a que le temps de pivoter vers elle avant que le bolt ne l’atteigne en plein cou à bout portant, lui sectionnant la moitié de la gorge dans une gerbes de fluides écarlates et de matières visqueuses. Le corps s’écroule, à son tour dans les graviers, secoué par des soubresauts post mortem.
-Et de trois, souffla Séverina.

Conrad s’empresse d’aller rejoindre le quatrième homme toujours planté à quelques mètres de là, dans quelques secondes, les effets de son sort cesseront et il reprendra ses esprits. D’un revers de la crosse de son arme, il l’assomme, récupère le fusil mitrailleur et part rejoindre Severina qui en profite pour changer les chargeurs de ses armes.

Conrad prend son vox et appelle Hephastos.
-T’en est où ? Lui demanda le psyker.
-Le Technoprêtre de la villa me bloque mes accès, ça me ralentit considérablement !
-Tu peux le localiser, qu’on t’en débarrasse ?
-Pas encore…J’essaie…Répond péniblement Hephastos.
Séverina vient tout juste de finir de charger ses armes, elle met un coup de coude à Conrad, lui désignant à quelques deux cents mètres de là, deux gardes en armes qui sortent en petites foulées de la villa.
-Prend le volant, ces deux là on va les cueillir. Lui dit-elle en montant à bord du camion couvert d’impacts de balles.
Conrad monte et met le moteur en marche, lançant en trombe le camion dans un grand crissement de graviers.

Tilus arrive au contact en chargeant, de la main gauche dans laquelle il tient son épée tronçonneuse, il effectue un mouvement ascendant, passant la lame entre les jambes en position arquée de l’homme au fusil d’assaut. Ce dernier vient juste d’engager nerveusement un nouveau chargeur, arme la culasse et s’apprête à faire feu, au moment même où la lame lui tranche ses chairs, sectionne le fémur et l’artère fémorale à mi-cuisse dans un geste net. L’homme s’écroule instantanément perdant aussitôt connaissance en même temps que son équilibre et ses deux premiers litres de sang.

Le deuxième homme au pistolet et au bras blessé, en profite pour fuir dans le couloir derrière lui, il referme une porte au passage et la verrouille à la hâte.
Syrius rejoint Tilus. Au sol, il n’y a que deux corps, mais le marre de sang rependue par les deux hommes témoigne de la violence du combat. Le parquet commence à devenir glissant et gluant par le liquide épais et écarlate qui continue de se répandre copieusement parmi les douilles des armes d’assaut. L’odeur mêlée de la poudre et de l’hémoglobine devient vite écœurante. Syrius récupère quelques chargeurs sur les corps, Tilus, récupère un fusil d’assaut encore chargé et Skeld derrière eux ramasse son bon vieux fusil laser pour constater qu’une balle l’a endommagé. Il le met tout de même à son épaule, Hephastos devrait pouvoir arranger ça plus tard, se dit-il, au passage, il récupère aussi un fusil mitrailleur chargé et rejoint ses compagnons au bout du couloir.

Déjà, Tilus et Syrius pointent leurs armes. Un groupe de trois hommes grimpe les marches quatre à quatre. Par une porte dérobée depuis l’entresol, l’homme blessé au bras les rejoint. Voyant le groupe en haut des escaliers, ils lèvent tous brusquement leurs armes mais leur position ne les avantageant absolument pas, le premier homme trébuche aussitôt dans les escaliers entrainant avec lui les deux compagnons qui le suivent. Skeld n’a que le temps de se pencher par-dessus la balustrade et se met à arroser le groupe d’hommes jetés pêle-mêle dans les escaliers. Il en abat un d’une rafale. Tilus et Syrius se joignent à lui et font feu sur les malheureux, les abattant froidement jusqu’au dernier sans qu’ils aient ne serait-ce que le temps de riposter.
Reportant son attention vers l’étage où ils se trouvent, Skeld tente alors de trouver un passage. Les appartements d’Uberkrump ne sont plus très loin et la porte verrouillée devant eux leur bloque le passage. Tilus et Syrius le rejoignent et tentent de la défoncer, mais celle-ci résiste.
Considérant rapidement une autre option, Skeld ouvre une des fenêtres du couloir où il se trouve, juste au-delà, le bâtiment fait un coude et à trois mètres de là se trouve une autre fenêtre donnant dans un autre couloir au-delà de la porte. Il met son arme en bandoulière, ouvre la fenêtre, monte sur le rebord et s’apprête à prendre son élan.
Tilus le regarde et lui lance :
-Tu fais quoi là ? Tu vas pas sauter, ton bras est blessé !
- T’occupe, je peux le faire et puis il n’y a qu’un étage, lui répond Skeld. Puis il s’élance et disparaît. S’entend depuis le premier étage un grand fatras dans la cour. Syrius à ce moment parvient à faire sauter la porte. Lui et Tilus se précipitent aussitôt à la fenêtre pour constater que Skeld est à moitié sonné mais visiblement encore conscient quelques six mètres plus bas affalé dans le jardin intérieur.
-Et Merde, comment on va faire pour le récupérer lui !
Syrius fait signe discrètement à son compagnon lui indiquant la porte entrebâillée.
-Il y a du mouvement de l’autre côté. Syrius se plaque alors sur le côté de la porte et écoute. Tilus fait de même de l’autre côté de l’encadrement, son fusil d’assaut tenu prêt.

Pied au plancher, Conrad fonce désormais dans le parc boisé à l’extérieur de la villa. Séverina se penche alors par l’extérieur de la fenêtre défoncée de la portière.
-Là ! lui indique-t-elle du doigt.
En effet, à environ cent mètres devant eux se trouvent bien les deux hommes qui continuent d’avancer en petite foulée. Ils se dirigent droits vers le 4x4 où se trouve Hephastos à environ cinquante mètres d’eux. Conrad leur fonce droit dessus, tandis que les deux gardes font volte face et commencent à tirer sur la camionnette. A moins de trente mètres d’eux, Séverina, sans hésitation ouvre le feu et en abat un sans autre forme de procès, Conrad va pour faucher le deuxième, mais ce dernier esquive en se jetant de côté. Séverina saute du camion et l’exécute alors qu’il est encore au sol. Ils s’empressent alors de rejoindre Hephastos toujours connecté à son cogitateur dont les diodes clignotent. Le technoprêtre est crispé par l’effort et des gouttes de sueur perlent sur son visage.

-Tu t’en sors ? Lui demande Conrad qui venait de descendre du camion. A côté de lui Sèverina scrute les alentours tout en récupérant les armes des deux gardes.
-Difficile…leur…technoprêtre…essaie de bloquer mes accès…Répond Hephastos dans un murmure saccadé.

Skeld se relève péniblement, il a mal un peu partout et commence à bouger doucement chacun de ses membres. Son bras encore valide est apparemment cassé et la blessure à l’autre bras vient de se rouvrir. Pestant contre sa mauvaise fortune, il se traîne péniblement vers une des portes du rez-de-chaussée à environ une bonne cinquantaine de mètres de là.
A l’étage au dessus, Tilus et Syrius s’engagent dans un couloir qui donne dans des appartements. Du bruit s’entend dans la pièce suivante. Tilus prend son vox et appelle alors Conrad dans un murmure.

-On est au premier étage, tout au fond de l’aile Est, rejoignez-nous rapidement, je crois qu’on approche de la cible. Hephastos, à mon signale, tu nous débloques les accès.
Armes pointés devant eux, les deux hommes avancent prudemment vers la porte à double battants à une vingtaine de mètre devant eux. Derrière, des bruits mécaniques qu’ils ne parviennent pas à identifier s’entendent.

Conrad se précipite vers la camionnette, s’assoit au volant et redémarre. Séverina grimpe au passage à bord et tous deux filent en trombe vers la villa. En moins de deux minutes, ils ont repassé l’entrée puis traversant sans ménagement la cour intérieure dans un crissement de graviers, Conrad bifurque sur sa droite, écrasant au passage de nombreux parterres de fleurs, longeant les arcades en ogive de l’aile Sud de la villa, puis passe sous un porche dont il défonce la porte au passage. Le porche communique avec une seconde cour intérieure qui donne sur l’aile Est du bâtiment. Là, ils aperçoivent Skeld boitillant le long du mur alors qu’il allait rejoindre la porte d’entrée. Voyant la camionnette arriver en trombe dans sa direction, Skeld s’écarte, Conrad en profite pour écraser l’accélérateur tout en se cramponnant au volant et telle une voiture bélier, utilise le véhicule pour défoncer la lourde porte devant lui. Dans un vacarme assourdissant, la porte vole en éclat, le camion stoppe net et n’ira pas plus loin, vu la vapeur qui s’échappe du capot, le radiateur vient d’éclater.

Sautant du véhicule désormais en ruine, Sèverina s’élance dans le couloir vers les escaliers et commence à les grimper quatre à quatre, ses deux pistolets bolters en main.
- Occupe-toi de Skeld et tâchez de nous rejoindre. Lance-t-elle à l’attention de Conrad, tout en continuant de gravir les marches.




Chapitre V

+++Techno-hérésie+++
+++Un contrat honoré+++



A l’étage, Tilus et Syrius approchent de la porte devant eux quand celle-ci s’ouvre. Deux silhouettes massives au pas lourd et mécanique émergent de son ouverture. Ce sont deux serviteurs de combat. Jadis êtres humains, désormais, esclaves semi-mécaniques lobotomisés aux membres lourdement modifiés par de l’augmentique industriel. Outre leurs nombreux implants, leurs bras qui n’en sont plus, sont remplacés par des pinces énergétiques à pistons hydrauliques. Chacune capable de broyer un crâne comme si il s’agissait d’un œuf.

Les deux êtres de chairs et de métal, avancent d’un pas décidé et d’un air totalement inexpressif vers Syrius et Tilus. Ce dernier ouvre le feu mais cela n’a visiblement pas l’air d’avoir beaucoup d’effet vu le blindage porté par les serviteurs. Syrius se concentre alors et puisant dans ses dernières réserves d’énergie, projette ses mains en avant et invoque un tourbillon d’énergie kinésique. Les deux créatures mécaniques sont instantanément balayées et emportées par le maelstrom psychique qui les envoie tourbillonner dans la pièce. Syrius lutte afin de maintenir son sort actif suffisamment longtemps. Profitant de ce répit, Tilus charge dans la pièce, pistolet laser et épée tronçonneuse en mains.

Il stoppe net. Face à lui, toujours connecté par ses mécadentrides à de lourdes consoles aux écrans arrondis cerclés de laiton et aux diodes et ampoules clignotantes, la silhouette inquiétante d’un technoprêtre en robes noires à bordures jaunes se tourne vers lui tandis que deux de ses bras continuent de pianoter sur les touches de la console à une vitesse effrayante, deux autres bras mécanisés se terminant par un fusil mitrailleur et une lame tronçonneuse, se pointent vers lui. Tilus tire, mais les lasers sont déviés par les bras mécaniques du technoprêtre. Ce dernier ouvre le feu, mais manquant de précision à cause de son esquive, le tir rate mais fauche tout de même les jambes de Tilus alors qu’il devait l’atteindre en pleine tête. Tilus tombe lourdement au sol, perdant au passage son pistolet laser. Ses deux jambes sont touchées même si les blessures semblent légères.

Avec ce qui aurait du initialement être un sourire, le technoprêtre au visage à demi bionique s’élance vers sa cible désormais immobilisée au sol et d’un geste ample et descendant va pour porter le coup de grâce à l’aide de son épée tronçonneuse. Son geste est cependant bloqué in extremis par la propre épée toujours en main que tient Tilus. De son autre bras, le Technoprêtre tire sur Syrius, le psyker trop concentré pour se protéger ou esquiver correctement, se prend une balle. Celle-ci est déviée partiellement par son gilet pare-balle mais le blesse tout de même légèrement. Cela suffit pour le déconcentrer et l’empêcher de maintenir son sort. Les deux serviteurs commencent alors à se relever.

Conrad et Skeld arrivent à ce moment et ouvrent le feu sur eux, auquel s'ajoutent les tirs de Sèverina, les serviteurs, pris dans un tir croisé, succombent.


Tandis que Conrad utilise ses pouvoirs afin de réduire les blessures de Skeld, Séverina fait irruption dans la salle du technoprêtre. Sans aucune sommation, elle ouvre le feu de ses deux pistolets bolters. Les deux premiers bolts sectionnent le bras mécanique se terminant par le fusil mitrailleur dans une gerbe d’étincelles et de tintement de métal. Le technoprêtre porte un coup d’épée tronçonneuse de son autre bras mais Sèéverina esquive en se projetant en arrière. Se réceptionnant en position accroupie, elle pointe un de ses pistolets et tire une rafale à bout portant. Le premier bolt déchire le blindage dermique pectoral, le deuxième bolt s’engouffre dans la brèche et explose en pleine cage thoracique du technoprêtre, réduisant en pulpe le poumon augmentique de son porteur, tandis que le troisième bolt se fraie un chemin sans peine jusqu’au cœur, le faisant exploser dans une gerbe artérielle.

Le technoprêtre, se vidant de ses fluides vitaux, sang noir épais, huile lubrificatrice ambrée et liquides de refroidissement bleutés, recule de quelques pas et s’écroule sans vie contre sa console.
Conrad et Skeld les rejoignent tout juste. Hephastos les contacte à ce moment-là sur le vox :
-J’ai de nouveau le contrôle de la villa, dit-il. Je perçois du mouvement à environ quatre vingt mètres au nord de votre position. Quelqu’un est en train d’utiliser un monte-charge.
-Tu peux le bloquer ? Répond aussitôt Tilus en train de se faire soigner par les pouvoirs de guérison de Conrad.
-Non, il vient juste de stopper, il semble s’être arrêté. Attendez, je vérifie la position…Sous la villa se trouve visiblement une sorte de sous-sol…
Tandis que Conrad et Syrius, les deux psykers, totalement vidés de leur énergie psychique décident de souffler quelques minutes afin de reprendre des forces, Tilus et Skeld s’injectent un stimulant de combat.
-Ok, on y va, répond alors immédiatement Tilus. Skeld et Severina, avec moi. Puis s’adressant aux psykers, vous deux, rejoignez-nous dès que vous aurez repris vos esprits. On va cueillir ce salaud d’Uberkrump, mais on va essayer de l’avoir vivant, ce type est de mèche avec Goldberg et Goldberg est le lien de toute cette histoire.

Le trio s’élance alors au travers de somptueux appartements, traversant sans peine les portes blindées débloquées par Hephastos, puis atteignent par un passage dissimulé que leur localise le technoprêtre, un monte-charge. Tilus traine alors un des gardes morts dans un des couloirs non loin de là et le calle dans l'ascenseur, laissant ainsi croire au premier abord qu'un garde blessé est adossé à sa paroi. Skeld décide alors par prudence que lui et ses deux compagnons se positionnent sur le toit de la cabine pour descendre, ce qu’ils font. Puis Hephastos, toujours à distance fait descendre la cabine jusqu’au sous-sol. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent alors que le groupe s’attend à ce que la cabine soit criblée de balles, rien ne se produit.

Skeld entrebâille la trappe et jette un œil. Par les portes ouvertes de la cabine, il aperçoit une lueur diffuse et le ronronnement de turbines et de générateurs dans une vaste salle. Pas de mouvement. Il se laisse glisser de la trappe et ses deux compagnons en font de même. Sèverina aide quelque peu Skeld, encore un peu handicapé par ses récentes blessures.
Depuis la cabine, ils aperçoivent un vaste entrepôt en forme de crypte voutée aux murs de pierres noires et humides, assez haut de plafond et éclairée par des lampes à sodium qui diffusent une lueur blafarde dans la vaste salle.

Ce qui attire tout de suite leur attention vient de ce que contient la vaste crypte. Devant eux en rangées alignées, ils peuvent voir plus d’une centaine d’incubateurs en verre, des cylindres de près de deux mètres cinquante de hauteur emplis d’un liquide opaque et sale comme de l’eau troublée par de la vase. Dans l’eau on peut à peine distinguer des silhouettes humanoïdes. Des incubateurs, partent de nombreux tuyaux et câbles qui serpentent au sol tels de grands reptiles vers le fond de la salle où se trouvent de grands moniteurs de contrôle. Devant l’un d’eux à environ une centaine de mètres se tient un personnage de forte stature, une sorte d’obèse, chauve qui semble s’activer.

-Je vous couvre, la sœur et toi, vous allez le contourner de chaque côté. On agit à mon signal. Murmura Skeld à ses deux compagnons.
Skeld s’avance alors, se faufilant entre les incubateurs et prend position à une cinquantaine de mètres de l’homme qui s’active toujours sur les cogitateurs, abaissant des leviers en laitons et enfonçant des runes chromées. Depuis les générateurs disposés plus loin, un ronronnement plus aigu se fait entendre. Des bulles commencent à remonter dans les incubateurs. Uberkrump reste concentré, un lourd fusil à pompe en bandoulière en travers de son dos, il jette régulièrement des regards par-dessus son épaule. Tilus et Severina, contournent sa position par les flancs, mais le gros homme perçoit à ce moment du bruit ou du mouvement et s’empresse de saisir son arme, faisant coulisser la poignée afin d’engager la première cartouche de calibre 12 dans la culasse.

Séverina débouche alors dans son dos et tente de l’assommer d’un coup de crosse de son pistolet bolter, mais la nuque de véritable orox d’Uberkrump lui permet d’encaisser sans peine, il se retourne et tente de mettre un coup de crosse en plein visage de la sororita, mais celle-ci vive comme un chat se jette de côté et esquive le coup. Elle lui porte alors un coup de pied circulaire, mais l’homme est puissant et parvient à encaisser sans peine son attaque. Séverina se réceptionne en position accroupie, trois mètres en arrière, elle pointe son pistolet sur Uberkrump et lui somme de jeter son arme. A ce moment, Tilus fait irruption par l’autre côté, pointant son pistolet laser vers leur cible. Skeld le tient toujours dans sa ligne de mire. C’est à ce moment que Conrad et Syrius les rejoignent dans le sous-sol…
Lugg Uberkrump pointe son lourd fusil à pompe, tout en reculant lentement vers le fond de la crypte. Son arme oscille nerveusement vers Séverina puis vers Tilus. Ces derniers sont toujours à quelques mètres d’Uberkrump et pointent leurs armes sur lui. Skeld, toujours installé à moins de cinquante mètres de la scène, le tient en joue dans son viseur.
Conrad et Syrius avancent prudemment et laissent affluer leur énergie psychique en eux.

La tension monte tandis que depuis les incubateurs, des bruits inquiétants commencent à se faire entendre. Skeld, familier de l’expérience des combats, scrute le langage corporel de sa cible, attendant le moindre signe de sa part. L’homme transpire abondamment, de plus il est acculé et déterminé. Skeld voit la main d’Uberkrump raffermir sa prise sur la poigné de son arme. C’est le moment, sans aucune hésitation et avec une maitrise du geste, il presse la queue de détente de son arme et lui colle volontairement un tir en plein bras. Uberkrump hurle et laisse tomber son arme au sol, se tenant l’avant bras, alors que du trou aux bords noircis par le laser, une fumée à l’odeur âcre de chairs brûlées monte à ses narines. Tilus contourne l’homme de quelques pas tandis de Sèverina, le tenant toujours en joue, d’un geste du pied, envoie l’arme au sol, glisser un peu plus loin.
Uberkrump prend alors un regard d’homme fou, aux yeux révulsés et au visage crispé par la douleur et la rage. De sa main valide, il décroche d’un air mauvais et satisfait de sa ceinture un boitier chromé garni de touches aux runes lumineuses, le pointe vers eux en signe de défiance.
Au moment où le gros pouce d’Uberkrump va pour enfoncer une des runes du boitier, Tilus lui colle un tir en pleine épaule. L’homme recule sous l’impact, lui faisant lâcher le boitier qui retombe au sol en rebondissant avec un bruit métallique sur le dallage en lithociment.
De colère et de rage, Uberkrump se jette lourdement sur la petite boîte, pesant dessus de tout son poids. Tilus, aussitôt se jette sur lui et tente de le retourner, Conrad et Syrius arrivent à ce moment. Séverina saisit alors l’homme par son bras blessé à l’épaule, lui fait une clé en prenant appui de ses genoux directement plaqués sur sa colonne vertébrale et tire le bras vers l’arrière, faisant, au passage lâcher un cri de vive douleur à l’homme au sol. Celui-ci pivote alors afin d’éviter que la sœur ne lui déboite son épaule déjà meurtrie. Au sol, le boîtier est ainsi libéré mais la rune de commande est malheureusement enfoncée. Autour d’eux et dans l’ensemble de la crypte, les incubateurs se mettent en marche.
Le liquide opaque contenu dans leur cuve est évacué lentement par le fond avec le bruit de dizaines de siphons qui se vident, tandis que des sirènes retentissent depuis les murs et que des gyrophares de couleur rouge s’allument depuis le plafond.
Uberkrump se met alors à rire tandis que Conrad lui demande :
-C’est quoi tout ça ? Pour qui travailles-tu ?
-Pauvres crétins, vous allez tous mourir ! Lui crache alors Uberkrump.
-Toi, tu vas mourir, c’est certain ! Alors parle !
-Allez tous vous faire foutre !
Avant même qu’il n’ait fini sa phrase, Syrius s’approche et sans crier gare, lui colle trois balles en pleine tête, mettant ainsi terme à son arrogance, à sa vie et aussi à d’éventuelles réponses.
Hébété, Conrad n’en revient pas et lève ses yeux vers Syrius.
-Putain, mais t’es malade ou quoi ? Mais par le Trône, pourquoi tu l’as tué ? On avait des questions à lui poser !
-Notre mission était de le supprimer. Ce type était dangereux. Comme ça c’est fait.
- Heu…je ne voudrais pas vous inquiéter mais je crois qu’on ne devrait pas trop trainer dans le coin. Leur répond alors Skeld juste à ce moment, leur indiquant les cuves.
Autour d’eux en effet, les cuves des incubateurs commencent à se lever dans un dégagement vaporeux d’azote, laissant se deviner derrière, des dizaines de silhouettes inquiétantes et à la démarche encore mal assurée.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Demetrius Drakkhen le Dim 23 Fév 2014 - 21:00

Punaise tu as du talent. Pas encore tout lu mais cela ne saurais tarder. On sent vraiment que tu es calé sur l'univers w40k et que tu as du beaucoup travailler sur ton récit, c'est soigné. Sincèrement chapeau  bravo.

C'est assez dur de trouver des noms de personnage.
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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Dim 23 Fév 2014 - 21:46



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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Lun 24 Fév 2014 - 16:30

-Par tous les Saints de Terra, mais qu’est ce que c’est que ça ? Lance alors Conrad.
- J’en sais rien, mais je crois qu’il va falloir se tirer rapidement d’ici ! Répondit Skeld. Vers l’ascenseur, vite ! Scrutant rapidement les alentours, Skeld et Tilus tentent de trouver une autre issue. Peut-être en existe-t-il d’autres, mais ils ne les voient pas. De toute façon, ils n’en ont guère le temps. Conrad appelle Hephastos depuis son vox :
-Tu peux nous trouver une autre sortie, ici ça commence à chauffer !
-Je perçois une grande perturbation dans l’esprit de la Machine ! Par le tout Puissant Omniméssie, que ce passe-t-il en bas ?
-Des créatures à demi machines sortent d’incubateurs, y a en des dizaines ! Va falloir qu’on se tire de là !
-C’est pas bon du tout ! Dirigez vous vers le monte-charge, je prends le contrôle de son esprit, leur répond alors le Technoprêtre.
Le groupe commence alors à s’élancer, mais déjà, une dizaine de créatures leur bloquent le chemin. Difficile de voir de quoi il s’agit vraiment au travers des vapeurs d’azotes et de la lumière stroboscopique des gyrophares. Visiblement ce sont des sortes d’êtres humanoïdes à la peau blafarde et boursouflée, au visage inexpressif et à l’air vide. Des sortes d’excroissances métalliques saillent de leur corps à l’apparence malade et leurs bras semblent se transformer à volonté en armes d’assaut ou de corps à corps. Tilus, Sèverina et Syrius passent en tête et, faisant feu de toutes leurs armes parviennent à mettre apparemment hors d’état de nuire quelques unes de ces créatures, libérant ainsi un passage vers le monte-charge. Skeld et Conrad couvrent les arrières mais Skeld est touché et tombe au sol. Conrad l’aide et le porte ainsi jusqu’à l’ascenseur tandis que leurs compagnons les couvrent, abattant plusieurs créatures, les forçant ainsi à rester à distance. Déjà des dizaines d’autres de ces choses commencent à affluer lentement vers la cabine. Lorsque les portes se ferment enfin, deux des créatures parviennent à s’y agripper, empêchant les portes de se refermer. Leur tirant dessus à de nombreuses reprises et à bout portant, Tilus, Sèverina et leurs compagnons leur font enfin lâcher prise, permettant aux portes de se refermer et à l’ascenseur de remonter. Sous eux, se laissent entendre de sinistres bruits métalliques provenant du sous-sol.

Arrivé de nouveau dans les appartements d’Uberkrump au premier étage, Conrad appelle Hephastos et lui demande de bloquer l’ascenseur puis entreprend de fouiller rapidement les lieus avec Syrius. Skeld qui a reprit ses esprits, redescend rapidement au rez-de-chaussée et se dirige, accompagné de Tilus et de Séverina vers le bâtiment des gardes à l’entrée. Là, il entreprend de fouiller les lieus, à la recherche d’armes intéressantes. Cependant, Skeld est vite déçu, visiblement les seules armes locales utilisées, ne semblent bien n’êtres que des armes très conventionnelles à munitions solides et de fabrication locale. Il récupère quelques munitions pour les armes d’assaut mais délaisse les armes sur place, s’attardant désormais à la recherche d’armures pare-balles. Tilus de son côté, déniche dans un coffre, une mallette poussiéreuse aux marquages du Mechanicum, contenant un fusil laser de modèle Mars Mk IV avec sélecteur de tir en rafales. Un ancien modèle, mais en parfait état de marche, avec deux cellules énergétiques. Satisfait de sa découverte, il ressort du poste de garde. Déjà dans la cour de la villa, Hephastos les a rejoint à bord du 4x4, ses compagnons lui signalent qu’il est grandement temps de s’éclipser avant que les autorités ou pire, ne décident d’intervenir.
-On fait quoi pour ce qui se trouve au sous-sol ? Leur demande alors Sèverina.
-On ne fait rien du tout, on se casse d’ici et c’est tout. Lui répond Skeld, tentant de retirer l’armure d’un  des gardes au sol.
Hephastos, toujours connecté à son cogitateur à bord du 4x4 leur lance :
-Attendez ! Il y a peut être un moyen…Je viens de me brancher au réseau énergétique interne de la villa, dans la crypte se trouvent des générateurs. Je devrais pouvoir les faire monter à leur point de surchauffe maximal puis couper leur système de refroidissement.
Pianotant à grande vitesse sur les runes chromées de son étrange machine, Hephastos leur lance alors d’un air satisfait :
-Tirons nous rapidement, dans quelques dizaines de minutes, Les générateurs arriveront à leur point de surchauffe critique, l’énergie libérée devraient totalement détruire l’ensemble du sous-sol et partiellement la villa.
-Cela suffira pour les détruire ? Lui demande alors Séverina qui monte à bord du véhicule tandis que Conrad prend le volant.
-Je l’ignore, mais je n’ai pas d’autres solutions dans l’immédiat.
-Ok assez perdu de temps, on y va ! Skeld, en route ! Lança Conrad.
Dépité et ne parvenant pas, suite à ses nombreuses blessures, à récupérer le pare-balle de l’homme au sol à temps, Skeld grimpe à bord du véhicule qui démarre enfin, se dirigeant vers les bois alentours et la route qui redescend la colline.  

A mi-chemin, le véhicule s’arrête à la demande de Tilus. Un peu plus loin, dans un petit chemin se trouve la berline qu’il avait dissimulée un peu plus tôt. Syrius et Sèverina le rejoignent. Déjà Tilus retire du coffre les deux livreurs, toujours sous anesthésiant, et les laisse au sol. Dans quelques heures, ils se réveilleront. Syrius et Séverina s’installent à bord puis Tilus prend le volant et rejoint le 4x4 sur la route. Les deux véhicules repartent alors en direction de la ville en contrebas et plus précisément vers les faubourgs ouvriers des Manufactoria, là où se trouve leur planque.

Il est à peine 8h00 lorsqu’ils s’installent dans l’appartement. Conrad s’empresse d’utiliser ses sorts de soins sur les blessures de ses compagnons. Les blessures sont légères mais assez nombreuses, notamment pour Skeld, Tilus et Syrius qui ont été les plus exposés aux combats. Conrad, Hephastos et Sèverina sont encore indemnes. L’équipe décide alors de prendre deux jours de repos dans l’appartement, afin de se reposer, de récupérer et se mettre au vert. Le Technoprêtre les met à profit pour réparer les armures et l’armement du groupe, notamment le bon vieux fusil laser de Skeld, remis parfaitement à neuf. Le cadien, lui, part se reposer de ses blessures. De leur côté, Syrius, Tilus, Conrad et Sèverina épluchent les documents récupérés par Syrius. Il s’agit de nombreux parchemins et d’un épais carnet avec de nombreuses annotations.

Après plusieurs heures d’étude minutieuse et fastidieuse, il en ressort plusieurs informations, même si peu de choses sont clairement dévoilées. Notamment une série de virements assez conséquents sur le compte d’une des sociétés d’import-export d’Uberkrump, fonds versés par une organisation dont le nom n’est pas mentionné, afin de financer un projet qui nourrit visiblement de très hautes ambitions.

Uberkrump fait apparemment partie de cette organisation, dont font partie des membres influents visiblement. Les noms ne sont pas cités, en dehors de XT, QI, HS et LR qui semblent être ceux qui prennent les décisions à un haut niveau.

Dans un des documents, il est fait mention à l’attention d’Uberkrump, de gérer ce projet avec la plus grande discrétion. Car visiblement, l’Inquisition surveillerait leur agissement depuis à peu près un an. Et en rien, les autorités ne doivent en être informées.

L’équipe n’est visiblement pas tellement plus avancée, si ce n’est qu’elle a bien confirmation qu’un complot implique des personnalités, mais lesquelles ?
En réfléchissant bien, Tilus et Syrius pensent pouvoir identifier les initiales comme étant celles de certains membres influents du conseil du Gouverneur Callidon, l’autorité de Badab.

XT pourrait bien être Xantis Trantor, le ministre plénipotentiaire du Dieu-Machine ; QI pourrait être Quintos Initius VII, le Pontifex Mundi et grand Prêtre du Culte Impérial ; HS serait, pour sa part Haxtès Séverus, Seigneur Marshall du Magistratum. Quant à LR, cela ne leur évoque rien pour l’instant.
Cela signifierait donc que certains membres de l’entourage du Gouverneur sembleraient bien impliqués dans cette sombre histoire. Cependant pour l’instant les indices sont bien maigres et l’équipe passe ainsi plusieurs heures à spéculer sur les différentes possibilités.

L’équipe décide d’ailleurs de suivre les bulletins d’informations locales diffusés sur les chaines gouvernementales, riches en propagande et autres appels à la Foi. La mort d’Uberkrump ne fait pas la une, mais passe plus comme un fait divers, évoquant la mort brutale d’un des parrains de la pègre locale dans une sombre affaire de règlement de compte, le tout parfaitement maitrisé et contrôlé par les hommes brillants du Magistratum.
Le reste des informations n’est qu’appel à la dévotion, au sacrifice et à l’obligation d’enrôlement dans les forces gouvernementales, la suite ne fait que vanter les mérites des valeureuses troupes locales impliquées dans un conflit qu’ils ne pourront que gagner. On voit notamment le Général Garviel Varnias, dans sa somptueuse tenue d’apparat de chef d’armée des FDP, qui conclu sur cette maxime : « La foi en l’Empereur est notre arme, et elle dépasse de loin toutes les autres. »

A ce moment là, quelqu’un sonne à la porte d’entrée. Tilus se lève, dégaine son pistolet laser et va regarder qui est là. A travers l’œilleton, il perçoit un jeune homme en uniforme bleu ciel avec une casquette et une sacoche.
-Oui, c’est pour quoi ? Lui lance-t-il à travers la porte.
-Une livraison pour un certain Monsieur Lynx.
Tilus entrebâille alors la porte, gardant son pistolet laser caché juste derrière.
-C’est bien ici…Qu’est ce que c’est ?
Le coursier sort une enveloppe épaisse en papier marron de sa sacoche, ainsi qu’une petite plaque de données.
-Tenez, signez ici. Lui dit le livreur. Tilus signe la plaque, récupère l’enveloppe et referme la porte. Il rejoint ses compagnons et ouvre l’enveloppe. A l’intérieur se trouvent les fausses identités comme convenu. Tilus les distribue alors à ses compagnons.
Plus tard Conrad décide d’appeler Skanks, afin de lui faire part de la nouvelle afin de voir ce qu’il aura à leur dire. Il prend son vox et compose le numéro d’appel.
Au bout de la troisième sonnerie, une voix de vieille femme se fait entendre.
-Oui bonjour, je souhaiterais parler à Skanks, s’il vous plait ? Lui répond alors Conrad.
-Pardon monsieur, mais il n’y a pas de Skanks à ce numéro…Répond la vieille femme.
-Heu…Vous ne connaissez pas Skanks ? Excusez-moi, j’ai du me tromper. Puis Conrad coupe la communication et va chercher Tilus affairé dans la pièce à côté.
-Dis-moi, quel est le code que tu dois donner à la vieille quand tu appelles Skanks ?
Tilus relève la tête vers Conrad et fronce ses sourcils.
-Attends, tu as craqué ou quoi ? Quelle vieille ? Y a jamais eu de vieille ! Tu as du te planter de numéro c’est tout. Et pourquoi tu cherches à appeler Skanks d’ailleurs ?
-On a fini le job, je comptais faire un point avec lui et…
-Laisse tomber, Uberkrump est mort, on a les ID comme convenu, pour moi ça me va. Skanks, on l’appellera au besoin, mais là ça sert à rien, on fait le mort et on bouge pas.

Conrad n’insiste pas, trouvant en effet qu’il vaut peut-être mieux rester discret.
Le lendemain, le groupe décide de reprendre le chemin vers Hermangard. Ils iront en voiture jusqu’à Carmina Bay, en longeant les faubourgs de Middenheim. De là-bas, ils tâcheront de trouver un bateau, malgré le blocus pour rejoindre l’île.





Chapitre VI

+++Assaut sur Hermangard+++
+++Les démons s’en mèlent +++
+++Un Inquisiteur brisé+++




Après leurs deux jours de repos, et une fois les blessures partiellement régénérées, le groupe se répartit dans ses deux véhicules et part en milieu de matinée. Sous de nouvelles identités et de nouveaux vêtements ils se dirigent en direction de Carmina Bay à quelques 400 kilomètres à l’Ouest. Le voyage leur prend environ six heures, c’est donc dans l’après-midi qu’ils approchent de la bourgade côtière sous une petite pluie fine. Tout le long de la route, ils ont déjà pu constater les convois incessants de camions militaires, transports de troupes et transports d’artillerie et de munitions ainsi que de nombreuses colonnes de troupes à pied.
Arrivée aux abords de Carmina Bay, ils constatent en effet que la côte est en train de se fortifier. Les troupes cantonnées ça et là s’efforcent malgré la pluie de terminer à la hâte des positions d’artillerie et des avant-postes blindés pour le soutien de l’infanterie. Toute la côte se prépare visiblement à une attaque venant de la mer.
L’équipe rejoint la bourgade un peu plus loin où sont cantonnés aussi les militaires, une grande partie de la population est déjà partie, fuyant les zones de combat. C’est donc presque sans peine que l’équipe parvient à loger dans un des hôtels du vieux port. Là où de vieux marins assoiffés et préférant rester tant qu’il y a encore à boire, ressassant les mêmes et infatigables histoires de krakens mangeurs d’hommes.

Pour quelques crédits locaux, l’équipe parvient à se loger et à se trouver un repas décent. Conrad en profite pour fureter et n’hésite pas à demander à quelques marins si un bateau pourrait les emmener au large moyennant finance. Il essuie de nombreux et catégoriques refus, les marins lui rappellent que les troupes de la Marine locale ont mises en place un blocus et qu’aucun navire ne doit naviguer.
Finalement, après plus de dix refus, le vieux Bill entre deux verres de Whiskar local, accepte volontiers de les emmener à Hermangard contre deux mille crédits locaux. Conrad en fait part à ses compagnons, l’idée est acceptée. Bill leur donne alors rendez-vous le soir même à minuit, à l’heure où les gardes changent d’équipe. Cela devrait leur laisser quelques minutes pour atteindre le bord de l’eau où se trouve son vieux rafiot.
Le soir même, Conrad et le reste de l’équipe rejoignent Bill à l’endroit convenu. Un âpre marchandage à alors lieu, car il n’était pas prévu dans la somme initiale de prévoir un retour. Bill leur propose le retour pour la même somme, soit deux mille de plus.
Hephastos prend alors Conrad à part.
-Une fois sur l’île, nous n’aurons plus besoin de lui, je pourrais alors piloter son bateau. Acceptons son offre, nous nous en débarrasserons et le laisserons là-bas.
-Ok, je vais lui dire qu’on accepte. Répond alors Conrad. Puis se redirigeant vers le vieux marin, il lui sonde l’esprit, cherchant à y lire ses intentions.
Bill a clairement projeté d’aller les dénoncer dès leur arrivée sur l’île, aux troupes gouvernementales afin d’arrondir la coquète somme qu’il va empocher déjà avec eux.
Conrad en fait part discrètement à ses compagnons avant de monter à bord, décidant de garder un œil en permanence sur le vieux marin.
Il fait nuit noir et une petite pluie fine venue du large, tombe sur la côte. Les eaux sont sombres et dangereuses mais la mer est calme lorsque l’embarcation, un petit rafiot de dix-huit pieds, quitte le vieux ponton où il est amarré.
Le trajet vers Hermangard prendra environ deux heures.

-Des troupes seront certainement cantonnées sur l’île, je ne risquerai pas une approche directe si j’étais vous. Leur dit le vieux marin.
-Vous savez où se trouvent les troupes ainsi que leur position ? Lui demande Conrad.
-Non, je n’en ai pas la moindre idée, cela fait des années que je ne suis pas allé là-bas. Je sais juste qu’il y a une petite garnison sur place depuis peu. Voilà tout.
-Il y a bien un autre endroit où débarquer sur cette île ? Je veux dire de façon discrète.
-Ça n’a pas été prévu à la base…c’était un pénitencier vous savez.  
-Dans ce cas avant d’arriver à l’île on devra couper le moteur. Ce bateau dispose d’un autre mode de propulsion ? Quelque chose de silencieux, je veux dire ?
-Ouaip, y a bien des rames qui doivent trainer quelque part.
-Pardon ? Des rames ?....Et elles s’actionnent comment ?
-Bin avec vos bras, pardi !

Faisant part de cette option au reste de ses compagnons, l’idée est acceptée. De toute façon, le groupe réalise qu’ils ne disposent pas de meilleur choix.

A environ un mile de l’île, Conrad fait stopper les moteurs. Le vieux Bill s’exécute et sort quatre rames en aluminium traité. Il les installe de chaque côté du bastingage dans des logements prévus à cet effet.
-Voilà, bon bin moi je suis le capitaine, donc je reste à la barre…à vous de souquer, moussaillons !
Conrad, Tilus, Hephastos et Syrius se mettent alors à ramer, maudissant le vieux marin de leur jouer un tel tour.
Sèverina remplace rapidement Conrad avant que ce dernier ne se déboite une épaule, voyant que celui-ci ne semble pas disposer de la meilleure condition physique pour ramer.
Le bateau approche ainsi lentement mais discrètement de l’île, lorsqu’à un demi-mile un projecteur s’allume soudain depuis bâbord et se braque sur eux. Un bruit de moteur en approche et une voix en bas gothique à l’accent local, diffusée à travers un porte-vox s’entendent alors.
-Stoppez votre navire et mettez-vous sur le pont les mains bien visibles, au nom de l’Imperium !
Skeld sort alors rapidement son fusil laser, se dissimule du mieux qu’il le peut contre le bastingage et prend pour cible le projecteur, mais ce dernier l’aveugle et l’empêche de viser correctement.
Tilus, Syrius et Conrad tentent de se dissimuler, mais faute de couvert décents, font mine d’obtempérer et s’apprêtent à agir.
De leur côté, Hephastos se dissimule derrière la cabine et se connecte à son cogitateur, tandis que Séverina arme un fusil d’assaut et se met à couvert.

La vedette, un modèle d’une quarantaine de pieds de long semble être un patrouilleur local des FDP. A son bord, cinq soldats sont visibles, dont un, actionnant une mitrailleuse lourde montée sur pivot, les autres sont armés de fusils d’assaut à longs canons et à chargeurs courts et droits qu’ils pointent vers l’embarcation.
-Ne bougez pas, nous allons vous arraisonner ! Crie la voix dans le porte-vox.
C’est à ce moment que Skeld ouvre le feu. L’impact fait éclater le projecteur dans une grande gerbe d’étincelles. L’instant d’après, ils sont de nouveau replongés dans l’obscurité.
Tilus dégaine son arme et tire, mais rate sa cible, Hephastos, via son cogitateur se connecte à l’esprit de la Machine du navire et commence à en prendre le contrôle.
Tandis que Séverina ouvre le feu mais rate aussi son tir, Conrad en profite pour se mettre à couvert, gardant un œil sur le vieux Bill, alors que Syrius se met aussi à tirer, ajoutant un peu plus à la confusion par son manque également de précision.
Bill hurle alors à l’attention des soldats qu’il s’agit là d’un piège tendu par des rebelles.
En face la riposte est immédiate, les soldats ouvrent à leur tour un feu nourrit, mitraillant copieusement le navire où tente de se cacher l’équipe. Quelques balles parviennent même à en toucher certains mais sans causer trop de dommages si ce n’est à leurs armures pare-balles.
L’échange de tirs dure ainsi de nombreuses secondes avant que le premier garde ne soit mis hors d’état de nuire grâce à un des sorts télékinétiques de Syrius. Hephastos prend le contrôle du patrouilleur, coupant tous les systèmes de bords.  

Conrad se jette alors sur le vieux marin mais celui-ci lui assène un violent coup de poing dans le ventre, Conrad s’écroule sur le pont. Dans la confusion, il perd son bâton de force qui tombe par-dessus bord disparaissant dans les eaux obscures. Séverina parvient à abattre un des gardes et en blesse légèrement un deuxième tandis que Tilus abat celui qui tient la mitrailleuse. Alors que Bill s’apprête à jeter Conrad toujours sonné par-dessus bord, un tir perdu le touche en pleine tête. Bill s’écroule raide mort en travers du pont de son navire. Dans la confusion qui s’ensuit, Syrius, focalisant mal son pouvoir, détruit involontairement une partie du bastingage devant lui. Tilus, Skeld et Séverina montent alors à bord da la vedette des FDP. Les derniers gardes rescapés sont alors rapidement abattu même si Skeld et Tilus se font une grosse frayeur en fouillant le bateau et en se retrouvant l’un et l’autre sans le vouloir nez-à-nez. Il ne s’en est fallu que d’un cheveu pour que Skeld ne se fasse découper par l’épée tronçonneuse de Tilus.

Tandis que les uniformes encore à peu près utilisables sont récupérés sur les corps des gardes, l’un d’eux, blessé, est interrogé par Conrad. Il n’apprend que peu de chose, si ce n’est en lui sondant l’esprit. Notamment le fait qu’un prisonnier est bien détenu dans une des cellules d’un des bâtiments, qu’un détachement d’une centaine de gardes est bien cantonné sur l’île sous le commandement d’un certain colonel Hudson.
L’homme est ensuite ligoté et bâillonné puis Skeld et ses compagnons, en dehors d’Hephastos et Séverina récupèrent les uniformes des gardes. Skeld revêt celui de l’officier, un lieutenant.

Le technoprêtre prend alors les commandes du patrouilleur. Syrius, en cherchant bien, trouve une carte de l’île dans la cabine de pilotage, en cherchant, Conrad repère le bâtiment où semble être détenu Ezekiah.
Hephastos se calle alors sur les fréquences radios utilisés par les soldats, cherchant au passage quelques informations. C’est ainsi que l’équipe s’aperçoit que les troupes cantonnées sur place ont l’air de s’affairer à autre chose. Il semblerait qu’ils aient repéré une attaque imminente de l’île et s’apprêtent à y résister. L’ensemble des troupes est alors prête à concentrer ses forces sur la partie sud de l’île, soit face au continent de Mekton Zeta.
 
Mettant le cap vers l’embarcadère de l’île, soit à l’opposé de l’attaque imminente, l’équipe s’apprête à élaborer une rapide stratégie.
Hephastos fait accoster le navire contre le ponton. Skeld, toujours en uniforme de lieutenant, dont la visière de sa casquette masque en partie son visage  saute sur l’embarcadère et pousse devant lui sans ménagement Séverina qui fait mine d’avoir les mains attachées dans le dos, tel un prisonnier. Un pistolet bolter et un pistolet laser son cachés justement derrière, sous sa veste.
Ils avancent en direction du poste de garde, protégés par des casemates dont pointent des autocanons jumelés. Conrad, en uniforme de garde lui aussi les suit de près, maintenant un sort d’illusion juste devant lui dans lequel Tilus, Syrius et Hephastos sont inclus, les mêlant parfaitement au décor ambiant et les rendant parfaitement invisible au premier coup d’œil.

Skeld passe le poste de garde sans que ceux-ci ne portent trop attention à lui. Ils semblent s’affairer sous les ordres nerveux de leur chef de poste leur ordonnant de déployer des armes lourdes à certains points stratégiques. Le sous-officier salue rapidement Skeld, le prenant pour un simple officier accompagné d’un prisonnier et d’un soldat, donc ne présentant pas une menace directe. Il demande à ses hommes de les laisser passer. Puis il retourne à ses occupations, oubliant déjà cet évènement.

Skeld et ses compagnons passent alors le long d’un bâtiment où l’agitation et l’activité est palpable puis se dirige vers le bâtiment central, là où semble être détenu l’inquisiteur. Plus loin des troupes en arme s’affairent au pas de course.
Le corps du bâtiment, un ensemble en lithociment long de plusieurs centaines de mètres et haut de plus de cinquante est d’un modèle sombre et austère percé d’une multitude de fenêtres étroites à barreaux. L’ensemble parait abandonné, ils le contournent afin d’arriver par la façade sud et se retrouvent face à un portail fermé par une chaine cadenassée. Mais n’osant  briser la chaine et passer au travers du bâtiment désert, ils préfèrent revenir sur leurs pas et contourner l’ensemble vers le nord en direction de la seconde entrée. A environ trente mètres da la porte blindée d’où filtre de la lumière, l’équipe perçoit un groupe de quatre gardes arrivant rapidement par un autre chemin et se dirigeant dans la même direction qu’eux. L’un d’eux interpelle Skeld dans le dialecte badabi local.
-Teğmen Merhaba, bir yardım eli gerekir?
Skeld n’arrivant pas à saisir un traitre mot, marmonne quelque chose d’incompréhensible avec un vague geste de la main. Puis il continue son chemin vers l’entrée du bâtiment.
Derrière lui, toujours maintenu dans le sort d’invisibilité de Conrad, seuls Tilus et Syrius parviennent à comprendre ce qui vient d’être dit. Tilus s’approche tout près de Skeld.
Ce dernier arrive devant la porte blindée, tenant toujours Séverina devant lui, puis frappe à la porte. Derrière eux se trouvent toujours les quatre autres gardes à quelques mètres en retrait.
Depuis l’intérieur, un garde répond  au travers d’un canal vox intégré dans la porte.
-lütfen kimlik sağlamak !
Tilus se colle à Skeld et faisant mine de le laisser répondre, lance d’une voix assurée dans sa langue natale :
-Teğmen Draek, ben Albay Hudson ve emri ile mahkum getirmek !
-Par Terra, qu’est ce qui se passe ? lui murmure alors Skeld.
-Rien, j’ai dit que tu apportais un prisonnier et que tu leur demande d’ouvrir, lui répond alors Tilus dans un souffle.
Un bruit de mécanisme se fait alors entendre et la lourde porte blindée commence à s’ouvrir lentement. Un garde apparaît dans l’entrebâillement de la porte et salut Skeld.
-Merci à toi, soldat ! Lui lance-t-il machinalement en bas gothique.
Tilus et Syrius se raidissent alors. Derrière le groupe, ils entendent quelques petits rires, puis l’un des gardes lance :
-Şey, teğmen ve Gotik konuşurken söyler !

Ce qui a pour effet de faire rire ses trois autres compagnons.
Tilus, comprenant l’allusion au fait que les gardes se moquent un peu de l’usage un peu pompeux du gothique employé par leur lieutenant, lance comme si cela venait toujours de Skeld.
-Ve ek olarak iyi kulaklar asker var !
Les hommes derrière eux, s’arrêtent soudain de rire. Celui qui parle reprend la parole et lance d’un ton sarcastique :
-Tercih ettiğim : iyi kulaklar, kaptan var!
-Merde, il est Capitaine ! Souffle alors Tilus à l’oreille de Skeld. Entre, dépêche toi avant que ça ne tourne mal !
Skeld entre donc, toujours accompagné de Séverina qui ne bronche pas mais qui se tient prête à sortir ses armes. Conrad suit, un peu en transe à cause du sort qu’il maintient devant lui, contenant ses trois autres compagnons. Le capitaine et ses trois hommes entrent à leur tour. Le garde ferme alors la lourde porte, loin de se douter de ce qui se passe.
Ils sont désormais dans un vaste hall aux murs jadis peints en blanc mais dont les décennies d’humidité et le manque d’entretien ont eut raison de la couleur désormais indéfinissable.
Depuis les hauts plafonds, des gouttes d’humidité suintent des bouches d’aération aux ventilateurs pourris par la rouille et en panne depuis bien longtemps.
Plusieurs gardes s’affairaient à l’intérieur, mais l’arrivée soudaine de deux officiers les fait bondir au garde-à-vous. Un sergent salut Skeld et lui demande alors quelque chose que Skeld ne comprend pas. La tension commence à devenir palpable, alourdie par l’air moite ambiant.

Le capitaine approche et vient se camper devant Skeld, dont le visage est toujours baissé, dissimulé sous la visière de sa casquette.
Il inspecte alors l’uniforme du lieutenant dont les trous encore maculés du sang de son ancien porteur l’intriguent. Skeld relève lentement son visage, fixant dans les yeux l’officier face à lui. Ce dernier réalise alors à ce moment là ce qui est en train de se passer, mais un peu tard. Skeld avait déjà discrètement dégainé le pistolet automatique compact d’ordonnance qu’il porte à sa ceinture, prestement il plaque le canon de l’arme sur le front du capitaine encore étonné et presse la détente. La balle, tirée à bout portant, lui brûle la cervelle, lui faisant éclater l’arrière du crâne et projetant sur le mur décrépi une pluie de matière sanglante. Avant même que le corps sans vie de l’officier ne s’écroule sur le carrelage humide et pourri, Tilus bondit en avant, lame tronçonneuse brandit, il tranche le bras droit ainsi que l’épaule du garde le plus proche de lui avant que ce dernier n’ai le temps de saisir son arme posée juste à côté. Le malheureux s’écroule en hurlant, projetant un geyser de sang alentours. Hephastos s’élance en avant et enfonce son gantelet énergétique dans la poitrine de l’homme en face de lui qui saisit son arme, lui faisant éclater la cage thoracique, Séverina dégaine alors ses deux pistolets et abat net deux autres gardes de tirs en pleine poitrine.
Le carnage est rapide, brutal et cruel. Les gardes n’ont aucune chance et sont tous impitoyablement abattus jusqu’au dernier sans qu’ils n’aient même eu le temps de se défendre dignement.
Hephastos s’installe alors rapidement derrière la console garnie de logicateurs du poste de sécurité, pilotant l’ensemble des systèmes de sécurité du bâtiment et se connecte à l’esprit de l’appareil.
Pendant ce temps, le reste de l’équipe recharge leurs armes et sécurisent la zone.
-Au sous-sol, par là, leur indique alors Hephastos, un dispositif de sécurité est encore actif dans cette zone du bâtiment, Ezekiah doit être là.
-Ok on y va, lance alors Skeld, enclenchant une nouvelle cellule énergétique dans son fusil laser. Hephastos, reste ici aux commandes de ce truc, ça pourra toujours nous être utile. Par contre, il serait bien que l’un de nous reste avec lui.
-Je reste. Se propose alors Séverina en ramassant deux fusils d’assaut.
-Ok, on descend et on reste en contact vox.
Tandis que le Technoprêtre commence à afficher le plan virtuel des systèmes de sécurité du bâtiment, il commence à repérer le chemin que vont devoir emprunter ses compagnons. Les zones par lesquelles ils vont devoir passer sont couvertes par des caméras et des systèmes de détection. Sans attendre, il entreprend de prendre la main sur les caméras, rediffusant en boucle les mêmes images de couloirs vides.
Skeld et Conrad en tête, continuent de dévaler les escaliers rapidement. Quelques mètres derrière eux Tilus et Syrius suivent d’un pas plus mesuré, réalisant que leurs deux compagnons vont peut être un peu vite. Tilus porte la main à son vox.
-Hephastos, tu as repéré des systèmes de sécurité ?
-J’y travaille, je neutralise les caméras, mais faites quand même attention.
-Skeld, ralentie un peu devant et ouvre l’œil ! Lui lance alors Tilus.
-On n’a pas le temps, Ezekiah est en bas, on fonce. Lui répond alors Skeld sans se retourner.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Jeu 6 Mar 2014 - 16:09

Ils débouchent à ce moment là au premier sous-sol dans une vaste salle rectangulaire. La salle est plongée dans la pénombre. De chaque côté se trouvent apparemment plusieurs portes de cellules dont la plupart semblent fermées ou à peine entrouvertes. Au centre de la salle se trouve un puits rectangulaire entouré d’une rambarde métallique. En face, à leur opposé, se trouve au moins un autre couloir.
Dans leur précipitation, Skeld et Conrad ne font pas bien attention où ils mettent les pieds en pénétrant dans la salle.
Conrad sent son pied s’accrocher à quelque chose. Un fil tendu en travers de son chemin. Le fil casse tandis qu’une batterie de projecteurs au sodium s’allume au plafond, illuminant soudainement la vaste salle. Un ronronnement aigu de servomoteur se met à bourdonner tel le bruit d’insectes apicoles que l’on trouve sur certains agri-mondes. Depuis le plafond, au centre de la salle, un dôme se met à pivoter dans la direction des intrus, pointant vers eux deux mitrailleuses jumelées alimentées par des bandes de cartouches.
Les deux canons de l’arme se mettent aussitôt à cracher dans leur direction faisant pleuvoir des salves de balles de gros calibres autour d’eux. Les balles ricochent sur le carrelage défoncé, arrachant au passage des morceaux de plâtre sur les murs. Conrad se jette de côté mais sans pour autant se mettre à couvert, tandis que Skeld se rue derrière lui vers les escaliers. Syrius et Tilus remontent de quelques marches afin de rester hors de portée. Miraculeusement malgré la pluie de munitions crachée par l’arme jumelée, pas une balle ne parvient à toucher. Les douilles éjectées ricochent en cascades sur le sol carrelé dans l’écho des tirs et la fumée.
-Hephastos, on est au niveau moins un, coupe tous les systèmes de sécurité des armes asservies, ça nous tire dessus, on est coincé ! Crie alors Skeld dans son vox.
Les canons jumelés pivotent de quelques degrés et se verrouillent sur Conrad, toujours au sol et désormais seule cible disponible.
Puis l’arme enclenche son système de sureté et se met en veille.
-C’est bon, je viens de couper son alimentation. Répond alors Hephastos d’une voix calme.
Conrad se relève et essuie un peu la poussière de plâtre sur ses vêtements tandis que Skeld s’avance de nouveau prudemment en redescendant les marches lorsque des silhouettes font prudemment leur apparition par le couloir à l’opposé, quatre hommes armés en uniforme noir renforcé et casqués. Les nouveaux venus voyant tout de suite Conrad et Skeld, lèvent leurs armes vers eux.
Skeld, profitant du fait qu’il porte toujours un uniforme des FDP, dégaine son pistolet d’appoint et le plaque sur la nuque de Conrad en lui murmurant tout bas :
-Joue le jeu et jette ton arme, on va les bluffer.
Conrad lève ses mains en l’air et jette son pistolet laser au sol.
Puis, tout haut, Skeld lance à l’attention des nouveaux venus :
-C’est un prisonnier, il comptait s’échapper. J’ai la situation sous contrôle !
Les quatre hommes continuent alors de s’avancer prudemment mais baissent leurs armes, pour l’instant le coup de bluff de Skeld a apparemment l’air de prendre.

Soudain, venant des escaliers derrière eux, Skeld et Conrad entendent un bruit de quelque chose qui s’écroule dans un grand fracas. Tilus, empêtré dans ses armes vient de dévaler les marches et se retrouve tant bien que mal aux pieds de celles-ci.
Les quatre gardes échangent alors un rapide regard entre eux et comprennent qu’ils viennent de se faire berner. Sans sommation, ils se plaquent sur les côtés et ouvrent le feu en rafale. Skeld et Conrad se jettent en arrière, Skeld riposte, soutenu par Syrius et Tilus. L’échange de tir dure quelques instants, finalement Skeld et Tilus en abattent chacun un, les deux derniers sont projetés au plafond par un sort kinésique de Syrius. Puis il les relâche et les laisse s’écrouler au sol, complètement sonnés. Prudemment Skeld et Tilus s’approchent d’eux et les abattent à bout portant.
Pendant que Tilus surveille les environs, Skeld fouille les corps. Ces derniers ne sont pas équipés comme les FDP classiques. Leur uniforme est noir, leur casque intégral comporte un vox intégré, un respirateur et des lunettes infrarouges. De plus leur arme est un fusil laser radiant relié à leur paquetage énergétique dorsal. Ce matériel ne semble pas vraiment conventionnel pour des soldats des FDP. Skeld se contente en tout cas de dépouiller un des gardes de son casque, de son paquetage et de son arme.

Hephastos, toujours connecté au cogitateur de contrôle de la sécurité continu de neutraliser les systèmes actifs qui jalonnent leur chemin, contrôlant les caméras de surveillance.
Séverina pendant ce temps surveille nerveusement l’extérieur. Dehors, l’enfer vient de se déchaîner. Des flashs de lumière au loin, comme ceux d’un feu d’artifice, puis quelques secondes après, des détonations d’artillerie d’abord suivies rapidement par des tirs d’armes lourdes et de canons automatiques. Un peu de plâtre commence à se détacher du plafond pourri. L’île commence à subir un assaut venant de la mer, et il semble être massif.

Tilus se retourne et récupère aussi un des casques, réalisant que la fréquence de leur radio interne est toujours connectée, il écoute ce que les gardes se disent entre eux. Ce moment d’inattention est mis à profit par quatre autres gardes qui surgissent d’un couloir et se ruent vers eux, arme en avant à hauteur d’épaule. Skeld et Conrad esquivent de justesse une rafale.
Tilus et Skeld ripostent mais leurs tirs manquent de précision, cependant un des tirs de Skeld blesse et désarme un des opposants. Conrad profite de la confusion pour invoquer une aura d’invisibilité autour de lui, disparaissant ainsi aux yeux de tous, mais personne n’y prête vraiment attention. Syrius invoque de nouveau son sort kinésique et envoie voler au plafond deux des gardes.
Tilus prend son vox :
-Hephastos ! Il serait peut être temps que tu reprennes en main la mitrailleuse jumelée, on va avoir besoin d’un coup de main là !
L’échange de tirs reprend de plus belle, Skeld en touche un qui bascule en arrière.
Syrius est fauché d’une rafale de laser et s’écroule lourdement trois mètres en arrière, libérant les deux gardes de son sort, ces derniers s’écroulent au sol et s’assomment, écrasant au passage le garde déjà blessé.
Lorsqu’ils entendent une voix de stentor qui rugit de derrière eux :
-Rendez-vous ! Vous êtes cernés !
Ni une, ni deux, Skeld bondit sur le côté et d’une roulade se jette dans une des cellules adjacente dont la porte est entrebâillée. Une fois à l’intérieur, il se plaque contre l’embrasure de la porte, arme pointée vers l’extérieur.
-Venez mes salauds, je vous attends ! Se dit-il.
De son côté, Tilus se fige, impressionné par la voix qu’il vient d’entendre. Ne sachant si il doit obtempérer ou non, d’autant plus qu’il réalise que le garde restant en face de lui réagit aussi aux injonctions de la voix et se met à tirer de tous les côtés.
-Hephastos, shoote-le par le Trône ! Se met-il à hurler dans son vox tandis qu’il tente de son côté de tirer sur le garde mais grille la cellule de son arme.
Hephastos prend alors le contrôle de l’arme asservie, tire mais rate.
Le garde lâche une nouvelle rafale et fauche Tilus dans les jambes. Les impacts sont en partie absorbés par ses protections mais cela ne l’empêche pas de tomber au sol. D’une rafale de fusil radiant bien ajustée, finalement Skeld abat le garde mais reste embusqué dans sa cellule. De son côté, Tilus rampe pour se mettre à couvert tant bien que mal et dégaine son pistolet laser, prêt à recevoir les nouveaux arrivants.
Conrad annule alors son sort d’illusion visuel et leur lance :
-Hey les gars, la voix c’était moi ! On n’est pas encerclé, je voulais juste impressionner les gardes en face !
-Ouais bin c’est réussi, bravo ! Putain, préviens à l’avenir quand tu lances tes sorts. Lui lance alors Skeld en sortant de sa cellule. Puis prenant son vox, il appelle Hephastos :
-Surveille toute la zone et préviens-nous de tous les mouvements. Tu vois où se trouve Ezekiah ?
-Il devrait être deux niveaux en dessous de vous, il y a pas mal de gardes concentrés sur cette zone.
Puis laissant Conrad utiliser ses sorts de soins sur Tilus et Syrius, Skeld fouille les hommes au sol, ces derniers sont équipés comme les précédents mais il trouve finalement deux grenades à fragmentation. Voyant que les soins des blessés prennent de nombreuses minutes, Skeld retourne vers les cellules, là, il entreprend de nouer entre elles plusieurs vieilles pièces de tissus, initialement d’anciennes couvertures.

Revenant vers la salle centrale, Skeld noue sa corde de fortune à la rambarde, laisse pendre l’ensemble, commence à enjamber et se lance dans une décente en rappel.

Tilus met un coup de coude à Conrad et lui indique du menton l’endroit où se trouve le cadien.
-Tu fais quoi là, tu vas pas passer par là ? Lui lance Tilus.
-Pas de souci les gars, je descends en reconnaissance et vous ouvre la route, on reste en contact. Lui répond Skeld. Puis ce dernier disparaît en se laissant descendre le long du puits.
-Mais il est complètement fou, je le sens pas ce coup-là, ça va encore foirer ! Répond Conrad.
Puis terminant les soins sur Tilus, les trois compagnons se dirigent rapidement vers la rambarde. Quelques vingt mètres plus bas, l’obscurité ne permet pas d’y voir grand-chose, Skeld certainement arrivé au sol, s’est déjà fondu dans les ombres.
Soudain, le sol se met à vibrer faiblement et venant de l’extérieur, on perçoit quelques grondements sourds.
Tilus prend son vox.
-Hephastos ? Trouve nous un autre accès et sécurise-le, on descend au dernier niveau. Comment ça se passe là-haut ?
-Pas terrible, des troupes viennent de prendre pied sur l’île, lui répond Séverina, je crois qu’il va falloir faire vite, on ne pourra pas rester bien longtemps ici.
-Prenez le couloir tout droit, puis sur votre droite sur environ vingt mètres, la troisième porte. Passez par là et descendez jusqu’au moins trois. Leur répond Hephastos.
-Skeld, tu nous entends ? A toi, l’appelle alors Tilus. Skeld ?
Aucune réponse de la part du cadien.
Tilus passe en tête en boitillant, suivi de Conrad et de Syrius pas en grande forme non plus. Arrivé devant la dite porte, Conrad ressent la présence de plusieurs personnes arrivant par un autre couloir, lui et ses compagnons s’empressent d’ouvrir la porte, s’engouffrent dans les escaliers et referment la porte derrière eux. Les gardes passent devant, Conrad en compte cinq. Puis sans bruit, ils descendent rapidement l’escalier.

Skeld arrivé en bas, se coule dans les ombres et observe autour de lui. Tout semble calme, un peu trop en fait. Alors qu’il allait faire mouvement, il ressent quelque chose de froid et de métallique qui se plaque sur sa nuque. Il se raidit. Derrière lui, une voix déformée par le respirateur d’un casque lui dit :
-Lâche ton arme et mets tes mains sur ta tête !
Skeld analyse rapidement la situation, d’un mouvement rapide il pourrait saisir le canon de l’arme située sur sa nuque, pivoter et porter un coup à son adversaire. Seulement, comment savoir si son adversaire est seul ou s’il ne sera pas plus rapide que lui ?
Finalement Skeld obtempère, il lâche son arme qui reste suspendue à son câble d’alimentation relié à son paquetage dorsal et lève ses mains au dessus de sa tête.
Tout en maintenant d’une légère pression son arme sur la nuque du cadien, l’homme lui retire le pistolet qu’il avait dans un holster à sa cuisse, le jette au loin, lui retire son casque et déboucle les sangles de son équipement qui tombe au sol, laissant du coup, Skeld sans aucune arme.
-Avance, lui dit-il.

Tilus arrive au dernier niveau. Syrius entrebâille la porte qui se trouve devant eux et repère deux gardes armés à cinq ou six mètres devant eux. Ces deux derniers discutent nerveusement et communiquent via leur vox avec d’autres personnes.
-Il y a deux gardes de l’autre côté, on fait quoi ?
Tilus regarde ses compagnons, pointant son fusil laser vers la porte.
-Ok à trois, on ouvre et on les neutralise. Leur dit-il dans un murmure.
Sans avoir même le temps de s’en rendre compte, les gardes sont rapidement neutralisés, assommés par les sorts des deux psykers.
Tilus passe devant avec prudence, suivi par ses deux compagnons. Soudain, du bruit venant des deux couloirs adjacents les alertes. Sans un bruit, ils reviennent sur leurs pas, et referment la porte menant aux escaliers derrière eux.
-La voix est bloquée, par le Trône ! D’autres gardes approchent des deux côtés. Leur murmure Tilus.
Puis restant immobiles dans leur couloir, Syrius perçoit qu’un des gardes arrive pour ouvrir la porte. Aussitôt, Conrad lance son sort de brouillage visuel, les rendant alors invisible à l’œil nu. La porte s’ouvre brutalement. Derrière, apparait alors un garde armé d’un fusil radiant et équipé d’un casque intégral avec viseur optique infrarouge.
Tilus maudit alors le mauvais coup du destin, devinant sans peine que le garde en face de lui devait sourire derrière son casque. Le viseur infrarouge lui permettant évidemment de les voir malgré le sort de Conrad. Il lève alors son arme, mais le garde est plus rapide et l’abat d’une rafale de laser. Conrad riposte au pistolet laser mais la cellule de son arme est soudain vide, il lui balance alors son arme au visage et se jette sur lui. Le combat est confus et inégal, Syrius tombe soudain au sol. Conrad et le garde luttent alors en corps à corps, puis d’un balayage, Conrad tombe à son tour, s’assommant à moitié dans les escaliers.
Les trois compagnons du garde le rejoignent, braquant leurs armes sur les trois comparses. Syrius et Conrad encore meurtris sont relevés sans ménagement. Ils sont dépouillés de leur équipement et de leurs armes qui sont jetés dans un coin du couloir. Puis ils sont emmenés, mains en l’air. Tilus, blessé et inconscient dans les escaliers est laissé pour mort.

Depuis la salle de contrôle, suivant la scène derrière les écrans holopix des cogitateurs, Séverina lance à Hephastos.
-Je descends les chercher, reste là et barricade-toi comme tu peux. Puis toujours armée d’un pistolet bolter et d’un pistolet laser, elle ramasse deux fusils d’assaut qu’elle avait laissé à portée de main et s’engouffre vers les étages inférieurs.
Quelques minutes plus tard, Séverina débouche en bas des escaliers par lesquels sont descendus ses compagnons. Là elle tombe sur Tilus, affalé en travers des marches, inconscient ou à demi mort. Elle l’ausculte rapidement, elle ne peut pas faire grand-chose pour lui dans l’immédiat, pas le temps. Elle pousse la porte doucement du bout de son arme et débouche dans un couloir. Un peu plus loin, elle voit des armes et de l’équipement au sol, celui de ses compagnons. Elle continue et entend des voix à une trentaine de mètres devant elle. Séverina se plaque contre un mur et tout en se glissant dans les ombres observe la scène.
Plusieurs gardes, au moins huit se tiennent devant des portes de cellules. Elle voit Syrius et Conrad se faire enfermer dans l’une d’elle où se trouve déjà Skeld, tandis qu’un personnage semblant être le chef, mais ne portant pas le même uniforme ni équipement que ses hommes, approche. Il est de grande taille, puissamment bâti et a la peau mate. Il porte une veste de mailles sur des habits de cuir et de peaux, tels qu’on en trouve sur certains mondes sauvages, il tient un fuseur d’une main, posé sur son épaule droite mais aussi deux pistolets dans des holsters à sa ceinture. Son visage et son crâne à demi-bioniques sont parcourus d’anciennes brûlures. Sur sa tête, une crête multicolore. Il semble parler dans un vox. Puis il retourne son attention vers un de ses hommes lui parlant dans un bas-gothique à l’accentuation rapide et hachée comme on en trouve sur certains mondes-ruches.
-Capitaine, dites à vos hommes de se regrouper ici rapidement, nous allons évacuer.
-Seigneur…une évacuation, ici ?…C’est que nous subissons une attaque.
-Faites ce que je vous dis Capitaine, ne discutez pas. Lui répondit-il en fixant son regard mauvais droit dans celui de l’officier.

Hephastos ne peut s’empêcher de voir ce qui se passe à l’extérieur. Des troupes sont en train de balayer toute résistance et convergent depuis toutes les directions. Dans la nuit noire et dans les flashs des explosions, il ne voit que des silhouettes ainsi que des véhicules volants profilés qui déchargent les troupes aux sols. Les premiers d’entre eux ne sont plus qu’à deux cents mètres de son bâtiment et continuent d’avancer sans cesser de tirer. Il entend les cris des mourants qui se font de plus en plus proches mais aussi des cris inquiétants venant des assaillants.
Hephastos coupe alors toutes les alimentations des niveaux supérieurs du bâtiment, le plongeant ainsi dans l’obscurité. Il coupe aussi tous les systèmes de sécurité des différents niveaux. Puis il se dirige vers la lourde porte blindée de l’entrée, la verrouille et commence à la souder grâce à sa torche au plasma intégrée au bout d’une de ses mécadendrites.
Séverina s’accroupie et se penche lentement, observant du coin la scène qui se déroule à quelques dizaines de mètres de là. A environ cinq ou six mètres des gardes, une sorte de fumée noire apparaît au dessus du sol. Puis la fumée commence à prendre consistance, des volutes et des arabesques se dessinent et prennent progressivement forme.
La tête lui tourne, Séverina sent la nausée monter en elle, cependant elle ne peut s’empêcher de regarder ce qui se passe, consciente que tout ceci n’est du qu’à la sombre magie perfide du chaos.
Les arabesques de fumée noire commencent à prendre une forme tangible à deux mètres au dessus du sol. Une jeune femme habillée d’un long manteau de cuir noir cintré flotte comme prise dans une bourrasque de vent. Ses longs cheveux noirs suivant les mouvements ondulants des courants éthérés. Lentement et théâtralement, elle se pose au sol, les bras écartés, le bout de ses doigts se termine par de longs ongles de vingt centimètres aux reflets chromés. Devant elle, les gardes sont nerveux et certains reculent d’un ou deux pas, tremblants. Deux d’entre eux, pris de nausées, retirent leur masque et se mettent à vomir dans un coin du couloir. La jeune femme s’approche lentement d’eux d’une démarche assurée et féline, autour d’elle sur environ deux mètres se forment des cristaux de glace sur le sol, les murs et sur chaque objet.
L’homme à la crête multicolore s’approche de la jeune femme, du givre commence à se former aussi sur sa cotte de mailles. D’un mouvement du menton, il indique les cellules.
-Et pour eux que fait-on ?
-Laisse, Sheyen, je m’en occupe. Lui dit-elle d’une voix douce et suave.
Puis retournant l’attention vers ses hommes, une dizaine environ, il leur dit d’une voix forte et d’un air toujours aussi mauvais tout en tenant son fuseur des deux mains.
-Regroupez-vous autour de moi messieurs, on lève le camp.
Ses hommes lui obéissent aussitôt, seuls les deux gardes indisposés par la présence de la jeune femme hésitent quelque peu, scellant ainsi leur destin.
D’un geste incroyablement rapide pour être suivi à l’œil humain, la sorcière allonge ses bras dans leur direction, plongeant ses longs ongles dans les orbites oculaires des deux hommes, crevant ainsi leurs yeux et perforant leur cerveau sur une bonne quinzaine de centimètres.
-Désolée mes biquets, mais c’est votre peur qui va les nourrir et vous comprendrez bien que cela est nécessaire.
Puis retirant ses longs doigts d’un geste sec et dans un bruit de succion tandis que les deux malheureux tombent au sol, raides morts, la jeune femme reprend sa place au centre des gardes restant. De la fumée noire commence alors à les envelopper rapidement.
Séverina voit alors les corps des deux hommes se mettre à trembler de façon peu naturelle, puis les spasmes qui agitent leurs cadavres commencent à se transformer en mouvements saccadés.
La fumée noire englobe désormais tous les gardes autour de leur chef, une fois chose faite, lentement, la fumée commence à se dissiper emmenant avec elle les hommes qu’elle contient.
De là où elle est, Séverina entend les os des deux cadavres au sol craquer de façon ignoble pour se reconfigurer. De longues griffes osseuses poussent à la place de leurs doigts avec lesquels ils commencent à arracher sauvagement leurs uniformes et leur peau, mettant ainsi leurs chairs roses violacées à nu et dévoilant autre chose en dessous.
Séverina, prise de violentes nausées ne peut absolument rien faire d’autre que de tenter de fuir face à une telle scène. Empereur-Dieu tout puissant, se dit-elle en reculant. Menaçant de trébucher à chaque pas en rebroussant chemin, elle repart en titubant en direction des escaliers.
Depuis leur cellule à quelques mètres de là, Syrius lance à ses compagnons dans un murmure :
-Vous avez senti ? Les systèmes de sécurité ont du être coupé, les inhibiteurs psychiques de la cellule ne fonctionnent plus !
-Ce doit être Hephastos, lui répond Conrad. Que peut-on faire pour sortir de là ?
-Laissez, je vais tenter de voir cette porte. Leur dit alors Skeld. Mais ce dernier réalise vite que la porte blindée ne lui offre aucune prise et surtout qu’il ne possède rien pour l’ouvrir.
-Poussez vous, leur répond alors Syrius. Approchant ses deux mains de la porte, il laisse affluer en lui son pouvoir kinésique, chargeant ses mains d’une énergie bleutée, faisant crépiter l’air en énergie statique aux alentours. En deux ou trois coup, la porte devrait céder se dit-il. Mais après ?
Soudain, Syrius vacille et recule de quelques pas en même temps que Conrad qui se retient à un mur afin d’éviter de tomber. Une vague d’une énorme puissance psychique vient de les frapper de plein fouet. Leur tête bourdonne et ils sentent comme une sorte de malaise. Tous les deux réalisent soudain que l’odeur putride du Warp vient de prendre corps non loin de là. Même Skeld, plaqué contre un des murs adjacents à la porte de la cellule, ressent une sorte de malaise s’emparer de lui.

Hephastos se retourne soudain, serrant de sa main bionique son pistolet laser. Alors qu’il allait s’engager dans les escaliers, il perçoit derrière la porte blindée de l’entrée du bâtiment plusieurs bruits. Les ennemis sont déjà là, se dit-il. Il se met alors à dévaler les marches sans se retourner. Un étage plus bas, une explosion sourde le projette contre un mur tandis que des fragments de lithociment et des morceaux de plâtre lui tombent dessus en pluie. Depuis la porte d’entrée au dessus de lui qui vient tout juste d’exploser, Hephastos perçoit les cris de nombreux guerriers qui s’engouffrent dans le bâtiment. Reprenant ses esprits, il se met alors à dévaler les escaliers quatre à quatre.

Syrius s’approche de la porte et s’apprête à utiliser de nouveau son pouvoir pour la faire sauter de ses gonds. Soudain une lame en os de couleur pourpre de plus d’un mètre de long la traverse depuis l’extérieur, déchirant le blindage avec une incroyable facilité. Syrius recule, terrifié, se rappelant trop bien l’épisode devant l’hôtel à Carmina Bay. La lame en os commence à découper la porte comme si elle était faite de simple carton, puis le métal est écarté laissant passer une étrange créature. Cette dernière enjambe le métal distordu et pénètre dans la cellule lançant un regard de prédatrice en direction des deux psykers.

La créature qui se dresse désormais devant eux a la taille et le corps d’une jeune femme entièrement nue à la peau claire et légèrement rose violacée. Seulement vêtue de quelques bijoux baroques, bracelets, bagues et autres chainettes qui relient entre eux les divers anneaux d’or qui percent ses chairs à certains endroits stratégiques. Son visage délicat bien que séduisant n’est en rien humain, en guise de chevelure, de longs tentacules de chair pourpre semblables à des phallus serpentent lentement autour de sa tête et sont rejetés en arrière. Ses grands yeux rieurs et amusés, d’un vert émeraude translucide évoquent ceux d’un félin étrange, elle n’a pas de nez et sa bouche pulpeuse leur sourit d’une façon coquine. Ses pieds caprins se terminent par des griffes et son avant-bras droit se termine par une longue lame osseuse au tranchant acéré de la même couleur que ses tentacules. Dans son autre main apparaît soudain un long poignard à lame courbe d’un métal doré comme le bronze ou l’or. La créature adopte immédiatement une posture offensive tout en se régalant à l’avance de pouvoir s’adonner à un de ses plaisirs favoris.
Skeld, toujours dans un coin de la cellule, voit la créature, sorte de femme mutante, entrer par la porte dévastée. De façon reflexe et sans autre arme que ses poings, il lui saute dessus. La créature femelle l’évite sans peine et ne se soucie pas vraiment de lui alors qu’il s’affale le long de la porte. Son tour viendra, mais dans l’immédiat, les deux petits psykers feront un véritable met de choix se dit-elle. La créature avance lentement, ses grands yeux rieurs fixés vers Syrius et Conrad. Soudain elle ouvre grand sa bouche dans leur direction, dévoilant une rangée de dents en ivoire acérées au milieu desquelles serpente une langue bifide. De son souffle chargé d’une odeur envoutante au lourd parfum de musc, elle étend une partie de sa nature primordiale issue du Warp tentant de faire flancher la volonté de ses proies. En riposte, les deux psykers lui opposent leurs pouvoirs et font barrage du mieux qu’ils peuvent. Ils réalisent cependant que la créature est bien plus puissante qu’eux et ne pourront ainsi résister longtemps face à elle. Un duel psychique à l’issue fatale commence alors tandis que la créature, malgré le barrage mental, se met à avancer lentement vers eux en riant aux éclats telle une petite fille.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par uther33 le Jeu 6 Mar 2014 - 17:38

Je viens de commencer la lecture de ton roman ... L'écriture est sympa. Bon j'ai un peu ticqué avec le "présent" mais au bout de quelques paragraphes, ça commence à rentrer dans l'ordre  Very Happy 


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Lun 10 Mar 2014 - 13:55

uther33 a écrit:Je viens de commencer la lecture de ton roman ... L'écriture est sympa. Bon j'ai un peu ticqué avec le "présent" mais au bout de quelques paragraphes, ça commence à rentrer dans l'ordre  Very Happy 

Merci à toi Wink
Oui, c'est d'ailleurs le seul tome de la série que j'ai écrit au présent. Pour les autres, j'ai de nouveau employé le passé Smile

La suite :

Skeld se relève et profite que la créature ne s’occupe pas encore de lui pour sortir de la cellule en titubant. Il se dirige dans le couloir et aperçoit à quelques mètres de là une autre porte éventrée. Il s’approche, un peu hagard et regarde prudemment à l’intérieur d’où il perçoit un bruit de lutte et une série de coups. Ce qu’il voit le stupéfait. Un vieil homme entièrement nu, hirsute et portant une longue barbe grise se tient face à une autre de ces choses. Le corps meurtri et en sang, couvert de plaies profondes et de traces de sévères brûlures, le vieil homme se lance alors en plein corps à corps avec la même créature de cauchemar que celle qu’affrontent ses compagnons.
L’homme est bien l’Inquisiteur Nathan Ezekiah, son maître. Skeld est comme tétanisé par ce qu’il voit.
Soudain l’inquisiteur projette une vague psychique sur la chose qu’il affronte, la projetant avec une rare violence contre un des murs en pierre de la cellule, faisant craquer les os de la créature et faisant même tomber quelques fragments de roche depuis le mur. Celle-ci se relève et bondit comme si de rien n’était vers Ezekiah, plantant sa lame osseuse en travers d’une de ses épaules déjà blessée. Ezekiah pousse alors un hurlement alors que la femelle visiblement ravie de le voir souffrir approche son visage tout près du sien, passant sa langue sur le visage du vieil homme. Ce dernier la saisit alors à la gorge de sa main valide qui se met à irradier d’une lueur vive, il lui attrape la langue à pleine dents et lui arrache, puis lui crache en plein visage une litanie en taut Gothique que Skeld ne comprend pas :
-In Nomine Imperator Nostrum Hominorum Magistris, ego te purgo Demona !

Poussant un long cri d’agonie, la femelle se met à s’enflammer de l’intérieur. Ezekiah projette violement la créature désormais brûlante, libérant la lame restée plantée dans son épaule. Il tombe alors à genoux. La carcasse de la chose rendue hystérique se met alors à se tortiller violemment dans un coin de la cellule, en poussant les cries d’agonie d’une enfant brûlant vive tandis que l’auto combustion termine de la réduire en cendres. Skeld reste pétrifié devant cette vision de cauchemar tandis que des larmes de sang coulent de ses yeux sans qu’il ne s’en rende compte. Ezekiah se relève et approche de lui en boitant, d’une main il tient son épaule meurtrie d’où coule un sang épais et lui lance d’une voix rendue rauque et saccadée par ses nombreuses blessures.
-Monsieur Tordj, content de vous retrouver. J’ai bien cru que j’allais devoir me débrouiller seul. Où sont les autres ?
Skeld, les yeux toujours écarquillé, lui montre l’autre cellule à côté.
Ezekiah lui passe devant et se traine jusqu’à l’autre porte. Puis d’une voix puissante, il lance à ses acolytes piégés face à la créature désormais au contact:
-Ecartez-vous !
Conrad et Syrius se jettent alors de côté tandis que vive comme un serpent, la femelle se retourne vers Ekekiah écarquillant ses grands yeux tels des soucoupes. Elle se met aussitôt en posture défensive, fléchissant les cuisses, se tenant prête à bondir en avant. La créature ouvre sa bouche de façon démesurée, dévoilant à nouveau ses crocs d’ivoire, pousse un cri strident vers Ezekiah et se projette en bondissant sur lui telle une furie. A mi-chemin de sa trajectoire, Le sort de Bannissement de l’Inquisiteur la cueille de plein fouet, désagrégeant ses chairs en fine particules de cendres tout autour de son squelette. La carcasse d’os fumants qui s’écrase au sol devant l’Inquisiteur continue rapidement de se consumer jusqu’à partir totalement en fumée, laissant au sol une fine particule de cendres rapidement balayées.
L’Inquisiteur commence à fléchir et se laisse glisser le long du mur à côté de la porte de la cellule. De la fumée sort ses plaies. Ses acolytes le rejoignent et le soutiennent comme ils le peuvent.
-Seigneur que vient-il de se produire ? Par le Trône, c’est incroyable, nous n’aurions jamais pu.... Lui lance alors Syrius.
L’Inquisiteur le regarde avec un léger sourire malgré la douleur qui l’étreint.
-Il vous reste encore bien du chemin à parcourir avant de pouvoir bannir une entité du warp, mes fidèles serviteurs. Bien du chemin et bien des sacrifices…
-Mais vous avez fait cela avec une telle facilité…
-Ne crois pas que cela soit si facile mon jeune ami, cette démon…cette créature m’a affectée bien plus que tu ne le penses…Répond alors Ezekiah d’une voix sifflante et dans un rictus de douleur.
Soudain Hephastos fait alors irruption au bout du couloir avec Séverina. Ils portent Tilus blessé et à demi inconscient, le soutenant par les épaules. Hephastos reconnaît alors l’inquisiteur.
-Par le Tout-Puissant-Omniméssie ! Seigneur Ezekiah, vous êtes blessé !
-Cela attendra Monsieur Grimmer, dépêchons nous, il va nous falloir quitter rapidement cet endroit. Lui répond alors Ezekiah en se relevant douloureusement.
Séverina approche de lui et lui entoure les épaules d’une couverture.
-Seigneur, des troupes investissent l’île et ont déjà pris pied dans le complexe, lui répond alors Hephastos, comment comptez-vous sortir d’ici ?
-Mes geôliers ont pêché par excès de confiance, Monsieur Grimmer, Leurs bavardages m’ont appris bien des choses sur cet ancien complexe, suivez-moi, je crois savoir où trouver un passage. Vous me raconterez ensuite pourquoi cette jeune sœur remplace mon disciple, l’Interrogateur Tibaltus.


Chapitre VII

+++L’horreur xenos+++
+++Enoch Lazarus Ishmael+++


Depuis les niveaux supérieurs, des bruits de pas se font entendre. Dans moins d’une minute, les assaillants seront sur eux. L’Inquisiteur soutenu désormais par Séverina, donne quelques rapides directives à Skeld qui passe en tête du groupe. Au bout d’un couloir, il tourne sur sa droite, prend un passage, là une ancienne et solide grille en acier piquée par la rouille bloque l’accès. Hephastos approche. Pas le temps de crocheter la serrure. Aidé de son bras bionique, il la force, elle cède rapidement. Tandis que le groupe se faufile dans un étroit couloir vouté aux parois de pierres humides, Hephastos remet la grille en place et rejoint ses compagnons. Plus loin, à environ cinquante mètres, Skeld vient de trouver une plaque en fonte au sol. Seule véritable issue qui s’offre à eux. D’après les dires d’Ezekiah, cela devrait déboucher dans des canalisations d’égouts. Le Technoprêtre aide Skeld à soulever la lourde plaque, dessous un conduit descend à la verticale d’une dizaine de mètres vers l’obscurité. Skeld se penche et aperçoit des barreaux en métal à moitié rongés par la corrosion. Se coiffant d’un des casques capturés sur les gardes précédemment, Skeld active la vision infrarouge et entreprend de descendre, son fusil radiant en travers de la poitrine.
-Je passe devant, leur dit-il au travers de son masque respirateur, faites gaffe les barreaux sont pourris. Un à un ses compagnons descendent lentement et prudemment. Certains un peu blessés se font aider. Le technoprêtre est le dernier à descendre, remettant en place la plaque en fonte. Une fois tout Le monde en bas, le groupe reprend sa lente progression dans l’obscurité totale. Ils pataugent désormais dans un peu plus d’un mètre d’une eau putride aux relents nauséabonds. Skeld ouvre la marche, balayant de son fusil radiant les abords du conduit dans lequel ils progressent environnés de nombreuses et grouillantes vermines. De là où ils sont, ils parviennent à entendre des bruits d’explosion et de tirs automatiques à l’extérieur. Au bout environ d’un quart d’heures de progression, Skeld fait signe au groupe de s’arrêter. Il vient de repérer quelque chose devant eux et décide de continuer seul en reconnaissance.
Au bout de trois minutes il appelle se compagnons avec son vox.
-C’est bon, il y a un passage qui remonte au bout de ce conduit, on devrait pouvoir passer par là.
Il entreprend alors de remonter les barreaux semblables à ceux par lesquels ils sont déjà passés. En haut se trouve de nouveau une plaque. Arrivé contre elle, il retire son casque et écoute. Il entend en effet du bruit à l’extérieur. Quelques tirs sporadiques et des échanges verbaux dans une langue qu’il ne connaît pas mais qui ne ressemble pas non plus au badabi. Il tente de pousser légèrement la plaque mais n’y parvient pas. Il redescend et appelle Hephastos.
Une fois que le technoprêtre leur ouvre l’accès, en effet, ce dernier recouvert de gravats semblait comme oublié depuis fort longtemps. Puis leurs compagnons les rejoignent. Ils viennent de déboucher dans une salle circulaire d’environ cinq ou six mètres de diamètre et aux hauts murs délabrés, la salle où ils se trouvent est envahit d’une végétation endémique qui a pris racine entre les gravats. En observant bien, il semblerait qu’ils soient remontés en surface sur une partie en déclinaison de l’île. Le bâtiment où ils se trouvent ressemble à une ancienne tour circulaire dont l’escalier de pierres en colimaçon serpente vers d’anciens niveaux supérieurs désormais effondrés. Le sommet de la tour a d’ailleurs disparu, complètement éboulé dans le reste du bâtiment et dévoilant à leur vue le ciel nocturne. La seule issue semble être une ancienne porte condamnée qui est visiblement cadenassée depuis l’extérieur de la tour.
Conrad leur dit :
-Nous devons certainement nous trouver dans l’ancien phare d’Hermangard, profitons de cette relative sécurité pour soigner les blessés et trouver une solution de secours.
Aidée de Séverina, Conrad fait alors le nécessaire pour soulager l’Inquisiteur Ezekiah toujours grièvement blessé en plus de Syrus et Tilus.
Skeld pour sa part, monte en observation dans les escaliers et observe de ses jumelles ce qui se passe aux alentours. Quelques minutes plus tard, Tilus le rejoint, laissant leurs compagnons s’affairer en bas. Silencieusement ils observent une scène terrible et incroyable. Une petite armée a véritablement pris pied sur l’île. Leurs troupes finissent de tout saccager, de tout brûler et d’exécuter froidement bon nombre de soldats des FDP encore retranchés parmi les bâtiments.
Les assaillants portent des fines armures intégrales noires huileuses à la manière des carapaces de certains coléoptères. Leurs casques sont pointus et leurs armes tranchantes. De plus leurs engins légers et rapides ne sont pas de ce monde.
-Par le Saint Trône, des xenos…Il y a en a des centaines. Murmure alors Skeld à l’attention de Tilus.
Ce dernier lui retourne un regard inquiet et lui chuchote :
-Ce sont des eldars il me semble. Mais par Terra, que font-ils sur ma planète ?
Ils ne prennent pas alors toute la mesure de l’horreur qui va suivre, ne pouvant s’empêcher d’observer ce qui suit, prenant d’ors et déjà un air décomposé.
Devant leurs yeux, toute défense est balayée rapidement par les centaines de xenos apparus d’on ne sait où. Des prisonniers capturés, une quarantaine de soldats des FDP, les quelques survivants épars du détachement déployé sur l’île sont poussés sans ménagement jusqu’à une vaste place au nord de l’île, juste devant le phare où ils se trouvent. Ils sont ensuite dénudés entièrement, frappés et humiliés. Les eldars leur crachent au visage et les rouent de coups de pieds, leur brisant plusieurs os au passage et leur piquant les chairs à coup de lames tranchantes. Vingt d’entre eux sont ensuite pendus par les mains à des potences sur l’ancienne place d’armes. Ils seront suppliciés tandis que les vingt autres prisonniers sont amenés ligotés, forcés à s’agenouiller devant et obligés à regarder la scène afin qu’ils sachent bien ce qui leur arrivera à leur tour un peu plus tard. Un sinistre personnage, sorte de créature de cauchemars des anciennes légendes, aidé de ses assistants difformes et aux corps couturés, injecte alors un cocktail de toxines xenos aux suppliciés. Ce mélange décuplant les centres nerveux de la douleur ainsi que les mécanismes neurologiques stimulants la peur, mais permettant visiblement aux victimes d’être maintenues en vie et surtout de rester pleinement conscientes de ce qui va leur arriver.

Puis les victimes se font tous proprement émasculer par les lames empoisonnées des jeunes femelles guerrières à demi nues et au sourire cruel, visiblement ravies et sexuellement excitées à la fois par les hurlements des mutilés et par les vaines supplications et autres gémissements des autres captifs. Les suppliciés sont ensuite écorchés vifs les uns après les autres, tels des gibiers, puis empalés encore vivants, désormais rendus totalement déments par la douleur et la folie de leurs cris. L’ensemble est effectué en quelques minutes, avec une rare économie de temps et de mouvement et avec des gestes précis et un art consommé. Certains des captifs ligotés tentent de se jeter sur les lames des xenos afin de mettre fin à leur vie rapidement. Mais les cruels eldars noirs, beaucoup plus rapides ne leur en laissent même pas l’occasion, préférant jouer avec des proies vivantes. Une fois chose faite, alors que les eldars visiblement satisfaits, sont hilares face aux hurlements de leurs victimes, et à l’effondrement psychologique des captifs, les xenos décident de fêter ça en buvant le sang suintant des corps accrochés. Le sang est mêlé dans des coupes à une sorte de liquide d’un vert luminescent et qui semble leur procurer un grand plaisir.

Approche alors leur chef. Il s’agit d’une jeune Voïvode à la très longue chevelure raide et noire de jais lui couvrant la moitié du visage et descendant jusqu’à sous ses fesses nues. Des tresses se terminant par des lames barbelées tranchantes comme des rasoirs se balancent autour d’elle à chacun de ses pas. Le corps de la jeune femme est simplement vêtu de quelques rares et fines bandes de cuir noir, bardées de lames vicieuses et dentelées, cachant très peu sa sublime anatomie. Une longue cape de cuir noir accrochée à ses épaules par une sorte de cristal angulaire d’un vert émeraude traine de plusieurs mètres derrière elle. D’une démarche au déhanché volontairement provocateur, elle traverse très lentement les rangs de ses troupes. Son visage jeune, noble et hautain, respire un érotisme enivrant, une beauté vénéneuse et une cruauté de prédatrice dominante, contrastant fortement avec la délicatesse de ses traits si purs et si jeunes. D’un geste désinvolte de la main, elle donne alors l’ordre que tout le monde semble attendre. Le Maître Tourmenteur, un rictus malsain sur ses lèvres tranchées dont les cicatrices courent jusqu’à ses oreilles, passe alors devant chaque empalé et le vide rapidement et proprement comme on viderait un animal, d’un coup de son arme monomoléculaire dentelée. Se répandent alors à leurs pieds et dans un bruit de matières humides et visqueuses les viscères des malheureux qui trouvent encore la force de gargouiller des bruits immondes en recrachant leur propre sang. Une Céraste lâche alors ses horribles bêtes du Warp, sortes de gros félins au pelage écorché, garnis de crocs et de pointes osseuses, qui se jettent frénétiquement tels des monstres de cauchemar pour dévorer goulument les organes sanglants encore accrochés aux corps palpitants des victimes toujours conscientes et plus que jamais à l’agonie.
Tilus et Skeld sont désormais livides et horrifiés par ce qu’ils voient et les cris qu’ils entendent.
Soudain au loin, Tilus voit arriver une sorte de délégation débarquant sur un quai depuis une vedette. A bien y regarder, il s’agit là apparemment d’humains. Un personnage visiblement important et encadré de gardes du corps approche.
Tilus prend les jumelles des mains de Skeld et observe la scène.
-Mais…par le Trône…Il s’agit de…d’Ishmael !
-Qui ça ? Lui répond Skeld, étonné.
-Enoch Lazarus Ishmael, il s’agit du Techno-Prince de Mekton Zeta. Lui répond alors Tilus tout bas et complètement abasourdi.
-Mais qu’est-ce qu’il fout là avec des eldars ?
-D’après toi ! Lui lance alors Tilus.

Au sud de l’île, les troupes du Techno-Prince Enoch Lazarus Ishmael Seigneur de Mekton Zeta, attendent que les eldars sécurisent la zone, puis prennent progressivement pied sur l’île et consolident leur position, prenant bien soin d’éviter le centre où se trouvent les eldars car les cris qu’ils entendent leur glacent le sang. Ne sachant pas vraiment ce qui est le pire, les hurlements des victimes, ou bien le plaisir que semblent y prendre les cruels xenos.

Ishmael, porte pour l’occasion son costume d’apparat flambant neuf, bleu roi aux broderies de fils d’or garni de fines dentelles. De l’augmentique de précision est dissimulée sous une haute perruque poudrée. Il approche encadré de ses gardes du corps. Dix hommes lourdement équipés, casqués et armés de mitrailleuses légères à chargeurs en tambours. Ils avancent vers la place où se trouvent les trophées macabres. Les hommes d’Ishmael, mal à l’aise, restent en retrait sur un geste de leur Prince, leurs armes tenues nerveusement. Non sans masquer un certain dégout, Ishmael s’avance de la xenos qui semble être la chef.

Cette dernière vide d’un trait le calice en argent qu’elle tient en main, puis le jette négligemment à une de ses Cérastes qui l’attrape au vol. Elle essuie d’un revers de la main le sang qui lui coule copieusement de la bouche, en laissant tout de même une partie se répandre sur sa poitrine dévoilée et fièrement dressée.

-Voïvode Sha’Saeil, vous présenterez mes félicitations et mes sincères salutations au Grand Voïvode Nazir Ban’Tarkah pour vos éclatantes victoires. Lui dit alors Ishmael avec courtoisie, tentant poliment de masquer le dégout que lui procure toute la scène. Le Techno-Prince porte délicatement un mouchoir parfumé en dentelles devant son nez, afin de masquer l’odeur répugnante d’abattoir qui agresse ses sens délicats.

Elle se tourne vers lui. L’homme est pourtant de grande taille, mais elle le domine tout de même de vingt bons centimètres. Du fait de sa haute stature de xenos due à ses magnifiques jambes galbées, fuselées et interminables mais aussi grâce à ses cuissardes en cuir noir aux talons aiguilles tels, qu’elle semble marcher sur la pointe des pieds. La jeune Voïvode lui tourne alors lentement autour, laissant glisser son index sur le costume baroque du Techno-Prince. Puis cette dernière se campe devant lui, prenant une pose déhanchée et aguicheuse avec une cambrure toute calculée, mettant en avant sa poitrine aux tétons percés par des doubles pointes arrivant presque à hauteur de visage d’Ishmael.

Ce dernier est alors visiblement troublé par cette jeune femme au corps si parfait et si envoutant, à la peau d’un blanc nacré, légèrement bleuté, dont les zones les plus érogènes et fort nombreuses sont couvertes de tatouages tribaux de couleur pourpre. Ses yeux bridés, en forme de longues amandes obliques, tels ceux d’un félin magnifique mais cruel sont d’une couleur violine translucide hallucinante et ses lèvres épaisses et pulpeuses dont coule encore un peu de sang, sont peinte du même noir d’encre que ses cheveux. Ses fines oreilles en pointe et ses sourcils noirs en forme d’accents sont décorés de piercings en argent. Ishmael dégluti avec peine.
-Ma chère, toute cette…démonstration était-elle vraiment nécess…

La Voïvode se racle la gorge et lui crache alors au visage avec dédain, ce qui a pour effet de faire ricaner telles des hyènes les autres xenos de façon inquiétante.

-Mon-keigh ! Lui lance-t-elle en pleine face avec un rictus plein de mépris.

Les six premiers gardes d’Ishmael lèvent alors leurs armes d’un même geste. Ils sont arrêtés en plein mouvement et projetés en arrière, une lame de lancé dentelée de trente centimètres plantée jusqu’à la garde en plein visage. Ils n’avaient réussi à percevoir les discrets Mandragores dissimulés non loin d’eux, guettant chacun de leurs gestes. Les quatre gardes restant hésitent alors à bouger.

Ishmael lève une main dans leur direction, leur faisant signe de ne pas intervenir. Puis de son autre main, il essuie la salive dégoulinante et gluante qui macule son visage mais ne peut s’empêcher de porter ses doigts fébrilement à ses lèvres. Sans qu’il ne sache pourquoi, fermant les yeux et gouttant avec un mélange de dégout et de délice la saveur doucement amère et incroyablement musquée du fluide xenos à l’arrière-goût métallique causé par le sang qu’il contient.

D’un geste incroyablement rapide, la Voïvode lui attrape la gorge de sa main droite, si gracile mais étonnement puissante, aux ongles longs, peints en noir et taillés en pointes cruelles. Du sang perle là où ils mordent profondément dans les chairs d’Ishmael. Ce dernier s’étrangle. Elle approche le visage du sien et lui susurre dans un bas gothique aux forts accents cristallins comme du verre et tranchants comme des rasoirs.

-Oui tout ceci est nécessaire et pour trois bonnes raisons :
D’une, je tiens à marquer les esprits lors de mon passage…de deux, j’aime véritablement ce que je fais. Et de trois…Je méprise ta sous-race abjecte, mon-keigh, et le manque total de respect que tu oses afficher devant moi tel le porc immonde que tu es ! Comment oses-tu ne serait-ce que poser les yeux sur moi avec une telle arrogance lubrique, misérable mortel ! Ta race n’a même pas la décence de s’entre-tuer correctement sans notre aide.

Elle lui recrache alors copieusement au visage et plonge ses yeux envoutants dans les siens.

-Mais nous allons vous donner satisfaction, car j’ai vraiment pris un…réel plaisir à tuer tes semblables, tu le sais mon-keigh ?
-Ghhhhh…
Ishmael se met alors à agripper la main qui lui serre le cou et essaie de se libérer mais sans y parvenir, se blessant même à cause des bracelets garnis de lames de rasoirs au poignet de la jeune femme. Cette dernière se met alors à le soulever du sol, d’une seule main et ce malgré sa silhouette gracile.
-Non, tu l’ignorais, bien sûr…Tu n’as même pas idée du plaisir charnel que j’ai pu prendre tout à l’heure. Vois-tu, mon-keigh…lorsque tout ceci sera terminé et que tu seras enfin le gouverneur de ce monde répugnant, j’ai la ferme intention de m’amuser un peu avec toi, alors tâche de rester à ma disposition. J’espère que tu n’y verras pas d’objection ?
-Ghhhhh…
-Non, ne dit rien, je comprends et je sais que tu es forcément d’accord avec moi !
Toujours en maintenant sa prise autour du cou d’Ishmael dont les pieds désormais ne touchent plus le sol, elle approche le visage tout près du sien et hume le parfum qui se dégage du Techno-Prince.
-Gaaarrrgl…
-J’adore ton odeur, mon-keigh. Tu as l’odeur de la peur et ça m’excite, tu peux même pas t’imaginer…
Ho ! Une dernière chose…n’oublis pas l’accord que tu as passé avec mon Maître. Cette vieille charogne serait fortement chagrinée si tu devais encore une fois nous décevoir. Et tu sais à quel point il n’a pas mon indulgence.
Elle le relâche alors, tel on jetterait au sol un simple mégot, l’homme s’écroule à terre, s’étranglant et toussant.
-La prochaine fois que tu oseras te présenter devant moi, mon-keigh, je te conseille fort de te prosterner à mes pieds avec plus d’humilité, ou bien je risquerais de réviser nos accords.

Puis elle murmure dans un souffle un ordre dans sa langue impie auquel ses troupes s’empressent d’obéir. Les pirates eldars repartent alors comme ils sont venus, disparaissant furtivement dans la nuit noire, non sans avoir au préalable emmenés avec eux les vingt captifs suppliants et toujours en vie.

Les quatre rescapés parmi les hommes d’Ishmael, le rejoignent à ce moment-là. L’un d’eux tente de relever son maître, mais Ishmael se relève seul, agacé et le gifle violemment, remettant sa perruque en place et reprenant son aplomb.
-Lâche-moi abruti, ne me touche pas !
Ishmael passe alors sa main sur son cou meurtri et tente d’essuyer le sang qui perle des marques que la Voïvode a laissé et qui maculent son col en dentelles. Un de ses implants augmentiques lui signale une quantité notable de toxines incapacitantes qui entrent dans son organisme. Sans doute diffusées par les ongles de cette sale garce se dit-il. L’implant qu’il porte en lui libère aussitôt une dose massive de D-tox.
Ishmael se sent alors mal, il a chaud et sa vue se brouille légèrement tandis que le contrepoison tente de faire son effet.
Puis regardant ses hommes dans les yeux, il leur dit en pointant un doigt accusateur sur chacun d’eux :
-Un seul mot de votre part sur ce qui vient de se passer et je vous garanti que je vous livre moi-même à ces barbares pour qu’ils vous arrachent les couilles et vous empalent ! Est-ce bien clair ? Leur dit-il en hurlant.
-Oui Seigneur. Répondirent ses hommes en déglutissant.
-Maudits soient cette sale petite pute de xenos et cette race de malades ! Pour l’instant, qu’elle continue de se pavaner comme une traînée, qu’elle en profite bien, puisque j’ai besoin d’elle…Mais lorsque j’aurais enfin le contrôle de ce monde, j’écraserai sa pitoyable horde de psychotiques sous ma botte…Quant à elle…
Ishmael se met à penser tout haut pour lui-même en souriant et en savourant chacun de ses mots.
-Ma belle petite garce, bientôt c’est toi qui me supplieras pour avoir l’honneur de t’agenouiller devant moi.
Puis regardant avec dégout les innombrables dépouilles sanguinolentes empalées autour d’eux dont certaines ont encore la force et l’indécence de gémir en le suppliant du regard, il se retourne alors et lance à l’attention de l’officier le plus gradé du groupe en agitant son mouchoir en dentelle dans sa direction.
-Lieutenant Al’Rasheed, ne restez pas planté là comme un crétin ! Dites à vos hommes qu’ils me nettoient tout cela au lance-flammes.
L’officier donne alors quelques ordres rapides et les troupes commencent à converger vers le centre de l’île. Au loin, des troupes et du matériel débarquent par voie de mer et déjà quelques petites navettes de fret commencent à apporter du soutien logistique aux hommes au sol. Ishmael et ses hommes repartent en direction de la zone de débarquement rejoindre un groupe d’officiers d’état-major. La flotte des FDP gouvernementales brûle au loin et les quelques navires encore visibles finissent de sombrer lentement dans les eaux empoisonnées.



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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mar 25 Mar 2014 - 16:41

Chapitre VIII

+++Evasion par les airs+++
+++Un complot au sein du complot+++
+++Mise au vert+++



Skeld et Tilus restent encore quelques minutes sans décrocher le moindre mot. Puis ils décident de rejoindre leurs compagnons en bas du phare une vingtaine de mètres plus bas. Ces derniers, blêmes aussi, les questionnent, visiblement inquiétés par les cris entendus dehors, mais Skeld et Tilus n’entendent aucun mot. Ils s’assoient alors à côté d’eux, prostrés et restent ainsi de longues minutes. Tilus se prend le visage dans les mains et ne dit rien. Puis Skeld leur raconte de façon confuse ce qu’ils ont vu, essayant d’empêcher du mieux qu’il le peut ses mains de trembler.

Par tous les Saints de Terra…dit alors l’Inquisiteur Ezekiah. Mes doutes se confirment donc.
Il va nous falloir quitter ce lieu rapidement. Monsieur Tordj…vous nous dites que des navettes de fret se posent non loin d’ici ?
-En effet Seigneur, l’aire d’atterrissage se trouve à moins de cent mètres d’ici, au nord.
-Parfait, ce sera donc notre voie de sortie. Je vous…
Soudain, l’instinct d’éclaireur de Skeld reprenant le dessus de façon presque reflexe, ce dernier lève sa main afin de réclamer le silence d’un simple geste. Il se faufile silencieusement vers la porte d’entrée toujours verrouillée, arme doucement son fusil radiant et se plaque contre le mur adjacent. Dehors il a perçu un bruit de pas tout proche. Des personnes parlent en badabi. Skeld fait un signe aux deux locaux parmi ses compagnons, Syrius s’approche doucement et écoute.
-Que disent-ils ? Lui demande alors Skeld dans un murmure.
-J’ai l’impression qu’un officier demande à ses hommes de ratisser la zone, idée d’être sûr qu’il ne reste pas de survivants, de pièges ou d’autres surprises…Attend un instant…Merde, il demande à deux de ses hommes d’ouvrir la porte du phare et d’inspecter l’intérieur !
Skeld pointe alors son arme vers la porte, ses compagnons se plaquent tous contre les murs et derrière les gravats comme ils le peuvent. Si des hommes pénètrent dans le phare, les voient et donnent l’alerte, c’en est fini pour eux.

Depuis l’extérieur quelqu’un tire au laser sur le cadenas, ce dernier éclate et libère la porte. Quelqu’un la pousse d’un coup de pied. A l’intérieur tout le monde retient son souffle et ne bouge pas, restant tapis dans les ombres.
Un homme entre prudemment, fusil laser équipé d’un faisceau de visée en main, il porte un casque intégral et une armure pare-balle complète sur un uniforme bleu nuit aux couleurs de Mekton Zeta, il avance prudemment, pointant son arme vers les côtés alors que son collègue entre à son tour en couvrant le haut des escaliers. Une fois les deux hommes à l’intérieur du bâtiment, Ezekiah se relève lentement de derrière un pan de mur écroulé et leur fait face, ainsi à moitié nu, désarmé et blessé.
Les deux gardes reportent immédiatement leur attention sur lui, ne faisant pas attention au reste et pointent les faisceaux des viseurs laser de leurs armes sur le front d’Ezekiah. Rapidement, ils pensent se trouver devant une sorte de rescapé, sans doute laissé pour mort par les eldars noirs et ne s’en méfient pas plus. Alors qu’ils s’approchent de lui, l’un des hommes baisse son arme et prend son vox. Ezekiah murmure tout bas :
-Empereur-Dieu, pardonnez-moi pour ce que je vais faire.

Alors que l’air dans la pièce se charge en électricité statique faisant léviter les graviers et autres petits objets se trouvant au sol, la porte se referme violemment. Dans le phare, l’intégralité de l’épaisse végétation se flétrie en noircissant au point de se désagréger en l’espace d’une seconde. L’Inquisiteur écarte ses bras, et murmure une phrase de pure incantation qui frappe les deux hommes de plein fouet.
-Domine Imperator Irae !
En s’étranglant, les deux hommes sont soulevés du sol par une force surhumaine, leurs armes tombent à leurs pieds. Les malheureux n’ont même pas le temps de crier, tout se passe alors très vite. Un bruit répugnant d’os qui se brisent les uns après les autres et de chairs qui se déchirent en l’espace d’une seconde. Les deux pantins désarticulés retombent alors au sol. Déjà leurs restes commencent à s’effriter et à se désagréger, réduisant l’ensemble en poussière.

-Par le Trône! Mais quelle est la nature de cette magie ? Souffle alors Conrad, totalement sidéré et horrifié comme le reste de ses compagnons.
-Une magie qui vous dépasse monsieur Altimore, et à laquelle il ne vaut mieux pas se frotter. Lui répond alors l’Inquisiteur. Bien, la voie est-elle libre, monsieur Tordj ?

Skeld en profite alors pour entrebâiller doucement la porte et jeter un coup d’œil. Plus loin en contrebas, plusieurs navettes de fret, compactes et carrées, des modèles Arvus, se posent sur une petite esplanade. Du personnel technique balise la zone tandis que des opérateurs guident les pilotes. L’agitation alentours occupe visiblement les troupes cantonnées à cette zone. Un officier distribue des ordres à ses hommes mais personne ne semble faire attention au phare pour l’instant. Nul doute que d’ici quelques minutes, quelqu’un s’inquiètera de la disparition des deux gardes.

Skeld s’élance alors soudain, courant ventre à terre en profitant des zones d’ombre qu’offre encore la nuit. A une cinquantaine de mètres, il se plaque contre un terreplein et disparaît parmi la végétation. De l’autre côté du terreplein, se trouve l’aire d’atterrissage des navettes et les zones de déchargement.
Entre lui et le phare où se trouvent encore ses compagnons, une escouade de soldats de Mekton Zeta passe au pas de charge sans s’arrêter, se dirigeant vers la zone du débarcadère, un peu plus bas à quelques cinq cent mètres de là.
Skeld attend quelques instants, scrutant les alentours puis prend son vox.
-La voie est libre, vous pouvez y aller !
Puis par petits groupes de deux ou trois, ses compagnons le rejoignent rapidement en quelques instants. Une fois adossée au talus, l’équipe se protège du mieux qu’elle le peut par la végétation. Skeld continue d’observer les abords. Ezekiah le rejoint.
-Quelqu’un sait piloter ce genre d’engin ? lance-t-il à ses acolytes.
Hephastos et Tilus lui répondent par l’affirmatif.
-Parfait. Monsieur Grimmer vous vous occuperez du pilotage, Monsieur Lynx vous assistera comme copilote.
Ezekiah reporte alors son attention vers les navettes. Aux alentours, de nombreux techniciens s’affairent à décharger des caisses de munitions et de vivre à l’aide de porteurs automatisés.
Sur le pourtour de la zone, des gardes patrouillent à intervalles réguliers. Un officier semble coordonner l’ensemble du déchargement, aidé de deux ordonnances, il semble superviser l’ensemble depuis une tablette de données.
-Ils sont nombreux, nous ne risquons pas de passer sans attirer leur attention, note alors Ezekiah à l’attention de ses acolytes.
-Je pourrai faire une diversion ? Lance alors Syrius.
-Que proposez-vous ? Lui répond Ezekiah voyant déjà qu’une petite équipe de soldats se met à converger vers le phare.
-Les containers empilés là-bas sur la gauche. Je pourrais en faire tomber un ou deux. Cela les occupera un moment…
-Très bonne idée, Monsieur Orvalys. Puis retournant son attention vers les autres.
- Tenez-vous prêt ! On y va à mon signal.
Syrius invoque alors son énergie psychique et envoie une poussée kinétique en direction des containers. Un de ces derniers, alors empilé sur les autres, bascule soudainement et s’écrase sur un ensemble de caisses de munitions, rependant son contenu des caisses de vivres parmi les boites de cellules énergétiques dans un grand fracas.

L’officier en charge des opérations de déchargement s’élance furieux. Il lance des ordres à la volée, invectivant ses hommes au passage à remettre tout en ordre le plus vite possible et promettant des sanctions à la bande d’incapables responsables de tout ce désordre.

Les gardes de leur côté sont subitement déconcentrés par tout le remue-ménage engendré. C’est à ce moment précis qu’Ezekiah donne le top à son équipe qui se rue aussi vite et discrètement que possible en direction de la première navette. Celle-ci vient d’être déchargée et les techniciens qui se trouvaient à côté viennent juste de quitter l’endroit désormais délaissé pour quelques instants.
En quelques foulées rapides, Skeld prend pied par la rampe de chargement, fusil radiant pointé devant lui. Ses compagnons le suivent de près. Skeld inspecte chaque recoin et se coule vers le cockpit, d’où il repère du bruit. D’un signe de la main, il fait un geste rapide à l’attention de ses compagnons afin de ne pas bouger. Tilus reste en retrait et le couvre de son propre fusil laser. Pendant ce temps le reste de l’équipe se dissimule dans la soute de l’appareil, Séverina continue de couvrir leurs arrières et de protéger l’Inquisiteur.
Skeld fait brusquement irruption dans le poste de pilotage. Un soldat de Mekton Zeta, un homme brun à la peau mate et aux yeux clairs, en combinaison de pilote confortablement installé dans un des fauteuils est train d’écouter de la musique et de se rouler une barrette de Lho. A la vue du Cadien et du fusil radiant qu’il lui pointe sous le nez, l’homme sursaute de sa chaise laissant tomber au sol sa barrette et son paquet de Lho à rouler. Skeld lui colle le canon de son arme sur la joue et lui fait signe de lever ses mains en l’air. Il le pousse alors vers la soute. Déjà Hephastos s’installe dans le cockpit à sa place. Récitant rapidement le rituel d’éveil de la Machine, il referme la soute et entame en ânonnant la litanie des procédures d’activation. Tandis que les turbines se mettent à ronronner, Tilus déleste le pilote du pistolet laser qu’il a à sa ceinture, et entreprend de la ligoter tandis que Skeld le bâillonne. Deux autres navettes décollent juste avant qu’Héphastos ne fasse de même. Tilus prend le poste de copilote et commence à étudier la carte de vol avec l’aide de Conrad.

Discrètement, derrière eux, tandis que ses mains se remettent à trembler, Skeld ramasse le paquet de Lho et la barrette. Il met le tout dans sa poche.
-Où allons-nous Monsieur ? Lance le Technoprêtre à l’attention de l’Inquisiteur.
Ezekiah lance un regard interrogateur vers Conrad et Tilus.
-Une suggestion, messieurs ? Je ne peux plus désormais me fier aux endroits que je croyais sûrs.
Après quelques rapides repérages sur la carte, les deux psykers et Tilus décident de se rendre vers le nord. A deux cent kilomètres de leur position se trouve une presqu’île montagneuse et relativement déserte, elle-même à deux cent cinquante kilomètres de Badab City. C’est là qu’ils se poseront et cacheront la navette en attendant.
Pendant ce temps, Skeld s’installe à l’arrière dans la soute et s’allume la barrette de Lho laissée par le pilote. Au bout de quelques instants, Conrad et Séverina, alertés par la fumée, le rejoignent.
-Mais tu fais quoi là ? Lui demande Conrad.
-Ça se voit pas ? Lui lance alors Skeld d’un ton volontairement nonchalant.
Tilus apparaît à son tour, laissant Hephastos. Il s’assoit en face de Skeld et lui fait un petit signe en direction de la barrette. Ce dernier lui lance le paquet d’herbes de Lho. Tilus s’empresse alors avec un petit sourire de s’en rouler une.
Séverina leur lance alors un regard plein de mépris et retourne dans le cockpit avec Conrad.

Filant aussi vite que ses moteurs le permettent, la petite navette vire sur l’aile et bifurque rapidement vers le nord. Hephastos connecté aux commandes, force la navette à voler le plus bas possible. Soudain, une rune se met à clignoter sur la console de bord alors qu’une série d’alarmes retentissent.
-Par les mécadendrites du Dieu-Machine, nous venons d’être accrochés par un système de détection ! Lance alors Hephastos.
-Monsieur Grimmer ! Tâchez de nous maintenir sous le niveau de la couverture radar, il serait fâcheux que les troupes du Gouverneur Callidon nous abattent avant que nous ayons atteint la côte.
Le technoprêtre obéit aussitôt et la navette se retrouve à frôler, tous feux éteints les flots noirs de l’océan pollué. Slalomant ainsi entre les récifs proches de la côte et les hautes vagues, leur navette se retrouve aussitôt hors de portée des systèmes de détections radars. Remontant la côte et effectuant un long détour de plus de quatre cents kilomètres, la navette se faufile près d’une heure plus tard en rase-mottes, remontant la barrière de récifs, la côte et ses reliefs déchiquetés par les intempéries. C’est toujours de nuit, une heure avant l’aube environ que le petit engin file au travers de monts rocheux, de canyons et de défilés étroits, remontant les terres inhospitalières jusqu’à des plaines stériles battues par les vents et entourées de hautes chaines rocheuses à la pierre noire et sinistre. C’est au sein de ce paysage lunaire qu’Ezekiah demande à Hephastos de poser la navette. Quelques grands charognards s’enfuient à leur approche.
Epuisés par ces derniers événements, l’équipe décide de prendre un peu de repos. A peine descendu de la navette, Tilus emmène le pilote toujours ligoté vers quelques rochers non loin de là. Arrivés au bord d’un gouffre, il le fait s’arrêter, dégaine son pistolet laser et lui tire à bout portant dans la nuque. L’homme bascule dans le vide, tué net.
-Désolé, murmure alors Tilus, ce n’était pas personnel, mais comprends bien que tu as choisi le mauvais camp.
Un peu plus loin à l’écart, Skeld est assis sur un rocher, il tourne le dos au reste de l’équipe et scrute l’horizon en fumant son Lho. Ezekiah est installé dans la soute de la navette, Séverina s’occupe de vérifier ses pansements. De son côté Syrius s’affaire à vérifier l’état des vivres. Quelques paquets de rations de survie sont trouvés dans la navette. En rationnant, cela devrait leur permettre de tenir un jour, peut être deux. Hephastos s’affaire au niveau du système de refroidissement des injecteurs de la navette.
Tilus revient vers la navette, Conrad le croise et lui lance un regard interrogateur.
-Tu as tué ce type ?
-J’ai fais ce qu’il fallait faire. Lui lance Tilus.
-Hey ! Mais on aurait pu l’interroger !
- Et l’interroger sur quoi ? Ce n’était qu’un pilote de navette de fret, que voulais-tu qu’il sache d’important ?
-Bin justement…là, on n’en saura plus jamais rien.
-Laisse tomber, comme ça c’est fait et on n’en parle plus. Puis Tilus retourne vers la navette et lance à Conrad :
-Allons voir l’Inquisiteur, il nous faut établir un plan pour la suite des évènements. Skeld ! Tu nous rejoins ?
Fumant toujours son Lho sur son rocher, Skeld lui fait un petit signe de négation.
-Désolé mais c’est sans moi sur ce coup là. Je ne vois pas l’intérêt d’élaborer un plan auquel on ne pourra pas se tenir. Ce qui se passe ici dépasse nos compétences. S’il y a du grabuge, je serais là et tenterais de faire de mon mieux, pour le reste, c’est sans moi, vous perdez votre temps.

Tilus s’arrête soudain et lance un regard dubitatif à l’attention de Conrad.
- Je ne comprends pas bien ce type, comment un ancien militaire peut être aussi réfractaire à la stratégie ?
Ce dernier hausse les épaules en signe d’incompréhension et se dirige vers l’Inquisiteur, toujours aux côtés de Séverina. Ezekiah fatigué et mal en point, les voyant s’approcher, leur fait un signe de la main.
-Seigneur Ezekiah, nous devons parler, les évènements…
-Monsieur Altimore…Je n’ai pas vraiment la force de tenir plus, approchez-vous, je vais vous transmettre les dernières informations que j’ai obtenu.
Syrius, Conrad et Tilus s’assoient alors à côté de l’Inquisiteur. Ce dernier porte une de ses mains encore brûlée vers le front du psyker et lui dit dans un souffle.
-Monsieur Altimore…ouvrez-moi votre esprit…cela ira plus vite…
Conrad s’exécute. Il ferme les yeux et laisse affluer en lui le flot d’informations brutes qu’Ezekiah lui transmet.
Une seconde plus tard tout est terminé, Conrad se retrouve tremblant, à genoux appuyé sur les mains en train de tousser. Le choque psychique l’a à moitié sonné. Séverina lui apporte un peu d’eau. De son côté, Ezekiah est évanoui, plongé dans le coma.
-Son état est stabilisé mais toujours préoccupant. Il a besoin de beaucoup de repos et d’une sérieuse assistance médicale dans les prochaines heures. Si nous restons ici, son état se dégradera. Leur dit alors Séverina.
Conrad s’assoit et boit un peu d’eau. Les informations transmises par l’Inquisiteur commencent à se structurer et s’organiser dans son esprit, se juxtaposant avec ses propres souvenirs.
-Alors, il t’a dit quoi ? Lui demande Tilus.
-Un instant…ça commence tout juste à devenir clair…Oui…j’arrive désormais à « lire » les données qu’il m’a transmis…Voilà ce qu’il me dit :
-Ishmael ? C’est bien le type que Skeld et toi avez vu parler aux eldars tout à l’heure ? Demande alors Conrad à Tilus.
-Oui, lui répond Tilus, Ishmael est le dirigeant de Mekton Zeta, il est associé à trois autres Techno-Cartel de qui il tire ses appuis.
Conrad acquiesce et reprend :
-D’accord, donc on sait déjà que ce type compte prendre le pouvoir en s’appuyant sur le soutien ou les alliances de ces cartels et en employant des mercenaires xenos. Ces fameux eldars noirs.
-On l’aura bien comprit. Annonce Tilus.
Conrad reprend.
-Visiblement, Ezekiah a aussi comme information le fait que le Gouverneur Callidon soit manipulé par son entourage de conseillers, que ces derniers ne souhaitent pas que l’Imperium intervienne dans cette guerre civile et qu’ils lui garantissent de gérer cette situation…
Il me semble, reprit Conrad, que Tibaltus avait aussi trouvé plusieurs informations qui corroborent cette hypothèse.
-On se doutait aussi d’un complot dans l’entourage du Gouverneur Callidon depuis les documents trouvés chez Uberkrump. Lui répond Syrius.
-En effet, reprend Conrad. D’ailleurs, Ezekiah nous apprend un fait intéressant…Le gouverneur Callidon aurait promis, en cas de victoire sur Mekton Zeta, le contrôle de leurs ressources à l’Archi-Magos Trantor…
-Le ministre du Dieu Machine de Badab. Complète alors Tilus. Callidon est complètement crétin, pourquoi ferait-il une chose pareille ?
- Aucune idée. Lui répond Conrad. Quoi qu’il en soit, d’après ce que sait Ezekiah, Trantor ferait bien partie d’une organisation occulte via laquelle il serait entré en contact avec Goldberg, le fameux contrebandier recherché, qui ne serait qu’un de leurs agents. Cette organisation secrète aurait des liens forts avec la pègre locale et serait dirigée par quelqu’un se faisant appeler « l’Ombre ».
-Sans doute le dernier nom qui nous manque dans la liste trouvée chez Uberkrump ? Propose alors Syrius.
-Peut être bien, reprend Tilus. Le fameux « LR ».
-Quoi qu’il en soit, reprend Conrad. Ezekiah a bien appris que Goldberg venait sur Badab à la demande de Trantor pour lui livrer quelque chose en rapport avec un projet.
-Un rapport avec l’armée de zombies qu’on a trouvé dans les incubateurs chez Uberkrump ? Demande alors Syrius.
-On aurait dit des sortes d’obliterators à une étape encore intermédiaire de leur développement. Leur lance Hephastos qui se joint à eux.
-Quoi qu’il en soit, cette Organisation pourrait bien initier plusieurs autres projets sans qu’on le sache. Leur répond Tilus.
-En effet…lance alors Conrad. De plus Ezekiah précise que cette fameuse Organisation recrute des mercenaires possédants certains talents particuliers…telle que Baalzabeth, une psyker démoniste.
-Elle, on l’a déjà rencontré il me semble ! Lui lance Tilus. Conrad reprend :
-Ainsi qu’Orok un Ogryn gladiateur cybermodifié ou Gothigora une tueuse polymorphe à demi obliterator.
-Pour ces deux là, il existe peut être un lien avec les incubateurs trouvés chez Uberkrump.
-A voir en effet Hephastos, lui répond Conrad. Ezekiah s’interroge apparemment sur un autre point qui est en effet intéressant…Il précise que des personnes l’auraient contacté par télépathie et par deux fois…lui envoyant une sorte de message…
Voilà le premier :
« A l’insu du Prince, les Ombres pactisent avec le démon et cela causera sa perte. »
Il serait question d’Ishmael ? (Le Prince) ; les Ombres pourraient être alors l’organisation dont font partie certains officiels…mais quel lien ont-ils entre eux ? D’après lui, cela reste encore obscur. Le deuxième message qu’il a reçu :
« La Putain épouse le Triple Idiot. Echec au Roi, il en mourra de la Lame Empoisonnée. »
D’après lui, la vie du gouverneur semble explicitement menacée, si on imagine qu’il s’agit bien là du Roi… Mais il ignore qui sont la Putain et le Triple Idiot…
-Qui cherche à le contacter ainsi via des énigmes prophétiques ? lui demande Séverina.
-C’est justement ce que nous allons chercher à découvrir, car si des gens ont suffisamment de moyens et de ressources pour chercher à aider un inquisiteur, nous allons devoir suivre cette piste.
Puis sortant la carte de la région, Tilus effectue quelques repérages.
- Un petit village se trouve à environ vingt kilomètres d’ici, il serait bien que deux d’entre nous s’y rendent afin de trouver un moyen de transport. Nous sommes à environ deux cent kilomètres de Carmina Bay, là où nous avions laissés nos deux véhicules avant d’embarquer pour Hermangard. L’idée est d’aller les récupérer.
Séverina et Syrius se portent volontaire pour cette mission. Ensemble, ils redescendent dans la vallée et arrivent donc au prochain village. Là, ils volent des chevaux et parcourent les presque deux cent kilomètres restant jusqu’à Carmina Bay afin de retrouver leur deux véhicules.
Une trentaine d’heures plus tard, ils sont de retour. La navette est laissée là pour des raisons pratiques et de sécurité. Les marquages de Mekton Zeta risquent bien de leur attirer des ennuis. L’équipe se répartie dans les véhicules et décident de repartir en direction des abords de Middenheim. De là, Tilus et Syrius pourront activer leurs contacts locaux.

L’équipe se partage dans les deux véhicules et entreprennent leur retour vers Middenheim. Le voyage dure cinq bonnes heures, soit une bonne partie de l’après midi.

C’est donc le soir de leur neuvième jour sur Badad qu’ils arrivent aux abords des faubourgs de Middenheim. Déjà, de loin, ils aperçoivent de longues colonnes de véhicules et de civils quittant la ville portuaire. Un exode massif de la population est en marche, croisant des convois militaires et autres positions défensives des FDP. Au large, à une bonne vingtaine de kilomètres, une bataille semble faire rage sur les flots sombres, de là où ils sont, ils perçoivent les lueurs stroboscopiques des combats. Une petite pluie fine et légèrement acide tombe raide et drue alors que les essuie-glaces automatiques se mettent en marche. Hephastos et Tilus arrêtent leurs véhicules. Conrad sort son vox et appelle Skanks. L’appel n’aboutit pas et l’esprit de la Machine lui indique que le correspondant n’existe plus.
-Que fait-on, il ne répond pas et avec ce paquet de réfugiés, nous allons avoir beaucoup de mal à rejoindre la planque que Skanks nous a laissé, non ? Demande Tilus.
-En effet, inutile de nous perdre dans cet exode, nous allons devoir trouver un autre abri, au moins pour la nuit. Répond Conrad.
-Et ensuite ? Que déciderons-nous ? Le conflit se rapproche, d’ici vingt quatre heures les premiers obus risquent bien de tomber sur la ville. Lui lance Séverina en scrutant l’horizon.
-Exact, raison de plus pour faire vite, leur répond Conrad. Notre seule véritable piste actuellement est Skanks, il est clair qu’il semble savoir des choses mais ne semble pas joignable, l’appartement reste la seule trace qui nous rattache à lui.
-Qu’est-ce qui te fait croire que Skanks sait des choses ? Lui demande Tilus interloqué. Conrad le regarde comme si sa réponse était une évidence.
-Tu y crois toi au fait que ce type nous demande justement de flinguer un caïd de la pègre dont l’organisation est impliquée dans un coup d’état contre le gouverneur et qui plus est, serait en rapport avec le Libre-Marchand renégat Abdul Goldberg qu’Ezekiah recherchait ?
Syrius et Séverina lancent un regard approbateur en direction de Conrad.
-Uberkrump ? Mais c’était un membre influent de la mafia, il est normal qu’il ait eu de nombreux ennemis, cela peut juste être une coïncidence. Lui lance alors Tilus.
-Désolé, mais les coïncidences, moi je n’y crois pas...Répond Conrad. Nous allons nous diriger vers les faubourgs nord de la ville, à l’opposée de la côte. Là-bas se trouvent les quartiers résidentiels, nous devrions sans peine trouver une villa de libre.
Les deux véhicules refont mouvement et péniblement se fraient un chemin au travers des flots massifs de réfugiés. Les quelques dix kilomètres à parcourir leur prennent plus d’une heure et demi. Finalement ils atteignent les hauts quartiers résidentiels, eux-mêmes en train d’être vidés de leurs occupants. Plusieurs fois, ils croisent des escouades des FDP et du Magistratum local, mais ceux-ci ont déjà fort à faire et ne se soucient pas vraiment d’eux.
Conrad, après avoir essuyé quelques refus, trouve finalement une famille en train de quitter leur maison, une grande et luxueuse villa aux murs blancs d’un style local massif mais cossu.
Un homme d’une cinquantaine d’années aux couteuses robes beige clair et blanche s’empresse de faire monter sa famille dans une grosse berline noire chargée de nombreux paquets et colis. Conrad l’apostrophe.
-Combien pour votre maison ? L’homme se retourne, les yeux écarquillés.
-Pardon ?
-Je souhaite vous louer votre maison pour quelques jours.
-Vous être complètement fou ! Que l’Empereur nous en préserve mais la guerre se rapproche, demain les rebelles seront dans la ville, vous feriez mieux de faire comme nous tant qu’il est encore temps.
-Alors considérez que nous allons veiller sur votre maison pendant votre absence. Conrad sort de sa poche un billet de cinq cent crédits et lui glisse dans la main avant de lui dire :
-Affaire conclue ? L’homme empoche le billet, incrédule, il lui donne les clés avant de monter à bord de son véhicule et de démarrer devant les reproches de sa femme à côté de lui.
-Vous êtes cinglé ! Lance-t-il à l’attention de Conrad à travers la vitre baissée de sa portière.
Conrad se tourne vers ses compagnons avec un petit sourire.
-Cette maison est à nous !
Hephastos et Tilus s’empressent de garer les véhicules dans l’allée, tandis que le reste du groupe prend possession des lieus. L’entrée donne dans un grand hall dallé de marbre, au fond duquel se trouve un grand escalier de granit montant à l’étage. Depuis le hall, des portes communiquent avec d’autres pièces dont les meubles sont couverts de draps blancs. Un salon équipé d’une bibliothèque et d’un orgue, une chapelle privée dédié à l’Empereur-Dieu et à ses Saints, un immense séjour, une salle d’eau, une cuisine équipée d’une vaste cheminée, de celliers et d’une cave. A l’étage se trouvent trois grandes chambres, ainsi qu’une autre salle d’eau. Un autre escalier mène aux combles. La villa est entourée d’un jardin. Un petit sur le devant, et un parc arboré derrière avec piscine et dépendances, totalement insoupçonnable depuis la rue. L’ensemble étant entouré d’une enceinte.
Séverina et Conrad s’empressent d’aller installer Ezekiah dans une des chambres. Son état est stationnaire mais toujours préoccupant en l’absence de soins appropriés. Et chaque déplacement n’arrange rien à son état de santé. La nuit commence à tomber et la pluie tombe toujours. Au dehors l’effervescence des évacuations se poursuit. Tandis qu’Hephastos s’occupe de l’entretien des véhicules et de sécuriser les accès de la villa et que Séverina s’occupe de l’Inquisiteur, Conrad, Tilus et Syrius se réunissent dans le séjour afin de faire un point sur la situation. Skeld fait alors mine de sortir à l’arrière de la villa.
-Skeld, tu ne te joins pas à nous ? Lui demande Conrad.
-Nan, je vais monter la garde dehors. Lui lance le cadien sans se retourner.
-Mais il pleut et…
-Et alors ? Ce n’est pas parce qu’il pleut qu’il ne faut pas se montrer vigilant. Lui lance Skeld sans se retourner.
Conrad hausse les épaules et rejoint ses deux compagnons. Tilus vient juste de remonter de la cave, tenant avec un grand sourire ravi une bouteille couverte de poussière.
-Regardez ce que je viens de dégotter les gars ! Un amasec millésimé, C’est du soixante-dix ans d’âge en plus ! Non mais vous y croyez ?
Tilus s’empresse de faire sauter la cire et le bouchon de la bouteille, puis attrapant des verres sur un meuble, en verse une copieuse rasade à ses compagnons. Conrad allume un feu dans la cheminée. Trois bonnes heures plus tard, la bouteille d’amasec est vide depuis un moment. Trois bonnes bouteilles de vin ont subit elles aussi le même sort, Tilus, totalement hilare narre à ses compagnons aussi ivres que lui d’anciennes péripéties aussi rocambolesques qu’absurdes le tout agrémenté de blagues grivoises qu’il tente de traduire du badabi au bas gothique afin que Conrad les comprenne. La tentative rendue hautement difficile par le fort taux d’alcool absorbé, causant une désynchronisation de ses pensées par rapport à sa parole. Le tout bien entendu, rendant les choses encore plus comiques.
Soudain, alors que leurs éclats de rire couvrent toute la villa, Séverina fait irruption dans la pièce. Vêtue de sa combinaison de cuir noir renforcé, fermée jusqu’au cou. Ainsi campée dans ses hautes bottes elle lance un regard furieux en direction de ses compagnons.
-T’étais où…ma sœur, tu m’as manqué, on…parlait de toi zustement ? Lui lance Tilus avec difficulté. Ses compagnons se mettent alors à pouffer comme des collégiens devant une pornopix.
Le visage encadré de ses cheveux châtains et malgré son air encore juvénile, Séverina les foudroie de ses yeux clairs. Une main derrière le dos, de l’autre elle égrène lentement les perles en adamantium de son Chapelet Ecclesiasticus au bout duquel est accroché une icône de l’Empereur.
-Vous n’êtes qu’une bande d’imbéciles, on entend vos rires jusqu’au moins Mekton Zeta, et pour couronner le tout vous être complètement ivres ! Et pour répondre à ta question, Tilus, je priais dans la chapelle de cette villa, car la situation l’impose par le Trône !
-Ecoutez ma sœur…lui répond alors péniblement Conrad…on essaie juste de se détendre un peu et…
-Dois-je vous rappeler la situation dans laquelle se trouve ta planète, celle dans laquelle nous sommes et l’état dans lequel est votre inquisiteur ? Pendant ce temps vous préférez vous vautrez dans…dans la dépravation tels de vulgaires ruchards attardés !
-Roooo…tu vois Conrad, bafouille alors Tilus, ze t’avais bien dis que t’aurais pas du finir l’amasec, z’étais zur que Zévèrina en voulait aussi ! Ses deux compagnons éclatent alors de rire, Syrius en tombe même de sa chaise. Séverina ne bouge pas et continue d’égrener son chapelet.
-Ce n’est pas dans l’alcool que vous renforcerez votre foi, bande d’idiots !
Tilus se relève alors de sa chaise et pointe un doigt en direction de Séverina.
-Toi ze sais ze qu’il te faut…il te faut un namoureux…et ouais, tu peux pas rester comme ça toute ta vie, t’es une fille trop canon toi !
-Tu n’es qu’un dépravé. Une chance pour toi que tu sois saoul comme un vulgaire garde de Valhalla, sinon je t’aurais corrigé comme il se doit. Lui lance alors Séverina. Tilus se cramponne alors à la table, se rendant compte que la pièce se met doucement à basculer d’avant en arrière, avec difficulté il se rassoit lourdement sur sa chaise. A côté de lui, Syrius peine à remonter sur la sienne.
-Vous être pathétique…Puis Séverina, pivote sur ses talons et sort de la pièce, furieuse.
Dans son dos, elle entend Tilus marmonner.
-Tu fais ta vierge effarouchée ma zolie, mais z’ai bien vu les regards que tu lances au cadien…avoue qu’il te plait avec sa belle gueule, hein ?
En deux enjambées, Séverina surgit dans la pièce, saisit un pot à eau et le vide sur la tête de Tilus toujours assis sur sa chaise.
-Voilà qui devrait calmer tes ardeurs hormonales et t’aider à te remettre les idées en place, lui répond alors la sœur rouge de colère. Et estime-toi heureux que ce ne soit pas mon pistolet bolter que je vide. Puis s’adressant au trois larrons :
-Je vous conseille fort de vous remettre en état tous les trois. Où sont le technoprêtre et le cadien au fait, ils ne se saoulent pas avec vous ?
Conrad, dans un bref moment de lucidité part dans la cuisine se passer un peu d’eau sur le visage.
-Skeld est dans le jardin derrière je crois, je ferais bien d’aller voir ce qu’il fait.
Tandis que Séverina part à la recherche d’Hephastos, Conrad sort par derrière et se rend dans le jardin. Dehors il fait nuit et une petit pluie continue de tomber jaunissant quelque peu la végétation. L’air frais, bien que chargé d’acidité lui remet un peu les idées en place. Cherchant du regard et ne voyant absolument rien, Conrad prête l’oreille. Il entend quelques bruits métalliques venant d’un des appentis, il s’approche et découvre Skeld assis contre un établi où sont rangés des outils de jardin en train de remonter son fusil radiant en marmonnant.
-Skeld, qu’est-ce que tu fous ? Le cadien ne répond pas et continue d’ânonner, puis se met à démonter de nouveau son arme.
-Tu veux pas rentrer ? Lui demande Conrad, je crois que tu as besoin d’un peu de repos.
- Fous-moi la paix, tu veux ! J’ai pas finis de remonter mon arme. Lui lance-t-il sèchement.
Voyant que Skeld n’est visiblement pas encore remis du choc de la veille, Conrad décide de retourner dans la villa, en chemin il tombe sur Séverina et Hephastos.
-Alors, tu l’as trouvé ? Lui demande la sœur.
-Oui il est dans une des dépendances, je crois qu’il va passer la nuit là-bas, il n’a pas l’air dans son assiette. Conrad accompagne ses paroles d’un geste du doigt se tapotant la tempe.
-Ce type m’inquiète il n’a pas un mental très fort, de plus sa santé mentale commence clairement à vaciller, le tout aggravé clairement par son manque de foi, répond Séverina.
-Que pourrions-nous faire ? Demande alors Hephastos.
- Trouver un prêtre nous serait d’un grand secours. Leur répond alors la sœur. Bien, en attendant, je vous demande d’ouvrir l’œil. Demain matin, si l’Empereur le veut, nous ferons un briefing sur notre situation et sur notre prochain objectif, Hephastos, tu as pu t’occuper de la sécurité et des voitures ?
-J’ai sécurisé la villa du mieux que j’ai pu, que l’Omniméssie nous garde mais ça restera léger. Par contre, pour les véhicules nous risquons de manquer rapidement de carburant, nous avons de quoi faire encore vingt, peut être trente kilomètres, pas plus.
-Par le Trône !…demain matin, il faudra s’en occuper et. En attendant nous ferions bien de nous reposer un peu.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Jeu 17 Avr 2014 - 16:26

Après une courte nuit, plutôt difficile pour certains, l’équipe se réunit dans le séjour afin de faire un point. Dehors dans la ville, l’exode continu et les rues restent toujours massivement encombrées par la population. Les émeutes et autres débordements n’arrangeant rien malgré les nombreuses interventions des FDP.  Même les troupes du Magistratum, aidées par les Militia Frateris de l’Ecclésiarchie peinent à encore contenir les heurts, incendies divers et les escarmouches de la nuit. Le tout aggravé par la crainte grandissante d’un conflit s’approchant désormais dangereusement de la côte. Déjà parmi la population certaines rumeurs circulent selon lesquelles Mekton Zeta serait sous le contrôle de terribles xenos et que des hérétiques dévoués aux dieux sombres seraient présents dans la ville et œuvreraient contre les intérêts de l’Imperium. Parmi ce sentiment de pagaille générale et de paranoïa de masse, nombre de citoyens, notamment dans le centre-ville, en sont arrivés aux armes et règlent leurs comptes désormais avec tout ce qui pourrait, de près ou de loin, représenter pour eux une menace. Autant dire que dans de telles circonstances, tout est potentiellement une menace.  

Dès les premières heures, Hephastos et Tilus s’empressent d’allez faire le plein des deux véhicules à un dépôt de carburant encore approvisionné à environ trente kilomètres au nord de Middenheim. Ceux se trouvant en ville ont déjà été pris d’assaut et les quelques dépôts encore ouverts sont sévèrement rationnés et réglementés par les FDP.






Chapitre IX

+++La bande de Bones+++
+++Un message inattendu+++




L’aller-retour leur prend plus de quatre heures. C’est donc en milieu de journée qu’ils peuvent enfin retourner dans leur ancien appartement du centre-ville, celui prêté par Skanks. Ils décidant de n’y aller qu’avec un seul véhicule et lourdement armés, Hephastos prend le volant, et c’est donc Skeld, Tilus, Syrius et Conrad qui l’accompagnent. Séverina reste auprès de l’Inquisiteur toujours dans le coma, se barricadant dans la villa.
Le retour vers le centre est mouvementé et difficile. Hephastos devant régulièrement faire des détours afin d’éviter les nombreux débordements et mouvements de foules. Plusieurs fois leur véhicule est même pris pour cible par divers projectiles.
Skeld, familier des dédales de ruelles, parvient à le guider jusqu’aux bas-quartiers où se trouve leur hab, un ensemble de blocs d’habitations d’un  quartier ouvrier proche des manufacturia. Arrivée aux abords, Hephastos fait avancer le véhicule au pas. Aux alentours, des bandes armées pillent quelques boutiques, là où il reste encore quelque chose à voler.

Certaines bandes semblent s’être approprié certains bâtiments, cherchant comme à s’y retrancher. Quelques regards hostiles sont lancés à l’approche de leur véhicule.  
-Vous croyez qu’ils se sont barricadés ici pour défendre leur territoire en vue du conflit qui approche ou simplement contre les autorités ? Demande Hephastos en stoppant leur véhicule près d’un carrefour. A moins de vingt mètres, plusieurs véhicules sont en flammes. Encore un peu plus loin, les membres d’un gang des rues les observent.
-Peu importe, en tout cas il serait plus prudent que certains d’entre nous restent à proximité de la voiture. Lui répond Skeld en laissant bien visible son fusil radiant.
-Ok, restez ici tous les deux, lui répond Conrad, j’ai pas envie que les jeunes tox du quartier viennent nous désosser la voiture, on en a encore besoin. Syrius et Tilus, avec moi, on ne devrait pas en avoir pour longtemps. Tandis qu’Hephastos reste au volant, Skeld descend du véhicule, son fusil compact accroché sur la poitrine. Observant les alentours, il sort de la poche de sa veste pare-balle une barrette de Lho et s’empresse de l’allumer.
Le trio, mené par Conrad  fait alors mouvement vers le bloc où se trouve leur hab. De loin quelques gangers les observent du coin de l’œil. Ils s’empressent de pénétrer dans le bâtiment et de rejoindre les étages par les escaliers. Là ils croisent quelques rares habitants apeurés qui retournent se terrer chez eux.
Arrivés au 7ème étage, ils arpentent un long couloir dont de chaque côté se trouvent des portes, certaines ouvertes donnant sur des appartements dévastés, d’autres fermées derrière lesquelles ont perçoit des bruits d’activité.
-Il y a encore du monde qui habite ici, c’est étonnant, murmure Tilus. Conrad fait alors signe à ses compagnons, il est devant la porte de leur hab.
-Vous entendez ça ? C’est quoi ce bruit ? Chuchote-t-il à ses compagnons. Tilus prête l’oreille tandis que Syrius surveille le couloir. Un bruit de basse saccadée s’entend alors à travers la porte.
-De la musique ? On dirait de la Barbare, non ? Par le Trône, y’a du monde dans l’appartement, répond alors Tilus. Se plaquant contre le mur et faisant signe à ses compagnons d’en faire autant, il tape à la porte.
Rien ne se passe. Il frappe de nouveau à la porte un peu plus fort, restant toujours plaqué contre le mur. Soudain la musique s’arrête. Alors que Tilus allait dire quelque chose et que Syrius s’apprêtait à mettre un coup d’épaule, une détonation sourde se fait entendre à l’instant même où un projectile de gros calibre traverse la porte d’entrée depuis l’intérieur. L’impact explose le matériau composite laissant un trou béant à hauteur de visage et de la taille d’un gros poing.  Tilus et Syrius se jettent sur la côté, Conrad dégaine aussitôt son pistolet laser et s’apprête à riposter alors que depuis l’intérieur, divers projectiles de différents calibres se mettent à cribler la porte. Tilus se relève, sort son épée tronçonneuse de sous son manteau et en met un coup dans la porte en veillant à bien rester hors de portée des tirs. Syrius dégaine son pistolet mitrailleur et assiste Conrad, tirant tous les deux totalement au hasard, au travers des trous. Depuis l’intérieur la fusillade s’intensifie, un projectile frôle Syrius à la cuisse, le faisant vaciller, il se remet à couvert.
Tilus donne un second coup d’épée tronçonneuse dans la porte, celle-ci cède finalement mais un impact touche son arme qui part en vrille dans le couloir. Au travers de la porte désormais défoncée et ouverte en grand, Tilus aperçoit environ quatre ou cinq tireurs qui mettent à profit les couverts offerts par les angles des couloirs de l’appartement. L’un d’eux semble donner des ordres aux autres, il porte un pistolet de gros calibre et un canon scié. Ses hommes continuent de faire feu sans discontinuer. Conrad riposte et continue de tirer au hasard, maintenant en respect leurs adversaires. Tilus s’empare de son fusil laser qu’il portait en bandoulière, faisant passer le mode en automatique, d’un geste rapide il s’agenouille et lâche un tir en rafale d’une précision meurtrière, puis se remet aussitôt à couvert.
Dans l’appartement, quelqu’un pousse un râle puis d’autres personnes se mettent à crier. Aussitôt, comme l’avait espéré Tilus, la confusion gagne les autres membres du gang qui cessent aussitôt de tirer, il fait un signe à Conrad et Syrius et se jette dans l’appartement, fusil laser pointé à hauteur d’épaule, ses deux compagnons le suivent, pistolets braqués pour le couvrir. Parmi la fumée qui se dissipe, au sol l’homme au canon scié et au gros pistolet gît sur le dos, raide mort, la tête et le cœur perforés. Deux hommes tentent alors de fuir dans un couloir mais plus rapide qu’eux, Syrius projette une onde télékinétique sur eux les projetant contre un mur afin de les sonner. De son côté, Conrad perçoit du mouvement venant d’une autre pièce de l’appartement et décide donc de s’y diriger.

Tilus enjambe le cadavre qu’il a abattu, un grand type à la peau mate avec une crête sur la tête et le corps recouvert de tatouages. Percevant du mouvement, dans la pièce d’à côté, Tilus reporte son attention devant lui, deux hommes tentent de passer visiblement par la fenêtre, il tire mais les rate tout juste, les deux ont aussitôt disparu. Il se précipite à la fenêtre, arme toujours pointée et vérifie mais personne ne s’y trouve, il regarde sept étages plus bas, des fois qu’ils soient tombés, mais non, il semblerait qu’ils aient réussi à atteindre une sorte de balcon ou de terrasse se trouvant juste à côté, communiquant avec un appartement adjacent. Réalisant alors les conséquences, Tilus se rue de nouveau dans l’appartement en direction de la porte d’entrée. Au même moment Syrus en profite pour ligoter les deux hommes qu’il vient d’assommer.

Conrad pousse la porte d’une des chambres du bout de son pistolet laser, il vient de percevoir du bruit, pénétrant silencieusement dans la pièce plongée dans la pénombre, il repère une jeune femme entièrement nue, sur le dos en travers du lit, elle semble visiblement inconsciente ou peut être morte. Un petit bruit de nouveau venant apparemment de la salle de bain juste à côté. La porte est entr’ouverte, Conrad s’y dirige silencieusement. Alors qu’il allait attraper la poignée de sa main libre, la porte est ouverte violemment, se la prenant en pleine figure, Conrad trébuche en arrière et s’affale au milieu de la pièce, lâchant son pistolet laser au passage, il porte ses mains à son visage, son nez est en sang et semble cassé vue la vive douleur qu’il ressent. Il n’a cependant pas le temps de s’apitoyer sur son sort, une jeune fille, sorte de furie jaillit de la salle d’eau et se jette sur lui  en hurlant.

Arrivée à la porte d’entrée, Tilus, arme toujours pointée devant lui avance prudemment en direction du couloir sur le pallier. Il passe son arme et jette un œil. Ne repérant pas de mouvement, il reste à couvert dans l’embrasure de la porte et continue de scruter le couloir dans les deux sens lorsqu’une arme de petit calibre lâche une rafale dans sa direction. Tilus se jette de côté, une silhouette vient de se détacher d’une porte d’un autre appartement un peu plus loin, il s’agit d’un des types qui est passé par la fenêtre juste avant. Tilus pointe son fusil laser et lâche une rafale, un des tirs cueille l’homme en pleine tête. Il s’écroule dans le couloir, mort.

Tandis que Syrius continue de ligoter un des gangers au sol, le deuxième, un grand gaillard à la peau noire, portant des lunettes photo-chromatiques et arborant de longues tresses  reprend discrètement conscience et va pour se jeter sur lui. Syrius  plus rapide, l’évite et pointe aussitôt son pistolet mitrailleur dans sa direction, le tenant en respect. Le premier homme, un type avec une crête rouge en profite alors pour se détacher rapidement alors que le deuxième saute à nouveau sur le psyker afin de lui faire lâcher son arme.
Syrius lutte au corps à corps avec le ganger, il parvient finalement  à s’en débarrasser d’un coup, le mettant de nouveau en joue, mais il réalise que l’autre ganger en a profité pour filer, lui aussi par une des fenêtres. D’un coup rapide, il assène un coup de crosse sur la tempe de l’homme qu’il tient en joue et l’assomme aussitôt.

La fille, une brune aux cheveux très longs se met à le frapper, le griffer et le mordre violement au bras. Conrad se met à crier, il tente d’attraper son pistolet laser, mais ce dernier est trop loin. Tandis que la fille complètement hystérique continue de le frapper, Conrad focalise son esprit comme il le peut et lui envoie une attaque psychique afin de la déstabiliser. Mais assurant mal sa concentration, à cause de la douleur et de la situation inconfortable dans laquelle il se trouve, Conrad n’obtient pas exactement l’effet escompté. Il réalise tout de suite à l’odeur fétide du Warp qui plane alentours que quelque chose vient de se produire. La fille se fige alors et le fixe soudainement de ses grands yeux verts qui s’écarquillent de terreur, elle va pour crier mais ne le peut pas, elle bave et du sang se met à couler de ses yeux alors qu’elle s’écroule sur lui au sol, évanouie.
Conrad se débarrasse de la jeune femme en la faisant rouler sur le côté, se relève, ramasse son pistolet laser et se dirige meurtri vers la salle d’eau, sentant bien que quelque chose ne va pas. Il se dirige vers le miroir fêlé au dessus d’un lavabo crasseux et s’arrête soudain net, il a un mouvement de recule et sent une terreur l’envahir alors que le miroir se fendille en étoile. Un bref instant, juste une fraction de seconde, une image furtive passe sur son visage puis disparait. Mais par Terra, le visage rouge sang, aux cornes de bronze, aux yeux laiteux et garni de crocs qu’il a vu dans le miroir n’était en rien le sien. Titubant et nauséeux, il revient dans la chambre où se trouvent toujours les deux jeunes femmes, son visage ayant enfin repris forme humaine.
Tilus jette brièvement un œil de chaque côté du couloir lorsqu’une silhouette fait irruption par l’une des portes à une quinzaine de mètres de là. Le type pointe un revolver de gros calibre et ouvre le feu. Tilus esquive la balle de justesse en jurant et se remet à l’abri dans l’entrebâillement de la porte dont un morceau vient de voler en éclat.
Pendant ce temps Syrius rejoint Conrad dans la chambre toujours plongée dans la pénombre et le trouve l’air hagard, le nez toujours en sang et les vêtements défais, du sang coule visiblement d’une vilaine morsure à l’un de ses bras. Il voit les deux filles allongées et se penchent sur elles. La première, une brunette à la peau mate semble évanouie au sol mais sans blessure apparente, la deuxième sur le lit parait mal en point, sans doute une overdose pense-t-il vue la teinte livide de sa peau à nue. Conrad récupère son pistolet laser et se dirige silencieusement de nouveau vers la salle de bain, faisant un signe à son compagnon. Syrius se relève, dégaine son pistolet mitrailleur, arme doucement la culasse et le couvre.

Tilus se baisse de nouveau au second tir du type qui emporte une partie du chambranle au dessus de sa tête, il pivote et lâche une rafale de laser dans le couloir et réalise justement qu’un autre gars, un type au crâne rasé avec un débardeur l’a pris à revers par l’autre bout du couloir, tirant au juger avec un pistolet mitrailleur. Un cri suivi d’un corps qui s’affale. Tilus sourit. Et un de moins.

Conrad se colle contre le mur et par la porte entr’ouverte risque de jeter un coup d’œil. Il repère aussitôt une ombre furtive à l’intérieur et se plaque contre le mur. Il fait un signe à Syrius qui le couvre toujours puis ouvre la porte brusquement et entre dans la salle d’eau, pistolet laser pointé. Intrigué, il fouille toute la pièce mais ne trouve personne juste avant de réaliser qu’il vient de voir son reflet dans un des miroirs brisés de la pièce. Maudissant son état de stress qui semble lui jouer des tours, il ressort de la pièce, l’air sombre. Syrius le regarde, les sourcils froncés et entre à son tour dans la pièce, l’air étonné.
-Y a personne c’est ça ?
-Laisse tomber, le Warp joue avec mes nerfs en ce moment, il faudrait que je me calme et que je prenne un peu de repos, je suis à cran, là.
-Pas de souci, normal qu’on soit tous un peu affectés avec ce qui se passe.
Puis tous deux écoutent la fusillade venant du couloir. Tilus vient de se remettre à couvert dans l’entrée de l’appartement tandis que le pistolet mitrailleur arrose sa position. Il remplace tranquillement la cellule énergétique de son fusil laser, un MkIII modèle Mars, active l’accumulateur et vérifie le sélecteur de rafales selon la procédure. D’un geste satisfait de connaisseur, il attend encore quelques secondes. Ecoutant l’homme dans le couloir prenant de l’assurance et s’approchant de façon un peu trop imprudente.
Il pivote de nouveau et le cueille à bout portant d’une rafale. Les impacts de laser le traversent de part en part, vaporisant son sang sortant en une brume rougeâtre par son dos. L’homme au crâne rasé est littéralement soulevé de terre et s’écroule deux mètres plus loin, pris de convulsions post-mortem. Tilus reprend sa position dans l’entrée, un petit sourire sur les lèvres.  
Syrius entreprend alors de fouiller la chambre rapidement, trouvant ça et là quelques vêtements épars, des munitions pour armes de poing et quelques sachets de drogues. Mais n’y prête pas vraiment attention.
-On ne trouvera rien ici, on ferait mieux de se tirer tant qu’il est encore temps.
-Tu plaisantes ? Ils doivent bien savoir quelque chose à propos de Skanks. Lui lance Conrad qui continue de fouiller la salle d’eau, trouvant de nombreux flacons de pilules inconnues. Puis laissant les deux filles à leur sort, ils reportent leur attention vers le séjour et entreprennent de le fouiller, trouvant quelques pistolets de plus, des munitions, de gros paquets de drogues emballés dans des sachets et plus de mille crédits en billets. Conrad récupère le liquide, balance les armes dans un coin, non sans que Syrius ait collecté au passage les munitions. Soudain au bout de quelques minutes, Conrad réalise que Tilus est dans la chambre en train de fouiller parmi les affaires.
-Par Terra mais tu fais quoi là ? Et cette putain de porte d’entrée à surveiller ?
Tilus ressort en grommelant, non sans au préalable avoir récupéré un sac de pilules dans la salle d’eau. Il referme la porte de la chambre, laissant les deux filles dans la même position. En refermant la porte, il la bloque de l’extérieur avec une chaise puis dit à l’attention des deux psykers.
-Il y avait une inscription dans la chambre.
Conrad et Syrius se regardent d’un air étonné puis regardent les murs alentours. Tous sont recouverts de graffitis comme c’est souvent le cas dans les squats. Certains sont assez anciens, d’autres beaucoup plus récents.
-Comment ça une inscription ? Un graffiti tu veux dire ?
-Non, c’est écrit avec une encre invisible, ce truc nous était destiné apparemment.
-Quoi ? Attends une seconde…mais comment tu as pu la voir si elle était invisible ?
Tilus tapote alors d’un doigt son œil bionique.
-Invisible avec un spectre visuel naturel, mais pas en vision infrarouge.
-Et qu’est ce qui te dit que ça nous était destiné ?
-C’est le même genre de message qu’Ezekiah a reçu, je l’ai noté. Tilus tend un papier sur lequel il a griffonné ces quelques mots :
« Le Triple-Idiot et l’Obèse dépravé sont éliminés de la partie par les Ombres. La belle intrigante peut enfin épouser son Prince, mais gare à lui car dès qu’il sera Roi, il sera le prochain sur la liste. »
-Par tous les Saints de Terra ! Lance alors Conrad. Mais qui a bien pu…
-Sans doute Skanks, lui répond Syrius, il faut absolument qu’on se tire d’ici et qu’on le retrouve.
-Bon, on verra plus tard avec Ezekiah pour cette énigme.Tilus, bien vu pour cette inscription !
Conrad reporte son attention vers Syrius.
-Non on ne se tire pas encore d’ici ! Le type que tu as assommé on va l’interroger, ce gars doit bien savoir quelque chose. Conrad attrape un récipient, le rempli d’eau dans la cuisine et revient lui verser le continu sur la tête. L’homme, un grand mince à la peau basanée et aux longues tresses noires secoue la tête en écarquillant les yeux et en criant, recrachant l’eau qui lui ruisselle sur le visage. Il réalise alors rapidement dans quelle situation il est, leur lançant en badabi :
-Lanet olsun, ama sen ?
Conrad ne comprenant évidemment rien, lance un regard interloqué à Syrius, ce dernier répond à l’homme au sol.
-Aşağı Gotik konuşmak ?
-Oui un peu, répond-il en bas gothique avec un fort accent local. Putain, mais vous êtes qui vous ?
Conrad s’accroupi face à l’homme, tenant de façon bien visible entre ses mains son pistolet laser.
-Hey ho ! Je ne sais pas si tu as remarqué mais t’as pas l’air d’être en position de force. Ici c’est nous qui posons les questions.
Tilus approche à ce moment là, il vient de ramasser son épée tronçonneuse qui était restée dans le couloir. Il la pose pointe en bas sur le sol à côté de l’homme.
-On va te poser la question calmement, lui dit-il, et je te conseille de ne pas faire le malin avec nous. Alors où est Skanks ?
-Qui…qui ça ? Lui répond le prisonnier, regardant avec effroi la lame dentelée toute proche de lui.
-Fais pas le malin avec nous. Ici tout le monde connaît Skank, donc tu le connais forcément, on veut juste savoir où il est.
-Hey mais par le Saint Trône, je vous jure que je n’ai jamais entendu parler de ce type moi, c’est la vérité !
Tilus lève alors sa tronçonneuse et fait mine de la mettre en marche, l’homme se met alors à couiner en tentant de fuir comme il le peut. Conrad arrête Tilus d’un geste et lui murmure tout bas :
-Laisse, ce type va craquer. Jette plutôt un œil à la porte d’entrée en attendant, personne ne surveille  nos arrières.  
Puis Conrad reporte son attention sur le prisonnier tandis que Tilus s’éloigne.
-Toi et tes copains, vous êtes ici depuis combien de temps ? L’homme semble réfléchir.
-Ça fait deux jours je crois…
-Ok, et y’avait du monde quand vous êtes arrivés ?
-Non…l’appartement était vide c’est pour ça qu’on s’est installé ici.
-Et comment vous avez appris que cet appartement était vide justement ? L’homme semble hésiter à répondre, manifestement mal à l’aise. Syrius pointe son pistolet mitrailleur sur la tête du type.
-Ok, ok…c’est un gars qui nous en a parlé !
-Et bien, voilà…lui répond Conrad. Un certain Skanks j’imagine ?
-Nan…enfin, j’en sais rien moi, le gars je le connais pas.
-Tu mens, je suis sûr que tu mens, répond à la question où je te brûle la cervelle lui répond Syrius, plaquant le canon de son arme sur le front de l’homme.
-Spud…il s’appelle…Spud…mais je le connais pas, je le jure, c’était un contact de Bones !
-Bones ? Lui demande Conrad en fronçant les sourcils.
Le prisonnier lui indique du menton le grand type à la peau noire étalé les bras en croix au milieu du couloir.
-Ok Bones c’était le chef de votre gang de pouilleux, lui répond Conrad. Un mec pas très malin apparemment. Et ce Spud, il ressemble à quoi ?
-J’en sais rien, je l’ai jamais vu moi ! Syrius lui plaque le canon un peu plus fort sur le front.
-Te fous pas de notre gueule et répond !
-Il…il est grand et assez baraqué, la peau mate avec une vilaine brûlure sur le visage et…
Conrad et Syrius se lancent un regard entendu, il s’agit là de la description de Skanks.
-Ok, c’est bon. Dis nous juste où on peut le trouver ce Spud ? Lui lance Conrad.
-Je vous l’ai dit, c’est Bones qui le connaissait et…
-Ta gueule ! Lui hurle Conrad. Je ne veux pas d’excuse, je veux des réponses, et j’ai pas l’intention d’y passer la nuit, Syrius, bute-moi ce mec, il nous sert à rien !
-Attendez par Terra !....je crois que la copine de Bones sait peut-être où on peut le rencontrer…
Conrad sourit et tapote l’épaule du prisonnier.
-Et bien voilà, tu vois qu’avec un peu de bonne volonté, tu arrives à te rendre utile. Et elle s’appelle comment cette demoiselle ?
-Ishta…
Puis reportant son attention vers la porte de la chambre toujours bloquée par une chaise, il fait un signe de la tête à Tilus qui revient vers eux. Ce dernier a refermé la porte d’entrée non sans au préalable avoir nettoyé le couloir des traces du dernier combat. Tilus se dirige alors vers la chambre, ôte la chaise, ouvre la porte et entre. La pièce est toujours dans la pénombre mais pourtant il réalise sans peine que la fille évanouie au sol n’est plus là. Il dégaine son pistolet laser alors qu’il détecte du mouvement. Le grand rideau fermé devant la bais vitrée vient de bouger légèrement. Avec un petit sourire il s’avance silencieusement, arme pointée, ne réalisant pas la présence tapis dans l’ombre derrière lui et la chaise en bois qui s’abat sur son crâne dans un grand fracas. Assommé net, Tilus s’écroule sur la moquette de la chambre sans même réaliser ce qui vient de lui arriver.
Depuis le séjour, Conrad et Syrius entendent en même temps un grand bruit de mobilier brisé, un corps qui s’écroule. Scrutant les ombres de la chambre, ils réalisent que Tilus est au sol. Syrius s’approche alors doucement de la chambre, voyant une main attraper rapidement le fusil laser au sol et se tapir à nouveau dans l’obscurité, il sort l’épée à lame courbe qu’il porte dans le dos. Conrad assomme le prisonnier toujours devant lui puis reporte son attention vers Syrius.
-Par le Trône, ne la tue pas, il nous la faut vivante !
Syrius fait irruption dans la pièce, dans un coin, la brunette aux cheveux longs et aux grands yeux verts pointe le fusil Mk III de Tilus dans sa direction, Syrius s’élance vers elle alors qu’elle tire mais le rate, surprise par la rafale qui la déstabilise. D’un geste rapide et oblique il lui assène un puissant coup d’épée, envoyant voler le fusil dans la pièce et lui entaillant profondément la cuisse. La fille pousse un cri, saisissant la plaie à pleine main tandis que son sang s’échappe rapidement à gros bouillons. Ses yeux se retournent puis elle s’écroule au sol, inconsciente. Conrad  pénètre aussitôt dans la pièce.
-Putain, mais je t’avais dit de ne pas nous la tuer, cette fille a des informations qu’il nous faut, tu te rappelles ? Tu pouvais pas utiliser tes pouvoirs plutôt ?
-Ça va, elle est juste blessée ! T’es marrant toi, dois-je te rappeler que cette fille t’a pété le nez, elle a bien failli t’avoir tout à l’heure et qu’elle a aussi réussi à avoir Tilus ?
-C’est vrai que pour une ganger, cette fille en a une sacré paire ! Puis Conrad se dirige vers elle et entreprend de lui faire les premiers soins. Pendant ce temps Tilus se relève en se frottant l’arrière du crâne où une vilaine bosse commence à pousser. Voyant Conrad occupé à soigner la fille dans une marre de sang, il lui lance :
-Fallait pas la tuer, mais merci quand même…
Conrad lui répond sans se retourner :
-Tu t’es fais avoir comme un bleu sur ce coup-là, cette nana est du genre coriace. Mais j’y suis pour rien, c’est Syrius qui a failli la tuer. Ce dernier entreprend de fouiller parmi les drogues trouvées par Tilus et sort quelques injecteurs et quelques flacons.
- Y a entre autre du Détox et de l’Endomorphine, ça devrait faire l’affaire.
-C’est quoi ça ? Lui répond Conrad.
-L’Endomorphine est un stimulant, ça devrait la remettre debout. Lui répond Syrius en désignant la fille blessée à la cuisse.
-Ok vas-y injecte lui une dose.
Une fois chose faite, la fille reprend conscience en grimaçant. Tilus ouvre les rideaux, dehors il fait nuit et la bais vitrée est entr’ouverte. De là le mouvement tout à l’heure dans le rideau, se maudit-il. Il allume le lumiglobe de la pièce.
-Tu parles le bas Gothique ? Lui demande Tilus. La fille leur lance un regard mauvais. Des mèches de ses cheveux noirs sont collées devant son visage dur de battante mais pourtant pas dénué de charme avec son tain hâlé, ses yeux verts et ses lèvres charnues.
- Allez-vous faire foutre Orospu Band oğlu !, leur lance-t-elle avec un petit accent local.
-Arrête de faire ta maline avec nous, ton numéro est terminé. Tu vas répondre gentiment à cette question, ensuite on te foutra la paix. On sait que tu connais un certain Spud, on veut juste savoir où le trouver.
La fille les regarde d’un air dur.
-Spud ? Je connais pas ! Lanet olsun sen veben !
-C’était quoi ça ? Demande Conrad à ses compagnons.
-Rien, elle dit qu’elle nous emmerde. Lui répond Syrius.
-Ecoute ma jolie…Ishta, c’est bien ton nom ? On sait que tu le connais. Lui répond Conrad.
La fille les observe d’un air amusé avant d’éclater d’un rire cristallin.
-Qu’est ce qui te fais rire comme ça ? Lui demande Syrius, mettant sa lame en évidence.
-Non… C’est juste que vous êtes vraiment trop cons tous les trois, leur lance-t-elle en continuant de rire nerveusement.
Tilus et ses compagnons se lancent un regard dubitatif.
-J’m’appelle pas Ishta, Şerit satış öneriler ! Leur lance-t-elle d’un air méprisant.
-Et tu t’appelles comment ? Lui demande Conrad et ici on parle le Gothique par Terra !
-T’es du Magistratum toi ? Et comment tu t’appelles d’abord ?
-Ecoute, pour l’instant on a été plutôt patient avec toi contrairement avec le reste de tes potes, donc je te conseille de répondre à nos questions et d’arrêter de faire ta maline ! Qui c’est cette putain d’Ishta ? Se met à hurler Conrad.
La fille baisse la tête, puis  parait réfléchir un instant avant de répondre en le fixant dans les yeux.
-Je serais toi le sorcier j’irai me faire soigner le pif, tu as encore du sang partout et ça te donne l’air encore plus con que tes potes, lui répond la fille d’un air visiblement insolent et prenant véritablement sur elle pour paraître calme.
-Ok…tu as des couilles il faut bien le reconnaitre et dans d’autres circonstances on pourrait considérer cela comme un avantage certain…mais là tu commences vraiment à me les briser, lui lance Conrad en se penchant sur elle. Tu as largement dépassé les limites de notre patience.
Syrius lève sa lame et plaque le tranchant contre la gorge nouée de la fille qui subitement parait nettement moins sûre d’elle.
-Ok, Kutsal Throne tarafından !  Elle indique du doigt l’autre fille toujours allongée en travers du lit et toujours aussi livide. C’est elle Ishta.
Conrad regarde alors ses compagnons d’un air interloqué.
-Quoi ? C’est cette camée à moitié morte ?
-Et alors, vous vous attendiez à quoi d’autre ? Lui lance la fille.
-Je ne sais pas, mais un instant j’ai pensé que ça aurait pu être une fille comme toi par exemple.
-Ne te méprends pas…Ishta est une fille comme moi, elle a juste fait un mauvais trip !
Pendant ce temps, Syrius s’empresse d’injecter une dose massive de détox à la fille. Celle-ci se met alors à se tétaniser, son corps se cambre violemment, elle ouvre grand des yeux gris bleus et se met aussitôt à s’étouffer. Elle se relève alors brutalement, l’air hagard et complètement désorienté, puis en titubant et ignorant sur l’instant sa totale nudité part en direction de la salle d’eau où elle se met à vomir.
Au bout de quelques instant, elle se passe un peu d’eau sur le visage, enfile une robe de chambre et réapparait dans la pièce, jetant un air mauvais à l’encontre des trois personnages. Syrius tenant toujours en respect de sa lame sa copine.
-Bu kutsal tahta ile sen ? Demande-t-elle en s’asseyant en tailleur sur le lit tout en prenant une barrette de Lho dans un paquet posé sur la table de nuit. Elle l’allume.
-Burada soru sormak için et on parle Gothique ! Lui lance Tilus, tu t’appelles Ishta et on sait que tu connais un certain Spud, on veut savoir où il est.
La fille tire nerveusement sur sa cigarette se donnant ainsi le temps de les observer, elle passe son autre main dans ses cheveux auburn coupés au carré mais désormais en bataille. Sa peau claire a toujours une teinte livide et elle n’est visiblement pas au mieux de sa forme. Avec quelques kilos de plus, cette fille pourrait être même plutôt jolie. Même si elle en parait bien cinq de plus, cette fille ne doit pas avoir plus de dix-sept ou dix-huit ans, soit un ou deux ans de plus que sa copine brune.
-Alors c’est pas lui qui vous envoie ? Leur répond Ishta avec son accent chantant.
-Répond juste à notre question, et pourquoi il nous aurait envoyé d’après toi ?
-Bones et lui étaient en affaire, et y a un truc qui a mal tourné, Bones lui doit un bon paquet de fric en dédommagement…mais bon, c’est pas vos affaires. Bones il est où ?
-Il est mort et tes potes aussi.  Lui répond froidement Conrad.
-Vous n’êtes qu’une bande de salauds, leur lance alors Ishta, se penchant en avant, les yeux soudain embués de larmes, allez vous faire foutre avec vos questions, Orospu kirli oğlu !je vous dirais rien, vous pouvez me tuer tout de suite !
-Ecoute, on veut juste savoir où est Spud, et ensuite on vous laisse tranquille, on n’a pas l’intention de vous tuer. Lui répond doucement Conrad, tout en focalisant son pouvoir afin de pénétrer les couches superficielles de la mémoire de la fille. Un flash apparaît alors à son esprit, un bar dans un quartier underground des faubourgs désaffectés de Middenheim, le bar s’appelle le Warp. Un nom prédestiné se dit Conrad en souriant pour lui-même.
La fille se raidit alors.
-Bande de fumiers, qu’est ce que vous êtes en train de me faire, y a un putain de sorcier ici !
Conrad fait un petit sourire à ses deux compagnons.
-Ok, j’ai l’info. On va les attacher tous les trois bien solidement. Puis à l’attention d’Ishta, hurlant désormais à leur encontre des insultes en badabi à faire rougir un ruchard :
Tu vois ma jolie, on va pas te tuer, on va te laisser sagement ici et dans quelques heures on repassera.
Tilus le prend alors par le bras et lui murmure tout bas :
-Pourquoi tu leur dis ça, tu as l’intention de repasser ?
-Tu comptes les recruter dans l’équipe ou quoi ? Lui murmure alors Syrius
-On verra bien, pour l’instant on se focalise sur ce fameux Spud ou Skanks, ensuite on avisera, mais d’abord on les attache et on essaie de les endormir, Syrius, vois ce que tu peux trouver parmi les drogues.
Tandis que les trois prisonniers sont ligotés dans la chambre, Syrius trouve un injecteur avec de l’Halcyon et leur injecte aussitôt une dose à chacun. Les effets sont immédiats, les endormant pour quelques heures.
Puis les trois compagnons redescendent les étages et rejoignent leur véhicule où les attendent Hephastos nerveux et Skeld sur le qui-vive, son fusil radiant en main.

-Et bien, vous avez mis le temps ! Leur lance-t-il. L’équipe s’empresse de prendre place à bord de la voiture alors qu’Hephastos démarre.
-Oui, bin ça n’a pas été si simple, on a eu quelques soucis là-haut, ça t’aurais pas venu à l’idée qu’on aurait pu avoir des problèmes ? Lui lance Tilus.
- Si justement, vous connaissant ça m’étonne même plus. Lui répond Skeld sur un ton sarcastique.
-T’aurais pu au moins nous couvrir, t’as pas eu idée de surveiller les fenêtres ? Lui répond Tilus.
-Et tu crois quoi toi le psychopathe ? Qu’on jouait aux cartes en t’attendant ? Je sais pas si t’as bien remarqué, mais plusieurs gangs nous tournaient autour pendant que vous preniez votre temps là-haut ! J’ai du plusieurs fois les tenir en respect, sinon à l’heure qu’il est t’aurais même plus de bagnole ! Lui lance alors Skeld sur un ton cassant.
-Et sinon, vous avez eu des infos sur Skanks ? Leur demande alors Hephastos en roulant vers un quartier plus sûr, voyant clairement que la situation commence à devenir tendue entre ses compagnons.
-On sait peut-être bien où le trouver, lui répond Conrad. Un bar qui s’appelle le Warp, quelque part dans les bas-fonds des quartiers louches de Middenheim. Puis se tournant vers Tilus et Syrius :
-Ça vous dit quelque chose ?
Syrius et Tilus font non de la tête.
-Je vais appeler mon pote Hak, il est du coin, peut-être pourra-t-il nous renseigner, répond alors Tilus en sortant son vox. Après quelques rapides échanges en badabi avec son correspondant, Tilus coupe la communication.
-Alors ? Lui demande Conrad.
-Il ne connait pas mais va se renseigner, il me rappelle dans une heure.
-Bon on va tâcher de se débrouiller sans lui en attendant, lui répond Conrad, tout en faisant signe à Hephastos. Arrêtes toi à ce carrefour, j’ai une idée. Puis fouillant dans le sac récupéré dans l’appartement par Tilus, en sort quelques sachets de drogue et guette les personnes qui errent un peu plus loin. Quelques gangs s’affairent autour de braseros dans des ruelles, tout en surveillant nerveusement leur territoire. Conrad repère un type qui se faufile dans les ombres, il attend que celui-ci soit à hauteur de leur véhicule puis l’interpelle. L’homme dégaine aussitôt un automatique et le pointe vers la voiture, mais aussitôt cinq armes sont braquées sur lui depuis le véhicule. L’homme se fige.
-J’aurais juste besoin d’un renseignement l’ami, lui demande Conrad. Le type hésite quelque peu.
-Et j’y gagne quoi moi ?
-Tu y gagnes la vie sauve et peut être un petit supplément. Conrad lui fait voir furtivement les sachets qu’il a en main. Un bar nommé le Warp tu connais ?
-C’est bien possible.
-Tu saurais nous y emmener ? Conrad ouvre la portière et lui fait signe de monter. L’homme hésite, Conrad lui montre deux sachets de plus.
-Ok, je vous montre où c’est.
Puis s’installant à bord, Hephastos démarre aussitôt. L’homme leur indique d’aller vers l’Est, à l’opposé de là où ils sont actuellement.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mer 30 Avr 2014 - 16:28

Chapitre X

+++Le Warp+++
+++Un deal qui tourne mal+++
+++Fuir le Quartier des Damnés+++




Traversant les parties abandonnées au pillage du Commercia par le boulevard de la Guilde, bifurque au sud, longeant ainsi le haut du quartier des docks par l’avenue Rogal Dorn puis reprenant vers l’Est par la voie Ste Célestine, file vers les quartiers des anciennes manufacturia abandonnées. Le type leur fait signe de prendre dans une sombre ruelle et de continuer tout droit. La zone vers laquelle ils se dirigent est totalement désaffectée. Ici pas de lumiglobes, par d’indications, juste une ancienne ruelle au revêtement défoncé et encombrée de monticules de détritus. Visiblement, des gens semblent y vivre, à moins qu’ils ne s’y cachent pense Hephastos. De chaque côté, de hauts murs de lithociment délabré et couverts d’inscriptions les séparent des immenses constructions industrielles lugubres, ruines désormais squelettiques et corrodées qui culminent à plus de cent cinquante mètres de hauteur. Le véhicule roule au pas, suivant les recommandations de leur indicateur. L’endroit pourrait être idéal pour une embuscade se dit Skeld. Finalement l’homme leur demande de stopper leur véhicule.
-L’entrée est ici, je n’irai pas plus loin. Il leur indique une porte métallique rouillée donnant sur un bâtiment en ferrobéton abandonné.
-Et on est censé faire quoi ? Lui demande Conrad.
-Vous frappez à la porte, on vous ouvre, ensuite vous suivez un couloir, descendez des escaliers et vous y serez. Le Quartier des Damnés commence là. Le type se tourne vers Conrad et tend la main vers lui, paume vers le haut.
-Charmant, lui répond-il en lui glissant quatre sachets dans le creux de la main. Le type les fourre dans sa poche, sort de la voiture et s’empresse de disparaître.
Hephastos gare la lourde Armadillo dans une petite ruelle adjacente et sombre.
-Un vrai coupe-gorge ce coin, lance-t-il.
-Oui il serait bien que vous gardiez la voiture de nouveau Skeld et toi, lui répond Conrad.
-Non je serais d’avis à ce que Skeld nous accompagne sur ce coup-là, lui répond Tilus, Syrius acquiesce. On ne sait même pas sur quoi on va tomber, on ne risque pas de se frotter à une poignée de gangers là, mais à des dizaines…
-Ok, répond Conrad, Skeld tu viens avec nous, Hephastos tu ouvres l’œil !
Skeld et Tilus habitués à ce genre de configuration, ne peuvent s’empêcher de scruter les alentours, fusils laser près à l’emploi.
-Il y a deux guetteurs de ce côté-ci, indique Tilus en montrant les niveaux supérieurs d’un des bâtiments.
-Et trois autres de ce côté-ci complète Skeld en indiquant d’autres niveaux au dessus d’eux.
Puis, le quatuor se dirige vers l’autre côté de la rue sombre vers la porte blindée. Conrad frappe sur le métal nu et corrodé. Une trappe s’ouvre en grinçant à hauteur de visage. Une voix rauque leur demande depuis l’intérieur :
- Ne istiyorsun ?
- Biz, size girebilirsiniz satmaya şeyler var mı ? Répond Syrius.
Tilus en profite pour murmurer discrètement à ses deux compagnons hors-monde qu’il est souhaitable que lui ou Syrius se chargent des négociations, précisant que son coéquipier vient d’annoncer qu’ils venaient ici pour vendre quelque chose.
Un bras mécanique sort alors de la trappe, il est équipé d’un auspex qui scanne les quatre compagnons de la tête au pied. Ces derniers ne bougent pas. Le bras mécanique rentre d’où il est venu. La voix reprend :
- Satılık kişi başına elli kredili ise !
-Putain, mais c’est quoi son charabia, on comprend rien, murmure nerveusement Skeld entre ses dents.
-Il dit que c’est cinquante crédits par personne pour avoir le droit d’entrer, lui chuchote Syrius.
-T’es sérieux ? Lui lâche Conrad. Non mais il se fout de notre gueule ou quoi ? Le type de tout à l’heure ne nous avait pas dit que c’était payant, dit lui d’aller se faire foutre !
La trappe se referme alors aussitôt dans un claquement sec.
Tilus se tourne vers Conrad avec un petit sourire.
-Bravo…ce n’est peut être pas la langue locale, mais ici tout le monde comprend le gothique, bon faites passer la monnaie, maintenant qu’on est là, on va quand même tenter de rentrer !
Tilus refrappe à la porte et tend la liasse de billets tandis que la trappe s’ouvre à nouveau. Une main gantée de cuir prend l’argent. La trappe se referme. Quelques secondes plus tard, dans un grincement de verrous mécaniques, la porte pivote sur ses gonds. L’intérieur est faiblement éclairé laissant entrevoir un long couloir et quelques silhouettes armées.
Le groupe entre et s’engouffre dans le couloir, de chaque côté, de nombreuses alcôves donnent vers d’autres salles d’où les observent des gardes armés.

Au bout du long couloir aux murs défraichis et éclairés par des lumiglobes à basse intensité, ils débouchent en effet sur un escalier en métal grillagé qui descend vers les profondeurs d’un ancien complexe industriel. Depuis le fond, on perçoit les bruits d’une intense activité, mélange de brouhaha de sérail, d’activité industriel, de musiques locales lancinantes, odeurs de graisse de fritures, de sueurs rances et d’urine.

Depuis les escaliers, du monde va et vient, se bouscule en tout sens, la foule est bigarrée. Ici vivent et commercent les parias de la société badabi, les racailles des mauvais quartiers, les mercenaires en tout genre et autres malfrats sans foi ni loi. D’ailleurs les lois de l’Imperium n’ont pas cours ici. L’humain côtoie l’abhumain et les mutations légères sont légions. Arrivés au niveau de la « rue », le quatuor se fraie un chemin au travers de la foule bruyante et animée. De chaque côté des étroites ruelles piétonnes de cette sous-ville troglodyte, se trouvent des sortes de façades de bâtiments. Visiblement un antique complexe minier recyclé qui s’étend sur plusieurs niveaux et sur un nombre de ruelles incalculables et insalubres. Partout pendent des câbles, des tuyaux et autres enseignes branlantes.
Ses hautes voutes culminent à une bonne centaine de mètres de hauteur et parfois plus à certains endroits, d’où sont accrochées des lumiglobes diffusant une pâle lueur nocturne en permanence. Ici la lumière du jour ne vient jamais et l’air est recyclé et filtré au travers de pâles de ventilateurs usés et corrodés. Depuis les hauteurs obscures et enfumées de la voute suinte une humidité grasse et acide qui retombe en bruine constante, recouvrant chaque ruelle nauséabonde.
Selon les runes clignotantes des néons colorés des façades qui éclairent les rues, ici tout s’achète, se vend et se troque, le meilleur comme le pire mais rien n’est visible depuis la rue. Dans les arrière-cours de petites manufacturia de jeunes enfants en guenilles s’activent à la fabrication d’armes et de munitions. Dans les arrière-boutiques on trouve des armes rafistolées et d’occasion de diverses origines, la nourriture dont la viande est certifiée à 60% naturelle, de l’augmentique et des organes de troisième main, de l’alcool légèrement trafiqué qui coule à flot et des drogues et substances xenos divers.
De jeunes esclaves dénudées, aux mutations cosmétiques attrayantes, dont certaines à peine préadolescentes mais déjà dépendantes à certaines drogues dures sont louées comme jouets sexuels dans certaines maisons, et dont les mérites sont vantés par ses rabatteurs à l’œil torve, aux dents pourries et à la bave dégoulinante. Partout, des vendeurs ambulants, des cracheurs de feu et autres acrobates. Un jeune crieur aveugle d’à peine six ans au visage brûlé à l’acide passe dans les rues, proclamant la représentation prochaine du spectacle d’esclaves-gladiateurs qui se tiendra dans l’Arène de Fer.
Dans une des rues, des hôtels-sarcophages dont les façades courent jusqu’en haut des voutes, louent des cellules de six mètres carré où s’entassent les familles les plus démunies pour quelques crédits la semaine.
Ici, la vie semble se dérouler indépendamment de la vie en surface. Un peu comme si les habitants de cette sous-ville ne se souciaient même pas de ce qui se passait plus haut, car plus haut, personne ne se soucie d’eux. Vaquant ainsi à leurs occupations comme si de rien n’était et attendant ici à l’abri insoupçonnés que la guerre passe, porteuse de son lot d’offrandes dans son cortège funèbre de destruction.
Au bout d’une vingtaine de minutes d’errance parmi les ruelles encombrées, Syrius fait un signe à ses compagnons.
-Le Warp, l’entrée du bar est là !
Depuis la ruelle où ils se trouvent, l’enseigne ne paie pas de mine et aurait très bien pu passer inaperçue. Une volée de marches encombrées de viande saoule mène à un sous-sol. Le groupe y descend et se retrouve dans une sorte d’ancienne cave où on y joue de la Barbare bruyante aux puissantes tonalités mécaniques. Les flashes colorés de lumières stroboscopiques percent les ténèbres enfumées de la salle aux lourds relents d’obscura, de sueur aigre, de vomi éthylique et d’urine acide. La musique est assourdissante et l’odeur répugnante. Des bandes de jeunes gangers se démènent dans la fosse aux pieds d’un groupe de musiciens furieux du nom d’Anathaema Abjecta. Leurs instruments font autant de bruit qu’une escouade Devastator de l’Astartes délivrant la mort sur une horde d’orks braillards. La chanteuse du groupe elle-même, une toute petite brune au maquillage coulant, bardée de cuir noir clouté, aux longues tresses et aux yeux délavés pourrait bien rivaliser de ses cris rauques avec un big boss rameutant une Waaaaaagh !
-On va avoir du mal à s’entendre, lance alors Tilus à ses compagnons.
-Quoi ? lui répond Conrad en criant.
-Restons groupés, sinon on risque de ne pas se comprendre, lui hurle alors Tilus. Puis s’asseyant à une table dans un coin, ses camarades l’imitent tandis que Syrius se dirige vers le bar où s’activent plusieurs serveurs. Un des barmans, un type chauve et assez costaud lui lance un regard. Le type a trois bras, un avantage dans son métier. En surface, les escouades de répression du Magistratum l’auraient abattu sans aucune somation et en pleine rue pour sa mutation.
-Trois bières et un Whiskar, lui lance Syrius en badabi. Je cherche un certain Spud, vous l’auriez pas vu ? J’ai un truc à lui remettre ?
-Je connais pas. Lui répond le barman. Syrius lui glisse un billet de cent crédits. Le type pose la main dessus.
-C’est ma tournée, rejoins tes potes, je vous sers dans un instant. Puis Syrius part rejoindre ses compagnons qui l’interrogent du regard. Syrius leur fait signe de patienter. Autour d’eux les tables sont bondés de personnages encore plus louches que ceux qu’ils ont croisés jusque là.
Le barman approche et leur sert leurs boissons, sous l’un des verres se trouve un petit papier plié en deux. Syrius l’attrape discrètement et le lit.
-Demain, même endroit, même heure. Annonce-t-il à ses compagnons.
-Parfait, annonce alors Tilus, ça va nous laisser un peu de temps. On pourrait déjà commencer par revendre toute la came qu’on a avec nous.
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, lui répond Conrad, cela risque de nous attirer plus d’ennuis qu’on en a déjà. Et puis on n’est pas là pour ça.
Tilus lance un regard alentours et répond avec un petit sourire à son compagnon.
-Ça n’empêche pas de le faire quand même, je ne sais pas si tu sais, mais on va avoir besoin de fric et je crois qu’on ne trouvera pas de meilleurs endroits pour ça !

Conrad l’interrompt d’un geste, Hephastos l’appelle sur son vox.
-Oui ?
-J’ai un souci ici, une bande de types commencent à rôder autour de la voiture et je ne vais pas pouvoir les retenir longtemps !
-Ok, on t’envoie du monde ! Puis coupant son vox, Conrad lance à ses autres compagnons :
- On remonte, Hephastos a un problème avec un gang !
Aussitôt, Skeld bondit de sa chaise.
-Restez ici à perdre du temps avec votre enquête, moi j’y vais ! Puis il se fraie un chemin vers la sortie du bar et disparaît aussitôt.
-Syrius, suis-le tout de suite, j’ai peur qu’il nous fasse encore une connerie celui-là, surtout qu’il ne parle même pas le badabi. Lance alors Tilus à son compagnon.
Syrius, après un hochement de tête, s’empresse de suivre Skeld au travers de la foule. Puis Conrad et Tilus après quelques minutes décident de sortir à leur tour du bar, ils n’apprendront rien de plus cette nuit et commencent à chercher un endroit où ils pourront revendre une partie de la drogue. Le vox de Conrad vibre à nouveau.
-Oui ?
-C’est Hephastos, je descends vous rejoindre, vous êtes où ?
-Les autres sont là-haut ?
-Oui, ils s’en sortiront très bien sans moi pour garder l’Armadillo.
-Ok, on te rejoint en bas de l’escalier principal.
Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent en effet à l’endroit convenus.
-Donc c’est quoi la plan ? Leur demande Hephastos.
-On a rendez-vous avec Skanks, qui se fait appeler Spud, dans vingt-quatre heures ici dans le bar appelé le Warp. En attendant, on comptait revendre un peu de came pour se renflouer.
Hephastos les attire vers une ruelle un peu plus sombre.
-Vous avez récupéré quoi précisément sur les gangers ?
-On n’en sait rien, lui répond Conrad en sortant un sac, il doit y en a voir un peu plus de cinq cent grammes pourquoi, tu t’y connais ?
Hephastos se saisit de l’ensemble et soupèse le sac avec son bras augmentique.
-Disons que j’ai quelques bonnes notions dans les toxines. Il y a là exactement 752,683 grammes. Il l’ouvre et vérifie les sachets.
-Du Lho principalement et de l’Obscura.
-Et y en a pour combien ? Lui demande Tilus.
-La valeur marchande de l’ensemble peut varier de cinq mille à huit mille crédits dans une ville impériale.
-Ok, mais dans des bas-fonds comme ici…cela doit en valoir la moitié. On va en garder environ cent cinquante grammes, au cas où, le reste on le refourgue. Lance Tilus à ses compagnons qui acquiescent.
Puis le trio se dirige vers le dédale de ruelles toujours aussi animées, même à cette heure tardive de la nuit. Au bout d’une vingtaine de minutes, Tilus repère précisément ce qu’il recherche, familier de ce genre d’environnements.
-Cette rue est emplie de dealers et de tox, regardez là-bas l’entrée de ce bâtiment gardé par des gros bras, c’est là-bas que les affaires se déroulent.
Sur la façade du bâtiment, une enseigne où est écrit « bitki uzmanı » en badabi, ce qui signifie quelque chose comme herboriste ou vendeur de drogues.
Puis traversant la rue, il se présente devant les gardes armés qui lui lancent un regard mauvais voyant l’attirail qu’il porte sur lui.
-Bu iş için patronu görmeye geliyor. Leur lance-t-il en leur montrant quelques sachets d’Obscura.
Les types lui font un signe de tête et ouvrent la double porte en bois renforcé de barres de fer clouté, leur faisant signe d’entrer. Tilus et ses compagnons passent un porche, puis un couloir sombre qui mène dans une cour intérieur. Là se trouve une demi-douzaine de gardes occupés à discuter entre eux ou à jouer aux dés, ils jettent un regard aux arrivants, laissant de façon ostensible leurs armes en évidence. Tilus se dirige vers la porte principale du bâtiment qui leur fait face, un des gardes leur ouvre, ils entrent et se retrouvent dans ce qui ressemble à un comptoir.

Les murs sont emplis d’étagères et de casiers où se trouvent nombre de bocaux en faïences blanche et bleue, de pots en terre ou de boîtes en métal hermétique. Dans le fond, on peut voir depuis une alcôve, une seconde pièce qui sert visiblement de laboratoire. Dans les angles de la pièce se trouvent des gardes armés qui guettent les moindres gestes de Tilus et de ses compagnons. De l’encens brûle dans une petite niche dans laquelle se trouve une représentation de l’Empereur-Dieu un peu kitsch. Derrière son bureau en marqueterie, imperturbable, un homme plutôt bien portant, habillé de grandes robes de soies colorées et paré de nombreuses bagues aux pierreries chatoyantes est penché en avant devant divers appareillages en bronze. Il fume une chéchia tout en manipulant une petite balance et une sorte d’auspex. Il relève vers le trio son visage marqué par l’embonpoint, relevant les magnoculaires de devant ses yeux vifs tout en soufflant une fumée bleutée aux fortes saveurs de Lho noir.

-Kutsal İmparator olmak
, lui énonce Tilus en inclinant légèrement la tête.
-Bu İmparator övdü olmak, lui répond l’homme en lui rendant son salut selon la formule rituelle locale.
-Demek bana birşeyler satmak ister misin ? Lance-t-il à Tilus, pointant un doigt vers le sac qu’il porte à la main.
- Evet ! Lho dört yüz gram ve yüz ve Obskure elli gram, lui répond-il en lui posant les sachets sur le comptoir.
L’homme fait un geste de la main vers Tilus, proposant à Tilus et à ses compagnons de s’asseoir dans les fauteuils qui lui font face. Les regards de ses gardes du corps sont toujours fixés sur eux. Leurs armes, des canons sciés, sont toujours pointés dans leur direction, leur signalant clairement que leurs mains feraient mieux de ne pas trop s’approcher de leurs propres armes.
L’homme entreprend de peser méticuleusement les sachets à l’aide de sa balance en bronze. Puis de la pointe d’un de ses doigtiers en argent, il pioche une petite quantité de chaque substance et la goute mais reste visiblement dubitatif. Suite à quoi, à l’aide d’un petit appareil tubulaire du même métal, il prélève une petite quantité de chacune des substances et les introduit dans le compartiment de l’auspex, puis éveille certaines runes. L’appareil se met à émettre une série de cliquetis électroniques qu’Hephastos s’empresse aussitôt d’interpréter et d’analyser, l’esprit de l’appareil énumérant la litanie binaire de la composition chimique des éléments. Les taux ne semblant pas aussi bons que prévus, se dit le technoprêtre en les entendant. L’homme lit l’affichage graphique qui sort en impression sur un électro-parchemin qui se déroule en sortant de la machine. Ajustant ses magnoculaires, il lit le rouleau en faisant une petite moue puis lève de nouveau ses yeux vers Tilus.
-Obskure Bu nasıl tiyo istiyorum saf değil mi ?
-Bana bir teklif yapmak düşündüm… Lui répond Tilus un peu étonné que ce soit à lui de fixer un prix, d’autant plus que la qualité semble laisser à désirer.
-Ödeme olmak istiyorum nasıl, Takas kredisi veya İmparatorluk ? Lui demande son interlocuteur.
-İmparatorluk kredisi, répond aussitôt Tilus.
-Hepsi üç mil için, olacak ?
Tilus réfléchit quelques secondes se disant qu’il aura certainement du mal à en tirer plus, puis tape une main sur le bureau.
-Ben üç mil olacak !
L’homme est apparemment satisfait lui aussi, sans bouger il faut un signe de la main vers un de ses acolytes puis s’adosse contre son fauteuil molletonné en croisant ses doigts bagués et tire de nouveau sur sa chéchia. L’acolyte lui apporte un coffret de métal damasquiné d’or et d’argent plaqué d’incrustations de nacre. L’homme à la chéchia applique une de ses bagues sur la serrure biométrique du petit coffre. Une série de bips électroniques se font entendre puis un clic mécanique annonce que l’esprit de la machine vient de reconnaître le code d’accréditation encodé dans la bague. Le coffret s’ouvre. L’homme se saisit d’une liasse de billets, les compte et en tend quelques-uns à Tilus. Ce dernier les prend, les fourre dans sa poche et salut l’homme avant de faire signe à ses compagnons de le suivre.
Une fois de retour dans la rue, Conrad lui demande :
-Alors il s’est passé quoi ? On n’a pas comprit un traitre mot de ta langue barbare, on a gagné combien ?
-Trois mille crédits, apparemment l’Obsura était coupée et le Lho de qualité moyenne.
-C’est tout de même une sacrée somme… Peu importe, de toute façon on n’a pas de moyen de s’en assurer autrement.
- Oui, on ne s’en sort pas trop mal sur ce coup-là. Puis repérant que deux gangers à la sombre mine les observent, Tilus attrape ses compagnons par la manche. Ne restons pas là, leur dit-il, des types commencent à nous observer.
Jouant des coudes dans la ruelle toujours bondée, Tilus se fraie un chemin afin de sortir du quartier des dealers. Une fois à quelques rues de là, le trio décide de retourner au bar, le Warp afin d’étudier la configuration des lieux en vue du rendez-vous du lendemain.
Arrivés sur place, Conrad et Hephastos descendent l’escalier, Tilus décide de faire le tour par derrière afin de trouver une éventuelle sortie de secours.
Hephastos commande deux bières au comptoir, puis lui et Conrad décident d’arpenter la salle toujours aussi puante, enfumée, encombrée et saturée de musique bruyante. La jeune chanteuse enragée du groupe Anathaema Abjecta vient d’entamer un morceau visiblement fort apprécié et intitulé « Arbitrators orospu çocuğu », signifiant visiblement quelque chose de fort insultant à l’encontre de leurs mères.
Conrad laisse la foule s’agiter et repère un escalier qui mène au sous-sol, il descend, jouant des coudes et tachant de ne pas renverser complètement sa bière, non pas qu’il en raffole, mais cherchant surtout à ne pas faire plus de trous dans ses vêtements qu’il n’en a déjà. Arrivé tant bien que mal en bas, il constate qu’il devait bien s’agir à une certaine époque des toilettes du bar. En tout cas, cela doit bien faire longtemps que ce lieu désormais de débauche pure à en faire pâlir un space marine ne sert plus de toilettes. Ça et là des adolescents émaciés, aux yeux cernés, aux pupilles dilatées et à la peau couverte de plaques rouges s’échangent des injecteurs aux cocktails de substances hautement nocives et illégales. Parmi eux, des jeunes filles proposent certains services sexuels qu’elles ne devraient même pas soupçonner à leur âge contre une dose d’Obscura, de Nirvana, de Rage ou de Satrophine. Horrifié, Conrad remonte aussitôt avant qu’une de ces jeunes tox vénéneuses ne le sollicitent.

De retour dans la salle, il cherche Hephastos du regard, ce dernier scrute les alentours. Conrad le rejoint.
-Alors, y a quoi au sous-sol ? Lui demande le Technoprêtre en haussant la voix à cause du bruit.
-Rien qui puisse nous intéresser, pas d’issue en tout cas, lui répond Conrad, et toi ?
-Pas de système pix ici. Il semble bien y avoir une arrière-salle et sans doute un bureau en plus des cuisines. Je pense que l’une de ses pièces communique avec l’extérieur.
Puis reportant leur attention sur les portes qu’il surveille, Hephastos fait un signe à son compagnon alors qu’une serveuse vient de sortir des cuisines. Par la porte entr’ouverte, le Technoprêtre aperçoit la pièce derrière. Il s’agit en effet d’une cuisine, mais surtout tout au fond se trouve une autre porte, ouverte elle aussi et donnant bien dans une cour intérieur.
-C’est bien ce que je pensais, dit-il. Il y a une autre issue.
-Au fait, en parlant de ça on ferait bien de retrouver Tilus, il a peut être trouvé autre chose.
Conrad et Hephastos reposent leur verre vide sur une table et ressortent, appréciant l’air lourd et vicié de la rue mais ressemblant à une véritable bouffée d’air frais en comparaison aux exhalaisons empuanties du bar. Hephastos fait signe à son compagnon, se dirigeant dans la direction empruntée par Tilus, dix minutes plus tôt.
-Par là, ça devrait communiquer avec la ruelle derrière le bâtiment, là où se trouve l’arrière-cour. Après quelques minutes lui et Conrad débouchent finalement dans une petite rue sombre et déserte. Hephastos passe devant, chaussant ses lunettes infrarouges. Plus loin dans la ruelle, il repère du mouvement, il s’approche prudemment toujours suivit de Conrad.
Au bout de quelques mètres, il perçoit des sortes de gémissements, il dégaine son pistolet laser, aussitôt imité par son compagnon et continuent d’approcher silencieusement. Il fait alors signe à Conrad de s’arrêter.
-Il y a quelque chose là-bas qui se tapie dans l’ombre, murmure-t-il en montrant l’endroit à son compagnon.
-On dirait quelqu’un d’allongé au sol dans ce recoin, allons voir.
Ils s’approchent, armes pointées pour finalement tomber sur Tilus à moitié sonné, recroquevillé par terre dans un tas de détritus.
-Par le Trône ! Se met à crier Conrad, rengainant son arme et se penchant sur Tilus qui peine à reprendre ses esprits. Hephastos observe alentours et reporte son attention sur l’état de Tilus.
Ce dernier aidé par Conrad se relève en se massant l’arrière du crâne.
-J’imagine qu’ils t’ont tout piqué, tes armes et le fric lui lance Conrad, voyant clairement que les poches et sacoches de son compagnons ont été vidées.
-Ils étaient combien, tu les as vu ? Lui demande Hephastos.
-Trois…Mais j’ai pu en voir que deux…lui répond Tilus fouillant ses poches, les fumiers, ils m’ont tout piqué !
-Ouais, bin c’était un peu crétin aussi d’aller te balader tout seul dans le coin. Bon ils ressemblent à quoi ces types, c’est les acolytes du dealer chez qui on a été ?
-Je crois que non…il me semble que c’est…les types qui nous observaient dans la rue quand on est sorti de sa boutique…
-Putain ! Bon on fait quoi ?
-On y retourne pardi ! On les retrouve, on les bute et je récupère mes armes et mon fric !
-Attend une seconde, t’es un peu sous le choc là ! En plus on est sous-équipés désormais, je ne crois pas que ce soit la bonne idée, on devrait appeler Skeld et Syrius !
- Ce serait la meilleure idée pour qu’on perde aussi la voiture, lui répond Hephastos calmement.
-Il a raison, lance alors Tilus à l’attention de Conrad, file moi ton pistolet laser, on va s’en occuper nous-mêmes, on retourne au quartier des dealers tout de suite.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mar 24 Juin 2014 - 13:47

Conrad lui tend alors son arme et suit ses compagnons, se disant qu’ils sont en train de faire une grosse erreur et que la fatigue commence sérieusement à le gagner.
Quelques minutes plus tard, ils sont de nouveau dans le quartier des dealers et commencent à observer la foule autour d’eux, cherchant les deux personnes décrites par Tilus ou bien quelqu’un arborant ses armes. Les recherches ne donnent rien, les personnes autour d’eux ne correspondant pas aux descriptions de Tilus.

-A l’heure qu’il est ces types doivent être loin. Lui dit Conrad.
-Pas sûr, cette sous-ville est petite, n’oublie pas !
Une trentaine de minutes plus tard, alors que Tilus commence à perdre tout espoir, Hephastos lui donne un coup de coude et lui indique discrètement une fenêtre au deuxième étage d’un bâtiment. L’édifice se trouve non loin de celui dans lequel ils étaient entrés un peu plus tôt, de l’autre côté de la rue. Un type assez musclé, à la peau mate, au crâne rasé et en débardeur discute avec un autre personnage que l’on ne voit pas.
-Bien vu, c’est un des types ! lui lance Tilus, aller on y va !
-Une minute, lui répond Hephastos voyant des gardes armés devant l’entrée, le bâtiment est gardé, on ne va pas pouvoir passer comme ça.
- Hephastos a raison, ok, faisons le tour, on va tâcher de trouver une entrée de service.
Deux minutes plus tard, en effet, Tilus trouve une entrée dérobée, celle-ci n’est gardée que par deux hommes, de plus la porte est ouverte car du monde, des clients apparemment vont pour sortir.
-Conrad leur fait signe de le suivre dans un coin sombre de la ruelle derrière eux. On va devoir faire très vite, je vais invoquer une aura de dissimulation pour entrer, vous devrez rester tout contre moi et être le plus discret possible leur dit-il.
Ses compagnons acquiescent, puis Conrad laisse affluer son énergie psychique et la modèle afin de créer une sorte de bulle autour de lui sur deux mètres. Une fois chose faite, ils traversent la rue et se dirigent vers la porte. Au moment où un groupe de personnage en sort, ils se faufilent et s’empressent de passer juste avant que la porte ne se referme derrière eux. Ils continuent ainsi furtivement à se déplacer, débouchant dans une cour qui donne sur plusieurs bâtiments.
-Par là, murmure alors Tilus à ses compagnons, alors qu’Hephastos allait se diriger dans la mauvaise direction. Il dégaine son arme, aussitôt imité par ses compagnons.

Le trio rejoint un des bâtiments, entre par une des portes, débouche dans un hall où se trouve un escalier. Des hommes armés circulent à proximité sans même détecter leur présence. Ils montent ainsi les marches en silence jusqu’au pallier du deuxième étage. Ils se retrouvent alors devant un long couloir. Quatre portes sont visibles de chaque côté. Certaines ouvertes ou entrebâillées, d’autres fermées. Des bruits d’activité s’entendent un peu partout. Par moment, un ou deux personnages passent, allant d’une porte à une autre. En silence ils s’approchent dans le couloir. Tilus repère la porte vers le milieu du couloir qui semble correspondre à la fenêtre vue de dehors. La porte est fermée, il se plaque doucement contre elle et écoute. Des voix à l’intérieur mais il n’entend pas bien ce qui se dit. Il tourne doucement la poignée, la porte s’ouvre, il la pousse lentement et entre suivi de près par ses compagnons.

Dans la pièce se trouve un peu de mobilier. Un canapé usé face à un vieil écran holopix, deux fauteuils dans le même état, une table couverte d’armes, d’objets divers, de bouteilles et de verres sales et trois chaises. Trois hommes discutent. Un type à la peau cuivrée portant un bouc et une crête de cheveux courts est assis sur le rebord de la fenêtre. Ses deux compagnons, un grand costaud à la peau noir et au crâne rasé parle avec un autre type à la peau pâle, aux cheveux sombres et courts et arborant une balafre sur le visage. Ces deux derniers, voyant la porte s’ouvrir se lèvent de leur fauteuil et approchent, les sourcils froncés. L’homme sur le rebord de la fenêtre se saisit d’un canon scié à porté de main. Tilus attend que les deux hommes soient presque au contact, aussitôt il pointe son pistolet et tire à pleine puissance presque à bout portant. L’impact touche l’homme à la crête au niveau du coude et lui sectionne net l’avant-bras à ce niveau-là. L’homme tombe en hurlant tenant le moignon de son bras dont les chairs brûlés et cautérisées continuent de fumer, dégageant une odeur de viande cuite dans la pièce. Rendus désormais visibles, Conrad met un coup de pied dans la porte, envoyant voler dans la pièce l’homme qui se trouvait à côté, celui au crâne rasé.

Après quoi il lui envoie un sort mental, l’empêchant aussitôt de faire usage de ses neurones, l’homme reste alors hébété ne sachant que faire, et finalement ne fait rien. Hephastos s’élance dans la pièce vers l’homme au canon scié, il tend son gantelet énergétique  pour le frapper mais l’homme esquive, puis, va pour sortir un poignard mais l’arme glisse de ses mains. Hephastos en profite et le frappe de nouveau d’un revers de son gantelet, le cueillant en pleine poitrine et l’envoyant voler dans la pièce. L’homme percute violemment un mur, on entend des os craquer en un bruit sinistre, puis le corps sans vie glisse le long du mur avant de s’affaler au sol dans une position impossible à obtenir normalement. Le type au bras coupé s’effondre alors au sol, inconscient.
Conrad ferme aussitôt la porte derrière lui puis désarme l’homme au crâne rasé, toujours sous les effets de son sort. Tilus en profite pour fouiller la pièce, trouvant rapidement ses armes. Hephastos l’imite et entreprend de fouiller les malfrats tandis que Conrad ligote le type au crâne rasé.
Au bout de quelques instant Tilus a presque récupéré l’intégralité de son matériel et quelques cinq cents crédits, soit bien quatre mille de moins que ce qu’il avait sur lui.
-Du monde approche dans le couloir, leur lance Conrad surveillant la porte d’entrée, on ferait bien de décamper rapidement avant que ça ne chauffe trop.
-Je compte bien récupérer mon fric avant, lui répond Tilus. Hephastos, tu peux nous scanner tout ça, il doit y avoir un putain de coffre planqué ici.
-Par le Tout Puissant Dieu-Machine, tu n’y penses pas ? Nous n’avons pas le temps, il faut partir d’ici au plus vite ! De toute façon nous ne sommes pas équipés pour...
-Laisse tomber, je vais le faire parler ce fumier.
Puis se dirigeant vers le prisonnier qui reprend ses esprits, Tilus lui colle son épée tronçonneuse sous la gorge tandis qu’Hephastos le tient.
-Tu vas parler par Terra je peux te le garantir ! Alors où est mon fric, parles ! Lui hurles dessus Tilus devenu désormais hors de lui. L’homme au crâne rasé essaie tant bien que mal de reculer face à cette menace, mais entravé comme il est ne peut pas faire grand-chose. Entendant lui aussi de l’activité dans le couloir, il se met alors à hurler à l’attention de ses compagnons.
Hephastos réagit aussitôt et lui colle une claque en plein visage, oubliant un instant qu’il porte un gantelet énergétique.
L’homme tombe alors au sol comme un sac de patates, sa tête étant éparpillée un peu partout autour de lui. Tilus et Conrad, tout comme une partie de la pièce, se retrouvent tout à coup couvert de sang et de restes de cervelle humaine.
C’est à ce moment que la situation qui avait déjà commencé à passablement dégénérer, se met à complètement déraper.
Conrad sentant que du monde approche de la porte, crie au travers de celle-ci que la situation est sous contrôle, que ce n’est qu’une affaire privée, suite à quoi il verrouille la porte.

La ruse les ralentit visiblement quelques secondes ou du moins les laisse perplexes suite à l’usage inattendu du bas Gothique, langage qu’ils n’auraient sans doute pas du utiliser si il s’agissait bien là de leurs véritables compagnons.
Pendant ce temps dans la pièce, Tilus, couvert de sang, rendu totalement hystérique par la recherche de son argent, traine le corps sans tête du malfrat et de rage, le balance par la fenêtre. Le cadavre s’écrase alors deux étages plus bas en pleine rue parmi les passants nocturnes horrifiés, puis Tilus récupère son fusil laser, se penche par la fenêtre et ouvre le feu en automatique ainsi en pleine rue en hurlant. Abattant un passant alors qu’il visait un des gardes en bas de l’immeuble.

Hephastos sentant que la situation dérape totalement, étudie rapidement la configuration des lieux ainsi que la structure du bâtiment, se dirigeant vers un des murs perpendiculaires au couloir, il abat rapidement un passage dans la cloison à l’aide de son gantelet, communiquant ainsi dans une autre pièce, puis fait signe à ses compagnons, Conrad le suit, non sans être obligé d’entrainer avec lui Tilus désormais en état de choc et comme atteint de mutisme. Ils se retrouvent alors dans une pièce assez similaire à la précédente mais inoccupée. Hephastos s’empresse de briser une des fenêtres qui donne vers la rue tandis que Conrad invoque de nouveau son sort de dissimulation. Une seconde après la porte de la pièce où ils se trouvaient vole en éclat et un groupe d’individus armés fait irruption dans la pièce. L’instant d’après, deux hommes armés de fusils à pompe passent prudemment par le trou laissé dans le mur et entreprennent de fouiller les lieus. Trois autres hommes les rejoignent. Après s’être rendu compte que personne n’avait vraiment fuit par la fenêtre, l’un d’eux prend son vox et communique quelques consignes à ses hommes, notamment ratisser tout l’immeuble et renforcer les gardes à chaque entrées.
Au bout de quelques instants alors que visiblement personne ne semble se douter qu’ils sont dissimulés par un sort, Conrad et ses compagnons ressortent discrètement de la pièce en direction du couloir. Là de nombreux membres du gang sont aux aguets et continuent apparemment de les chercher. Toutes les issues sont bouclées.
-Dirigeons nous vers les niveaux supérieurs, murmure alors Conrad à ses compagnons.
-Et après ? lui répond Héphastos.
-Après, on tache d’atteindre le toit et on voit pour redescendre par un autre bâtiment.

En se déplaçant toujours le plus silencieusement possible et toujours sous les effets du sort, le trio entreprend de gravir les étages supérieurs, ainsi jusqu’au dernier niveau. Là, trompant la vigilance des gardes, ils empruntent une échelle de service, passent une lucarne et se retrouvent finalement sur ce qui pourrait faire office de terrasse. Quelques mètres au dessus de leur tête, se trouve la voûte de la sous-cité où s’entremêlent de façon désordonnée des tuyaux rouillés, des canalisations  vétustes, des câbles rongés par les rats et autres moisissures. De là pendent quelques lumiglobes en panne. De partout l’eau ruisselle rendant les toits glissant. D’une de ses mécadendrites Héphastos soude rapidement la lucarne par où ils sont passés, à son châssis. Puis le trio entreprend de filer. Descendant une échelle de fer rouillée, ils se retrouvent deux niveaux plus bas sur un toit mitoyen, de là ils passent sur une petite passerelle et rejoignent une autre terrasse puis remontent une autre échelle, passant encore sur un autre bâtiment. En se retournant brièvement derrière lui, alerté par du bruit, Conrad repère des silhouettes. La lucarne n’aura pas tenu longtemps. Les hommes du gang sont déjà sur le toit et à leurs trousses.

Progressant ainsi le long des toits avec leurs poursuivants à leurs trousses, Tilus repère soudain une lucarne. Il s’arrête aussitôt et l’ouvre. Sans hésitation il se laisse descendre le long de l’ouverture en s’accrochant au rebord et atterrit trois mètres plus bas sur un palier. Ses deux compagnons l’imitent à leur tour et tous trois s’empressent de dévaler les sept étages d’escaliers. Arrivés vers le deuxième étage, ils entendent soudain que du monde commence à descendre au pas de course dans les étages supérieurs.
-On fait quoi ? Ils sont toujours à nos trousses, demande alors Hephastos qui ferme la marche, à ses compagnons.
-On va les semer, lui répond Tilus. Puis s’adressant à Conrad : On se planque dans le hall et tu nous rends invisible.
Arrivés dans le hall en bas de l’immeuble, les trois compères se glissent dans le recoin d’un couloir sombre, Conrad encore un peu essoufflé et sous les effets de la fatigue essaie de se concentrer rapidement pour lancer son sort mais n’arrive finalement qu’à se projeter accidentellement dans les courants éthérés du warp. Conscient de ce qui vient de se produire et de ce qui se passe autour de lui, Conrad malheureusement ne peut communiquer avec ses compagnons. Ses deux derniers d’ailleurs, le voyant ainsi disparaître seul, ne perdent pas de temps et se précipitent dans la rue, se dirigeant vers une ruelle en face et plongée dans les ombres. Avant d’y parvenir, Tilus manque de percuter des passants, il trébuche et faillit rester planté là en pleine rue. Lui et le technoprêtre arrivent finalement sur le trottoir d’en face, leurs poursuivants débouchent dans la rue à ce moment là et commencent à  scruter les passants et les environs, l’un d’eux regarde d’ailleurs dans leur direction, fouillant les ombres du regard. Hephastos entraine doucement son compagnon avec lui vers les zones plus sombres au moment où Conrad se rematérialise à côté d’eux.

-C’est pas le moment de jouer avec ta magie, toi ! Lui lance Tilus dans un murmure.
-Oui bin ça va ! Jamais ça t’arrive de te planter ?
-Bon, on ferait bien de filer d’ici, deux d’entre eux arrivent, tirons-nous, leur murmure Hephastos.
Se faufilant dans la ruelle sombre et encombrée de détritus et de containers, Tilus se rend vite compte qu’il ne s’agit en fait que d’un cul-de-sac. Repérant une porte à quelques mètres sur sa droite, il se précipite vers la poignée. Celle-ci s’ouvre sans peine, l’accès donne dans les cuisines d’une sorte de bar-restaurant. Il s’empresse d’entrer, suivi par ses compagnons, referme la porte et la verrouille. Deux cuistots arborant de légères atrophies physiques et quelques malformations congénitales les regardent d’un œil mauvais, leur faisant aussitôt signe de déguerpir rapidement en les menaçant d’un long couteau de boucher pour l’un et d’un hachoir pour l’autre. Tilus dégaine aussitôt son pistolet laser et le pointe sur la tête du  mutant le plus proche de lui. Puis calmement en badabi leur dit de tenir leurs mains en l’air et de faire silence.

Hephastos écoute à la porte qui donne dans la ruelle tandis que Tilus en profite pour jeter un œil par la porte des cuisines donnant vers la salle du bar. Quelques clients matinaux prennent un récaf ou du tanna très sucré dans de tout petits verres en discutant, ne se souciant pas de ce qui se passe. Par la porte d’entrée du bar, deux de leurs poursuivants font irruption, rengainant leurs armes et font signe au patron. Tilus, tenant toujours en joue les deux cuistots, aperçoit discrètement par la porte entrebâillée que les deux hommes discutent avec lui mais ne parvient pas à entendre la conversation.

Hephastos et Conrad se figent pendant ce temps, du monde se tient derrière la porte des cuisines par laquelle ils sont entrés. La poignée tourne plusieurs fois. Hephastos et Conrad se plaquent de chaque côté et attendent. Puis plus rien. Dans la salle, les deux hommes ressortent finalement. Attendant encore quelques instants, Tilus fait signe à ses camarades puis ressortent discrètement dans la ruelle sombre, laissant les deux cuistots dans leur cuisine et se dirigent vers le fond de la ruelle. Un mur en briques de quatre mètres leur bloque le passage. Grimpant sur un container et s’aidant mutuellement, ils parviennent à passer tant bien que mal de l’autre côté. Débouchant dans une autre rue, Hephastos se repère et finit par guider ses compagnons dans le dédale de rues. Retrouvant finalement une artère connue, ils parviennent à retrouver leur chemin et filent vers les escaliers menant à la surface. Tilus aperçoit de loin leurs poursuivants qui se dispersent sur plusieurs rues, comme pour les rabattre, mais trop tard. Remontant les marches quatre à quatre, ils retrouvent enfin Skeld et Syrius occupés à repousser à coup de quelques rafales courtes de radiant quelques gangers intrépides. Montant à bord de l’Armadillo, le groupe démarre en trombe.





Chapitre XI

+++Les recommandations d’Ezekiah+++
+++Qui est  Spud ?+++
+++Se faire avoir comme des bleus+++



Moins d’une heure plus tard, ils sont de retour à la villa. Les vêtements dans un sale état, couverts de sang et totalement épuisé, il est près de six heures du matin lorsqu’ils décident d’aller dormir après une rapide douche. Croisant Séverina déjà éveillée et opérationnelle, Conrad la briefe rapidement avant de partir se coucher comme le reste de ses compagnons.
Il sera le premier à se réveiller quelques six heures plus tard. Après un rapide récaf en compagnie de Séverina à qui il expose plus en détail la nuit dernière, Conrad décide d’aller se rendre au chevet d’Ezekiah.
Toujours installé dans une des chambres à l’étage, Ezekiah semble dormir paisiblement. Séverina lui a changé ses bandages et a expliqué à Conrad que ses connaissances médicales ont atteins leurs limites avec ce type de blessure. Son corps est plongé dans une sorte de coma et seules les prières quotidiennes de la sœur semblent avoir un avantage bénéfique sur la détérioration de son état.
Conrad s’assoit à son chevet et se concentre, laissant affluer son énergie psychique qu’il concentre délicatement vers l’esprit d’Ezekiah.
Pendant ce temps, le reste de l’équipe s’éveille dans la maison. Tout le monde se réunit dans le séjour afin de se restaurer un peu en parlant des derniers évènements. Un peu après, Conrad les rejoint.
-Alors, lui demande Séverina.
-J’ai parlé avec Ezekiah, lui répond le psyker.
Tout le monde se regarde, l’air surpris.
-L’Inquisiteur a repris connaissance ? Demande Hephastos.
-Non, nous avons dialogué par télépathie. Conrad fait un signe en pointant un doigt vers sa tête. Il est toujours inconscient mais son esprit est toujours présent.
-Alors, qu’a-t-il dit ? Lui demande Tilus.
-Il va mal. Son corps a été plus affecté qu’il ne le pensait par le combat qu’il a livré contre la démone sur Hermangard. L’essence même de cette créature corrompue semble avoir affecté son organisme. Les moyens dont nous disposons actuellement ne suffisent pas à le soigner et cela dépasse nos compétences. Pour l’instant il tient mais pense qu’à terme cela ne se dégrade et n’affecte en plus de son physique, ses facultés mentales. Il nous demande donc de le surveiller et de rester extrêmement vigilant au moindre changement.
-Et si cela devait empirer ? Lui demande Syrius.
-Il nous demande de l’éliminer, lui répond alors Conrad, d’un air sombre.
-Nous pourrions voir pour trouver une solution afin de le guérir, tu ne crois pas ? Lui lance Séverina.
-Oui, mais il ne souhaite pas que cela soit une priorité pour nous de chercher absolument à le sauver, lui répond Conrad.
-Pour moi, c’en est une. Son âme doit être sauvée. « Mieux vaut un corps brisé qu’une âme corrompue » lui lance Séverina.
-Bien nous tacherons de voir cela, et sinon, qu’a-t-il dit d’autre ? Lui demande Tilus.
-Plusieurs points. Tout d’abord l’objectif principal, et l’idée on l’aura compris, est de démasquer qui est derrière cette fameuse organisation secrète qui tramait des choses chez Uberkrump, et qui se fait appeler l’Ombre. On sait déjà qu’en font partie l’Archi-Magos Trantor, quelques proches du gouverneur Callidon, Goldberg un libre-marchand travaillant pour Roven Kenkaide et ses sbires, entre autre. Goldberg était initialement le seul élément dont disposait Ezekiah en arrivant sur Badab.
-Pour cela notre véritable piste reste ce fameux Skanks alias Spud, c’est lui qui nous a mis sur la piste d’Uberkrump et on pense aussi qu’il n’est pas étranger aux messages que nous recevons, lança Syrius.
-En effet, reste à savoir pourquoi Skanks tient à nous mettre sur ce genre de piste, pour qui travaille-t-il ? Répond alors Tilus. Ce pourrait très bien être un agent de Mekton Zeta qui cherche à déstabiliser les forces gouvernementales de l’intérieur.
- Bien qu’un peu prématuré, ce n’est pas idiot en effet, lui répond Séverina avec sérieux. Nous allons devoir nous montrer extrêmement prudent avec lui.
Ces compagnons acquiescent à cette phrase. Conrad reprend.
-Ezekiah a abordé d’autres points justement à propos de prudence. Il demande à ce que nous étoffions un peu nos ressources logistique et armement ainsi que la nécessité de nous trouver d’autres planques. Il demande aussi que nous recrutions en local une seconde équipe de soutien.
-Recruter une autre équipe ? Lui demande Tilus incrédule.
-Oui, c’est nécessaire d’après lui, il nous faut pouvoir compter sur des locaux fiables qui pourront nous fournir ce dont nous avons besoin sans avoir à chercher pendant des jours.
-Et avec quoi allons nous les recruter ? Je veux dire, comment allons-nous les payer ? Lui demande Syrius.
-On se débrouillera, ce n’est pas ça le problème le plus urgent. Lui répond Conrad.
-Oui mais, devront-il savoir que c’est l’Inquisition qui les recrute ?
-Non, surtout pas. Ils n’auront nullement besoin de le savoir, sauf si Ezekiah estime que cela est nécessaire. Lui répond Conrad, j’ai cru savoir qu’ici vous connaissiez du monde vous deux ?
-En effet. Lui répond Tilus, mais sans plus de détail.
-Oui je connais bien une psyker qui travaille pour l’Etat-Major des FDP de Badab City, leur répond calmement Syrius. Elle pourra peut-être nous renseigner.
-Attend…Et c’est maintenant que tu nous dis ça, toi ? Lui lance Conrad, complètement abasourdi.
Dans son coin, n’ayant rien dit jusque là, Skeld se met à ricaner d’un air sarcastique.
-Et tu la connais comment cette psyker, je veux dire…elle est fiable ? Lui demande Tilus.
- Nous avons déjà travaillé ensemble.
-Mouais, donc tu ne sais rien d’elle en fait. Lui répond Tilus en se calant dans son fauteuil.
Syrius lui lance un regard noir.
- Je peux répondre d’elle, cette fille a toute ma confiance. Lui lance-t-il.
Ok, contacte-là et vois pour lui fixer un rendez-vous dès que possible, on va devoir la rencontrer. Lui dit Conrad. Syrius sort alors de la pièce avec son vox.

-Et Tibaltus, qu’en fait-on ? Lui demande Hephastos.
-Nous verrons cela justement avec Skanks. C’est à lui que nous l’avons confié, lui répond Conrad. Ezekiah souhaite aussi que nous nous tenions informé de l’avancée du conflit, au niveau local mais aussi au niveau global. Qu’avons-nous pour l’instant comme informations ?
-Aux dernières nouvelles les troupes de Mekton Zeta ne seraient plus qu’à vingt kilomètres des côtes de Middenheim et le front s’étend sur plusieurs localités côtières. Mais il est difficile de se faire une idée cohérente avec les flashes d’informations locales contrôlées par la propagande impériale.
-En effet, il nous faudrait des informations plus fiables à ce sujet, espérons que la copine de Syrius en ait quelques-unes.
Syrius revient dans la pièce.
-C’est d’accord, je lui ai donné rendez-vous demain soir à Badab City. Par contre, j’ai comme l’impression que les FDP n'aient justement pas beaucoup d’information.
-Nous verrons cela, lui répond Conrad.
Soudain, le vox de Tilus se met à vibrer. Il l’active et sort de la pièce, laissant ses compagnons en pleine discussion.
Lorsqu’il les rejoint moins d’une minute plus tard, c’est avec un air préoccupé, ses compagnons l’interrogent du regard.
-Le corps de Skanks a été retrouvé par les arbitrators, il serait mort depuis plusieurs jours.
-Attend…qui t’a appelé là ? Lui demande Syrius.
-C’était Hak, un de mes contacts, il a d’autres choses à me dire mais il ne pouvait les dire par vox. Il m’a fixé rendez-vous dans une heure dans un petit patelin à cinquante kilomètres au nord de Middenheim.
-Comment ça, Skanks est mort depuis plusieurs jours ? Lui répond Conrad, ce Hak est sûr de lui, ce type on le connaît depuis combien ?
-Quatre jours, lui répond Héphastos.
Conrad commence à réaliser quelque chose qui lui donne le tournis.
-Donc il est probable que Skanks était déjà mort il y a quatre jours…
-Par le Trône, qui avons-nous rencontré alors ? Leur demande Séverina.
-Je n’en ai pas la moindre idée, par contre je compte bien rencontrer Hak et voir pour en apprendre plus. Leur annonce Tilus.
Quelques minutes plus tard, Conrad, Tilus, Skeld et Syrius embarquent à bord du 4x4 et foncent au nord de Middenheim, laissant Hephastos et Séverina auprès d’Ezekiah.

La bourgade, du nom de Freeburg jouxte la voie rapide qui remonte vers les régions du nord et ses zones montagneuses, notamment vers la région où se trouvait le monastère Ste Praxédes d’où vient Séverina. C’est aux abords de Freeburg qu’Hephastos était aussi venu faire le plein la veille. Plutôt excentrée par rapport à la côte et à ses préparatifs de conflit, la bourgade semble encore conserver un semblant d’activité. Contrairement à Middenheim, désormais livrée aux gangs et aux pillages dans la zone nord, et aux troupes armées dans la zone sud, Freeburg possède encore un peu d’activité. Tant que la guerre n’est pas encore là, toute la population n’est pas encore partie et sur la Grand-Place de l’Aquila, c’est le jour du marché. Un marché timide et peu fourni, en cette heure tardive, mais on sent bien que la population souhaite acheter pendant qu’il est encore temps.
Conrad gare le 4x4 à quelques rues de là et tous les quatre, remontent la rue principale en direction de la Grand-Place.
-Le rendez-vous est sur la place, c’est bien cela ? Demande Conrad à Tilus.
-Oui, mais j’ignorais qu’il y avait un putain de marché justement. Bon, on se sépare et on ouvre l’œil, il n’est pas question qu’on se fasse avoir sur ce coup là. Je serais au centre de la place,  aux pieds de la statue de l’Empereur. Syrius tu me couvres la zone sud de la place, Conrad tu couvres la zone nord et Skeld tu nous couvres toute la place depuis un point en hauteur, ok ?
Les quatre compagnons se séparent et chacun se met à sa position. Syrius s’attable à la terrasse d’un café et commande une bière, il a ainsi une vue sur toute la zone sud de la place, bien que la foule lui cache tout de même une partie de la visibilité. Conrad se positionne au nord de la place et fait mine de fureter parmi les marchands de fripes, de là où il est, il a une bonne vue sur le centre de la place. Skeld monte par le hall d’un bâtiment jusqu’au quatrième et dernier étage, de là il ouvre la fenêtre du pallier qui donne sur la place ayant ainsi un visuel sur l’ensemble. Il sort alors son Radiant enveloppé jusque là dans un sac de toile, ajuste le viseur, allume les accumulateurs énergétique de la cellule à haute capacité, vérifie les réglages en jetant un œil par l’optique de visée de l’arme. En contrebas, les marchands et clients forment des cibles parfaites. Satisfait, il se calle sur le rebord de la fenêtre, s’allume une barrette de Lho et attend.
Il est pile quinze heures lorsqu’un grand gaillard à la peau mate comme Tilus, mais avec de longues tresses et des lunettes noires s’avance aux pieds de la statue de l’Empereur. Tilus se tourne vers lui et lui fait un petit signe.

Syrius scrute la foule, mais perd le contact visuel, une maudite charrette à bras lui bloque la vue. Skeld pendant ce temps scrute la foule depuis la lunette de visée, alternant les vues, focalisant sur un vendeur de poissons par ici, sur une vendeuse de légumes par là, sur le type au grand chapeau là bas. Tiens, tiens, se dit-il en souriant, regardez-moi ce petit malin de Conrad en train de faire le charmeur avec cette jolie petite plante.

Conrad en fait était devant l’étal d’un vendeur de vêtements et venait d’essayer un long manteau en cuir noir. Satisfait, il décide de l’acheter pour les trente crédits que le vendeur en demande avec son accent local. Fier de son achat, il réalise soudain que quelqu’un l’observe. Relevant son regard il tombe nez-à nez avec une créature tout droit sortie de ses rêves. Grande, svelte, de longs cheveux noirs de jais et des yeux bridés magnifiques d’un gris clair incroyable. Vêtue d’une combinaison moulante en cuir, dont le décolleté dévoilé était un véritable supplice pour Conrad qui tentait de maintenir son regard vers les yeux de la fille. Par tous les saints de Terra, cette fille à un corps à tomber par terre ! Se dit-il. Elle se mit à parler de sa voix suave et Conrad fut alors sous le charme.
-Le vendeur ne vous l’a pas dit, mais ce manteau vous met vraiment en valeur, dit-elle.
Conrad bafouilla quelque chose mais rien d’intelligent ne pu sortit de sa bouche.

-Alors qu’avais-tu à me dire que tu ne puisses pas me raconter par vox ? Demanda Tilus à son contact.
-Moins fort ! Skanks était un de mes contacts sur Middenheim, ce type je le connaissais depuis des années, tu comprends ? Ça m’a foutu un choc de savoir comment il a fini.
-Et il a fini comment ?
-Les types qui l’ont eu n’y sont pas allés de main morte, le pauvre vieux a été torturé à mort, puis égorgé, même cette vieille canaille de Skanks ne méritait pas de finir comme ça.
-Et tu es sûr que c’est bien lui ?
-Sûr je te dis ! Je l’ai vu de mes yeux, un pote à moi qui bosse pour le Magistratum m’a demandé de l’identifier.
-C’est juste que je me posais une question, le Skanks dont tu m’as donné le numéro, je ne suis pas sûr que ce soit le même, le type que j’ai rencontré était plutôt très costaud, basané avec une brûlure là sur la joue et une iroquois sur le crâne.
Hak regarde alors son collègue d’un air étonné.
-Alors le type que tu as rencontré ne pouvait pas être Skanks dans ce cas, le vrai Skanks était tout petit, il était tout maigre avec les dents toutes pourries. De plus, d’après les gars du Medicae il serait mort depuis sept jours.
-Le gars que j’ai rencontré, c’était y a quatre jours, donc Skanks était déjà mort. Merde, j’ai rencontré qui, moi ?
-Fais bien gaffe dans quoi tu te fourres Tilus, mon pote du Magistratum a entendu dire qu’il se passait des trucs pas très nets.
-Du genre ?
-Du genre que tu ferais bien de ne pas y foutre ton nez, voilà ce que j’en dis moi !
-Ouais mais sois plus précis à ce sujet.
-Il parait que l’Inquisition est sur Badab et qu’elle cherche à…
Soudain, Hak ouvre grand sa bouche et se raidit, du sang se met à couler du coin de ses lèvres, il tente de dire quelque chose mais n’y parvient plus, gargouillant, il s’affaisse sur Tilus qui le retient dans ses bras et meure à ce moment-là. Le manche d’une lame dépasse de sa nuque.  
Scrutant la foule, il aperçoit furtivement une silhouette aux longs cheveux sombres qui se faufile puis disparaît de son champ de vision.
Tilus prend délicatement Hak et l’assoit aux pieds de la statue, puis saisissant son vox appelle le reste de l’équipe :
-Bordel de merde, vous foutez quoi là ! Mon contact vient de se faire buter sous vos putains d’yeux ! J’ai eu un visuel qui se dirige vers le nord-est de la place, cheveux sombres, trouvez-moi ce type, merde !
Syrius bondit alors de son siège et s’élance vers la place, Skeld scrute dans la direction décrite par Tilus et Conrad, sans même prendre la peine de dire au revoir à la jeune fille, qui de toute façon partait déjà, s’élance dans la même direction.
Tous les quatre se retrouvent finalement quelques minutes plus tard aux pieds de la statue, ils ont fait chou blanc, leur cible s’est envolée. Syrius sort alors un mouchoir et prélève délicatement et discrètement la lame plantée dans la nuque de Hak et la fourre dans sa poche. Déjà, des passants s’aperçoivent que l’homme assit contre la statue de l’Empereur est mort, des cris sont poussées, des gens appellent les hommes du Magistratum, un meurtre horrible vient d’être commis.

Tilus et ses compagnons rejoignent le 4x4 garé non loin de là. Il est furieux.
-On a merdé sur ce coup-là, c’est clair. Annonce Conrad au bout de quelques minutes.
-Ça tu peux le dire ! Lui répond Tilus, et c’est valable pour chacun d’entre vous !


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par karl3795 le Mar 24 Juin 2014 - 16:52

Avec l'inquisition on peut en faire des récits.  plusun 
tu les trouves ou des inspirations ?


"On continue le combat avec ce qu'on a. On continue avec tout ce qui nous reste, puis avec nos poings et nos lames.On tue tous ceux qu'on peut tuer,et on tient cette putain de forteresse jusqu'à ce qu'on en crève."

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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mar 24 Juin 2014 - 17:25

karl3795 a écrit:Avec l'inquisition on peut en faire des récits.  plusun 
tu les trouves ou des inspirations ?

Déjà dans la masse du fluff sur wh40k et ensuite...je dirais dans ma simple imagination Wink

Tiens la suite justement :

-Livre 2-


Chapitre I

+++Spud mène la dance+++
+++Les Sombres Rédempteurs+++
+++Chaos interne +++


Moins d’une heure plus tard, ils rejoignent la villa, Tilus gare discrètement le 4x4 dans le jardin de derrière et retrouve ses compagnons à l’intérieur du séjour. Tous les volets sont clos, ainsi depuis la rue, ni les patrouilles des FDP ni personne ne remarquent que la villa est occupée.
Au loin on perçoit le grondement de l’artillerie depuis la côte. Au large, le conflit fait rage et continue son avancée vers Middenheim.
Tilus et ses compagnons racontent les derniers évènements à Séverina et Hephastos, puis l’équipe décide d’élaborer un plan pour la rencontre nocturne avec le fameux Spud dans le bar appelé le Warp.
Skanks alias Spud est pour l’instant leur seule piste valable ayant un lien entre l’enquête menée initialement par l’Inquisiteur Ezekiah et une mystérieuse organisation qui chercherait à renverser le gouverneur, profitant du conflit local et de sa situation déstabilisante. Sans compter que cette organisation n’hésiterait pas à employer des mercenaires classés comme hérétiques par l’Inquisition.
De plus ce fameux Spud est la personne à qui ils avaient eu l’idée au départ, pensant être quelqu’un de confiance, de confier l’Interrogateur Tibaltus, leur compagnon et chef de groupe alors grièvement blessé. Spud est donc la dernière personne à savoir où il se trouve.

La discussion est houleuse et dure de longues heures principalement entre Tilus, Syrius et Conrad qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les méthodes à employer. Doivent-ils entrer dans le bar, au risque de tomber dans une embuscade ? Doivent-ils repérer Spud au préalable avant qu’il n’entre dans le bar ? Doivent-ils s’attendre à un piège ou au contraire y aller confiant ? Doit-on chercher à récupérer Tibaltus, surtout qu’il est toujours, suite à un malheureux oubli de leur part, en possession du sceau inquisitorial d’Ezekiah.

Bref, le débat est animé et chacun apporte son lot d’arguments. Au final, c’est un peu un mélange de toutes ces idées, qui en ressort. L’équipe qui ira sur place jouera tout de même la plus grande prudence. Il est évident que ce fameux Spud est au minimum un sérieux manipulateur, sinon un potentiel danger pour eux, même si pour l’instant il semble en tout cas combattre le même ennemi qu’eux. Mais Tilus garde bien à l’esprit que ce fameux Spud est certainement impliqué dans la mort de Skanks et peut-être même aussi dans celle de Hak.

C’est donc au final, Tilus, Conrad, Syrius, Skeld et Séverina qui iront au rendez-vous. Non sans avoir au préalable changés de vêtements afin d’être moins reconnaissables. Hephastos gardera finalement la villa et Ezekiah.
Empruntant l’Armadillo vers minuit ils repartent donc en direction du quartier Est et de sa cité souterraine. Une heure plus tard ils sont sur place. Skeld gardera le véhicule garé à l’abri un peu plus loin dans un entrepôt. Après s’être acquitté du droit d’entrée, Tilus et ses compagnons descendent et retrouvent le bar, le Warp. Ayant un peu de temps devant eux, ils inspectent les environs et repèrent donc la fameuse porte de derrière donnant dans une petite ruelle, sortie qu’Hephastos et Conrad avaient repéré la veille. Syrius s’embusque discrètement non loin de là et fera le guet. Le reste de l’équipe attendra devant l’entrée principale dans le rue de devant.

C’est la première fois que Séverina met les pieds dans le « Quartier des Damnés », autour d’elle, passent des mutants et autres abhumains, des ogryns, des ratlings, des gens aux malformations dues aux radiations, aux polluants et diverses atrophies congénitales. Là un type bossu à la tête hypertrophiée montrant deux visages tronqués, là une femme naine avec quatre bras trop courts, ici des enfants sans jambes faisant une course, utilisant leurs mains en guise de pieds, ici encore un homme dont les bras gros comme des troncs d’arbre, sont couverts de pustules comme le reste de son corps, là un homme portant des cornes sur le front et une sorte de fourrure galeuse sur le corps, ici encore des hommes et des femmes au corps difformes à la peau pâle et vérolée évoluant parmi une majorité d’humains paraissant purs, mais donc fatalement contaminés par leur contact.
Séverina en a le tournis, son endoctrinement religieux lui hurle de sortir ses armes et de purger comme il se devrait cette fange indigne de prospérer. Elle tourne son regard suppliant et affolé vers ses compagnons qui ne semblent pas plus impressionnés que cela.
-Mais…vous ne faites rien ? Par le Saint Trône…Le Credo de Notre bien-aimé Empereur nous ordonne de purger l’impur, de brûler le mutant et de…
-Nan sœurette, tu gardes ton artillerie au chaud et tu ne fais rien, on n’est pas en croisade de la rédemption là, on a une mission et on ne va pas la faire foirer parce que tu croises des visages qui te reviennent pas, compris ? Lui lance calmement Tilus en la regardant dans les yeux.
Séverina acquiesce de la tête et prend sur elle avec dégout et rancœur. Elle donnerait cher pour faire partie à nouveau d’une escouade de répurgation de l’Adepta Sororita. Que de miracles pourrait alors accomplir la juste bénédiction d’un lance-flamme lourd en un tel endroit, se dit-elle.
Sur ces considérations, l’équipe prend place dans l’ombre d’un porche, juste en face de l’entrée, dissimulée par un sort d’illusion de Conrad, les rendant invisible à l’œil nu. Ils ne bougent pas et attendent.
Il est deux heures du matin, heure impériale, heure convenue du rendez-vous. L’équipe est aux aguets, Spud devrait être déjà là.
Le vox de Tilus se met à vibrer, il l’active.
-Oui ?
-Il parait que vous souhaitez me rencontrer, lui répond la voix de Spud.
-On devait se rencontrer il me semble.
-Je n’ai jamais dit qu’on allait se rencontrer, mais vous semblez avoir besoin de moi à nouveau, donc je vous rappelle. Que souhaitez-vous ?
-J’aimerais vous voir, c’est possible ?
-Non, pas en ce moment.
-Mon boss souhaiterait rencontrer le votre pour discuter, il semblerait qu’ils aient des buts communs, on peut arranger une rencontre ?
-Ce n’est pas nécessaire dans l’immédiat, les gens pour qui je travaille sont plutôt occupés par ce qui se passe ici et ne sont donc pas disponibles, vous pourrez le comprendre j’imagine.
-Justement, tant qu’on y est…je connais déjà un peu la réponse mais vous travaillez pour qui ?
Spud émet un petit rire.
-Je ne crois pas que ce soit ni le moment ni le lieu pour en discuter et puis cela ne vous concerne pas vraiment.
-C’est bien la réponse que j’imaginais.
-Bien, vous m’excuserez, mais mon temps est précieux en ce moment, je vous accorde encore trois minutes de mon temps. D’autres choses ?
-Oui, on vous avait confié un gars à nous, Tibaltus il y a une bonne semaine de cela, on souhaiterait le récupérer, d’autant plus qu’il possède un…objet que l’on souhaite reprendre, c’est possible ?
-Oh ce gars-là…Oui c’est vrai que vous vouliez le récupérer. Disons qu’il y a eu un souci avec lui, les gens à qui je l’avais confié ont un peu merdé et ne l’ont plus actuellement.
-Ne l’ont plus ? Comment ça ?
-Hum…Je crois que ce n’était pas très malin de votre part de laisser sur ce gars une bague portant le sceau de l’Inquisition et de la confier ainsi à des inconnus. Désormais des gens savent que l’Inquisition est ici et que vous en faites partie. Une telle imprudence a des implications et il va falloir en payer le prix, j’en ai bien peur. Les gens à qui votre ami a été confié, ont trouvé cette bague et je crois qu’ils ont un peu trop parlé.
-Ces gens justement, je les connais ?
-Il semblerait que oui, j’ai cru comprendre que vous les aviez rencontré il y a peu. Il s’agit de la bande de Bones.
-Le gang de dealers, les tox ? Mais j’ignorais qu’ils avaient Tibaltus ! Nous aurions alors pu leur demander…
-En effet.
-Bon, et qui a Tibaltus à l’heure actuelle ?
-Il semblerait que ce soit une secte en rapport avec les évènements qui se trament ici. Ils se font appeler les Sombres Rédempteurs. Ces gens semblent avoir un lien avec le complot visant le gouverneur. Ce ne sont que des illuminés fanatiques, une sorte de faction armée utilisée par quelqu’un d’influent pour semer le trouble dans la ville. Peut-être sont-ils même à l’origine de certains attentats perpétrés il y a quelques jours. Pour eux, avoir un agent de l’Inquisition entre leurs mains est certainement une prise de choix.
-Des fanatiques de quel genre ? Du genre, impériaux ultra puritains tels que les Rédemptionistes ?
-Non, plutôt l’inverse. L’allusion dans leur nom fait plutôt référence aux sombres dieux. Comprenez bien, que ce genre de secte n’est qu’une nuisance de la pire espèce. Il vous reste une minute de mon temps, il va falloir abréger.
-Mmmmh. Et on les trouve où ces Sombres Rédempteurs ?
-Ils ont diverses planques à ce que j’ai cru comprendre. Mais l’équipe de Bones a des infos à ce sujet, retrouvez-les et vous aurez ces informations.
Et où se trouve l’équipe de Bones actuellement, j’imagine qu’ils ne sont plus dans l’appartement des habs au dessus de Commercia ?
-Un peu d’imagination monsieur le traqueur, quel est le seul endroit où iraient des drogués en manque, devant de plus trainer une blessée avec eux dans une ville bientôt en guerre ?
-Ici dans les bas-fonds ?
-Bravo, vous avez donc votre réponse, le temps est désormais écoulé.
-Une dernière chose ! Un numéro où vous rappelez ?
-Inutile, si j’ai besoin, c’est moi qui vous recontacte.
Puis Spud coupe la communication. Conrad et Séverina interrogent Tilus du regard. Il rallume son vox et appelle Syrius dans la ruelle derrière le bar.
-Tu peux nous rejoindre, Spud ne viendra pas.
Les quatre compagnons se réunissent et Tilus leur relate ce que Spud vient de lui apprendre.
-Voilà, vous savez tout. Il nous faut donc retrouver le reste du gang de Bones, les interroger et nous saurons surement où se trouve Tibaltus.
-Ce type se paie vraiment notre tête, on devait le rencontrer, avoir des infos et il nous envoie encore faire son sale boulot ! lance alors Conrad, passablement énervé.
-Hey, c’est toi qui tenait à retrouver ton interrogateur de malheur, Syrius et moi on s’en cogne un peu, on ne le connaît même pas, je ne sais pas si tu réalises bien mais je viens d’avoir l’info pour le retrouver et à la base ce n’est pas notre priorité, lui répond sèchement Tilus.
-C’est vrai qu’en plus si tu lui avais pas laissé la bague d’Ezekiah on n’aurait pas ce genre de problème, lance Syrius à l’attention de Conrad.
-Quoi ? Non mais j’hallucine ou quoi ? Et en quoi c’est moi qui devrais être responsable d’avoir laissé la bague sur Tibaltus ? On était tous là à ce moment-là quand on l’a confié à Skanks. Se défend Conrad.
-Oui mais c’est toi qui portait la bague lorsque nous nous sommes présenté au monastère des Sœurs Hospitalières et c’est à toi que la Chanoinesse l’a rendu lorsque nous en sommes parti, lui répond Syrius. C’est donc toi qui étais à ce moment responsable de cette bague.
-Bon peu importe ce qui a été fait ou pas, concentrons-nous sur ce qui reste à faire surtout, coupe alors Tilus, il va nous falloir retrouver les deux filles et le type, d’après Spud, ils sont dans le coin. On se sépare en deux groupes et on les cherche, ok ?
Décidant de commencer par le quartier des dealers, Tilus et Conrad partent d’un côté, tandis que Syrius et Séverina partent de l’autre.
Après plus d’une heure de recherche, Tilus finalement aperçoit une des filles, Ishta, la copine de Bones, celle justement qui avait fait l’overdose ainsi que le type qu’ils avaient laissé avec elle, un dénommé Narl ou quelque chose comme ça. Tous deux sortent justement d’une échoppe, le type a un paquet sous le bras. Ils se dirigent dans la rue et se fondent dans la foule.
Tilus colle un coup de coude à Conrad, tout en prenant son vox, appelant leurs deux autres compagnons.
-J’ai un visuel, Ishta et le grand type. Rappliquez, on les suit.
Cherchant à garder une bonne distance entre eux et ses cibles, Tilus finalement les perd en pleine rue. Il se met à se faufiler dans la foule, cherchant en tout sens.
-Et merde, ils se sont envolés ou quoi ? Lance-t-il.
-Tu vois que ça t’arrive aussi de te planter, lui répond Conrad sur un ton moqueur.
-Ouais bin tes remarques, tu te les gardes, ça va pas nous aider là, si tu veux retrouver ton pote ! Lui répond Tilus sur un ton énervé.
Puis voyant une passerelle surplombant la rue, il décide d’y monter. De là-haut il aura une meilleure vue d’ensemble sur la rue. Conrad pendant ce temps continue de chercher dans les rues avoisinantes. Syrius et Séverina le rejoignent à ce moment-là.
-Alors ? Demande Syrius.
-Il les a perdus, répond Conrad en haussant les épaules. Juste à ce moment-là Conrad repère de nouveau leurs cibles à environ deux cents mètres, faisant signe à ses compagnons, ils se précipitent à leur poursuite.
Syrius appelle Tilus sur son vox et lui demande de les rejoindre mais s’orienter dans un tel dédale de ruelles sans nom est un peu hasardeux.
De loin, Conrad et ses deux compagnons, courant toujours vers eux voient la fille et le type entrer dans le hall d’un immeuble. Au moment de passer la porte, le ganger se retourne et jette un œil dans la rue. Il voit sans peine une fille vêtue de noir avec un grand manteau, mais celle-ci ne lui dit rien, il voit aussi un grand type mais ne le reconnaît pas, le déguisement de Conrad est plutôt réussi, par contre il se souvient bien du visage de celui qui juste la veille a failli le tuer : Syrius.
Dans un réflexe, il pousse la fille devant lui dans le hall et referme la porte d’entrée de l’immeuble. Syrius se précipite vers la porte tout en canalisant son énergie kinétique vers ses mains, il se jette sur la vieille porte en bois alors que ses mains crépitent d’énergie, le choc la décèle aussitôt de ses gonds et l’envoie voler dans le hall. Il s’y engouffre aussitôt suivi de Séverina et de Conrad.
-Là-haut, les escaliers, leur lance Séverina qui s’élance juste derrière Syrius. Ils s’élancent ainsi tous les trois à la poursuite de leurs cibles, montant les escaliers aussi vite qu’ils le peuvent.
Syrius est en tête lorsque venant des marches au dessus, quelqu’un lui lance un grand coup de pied en plein visage, il a à peine le temps d’esquiver, la botte lui frôle le front et le déstabilise dans sa montée. Il se rattrape à la rambarde de justesse et est stoppé dans sa lancée. Derrière, Séverina le rejoint et le double, mais aussitôt Syrius s’élance de nouveau, il vient d’entendre une porte qui s’ouvre un étage ou deux au dessus.
Tilus les appelle par vox, il est quelques rues de là.
-Vous êtes où ?
-Suit le bruit de la fusillade, lui lance Séverina.
-La fusillade ? Quelle fusillade ? Lui répond Tilus.
Séverina arrivée au cinquième étage va pour s’élancer vers le sixième lorsqu’elle perçoit une porte qui s’entrebâille, une arme de gros calibre en dépasse et tire, elle se jette en boule contre un mur et esquive les impacts qui la ratent de peu. Séverina en profite pour se caller contre un mur au moment où Syrius arrive sur le palier, pistolet mitrailleur pointé, il lâche une rafale sur la porte, celle-ci se referme aussitôt. Tous deux sont de chaque côté de la porte, reprenant leur souffle, Conrad est quelques étages plus bas, guettant par une des fenêtres donnant dans la rue où en est Tilus.
Séverina repère un ancien plan d’évacuation accroché sur le mur du couloir, le parcourant rapidement, idée de se faire une vision claire de la configuration des lieux, elle réalise que ce dernier n’a pas été réactualisé depuis environ plus d’un siècle. Elle laisse donc cette idée.

Syrius se tient devant la porte d’à côté, il lâche une rafale dans la serrure et met un coup de pied dans la porte qui s’ouvre avec fracas, il entre dans un vieil appartement miteux et sentant le moisi, se dirige vers la cloison adjacente à celui d’à côté et utilise de nouveau son sort. Une portion de la vieille cloison en plâtre vole en éclat.
Séverina fait signe à Syrius de lui donner une arme, il lui tend donc son épée à lame courbe. Elle jette un œil par le trou dans le mur, juste à temps pour voir les deux personnages passer sur une terrasse par une des fenêtres. Les deux se retournent et tirent de nouveau, criblant le mur en plâtre d’impacts, Séverina se recule. Puis réalisant que la voie est libre, brandissant sa lame, elle s’élance par le trou, Syrius la suit en la couvrant. Arrivés au bord de la fenêtre, ils voient à quelques mètres de là un vieil escalier de secours à moitié rongé par la rouille. Du monde est en train de descendre par là. Séverina s’élance à leur poursuite, Syrius toujours sur les talons bientôt rejoint par Conrad.
Arrivé dans le hall de l’immeuble, Tilus sort son fusil laser, et se dirige vers l’arrière-cour, suivant par vox les informations de ses collègues, l’escalier de secours donne juste en face de lui, il s’embusque dans l’angle du couloir, pointe son arme et attend. Quelques secondes plus tard, les deux personnages font leur apparition, cherchant à fuir vers une porte au fond de la cour. Tilus les met aussitôt en joue.
-Jetez vous armes, à terre ! leur hurle-t-il.
Le type et la jeune fille ne s’y attendant pas vraiment se retrouvent subitement piégés. Ishta jette son arme et lève ses mains, le type hésite.

-Jette ton arme ou je t’abats, lui crie Tilus. L’homme obéit finalement.
Séverina arrive juste derrière suivie de Syrius et Conrad. Les deux sont rapidement désarmés et maitrisés. Tilus récupère le sac que portait le type. Séverina récupère un pistolet mitrailleur.
-Ok, on va la faire courte vu qu’on se connaît déjà, on veut savoir où sont les Sombres Rédempteurs ?
-On a rien à te dire, tu peux aller te faire foutre, les stimm dans le sac, c’est pour ma copine, t’as pas le droit de nous les piquer encore une fois lui lance Ishta.
-Toi, fais pas la maline, rappelle-toi comment ont fini tes potes, on ne rigole pas. Répond à ma question, on compte récupérer un truc qu’on a perdu.
-Ah oui, ton cerveau ? Lui répond la fille d’un air insolent.
-Tu ferais bien de changer de ton avec nous, notre pote qu’on vous avait confié, il avait un objet avec lui, ça te dit quelque chose ?
-Peut-être bien et alors ?
-C’était une bague portant le sceau de l’Inquisition, on souhaiterait la récupérer, lui répond Tilus.
La fille et le type écarquillent grand leurs yeux.
-Par le trône, c’était donc ça ?
Toujours en pointant son arme sur eux, Tilus lance un regard vers Conrad et lui fait un petit signe discret. Conrad laisse alors affluer en lui son énergie psychique.
-Ok, je te repose encore une fois la question, annonce Tilus.
Conrad en profite alors pour sonder furtivement l’esprit de la jeune fille. Il voit un quartier de Middenheim, une rue, un entrepôt désaffecté. Caché sous l’entrepôt se trouve un passage qui mène vers une sorte de sous-sol.
-C’est bon j’ai l’info, lance Conrad.
-Ok lui dit Tilus, file moi ton pistolet à aiguilles. Conrad le dégaine et lui tend. Puis s’adressant à Ishta tout en pointant l’arme vers elle :
-Tu vois, c’est dommage que tu sois aussi arrogante avec nous, on aurait pu être plus sympa, mais là ça me motive pas trop.
-Sale enfoiré, a-t-elle tout juste le temps de dire avant d’être anesthésiée, elle et son pote et laissés là en plein milieu de la cour.
-C’est malin Tilus, désormais ils savent qu’on bosse pour l’Inquisition, je ne sais pas si c’est une bonne idée de les laisser en vie, lui lance Séverina.
-On s’en fout, ce sont des drogués, personne ne les croira de toute façon, répond Tilus.

Puis, repartant rapidement vers la sortie, l’équipe retrouve Skeld à côté de l’Armadillo, ils lui expliquent rapidement la situation.
-On y va tout de suite ? Leur demande-t-il.
-Oui, on fonce, je vais te guider, lui répond Conrad.
Le quartier en question se trouve à environ trois kilomètres de là, il leur faut donc quelques minutes pour le rejoindre.
De nouveau le véhicule est garé plus loin et Skeld les attendra là, en couverture. Ses quatre compagnons s’élancent discrètement vers l’entrepôt en question. Un grand bâtiment de la taille d’un terrain de sport, entièrement clos et flanqué de deux portes verrouillées. Une devant, une derrière. Aucun système de surveillance apparent, pas de sentinelles. Se dirigeant vers celle de derrière, Syrius utilise de nouveau ses pouvoirs kinétiques et force la poignée de la porte qui se tord dans un bruit de métal torturé et qui finit par lâcher. La porte s’ouvre en grinçant. L’intérieur, plongé dans l’obscurité est encombré de vieux containers disloqués, de caisses pourries, de bidons usagés et d’un enchevêtrement de vieilles poutrelles corrodées. Chaussant leurs lunettes infrarouges, le groupe se prépare à pénétrer discrètement dans le bâtiment.

Prudemment l’équipe progresse au sein de l’entrepôt qui semble inoccupé. Chacun chausse ses lunettes infrarouges. Séverina ne disposant plus de munitions pour ses pistolets bolters se retrouve sans armes. Conrad lui passe donc son pistolet laser et Syrius lui tend son épée à lame courbe.
Continuant d’avancer dans l’entrepôt et en cherchant bien, Tilus repère des traces et Syrius finit par découvrir une trappe dissimulée au niveau du sol. Celle-ci est fermement verrouillée de l’intérieur. Utilisant son pouvoir kinétique, il la défonce, dévoilant un ancien escalier de briques qui descend profondément sous la structure du bâtiment. Ils descendent et arrivent quelques vingt mètres sous la surface dans un réseau d’anciens égouts avec de nombreux tunnels. Utilisant ses pouvoirs de divination, Syrius propose un chemin, le reste du groupe le suit. D’ailleurs Tilus confirme par les traces visibles au sol que du monde semble bien être passé par là récemment.
Arpentant ainsi de nombreux tunnels et couloirs à l’absence d’éclairage, à l’humidité suintante et à la vermine grouillante, la petite équipe progresse rapidement et parcoure ainsi quelques centaines de mètres dans une puanteur permanente et une obscurité quasi totale.

Soudain, Tilus repère quelque chose. Devant lui à environ quarante mètres, il perçoit une lueur et des bruits venant d’une sorte de croisement de plusieurs tunnels. Il fait rapidement signe à l’équipe de se terrer dans l’ombre et de ne pas bouger. Quelques instants plus tard, deux silhouettes portant de longues robes sombres à capuches passent au niveau du croisement, les deux personnages sont armés de fusils d’assaut et l’un d’eux porte une torche.
Attendant prudemment qu’ils soient passés et déjà loin, Tilus se remet en route suivit du reste du groupe.
Arrivés au croisement, ils décident de remonter les traces des deux individus. Le tunnel emprunté semble en effet avoir été régulièrement fréquenté. Au bout d’environ deux cents mètres, Tilus capte une faible lueur venant du bout du tunnel, il s’avance lentement et entraperçoit une salle circulaire d’une dizaine de mètres de diamètre d’où partent d’autres tunnels. La salle est en effet éclairée par des torches murales. Deux individus, semblables aux précédents, sont en faction à côté d’une porte blindée couverte de rouille. Ils discutent à voix basse dans une langue qui leur est inconnue.

Conrad invoque alors son sort d’illusion visuelle autour de lui, permettant au reste de l’équipe de s’approcher plus prés.
Arrivés à quelques mètres d’eux, Séverina, Conrad et Syrius repèrent que les deux personnages arborent certains stigmates caractéristiques. L’un d’eux porte une étoile à huit branches marquée au fer rouge sur son visage, tandis que l’autre porte des traces de scarifications rituelles sur la face, représentant aussi le même symbole. Autour de leur taille, se trouve une ceinture faite d’une chaine rouillée au bout de laquelle pend un crâne humain accroché à ce qu’il lui reste de cheveux. Sur leur torse se trouve un étrange visage. A bien y regarder il s’agit en effet d’un véritable visage humain, sans doute féminin qui a été écorché vif puis cousu à même le tissu épais de leurs robes noirs et enfin une étoile du chaos a été peinte dessus avec du sang, formant ainsi une sorte de décoration des plus morbide. Enfin, ils portent tous deux un vieux modèle de fusil d’assaut, une variante locale du mythique Armageddon Mk II mais avec la crosse et la poignée en bois sombre. De plus, un pistolet automatique d’appoint dans son holster, ainsi qu’un long poignard à lame courbe dans un étui sont accrochés à leur ceinture. D’étranges runes évoquant les pouvoirs de la ruine sont inscrites sur l’ensemble de leur matériel.
Un simple regard sur ces symboles évoque la folie, la terreur et la haine. Ce qui n’est pas sans mettre mal à l’aise les membres de l’équipe, en dehors de Séverina, fidèle fille de l’Empereur qui se retrouve confrontée à ses pires ennemis.

Les deux sombres individus s’arrêtent soudain de parler et semblent regarder en fronçant les sourcils dans la direction de groupe toujours sous le couvert du sort de Conrad. Ils ne paraissent pas les distinguer dans la pénombre accentuée par l’éclairage des torches mais semblent avoir perçu comme un bruit. L’un d’eux s’approche, scrutant les ombres et pointant son arme, il n’aura ni le temps d’armer la culasse de son arme, ni de faire un pas supplémentaire. D’un coup d’épée latéral et puissant, Séverina lui sectionne net les deux jambes, juste au dessus des genoux.
Désormais en trois morceaux, rependant copieusement son sang corrompu, l’homme s’écroule en arrière et convulse aussitôt. Le deuxième allait lever son arme au moment où Conrad lui tire dessus à bout portant avec son pistolet à aiguilles, l’anesthésiant instantanément. Désormais tous redevenus visibles, Séverina enjambe le corps du blessé qui baigne dans son propre sang et lui plante la pointe de sa lame en plein front, s’assurant que cette dernière ressorte bien par l’arrière de son crâne. Puis elle la ressort d’un geste sec et en fait de même sur le deuxième homme endormi.
-Hey, mais pourquoi tu as tué celui-là, nous pouvions l’interroger ? Lui lance Syrius.
Elle lui retourne brusquement un regard noir, pointant l’étoile du chaos.

-Ne vois-tu pas là le signe de la corruption, sorcier ?
Puis essuyant sa lame souillée de sang sur les robes des cultistes, elle lance un regard dur vers le reste de l’équipe.
Conrad en profite pour surveiller les environs.
-Comprenez bien que si je rentre dans cet endroit, je n’épargnerai aucun d’entre eux, dit-elle.
-Parfait ma sœur, mais avant de tous les massacrer, on aurait peut être besoin d’en faire parler au moins un. Lui répond calmement Tilus qui commence à fouiller les corps.
Syrius se penche sur l’un d’eux et va pour prendre un des pistolets d’appoint, son geste est arrêté net par la lame que porte Séverina qui s’interpose entre l’arme et la main du psyker.
-Tu comptais faire quoi là, sorcier ? Lui demande-t-elle dans un murmure.
-Houla, tout doux ! Je voulais juste récupérer les armes. Lui répond Syrius.
-Ces armes portent la marque de la corruption, personne n’y touche. Lui répond Séverina sans appel.
-Mais ce ne sont que des armes et cela pourrait…
Séverina se rapproche à quelques centimètres de Syrius.
-Souhaites-tu être corrompu, psyker ?
-Ok, ça va je touche à rien, lui lance alors Syrius.
Tilus se relève avec un petit sourire, un trousseau de clés à la main. Au bout du trousseau est accroché un petit symbole en guise de porte-clés. Il s’agit d’un crâne cornu et grimaçant en métal, autour duquel partent huit branches en forme de flèches. Tilus le détache et le jette par terre d’un air dégoutté. Il aurait juré un instant que l’objet maudit lui aurait presque brûlé les doigts s’il l’avait tenu un peu plus longtemps.
Il se retourne vers la porte tandis que ses compagnons scrutent les alentours. Après quelques tentatives, il trouve la bonne clé et ouvre la vieille porte blindée. Visiblement il n’y a pas de systèmes d’alarme apparents. L’endroit est vétuste et décrépi sans signe évident de technologie. La porte s’ouvre sur un couloir sombre et puant, il jette un œil prudent. Pas de mouvement. Plus loin on perçoit comme une sorte de chant.
Tilus s’engouffre silencieusement dans le couloir, fusil laser pointé à hauteur d’épaule, il fait signe à ses compagnons de le suivre. Séverina entre suivit de Conrad. Syrius traine les corps des deux cultistes dans le couloir et referme la porte derrière lui.

Le couloir fait un coude à une vingtaine de mètres. A mi-distance, une porte est entrouverte, de l’autre côté de cette porte s’entend une conversation dans une langue grossière et inconnue.
Tilus se plaque contre la paroi, faisant signe à ses compagnons que du monde se trouve derrière la porte, puis d’un rapide coup d’épaule il l’ouvre et se précipite dans la salle, fusil laser pointé. Dans sa précipitation, et face au peu de luminosité de la salle, il ne fait alors pas attention au sol irrégulier et à la marche qu’il faut descendre pour se trouver au niveau de la pièce dans laquelle il entre. Perdant du coup l’équilibre, il se rattrape de justesse à une chaise posée juste à côté de la porte. Malheureusement son fusil lui échappe des mains et vole dans la pièce. Devant lui, surpris se trouvent deux cultistes habillés à l’identique des précédents, assis à une petite table au milieu d’une salle qui semble être une sorte de dortoir, six paillasses crasseuses et du mobilier miteux complètent la décoration. Quelques bougies noires éclairent fiévreusement la pièce. Les deux hommes semblaient jouer aux cartes, ils se lèvent alors brusquement, laissant retomber au sol leurs tabourets. Le premier dégaine sa lame courbe tandis que son compagnon se jette sur un des lits afin de saisir son fusil d’assaut.

Tilus effectue une roulade dans la pièce et se met à couvert, Séverina bondit vers l’homme au poignard et lui assène un puissant coup d’épée, l’homme parvient à parer le coup de sa propre lame et se jette sur elle. Alors que le deuxième homme allait se servir de son arme, Syrius depuis la porte, focalise son pouvoir et l’assomme net d’un de ses sorts.
Alors que Séverina enchaine les passes d’arme en corps à corps, elle pare la lame de son adversaire et d’un coup d’estoc plonge son épée dans le torse du cultiste, le touchant en plein cœur. Elle lui enfonce la lame jusqu’à la garde, la tourne d’un mouvement du poignet, puis la ressort d’un coup sec, provoquant une giclée artérielle. L’homme regarde sa blessure fatale puis va pour dire quelque chose mais seul un sang noir et épais sort de sa bouche, il recule de deux pas et s’écroule sur place. Alors que Tilus ramasse son arme et que Séverina essuie sa lame, Conrad et Syrius se saisissent de l’homme assommé, ils l’assoient sur une des chaises, le désarment, le ligotent et le bâillonnent. Alors qu’il commence à reprendre ses esprits, Syrius fait un signe à Conrad et Tilus. Séverina attend juste à côté, sa lame tenue prête.
L’homme les regarde et retrousse ses lèvres en signe de mépris, malgré le bâillon qui entrave sa bouche.
-C’est très simple, on veut juste savoir combien vous êtes et où se trouve le prisonnier ? Lui demande Tilus. Conrad focalise son esprit sur les pensées superficielles du cultiste. Il voit une représentation sommaire des lieux, une vingtaine de cultistes, un homme enchainé dans une salle à l’autre bout. Ce qu’il perçoit lui suffit.
-C’est bon, j’ai ce qu’il nous faut.
A peine la phrase terminée, Séverina plante sa lame dans la gorge du cultiste et le laisse se vider de son sang. Conrad leur explique vaguement la configuration des lieux. Déjà Tilus est dans le couloir. Un peu plus loin se trouve une seconde porte, il l’ouvre sans même attendre ses compagnons, arme pointée il repère deux silhouettes et s’apprête à les abattre aussitôt. Au moment de faire feu, il réalise qu’il se trouve devant deux fillettes d’à peine dix ou onze ans. Apeurée, en larmes, crasseuses, habillées de haillons sales, pieds nus, maigres et maladives elles sont enchainées par la cheville à un des murs de pierre. La pièce ressemble à une cellule qui sert visiblement de chambre aux fillettes. Les murs et le sol sentent l’urine, le moisi et la peur. Des rats trottinent paisiblement parmi les restes de repas immondes servis à même une gamelle pour chien. Tremblante, elles se blottissent l’une contre l’autre. Tilus en reste totalement hébété. S’approchant des petites filles, il inspecte la chaine et tente de trouver un moyen de les libérer.
Ses compagnons progressent dans le couloir et le retrouvent. Syrius et Conrad observent la scène, voyant Tilus s’acharner avec rage sur la chaine. Séverina surveille le couloir.
-Tu fais quoi, là ? Laisse les, on n’a pas le temps de s’en occuper, lui lance Conrad en entrant dans la cellule.
- Ça se voit pas, non ? Je les libère, il est hors de question de les laisser ici. Lui répond Tilus sans même se retourner et continuant de s’activer sur la chaine.
-Mais t’es complètement con ou quoi ?
Vif comme l’éclair, Tilus se retourne et lui colle un violent coup de poing en pleine face. Conrad titube en arrière de quelques pas et se retrouve les fesses par terre. Se relevant lentement, Tilus le regarde, puis l’aide à se relever. Conrad le repousse et sort brusquement de la cellule, essuyant le sang qui lui coule des lèvres. Syrius et Séverina observent la scène, totalement incrédules. Syrius s’approche de Tilus qui vient de sortir son épée tronçonneuse et s’apprête à s’en servir sur la chaine. Les fillettes totalement horrifiées en restent pétrifiées de terreur.
-Tu es en train de devenir fou ou quoi ?
-Il n’avait pas qu’à me traiter de con, c’est tout.
-Du monde approche, fermez-là leur lance Séverina en entrant dans la cellule.

Séverina a à peine le temps d’entrer dans la cellule, que les deux cultistes qui arrivent au bout d’un couloir ouvrent le feu. Des balles ricochent sur les murs autour d’elle. Aussitôt, elle et ses compagnons ripostent et abattent les cultistes en quelques rafales, mais désormais l’alerte est donnée.
Pendant ce temps, Tilus tente toujours de faire sauter les chaines à l’aide de son épée tronçonneuse, mais les dents de la lame ripent sur les anneaux.
-Allez, laisse tomber, on n’a plus le temps de s’en occuper désormais, on doit y aller, lui dit Syrius.
Déjà Séverina s’engage dans le couloir, enjambe les cadavres des cultistes et continue d’avancer, Syrius la rejoint.
-Où est passé Conrad ? Lui dit-il.
-Je n’en sais rien, surement quelque part devant, il était dans le couloir il y a un instant, dit-elle en continuant d’avancer prudemment.
-Putain c’est le seul à connaître la configuration des lieux et il se tire l’Empereur sait où !
Lui et Séverina arrivent au coude du couloir, ce dernier se sépare dans deux directions. Syrius repère du monde à une trentaine de mètres dans la pénombre. Apparemment des cultistes s’embusquent dans une salle à colonnade et semblent les attendre. Séverina prend l’autre couloir mais n’a pas le temps de se mettre à couvert, des tirs venant de l’autre bout sifflent autour d’elle, trois impacts touchent ses protections renforcées et la blessent légèrement, la forçant à revenir en arrière vers Syrius et se mettre à couvert.
-Tu es blessée ? Lui demande Syrius voyant les traces d’impacts dans les protections de la sœur.
-Ce n’est rien, quelques éraflures, par contre la voie est bloquée par ici.
-Oui et de ce côté aussi, lui répond Syrius en jetant un coup d’œil vers le couloir, apercevant justement quatre cultistes chargeant dans leur direction. Ajustant son pistolet mitrailleur, il lâche une rafale sur le premier, Séverina fait de même avec son pistolet laser alors que les cultistes font feu totalement au jugé de leurs pistolets d’appoint et brandissant de vicieuses lames dentelées. En un instant, le couloir se transforme en enfer.

Conrad, rendu invisible par son sort d’illusion continue d’arpenter les couloirs, évitant tant que possible les fusillades, se faufilant d’un corridor à un autre et s’aidant de la projection mentale qu’il a des lieux. Il arrive au coin d’un couloir, des portes blindées sont fermées. Son sort lui demandant une concentration telle qu’il ne peut rien faire d’autre qu’avancer lentement et prudemment. Il sait que Tibaltus est détenu derrière l’une d’elle. Projetant ses facultés de télépathe, il se focalise sur l’esprit de l’Interrogateur et l’appelle mentalement, lui signalant ainsi sa présence et lui demandant de manifester la sienne. Venant d’une des portes, la deuxième sur sa droite, il perçoit des coups sourds tapés contre la paroi. Désormais, Conrad sait que Tibaltus est là.

Tilus finit pas abandonner, cette maudite chaine résiste toujours et il lui faudrait plus de temps et le matériel adapté ou bien tout juste la clé, se dit-il. Tans pis, il reviendra plus tard chercher les fillettes. Refermant la porte et les laissant à leur triste sort, il repart prudemment dans le couloir. Sur son chemin, une porte identique à la première, il pousse le verrou et l’ouvre en pointant son arme à l’intérieur.
-Par le Trône tout puissant, mais combien y en a-t-il ? Se dit-il alors que la tête commence à lui tourner.
Dans la cellule, deux autres fillettes d’à peine dix ans sont aussi enchainées. Elles sont dans le même état que les premières.
Plus loin, à quelques dizaines de mètres de là, l’enfer s’est déchainé. Des cris, des décharges d’armes, de la fumée âcre, l’odeur du sang. Tilus se rend compte que ça barde sérieusement et que le reste de l’équipe est en difficulté. Il referme la porte et repart, fusil laser pointé, il avance rapidement et retrouve Syrius et Séverina engagés face à plusieurs cultistes. Les hérétiques les chargent violement de deux couloirs à la fois. Certains d’entre eux sont tombés dans les couloirs mais vite remplacés par leurs compagnons frénétiques et totalement suicidaires. Tilus dégaine son épée tronçonneuse et s’apprête à accueillir la prochaine vague d’assaut avec ses compagnons.

Conrad continue d’avancer lentement dans le sombre couloir, toujours invisible. Derrière lui, un violent combat est engagé et ses compagnons ont l’air d’avoir du fil à retordre, mais au moins personne ne fait attention à lui. Et c’est tout ce qu’il cherche. Ce qu’il a aperçu au bout du couloir l’intrigue. Devant lui se trouve une sorte de chapelle d’où il entend quelqu’un psalmodier. S’approchant, il scrute discrètement l’intérieur sombre et faiblement éclairé de nombreuses bougies. Un autel décoré de crânes humain est installé dans le fond, derrière l’autel se tient un personnage habillé lui aussi de longues robes sombres sur lesquelles il porte une sorte de cuirasse décorée de symboles hérétiques. Sur sa tête, une sorte de tiare décorée de cornes, il porte un masque grimaçant et lit un grimoire posé à même l’autel. Des volutes d’énergie sombre se matérialisent autour de lui. Il invoque quelque chose se dit-il. Autour de lui, dispersés dans la chapelle, se trouvent six cultistes armés en embuscade, prêt à le couvrir en cas de danger. Conrad se coule dans les ombres du temple et approche lentement de l’invocateur.

Séverina pare une des lames et d’un revers bien placé, frappe un de ses adversaire du pommeau de son épée, d’un geste souple, elle embroche un autre assaillant, tandis que Syrius abat net un autre cultiste quasiment à bout portant. Trois autres chaotiques se jettent dans la mêlée, les forçant à reculer. Le corps à corps est brutal et violent. Syrius abat finalement son assaillant et Séverina parvient à tuer les deux autres, mais avant que la vague suivante ne se jette sur eux, ils constatent que Tilus gît au sol dans son propre sang, atteint d’une vilaine blessure en plein visage. Tandis que Séverina tient en respect leurs adversaires, Syrius tente aussitôt des premiers soins sur Tilus. Lui sauvant la vie de peu, Syrius constate que Tilus est tout de même hors combat sur ce coup-là.
-Séverina, on fait quoi ? La mission est un échec total, on ferait mieux de se replier !
-Je ne fuirais pas devant l’ennemi, lui lâche-t-elle en continuant de tirer.
-C’est du suicide ! Tilus est au tapis, Conrad a disparu, on ne tiendra pas, ce n’est pas mort que nous servirons l’Inquisition et l’Empereur-Dieu, lui sort-il en l’attrapant par le bras, comme pour la faire réagir. Elle le regarde fixement.
-Ok, on emmène Tilus et on décroche.

Syrius tente de porter Tilus tant bien que mal. Remontant ainsi les couloirs vers la sortie, Séverina les couvre, pistolet laser pointé droit devant elle. Déjà elle perçoit du monde à leurs trousses à s’apprête à les contenir lorsqu’ils perçoivent le bruit de décharges de rafales lasers venant d’un peu plus loin devant eux. Les tirs ne semblent pas leur être destinés.
-Tâchons de nous mettre à couvert, je ne souhaite pas être prise dans un tir croisé, lance Séverina à Syrius.

Conrad toujours sous les effets de son sort continue de longer les ombres dans la chapelle. Autour de lui, sur les murs de pierres humides et sombres sont accrochés des trophées macabres, des restes humains sont cloués sur les murs, des crânes grimaçants sont posés dans des niches, des sortes d’étendards couverts de signes abjectes pendent des parois. Des idoles blasphématoires irradiant une pure malveillance représentent les quatre divinités des dieux sombres.
Tandis que le sorcier continue d’invoquer, bien que totalement concentré à sa tâche, ce dernier relève les yeux en fronçant les sourcils et semble lancer un regard dans la salle, comme à la recherche de quelque nuisance inopportune. La haute coiffe qu’il porte, sorte de tiare flanquée de cornes serpentant vers le haut est décorée d’une étoile à huit branches sur le devant. Le visage du sorcier est dissimulé par une sorte de masque grimaçant couleur chrome en forme de crâne démoniaque à la mâchoire inférieure proéminente et garnie de crocs.

Les cultistes, eux aussi nerveux et agités tentent de se focaliser sur l’entrée du temple et sur les bruits de combat au-delà. Un des six cultistes présents donne d’ailleurs un ordre bref dans sa langue barbare à ses sombres acolytes. Aussitôt, quatre d’entre eux se dirigent rapidement vers le couloir le plus proche et s’engagent à la poursuite des compagnons de Conrad. Ce dernier est désormais à quelques pas de l’invocateur. Sans se faire voir il laisse tomber un des cierges qui entourent le lutrin sur lequel est posé l’énorme grimoire que lit le sorcier.
Le cierge tombe en plein sur le livre ouvert, répandant copieusement sa cire noire et brulante sur les pages aux inscriptions maléfiques écrites en lettres de sang, interrompant par la même occasion le rituel en cours.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mer 2 Juil 2014 - 14:57

Chapitre II

+++L’insolente efficacité de Skeld+++
+++Un rituel interrompu+++
+++Annonce officielle+++


Alors que Séverina allait faire feu de son arme sur l’intru qui venait d’apparaître dans l’ombre au coin d’un couloir, elle réalise aussitôt qu’il s’agit là de Skeld. Le fusil radiant du cadien encore fumant, il lui adresse un large sourire en enjambant les deux cadavres transpercés.
-Alors sœurette,  besoin d’un coup de main ?
Séverina baisse aussitôt son arme et fronce les sourcils.
-Tu n’étais pas censé garder notre véhicule dans la rue, toi ?
Skeld remonte le couloir en inspectant les alentours, passe à leur hauteur et inspecte les couloirs suivants d’un œil exercé et attentif.
-Dis tout de suite que ça ne te fais pas plaisir de me voir, lui lance-t-il, sûr de lui, j’ai du abandonner mon poste car ça commençait un peu à grouiller de gars en bordeaux là-haut, tu sais nos potes les FDP.
Skeld jette un œil rapidement à Tilus toujours inconscient et à sa vilaine blessure au visage.
-Tu crois qu’ils en avaient après nous ? Lui demande Syrius à propos des FDP.
-Aucune idée, j’ai pas pensé à leur demander.
-On pourrait peut-être les attirer ici, ils pourraient nous aider à finir le boulot ? Lui répond le psyker.
- C’est ça, et adieu Tibaltus…Nan, on va se charger de ce boulot nous-mêmes. Dis-moi, ça a bardé ici, même l’autre psychopathe de Tilus s’en est pris plein la tronche. Et Conrad il est où ?
-On n’en sait rien, lui répond Séverina.
Skeld se saisit de son vox.
-De toute façon, maintenant qu’ils savent qu’on est là, être discret ne sert plus à rien.

Le sorcier, pris d’effroi et de rage se met aussitôt à crier et à gesticuler, tentant tant bien que mal de retirer délicatement la cire sur les pages du grimoire millénaire. Une chance que les lignes d’écriture du livre maudit aient une conscience propre se dit-il en voyant les mots composants les phrases neuf fois maudites se torde et s’animer en chuintant, cherchant à éviter la cire qui continue de couler sur les pages faites de peau humaine. Malheureusement pour lui, le rituel a été interrompu,  ce signe ne peut être qu’un mauvais présage, se dit-il en lançant un regard suspicieux sur les ombres alentours.
Se glissant discrètement dans une alcôve, Conrad emprunte alors un passage et ressort du temple par un couloir, plus loin sur sa droite se trouve une porte blindée semblable à celle par laquelle ils sont arrivés. Conrad, épuisé par le sort qu’il continu de maintenir, s’y dirige lentement.

Skeld allait appeler Conrad mais déjà deux cultistes viennent de faire irruption au détour d’un couloir devant lui, brandissant leurs armes et faisant feu ils se mettent à bondir dans sa direction. Le cadien lève brusquement le lourd fusil laser compact et lâche deux puissantes et rapides rafales renvoyant les deux sectateurs du chaos deux mètres en arrière et auprès de leurs sombres dieux.
Aussitôt quatre autres les enjambent en braillant des phrases impies, prennent leur place en se ruant dans les couloirs, faisant feu de toutes leurs armes.
Séverina et Skeld unissent leur puissance de feu pour les maintenir à distance, en abattant deux en plein couloir, malgré cela leurs deux autres compagnons leur passent par-dessus, continuent de charger et se retrouvent aussitôt au contact, lames brandies. Séverina s’interpose entre eux et Syrius qui remonte désormais le couloir avec Tilus. L’ex-sœur de bataille plonge entre les deux cultistes, épée levée, sa rage décuplée de se retrouver ainsi confrontée à l’ignominie perfide du Chaos. Une telle souillure ne peut qu’être lavée par la force de la foi et dans le sang. Au cœur du combat, Skeld en perd son casque, fendu en deux, mais lui sauvant son crâne. A ce moment il voit la sœur retirer sa lame du corps du deuxième cultiste qui glisse le long du mur pour finalement s’effondrer à côté du cadavre de son compagnon décapité.

Skeld et ses compagnons sont contraints de se mettre à couvert. Le cadien reprend alors son vox et appelle Conrad. Au passage il récupère l’épée tronçonneuse de Tilus.
-C’est Skeld, je suis dans le complexe avec les autres, t’es où ?
-J’ai trouvé où est détenu Tibaltus, mais je ne vais pas pouvoir le libérer sans attirer l’attention des cultistes, j’ai tenté d’interrompre un rituel, je ne sais pas combien de temps cela va fonctionner, sauvez-vous, je tente de trouver une autre issue, on se retrouve dehors.
Skeld lance un regard interrogateur à Syrius et Séverina.
-Il a trouvé où est enfermé Tibaltus mais veut qu’on décroche, on fait quoi ? Vous voulez vraiment partir maintenant qu’on a fait tout ça ?
-Oui, lui répond Syrius, Conrad a raison, ils sont trop nombreux, Tilus est à moitié mort, Séverina est blessée et je suis épuisé, cela affecte mes sorts, le mieux est de se replier, nous reviendrons dans de meilleurs conditions.
-Je ne suis pas d’accord, nous n’aurons justement pas de meilleur occasion, si nous revenons plus tard, cet endroit sera vide et tout cela n’aura servi à rien. De plus Séverina n’a pas l’air si mal en point que cela, répond alors Skeld.
Séverina relève une mèche de ses cheveux de son visage en sueur. Du sang, celui des cultistes, coule encore le long de sa lame. Sur ses vêtements moulants renforcés marqués d’impacts, le sien y a laissé aussi des marques sombres. Skeld l’observe un instant et sans détourner son regard, demande à Syrius à voix basse.
-Vous en avez déjà éliminés combien ?
-Une bonne dizaine je dirais, peut-être plus.
-Avec ces deux là, ça fait vingt-deux, répond calmement Séverina.
Skeld fait un petit sourire et reprend son vox.
-Conrad, combien tu as croisé de types là où tu es ? Reprend-il.
-Une dizaine, je dirais, lui répond le psyker, le souffle court.
-Une dizaine, il y a combien de temps ?
-J’en sais rien, il y a quelques minutes je pense.
-Et là tu en vois encore combien ?
-Y en a encore deux planqués dans la chapelle, sans compter l’invocateur. Mais je ne suis pas allé dans les autres parties du complexe, il doit y en avoir d’autres cachés quelque part.
-Et initialement, on sait combien ils étaient ?
-Apparemment une vingtaine, lui répond Conrad.
Skeld se met alors à sourire, trois, ils ne sont plus que trois.
-C’est entendu, bon boulot le sorcier, on ne décroche pas, on finit le job. Donne-moi ta position, on te rejoint.
-Suis le couloir devant toi, première à gauche puis deuxième à droite et tout droit.
Skeld coupe la communication et se tourne vers ses compagnons.
-On laisse Tilus ici, il va nous ralentir, on le récupèrera plus tard, en route.
-Non, on ne laisse personne, imagine qu’on ne puisse pas revenir, lui répond Syrius.
-Il a raison, lui lance alors Séverina, je passe devant, Skeld tu me couvres. Syrius suivra derrière avec Tilus sans s’exposer.
Skeld ne peut qu’acquiescer. Et puis l’idée d’avoir les courbes attrayantes de Séverina ainsi dans son champ de vision n’est pas non plus pour lui déplaire. Le petit groupe progresse ainsi dans les couloirs sombres, le plus discrètement possible.

Se rendant compte que la porte blindée est verrouillée et ne disposant d’aucun moyen pour l’ouvrir, Conrad décide bien malgré lui de rebrousser chemin, arpentant de nouveau le couloir par lequel il est venu. Soudain, au détour du passage menant à la chapelle, il perçoit des bruits de pas précipitées. Il se plaque dans les ombres contre un renfoncement et maintient son sort activé. Une silhouette débouche aussitôt et s’engouffre dans le couloir. Il s’agit de l’invocateur. Sans même regarder devant lui, ce dernier maintient serré contre sa poitrine l’énorme grimoire, il regarde par-dessus son épaule, comme s’attendant à voir surgir des poursuivants. De sa main libre, il tient un pistolet laser ouvragé. Passant à hauteur de Conrad, celui-ci tente de le faire trébucher mais le sorcier du chaos, visiblement assez alerte, l’évite de justesse et réalise aussitôt sa présence. Le sort de Conrad n’est plus maintenu. Vif comme un serpent, le sorcier pointe son pistolet laser en plein vers le visage du psyker.

Séverina se plaque contre un des murs. Par le passage ouvert, elle aperçoit deux cibles. Elle fait un signe à Skeld, ce dernier la rejoint alors dans le couloir et jette un œil.
De l’autre côté, toujours en embuscade, les cultistes ouvrent le feu aussitôt, l’obligeant à se mettre à couvert en jurant.
Tenant son arme d’une main, la faisant passer dans le couloir et tirant sans même regarder, Skeld lâche une série de rafales, arrosant le couloir et la chapelle. Ne sachant si c’est par chance ou par pure adresse, les deux cultistes, le corps traversé de part en part sont accueillis par le châtiment qu’ils méritent.
Skeld se relève avec un petit sourire satisfait et se dirige alors vers la chapelle, arme pointée et prêt à faire feu sur tout ce qui bouge. Du bout du pied, Skeld retourne les corps, s’assurant qu’ils sont bien morts.
-Qui a dit qu’on devait fuir et que ces types étaient des coriaces ? Dit-il.
-Ne fanfaronne pas trop le cadien, on a déjà affronté le gros de leur effectif avant que tu arrives, tu as juste eu une chance incroyable, c’est tout, lui répond Séverina qui le rejoint dans la chapelle. Skeld lui fait un large sourire charmeur.
-La chance n’y est pour rien ma belle…mais ça me touche que tu sois impressionnée…
Soudain, il s’interrompt et brandit son arme, faisant signe de faire silence, depuis un couloir il perçoit du bruit.

Le sorcier fut rapide sur ce coup-là mais Conrad le fut juste légèrement plus. Son pistolet à aiguilles était déjà pointé vers sa cible. Il tire aussitôt alors que le pistolet laser de l’invocateur se pointe vers lui. Malheureusement le tir de Conrad est alors dévié par l’arme du sorcier et rate sa cible. Avec un rictus mauvais, le sorcier presse sur la détente et ouvre le feu sur Conrad à bout portant, mais ce dernier l’évite in extremis en se jetant de côté. Dégainant sa lame sacrificielle, le sorcier se jette alors sur sa proie, les yeux injectés de sang, un rictus de haine derrière son masque effroyable, prêt à l’égorger. Conrad n’a qu’une fraction de seconde devant lui pour réagir. Réalisant qu’un tel invocateur ne sera pas simple à affecter psychiquement, il focalise ses pouvoirs au maximum, faisant crépiter l’énergie autour de lui et lance sur son assaillant une véritable onde de choc mentale.

Même la puissante psyché de l’invocateur ne peut résister et se brise à l’impact, laissant passer au travers de ses défenses un tel choc qu’il en reste totalement sonné, hébété, figé en plein milieu du couloir et stoppé en plein élan. Le sorcier tente de résister au sort mental, puisant lui aussi dans les ressources corrompues du warp, il en appelle alors aux Puissances de la Ruine. Luttant de toutes ses forces, crispé par la douleur, sa lame sacrificielle lui glisse alors des mains et tombe en tintant sur les dalles de pierres aux pieds de Conrad qui s’affaisse au sol, vidé totalement de son énergie.
Il a à peine la force d’apercevoir d’autres silhouettes arrivant comme au ralenti avant de perdre connaissance un instant.
Skeld arrive en courant dans le couloir, suivi par Séverina et Syrius. Voyant la scène, il décroche l’épée tronçonneuse de Tilus et l’active, toujours en courant. Conrad est au sol, au dessus de lui se trouve un sorcier du chaos bougeant comme au ralentit. Il ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe mais pour avoir déjà été confronté à ce genre de sombre individu durant la 13ème Croisade Noire, Skeld ne se pose pas de question, d’un geste circulaire, il le décapite net.
La tête du sorcier, toujours casquée, roule un peu plus loin dans le couloir tandis que son corps désormais sans vie et crépitant d’énergies s’affaisse au sol, répandant ses fluides immondes alentours.

Skeld et Séverina sécurisent la zone, visiblement il ne semble plus rester personne dans les environs.
Conrad reprend progressivement ses esprits et se relève pour voir Skeld sur le point de ramasser quelque chose au sol. Le grimoire du sorcier.
-Non, n’y touche pas, ce livre est maudit, lui dit alors Conrad.
-Je m’en doute bien, c’est pour ça que je vais le cramer, lui répond Skeld. En s’aidant de bandes de tissus récupérées plus loin pour soulever le grimoire, puis le maintenant en équilibre, il l’emmène vers la chapelle toute proche, ses compagnons le suivent.
Une fois à l’intérieur, Skeld se dirige vers un des braseros sur trépied qui éclaire la chapelle et y jette le grimoire. Le livre ancien se met aussitôt à s’embraser. Une plainte déchirante s’élève alors des flammes tandis que le grimoire se met à se tordre et à se débattre en couinant tel un animal à l’agonie. Les flammes du brasero se mettent alors à gronder, prenant une teinte noire violacée anormale.
Séverina se met à reculer en fronçant les sourcils au moment où une puissante onde de choc secoue toute la salle. Tilus et Conrad sont projetés violemment contre les murs. Séverina et Syrius n’ont que le temps de plonger dans le couloir à côté d’eux afin d’éviter la déflagration. L’explosion psychique a littéralement soufflée l’intérieur de la chapelle. Par-ci, par-là des lambeaux de voiles et morceaux de mobiliers jonchent le sol tandis que des objets finissent de se consumer dégageant une fumée âcre. Skeld, un peu sonné se relève de parmi les débris en toussant, il ramasse son matériel et essuie la poussière qui recouvre son uniforme désormais en piteux état, couvert de sang de plusieurs personnes en plus du sien, sans compter les trous et autres impacts. Conrad se relève aussi en toussant, Skeld vient l’aider. Syrius et Séverina les rejoignent.    
-Pas de blessés ? Demande Syrius.
- Non ça va mais ne traînons pas, lui répond Skeld. Alors, on va le sortir ce Tibaltus ?

Arrivés devant la porte blindée de la cellule, Conrad fait alors signe à ses compagnons.
-C’est ici, leur dit-il.
-Tu es sûr qu’il est là-dedans ? Lui répond Skeld.
-Certain, lui lance Conrad.
Tandis que Séverina et Syrius surveillent les alentours, Skeld inspecte rapidement la porte. Puis prenant le trousseau de clés récupéré sur les cultistes, cherche celle qui correspond et finit pas la trouver. La porte s’ouvre enfin. Skeld entre prudemment dans la cellule plongée dans le noir total. Il y fait moite et tiède, presque chaud. Conrad le rejoint, portant une torche. Ce qu’ils voient les saisissent d’effroi.
Au-delà de l’odeur répugnante, mélange de mort et de chairs brûlées, le sol de la cellule de quelques mètres carrés est jonché d’ossements humains calcinés. La pièce en elle-même semble avoir subit le feu. De l’humidité suinte des murs et du plafond. Au fond de la pièce accroché au plafond par un palan et couvert de chaines, se trouve le corps d’un homme adulte aux chairs recouvertes de plaies et de brûlures suintantes. L’homme semble mort ou peut être inconscient. De la vermine grouillant sur le sol s’empresse de décamper sur leur passage. Skeld jette un œil sur les chaines rouillées et cadenassées.
-Par le Trône, il est dans un sale état.
Puis se dirigeant vers le palan en faisant craquer les os brûlés sous ses pas,  aidé de Conrad, il décide de lentement faire descendre leur compagnon. Suite à quoi ils lui défont ses chaines qui ont laissées de profonds stigmates dans ses chairs et le portent en dehors de la cellule. Conrad l’ausculte rapidement et lui injecte une dose d’Endomorphine. Aidé de Syrius et Séverina, ils lui recouvrent le corps de bandages contraseptiques issus de leur Medi-pack.
Pendant ce temps, Skeld part inspecter les autres portes adjacentes.
Il s’agit d’autres cellules contenant aussi des prisonniers.
Dans la plus proche, il trouve deux FDP, ligotés, hagards, l’air un peu dans le vague, ils ne réagissent même plus tandis que Skeld les détache.
-J’en ai trouvé deux autres par ici, ils sont en vie, lance-t-il à ses compagnons.
Puis il retourne dans le couloir et se dirige vers les autres portes.
Dans la suivante, il trouve deux corps qui ont été torturés, leur peau et leurs yeux arrachés. Visiblement, vu les restes d’uniformes et de grades, il devait s’agir d’officiers de FDP. Skeld referme la porte, les deux malheureux ont heureusement succombés à leurs tortionnaires il y a déjà quelques heures de cela.
Une autre porte donne aussi sur une cellule, là se trouve un jeune homme et une jeune femme, ils sont nus, torturés eux aussi, il doit s’agir de clercs de l’Administratum d’après ce qu’il reste de leur robes beiges claires au sol. Pendue au plafond par la gorge à un crochet de boucher, la jeune femme est décédée, vidée de son sang et de ses organes tels ces animaux finissant dans les cités-abattoirs. L’homme semble encore bouger, malgré ses yeux arrachés, ses mains et ses pieds tranchés. Il décédera lui aussi avant même que Skeld n’ait eu le temps de lui parler. Il ressort, affecté par les scènes horribles de ses corps mutilés et découpés et se dirige vers une autre porte et l’ouvre.
Là il ne rentre même pas, il se précipite dans le couloir et se met à vomir, le corps pris de violents spasmes. A l’intérieur, deux fillettes d’à peine douze ans, un peu comme celles trouvées en entrant par Tilus, se sont tranchées les veines avec un morceau de verre et ont attendues patiemment la mort, serrées l’une contre l’autre, préférant en finir rapidement.  
Skeld, un peu mal en point rejoint ses compagnons, trainant avec lui les deux soldats des FDP.
- Laisse-les-nous, on va s’occuper d’eux, lui dit Syrius
-Tibaltus ? Leur demande Skeld à mi-voix.
-Il est vivant, mais en mauvais état, j’ignore ce qu’il a subit mais il va avoir besoin de soins importants lui dit Conrad.
-Ok…je vais jeter un coup œil dans les autres salles et on fiche le camp d’ici.
-Je viens avec toi, lui dit Syrius, de plus on a laissé des fillettes dans une cellule, Tilus voulait qu’on les sorte de là.
Skeld et Syrius repartent donc faire un repérage des lieux tandis que Séverina et Conrad finissent de soigner Tibaltus.
Skeld finira par trouver dans une salle forte quelques caisses d’explosifs ayant été volées aux FDP. Des charges de Fycelène et quelques grenades qu’il récupère. Un stock d’armes appartenant aux cultistes ainsi qu’un laboratoire contenant divers substances qui ne lui évoquent rien qui vaille. Il n’y touchera pas. Pendant ce temps, Syrius découvre une bibliothèque emplie de livres, grimoires et fascicules d’endoctrinement. Apportant une torche, il s’empresse d’y mettre aussitôt le feu. Satisfait de voir les rayonnages de livres brûler aussi bien, il ressort de la pièce en refermant la porte et retrouve ses compagnons au détour du prochain couloir. Déjà une fumée épaisse commence à monter au plafond et se répand rapidement. Skeld pour sa part vient de mettre la main dans une salle sur des documents estampillés de l’Aquila, les fourrant dans une pochette, il emmène le tout.
Conrad et Séverina, portant Tibaltus, rejoignent Skeld accompagné des quatre fillettes rescapées et des deux soldats qui soutiennent Tilus.
Conrad ouvre grand ses yeux et parait stupéfait.
-Il y a le feu quelque part ?
-Oui, j’ai découvert une bibliothèque emplie de livres blasphématoires et l’ai incendiée, lui répond Syrius, assez satisfait.
-Mais tu es complètement crétin ou quoi ? On est dans un dédale de couloirs sous terre, on ne sait même pas ou se trouve la sortie et toi tu nous fous le feu !
-Ça va, si on rebrousse chemin, on devrait avoir le temps en faisant vite de rejoindre la porte par laquelle comptait fuir l’invocateur, leur répond Skeld. Foutre le feu à tout ce merdier peut justement être la bonne idée.
Traînant tant bien que mal leurs blessés, qui les ralentissent considérablement, le petit groupe parvient à rejoindre l’endroit évoqué par Skeld. Ce dernier entreprend de fouiller les robes de l’invocateur décapité. Autour d’eux la fumée commence à se répandre par grosses volutes menaçantes.
Skeld continue de fouiller nerveusement mais ne trouve rien, finalement, repensant au trousseau qu’il a sur lui, il se dirige vers la porte, mais aucunes des clés ne correspond. La fumée gagne désormais l’endroit où ils se trouvent et commence à les envelopper doucement, les faisant tousser.
Conrad se tourne vers Syrius, le regard noir.
-Ha bravo, et on fait comment maintenant ?
-Ecarte-toi, Skeld, je vais tenter autre chose.
Syrius approche de la porte en tendant ses mains, laissant se canaliser les courants du warp le long de ses membres. Conscient du risque encouru en un tel lieu, Syrius déchaine les énergies contenues en lui sur la porte. Mais rien ne se passe.
Soudain les quatre fillettes se mettent à crier, tout autour d’eux, dansant dans les volutes de fumées se détachent des figurent fantomatiques. Les âmes corrompues et damnées des morts ont été réveillées accidentellement par Syrius et se déplacent en ondulant doucement, répandant la peur dans leur sillage.
Skeld se met aussitôt à hurler, faisant passer son arme en full-automatique, et arrose les couloirs environnants de décharges laser en rafales, traversant les spectres grimaçants qui n’en rient que de plus belle. Ses compagnons se jettent au sol, protégeant les blessés et les fillettes, les couloirs plongés dans l’obscurité due à la fumée, sont soudain éclairés sporadiquement par des éclairs de laser stroboscopiques. Pendant ce temps, Syrius, reprenant ses esprits, se concentre de nouveau et retente la même chose. Cette fois-ci le sort fonctionne, faisant sauter le verrou et ouvrant la porte dans un grincement métallique. Tout le monde s’empresse alors de quitter ce lieu de cauchemar du plus vite qu’il le peut.
Quinze bonnes minutes plus tard, après avoir arpenté des tunnels d’égout puants, plongés dans une quasi-obscurité totale, Skeld finit par trouver une sortie. Débouchant dans un autre quartier de la ville. Ce sera Syrius qui les repèrera, indiquant qu’ils sont environ à deux kilomètres de l’endroit où est garée la voiture. Ce sera d’ailleurs lui qui ira la chercher, laissant ses compagnons dissimulés dans l’arrière-cour d’un vieux bâtiment. Dans certains quartiers de la ville désormais abandonnée, les patrouilles de FDP semblent s’intensifier. En direction de la côte, le bruit des bombardements gronde, illuminant le ciel nocturne de flashs sporadiques.
Conrad est alors pris à part par ses compagnons alors que Syrius part chercher leur véhicule.
-Tu pourrais faire tes trucs de psykers sur eux, idée de voir ce qu’ils sont devenus, ils ont l’air un peu bizarre, non ? Lui demande Skeld à voix basse, en parlant des FDP.
-Quels trucs ? Lui répond Conrad.
-Tu es télépathe, non ? Lire les pensées, tu sais faire il me semble, lui lance alors Séverina d’un air sarcastique.
-Je comptais bien m’en occuper, rajoute Conrad.
Il projette aussitôt son esprit vers les deux soldats, tandis que le premier semble hermétique, le second n’oppose aucune résistance mentale.
Au bout de quelques instants Conrad se tourne de nouveau vers ses compagnons.
-J’ai comme l’impression qu’ils ont été sans doute drogués, sous l’effet d’un sort ou bien d’un  conditionnement.
-Et c’est censé faire quoi ? Lui demande Skeld à voix basse.
-Sur l’activation d’un certain stimulus, j’ai comme l’impression qu’ils seront alors poussés à se suicider ou quelque chose comme ça, lui répond Conrad.
-Quel peut être ce stimulus ? lui demande Séverina.
-Je l’ignore, j’imagine que seuls les cultistes le connaissaient, répond Conrad.
-Cela pourrait se tenir, répond Séverina, des gens poussés au suicide, des explosifs, les attentats-suicides dernièrement…
-Oui, des bombes humaines, voilà ce que ces fumiers de chaotiques en faisaient, lance alors Skeld.
-Bon, que fait-on d’eux et des filles ? Demande Séverina.
-On les laisse ici, nous ne pourrons pas nous en occuper, la priorité est notre mission ainsi que la protection d’Ezekiah et Tibaltus, répond Skeld.
-Il a raison, de plus on n’aura pas la place d’emmener tout le monde dans la voiture, rajoute Conrad, il nous faut les abandonner.
-D’accord, mais les deux soldats peuvent être de potentiels dangers, et l’Empereur seul sait ce que vont devenir les fillettes, répond Séverina.
-Ecoute, dans quelques heures, les troupes de Mekton Zeta seront là, ou peut être pire encore, c’est malheureux mais nous n’y pouvons rien, il faudra alors que nous soyons loin. Le mieux que l’on puisse faire avec ces soldats et les fillettes est que nous les orientions vers une des patrouilles FDP, ils les récupèreront et se chargeront de les évacuer.
-Conrad a raison, lui répond alors Skeld. On les laisse aux patrouilles et on se tire d’ici.
Séverina semble réfléchir un instant.
-Je ne suis pas vraiment pour, mais je crois que nous n’avons en effet pas le choix.
Quelques instant plus tard, Syrius les rejoint avec leur véhicule, les blessés sont chargés à bord, les soldats et les fillettes sont laissés à un carrefour alors que deux blindés légers des FDP de modèle Chimère apparaissent au coin d’une rue. Le reste de l’équipe embarque à bord de la voiture qui file désormais tous feux éteints en direction des quartiers ouest de la ville, là où se trouve leur villa.

Une heure avant l’aube, l’équipe, meurtrie et épuisée retrouve Hephastos et Ezekiah. Ce dernier communique alors par télépathie avec Conrad, apprenant ce qui vient de se passer et remerciant l’équipe d’avoir retrouvé et libéré l’interrogateur Tibaltus.
De plus, avoir supprimé une cellule active de sectateurs du chaos ne peut qu’attirer l’attention toute particulière de l’Inquisiteur. Ezekiah souhaite désormais que son équipe s’attelle au plus vite à démasquer le complot orchestrée par cette organisation secrète appelée les Ombres et qui semble tirer bien des ficelles, car il leur reste peu de temps avant que la situation ne bascule sur Badab. Plus que jamais, son équipe va avoir besoin d’agir dans la clandestinité et malgré cela, va avoir besoin de trouver un solide soutien.
Tibaltus est installé dans une chambre, malgré son état, il semble reprendre timidement connaissance, son état s’améliore déjà un peu et parait visiblement heureux de retrouver ses compagnons. Il semble cependant assez surpris de voir qu’il y a de nouveaux membres dans cette équipe.
Le groupe s’accorde alors quelques heures de repos, suite à quoi ils devront lever le camp rapidement et rejoindre la capitale Badab City afin de rencontrer le contact de Syrius sur place, une certaine Yamilla.

Cela ne faisait pas plus de trois ou quatre heures qu’ils s’étaient endormis d’un sommeil lourd, qu’Hephastos réveille toute la maisonnée en catastrophe. Ses compagnons, encore engourdis et privés de véritable sommeil depuis plusieurs jours, ont du mal à se mettre en condition. Comme à leur habitude, due à leur formation militaire, Séverina et Skeld sont rapidement opérationnels. Le technoprêtre les réunit tous dans le salon de la villa.
-Par tous les Saints de Terra, on peut enfin savoir ce qui se passe, les eldars noirs sont dans le jardin ou quoi ? Lui demande Skeld.
En guise de réponse, Hephastos tout excité, fait signe à ses compagnons de se taire, leur montrant son servo-crâne qui flotte à côté de lui et qui se met à émettre une série de pépiements électroniques frénétiques.
-Ecoutez tous, leur dit-il, Ardo vient de capter ça sur son auspex, c’est diffusé en boucle depuis trente minutes apparemment !
-Qui est Ardo ? Demande Séverina.
-C’est son servo-crâne, répond Conrad. Bon et alors…on ne comprend rien à son techno-charabia de toute façon…
-Par l’Omniscience, suis-je bête, vous n’avez pas encore reçu vos améliorations et nul d’entre vous ne connaît le binaire, leur répond Hephastos. Ses compagnons le regardent d’un air fatigué.
-Bon et ça dit quoi ce message ? Lui demande Syrius.
Hephastos s’éclairci la voix et allume le projecteur holopix du salon. Une mosaïque d’images apparaît sur l’écran cathodique cerclé de bronze. Chaque image correspond à un réseau de média local et chaque image montre la même chose. Hephastos en sélectionne une au hasard et l’agrandi.
Il s’agit visiblement d’un flash spécial diffusé largement sur toutes les ondes.
Un personnage familier, au port noble et fier s’adresse du haut d’une tribune palatiale. Il s’agit du Techno-Prince Ishmael. Entouré de dignitaires et de gardes du corps en armure intégrale, il est accompagné d’une jeune femme plutôt charmante que les compagnons d’Hephastos identifient comme étant la Méta-Magnat Callida-Flavia Deatrix, un des bras droit d’Ishmael, elle-même à la tête d’un puissant réseau d’esclavage et de prostitution et épouse de Nicodemo Solomon un des autres dirigeants de Mekton Zeta. D’après Séverina, sans doute la fameuse « putain intrigante » des messages laissés à leur attention.
Le message d’Ishmael est passé en boucle.

« A tous les citoyens de Badab, cette nuit à 04h35 heure locale, le gouvernement corrompu de Victus Callidon a abdiqué. Le régime libre et uni de Mekton Zeta est donc le seul et unique pouvoir en place. Moi, Prince Enoch Lazarus Ishmael, assume désormais les pleins pouvoirs sur Badab, unifiant par la même occasion le continent sud au continent nord.
Citoyens. Trop longtemps vous avez été trompés et trahis par un régime faible et corrompu, administrés par une noblesse décadente et avide.
Callidon et ses ministres auront été victimes de leur cupidité et d’une gestion catastrophique des biens et moyens mis à disposition par le Trône de Terra et par le Tout Puissant Clergé de Mars.
Par cet acte, je mets fin à cette guerre qui nous divise depuis trop longtemps. J’ordonne à toutes les troupes gouvernementales aveuglées et restées encore fidèles à l’ancien régime, de déposer les armes sur le champ et de se constituer prisonniers à nos soldats. Au sein des forces armées gouvernementales qui nous ont déjà rejoints, une purge nécessaire est d’ors et déjà instaurée afin de déceler les risques de sédition et de trahison.
Nous n’accepterons aucun compromis. Refuser de se soumettre n’est pas une option.
Le Senatorum Imperialis a d’ores et déjà été informé ce matin à la première heure par liaison astrotélépathique de mes nouvelles fonctions. J’ai assuré les Hautes instances de l’Administratum, du Departmento Munitorum, du Mechanicus et du Saint Ministorum de l’entière fidélité de Badab à leurs Adepta.
Ils ont accusés réception et en ont pris acte.
Par cette décision forte, nous garantissons à tous les citoyens déjà meurtris par ce conflit, un retour à l’ordre et à la justice dans les plus brefs délais. Un prochain message devrait vous indiquer les nouvelles règles auquel chacun d’entre vous devra se soumettre pour le bien de tous et pour que la volonté de Terra et de Mars soit appliquée. »

Devant la situation qui vient de changer de façon brutale et radicale, le petit groupe en reste totalement abasourdi. Hephastos rediffuse les images en boucle sur différents canaux puis finalement coupe le poste. Ses compagnons s’assoient autour de la table du salon. Skeld sort dans le jardin s’allumer un cigalho, malgré le ciel chargé de nuages sombres et la bruine qui commence à tomber.
-On fait quoi concrètement ? Demande Conrad.
-Comment ça on fait quoi ? Lui demande Syrius.
-Je veux dire…on devait se rendre à la capitale aujourd’hui et vu ce qui vient de se passer, ce n’est peut être pas le moment.
-Conrad a raison, répond Séverina, on ferait bien de savoir ce qui se passe là-bas avant d’y aller.
-Appelle ta copine Yamilla, il faut qu’elle nous fasse un point sur la situation, dit alors Conrad.  
Syrius acquiesce et se lève, il prend son vox et sort de la pièce.
Il revient au bout de deux minutes, la mine sombre et rejoint ses compagnons qui l’interrogent du regard.
-C’était rapide, lui dit Conrad.
-Elle a à peine pu me parler, j’ai entendu des tirs autour d’elle, ils étaient en plein combat.
-Tu veux dire que du monde se bat encore dans la capitale ? Lui répond Séverina.
-Cela ne colle pas vraiment avec le discours d’Ishmael, lance alors Conrad.
-J’en étais sûr. Le discours d’Ishmael m’a paru en effet bien trop lisse. A l’entendre, les forces gouvernementales ont déjà capitulé et aucune résistance ne semblait à craindre. Ce qui finalement n’est pas le cas, répond Syrius
-C’est intéressant de constater que du monde résiste. Certains loyalistes pourraient éventuellement nous aider. Reprend Séverina.
-En effet…à ce sujet, nous ne savons rien sur ce qui est arrivé au Gouverneur Callidon et à ses ministres ? Demande Conrad.
-Nous n’en avons pas la moindre idée et à l’évidence il faudra que nous nous en occupions. Il est clair que notre situation est préoccupante. Je crois qu’il est temps de se poser un peu et de réfléchir à la façon d’aborder la suite.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Ven 11 Juil 2014 - 9:33

Chapitre III

+++Un point sur la situation+++
+++Dame Ophidia+++
+++Dernières confessions d’un barman+++


Les trois compères se posent autour de la table, l’air soucieux. Dans le jardin, assis contre un des appentis, Skeld s’allume un nouveau cigalho, indifférent aux discutions comme d’habitude, il préfère rester là. Hephastos sentant la température et le niveau d’humidité ambiant baisser, allume un feu dans la cheminée, puis laisse ses compagnons en s’excusant, il a veillé toute la nuit et a besoin de recharger ses accumulateurs internes. Il part donc se connecter au transformateur de la villa.

Syrius sort les différents carnets et documents réunis jusque là, il les dispose sur la table, prend plusieurs feuillets de parchemin ainsi qu’une électro-plume trouvés dans un meuble du salon.
-Bien, reprenons, dit-il, nous allons faire un point sur les différents éléments que nous avons trouvé jusque-là.
Quelques heures plus tard, Syrius, Conrad et Séverina sont parvenus à dresser un tableau assez représentatif de la situation qui finalement est plus complexe qu’elle ne semble le laisser croire.
-Bien, reprenons tout cela depuis le départ, annonce Syrius en se frottant les yeux. Il y a trois mois de cela, l’Inquisiteur Ezekiah répond à un de ses collègues, l’Inquisiteur Dante qu’il vient de repérer le Morning Star, vaisseau d’Abdul Golderg, un Libre-Marchand renégat qui fait surface dans le secteur Badab. Dante était alors sur sa trace depuis le secteur Cadien. Ezekiah suit sa piste sur Badab avec sa première équipe, il met en lumière le fait qu’un conflit de plusieurs années déchire les deux principales puissances économiques de la planète. D’un côté un cartel économique administré par les proches du gouverneur en place, de l’autre un techno-cartel géré par des nobles locaux. Très vite Ezekiah se rend compte qu’un complot interne vise certains proches du gouverneur à profiter de cette guerre civile pour destituer le pouvoir en place. Ezekiah demande alors à sa deuxième équipe - vous, en l’occurrence - de le rejoindre sur place. Entre temps, il nous recrute, Tilus et moi pour mener une enquête sur les dirigeants de la planète.
Ezekiah est ensuite démasqué et capturé, et ce, malgré le fait qu’il travaillait sous couverture et soit entouré d’agents professionnels.
-Oui, ce qui prouve bien que ceux en face, possèdent des moyens assez conséquents, reprend Conrad.
-En effet, acquiesce Syrius. On apprendra que ceux qui ont fait ce coup sont des mercenaires arrivés justement avec ce fameux Goldberg. Qui leur a demander de faire ça et que viennent-ils faire ici ? Ils sembleraient travailler pour une organisation occulte se faisant appeler « les Ombres », dont le but serait de prendre sans doute le pouvoir sur Badab, mais ont sans doute aussi d’autres motivations et dont les mystérieux responsables seraient certains membres du gouvernement, notamment l’Archi-Magos Xantis Trantor. On sait aussi qu’ils n’hésitent pas à utiliser des entités démoniaques et des technologies interdites pour parvenir à leurs fins. Ils étaient notamment en lien étroit avec Uberkrump, un magnat du crime local et que ce dernier préparait en secret et avec leur soutien une véritable hérésie, une armée de créatures mi-golems, mi-machines.

Parallèlement, une autre faction secrète semble connaître aussi la présence ici d’Ezekiah, puisque par trois fois, elle est entrée en contact avec lui ou par nous, ce qui revient au même. Nous ignorons totalement leurs motivation et qui ils sont, le seul lien qui nous amène à eux est un individu tantôt appelé Skanks, tantôt appelé Spud. Ces gens disposent aussi de gros moyens, étant donné que ce fameux Spud semble avoir une longueur d’avance sur nous, qu’il nous fournit des indices, afin de servir une cause qui nous échappe. Il sait qui sont les Ombres et il connaît les intrigues qui se jouent au sein des différentes factions.

-Ceci-dit, jusque là, il faut reconnaître que Spud nous a demandé d’intervenir contre des éléments qui s’opposaient au gouverneur en place. Reprend Conrad. Tel que justement éliminer Uberkrump, en sachant que l’on découvrirait ce qu’il tramait, ou bien éliminer les sectateurs du chaos qui détenaient Tibaltus. De plus, les messages qu’il laisse, lui ou ses complices, semblent presque prophétiques. Il sait plus ou moins ce qui va se produire et nous en informe. Je ne pense pas que ce type soit vraiment contre nous.
-Il nous manipule clairement à sa guise, répond Séverina. Ce type est dangereux, on ne sait rien de lui.
-Un point pour toi, lui répond Conrad.
-Bon, en parallèle, nous avons Ishmael et ses complices qui renversent le pouvoir, pour cela on sait qu’ils ont l’aide d’Eldars Noirs.
-L’intelligence avec des xenos est une hérésie, ne serait-ce que pour cela, eux aussi sont déjà condamnés, l’interrompt Séverina.
-En effet, la culpabilité d’Ishmael et de ses sbires n’est plus à prouver. Un point cependant est à noter. D’après les messages laissés par Spud, il semblerait qu’Ishmael soit aussi menacé par ses proches.
-Oui en effet, reprend Conrad, la fameuse intrigante que l’on voit à ses côtés, Callida-Flavia Deatrix qui aurait peut être fait éliminer son époux, semble désormais proche d’Ishmael et envisagerait aussi de l’éliminer.
-On ignore les véritables motivations, mais Spud semble bien avoir des informations à ce sujet.
-Ce qui nous amène clairement et toujours à la même piste, lance alors Syrius.
-Spud, reprennent en chœur Séverina et Conrad.
Chacun marque une pause, prenant un instant la mesure des évènements. Conrad rompt le silence.
-Ce type, il faut absolument qu’on le retrouve, c’est notre seul piste qui nous permettra de démasquer le ou les complots en place, lui et ses complices semblent être les mieux informés.
-Bien. Le dernier endroit où on devait le rencontrez hier, c’est au bar le Warp, répond Syrius, il ne nous reste plus qu’à y retourner de nouveau.
-Il nous y a déjà faussé compagnie la dernière fois, crois-tu vraiment qu’il va se pointer comme ça ?
-Non, mais on connaît un type qui sait le joindre, le barman avec ses trois bras, celui à qui j’avais glissé un backchich il y a deux jours. C’est lui qui l’a appelé pour nous fixer le dernier rendez-vous.
Conrad sourit.
-Ok, allons trouver ce type.

Une heure plus tard, à bord du 4x4, le petit groupe composé de Conrad, Syrius, Séverina et Skeld se retrouvent de nouveau dans les abords du Quartier des Damnés. Hephastos est resté à la villa avec Tilus encore amoindri et convalescent suite à sa dernière blessure, ensemble ils veillent sur Ezekiah et Tibaltus. Comme à son habitude, Skeld gardera la voiture dans une ruelle sombre, ses équipiers, eux descendent dans la sous-ville. Malgré une pénombre quasi omniprésente en cette saison, le soir est déjà bien avancé. La sous-ville est déjà en pleine animation. Le petit groupe se retrouve rapidement dans le dédale de ruelles crasseuses et bondées de sa foule bigarrée et bruyante, de ses odeurs de graisses et d’air lourd et acide. L’endroit a désormais quelque chose de presque familier.
Le Warp.
Le bar est plein à craquer comme à son habitude. Toujours les mêmes relents d’obscura, de lacrymata, de nirvana, de sueur rance et de bière puant l’urine. Des bandes de jeunes camés aux cheveux colorés, aux nombreux piercings et électrotatouages de piètre qualité viennent s’y saouler à mort. Des gangs de mutants hauts en couleur, à la mine patibulaire garnis de crocs et de griffes, aux malformations physiques, mentales ou congénitales rodent dans les recoins les plus sombres à la recherche de quelques doses de ces drogues les plus illégales mais aussi de celles les plus convoités. L’idée aussi de s’envoyer en l’air avec ses jeunes filles polytox ne les laissent pas indifférents, faisant monter le taux de testostérone de leurs corps musculeux à un niveau parfois explosif. Les bagarres pour posséder certaines de ces filles vénéneuses sont courantes. D’autant plus que ces demoiselles déjà bien aventurées sur le chemin de la damnation, n’attendent que ça.
L’endroit pu le vice, le mal et la corruption.
Dans le fond de la salle, un autre groupe est en train de jouer de la Barbare. Si on peut encore qualifier le bruit assourdissant qu’ils produisent, de musique. Un puissant mélange de rugissements saturés, de grondement de basse, sourd et caverneux et le martellement systématique de percussions rappelant un marteau-piqueur. Le groupe s’appelle « les Monstres » et il porte bien son nom.
Le chanteur, à l’aspect de véritable vampire, au torse nu décharné, couvert de tatouages et au teint cadavérique, s’égosille dans un porte-vox en rugissant tel un forcené. Ses longs cheveux raides et noirs contrastent avec le couleur d’albâtre de sa peau. Ses ongles sont de longues griffes noires et ses yeux jaunes sont fendus en leur milieu par une fine pupille à la manière des reptiles. D’ailleurs, son absence de jambes le confirme, puisqu’à leur place, son corps se termine par une queue de serpent à la peau reptilienne couleur albâtre. Son batteur est un grand costaud doté de quatre bras et à la tête minuscule, signe de crétinisme évident, les deux autres membres du groupe sont un type à l’air bestial et au corps à demi animal garni de cornes noires sur la tête et aux pieds caprins. La dernière, tout de noir vêtue, est une jeune fille au corps élancé et serait même assez mignonne avec ses formes attrayantes si elle n’avait pas ses deux têtes collées l’une contre l’autre.

La petite équipe se fraie un chemin à travers la foule bruyante et gesticulante et s’approche du comptoir. Syrius cherche du regard le barman de la dernière fois, ne le voyant pas, il interpelle en badabi un des autres barmen, un grand costaud à la peau sombre et aux bras couverts de tatouages. L’homme a la main droite remplacée par de l’augmentique de mauvaise qualité. Syrius se penche afin que l’homme l’entende à cause du bruit ambiant.
-On va prendre trois bières.
Le type acquiesce et s’empresse de les servir. Syrius reprend :
-Ton pote n’est pas là ce soir ? Un grand costaud avec trois bras, j’ai un truc à lui demander.
-Il est pas là mais demande toujours, lui répond le barman.
-Il sera là quand ?
-Zek ne viendra plus, il a eu un petit problème.
-Un petit problème du genre…définitif ?
-On peut dire ça comme ça.
-Un certain Spud, tu connais ?
-Non, ça ne me dit rien, pourquoi ?
-On devait le rencontrer, on a du fric à lui remettre, donc ça serait bien qu’on puisse le voir.
Syrius se tourne vers ses deux compagnons et leur fait part de ces informations.
-Dit lui qu’on veut voir son patron, lui lance Conrad. Syrius traduit aussitôt au barman.
Au moment de régler, Conrad glisse un billet de vingt supplémentaire. Le barman leur demande de patienter cinq minutes. Ce qu’ils font.
Au bout de quelques minutes le type revient et leur indique de se diriger vers une porte qui mène vers ce qui semble être une arrière-salle, du moins c’est ainsi que Conrad et Hephastos avait perçu les choses en inspectant les lieux la dernière fois.

Le trio pose les bières auxquelles ils n’ont pas touché, s’y dirige et passe la porte, là ils se retrouvent dans une sorte d’antichambre, un salon aux murs noirs insonorisés, éclairés par des chandeliers muraux baroques, des sofas rouges sang sont disposés le long des murs. A l’autre bout de la pièce se trouve une porte blindée dissimulée derrière une lourde tenture en velours noir.
Cette porte s’ouvre justement et une jeune femme élancée vêtue d’une longue robe de cuir noir cintrée sans manche et décolleté, entre.
La jeune femme doit avoir dans les vingt-trois ou vingt-quatre ans, elle porte des bijoux en argent et un lourd pectoral du même métal, ses yeux gris clairs contrastent avec ses longs cheveux noirs ondulés et sa peau pâle. Un petit tic nerveux fait trembler sa paupière droite.
-Je m’appelle Marlla et suis chargée de vous recevoir, dit-elle avec une pointe d’accent local. Souhaitez-vous un rafraichissement ?
Le trio fait signe que non.
-Je vous demanderais alors de patienter quelques instants, si vous désirez vous assoir…elle leur fait un geste vers les sofas. Puis elle ressort de la pièce.
Le petit groupe attend quelques minutes, puis Marlla réapparait et leur demande de la suivre, ce qu’ils font. Ils traversent ainsi un couloir d’une quarantaine de mètres de long aux parois en briques grises et nues, éclairé par des lumiglobes au plafond. Des capteurs pix enregistrent toute la longueur du couloir. Au bout se trouve une porte blindée, celle-ci s’ouvre à l’approche de Marlla, elle leur fait signe d’entrer puis s’en retourne d’où elle vient.
L’endroit, haut de plafond et aux murs garnis de stucs anciens est une vaste pièce peu meublée, une table avec une caisse en bois et quelques chaises, le tout complété par un miroir qui a du voir des jours meilleurs. Une autre porte en bois sombre et richement décorée et bardée de métal noir s’ouvre. Une autre femme fait son apparition.
Elle semble avoir environ trente ans, la peau mate, de longues tresses noires retenue par un bandeau, elle aussi est vêtue d’une robe de cuir noir comme sa collègue. D’une silhouette plus charnue et aux formes plus voluptueuses elle porte un maquillage élaboré, soulignant subtilement ses lèvres épaisses et ses yeux émeraudes.
-Je suis Diona, Intendante. Puis-je connaitre la raison de cet entretien ?
- Nous souhaitons nous entretenir avec votre patron au sujet d’un dénommé Spud, répond Conrad.
-Bien, je vais vous annoncer, mais avant cela si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais vous demander de laisser toutes vos armes ici. Diona leur désigne la caisse en bois posée sur la table.
Le trio se soumet sans rechigner à cette contrainte et c’est donc sans arme qu’ils sont introduits dans l’antre du maître des lieux.
Poussant les portes, Diona leur demande de la suivre. Le spectacle qui s’ouvre alors à eux les stupéfait. Ils viennent de pénétrer dans la nef d’un ancien Templum, vieux à en juger par l’aspect lustré des dalles au sol de deux bons millénaires. Les murs autrefois garnies de riches fresques sont désormais défraîchis et couvert de salpêtre. La voute de style gothique, culmine à près de trente mètres de haut, ce qui est relativement modeste, le tout soutenu par d’imposantes colonnades aux tympans sculptés d’Aquila entremêlés. Des anciennes chapelles adjacentes sont désormais reconverties en pièces à vivre. Au fond de la nef aménagée en véritable loft, là où se trouvait jadis le maitre autel, se trouve visiblement le salon central, disposé sur une sorte de dalle surélevée de trois marches. Des canapés ont été aménagés autour de somptueux tapis sur lesquels reposent des tables basses garnies de carafes en cristal emplies de liquides colorés ainsi que des coupes de mets raffinés.

Une femme à la peau noire et aux cheveux argent très courts s’entretient avec deux hommes. Elle doit avoir une bonne quarantaine d’année, elle semble faire figure d’autorité de par son air charismatique et dominant. Des écrans pix cerclés de cuivre sont disposés autour en demi-cercle, les images en multifacettes semblent représenter différentes vues que capturent les caméras un peu partout dans cet ancien complexe.
Le petit groupe est amené aux pieds des marches. La femme centrale congédie alors ses deux collaborateurs qui se lèvent et quittent l’estrade. Diona monte les marches et vient s’entretenir quelques instants avec elle. La femme est vêtue elle aussi de la même robe de cuir noir sans manches, dévoilant des bras athlétiques aux nombreux tatouages, une ancienne trace de brûlure de laser lui barre une joue. A son cou se trouve une lourde chaine en or au bout duquel est accroché une pièce de monnaie, un ancien Aquila en or apparemment ainsi qu’une simple goupille de grenade. Séverina ne manque pas de noter le tatouage des légions pénales ainsi que l’ancien bracelet de cheville biométrique désactivé, qui sert désormais de décoration. La femme se lève et leur fait signe d’approcher et de s’assoir. Dans les absides de chaque côté, sont installés divers personnes qui semblent travailler sur des cogitateurs ou divers sortes d’appareils complexes. Derrière l’autel se trouvent deux gardes du corps Ogryn. Plus de deux mètres cinquante de muscles, une mâchoire prognathe garnie de crocs et une absence totale de sagacité compensée par une masse en acier clouté de deux mètre de long.
-Vous êtes ? Leur demande la femme.
Syrius se présente et annonce ses compagnons selon leur fausse identité, la sienne étant déjà fausse, seul son prénom n’a pas changé.
-Je m’appelle Syrius et voici Ephrael et Mithras, mes compagnons.
-Appelez-moi Dame Ophidia et soyez les bienvenus en ma demeure. Puis-je vous offrir à boire ? Amasec, Sacra, Muscat de Quaddis, Gyn de Gorsk ?
Syrius demande un Sacra tandis que ses compagnons prennent un amasec, une fois servis par Diona et installés confortablement dans les canapés, Ophidia reprend.
-Bien, j’ai cru comprendre que vous recherchez quelqu’un ?
-En effet, commence Syrius en sirotant son Sacra, nous souhaiterions retrouver un ami à nous, Spud, nous sommes en affaire avec lui et nous devions lui remettre sa part, suite à une bonne affaire en cours.
Dame Ophidia semble perplexe suite à cet énoncé.
-Vous devez de l’argent à quelqu’un et …lui courrez après afin de lui rendre ?
-C’est à peu près cela.
Ophidia part alors d’un petit rire en reposant son verre d’amasec sur la table basse.
-On voit bien que vous n’êtes pas du coin, vous autres…avec de telles façons d’agir vous ne risquez pas de survivre longtemps dans une telle jungle. Bien…ceci-dit, je ne connais pas ce Spud que vous recherchez.
-Votre ancien barman le connaissait.
-Il semblerait, en effet…mais c’est regrettable, Zek nous a quitté…Un malheureux accident.
-Comment est-il mort ?
-Une bagarre de rue dans laquelle il s’est trouvé en sortant du bar l’autre soir, il aurait tenté de s’interposer et se serait pris un coup de couteau d’après le rapport des services d’ordre. Le coup aura été fatal, c’est malheureusement courant par ici.
-Vous avez une milice dans ce quartier ? lui demande Conrad étonné, non sans focaliser son esprit sur son interlocutrice.
-Cela semble vous étonner, et pourtant nos gens assurent la sécurité de cet endroit comme cela se fait de partout, cela m’étonne que vous ne les ayez pas croisé avant de descendre dans le Quartier des Damnés, à moins que vous ne soyez pas très observateurs. Et évitez sur moi vos tours de psyker, cela ne prend pas.
Conrad plonge le nez dans son verre. Syrius reprend la conversation.
-Vous semblez très au fait de se qui se trame ici bas, peut-être auriez-vous une piste à nous fournir ? Y a-t-il un rapport sur sa mort ?
-Qu’avez-vous à m’offrir en échange ?
-Cette information se monnaie combien d’après vous ?
-Je ne parle pas d’argent, à ce niveau là j’ai ce qu’il me faut, merci.
-Disons alors que nous pourrions vous rendre un service, j’imagine que vous ne manquez pas d’occasion d’engager des gens pour certains boulots ?
-En effet, mais pour cela je préfère traiter avec des personnes au fait des manières locales, pas avec des hors-mondes…Mais justement, vous allez certainement avoir quelque chose d’intéressant à m’offrir en échange. Voyez-vous, j’aime collectionner tout et n’importe quoi. Offrez-moi un objet, n’importe lequel. Et en fonction de la valeur que je lui accorderai à mes yeux, je vous accorderai une faveur en échange.
Conrad et ses compagnons se regardent alors, l’air dubitatif. Ils s’entretiennent à voix basse pendant quelques instants. Syrius reprend alors la parole en jetant un œil sur la goupille de grenade accrochée au cou de Dame Ophidia.
-Une grenade à fragmentation tout juste sortie de sa boîte, cela vous intéresse ?
Ophidia lève un sourcil et laisse paraitre un début de sourire.
-Va pour la grenade…
-Cette information, donc ?
-Le corps de Zek est au Necrologium, il sera normalement recyclé ce soir, à vous de trouver le reste.
Syrius et ses compagnons remercient alors leur hôte et ressortent non sans au préalable avoir repris toutes leurs armes et laissés une grenade à Ophidia.
-Par « recyclé », elle voulait dire ce à quoi je pense ? Demande Syrius à ses compagnons une fois dans la rue.
-Oui, je pense qu’à l’instar de certains mondes ruches où cela est pratiqué depuis la nuit des temps, les corps des défunts sont retraités, les sources de protéines, de graisses et de sels minéraux ne courent pas les rues dans les endroits les plus défavorisés. Il faut alors les prendre là où il y en a. Sur mon monde natal, avant d’être repéré par les agents des Vaisseaux Noirs, cela m’a nourri une bonne partie de mon enfance.
Séverina lui jette alors un regard dégoutté.
-C’est dégueulasse, reprend Syrius…tu as bouffé des morts ?
-Disons que j’ai mangé des barres de protéines qui…ouais bon bref…Trouvons ce Necrologium, ok ?
A quelques rues de là, Syrius trouve l’adresse de la morgue-manufacture, lui et ses compagnons y entrent. S’adressant à un clerc borgne et bossu à l’entrée, on leur indique de descendre au sous-sol. L’endroit, couvert de carrelage, jadis blanc est à présent couvert de crasse et de moisissures verdâtres, l’ensemble pu le sang, les désinfectants, le moisi et la chair avariée. Là un gros type totalement imberbe et aux yeux globuleux, à l’allure de boucher et au tablier couvert de sang note dans un registre leur venue et les amène à une des chambres froides où sont stockés les nouveaux arrivages. Il ouvre un des tiroirs plateau où se trouve un corps allongé et emballé dans un sac en matière plastique noire. L’air est glacé, de la bué sort de leur bouche à chacune de leurs paroles. Il leur laisse cinq minutes et ressort.
Aussitôt, Syrius et ses compagnons ouvrent le sac et auscultent le corps. Il s’agit bien de Zek, le barman aux trois bras. En regardant bien, Séverina trouve l’unique trace de blessure. Une lame tranchante et fine est entrée au niveau de ses cervicales, entre la deuxième et la troisième vertèbre, les sectionnant net.
-Pas de trace d’autres blessures, ni de liens, annonce Conrad.
-Le coup l’a tué net, reprend Séverina en soulevant la tête de Zek, d’une lame dans la nuque.
-Bizarre pour une bagarre de rue de se prendre un coup de couteau dans la nuque, non ? Cela ne vous rappelle pas du déjà vu ?
-Si, la mort de Hak, justement il y a un peu plus de vingt-quatre heures… reprend Conrad.
Séverina leur jette un regard interrogateur.
-Ah oui, tu n’étais pas avec nous à Freeburg lorsque Tilus devait rencontrer Hak, mais on te l’a raconté, il a fini de cette façon, une lame plantée dans les cervicales.
-Je ne sais pas pour vous, mais moi les coïncidences de ce genre, je n’y crois pas, reprend Séverina en reposant la tête de Zek.
-Attendez, j’ai même gardé la lame qui a tué Hak, je dois l’avoir avec moi. Syrius se met à fouiller ses poches. Au bout de quelques instant et après avoir retourné toutes ses poches, il se rend compte qu’elle n’y est pas.
-Tu dois l’avoir perdue, lui dit Conrad.
-Impossible, je ne perds jamais rien.
-Et chez Ophidia tu te rappelles l’avoir déposé dans la boite ? lui demande Séverina.
-Par le Trône…je me rappelle surtout à présent ne pas l’avoir déposé…
Syrius s’interrompt, et reste songeur un instant.
-Tu es sûr de ne pas l’avoir perdue ? lui demande Sèverina.
-Là où elle était, elle ne pouvait pas tomber, la poche était fermée, tu saisis ? Quelqu’un me l’a dérobée, je ne vois que ça…
-Attend un instant…qui pouvais savoir que tu l’avais et qui aurais pu te faire ainsi les poches ? Lui demande Conrad.
-Tu as vu ce quartier ? J’ai besoin de vous faire un dessin à tous les deux ?
-Avouez que c’est tout de même étrange, non ? reprend alors Séverina au bout de quelques instants.
Le gros type au tablier tâché de sang refait son apparition.
-Messieurs Dames, c’est pas que ça m’ennuie mais va falloir que je l’emballe celui-là.
-Allez-y… Nous en avons terminé, lui dit Conrad.
-Et…pour ses affaires personnelles, je dois…
-On les prend, l’interrompt aussitôt Syrius.
L’homme lui remet alors une boite en carton de trente centimètres sur trente et lui fait signer une décharge. Suite à quoi le trio s’empresse de ressortir de là, retrouvant presque avec bonheur l’air lourd et toxique de la rue.
Syrius se pose dans une ruelle et ouvre la boite. Outre les vêtements, les chaussures du défunt et quelques papiers, il trouve la clé d’un hab avec l’adresse. Tout objet de valeur ou argent a bien entendu déjà disparu. Il met la clé et l’adresse dans sa poche, remet le reste dans le carton et balance le tout dans un des containers de la ruelle derrière lui.
-On fait quoi, on va chez lui ? Demande Syrius.
-Attendez un instant, quelque chose me revient subitement…La bande de Bones, les dealers qu’on avait chopé à l’appartement, ils connaissaient aussi Spud, non ?
-Oui en effet, c’est eux d’ailleurs qui nous ont donné ce nom, tu as même sondé l’esprit de la fille…Ishta… je crois, c’est comme ça qu’on a su qu’il trainait au Warp, lui répond Syrius.
-Et à aucun moment on n’a pensé à leur demander où il se trouvait vraiment ?
-Disons qu’à ce moment Spud n’était peut être pas votre principale piste.
Conrad se tourne vers Séverina.
-Si, je crois qu’à ce moment là, on savait déjà que Spud était en fait Skanks et on le recherchait.
-Oui mais on recherchait surtout la piste de Tibaltus, reprend Syrius.
-Qu’importe, le coupe Conrad. Ces filles, on sait qu’elles connaissent Spud et qu’elles sont dans le coin, on les a pistés ici même pas plus tard qu’hier avec Tilus. On retrouve leur trace et ce coup-là on ne les lâche plus !
-Ok, l’appart de Zek attendra, Conrad a raison, la priorité va aux filles.

Le trio se dirige donc vers le dernier quartier où ils avaient suivis Ishta et Narl les deux compagnons de Jarra la jeune sauvageonne que Syrius avait blessé à la cuisse dans leur ancien appartement.
Syrius retrouve le hab sans peine. Ils gravissent les marches jusqu’au quatrième étage et se retrouvent de nouveau devant la porte des compagnons d’Ishta. Syrius revoit d’ailleurs les impactes de balles laissés lors de leur dernière visite ainsi que la porte voisine qu’il avait défoncé.
Syrius fait signe à ses compagnons qui sortent leurs armes et s’apprêtent à entrer dans l’appartement voisin. La nuit est tombée et le hab est plongé dans l’obscurité. Séverina passe devant, pistolet laser pointé, elle chausse ses lunettes infrarouges, comme ses coéquipiers. Une odeur de moisi, d’urine et de vomi imprègne les lieus.
Le hab est squatté par quelques clochards et autres ivrognes qui cuvent à même le sol parmi quelques meubles en ruine. Le sol est jonché d’immondices et de bouteille, aussi il leur est difficile de progresser discrètement. Par chance, les occupants semblent être trop saouls pour réagir. Séverina trouve le trou dans la cloison que Syrius avait fait la dernière fois. C’est par là qu’il était passé pour entrer dans le hab de leurs cibles. Séverina enjambe le trou toujours béant et s’introduit ainsi dans l’autre hab. Ici, même constat, des racailles du sous-monde squattent les lieux. Aucune trace d’Isha ou de ses compagnons.
Le trio rebrousse chemin et décide de ressortir du bloc d’habitation. Une fois dans la ruelle animée, Conrad s’adresse à ses coéquipiers.
-Bon c’était à parier, ils ne sont plus là.
-Oui, avec le dernier accueil qu’on leur avait fait, ils ne risquaient pas non plus de nous attendre, mais au moins on est certains qu’ils ne sont plus ici…Répond Syrius.
-Bon, on sait qu’ils se fournissent aussi en drogues divers dans le quartier des dealers, Syrius, tu saurais retrouver la boutique ?
-Oui, allons-y, on aura peut-être une chance de les croiser là-bas.

Arrivés sur place, le trio décident de monter une planque devant la boutique ou Isha et Narl étaient venu il y a plus de vingt-quatre heures pour se fournir en came, Conrad part acheter dans le quartier un peu de nourriture douteuse et quelques boissons suspectes et rejoint ses compagnons. Ils décident de s’installer sur une passerelle qui surplombe la boutique, de là ils pourront voir tout ce qui se passe. La nuit passe ainsi jusqu’au petit matin, chacun se relayant afin de surveiller les alentours. Pas de trace d’Ishta ni de ses comparses.
La petite équipe se retrouve donc au petit matin dans la ruelle animée, ils entrent dans un bar et commandent des récafs.
-Bon on fait quoi à présent ? Demande Séverina.
Syrius sort de sa poche la clé du hab de Zek.
-Voilà notre prochaine piste.
-Syrius a raison, allons jeter un œil dans son hab, nous aurons peut être un indice à y découvrir.
Soudain le vox de Conrad se met à vibrer.
-Oui ?
-C’est Skeld, vous êtes morts ou quoi ?
-On est sur une piste, on devrait en avoir pour quelques heures tout au plus.
-Faites chier ! Je suis là à vous attendre dans la bagnole depuis hier, si dans quatre heures je ne vois personne arriver, je me casse !
Puis Skeld raccroche. Conrad en fait part à ses compagnons.
-Quel con celui-là, répond Syrius, bon allons-y, il manquerait plus qu’il nous laisse en plan.


Chapitre IV

+++Rencontre Assassine+++
+++Une bien curieuse ganger+++
+++Quand Baalzabeth s’en mèle+++


Syrius trouve l’endroit sans peine, à deux rues tout juste du Warp. Le bloc d’habitation est délabré mais un peu entretenu. Sur la clé est indiqué bloc 7, hab 712. Ils entrent donc dans le hall 7 d’un vieil immeuble, de jeunes racailles encombrent les lieux et ne font aucun effort pour les laisser passer, quelques regards hostiles leurs sont lancés. Conrad et ses compagnons ne s’attardent pas et continuent leur chemin, gravissant les sept étages vétustes. Arrivés sur le palier, l’équipe emprunte un long couloir, comptant les numéros des habs. 710, 711…712.
-L’appart est là, signale alors Syrius à ses compagnons.
Séverina dégaine de nouveau son pistolet laser et fait signe à ses compagnons de rester sur leurs gardes.
-Range ta clé, la porte est déjà ouverte, lui dit-elle.

En effet, la porte est entrebâillée. Syrius sort son pistolet automatique et son pistolet mitrailleur, Conrad dégaine son pistolet à aiguilles. Séverina passe devant, elle pousse la porte et pénètre lentement dans le couloir du hab plongé dans la pénombre. A l’intérieur tout est sans dessus dessous. Soit un cambriolage a eu lieu, soit quelqu’un est venu ici pour chercher quelque chose. Séverina fait signe à Syrius de la couvrir et de ne pas faire de bruit. Conrad reste dans le couloir et guette les alentours. Soudain, il perçoit dans son champ de vision une silhouette furtive qui traverse le couloir de l’immeuble. Il s’élance aussitôt à sa poursuite, avertissant ses compagnons. Faisant volte-face, Syrius le suit aussitôt, tous deux s’élancent à la suite de l’intrus.
De son côté, Séverina, avant de ressortir, inspecte rapidement la pièce principale. Personne. Revenant vers la seconde pièce de l’appartement, Séverina, arme toujours pointée, sort de sous son manteau l’épée tronçonneuse, celle initialement de Tilus et pousse la porte. La pièce est elle aussi plongée dans la pénombre. Elle a juste le temps d‘esquiver de justesse trois lames de lancée qui lui passent à quelques centimètres du visage et se plantent dans le mur derrière elle. Dans la pièce, une silhouette se déplace, Séverina tire et la rate, elle active aussitôt sa lame tronçonneuse et charge au contact. Son adversaire l’accueille avec deux épées, parant systématiquement chacun de ses coups portés.
De leur côté, Conrad et Syrius coursent toujours leur cible, cette dernière vient de tourner à l’angle d’un couloir. Syrius s’arrête net juste avant l’angle, ses deux pistolets tenus prêts. Il fait un signe à Conrad qui vient de s’arrêter aussi avant le coude. Ce dernier se jette alors dans le couloir tandis que Syrius le couvre. Ils n’ont alors que le temps de voir une silhouette furtive dans les ombres, vingt mètres plus loin qui, vive comme l’éclair fait volte face, pointant sur eux ses deux armes équipées de silencieux qui crachent en rafales leurs projectiles. Tilus est touché au bras et à l’épaule, la puissance des impacts le propulse deux mètres en arrière contre le mur du couloir. La dernière chose que voit Syrius avant de perdre connaissance est Conrad qui est fauché à son tour et qui s’écroule lui aussi au sol.

Sèverina enchaine les coups et les parades, son adversaire est quelqu’un de coriace, rien à voir avec une simple racaille de gang, il s’agit là d’un véritable professionnel. Certes, l’épée tronçonneuse est une arme mortelle, mais elle est aussi plus lourde à manier, son adversaire, équipé de fines lames de duel, les manie avec une rare dextérité, les faisant virevolter autour de la sœur. Sèverina est une combattante redoutable mais tandis que sa dernière parade passe de justesse, elle ne voit pas la feinte que lui réserve son adversaire qui fait mine de pivoter de côté, tout en déportant son centre de gravité. Le coup de pied retourné fauche Sèverina en pleine tempe. Le coup est brutal et rapide, l’assommant net. Elle s’écroule à son tour, puis tout devient noir…

Conrad reprend péniblement ses esprits, la vue encore brouillée par le choc il tente de se relever à grand peine. Une vive douleur au niveau de sa jambe gauche lui crispe les traits mais lui indique qu’il est encore en vie. Sa botte a été perforée par un impact et du sang coule de son pied.
A deux mètres de lui, Syrius est écroulé au sol dans une marre de sang. Il ne bouge plus.
Conrad rampe tant bien que mal vers son pistolet à aiguilles alors posé à un mètre de lui.
Surgit des ombres à quelques pas de là, le tireur, une silhouette féminine, svelte et féline vêtue d’une combinaison de cuir noir, approche silencieusement. Les deux longs Tronsvasse Hi-Power noir mat à silencieux sont pointés en direction de sa tête et de celle de Syrius. D’un habile coup de botte à talon, sans même quitter ses cibles du regard, l’assassin écarte le pistolet à aiguilles. L’arme de Conrad glisse un peu plus loin dans le couloir, alors même qu’il allait s’en saisir.
La fille s’accroupie alors juste devant lui, tandis que son autre pistolet mitrailleur reste toujours pointé en direction de la tête de Syrius, elle baisse son autre arme vers le visage de Conrad qui reste pétrifié. La tueuse plaque l’embout du silencieux sous le menton du psyker et d’un mouvement du poignet l’oblige à relever la tête vers elle.
- Regarde-moi, lui dit-elle d’une voix douce.
Conrad sentant sa mort prochaine plonge à grand peine son regard dans les yeux de celle qui va mettre un terme à sa vie.
Ce qu’il voit alors, le stupéfait littéralement. Deux yeux bridés bleus ciel sont la seule partie visible derrière la cagoule noire et moulante. Mais quels yeux !
Ces mêmes yeux qu’il a furtivement croisé au marché de Freeburg il y a de cela trois jours, le jour même où Hak, le contact de Tilus se faisait tuer devant eux…cette fille magnifique qui lui a parlé, l’avait même complimenté sur…Oh, par le Trône, se dit alors Conrad, quel con j’ai été !

-Il te va toujours aussi bien, lui dit-elle alors, un petit sourire dans le regard, comme devinant ses pensées. Rassure toi, nous ne sommes pas là pour toi, notre travail ici est terminé. Mais la prochaine fois, évite de trainer dans nos pattes, d’accord ? Ça me chagrinerait de devoir abimer ton joli manteau.

Depuis la porte de l’appartement de Zek, là où devrait encore se trouver Séverina, Conrad perçoit une deuxième silhouette qui arrive furtivement dans leur direction. Il s’agit du clone de celle accroupie devant lui, à la différence que celle-là tient deux lames de duel. Elle approche d’eux sans même que la première fille n’y prête attention.
-On décroche sœurette, du monde arrive.
La fille devant Conrad se relève et avant de partir lui glisse doucement avec un petit clin d’œil:
-C’est un dernier avertissement, à l’avenir, toi et tes petits copains, évitez de vous mêler de certaines affaires qui ne vous regardent pas…
Puis, les deux filles, semblables comme deux gouttes d’eau, disparaissent alors comme elles sont venues.




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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mer 16 Juil 2014 - 9:50

Conrad n’en revient toujours pas, il s’empresse d’aller ramasser son arme et se dirige vers Syrius, sa propre blessure attendra, elle lui fait un mal de chien mais n’a pas l’air bien grave, par contre son compagnon semble plus durement touché. Au moment où il allait se diriger vers Syrius, il perçoit de la fumée qui s’échappe de la porte ouverte de l’appartement de Zek. Séverina fait alors irruption, elle a la pommette ouverte et du sang coule sur son visage.
-L’appartement est en feu, lance-t-elle à l’attention de Conrad. Elle va pour s’approcher de ses compagnons au moment même où une autre jeune femme vêtue étrangement et de façon flamboyante comme ces gangers de ruche, déboule dans le couloir d’un pas assuré. Elle inspecte rapidement les lieus, se dirige vers les blessés puis, à l’attention de Séverina en lui indiquant Syrius :
-Aidez moi à le transporter, il va falloir sortir d’ici rapidement avant que tout ne brûle !
Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent tous les quatre dans une arrière cour encombrée de détritus et de containers, portant toujours Syrius inconscient qui perd beaucoup de sang, ils s’arrêtent finalement sous un ancien porche, à l’abri des regards. Clopinant derrière eux, Conrad s’adresse à la jeune femme, cherchant à la congédier rapidement mais de façon courtoise :
-Un grand merci à vous, mais nous allons nous en sortir désormais.
La fille le regarde et ne bouge pas.
-Je n’étais pas là par hasard, je vous cherchais.
Conrad et Séverina se crispent soudain, leurs mains prêtes à se saisir de leurs armes.
-Et vous nous cherchiez pour quoi ? Lui répond lentement Conrad.
D’un geste du menton, elle lui indique Syrius posé contre le porche.
-On ferait peut être bien de le stabiliser d’abord, il n’a pas l’air d’aller bien votre copain.
-Elle a raison, annonce Séverina qui se penche vers le psyker désormais livide. Se servant dans une des sacoches de Conrad, la sœur lui administre les premiers soins  tant bien que mal, mais n’arrive pas à faire mieux que d’arrêter partiellement l’hémorragie.
-Il a perdu trop de sang, il faudrait le transfuser, leur dit-elle en relevant la tête.
Conrad prend alors son vox et appelle Skeld, resté à l’extérieur auprès de leur véhicule. Ce dernier, visiblement aigri par les heures qui se sont écoulées se montre peu motivé comme à son habitude, Conrad lui annonce qu’ils arrivent et que Syrius est grièvement blessé.
-Cela ne m’étonne pas, lui répond Skeld, Syrius est un vrai tocard, ce type est déjà dangereux pour lui-même, je ne comprends pas que vous l’emmeniez avec vous et en plus vous avez un réel don pour vous mettre dans les emmerdes jusqu’au cou !
-Epargne-nous tes commentaires, on te rejoint ! Puis Conrad coupe son vox et se tourne vers la jeune femme, l’arrêtant d’un geste.
-Avant d’aller plus loin, vous allez nous dire qui vous êtes et pourquoi vous nous cherchiez.
-Je m’appelle Zora et ma mission était de vous retrouver.
-Qui vous a demandé de nous retrouver ? Lui demande Séverina.
-La Chanoinesse Yasmina Dominica.
-La Cha…ma supérieure ? Lui lance Séverina, incrédule. Mais elle a périt dans…
-Oui, je sais, lui répond alors Zora qui sort de sa poche un chapelet et le tend à Séverina. Cette dernière s’en saisit.
-Le…Le Chapelet Ecclesiasticus de la Chanoinesse !
-Comment ceci est-il arrivé entre vos mains ? lui demande alors Conrad.
-Je vous l’ai dit, la Chanoinesse m’a embauché pour vous retrouver, elle se doutait visiblement que vous alliez avoir de gros ennuis.
-Embauchée ? Mais je ne vous ai jamais vue à la Schola Sainte Praxédès, lui répond Séverina en fronçant les sourcils.
-En effet, la Chanoinesse a fait appel à mes services juste après votre départ de son monastère il y a dix jours de cela, depuis je vous ai suivi, avec un peu de mal parfois, je l’avoue.

Conrad jette un œil perplexe à la jeune femme qui se tient devant lui, les bras croisés et au déhanché flatteur. Grande, élancée au physique particulièrement attrayant, elle a néanmoins une dégaine assez particulière qui ne passe pas inaperçue. Une mini jupe très courte, à volants sur des bas à résilles recouverts de hautes cuissardes en cuir rouge. Un bustier cintré et décolleté de même couleur complète le tableau. De longues couettes blondes encadrent un visage jeune et séduisant  grimé de couleurs criardes. Sur une des hanches, un holster dans lequel est fourré un lourd automatique tandis que le manche ouvragé d’une épée à lame courbe dépasse dans son dos. Il se rappelle avoir déjà croisé sur son monde natal, certaines guerrières du clan Escher moins voyantes que cette fille, à part peut être cette folle de la Maison Ullanti dont il ne se rappelle plus le nom….
-Ne me dites quand même pas que vous faites partie de l’Adepta Sororita ? Lui lance alors Conrad.

Cette remarque à pour effet de faire rire Zora. Mais pas Séverina qui lance un regard noir à Conrad.
-Il n’est pas dans les habitudes de la Sororita d’embaucher des…des  mercenaires. Pour ce genre de travail nous disposons déjà de suffisamment d’éléments dans nos factions militantes.
-Sans doute, répond alors Zora, mais peut-être que pour certaines missions d’infiltration, il est préférable pour votre ordre d’utiliser des méthodes moins conventionnelles et plus discrètes.
-Admettons, répond Conrad qui plonge son esprit vers celui de la fille. Rencontrant une barrière mentale, il n’insiste pas. Zora tourne vers lui un regard froid.
-Je souhaite obtenir des réponses, lui lance Conrad.
-Ce n’est certainement pas de cette façon que vous les obtiendrez.
-Je suis psyker, lire dans l’esprit des gens est mon travail.
-La prochaine fois dans ce cas vous pourriez très vite vous retrouver confronté à ma lame…
-C’est une menace ?
-Un simple avertissement. Vous voulez des réponses ? Posez vos questions normalement, votre méthode ne vous attirera que des ennuis.
-Dites-moi, l’interrompt Séverina, vous dites avoir quitté le monastère après notre départ, or, celui-ci a subit une attaque juste après, vous étiez là ?
-Non, la chanoinesse m’a contactée, mais lorsque je suis arrivée au monastère, ce dernier avait déjà été attaqué et ses occupantes tuées. J’ai alors remonté les pistes.
-Attaqué par qui ?
-Je n’ai pas vu, si ce n’est que les portes avaient été déchirées comme par des lames ou des griffes.
Séverina se tourne alors vers Conrad :
-Ce n’est pas ce qui a été dit ?
-Non, mais ce qui a été dit n’est qu’une version et selon cette version nous sommes coupables de ce qui s’est passé là-bas.
Conrad reprend à l’attention de Zora.
-Vous n’êtes pas Badabi j’imagine ?
-En effet, je suis une hors monde comme vous.
-Et vous êtes sur Badab depuis combien de temps ?
-Cela doit faire trois semaines environ.
-Et désormais que comptez-vous faire ?
-J’ai été embauchée pour vous aider, je pourrais donc continuer si vous souhaitez m’employer.
- Quel tarif ? Lui répond Conrad.
-Une base de cinquante crédits impériaux par jour me conviendrait.
-D’accord, partons pour dix jours, nous vous réglerons passé ce délais.
-J’aurais préféré un acompte mais je peux m’en contenter.
-Servir l’Empereur requière de la foi et non de l’argent, lance alors Séverina avec une pointe de colère,  je ne souhaite pas être payée pour ce travail, quels sont au moins vos talents ?
-Infiltration, enquête et combat si besoin est.
-Parfait pour moi, annonce Conrad, nous avons justement cruellement besoin de ces compétences réunies en ce moment depuis que certains de nos compagnons ont été blessés…
-Bien, dans ce cas emmenons votre compagnon et tâchons de soigner vos propres blessures, vous me raconterez alors quel est la nature de vos ennuis.

Reprenant Syrius, toujours inconscient, le trio repart vers la surface, rejoindre Skeld. Chemin faisant, Conrad raconte en quelques minutes  le but de leur présence sur Badab, la piste du Libre-Marchand Abdul Goldberg puis finalement la mise en évidence d’un complot d’une mystérieuse organisation se faisant appeler les Ombres, fomentant un coup d’état contre le gouverneur Callidon et dont les principaux membres sont parmi les plus fidèles conseillers de ce même gouverneur. Il évoque aussi les manipulations de l’insaisissable Spud, jusqu’à la piste qu’ils suivirent ici même dans le hab de Zek.
Bien entendu, tout cela sur fond de guerre civile lancée par l’infâme Technocratie de Mekton Zeta alliée à de vils xenos.
De fil en aiguille, Conrad en arrive à dévoiler à Zora qu’ils sont en fait employés par l’Inquisiteur Ezekiah.
Cette dernière ne semble pas plus impressionnée que cela à l’évocation de l’inquisition.
-Vous travaillez donc pour l’Inquisition ?
-Et bien…en effet.
-Et donc vous êtes censés traquer un Libre-Marchand ainsi que ses acolytes hérétiques, venus de l’autre bout de la galaxie livrer une certaine cargaison à une organisation secrète.  Et tout cela dans le but de démasquer un complot dans lequel seraient impliqués des membres du gouvernement ?
-C’est bien cela en effet, lui répond Conrad.
-Et jusque là vous avez réussi à remonter leur piste ?
-Absolument ! Enfin…pas exactement, disons qu’en remontant la trace de Spud qui se fait passer pour Skanks, nous avons espoir de remonter jusqu’à eux.
-Ce fameux Spud qui ne souhaite pas être retrouvé ?
-C’est bien cela ! Conrad se tourne alors vers Séverina. D’ailleurs, nous ferions bien de remonter la piste des petites punks, ces  junkies connaissaient aussi Spud !
-Oui, et à en croire la loi des séries, elles seront surement les prochaines sur la liste de Spud, lui répond Séverina.
-Attendez une petite seconde, les interrompt aussitôt Zora, j’ai du mal à vous suivre…j’ai comme l’impression que vous vous éparpillez, vous cherchez qui au juste ?
-Et bien Spud, c’est lui le lien dans toute cette histoire, lui répond Conrad.
-Non, je crois que vous faites justement fausse route depuis un bon moment, vous vous écartez de votre véritable objectif, ce type vous mène en bateau depuis le départ alors que vos véritables cibles vous passent à côté. Dites moi, votre inquisiteur, pourrais-je le rencontrer ? Dit-elle alors à l’attention de Conrad.
-L’Inquisiteur Ezekiah ?
-Oui, je souhaiterais le voir.
-Et pourquoi cela, s’enquière aussitôt Séverina.
-Il est possible que je le connaisse déjà.
-Et comment cela se pourrait-il ?
-J’ai eu de nombreux contrats et employeurs avant vous.
Séverina et Conrad se lancent un regard perplexe.
-Ne me dites pas que vous avez fait exploser une villa il y a une douzaine de jours ? Lance Séverina.
-Par le Trône, non, lui répond Zora avec un petit rire…Mais il se pourrait bien que j’ai déjà travaillé pour votre inquisiteur, voilà juste pourquoi j’aimerai le rencontrer, il est probable que j’ai certaines choses à voir avec lui…
Conrad et Séverina acquiescent.
-Vous semblez de votre côté savoir des choses sur les derniers évènements, que pouvez-vous nous en dire ? Lui demande Conrad.
-Que Mekton Zeta détient le gouverneur Callidon par exemple.
Conrad et Séverina lui lancent un regard interrogateur.
-Ishmael n’en a pas parlé lors de son discours…annonce Conrad.
-En effet, il n’allait peut être pas s’en vanter, et concernant les autres membres du gouvernement ? Lui demande Séverina.
-Certains ont réussi à fuir.
-C’est intéressant, lui répond Séverina, comme qui par exemple ?
-Tous les noms n’ont pas été confirmés. Par contre ce que je sais c’est qu’Ishmael projette de ficher la population à l’aide de cognomen biométriques.
-Des quoi ? lui demande Séverina.
-Des sortes de plaques ident portant les informations génétiques du porteur.
-C’est pas bon du tout pour nous, répond alors Conrad.

A ce moment là, ils rejoignent finalement Skeld qui jette son mégot avec impatience en les voyant arriver. Il lance un regard en coin à la nouvelle, soufflant une fumée bleutée et s’attardant longuement sur ses jambes fuselées et son décolleté attrayant puis lui bafouille quelques banalités.
-Je suis Skeld, le combattant du groupe…c’est parc’que j’viens de Cadia, là où…enfin bref, ce qui est dommage c’est qu’on me fait garder la voiture dès qu’il y a du grabuge...enfin moi, je dis ça ma p’tite dame…
Sans y prêter attention, le reste de l’équipe installe Syrius à l’arrière puis embarque à bord du véhicule, Zora, leur annonce qu’elle est déjà véhiculée. Surpris, ils la voient enfourcher une Bullock MkV grise et noire à deux places. Un modèle urbain, compact  aux lignes épurées avec un carénage renforcé.

Skeld, au volant de l’ancien 4x4 de Tilus, fera le nécessaire pour leur éviter les patrouilles des troupes d’occupation. Même en journée les check-points sont nombreux et leur véhicule, un modèle couramment utilisé par l’armée dans le secteur, un ancien Arkhan Land Série III démilitarisé est assez volumineux. Il leur faudra plus de deux heures pour traverser la ville et rejoindre les quartiers ouest où se trouvent les zones résidentielles.
Une fois parvenu dans le quartier pavillonnaire, Skeld fait entrer le véhicule dans le garage de la villa, tandis que Zora toujours sur sa moto fait le tour du pâté de maisons, à faible allure.

Le Cadien une fois dans le garage, aide Séverina à porter Syrius et va l’installer dans un des canapés du salon, au rez-de-chaussée. Conrad les suit et s’affale dans le fauteuil en face. Durant le trajet il a utilisé ses sorts de soins sur Syrius et lui-même et cela l’a épuisé quelque peu.
Puis Skeld s’empresse de sortir dans le jardin de derrière pour allez s’allumer une nouvelle barrette de Lho. Séverina préfère attendre sur le seuil de la porte de la villa, guettant le retour de la mystérieuse Zora.
Cette dernière revient finalement au bout de quelques minutes, elle gare sa moto dans le garage à côté du 4x4 puis rejoint Séverina dans le vestibule, qui l’interroge du regard.
-Il y avait un petit garçon dans une ruelle derrière votre villa. Lui annonce Zora en entrant lentement dans la maison.
-Et il faisait quoi ?
-Rien, il est parti. Dites moi, il y a qui d’autre ici ?  
-Trois blessés à l’étage, dont l’Inquisiteur, en plus de notre Technoprêtre qui garde les lieus en notre absence.
-Et là, où est-il ? lui demande doucement Zora.

Conrad ayant repris quelques forces, s’empresse de monter à l’étage, il a d’importantes choses à voir avec Ezekiah, seul. Le fait de monter un étage avec sa blessure, lui demande un certain effort et c’est donc péniblement qu’il parvint au niveau du pallier supérieur. Il entend des bruits de pas dans une  pièce voisine, au moins Héphastos est avec lui, se dit-il.  Il va pour se diriger vers la chambre au moment où, sans y prêter attention,  une énorme silhouette se dresse devant lui, comme surgit de nulle part. La dernière chose qu’il perçoit alors que son corps percute lourdement les marches en contrebas est une violente douleur au visage.

Séverina n’a pas le temps de répondre à la question de Zora. Depuis le séjour, le fracas d’un corps chutant dans les escaliers se fait entendre. Elles se précipitent toutes les deux dans la pièce. Au sol, gît Conrad inanimé, le visage en sang mais visiblement encore en vie.
-Il a pu se faire ça en tombant, vous croyez ? lui lance Zora.
-J’en doute…
Toutes les deux, elles le portent et l’installent doucement sur un des sofas.
Séverina se rend alors compte que la maisonnée est bien silencieuse, trop silencieuse. Elle prend son vox.
-Hephastos, tu me reçois ? Skeld ? Confirmez ?
Déjà, Zora avait dégainé son Puritain 14 ainsi que son épée, puis se tournant vers Séverina avant de gravir les escaliers, lui murmure :
-Nous ne sommes pas seules ! Puis elle s’empresse de monter les marches, la furtivité n’étant désormais plus utile. Séverina sort l’épée tronçonneuse de Tilus, dégaine sa dague de combat dans l’autre main et la suit.
Une fois sur le pallier de l’étage, tout n’est plus que silence. Alors qu’elles allaient commencer à inspecter les trois chambres et la salle d’eau, une des portes vole en éclat laissant apparaitre deux figures de cauchemar.

Séverina a peine à croire ce qu’elle voit. Devant elles se trouvent ce qui reste des malheureux Héphastos et Tilus. Que l’Empereur ait pitié de leur âme, ils n’avaient certainement pas mérités de finir de cette horrible façon, damnés pour l’éternité, leur âme jetée en pâture aux Puissances de la Ruine. Sa foi et son conditionnement l’empêchant alors de perdre la raison face à cette vision d’horreur. Les deux pathétiques créatures dressées devant elles ne sont plus désormais que des parodies d’êtres humains, anormalement déformés et mutés par les énergies corruptrices du warp. La puanteur fétide qui émane d’eux ne fait que le prouver. Leurs gueules béantes sont garnies de crocs à l’ivoire noirci tandis qu’une bave gluante et immonde s’écoule de leurs mâchoires. Des yeux blancs les fixent tels ceux de prédateurs se verrouillant sur leurs proies. Leurs membres hypertrophiés sont couverts de griffes et de pointes en os tranchant. La transformation n’est pas encore complète et leurs corps difformes ne sont pas encore parfaitement remodelés à l’image corrompue des entités qui les habitent. Leurs os continuent de craquer, les membres s’allongent et  de la vapeur sort de leurs naseaux dilatés et frémissants.

Sans aucune hésitation, d’un mouvement du pouce, Séverina allume le moteur énergétique de sa lame dont les dents en céramite se mettent à tourner avec une plainte suraiguë. Dans le même temps, elle charge la première créature. Le contact est violent, le corps à corps s’engage, épée tronçonneuse contre lames en os. Sa compagne n’est pas en reste, la deuxième créature vient de la charger, à bout portant elle lui tire dessus avec son Puritain 14, mais visiblement les balles n’ont pas l’air de l’affecter plus que ça. D’une parade latéral, elle stoppe nette la griffe qui allait lui arracher le visage, puis d’un mouvement ascendant, place une attaque  de taille au niveau du flanc exposé de la créature. Celle-ci étonnamment vive pour sa taille, parvient à esquiver sans peine.
Séverina se débarrasse de sa dague, tournant autour du démon, elle empoigne désormais son épée tronçonneuse à deux mains et frappe sans relâche, avec l’énergie du Juste, enchainant les coups de taille et les parades avec force et détermination, sa foi en l’Empereur-Dieu la protégeant totalement de l’influence infecte de la vile créature qui l’assaille de toute part. Mordant et griffant autour de la sœur mais ne parvenant pas à la toucher non plus, la lame tronçonneuse étant désormais un rempart imparable entre elle et l’entité du warp.
D’un puissant coup, bien ajusté, Séverina entame le crâne du démon lui arrachant une partie du lobe frontal supérieur ainsi que l’œil droit. Le coup qui aurait été fatal au malheureux Héphastos n’a que tout juste l’air de le gêner. Un sang noir, chargé de caillots glaireux et putrides se met à gicler abondement de l’affreuse plaie de l’ancien Technoprêtre,  arrosant les alentours, Séverina y compris.

Zora s’élance de nouveau vers la créature en face d’elle, tenant elle aussi sa lame à deux mains elle frappe sans discontinuer, cependant le démon parvient à parer chacun de ses coups, ne baissant pas les bras, elle parvient tout de même à le toucher au niveau de la cuisse, l’entaillant profondément. La créature qui fut jadis Tilus ne s’en soucis guère, elle charge de nouveau et frappe, encore et encore. Zora, dont la foi en l’Empereur ne faiblit pas, assure sa garde et enchaine les parades sans relâche, elle frappe de nouveau, sachant pertinemment que le démon face à elle commence à gagner du terrain, le monstre le sait bien, il bondit en avant tel un carnodon affamé. Mais l’entité dans ce corps encore frêle, estime mal ses capacités, il percute une des cloisons, la pulvérise et atterrit dans la chambre juste derrière, dévastant le mobilier dans un fracas épouvantable. Cela suffit à détourner l’attention de la deuxième créature pendant un dixième de seconde. Séverina n’hésite aucunement et toujours sa lame fermement tenue frappe le démon en plein visage, lui sectionnant la tête déjà meurtrie en deux, de gauche à droite juste au dessus de la mâchoire. L’entité n’en meure pourtant pas, désormais privées de ses principaux sens, elle se met à frapper autour d’elle en aveugle tandis que d’immondes fluides noirâtres continuent de gicler de son cou d’où ne pend plus désormais que sa mâchoire inférieure. La deuxième créature dans la pièce se relève et bondit de nouveau à travers le trou de la cloison alors que Zora l’attend de pied ferme.

Conrad commence à reprendre ses esprit, son nez lui fait un mal de chien et du sang séché lui macule toute la partie inférieure du visage, il a mal partout et sent de nombreuses contusions sur tout son corps désormais couvert d’hématomes. Il est toujours allongé sur le canapé du salon. Dans un autre canapé de la salle se trouve toujours Syrius, livide. Au moins, se dit Conrad, si quelqu’un avait voulu se donner la peine de me massacrer il ne m’aurait pas installé confortablement sur des coussins. Il commence à se rappeler…les escaliers, la chute…par le Trône se dit-il mais il y a une guerre à l’étage ou quoi ?
Soudain il se fige. Il n’est pas seul, une présence est là toute proche… Comme une odeur entêtante de musc ainsi qu’un froid sépulcral. Une terrible sensation de déjà vu. Craignant déjà ce qu’il allait voir il tourne douloureusement la tête et regarde par-dessus le canapé, alors qu’un combat fait rage à l’étage, les cloisons en tremblent à moins que ce ne soit lui…
Il se trouve nez à nez avec une longue et fine main de femme, blanche comme de l’albâtre marbré et terminée par de longs ongles de vingt centimètres semblables à de l’argent poli, qui glissent sur le dessus du dossier en cuir du canapé. L’entaillant profondément.
-Te voilà enfin réveillé, mon beau petit psyker ?
Une silhouette vêtue d’un très long manteau en cuir noir à lourdes boucles en argent fait le tour du sofa et vient se placer face à lui, lentement et théâtralement. Elle porte de hautes cuissardes du même cuir avec d’impressionnants talons. Son manteau est entrouvert, dévoilant une parfaite nudité, des seins rebondis et une vulve offerte en tout impudeur.  Un corps sauvage, agressif et terriblement attirant avec ses piercings  obscènes. Conrad plonge son regard dans ses yeux si magnifiques, qu’ils en sont envoutants et hypnotiques, changeant constamment de couleur. Cette fille aux sublimes longs cheveux noirs de jais ondulants tels ceux d’une gorgone, se tient désormais penchée tout contre lui sans qu’il ait compris comment. Des voix suaves et chaudes lui murmurent des promesses terriblement lubriques à ses oreilles, le parfum qu’elle dégage est lourd et entêtant, un puissant mélange de phéromones aphrodisiaques et d’insidieuses magies qui n’ont qu’un but, le faire succomber, lui donner envie de se jeter sur elle et avoir tout le loisir de posséder ce corps de rêve et d’en profiter tout simplement, les voix lui disent qu’elle en a si envie, au diable tout le reste. Il n’a plus ni chaud ni froid, plus aucune douleur, plus aucune plaie, comme si ses blessures n’avaient jamais été.
Sa beauté n’est pas réel se dit-il, tout ceci n’est qu’illusion des sens, magie et corruption, le chaos n’est que mensonge. Raffermissant sa foi et sa volonté, Conrad plonge son regard dans celui de Baalzabeth, la possédée démoniste.
Cette dernière se relève, une petite moue sur ses lèvres charnues, à la manière d’une petite fille déçue de ne pas pouvoir reprendre une autre part de gâteau au chocolat. Elle croise les bras et fronce les sourcils.
-Dommage pour toi…pour la peine je te laisse à ton triste sort, toi et tes deux sales petites saintes nitouches, amusez-vous bien, j’en ai fini ici de toute façon !
Puis sans crier gare, la démoniste se nimbe d’une brume semblable à de la fumée noire et disparait dans les limbes.
Conrad frissonne puis se relève à grand peine, ses cruelles douleurs reviennent en même temps que la température ambiante. Il se crispe à cause du contrecoup puis réalise que le combat a toujours lieu à l’étage. Il entreprend de gravir de nouveau les marches. Lentement et péniblement.

Alors qu’il atteint enfin le pallier, la vision de cauchemar qu’il redoutait se confirme. Ce qui fut jadis Hephastos et qui n’est plus désormais qu’un monstre hideux et déformé, gît au sol à demi décapité par Séverina transformée en une de ces valkyries de légende. Les murs, le sol et les filles sont maculés d’un sang épais et noir. La puanteur est atroce. Depuis le corps de la créature, une sorte de petite entité fantomatique, gesticulante et couinante, cherche à s’extraire. Conrad n’a que le temps de voir Séverina abattre sa lame sur le corps du monstre, le tranchant en deux, de la clavicule jusqu’à la hanche, désintégrant la forme émergeante par la même occasion. Les restes immondes de la bête s’écroulent au sol, répandant une gelée putride semblable à cette vase qui emplie les égouts.
De son côté, Zora est toujours au contact avec l’autre créature, celle qui fut jadis Tilus. Conrad n’en revient pas. Il ne reverra jamais ses deux compagnons qui auront eu une fin atroce. La fille devant lui sait manier une épée, c’est certain, vu comment elle enchaine les coups et les parades. De plus, combattre un démon au contact n’a pas l’air de l’effrayer plus que cela, ce qui n’est pas commun.
Alors que Séverina allait lui prêter main forte, Zora s’élance, lame tenue à deux mains et frappe d’estoc. Sa lame plonge dans la créature comme si elle avait été en mousse, tandis qu’elle murmure :
-Pour l’Empereur !

Les runes de la lame bénite se mettent alors à briller d’un éclat aveuglant, consumant la créature de l’intérieur d’un feu divin. Dans un cri d’agonie de bête blessée, l’entité explose, répandant alentours sa chair décomposée. Zora est jetée au sol ainsi que ses compagnons, ils se relèvent alors qu’autour d’eux tout est couvert d’amas de viandes et d’os couverts encore de quelques lambeaux de tissus fumants.
-Vous n’êtes pas blessées, demande alors Conrad aux deux filles.
-Non, lui répondent-elles en se relevant et en ramassant leurs armes, regardant le carnage alentours. En dehors de quelques contusions et plaies superficielles, elles sont indemnes.
-C’est incroyable…vous venez de…de bannir deux démons…je…par le Trône…Maitre Ezekiah !
Conrad se redresse et se dirige vers la chambre d’Ezekiah pour tout juste constater que son ancien maître gît, le corps tranché en deux en travers du lit, puis décapité. La tête posée sur la table de chevet tel un élément de décoration. Conrad se laisse glisser le long du mur abattu par ce qui vient de se passer, les yeux en larmes, le corps meurtri. Leurs ennemis viennent de gagner une cruelle victoire.

-Skeld et Tibaltus ne sont plus là lui annonce alors Séverina qui vient de se pencher à côté de lui. Ils ne sont plus dans la maison.
Il lui lance alors un regard fatigué.
-Oh non, par l’Empereur, pas encore…


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Mer 3 Sep 2014 - 15:29

Chapitre V

+++L’éveil de Tibaltus+++
+++Ira Keplum+++
+++Changement de plans+++


Séverina aide Conrad à se relever, le psyker est abattu par ces dernières catastrophes. Tous deux entreprennent de fouiller la chambre mais ne trouvent rien.
Pendant ce temps Zora inspecte rapidement les autres pièces. Syrius est toujours dans le salon, inconscient sur un des canapés.
Le vox de Conrad se met à vibrer.
-Oui ?
-C’est Skeld, je viens de retrouver Tibaltus.
-Putain mais vous êtes où là ?
-On est dans le jardin, on arrive.
Conrad fait signe aux deux filles de le rejoindre puis se dirige vers une des fenêtres de l’étage, scrutant le parc privatif derrière la villa. Il aperçoit effectivement Skeld soutenant la silhouette maladive de Tibaltus tout de noir vêtu.
Séverina et ses deux compagnons descendent les rejoindre. Tous trois sont toujours couverts de sang et de matières bien pires. Conrad, encore sous le choc est furieux après Skeld.
-Accessoirement, tu es au courant qu’on vient de subir une attaque ? Par le Trône, Ezekiah vient de se faire tuer quasiment devant nos yeux pendant que vous étiez seul le Warp sait où ! Hephastos et Tilus sont morts, putain !
-J’ai entendu du bruit derrière la villa, j’y suis allé, voilà tout ! Se défend Skeld.

Tibaltus approche lentement et se pose devant eux. Il est vêtu d’un long et ample manteau noir à large capuche. Celle-ci est rabattue sur sa tête, masquant en partie son visage dans les chairs ne sont plus qu’un amas de tissus cicatriciels fusionnés, vestiges des horribles brûlures qui lui ont été infligés. Son visage est désormais figé dans une sorte de rictus macabre. Ses mains elles-mêmes sont gantées de cuir noir. Il pose l’une d’elle, osseuse, sur la nuque de Skeld, d’une manière presque paternelle.
- La perte d’Ezekiah m’attriste aussi, mais ne blâme pas ce cher Skeld, Conrad…Il a simplement fait son travail tout comme vous avez fait le votre.
-Ha oui ? Et tu faisais quoi justement dans ce jardin pendant qu’Ezekiah se faisait massacrer ?
Tibaltus prend alors un air contrarié. Semblant abattu, il s’assoit sur une des chaises du salon.
-J’ai vu ce que cette…fille a fait à Hephastos et à l’autre type. Ils étaient valides et c’étaient de bons combattants. Cela me peine que tu prennes les choses de cette façon, Conrad. Je suis blessé, faible et amoindri, que pouvais-je espérer faire face à ces créatures ? Je n’ai pas eu d’autres choix que de rester dissimulé…
Séverina lui lance alors un regard noir.
-Ainsi vous avez préféré fuir et laisser votre inquisiteur à la merci de ces démons ?
Tibaltus se raidit face à la remarque cinglante de la sœur de bataille. Il lui retourne un regard noir.
-La situation était désespérée, Ezekiah allait mourir de toute façon, avec ou sans mon intervention. J’ai juste opté pour la solution que me paraissait la bonne, à savoir : survivre !
-Survivre ? Lui lance-t-elle. Comment vivre après avoir laissé son maitre mourir sous ses yeux ? Comment un fidèle serviteur du Trône peut-il faire une chose pareille ? Se sacrifier aurait été la meilleure solution !
Tibaltus se relève lentement et part d’un petit ricanement. Le bruit fait alors ronfler et siffler ses poumons un peu à la manière d’un grand fumeur.
-Le sacrifice…ma chère, voilà bien un thème sur lequel nous pourrions débattre vous et moi. J’ai justement pris ma décision en connaissance de cause, et si ce concept vous pose un problème, il est encore temps pour vous ma sœur de quitter cette équipe…
Conrad s’interpose.
-Attend un instant là, tu nous reviens d’entre les morts dix jours après, pendant ce temps nous on s’est battu pour faire avancer cette enquête, on parvient à te sauver, et toi tu débarques comme ça et tu nous donnes des ordres et…
-Je t’arrête tout de suite Conrad…Je vous suis en effet reconnaissant de m’avoir sauvé. Maintenant, cette enquête piétine justement depuis dix jours. Ezekiah est mort, je reprends donc cette équipe en main ainsi que l’enquête à son point de départ.
-Quoi ? Mais de quel droit tu te permets de me…
-De tout mon bon droit justement. Mon grade et mon statut prévalent sur l’ensemble de cette équipe, merci à toi Conrad mais tu es relevé de ton commandement.
Zora qui était resté silencieuse à observer la scène jusque là, prend alors la parole.
-Et quel est votre grade justement ?
Tibaltus se tourne lentement vers elle, prenant un air hautain et la jauge de la tête aux pieds.
-Je n’ai pas eu l’honneur d’être présenté, vous êtes ?
-Zora, je suis une mercenaire recrutée par cette équipe et vous ?
-Interrogateur Tibaltus Von Der Bergus, agent de l’Inquisition.
-Interrogateur ? Pardonnez-moi mais je ne suis pas familière avec ce titre…
-Un interrogateur est un inquisiteur en devenir, lui répond Conrad t’un ton las.
-Ce qui fait que j’ai toute latitude et tout pouvoir de décision sur ce groupe. Renchérit Tibaltus les regardant d’un air supérieur. Ceci étant dit, je propose que nous quittions ces lieus rapidement, ramassez vite vos affaires, du monde va bientôt arriver et il ne faudrait pas que nous trainions dans les parages. Nous allons devoir entrer en contact avec d’autres personnes.
Conrad encore sidéré, lui lance :
-J’ai justement envoyé un message télépathique hier, j’espère pouvoir ainsi contacter l’Astropathe du Gouverneur et…
-Et quoi ? Lui répond Tibaltus en se tournant prestement vers lui. C’est très malin, mais c’est justement de cette façon qu’ils ont pu remonter ta trace, alors à l’avenir évite ce genre de bêtise, d’accord ?
Avant même que Conrad ait le temps de répondre, Tibaltus le coupe d’un geste de la main.
-Skeld et moi allons emmener l’autre psyker blessé dans le Quartier des Damnés. Skeld m’a appris que vous y aviez rencontré quelqu’un, une certaine…Ophidia. Je vais aller la voir afin de négocier certaines choses, pendant ce temps, vous trois allez vous trouver une autre planque, je vous recontacte dans quelques heures, on avisera ensuite.
-Retourner dans le Quartier des Damnés ? Lui lance Conrad. Mais tu n’y penses pas ! C’est un vrai nid à emmerdes, c’est bien le dernier endroit où il faut aller en ce moment ! Sache que je n’adhère pas à cette idée !
-Ah oui ? Parce que tu te sens peut être plus en sécurité ici ? L’armée d’occupation va bientôt investir chaque secteur de cette ville, chaque rue, chaque maison, le seul endroit qui échappera à tout contrôle sera justement le Quartier des Damnés. De plus, votre compagnon a besoin de soins urgents et nous avons besoin d’établir une zone de replis, et de nous faire des contacts, trouver du matériel, du support entre autre. J’apprécie que tu t’en préoccupes mais ma décision est la bonne. Vous feriez bien de faire comme nous et de partir vite d’ici…
-Soigner Syrius dans ce repère de mutants corrompus, vous y avez bien pensé ? Demande Séverina.
-Oui, et il faudra bien s’en contenter dans l’immédiat.
-Et que fait-on des corps ici ? Demande Conrad.
-J’en suis terriblement peiné, mais nous n’avons plus le temps pour ça Conrad, il nous fait partir et vite.
Skeld installe Syrius à bord de l’Armadillo dont le moteur tourne déjà. Puis charge quelques sacs. Tibaltus le rejoint alors, lançant à l’attention de Conrad avant même que leur véhicule ne parte :
-On reste en contact vox pour la suite, ceci dit si tu le souhaites…je te laisse commander le reste de ton équipe.
Conrad regarde partir leur voiture puis rejoint alors Séverina qui s’est installée au volant de l’ancien Arkhan Land de Tilus après y avoir chargé quelques affaires. Zora enfourche sa moto alors que le 4x4 démarre.

Tandis qu’ils s’engagent dans la rue, au bout d’une centaine de mètres, la villa où ils se trouvaient quelques instants plus tôt est soufflée par une violente déflagration. L’onde de choc secoue le véhicule tandis que des débris épars tombent tout autour d’eux.
-Merde, c’était quoi ça ? Lance Conrad en se retournant.
Un épais panache de fumée s’élève tel un champignon au dessus des vestiges de la villa dont les débris continuent de s’effondrer dans un déluge de flammes et de poussière.
Séverina stoppe le véhicule dans une petite ruelle et descend de l’engin dont le moteur tourne toujours. Zora s’arrête à leur hauteur, visiblement dubitative.
-L’un de nous avait plastiqué la villa ou quoi ? Demande Séverina.
-Pas à ma connaissance, lui répond Conrad songeur. Partons vite d’ici, décidément tout cela ne me dit rien qui vaille.
-Et où va-ton maintenant ? Lui demande Séverina en remontant à bord du véhicule.
-On va se planquer et on attend de voir la suite…on dispose de combien de vivre, là ?
-On a de quoi tenir une journée tout au plus.
-Alors on file d’abord vers le Commercia, on verra ensuite.

Se dirigeant ainsi au travers de la ville déserte, Séverina entre dans le quartier marchand. Autour d’eux tout n’est que dévastation et restes de pillage. Chaque échoppe, chaque boutique a été vidée de son contenu. Quelques rares silhouettes de pauvres hères émaciés s’en retournent à leur cachette dès leur passage. Au bout d’une bonne heure à tourner, las de ne trouver que des magasins vides, Conrad repère une boutique encore partiellement fournie. Séverina gare rapidement le 4x4 dans une ruelle jouxtant la devanture. Zora de son côté, gare sa moto de l’autre côté de la rue. De là elle monte la garde pendant que ses deux compagnons entrent dans le magasin à la recherche de quelques vivres.
Au bout de quelques minutes Zora repère un véhicule qui approche par l’artère principal à environ deux cents mètres de là. Un gros command-car qui semble patrouiller et qui se dirige justement dans leur direction. Même à cette distance, elle reconnaît les couleurs des forces d’occupation de Mekton Zeta.
Elle s’empresse aussitôt de prévenir ses compagnons. Ces derniers, les bras chargés de victuailles, tardent alors à rejoindre leur véhicule.
Soudain, un rugissement de moteur se fait entendre, le véhicule de patrouille vient apparemment de les repérer et fonce dans leur direction. Une voix tonitruante sort alors d’un ampli-vox monté sur le toit du command-car et s’exprime en bas gothique.
-Ecartez-vous de ce véhicule et veuillez garder vos mains bien l’air !
Conrad et Séverina s’empressent de monter à bord, tandis que la sœur tente désespérément de faire démarrer le moteur qui refuse de se mettre en route. De son côté, Zora reste dans l’ombre de sa ruelle et ne bouge pas, se tenant prête à intervenir.
Au moment où Séverina parvient enfin à démarrer le moteur du 4x4, le véhicule de patrouille surgit devant eux et leur bloque le passage quelques mètres devant eux. L’engin est massif, un Land Wheeler H3 blindé de trois tonnes cinq avec mitrailleuse lourde en tourelle. Cette dernière se pointe dans leur direction.
-Dernière sommation, veuillez sortir les mains en l’air de votre véhicule ou nous ouvrons le feu !
Quatre hommes en tenue de combat tactique complète sortent du véhicule, leurs casques intégraux semblent équipés de systèmes de visés couplés à des senseurs, ainsi que des systèmes vox. Ils portent des fusils laser compacts alimentés par générateur dorsal. Un matériel militaire hors du commun. Leur attitude semble toute professionnelle et déterminée.
Séverina n’est pas sans noter leur mode de déplacement ainsi que leur couverture mutuelle par binôme. Ces types sont des pros, rien à voir avec les troupes gouvernementales en tout cas. Ils longent la ruelle par ses côtés, évitant ainsi soigneusement de se trouver sur le chemin, des fois qu’elle décide de leur foncer dessus.
Une sage décision de leur part en tout cas se dit-elle, mais cela ne va pas arranger sa situation. A côté d’elle, Conrad lui murmure en boucle, entre les dents :
-Démarre, démarre !
Estimant rapidement les options qui se présentent à elle, Séverina écarte d’emblé une tentative de fuite en marche arrière. La mitrailleuse les taillerait en pièce avant même qu’ils aient fait cinquante mètres.
La marche avant est tout autant compromise, cela impliquerait de devoir emboutir leur véhicule et vu la taille de ce dernier, ils n’iraient pas plus loin.
La boutique juste sur sa gauche par contre fait l’angle de la rue, ce qui signifie qu’elle a une devanture côté rue principale et côté ruelle. Les gardes se rapprochent déjà de sa voiture. Sans hésiter, Séverina enclenche la première, écrase l’accélérateur et libère le frein. Dans un sursaut et dans un crissement de pneus, l’Arkhan Land bondit en avant, elle donne un coup de volant, percute un des gardes trop près alors que son collègue parvient de justesse à se jeter de côté. Le garde rebondit violement sur le capot du 4x4, percute le pare-brise, laissant à l’endroit de l’impact, une fissure en étoile, le corps du malheureux est ainsi entrainé au moment où la véhicule enfonce la bais vitrée du magasin, détruisant tout sur son passage telle une voiture bélier puis traverse la deuxième bais vitrée côté rue. Le corps du soldat désarticulé est propulsé parmi les décombres et les bris de verre.
Dans un rugissement de moteur poussé à plein régime et dans un bruit d’enfer et de destruction, leur véhicule parvient ainsi à grand renfort de dérapage contrôlé à s’engager sur l’artère principal. Aussitôt, le lourd Land Wheeler se met à manœuvrer pour faire une brusque marche arrière afin de le prendre en chasse. Un des gardes monte à bord alors que le véhicule est déjà en marche, ses deux compagnons restant se dirigent à leur tour pour faire de même au moment où Zora surgit de la ruelle d’en face, leur fonce dessus et couche sa moto juste à leur pieds. Les deux hommes l’évitent de justesse mais se retrouvent bloqués en même temps que surpris, perdant ainsi l’opportunité de monter à bord de leur engin. Ce dernier démarre donc sans eux et se lance en trombe à la poursuite des suspects, la mitrailleuse en tourelle s’aligne vers eux et se met à cracher ses balles traçantes de calibre trente à haute vélocité.
Les deux gardes laissés en plan reprennent vite leurs reflexes et pointent leurs lasers compacts sur la nouvelle venue, la tenant en joue à bout portant, visiblement énervés.
-A plat ventre, mains sur la nuque, tu te fixes !
Zora obtempère en douceur, se mettant à genoux et les mains sur la tête. Elle les regarde et leur lance :
-Agent spécial en mission sous couverture, j’ai une plaque dans ma poche.
Les deux hommes gardent leurs armes pointées sur son visage.
-Ok, sors-là en douceur et pas de geste brusque.
Zora s’exécute et leur produit une plaque dorée. L’un d’eux s’en saisit et la vérifie à l’aide d’un petit auspex qu’il a la ceinture. Il lance un signe de tête à son collègue qui baisse son arme puis rend la plaque à Zora.
-Désolé Madame, c’est que vous n’avez pas non plus une tenue qui…
Celle-ci se relève alors.
-Ça ira messieurs. Rappelez immédiatement votre véhicule et ordonnez qu’ils cessent toute poursuite, je reprends cette affaire qui est sous ma juridiction désormais.
-C’est que…Madame…nous avons tout pouvoir de décision au niveau sécuritaire justement, il nous incombe de faire respecter l’ordre et la loi dans cette ville…nous pourrions les intercepter pour vous justement ?
-Négatif soldat. Cette mission ne vous concerne en rien, j’ai toute latitude sur cette juridiction, vous êtes donc relevés de cette affaire, communiquez moi la fréquence vox de votre véhicule que je me mette en liaison avec !
Le soldat obtempère puis Zora enfourche sa moto et démarre en trombe à la poursuite des deux véhicules.
Seul le bruit de sa mitrailleuse se fait entendre au loin dans les rues. Zora espère qu’il n’est pas trop tard et que les gardes ne seront pas trop bornés.
En quelques instants elle établit un contact visuel avec ses cibles, elle accélère afin de rattraper le lourd véhicule d’interception.
Zora se calle sur la fréquence du véhicule, accélère afin de se mettre à sa hauteur et appelle le chef d’escouade sur sa fréquence lui expliquant la situation.
Ce dernier ne semble visiblement pas prêt à laisser sa cible aussi facilement, d’autant plus que cela lui a déjà couté un homme.
-Sergent, c’est un ordre ! Obéissez immédiatement et faite cesser le feu ! Hurle Zora dans son vox.
-Négatif Madame ! Cette cible est à moi, je l’intercepte d’abord, nous en discuterons après !
-Par le Trône ! Se dit Zora, cela risque de vraiment se compliquer.

La mitrailleuse lourde continue de cracher. Devant eux, Séverina fait tout son possible pour tenter d’échapper aux balles traçantes qui risquent de toucher ses roues et son moteur. Elle n’a d’autres choix que de s’élancer pied au plancher dans les rues sinueuses de la ville, sortant du Commercia, elle s’engage vers les docks. Une pluie fine commence à tomber, rendant la chaussée glissante. Ses fréquents dérapages lui font percuter des containers ainsi que quelques carcasses de voitures abandonnées, le tout dans un grand fracas d’étincelles et de tôles froissées. L’Arkhan Land est puissant, il parvient à se frayer un chemin mais son poursuivant le talonne de près défonçant tout sur son passage. Soudain, la mitrailleuse s’arrête net, visiblement à court de munitions ou enraillée. Un des soldats se penche à la fenêtre côté passager, il ajuste son fusil laser vers leur véhicule et tire, explosant leur lunette arrière. Séverina fait alors tout son possible pour chercher à distancer leurs poursuivants tandis que Conrad se met à jurer tel un ruchard qu’il est. Passablement énervé, il dégaine son pistolet laser, un modèle Palatine compact, se retourne sur son siège, prend le temps de viser le tireur qui se met à les mitrailler en automatique. Il lui place un tir unique mais parvient à faire mouche d’une façon assez spectaculaire. Son tir percute le fusil laser du tireur et lui fait lâcher son arme des mains. Conrad avec un sourire satisfait voit alors le fusil laser tourbillonner et disparaître plus loin dans la rue. Le tireur, dans un juron retourne à l’intérieur du véhicule mais en ressort presque aussitôt équipé d’un lance-grenade.
-Merde ! Lâche Conrad, ça va se gâter là !
-Séverina voyant rapidement ce qui se passe dans le rétroviseur, lance à l’attention de Conrad :
-Là à ma ceinture, prend cette grenade et balance-leur, vite !
Conrad s’en saisit sans réfléchir, il la dégoupille et la lance par la fenêtre. Séverina accélère au maximum. Derrière eux, le chauffeur du Land Wheeler donne alors un violent coup de volant au moment même où la grenade à plasma explose dans une boule de lumière bleue aveuglante portée à six mille degrés. Leur véhicule parvient à esquiver l’explosion au moment où le tireur fait partir son projectile explosif, mais ce dernier rate largement sa cible et part détruire le mur de la façade d’un entrepôt marchand, là où hors de contrôle, leur engin s’engouffre, détruisant tout sur son passage.
Zora passe alors à sa hauteur, évitant sans peine les flammes bleutées laissées par le plasma. Sur sa gauche le Land Wheeler semble encastré dans des poutrelles d’acier et des monceaux de maçonnerie. Elle accélère et rattrape rapidement ses compagnons.

Une heure plus tard, ils se retrouvent installés dans un vieil entrepôt du quartier des docks, à deux pas du vieux port marchand. Ils se sont dissimulés dans ce qui semble être un dépôt de stockage de matériel de construction. Au dehors la pluie tombe désormais drue et l’orage approche. Par quelques trous dans la toiture, des filets d’eau tombent en fines cascades dans l’entrepôt. Malgré l’obscurité à l’extérieur, le début d’après-midi a déjà commencé. Ils ont décidés de rester caché le temps qu’il faudra. Nul doute que les troupes de Mekton Zeta risquent de continuer de les chercher encore un bon moment.
Conrad resté dans le véhicule en profite pour méditer et se reposer un peu. A l’aide de ses pouvoirs, il régénère en partie ses blessures. Zora utilise un médipack, en sort quelques contraseptiques, des bandages et des stimulants. Les blessures de Conrad bien que légères sont nombreuses, elle l’aide à se soigner.
Séverina vient juste de les rejoindre. Elle a effectué un tour de l’entrepôt afin de s’assurer que l’endroit est sûr.
-Il n’y a que du sable, des sacs de lithociment, quelques outils de chantier et des engins de levages ici, rien qui pourra vraiment nous servir. Leur dit-elle.
-Au moins nous serons à l’abri un moment, répond Conrad.
Séverina vient s’asseoir sur un sac de sable à côté d’eux. Elle et Conrad ont déjà eu une petite conversation privée peu de temps avant, au sujet de Tibaltus mais aussi au sujet de Zora.
-On peut savoir se qui s’est passé tout à l’heure avec les soldats de Mekton Zeta ? Lui lance alors la sœur.
-Oui, on a comme l’impression que tu étais en contact avec eux…rajoute Conrad.
Zora referme la mallette du médipack.
-Je ne suis pas une mercenaire et je ne m’appelle pas Zora.
Conrad et Séverina n’en semble pas plus surpris que ça mais restent cependant à l’observer attentivement.
-Je m’appelle Ira Keplum, je suis Marshal de l’Arbites.
Là, pour le coup, ses compagnons en restent littéralement éberlués.
-Tu es de l’Adeptus Arbites ? La police Impériale ? Lui demande Conrad.
-Oui.
-Et j’imagine que tu as une plaque qui le prouve ? Lui demande Séverina.
Ira leur sort sa plaque en métal doré, portant la rune de l’Arbites, ainsi que son nom, grade et matricule. Séverina l’observe un moment, puis lui rend.
-Et donc toute cette histoire avec la Chanoinesse Dominica était fausse bien évidement ?
-En partie oui, l’histoire de Zora est ma couverture, je n’agis pas ouvertement en tant qu’agent de l’Arbites. Par contre cette histoire m’a permis de vous retrouver.
-Et tu es sur Badab depuis combien de temps ?
-Depuis trois semaines environ.
-Et pour quelle raison, une Marshal a-t-elle besoin de nous retrouver ?
-J’ai découvert que votre Inquisiteur suivait le même gibier que moi, voilà pourquoi je voulais me mettre en contact avec lui et son équipe, ensemble nous devrions avoir une chance de le coincer.
-Ce gibier, c’est ?
-Le Libre-Marchand renégat Abdul Goldberg. C’est un archéoxenien. Un trafiquant de reliques xenos. Il me semble que vous le recherchez aussi, si je ne me trompe pas ?
-En effet, répond Conrad. Nous savons déjà cela ainsi que le fait qu’il est sans doute lié au complot qui se trame sur cette planète. Par contre nous n’avons aucune idée de l’endroit où il peut se trouver, notre enquête piétine et sans Spud sous la main ou les junkies qui le connaissent et que nous recherchons nous n’aurons pas d’information à son sujet.
Ira se fend d’un petit sourire.
-Ce fameux Spud qui ne souhaite pas être retrouvé ?
-Oui et c’est justement pour cela que nous devons le retrouver, lui répond Séverina.
-Ce Spud qui envoie des assassins liquider tous les témoins qui ont un lien avec lui, qui vous mettent hors combat et vous avertissent justement de laisser tomber ? Il me semble avoir déjà eu une conversation à ce sujet avec vous. Je crois que vous faites fausse route au sujet de ce Spud. Vous feriez bien de laisser tomber et de vous concentrer sur la principale cible que suivait votre inquisiteur, à savoir Goldberg.
-C’est pourtant notre seule piste valable, ce Spud est justement lié au complot dans lequel trempe aussi Goldberg. En le retrouvant nous pourrions remonter la trace de Goldberg, lui lance Conrad.
-Et ainsi passer à côté de l’essentiel en y consacrant des semaines, tel que c’est le cas en ce moment. Je ne suis pas forcément d’accord avec les méthodes de votre interrogateur, mais il a au moins raison sur un point, votre enquête est au point mort depuis de nombreux jours.
-Bien…et qu’envisages-tu ? Lui demande alors Conrad, on le retrouve comment ce Goldberg ?
-Justement, lui répond Ira, j’ai une piste et il me semble qu’Ezekiah s’y était aussi intéressé au départ de son enquête, alors qu’il suivait son vaisseau, le Morning Star.
Conrad sort les différents documents et tablettes de données recueillis jusque-là et les étale sur une caisse en bois devant eux.
-Tout est là. Tout ce que nous avons comme informations sur le sujet sont contenus dans ces documents. Alors à moins que je sois passé à côté, je ne vois pas le début d’une piste.
Ira prélève quelques documents et les parcoure rapidement.
-Le fait que Goldberg soit probablement repartis vers le sud il y a de cela deux semaines maintenant ne vous dit rien ?
-Si, Ezekiah l’avait laissé supposé dans ses notes il me semble. Tilus et Syrius y avait fait aussi allusion je crois, c’est ce qu’ils avaient eu comme information lorsqu’ils avaient enquêtés pour Ezekiah. Avant qu’on ne les rencontre. Mais cela ne prouve pas grand-chose. Lui répond Conrad.
Ira relève un sourcil et repose les documents sur la caisse et se saisit de la plaque de données d’Ezekiah.
-Pas grand-chose ? C’est déjà un début de piste non ?
-D’accord mais le sud c’est vaste, par où commencer ? Les zones côtières, les archipels, Mekton Zeta ?
-Inutile de chercher toutes les villes. Une seule a attiré mon attention et aurait du attirer la votre aussi.
-Une ville au sud ? Nous n’avons pas d’information sur une ville qui…
Ira tend alors la plaque de données activée en direction de Conrad.
-Ce sont bien les notes de l’Inquisiteur Ezekiah à votre sujet ?
-En effet, il nous les a laissé à Korigan’s Cove lorsque nous devions le rejoindre.
-C’était donc il y a une dizaine de jours, et qu’a-t-il écrit juste là ?
Conrad lit alors la phrase. « Qu'en est-il des rumeurs d'une présence xenos sur Badab ? »
-Oui il fait allusion à la présence des eldars que nous avons croisés, ce n’est plus une rumeur, c’est avéré désormais mais cela ne parle pas de Goldberg, répond alors Séverina.
-Et qu’a-t-il écrit ensuite ? Reprend Ira.
Conrad lit alors la suite.
-« Un premier contact avec ces xenos a été avéré aux abords du village agricole d’Heldon’s Reach… »
-Heldon’s Reach donc, lui répond Ira. Et savez-vous où se trouve ce village ?
Ira leur tend une carte de la région. Conrad l’observe un instant.
-Ce village se trouve à environ six cents kilomètres d’ici à vol d’oiseau. Au sud en effet.
-Au sud donc.
Séverina reprend aussitôt :
-Oui mais quel lien peut-il y avoir entre ces eldars à Heldon’s Reach et ce Goldberg ?
-N’avons-nous pas déjà dis que Goldberg était justement un archéoxénien ? Un trafiquant de reliques xenos ? Ira se relève. Le voilà le lien qui a échappé à votre enquête. De plus, j’ai pu apprendre qu’Ishmael avait offert le Gouverneur Callidon aux eldars noirs. Tenter de le sortir de là ne serait peut être pas idiot.
Séverina repose les documents sur la caisse et se lève à son tour.
-En effet, nous devons donc nous rendre au sud, dans ce village. Mais rien ne prouve que le gouverneur est encore en vie.
-D’accord, mais dans le doute, considérons qu’il puisse encore l’être, lui répond Ira.
-Ok, j’appelle Tibaltus, lance alors Conrad.

Ira décide d’aller chercher le reste de son équipement ainsi qu’un peu de matériel pour l’équipe. Elle dispose d’une planque dans Badab City, soit à un peu plus de trois heures aller-retour. Elle annonce à Conrad et Séverina qu’elle dispose aussi de contacts locaux et qu’elle compte bien les solliciter.
Pendant ce temps, Conrad et Séverina en profitent pour trouver du prométhéum pour leur véhicule.

A son retour, Zora est équipée en tenue complète de combat de l’Arbites. Un uniforme noir, une armure pare-balleS, un casque intégral, un fusil d’assaut, deux épées dans le dos et un pistolet à la ceinture. Elle apporte des uniformes noirs pour chaque membre de l’équipe ainsi qu’un peu de matériel et des munitions.
Conrad la voit donc pour la première fois avec un visage non grimé. Cette fille est particulièrement jolie bien que son visage soit impassible et froid avec une certaine détermination professionnelle. Ses cheveux noirs sont attachés en arrière et il n’est pas sans noter de façon troublante qu’elle possède des yeux bleus clairs légèrement en amande, presque bridés. S’il y prête attention, il n’en dit rien.

Le lendemain en milieu de journée, Tibaltus et Skeld les rejoignent dans l’entrepôt. Ils amènent Syrius avec eux, ce dernier a été transfusé et visiblement soigné. Même si son état général est encore précaire, il semble en partie tiré d’affaire.
Tibaltus s’entretient un instant avec Ira. Puis à l’ensemble de l’équipe.
-La Marshal a raison, il nous faut impérativement nous rendre dans ce village droit vers le sud. Précisément en passant sur la trajectoire de l’île d’Hermangard, là où les hommes de main de Goldberg détenaient l’inquisiteur Ezekiah. Vous ne trouvez pas cela troublant ?
D’après les sources que j’ai pu obtenir, il semblerait que cette région abrite un antique portail Warp d’origine xenos, c’est par là que ces pourritures passent.
-Que savons-nous sur cette région et ce village ? Demande Conrad.
-J’ai intrachargé depuis le bureau du Magistratum une carte tactique de la région dans ma tablette de données. La zone est désertique. Le village est perdu aux abords d’une sorte d’oasis. Nous n’avons rien de plus, répond Ira.
-Bien, nous partons quand ? Demande Conrad.
-Nous partirons ce soir, à la tombée de la nuit, répond Tibaltus, ce qui devrait nous faire arriver aux premières heures du jour.
-Et une fois sur place ? Demande Séverina.
Tibaltus se tourne lentement vers la sœur, un large sourire machiavélique sur sa face horriblement déformée et à moitié dissimulée par sa capuche.
-Pour le reste, ma chère sœur, je prends entièrement les opérations en main. Mais sachez d’ores et déjà que je compte bien priver ses sales xenos de toute retraite vers leur tanière.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Sam 20 Sep 2014 - 17:11

Chapitre VI

+++Suspicion+++
+++Heldon’s Reach+++

Durant les derniers préparatifs avant leur départ, Conrad s’entretient à part discrètement avec Séverina et Ira.
-Cette histoire de villa qui a explosé me semble bien étrange, vous ne trouvez pas ?
-C’est clair que cette explosion n’a rien d’accidentel, lui répond Séverina.
-Qui a bien pu faire ça ? Demande Ira.
-Ce pourrait être Baalzabeth, non ?
-Non, je ne pense pas. Même si elle en a peut-être les moyens, quel intérêt aurait-elle eu de faire sauter la maison une fois que nous en étions sortis ?
-Oui, ça se tient en effet…
-Qui d’autre aurait pu le faire ? Demande Ira.
-Quelqu’un qui était sur place et qui s’y connaît en explosifs ? Lui lance alors Conrad en portant un regard appuyé vers leurs trois autres compagnons qui s’affairent autour des véhicules à l’autre bout de l’entrepôt.
-Et pour quelle raison l’un d’eux aurait fait ça ? Lui répond Séverina.
-Je n’en ai pas la moindre idée, mais il va falloir vite le découvrir. M’est avis que quelqu’un cherche à faire disparaître des choses et tout ça ne me plait pas vraiment. Pas plus que les manigances de cet arrogant de Tibaltus.
-Qu’entends-tu par là ? lui demande Ira.
-Ce type me tape sur le système avec ses grands airs de Monsieur-je-sais-tout, il nous sort des indices de son chapeau comme s’ill en savait plus qu’il ne voulait bien nous en dire. Même Séverina l’a constaté.
-C’est vrai qu’il a une façon de prendre certaines libertés qui ne me plaisent pas. J’étais à deux doigts de lui coller mon épée tronçonneuse en pleine face la dernière fois.
-Et puis son histoire tout à l’heure au sujet d’Hermangard qui est sur le chemin d’Heldons’Reach n’est pas très claire. D’après ce que j’ai vu sur la carte, ce n’est pas vraiment le cas.
Conrad jette un coup d’œil à sa chronomontre.
-Bien, il est temps de partir. Retournons les voir avant qu’ils n’imaginent que nous complotons.

L’équipe se répartit dans les véhicules, Ira prend sa moto, puis le petit groupe sort prudemment de la ville à la nuit tombée, s’engageant vers le sud en direction de l’estuaire à la sortie de la ville.
Le bras de mer qui leur coupe la route juste devant eux est le chemin direct vers le sud. L’estuaire fait quelques kilomètres de large, mais chercher à le contourner rallongerait leur route de plus de cinq cents kilomètres. C’est donc naturellement qu’ils décident de se diriger vers le premier pont qui se présente à eux. A cinq cents mètres du pont, ils arrêtent leur véhicule et inspectent ce dernier à l’aide de leurs jumelles.
-Il y a du monde, je vois un check-point, des véhicules blindés, quelques mitrailleuses et au moins deux dizaines de plantons là-dessus, leur annonce Skeld.
-On va peut-être éviter de passer par là dans ce cas, lui répond Conrad. Qu’en pense Tibaltus.
-Il pense que tu as raison. Lui répond ce dernier.
Conrad se tourne vers Syrius.
-Toi qui es du coin, tu sais s’il y a un autre pont plus loin ?
-Oui, à une vingtaine de kilomètres après celui-là. Lui répond Syrius.

Le groupe embarque de nouveau à bord des véhicules qui repartent alors vers cette nouvelle direction.
Près de trente minutes plus tard, ils s’arrêtent de nouveau aux abords de cet autre pont et observent.
Leurs véhicules sont dissimulés derrières des buissons et eux se postent derrière un talus.
Skeld prend de nouveau la parole à voix basse, les yeux rivés sur ses jumelles infrarouges.
-Il y a pas mal d’activité là-bas. Celui-là est gardé aussi mais apparemment je vois des équipes de réparations qui bossent sur le pont. Il a du être touché lors de l’offensive, ils cherchent à consolider certaines parties.
En effet, même, à cette distance, de nuit, les gerbes d’étincelles faites par les équipes de soudeurs se voyaient de loin.
-On fait quoi ? Demande Conrad.
L’équipe tente alors d’élaborer une stratégie mais en vain. Toutes les solutions débouchent fatalement sur de grosses prises de risques qui se solderaient vers un affrontement, ce que chacun cherche à éviter au final. Ira décide alors de tenter un coup de bluff. Utilisant les fausses identités de ses compagnons, elle appelle son contact au bureau du Magistratum de Badad. Là, elle lui demande d’enregistrer dans ses fichiers les noms de ses compagnons comme faisant partie de gens travaillant pour elle. Ainsi en cas de contrôle, elle pourra toujours se servir de cette ruse afin que le Magistratum confirme ses dires.

Une fois chose faite, elle remonte sur sa moto et se dirige à faible vitesse en direction du pont, les deux voitures la suivent au pas.
Arrivés à l’entrée du pont, un barrage leur bloque l’accès. Plusieurs sentinelles de faction gardent les abords, armes à la main.
Un caporal s’approche d’Ira. Il porte la tenue complète des troupes régulières de Mekton Zeta. Son fusil laser en bandoulière. Ira lui présente sa plaque. Il la salut puis elle demande à parler au chef de poste. Le soldat demande à ce qu’on l’appelle.
Le sergent sort du poste de garde et approche de la moto, saluant la Marshal à son tour. Ils s’entretiennent un moment puis le sergent ordonne à ses hommes de les laisser passer.
Une fois le pont traversé et l’autre rive atteinte, ils continuent à rouler ainsi jusqu’au petit matin. Le paysage autour d’eux commence à devenir de plus en plus désolé et désertique. En dehors de quelques maigres arbres et buissons accrochés aux caillasses, tout n’est que désolation à perte de vue. Cela fait quatre heures qu’ils roulent, l’aube va se lever dans moins d’une heure, lorsque Skeld repère la silhouette sombre d’un petit hameau non loin de là.
Le groupe décide d’y faire une halte, il leur reste encore trois bonnes heures de route avant d’atteindre Heldon’s Reach et préfèrent arrivés à la tombée de la nuit. Ils passeront donc la journée cachés ici.
Le hameau compte environ une vingtaine de masures à toit plat et aux murs couvert de chaux. Certaines bicoques sont à demi écroulées, ce village semble totalement abandonné depuis déjà quelques années. Les véhicules sont dissimulés dans une vieille grange et c’est là qu’ils décident de prendre un peu de repos, dérangeant au passage quelques rongeurs et autres vermines ayant élus domicile dans ce lieu aux allures de village fantôme.
Conrad s’approche alors d’Ira.
-Félicitation à toi pour tout à l’heure. Le coup de bluff sur le pont a été magistral. Sans toi on ne passait certainement pas.
Ira lui fait un petit sourire, faisant ressortir ses yeux clairs dans l’aube qui était en train de se lever.
-Merci à toi. Tu sais je n’avais aucunement l’intention que tout cela se termine dans un bain de sang.
Autour d’eux le vent se lève, faisant se soulever des tourbillons de poussière et de sable. Tibaltus décide de faire inspecter les lieux afin de ne pas tomber sur une mauvaise surprise. Skeld monte dans le clocher de l’ancienne chapelle du hameau et prend le premier tour de garde de trois heures alors que le matin se lève sur la région.

Séverina dormait sur la banquette arrière de l’Arkhan Land lorsqu’un bruit finit par l’éveiller. Ses sens désormais en alerte, elle se rend rapidement compte que Conrad et Ira se réveillent aussi. Syrius et Tibaltus dorment toujours dans l’Armadillo non loin d’eux.
Un bourdonnement s’entend, comme porté par le vent.
-C’est quoi ce bruit ? Demande Conrad.
-Un moteur, non ? Répond Ira.
-Je dirais même une turbine, lance alors Séverina qui s’empresse de saisir ses armes et de sortir du 4x4.
Conrad se saisit de son vox et réalise que cela fait quatre heures qu’ils dormaient.
-Skeld, putain c’est quoi ça ? Tu t’es endormi ou quoi ? Y a un truc qui approche là !
-Ouaip, j’ai vu ! Silence radio tout le monde, leur lâche-t-il.
Tibaltus et Syrius se joignent à leurs compagnons. Dans l’entrepôt, chacun cherche à se dissimuler du mieux qu’il peut, armes à la main. Séverina risque un œil à l’extérieur au travers de planches mal jointes. Elle a juste le temps de percevoir deux engins de troupes aéroportés passant au dessus du hameau à faible altitude.
Personne ne bouge et attend. Au bon de quelques minutes le bruit s’estompe puis disparaît totalement.
Skeld les appelle sur le vox.
-C’est ok, ils sont passés.
-C’était quoi ? Lui demande Conrad.
-Deux Valkyries des forces de Mekton Zeta.
-Vous croyez qu’ils sont à notre recherche, demande Conrad à l’attention de ses compagnons.
-Non, je ne pense pas, lui répond Tibaltus. Ce sont de simples patrouilles, c’est logique qu’on en croise. S’ils nous cherchaient vraiment, ils seraient déjà en train d’investir les lieux. On ne bouge pas d’ici jusqu’à la tombée de la nuit.
-Nous ferions bien de tenter alors de camoufler un peu nos véhicules avant de repartir, annonce alors Séverina.

La journée passe ainsi, longue et ennuyante sous la chaleur écrasante et le silence du désert. Séverina et Skeld s’ingénient alors à maquiller les voitures du mieux qu’ils peuvent. Le soir tombé, le groupe repart comme prévu, profitant de la faveur de l’obscurité pour atteindre leur destination.

La nuit est déjà bien avancée quand ils approchent des abords d’Heldon’s Reach. Coupant le moteur de leurs véhicules, ils garent les engins dans des fourrés alentours. Le petit groupe s’approche alors prudemment. Tibaltus ordonne à Syrius de rester à côté des véhicules.
S’installant derrières des buissons épineux, ils observent aux jumelles infrarouges la masse sombre d’un village, situé à près d’un kilomètre de là. Autour d’eux un léger vent fait bruisser les longues tiges des épineux et seul le bourdonnement des insectes nocturnes se fait entendre.

-Ça m’a l’air mort, annonce Skeld dans un murmure.
-Ne t’y fie pas, lui répond Tibaltus, si des eldars noirs sont ici, il y a peu de chance pour qu’ils restent visibles. Ils sont assez habiles dans l’art de la dissimulation.
Conrad fronce alors les sourcils.
-Depuis quand tu sais des choses sur ces xenos, toi ?
-Depuis que j’ai eu enfin l’opportunité d’ouvrir certains livres et de les étudier. A l’avenir Conrad, je te conseillerai d’en faire de même.
Conrad lui jette un regard froid.

Ses rêveries sont alors interrompues par Séverina, les yeux toujours rivés sur ses lunettes infrarouges.
-Il y a comme…comme une anomalie dans cette perception du village, vous ne trouvez pas ?
Ira confirme, elle a aussi perçu quelque chose. Ou du moins c’est plutôt l’inverse. L’impossibilité de percevoir quelque chose sur certaines zones.
-Des zones noires, répond Séverina. Regardez, ici et ici, comme si quelque chose obscurcissait la vision. C’est très subtil et à première vue, on pourrait presque ne même pas l’apercevoir.
Une première zone de cinquante mètres de diamètre en haut d’un promontoire et une autre environ du double à l’autre bout du village semblent en effet se dessiner, un peu comme des tâches floues de chaleur.
-Sur le promontoire, c’est là que doit se trouver le portail, annonce Conrad.
-C’est en effet ce qui me parait le plus probable, lui répond Tibaltus dans un sourire. Puis se tournant vers ses compagnons.
-Il y a quelque chose que vous devez savoir avant que nous y allions. Avant de se faire prendre, la première équipe d’Ezekiah était venue ici, suivant la piste de Goldberg. Tibaltus lance un regard en direction d’Ira. Ils avaient alors découvert l’existence de ce portail warp et avaient décidés de le piéger. Ils ont apparemment eu le temps d’enfouir des charges à fusion sur toute la zone, mais n’eurent jamais le temps de le faire sauter.

Conrad lui lance alors un regard appuyé.
-Et encore une fois, c’est seulement maintenant que tu nous sors ça ? Tu as d’autres secrets à nous dévoiler ou quoi ?
-Que cela te convienne ou non Conrad, cette information est de la plus haute confidentialité. Travailler dans le secret est justement le quotidien de l’Inquisition, il faudra que tu t’y habitues mon cher.
-Ha oui ? Et pour quelle raison ?
-Un jour peut-être souhaites-tu évoluer au sein de l’Inquisition, non ?
-Peut-être pas finalement, murmure-t-il alors tout bas en lui lançant un regard noir.

Tibaltus ne relève pas la remarque et continue.
Skeld et moi allons nous y infiltrer. Skeld devrait parvenir à réactiver les charges. Tibaltus lance alors un regard vers Conrad et les deux filles. Nous aurons sensiblement besoin d’une couverture, je compte donc sur vous trois.
-Tu as donc besoin de nous au final ? S’étonne presque Conrad.
-Tu en doutais ?
-Un peu oui…
Alors n’y pense plus et en route, Skeld va nous ouvrir la marche.
Skeld se tourne vers eux et observe chacun de ses compagnons tout en mâchouillant un mégot de cigalho éteint entre les dents, son fusil radiant en travers de la poitrine.
-A partir de maintenant, on n’utilise plus le vox, on ne fait plus de bruit et on me suit. Il montre du doigt une large étendu sombre et bruissante devant eux.
-C’est un champ de céréales. Les hautes tiges ont de longues feuilles qui peuvent atteindre les deux mètres. Cela devrait nous permettre d’atteindre les abords des villages, situés à un kilomètre de là à couvert. Vous me suivez et restez bien en alerte. Il est possible qu’ils aient piégé la zone ou mis des sentinelles.
Ses compagnons acquissent, puis le petit groupe se met en route silencieusement.
Progressant ainsi parmi les hautes tiges caoutchouteuses, l’équipe se déplace péniblement. Le bruit des feuilles autour d’eux leur couvre tout autre bruit. De plus leur visibilité est réduite à deux ou trois mètres tout au plus.
Visiblement le moins à l’aise de tous dans cet élément, du fait des ses origines de ruchard, Conrad se met à pester intérieurement contre cet environnement hostile. Les racines traitresses, les insectes voraces ainsi que les feuilles coupantes semblent se liguer contre lui.

-Par le Trône, mais qu’est-ce que je fous dans cette galère, moi ? Se met-il à penser tout haut. On ne pourrait pas enquêter en ville plutôt ?
A peine a-t-il fini sa phrase qu’il se prend un pied dans une racine et s’affale de tout son long écrasant plusieurs hautes tiges dans sa chute.
Le reste du groupe s’arrête aussitôt, se déployant rapidement dans la végétation en s’accroupissant. Tout le monde fait silence. Skeld jette un œil autour de lui et écoute. Les insectes se sont tus. A deux mètres de lui se tient Ira. La Marshal lui lance un regard en indiquant lentement du regard une direction devant eux. Skeld l’a perçu lui aussi. Un petit bruit métallique à environ trente mètres de là. Il lui fait signe de contourner par la gauche. Lui, prendra par la droite. Furtivement, il se déplace en silence et disparaît.

Conrad ne bouge pas de là où il est. Autour, tout est silencieux, presque trop. Séverina est à quelques pas de lui, accroupie dans la végétation. Ses autres compagnons sont hors de vue. Il se relève lentement au moment ou une ombre noire et très rapide passe dans son champ de vision, percutant Séverina.
Il n’a pas le temps de comprendre ce qui vient de se passer, quelque chose vient de le percuter, le faisant retomber au sol. Il cherche à se dégager mais son agresseur le maintient fermement d’une main experte. L’éclat d’une lame ou d’une griffe semblable à de l’obsidienne jaillit dans son autre main et va pour s’abattre en direction de sa gorge. Conrad n’a que le temps de se débattre comme il peut, tandis que la lame mord profondément dans son bras exposé, le traverse de part en part, ratant de peu son cou. La douleur est vive et intense, manquant presque de lui faire tourner de l’œil, il continue de se débattre comme un diable face à cette vison de cauchemar plaquée sur lui.
Son assaillant, approximativement de taille humaine, quoique plus grand est recouvert de plaques noires et luisantes à la manière de la chitine de ces gros coléoptères, des lames aiguisées comme des rasoirs pointent de ses épaules, de ses bras et de sa longue tête insectoïde. C’est la première fois qu’il se retrouve confronté à une telle créature. A quelques pas de là, Séverina lutte elle aussi dans un combat sans merci avec une autre de ces créatures, elle est parvenue à parer la vicieuse lame qui allait l’éviscérer d’un rapide geste à l’aide de son épée tronçonneuse, mais déjà son adversaire est sur elle, l’empêchant d’activer la lame. D’un mouvement rapide, la créature lui assène un violent coup au visage. Le coup est rude. Séverina sent des os craquer, elle titube de quelques pas en arrière, se prenant le visage à pleine main et lâchant son épée. Son œil droit est fermé, son arcade lui fait souffrir le martyr. Du sang commence à couler abondamment depuis la plaie cruelle qui vient de lui être infligée et commence à maculer son visage, goutant sur son treillis.

Conrad continue de lutter comme il le peut, son adversaire tente de dégager la lame toujours fichée dans son bras, la douleur est insoutenable et c’est avec un grand renfort de volonté que le psyker arrive à projeter une partie de son esprit dans celui de cette créature de cauchemar tentant d’influer sur le sien. Malheureusement, son adversaire semble insensible au contrôle mental. Un poing garni de pointe s’écrase alors sur son visage. Tout se met à tourner, puis tout devient noir, silencieux et enfin paisible. Conrad vient de perdre connaissance.

Séverina à la limite de l’inconscience, s’en remet à la force de sa foi, galvanisant ses dernières ressources, elle évite la lame qui lui est destinée, elle se retrouve aussitôt à lutter en corps à corps avec son assaillant qui cherche par tous les moyens à la frapper de nouveau au visage. La douleur est intense et insoutenable, le sang continue de couler de ses plaies, emplissant ses sens de cette odeur métallique si caractéristique.
C’est à ce moment qu’Ira fait son apparition telle une furie entre les hautes feuilles, trouvant enfin ses compagnons après être revenue de toute urgence sur ses pas. Sans la moindre hésitation, elle lève son fusil d’assaut équipé de silencieux et tire par deux fois. Mais l’adversaire de Séverina est trop rapide, il bouge vite. Voyant cette nouvelle menace dans son champ de vision, il décide de changer de stratégie.

Séverina n’a même pas le temps de réagir quand son adversaire tout en portant son regard vers Ira, d’un coup de pied retourné lui brise le nez. Séverina est alors propulsée comme un paquet de chiffon. Elle n’a pas encore touché le sol que son agresseur vif comme un félin s’est déjà jeté d’un bond sur Ira, un étrange pistolet vient de jaillir comme par magie dans sa main. D’un geste de l’autre main, il la désarme, puis la saisit à la gorge. Ira tente alors de se dégager et de lutter, de saisir une arme, n’importe quoi pour se défendre. Déjà le museau de l’arme cruelle de son adversaire est plaqué contre sa bouche, elle sent le ricanement jouissif d’hyène de son agresseur au travers de son casque en forme d’insecte.
-IamBorrial Margh’BaddArtagh Eadhar, idyss on'sorh aithliam...
Il n’a pas le temps de terminer la phrase qu’il prononce dans sa langue étrange aux tonalités tranchantes comme un scalpel. L’instant d’après, il est violement rejeté en arrière, la tête traversée par un tir de laser à pleine puissance. La créature recule de quelques pas puis s’écroule les bras en croix parmi les épis de céréales, les jambes prisent de spasmes, un trou encore fumant entre les deux fentes qui lui servent d’yeux tandis que sa cervelle continue de bouillir dans sa boite crânienne. Ira se retourne. Skeld, fusil radiant encore pointé devant lui, vient de faire son apparition comme une ombre entre les hautes tiges, son cigalho entre les dents. Il lui lance un petit clin d’œil charmeur tout en scrutant les alentours.
Tibaltus vient aussi de faire son apparition. Il soutient Conrad à moitié sonné et le visage en sang. Ira aide Séverina qui semble elle aussi mal en point.

-Putain mais s’était quoi ça ? lance alors Conrad en ses dents, tandis que sa blessure au bras commence à gonfler. Une toxine a visiblement été injectée dans son organisme.
Chacun commence à s’affairer pour soigner rapidement les blessés. Skeld en profite pour surveiller les abords et demande à ses compagnons de garder le silence.
-Ça, Conrad, ce sont des Eldars Noirs, lui répond Tibaltus à voix basse. Des xenos de la pire espèce. Tu comprends désormais pourquoi il va falloir redoubler de prudence ? Ce n’était là que deux sentinelles. Nous allons devoir nous hâter avant que les autres ne se rendent compte de leur disparition.
-Où est le deuxième ? Celui qui a attaqué Conrad. Demande alors Ira en tournant la tête en tout sens.
-Ho, celui-là ne devrait plus faire de mal à qui que ce soit, ma chère enfant, je m’en suis personnellement occupé, lui lance alors Tibaltus avec un sinistre sourire.




Chapitre VII


+++Une technologie impie+++
+++Les ombres se dessinent+++
+++Une destruction inopportune+++

Skeld s’empresse de dissimuler du mieux qu’il le peut les corps des deux Eldars. Il récupère une des lames xenos puis prend rapidement la tête du groupe qui poursuit sa progression au travers de la végétation.

Au bout de cinq cents mètres d’une lente et pénible avancée, Skeld se fige et demande au reste de ses compagnons d’en faire de même. Ils sont arrivés à la lisière du champ céréalier. Devant eux commence la pente d’un petit promontoire. La pente est assez douce et couverte de broussailles et herbes sèches, mais rien de suffisant pour progresser à couvert. A son sommet, à moins d’une centaine de mètres d’eux se trouve un groupe de petits bâtiments assez bas. Des masures rurales et autres corps de fermes. Skeld observe les abords avec attention tandis que Conrad à côté de lui, lui signale quelque chose.
-Tu as de bons yeux, le psyker, dis-moi, lui répond Skeld dans un murmure.
Il avait lui aussi déjà repéré les deux sentinelles eldars pourtant bien dissimulées sur le toit d’un des bâtiments. Séverina et Ira sont aussi à coté et observent ce que Skeld leur montre, Tibaltus est juste derrière.
Il fait quelques signes à l’attention de Skeld et Ira qui s’équipent avec précaution de leurs fusils d’assaut avec silencieux et viseur laser. Quelques tirs et les deux Eldars sont touchés, l’un d’eux s’écroule. Cependant le deuxième a juste le temps de riposter et tandis que des projectiles hachent les tiges épaisses autour d’eux, Skeld ajuste un nouveau tir qui touche de nouveau. L’eldar bascule par-dessus le toit, tombe au sol et commence à dévaler en roulant la pente qui mène droit sur eux. A environ une quinzaine de mètres de leur position, il s’arrête mais semble toujours vivant. L’Eldar commence à se relever péniblement tout en portant la main à son casque comme pour ajuster quelque chose.
Séverina comprend alors ce qu’il envisage de faire, elle bondit de sa position et en quelques enjambées est sur lui. Avant même qu’il ait eu le temps de lancer son message, elle lui tranche la gorge d’un coup net et précis. Skeld est déjà sur ses talons, il récupère le corps et le traine aussitôt à couvert dans les hautes feuilles toutes proches. Puis fait signe à ses compagnons, la voie est libre, ils s’empressent aussitôt de gravir la petite colline.
Arrivés au sommet, ils se plaquent contre le mur d’un des bâtiments blanchi à la chaux et soufflent un peu. Skeld glisse lentement le long du mur, son fusil d’assaut à silencieux, un modèle Credo-9 à canon court qu’il avait récupéré lors de l’assaut d’Hermangard, toujours pointé. Il se fixe de nouveau. Au détour d’un des bâtiments, il perçoit du bruit. Il s’accroupit tout en maintenant son arme levée devant lui. Ses compagnons l’imitent au moment où trois Eldars en armure complète et équipés de très longs fusils font leur apparition. Skeld tire aussitôt et abat le premier, Tibaltus utilise un de ses sorts et paralyse le suivant tandis qu’Ira blesse le troisième, Séverina et Skeld sont déjà au contact et les achèvent aussitôt. Les corps sont trainés et jetés dans une petite remise agricole attenante.

Reprenant la progression, arme toujours levée, Skeld se faufile entre deux bâtiment, profitant de la faveur de la nuit pour tirer partie des zones d’ombres. Il s’arrête au bout du passage. Devant lui apparaît une sorte de place entourée de plusieurs corps de fermes, Tibaltus le rejoint et fait signe à l’équipe, leur montrant un bâtiment central, une sorte de grange en pierres sèches et au toit de tuiles plates. Au-delà, le village d’Heldon’s Reach s’étend au pied d’une petite vallée.
-Ce bâtiment, c’est notre cible, il va falloir nous y infiltrer.
-Et y a quoi dedans ? Lui demande Conrad dans un murmure.
-Une des entrées qui doit nous conduire aux explosifs que l’équipe Alpha d’Ezekiah avait enterrée. Cela devrait mener directement sous le portail à environ cinq cents mètres d’ici au nord-est, lui répond-il tout en montrant la carte du village sur la tablette de données d’Ira.
-Le bâtiment a l’air gardé. Regardez, je vois au moins quatre sentinelles ainsi que six de plus à une centaine de mètres de là, ils gardent des moto-jets, répond Skeld.
-On va contourner les bâtiments, et ainsi rester à couvert dans les zones d’ombre, leur commente Ira. Elle leur désigne une petite masure en ruine non loin de la grange centrale, sur leur droite à environ deux cents mètres.
Les membres de l’équipe se faufilent, faisant tout leur maximum pour faire le moins de bruit possible, passant de zones d’ombres en zones d’ombres. Ils parviennent finalement à la vieille masure et s’y tapissent. Skeld observe les alentours. La grange est devant eux à environ trente mètres.
-Et maintenant on fait comment ? Demande Conrad, la zone est totalement à découvert et les Eldars patrouillent autour.
Skeld attend que leurs ennemis passent devant le bâtiment puis leur désigne une sorte de petit appentis sur le côté de la grange.
-Je vais tenter de m’y faufiler, il doit communiquer avec la grange, couvrez-moi.
Courant le dos courbé et l’arme pointée devant lui, il atteint le petit appentis, se faufile par la porte basse et disparaît à l’intérieur.
L’instant d’après, ses compagnons entendent sur la fréquence interne de leur vox, trois petits clics.
-C’est le signal que la voie est libre, leur annonce Tibaltus. On y va.
Ira se met en position de tir depuis une des fenêtres brisées, pointant son arme vers la cour.
-Je vous couvre, allez-y !
Tibaltus passe en premier et parvient à se faufiler dans l’appentis. Skeld, depuis l’entrée de la porte, couvre les abords avec son arme. Conrad et Séverina le suivent au moment où deux eldars font leur apparition au détour de la grange. Voyant du mouvement, ils pointent aussitôt leurs fusils longs équipés d’une sorte de longue lame dans cette direction mais Séverina en deux enjambées est déjà sur eux. Les Eldars sont rapides et évitent ses attaques, ils ripostent et parviennent à la blesser légèrement à la cuisse mais Séverina tient bon et continue de frapper. Skeld tire avec son silencieux mais les armures composites eldars dévient ses balles. Finalement Tibaltus utilisent de nouveau ses pouvoirs et paralyse les deux xénos qui sont rapidement éliminés par Séverina et Skeld. Ils trainent aussitôt les corps dans l’appentis. Ira les rejoint.
-Fumiers de xenos, ils sont coriaces, lance alors Conrad en jetant un coup d’œil aux deux eldars allongés.
-Ils sont coriaces au corps à corps car ils bougent vite, c’est pour cela que nous devons les éliminer rapidement et silencieusement et le tout à distance rajoute Tibaltus.
Skeld leur désigne une porte dans le fond de l’appentis. Celle-ci semble en effet communiquer avec la grange.
Il remet son Credo-9 en bandoulière et reprend son fusil radiant. Vérifiant le câble d’alimentation, il active l’accumulateur d’énergie, tout en réglant d’une main experte le sélecteur de tir sur automatique et la puissance de tir sur la capacité maximale.
-Ça réduira considérablement la portée mais ça augmentera sensiblement ma puissance de tir et en intérieur c’est tout ce que j’ai besoin, murmure-t-il à ses compagnons tapis dans l’ombre à côté de lui. L’équipe se tient prête à lancer l’assaut. Ira vérifie un de ses chargeurs qu’elle sort d’une de ses sacoches puis l’engage dans son arme, un fusil d’assaut compact et élégant qui semble posséder plusieurs chargeurs.
-Tu utilises plusieurs types de munitions ? Lui demande Séverina d’un œil connaisseur.
-Oui, ce sont des balles inferno.
-Des quoi ? Répond Conrad.
-Des balles incendiaires si tu préfères.
-C’est pas commun ces trucs là, dis moi ?
-Mouais c’est plutôt des munitions de l’Astartes ou de l’Assassinorum, répond Skeld tout en mâchouillant son cigalho d’un air absorbé, concentré sur la serrure de la porte.
Conrad fronce les sourcils tout en scrutant Ira devant lui.
-Tu nous as déjà donné deux identités, ne me dis pas que tu en as une troisième ?
Ira lui rend un petit sourire malicieux.
-Je suis un space marine déguisé, ça ne se voit pas ?
Skeld leur fait un petit signe, leur demandant de se taire puis tout en tenant son fusil radiant d’une main, de l’autre il entrouvre la vieille porte de bois et se glisse dans son entrebâillement. Ira pointe son fusil d’assaut et Séverina armé de son pistolet laser le suivent.
L’intérieur de la grange est assez vaste et plongé dans la pénombre mais ils voient tout de suite que l’ensemble a été complètement réaménagé.
Au centre du bâtiment se trouve un mélange d’appareillages complexes, visiblement d’origine xenos de part leur texture noire, couverte de lames ou de griffes et d’apparence huileuse. L’ensemble bourdonne à la manière d’un essaim de frelons rendus agressifs et une lueur pourpre et malsaine irradie de certaines parties de ces étranges machines. Des Eldars en armure mais non casqués semblent opérer des manipulations tout aussi mystérieuses qu’incompréhensibles.


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Lun 6 Oct 2014 - 14:54

Skeld s’avance et ouvre aussitôt le feu, saturant l’espace exigüe entre lui et la première cible de rayons laser rouges vifs à haute densité. L’Eldar n’a même pas le temps de réagir, le bras droit sectionné au niveau du coude et le torse transpercé de part en part, il s’écroule sur une des consoles dans une grande gerbe d’étincelles. Aussitôt les autres xenos, pris au dépourvu se jettent sur leur armes. Un échange de tirs nourris s’ensuit, rapide, violent et quasi à bout portant. Les balles incendiaires d’Ira font un carnage. En quelques instants tout est terminé. Les corps des six adversaires gisent au sol. Une odeur de prométhéum et de chairs brûlées, mélangé à la fycelène des munitions solides et à l’odeur âcre du sang et à celle de l’ozone dégagée par les tirs de laser, saturent l’air autour d’eux. Ira a été touchée par des projectiles ainsi que Conrad. Les blessures sont légères mais nécessitent de rapides premiers soins ainsi qu’une injection de Detox. Les munitions solides tout comme les lames des xenos semblent enduites d’une sorte de toxine incapacitante.
Skeld va pour sécuriser les lieus au moment ou la porte principale de la grange s’ouvre, laissant passer les deux sentinelles restées dehors, armes pointées, il se saisit de la lame eldar ramassée plus tôt et la lance avec habileté en plein visage d’un des Eldars, le tuant net. Le deuxième est éliminé par Tibaltus et Séverina. Cette dernière referme prestement la porte mais la laisse suffisamment entrebâillée pour guetter les alentours, ayant ainsi un œil sur le petit groupe gardant les véhicules à une centaine de mètres de là. Ces derniers ne se sont encore rendu compte de rien, mais Séverina sait que cela ne va pas tarder avant que les xénos réalisent ce qui se passe. Et là les problèmes sérieux commenceront.

Pendant que les blessés sont traités, Tibaltus se met à fouiller les lieux. Au bout de quelques instants il appelle Skeld, lui désignant une trappe au sol qu’il vient de dégager, celle-ci semble avoir été dissimulée sous d’anciennes caisses de céréales.
-Je crois avoir trouvé le passage, lui dit-il. Tu pourrais aller vérifier ?
Skeld acquiesce de la tête, il pose son radiant ainsi que le lourd paquetage auquel il est relié, finit de dégager le passage, ouvre la trappe et s’empresse de descendre, lunettes infrarouges chaussées et pistolet Scipio à silencieux pointé devant lui.
-Tu as trouvé quoi ? lui demande Conrad.
-Un des passages qui devrait mener aux explosifs sous le portail warp. J’aimerai m’assurer qu’ils sont toujours en place et opérationnels. Et Skeld est tout indiqué pour le vérifier.
Déjà Tibaltus s’en retourne vers une des consoles eldars encore opérationnelle et commence à la manipuler. Des cristaux noirs et tranchants comme des rasoirs se mettent aussitôt à projeter une image en trois dimensions au dessus de la console. Celle-ci représente plusieurs vue en facette du village. Semblant familier de ces appareillages, Tibaltus manipule les images d’une simple pression du doigt, en sélectionnant certaines et en en supprimant d’autre.
-Quelle est cette sorcellerie, demande Séverina visiblement nerveuse.
-Une sorte de projection holopix tactile, lui répond l’Interrogateur, visiblement absorbé par ce qu’il fait.
-Une quoi ? Lui demande Conrad.
-Une technomancie eldar. Quelque chose que même le clergé de Mars a tenté de copier avec leurs procédés noosphériques.
-Par le Trône, la magie impie de ces xenos ne me dit rien qui vaille, commence à murmurer Séverina.
-Ho…lui répond Conrad, visiblement pas plus éclairé sur la signification de tout ceci. Et tu cherches quoi ?
-Quelque chose qui…
Tibaltus continue de manipuler les icones holographiques, puis agrandit l’une d’elle.
-Voilà ce que je cherchais justement.
Ses compagnons s’approchent. Séverina reste près de la porte, préférant guetter les alentours.
L’image en trois dimensions leur montre une place aménagée quelque part dans le village, au milieu de laquelle se trouvent d’étranges et sinistres machineries de la même nature que celles qui se trouvent à côté d’eux, sauf que celle-là font la taille d’un petit bâtiment. Ils en comptent une bonne dizaine dont la plupart pulsent d’une lueur maléfique, d’un pourpre presque organique.
-Par tous les Saints de Terra ! lance alors Conrad.
-Empereur-Dieu, mais qu’est ce que c’est ? Demande Ira visiblement aussi surprise que ses compagnons.
-Ce sont des générateurs d’énergie warp. Ils servent à alimenter le portail, qui est donc actif. Voilà pourquoi nous devons le détruire, leur répond Tibaltus d’un air sinistre.
-Détruire des générateurs warp ? Demande alors Conrad.
-Oui, je ne vois pas vraiment d’autres options, répond Tibaltus.
-Et cela ne risque-t-il pas d’engendrer d’autres conséquences ? Je ne m’y connais pas vraiment mais cela ne risque pas de créer une sorte de brèche ou quelque chose comme ça ? Demande Séverina pas vraiment rassurée.
Tibaltus ne répond pas. Il change une des vues, focalise et agrandit l’holopix afin de leur montrer la raison de tout ceci.

Des torchères et braseros éclairent la zone, une place de cent mètres de diamètre. Au centre se trouvent des excavations et un véritable chantier où travaillent durement des dizaines d’esclaves hommes et femmes, maltraités par les Eldars noirs visiblement à l’aise dans leur rôle de tortionnaires. Les esclaves, sans doutes les anciens villageois ou d’autres prisonniers déterrent des sortent d’éléments d’architecture complexe d’origine xenos. Une immense structure circulaire dressée verticalement, encore à demi enterrée dans le sol est garnie elle aussi de lames pointées vers l’extérieur mais aussi vers l’intérieur. Il s’agit du portail warp qui semble opérationnel.
A l’écart, un groupe de personnages est en pleine conversation sur un petit promontoire juste à proximité. Tibaltus sélectionne la vue et l’agrandit. Tout comme ses compagnons, il reconnaît immédiatement une silhouette désormais tristement familière.
-Tiens tiens, dit-il d’un air satisfait, qui avons-nous là ?

Ils reconnaissent sans peine Enoch Lazarus Ishmael, le nouveau dirigeant de Badab, une dizaine de gardes lourdement armés et Callista Flavia Deatrix à son bras, vêtue d’un riche manteau de fourrure sur une robe de soie de grande qualité. Ishmael s’entretient avec une Eldar, qui semble être la Voïvode déjà aperçue sur Hermangard.

Tibaltus sélectionne certaines runes et aussitôt le son jaillit de l’image pix. Des voix parlant en bas gothique s’entendent, aussitôt traduites en eldar noir avec un léger différé.

Ishmael semble s’adresser à la Voïvode à grand renfort de courbettes.
« …est donc terminé, notre accord touche à présent à sa fin. Voïvode Sha’Saeil, je tenais personnellement à vous remercier, vous et le Grand Voïvode pour votre inestimable collaboration. Espérant que les dix mille prisonniers prévus vous satisferont. Je tenais à vous offrir, comme présent et à titre personnel, quelques personnalités de choix, qui je l’espère, vous apporteront la plus grande satisfaction. ».
Ishmael fait un signe théâtral de la main et ses hommes lui apportent des prisonniers en haillons, ligotés, bâillonnés et les yeux bandés, ils avancent en hésitant et en gémissant. Tibaltus et ses compagnons reconnaissent aussitôt le gouverneur Victus Callidon, sa femme Luzillia, le général Varnias des FDP, Thadius-Octia III de Mekton Zeta, le fameux « obèse dépravé » dont il était question dans les messages laissés à Ezekiah ainsi que d’autres officiels qu’ils ne reconnaissent pas.

Sha’saeil y jette à peine un regard et fait signe à ses sbires de les jeter dans une fosse où se trouvent déjà des prisonniers, à l’écart.
La Voïvode s’approche lentement d’Ishmael et lui dit de son étrange voix xenos cristalline :
-Notre collaboration n’est pas encore terminée, Ishmael…et moi aussi pour te remercier je t’ai réservé quelque chose de spécial…

Une immense silhouette sort alors de l’ombre et approche lourdement. Il s’agit d’un puissant guerrier d’au moins deux mètres quarante en armure noire et rouge, rehaussée de runes de bronze. Une lumière rougeoyante éclaire son visage couvert de cicatrices depuis son gorgerin lui donnant l’impression de sortir tout droit des enfers. Son visage au crâne rasé est couvert sur la moitié gauche par un masque de peau humaine. Des crânes humains sont fichés sur des piques en fer sur le dessus de son armure décoré de mailles. De lourdes chaines oxydées retiennent une épée qui doit bien faire dans les deux mètres et qui est suspendue dans son fourreau dans son dos. Une cape en épaisse fourrure noire recouvre ses larges épaules. L’étoile à huit branches ainsi qu’un poing stylisé terminé par des griffes décorent son armure. Il avance lentement et s’arrête aux côtés de l’eldar.

Ishmael recule d’un pas, glacé d’effroi, il semble devenir totalement hystérique, les yeux écarquillés par la terreur que lui évoque cette vision ressortie de ses pires cauchemars.
- Maudite eldar ! Vous avez amené un…un de ces renégats ici ! Mais vous êtes complètement folle ou quoi ?
La Voïvode ne peut s’empêcher de sourire d’un air ravi. Tout autour, les esclaves commencent à reculer prestement de la zone, saisit d’effroi, presque de manière reflexe. Leurs tortionnaires les fouettent alors de plus belle. Calista, de son côté ne bouge pas, les gardes d’Ishmael non plus.
La Voïvode le regarde d’un air amusé.
-Je te présente le Seigneur Karak, le Faucheur d’Âmes.
Ishmael commence à reculer, bafouillant pour donner des ordres. Il se prend les pieds dans son manteau brodé de fil d’or et de perles et s’affale dans la boue.
-Trahison ! Gardes ! Nous partons immédiatement…
Ses gardes ne bougent pas.
Il n’a pas le temps de finir sa phrase, il est soulevé de terre, maintenu fermement par des sortes de liens noirs et métalliques.
A ses côtés, Calista commence à changer d’apparence, sa silhouette devient noire et luisante elle aussi avec des reflets métalliques, depuis son dos partent plusieurs mécandendrites qui s’enroulent autour d’Ishmael, le maitrisant totalement et le maintenant ainsi au dessus du sol entravant ses membres et sa bouche de sorte qu’il lui soit impossible de parler.
Ses gardes ne bronchent toujours pas. Deux d’entre eux retirent leur casque et approchent en ricanant. On reconnaît la silhouette musculeuse de Goldberg avec ses cheveux roux et la cicatrice qui lui barre son visage basané ainsi que la mine patibulaire de Roven Kenkaide dont la crinière sombre est ramenée en queue de cheval dévoilant des implants crâniens. Ils viennent se tenir devant l’Eldar et le marine du Chaos. Un autre personnage resté dans l’ombre approche aussi, il est vêtu d’une longue robe sombre à capuche, masquant entièrement son visage. Sa voix calme et posée semble être celle d’un homme sûr et cultivé.
-Nous voici donc dans la dernière phase de notre plan qui s’est déroulé comme convenu. Ishmael, victime de son ambition va devoir laisser la main à des hommes…plus fiables.
Goldberg et Kenkaide ne peuvent s’empêcher de laisser échapper un petit rire.
Le géant s’approche d’eux et d’une voix tout droit sortie d’outre-tombe au fort accent rauque et guttural :
-Votre tour est intéressant, mais je ne suis pas ici pour jouer. Mon Maitre s’impatiente et nous avons suffisamment perdu de temps. Remettez-moi désormais le cryptogramme.
Le marine renégat tend la main devant lui.
L’homme à la capuche se tourne alors vers la femme en noir.
Une des mécadendrites déploie des sortes de pinces et tout en immobilisant fermement Ishmael se met à lui arracher un œil sans ménagement mais avec une efficacité et une précision chirurgicale. Il tente alors de hurler mais le son de sa voix est étouffé par ses entraves tandis que du sang jaillit sur son visage mutilé.
Elle tend l’œil ensanglanté au marine du Chaos. Celui-ci le prend entre ses énormes doigts, l’ausculte à l’aide d’un auspex puis d’un air satisfait le glisse dans un compartiment de son armure. Il fait un signe à l’homme à la capuche.
-Malgré quelques retards, votre part du contrat est désormais remplie. Faites comme il a été convenu et assurez-vous désormais que Trantor fasse en sorte que l’Imperium continue de tout ignorer, mon maitre vous fera savoir ce qu’il attend de vous.
L’homme à la capuche incline légèrement la tête. Alors que le marine allait se retourner et partir, ce premier lui dit, toujours de sa voix calme :
-Il va nous falloir agir avec la plus grande prudence, l’Inquisition est de nouveau sur Badab.
Le marine se fige puis se retourne, un petit tic nerveux faisant cligner son œil encore valide. Il le toise de toute sa hauteur avec un petit rictus méprisant.
-Vous m’aviez assuré que vos agents avaient déjà fait le nécessaire concernant ce vieux fouille-merde !
-Ezekiah est de l’histoire ancienne, et il n’a jamais été une réelle menace. Je parle d’un autre inquisiteur beaucoup plus malin et toujours insaisissable, notamment grâce au ménage qu’il a l’habitude de faire autour de lui. Kenkaide suspecte sa présence depuis quelques mois, et je suis de son avis. C’est un élément incontrôlable et dangereux.
Le marine part d’un grognement sinistre et caverneux ressemblant à un petit rire.
-Cette remarque m’étonne venant de vous, Romeus.
Le marine s’approche alors de lui d’un air menaçant mais l’homme à la capuche ne bouge pas, ne semblant pas plus impressionné que cela.

-Epargnez-moi vos excuses, je veux des résultats ! Votre négligence risque de foutre en l’air un projet que nous avons mit à un siècle à mettre en place ! Que vos spécialistes se chargent de lui, je vous laisse vingt quatre heures !
Il fait alors un geste de la main en direction de la femme en noire tenant toujours fermement Ishmael.
Les mécadendrites le laissent alors tomber comme un sac de chiffon au pied du marine. Ce dernier se tourne vers l’Eldar.
-Il est à toi comme convenu.
Sha’saeil et lui s’échangent un regard complice qui en dit long sur la nature de leurs rapports. Elle passe sa main avec sensualité sur la cuirasse du géant.

Ishmael couvert de boue et de sang, ayant perdu sa perruque poudrée en même temps que sa dignité, tente de se relever tout en plaquant une main sur son visage ensanglanté. Se tournant vers l’Eldar et vers celle qui aurait du être Callista.

-Maudites garces ! Vous n’avez pas conscience de ce que vous venez de faire, se met-il à hurler d’une voix suraigüe. Ces codes ne devaient jamais retomber entre leurs mains, vous rendez-vous compte de ce que vous venez de faire ? Vous venez de signer notre perte à tous ! La damnation va de nouveau s’abattre sur ce secteur ! Et qu’est ce que cette…cette chose ? Où est…Callista ?

L’homme à la capuche prend la parole de sa voix douce et grave.
-Cette charmante Calista Deatrix n’est plus depuis que le Seigneur Trantor a décidé qu’il valait mieux vous approcher de l’intérieur, Ishmael. Gothigora est un de ses agents et ma plus fidèle assassin. N’est-elle pas merveilleuse ? Vous n’y avez vu que du feu, même dans les moments les plus…comment dirais-je ? Personnels.
Vous avez été notre jouet depuis le départ. La vie est parfois cruelle je sais, mais vous avez choisit le mauvais camp, Ishmael.

Il fait alors signe à l’Eldar.
-Débarrassez-nous de ça, voulez-vous, ma Chère ?
La voïvode lance un regard plein de malveillance vers Ishmael, faisant signe à ses cérastes de l’emmener tandis qu’il se met à se débattre en hurlant de façon hystérique.
-Je vais m’occuper personnellement de sa propre et très lente dissection et je ferais en sorte qu’il n’en rate rien, rajoute-t-elle avec un petit sourire amusé.

-Les artefacts sont donc à nous comme il a bien été convenu ? Lui demande Goldberg, revenant à un sujet bien terre-à-terre, propre aux Libres-Marchands de son espèce.
-Vous pouvez tout prendre, cela ne nous intéresse pas. Lui répond-elle avec désinvolture. Puis elle fait signe à ses cérastes de la suivre tout en donnant des ordres secs dans sa langue xenos.
Les guerriers s’empressent alors de prélever les prisonniers implorant, dans les fosses et à les diriger vers des barges de chargement qui attendent à proximité du portail.
Tandis que le marine du Chaos s’en retourne vers les ombres d’où il est venu, Romeus et ses sbires visiblement ravis, se dirigent vers une navette, celle d’Ishmael, suivis de leurs gardes.


Abasourdis par ce dont ils viennent d’être témoin, Conrad et ses compagnons ont encore un peu de mal à quitter des yeux les images qui s’animent devant eux.
La navette Aquila, transportant Romeus et ses hommes se met alors à décoller tandis que le Marine du chaos part de son côté en direction du portail.

-Ce complot commence à prendre une autre envergure si ce chapitre renégat est de la partie, murmure alors Ira à l’attention de ses compagnons.
-Il s’agit bien là du chapitre impliqué dans la guerre qui ravagea ce secteur il y a un siècle de cela ? Lança alors Séverina.
-En effet, c’est bien eux. Plusieurs chapitres furent impliqués dans cette guerre. Cet épisode fut épouvantable, rien de tel n’avait été vu depuis l’Hérésie. La capitale du Secteur qui était Badab Primaris fut complètement rasée suite à ce conflit. La capitale fut alors déportée ici sur Badab Secundus quelques années plus tard, répondit Ira.
-Ce chapitre s’appelait les Astral Claws. Il fut déclaré Excommunicate Traitoris et purgé ainsi que ses alliés par l’Inquisition et plusieurs chapitres loyalistes. Les survivants se sont renommés les Red Corsairs. Ils se terrent depuis au cœur du Maelstrom. Leur maitre de Chapitre, Lufgt Huron a désormais prit le nom de Huron « Sombre Cœur ». Celui que nous venons de voir, ce fameux Karak est un de ses bras droits, leur annonce alors Tibaltus d’une voix calme.
-Par le Trône, mais comment il connait tout ça, lui ? Demande Conrad qui se pose dans un coin pour méditer un peu.

Ira s’approche de Tibaltus.
-Donc l’idée est de tout faire sauter ?
-C’est en effet le concept. Je tiens à couper toute possibilité aux Eldars d’aller et venir sur ce monde.
-Et Skeld sait ce qu’il fait au moins ? Demande alors Séverina à Tibaltus en lui indiquant le passage par lequel le cadien est passé quelques minutes plus tôt.
-Il connaît son affaire.
-J’espère juste qu’il n’a pas l’intention de tout faire sauter trop tôt, répond la Sœur.
-Oui, venant de lui, il faut s’attendre à tout…Et les prisonniers ? Demande Conrad. On en fait quoi ?

Tibaltus ne relève pas et tout en jetant un œil sur une des consoles, s’adresse à Séverina toujours occupée à faire le guet à l’entrée du bâtiment :
-Surveille les abords, je détecte du mouvement !
-Confirmé, annonce aussitôt la Sœur. D’un geste de la main elle fait signe à ses compagnons de faire silence, du monde approche.

Tibaltus se saisit d’un des vox tout en scrutant les consoles holopix.
-Skeld, t’en es où ? On va devoir décrocher !
-Je termine tout juste, j’arrive. Laisse-moi trois minutes.

Dehors, deux eldar noirs se dirigent d’un pas détendu vers l’entrée de la grange, ils sont environ à trente mètres.

Séverina se plaque sur le côté de la porte et attend, épée tronçonneuse et pistolet laser à la main. Ira se met en position derrière plusieurs caisses et ajuste son fusil Spectre vers l’entrée, prête à faire feu. Pendant ce temps, Tibaltus glisse de l’autre côté de la porte et laisse affluer son énergie psychique. Les eldars ouvrent la portent et entrent tout en conversant dans leur langue xénos. A peine entrés, ils réalisent aussitôt que quelque chose ne colle pas, ils ont à peine le temps de se saisir de leur arme que Tibaltus lance un de ses sorts mais mal ajustée son attaque rate sa cible. Séverina, d’un large geste circulaire, brandit son épée tronçonneuse mais n’arrive à faire rien d’autre que d'entamer profondément les montants de la porte d’entrée. Son arme y reste coincée. A ce moment Ira tire et touche le premier au bras, l’impact le blesse et lui fait lâcher son arme, son compagnon riposte aussitôt de son fusil éclateur, une grêle de micro-projectiles tranchants comme des rasoirs déchiquètent les protections autour d’Ira, la forçant à baisser la tête.

De nouveau Tibaltus projette son sort en se concentrant, il fait mouche et assomme le tireur d’un coup, ce dernier s’écroule au sol, inconscient. Ira lâche un deuxième tir au moment ou sa cible, déjà blessée au bras faisait jaillir un pistolet au museau pointu dans sa main. L’impact le cueille en pleine tête, projetant son corps deux mètres en arrière, il percute violemment un des montant de la porte et s’affale aux pieds de Séverina. Cette dernière parvient enfin à dégager sa lame, elle s’empresse de refermer la porte d’entrée et achève rapidement les deux xénos.

A ce moment, Skeld réapparait par l’entrée du tunnel, prestement il réajuste son harnais où se trouve la cellule d’alimentation de son Radiant qu’il retrouve avec une certaine satisfaction. Le cigalho toujours au coin des lèvres, il s’approche d’un pas assuré vers le reste de l’équipe qui l’interroge du regard.
-Ça va péter dans dix minutes, donc on ferait peut être bien de décrocher…
-Tu plaisantes, là ? Lui lance alors Ira.

Conrad se prend le visage dans la main.
-Mais t’es complètement crétin ou quoi ?
-Hey, j’y suis pour rien moi, c’est…

Il n’a pas le temps de finir sa phrase, Séverina leur fait alors signe de se taire de nouveau.
-Du monde approche de nouveau et là ils sont plus nombreux, je crois qu’ils ont fini par se douter de quelque chose !

Tibaltus ajuste un des écrans.
-Au moins huit ennemis en visuel, peut être plus, ils se déploient vers nous ! Skeld, trouve-nous une sortie, vite ! On sort d’ici !

Le cadien s’empresse de se diriger vers l’appentis.
-Suivez-moi et pas de bruit !

Le reste de l’équipe se faufile alors discrètement vers la petite porte de derrière et profitant de la masse du bâtiment, échappe à l’angle de vue des eldars qui approchent par le côté opposé. Ils se coulent ainsi vers d’autres bâtisses et décident de reprendre le chemin par lequel ils sont arrivés. Coupant à travers les anciennes fermes abandonnées, ils débouchent de nouveau vers la pente de la colline qu’ils s’empressent de dévaler à toute vitesse. Alors qu’ils parviennent enfin après une course effrénée de cinq cents mètres, à rejoindre les hautes herbes des champs de céréales desséchés devant eux, ils entendent alors des bruits de moteurs. Conrad se retourne.

-Les moto-jets sont à nos trousses, foncez !

Ils ont à peine parcouru une trentaine de mètres de plus parmi les hautes feuilles que soudainement le sol se met à trembler. Un souffle d’une violence inouïe couche alors les feuilles autour d’eux, balayant tout sur son passage. Le petit groupe parvient tant bien que mal à se cramponner pour ne pas être emporté. Soudain, de derrière la colline une lueur violacée emplit tout le ciel, illuminant les alentours comme un soleil miniature. Au sol, couchés et disséminés parmi les herbes et les projectiles qui volent en tout sens, Tibaltus et son équipe assistent impuissant à un déchainement d’une violence cataclysmique. L’onde de choc qui s’ensuit est d’une puissance incroyable. Les engins eldars pris dans la tourmente sont désintégrés en plein vol tel des jouets fait avec des allumettes, leurs pilotes désarticulés sont catapultés au loin vers l’horizon. Plusieurs barges de transport de troupes subissent le même sort, leur champ énergétique implosant juste avant d’être pulvérisés. Une véritable tempête d’énergie éthérée ravage alors les environs depuis l’épicentre situé à un bon kilomètre de là.

Le champ est totalement ravagé et forme désormais une couche de matière végétale d’un bon mètre d’épaisseur. Au bout de quelques instants qui paraissent durer une éternité, Skeld se relève en se dégageant péniblement et en crachant quelques morceaux de paille. Ses compagnons l’imitent. Au-delà de la colline le phénomène commence à diminuer, seule la lueur violacée est visible.

-Je crois qu’il y avait encore pas mal de monde là-bas, non ? Lance alors Séverina en se dégageant.

Conrad s’assoit au sol, visiblement affecté et oppressé, tandis que des larmes coulent sur ses joues couvertes de crasse et de sang, il a alors du mal à reprendre ses esprits.

-Je viens de ressentir la mort de milliers d’âmes en même temps…Tous les prisonniers…

Séverina lance alors un regard lourd de reproche vers Skeld occupé à frotter son uniforme couvert de fragment de végétation.

-Abruti, tu es content de toi maintenant ? Lui hurle-t-elle.
-Hey, tout doux ma jolie, j’y suis pour rien moi, ce truc était déjà prévu pour exploser de toute façon !
-Arrêtez de vous chamailler, quelque chose approche ! Leur lance Tibaltus entre ses dents.

Skeld et Ira se dissimulent aussitôt dans les herbes, imités par leurs compagnons.

Un Raider eldar, sorte d’esquif anti-grav effilée de grande taille, se dirige tant bien que mal dans leur direction. L’engin a visiblement souffert mais semble tenir bon. Un panache de fumée est laissé dans son sillage. Apparemment, plusieurs systèmes ont été endommagés mais le véhicule a miraculeusement tenu le coup. Il file aussi vite qu’il peut, porté à environ trois mètres du sol par ses moteurs gravitiques. A quelques mètres du groupe, tapi dans les herbes, Tibaltus concentre ses pouvoirs et lance un sort en direction de l’engin. L’air alentours est encore chargé de réminiscences psychiques. Cela n’a pas d’autres effets que de faire monter la température autour de lui tout en dégageant une épouvantable odeur de brûlé. Séverina sent passer sur sa peau un véritable voile, gluant et presque palpable, tandis que la nausée lui vient et que ses poils se hérissent sur sa peau au contact du phénomène warp, elle perd connaissance. Ira, se faufile alors comme elle peut, cherchant à fuir les effets de ces phénomènes, roulant dans les herbes, elle voit l’esquif passer juste au dessus d’elle. Les vibrations sont telles que cela crée des phénomènes d’électricité statique tout autour d’elle. Elle se tapie et ne bouge plus.

Ils restent ainsi quelques minutes à ne plus faire le moindre geste.

Séverina a reprit connaissance et le reste de l’équipe a reprit ses esprits, ils font route en direction de leurs véhicules qu’ils retrouvent cachés non loin de là à environ deux cents mètres. Ils retrouvent aussi Syrius abasourdi et un peu sonné par ce qui vient de se passer. Conrad finit par rompre le silence.

-Je suis d’avis d’aller voir ce qui s’est passé là-bas.
-C’est sans moi, lui répond Séverina, cet endroit pu la corruption à plein nez.
-Ok, reste avec Syrius et garde l’Armadillo. J’y vais avec Ira, Conrad et Skeld.

Skeld prend le volant du 4x4 et le trio retourne ainsi en sens inverse vers le sommet de la colline. Il arrête le moteur et tous les trois descendent contempler les alentours.

La masse de la colline les a visiblement sauvé. Autour tout a été dévasté ou rasé sur deux kilomètres. L’épicentre même de l’explosion, centré sur l’endroit où se trouvait le portail, n’est plus qu’un immense cratère de cinq cents mètres de diamètre et au moins profond de dix. Le village n’est plus. Tout n’est plus de ruines, cendres et poussières qui continuent de pleuvoir autour d’eux, nimbant les alentours d’une chape de brume. Quelques éclairs psychiques violacés continuent de zébrer l’épicentre tandis que des restes de tourbillons de couleurs gangréneuses s’estompent petit à petit.

-Vous croyez qu’il y a eu d’autres survivants ? Je veux dire en dehors de l’engin qu’on a vu, demande Ira.
-J’en doute, vu l’étendu des dégâts. Et cela vaut peut-être mieux ainsi en tout cas pour les prisonniers. Les Eldars leur auraient fait subir un sort bien pire. Par contre, on ignore si certains d’en eux ont réussi à passer par le portail avant que ce dernier ne fut détruit, lui répond Tibaltus.
-Et les artefacts ? Il en reste quelque chose ? Demande Conrad.
Skeld parcoure la zone avec l'aide de ses jumelles.
-Je crois que tout a été vaporisé par le souffle...Certains risquent d'être pas mal déçus d'avoir perdu leurs jouets !
-Parfait, murmure alors Tibaltus.

Conrad, sans détourner son regard de la scène, murmure à l’attention de Skeld et Tibaltus qui se tiennent à ses côtés.
-N’allez pas me sortir que ce sont les explosifs d’Ezekiah qui sont à l’origine de ce phénomène…
-Tout cela était déjà piégé dès le départ par les xenos, c’est ce que j’ai essayé de vous dire tout à l’heure, lui répond Skeld.
-Il a sans doute raison, tout à l’heure dans le champ, lorsque l’esquif est passé juste au dessus de moi, j’ai entendu la voix de la Voïvode, elle criait qu’elle ne comprenait pas pourquoi cela avait explosé si tôt. Elle savait donc que cela devait sauter.

Skeld, Conrad et Tibaltus se tournent alors vers Ira. Le cadien ne peut s’empêcher de ricaner.

-Et comment que tu as fais pour entendre ça toi, le Warp te joue des tours j’ai l’impression, non ?
-Ira, tu plaisantes ou quoi ? C’est complètement débile, quel intérêt aurait eu la Voïvode de détruire son propre portail ? Lui lance Conrad.
-Et depuis quand un Marshal de l’Arbites parle une langue xenos ? Lui demande Tibaltus avec calme.

Ira affronte leurs regards interrogateurs.

-Elle parlait en Gothique.
-Ah tient ? Et à qui donc pouvait-elle parler ainsi ? Lui demande Conrad ?
-Je ne sais pas, répond-elle.
-A Goldberg et sa bande, lance alors Skeld en haussant les épaules.
-Non, ça ne colle pas, ils sont partis dans une autre navette, on les a vu. Le marine est parti aussi de son côté vers le portail, répond Conrad.
-Les Eldars avaient apparemment l’intention de détruire leur portail, mais pas si tôt, voilà ce que je pense, se défend Ira.
-Cela ne nous dit ni pourquoi, ni si les principaux protagonistes ont survécu. On sait en tout cas que les Eldars étaient là pour emmener un maximum d'esclaves, la part de leur contrat. Ils ont tout perdu, cela ne colle pas. Ils ne peuvent pas être à l'origine de cet explosion, conclu Conrad.

Soudain Skeld file un coup de coude à Tibaltus et indique la direction du nord. Il sort ses jumelles et observe l’horizon.
-Trois Valkyries en formation tactique et en approche à six heures, contact estimé dans... quatre minutes !

Tibaltus se saisit du vox.
-Séverina, démarre et fonce vers l’ouest, on te rejoint, ennemis en approche ! Hurle-t-il.

Déjà Skeld démarre l’Arkhan Land tandis que ses compagnons embarquent en catastrophe. Le lourd 4x4 dévale alors la colline en trombe et rejoint la berline sur la piste en contrebas. De là, ils coupent à travers une zone rocheuse et file vers de petites collines laissant les Valkyries loin derrière eux.
Quelques heures plus tard, ils rejoignent le petit hameau où ils s’étaient arrêtés à l’aller. Ils dissimulent de nouveau leurs véhicules dans une des granges et se barricadent dans un des petits bâtiments désaffectés. Skeld monte sur le toit de la chapelle et couvre les abords avec ses jumelles. L'aube du quinzième jour commence à se lever. Quinze jours que Tibaltus, Conrad et lui sont arrivés sur cette maudite planète, pense-t-il.

-De nombreuses patrouilles à vingt ou trente kilomètres de là, je crois que tout ça à foutu un sacré bordel, leur annonce le cadien.
-Ça devrait les occuper un petit moment, répond alors Tibaltus, continue de garder un oeil ouvert.
-Profitons-en pour nous poser et nous mettre au vert un moment, je crois qu’on en a besoin, lance alors Séverina en se callant sur de vieux sacs en toile.
-On pourrait aussi en profiter pour clarifier certains nouveaux points, annonce calmement Ira.

Tibaltus, Conrad et Séverina lui lancent un regard étonné.
-Au fait, tu étais là pour trouver Goldberg, non ? Lui demande l’Interrogateur, tu comptes faire quoi désormais ?
-Son chef vient de se dévoiler à présent, et cela change tout, reprend-elle.
-Son chef ? Lui demande Séverina.
-Loucenzo Romeus, l'homme à la capuche. Il est le maitre de Goldberg, Kenkaide, Baalzabeth, Gothigora et de toute leur petite bande. Reprend Ira.
-Et c’est maintenant que tu nous dis ça, toi ? On cherche parmi le complot initié par les « Ombres » qui est le fameux « LR » qui semble être à la tête de tout ce bordel depuis la villa d’Uberkrump et toi tu nous sors ça là comme ça ? Lui lance Conrad, hors de lui.
-Je n’étais pas présente à ce moment là et je ne crois pas que vous m’en ayez véritablement parlé, ou à peine se défend Ira.
-Il n'empêche qu'encore une fois tu disposes d'informations qui aurait pu nous être utiles, excuse moi, mais j'ai un peu de mal… coupe alors Conrad, on sait quoi de ce type ?
-C'est un inquisiteur renégat et il est recherché pour hérésie par l'inquisition. L'Arbites a son dossier, je dois donc mettre fin à ses agissements.
- Excuse-moi, mais l'Arbites ne dispose pas de tous les éléments de son dossier. Loucenzo Romeus est en réalité surveillé par l’inquisition, nous devons tout d’abord nous assurer de ses agissements, leur répond soudain Tibaltus.
-Ah parce que tu le connais aussi ? Il magouille avec des xénos et des marines renégats, tu as besoin de quoi de plus ? Lui lance Séverina.
-On a besoin d’investiguer sur lui, je veux être sûr que ce type est bien celui que l’on croit.
-Que veux-tu dire par là ? Tu fais allusion à l’autre inquisiteur dont il a parlé devant le marine du chaos tout à l'heure ? Lui demande Conrad.
-Celui qui doit être lié à ce fameux Spud, à moins que ce ne soit lui en fait, lance Séverina.
-Oui mais n'oubliez pas que ce Spud ou qui que ce soit, ne semble pas être une réelle menace dans l'immédiat, reprend Ira. Le fait que les Red Corsairs refassent ainsi leur appariton dans le secteur, implique une menace bien réelle et bien pire. Si Romeus est lié à ce seigneur Karak, alors il est lié à Huron "Sombre Coeur" et ce dernier est sur le point d'être en possession de quelque chose.
-Quelque chose qu'ils ont mis un siècle à planifier, reprend Tibaltus, donc à mon avis c'est un projet d'une importance plutôt vitale pour eux. C'est désormais cela notre priorité. Ira a raison, on met le paquet sur Romeus et sa bande, je veux apprendre ce qu'ils trament et ce que contient ce cryptogramme qu'ils ont remis aux Red Corsairs.
-Mais qu'ont bien pu promettre les Red Corsairs à Romeus en échange ? S'interroge soudain Conrad.
-C'est ce que nous allons tenter de découvrir à présent, lui répond alors Tibaltus.



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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Ven 24 Oct 2014 - 9:40

Chapitre VIII

+++Jézail Doracan+++
+++Changement de plans+++
+++Le baron Achenheim+++


Durant deux jours, Tibaltus et ses compagnons se terrent dans le petit hameau poussiéreux fait de masures à moitié en ruine et aux murs blanchis à la chaux. Leurs seuls compagnons ne sont que quelques lézards des sables, cafards et autres vermines, cherchant elles aussi un peu d’ombre et de protection. L’équipe en profite pour soigner ses blessures et récupérer un peu.

Au loin, la région semble toujours en effervescence depuis la catastrophe du portail warp, l’armée semble mobilisée et en alerte.

Au cours de la deuxième nuit passée dans les ruines, Ira est de garde et surveille les environs. Soudain, scrutant les alentours depuis l’étage d’un bâtiment, elle perçoit un bruit de moteurs se rapprochant. Elle alerte aussitôt ses compagnons qui s’empressent de la rejoindre. Skeld sort des jumelles infrarouges et observe la ligne d’horizon. Rapidement il perçoit quelque chose.
-Deux engins viennent vers nous…Ils…ils se déploient…procédure standard d’interception.
-Par le Trône de Terra, on ferait bien de se mettre à couvert et vite, lui annonce Conrad.
Skeld ne quitte pas ses jumelles.
-Je vois des…Ho merde ! Des roquettes ! Ils tirent des roquettes !!
Sans avoir besoin de plus d’explications, Skeld et ses compagnons dévalent les escaliers quatre à quatre et filent se réfugier dans une ancienne cave sous un des bâtiments. Ils ont à peine le temps de refermer la vieille trappe en bois vermoulu que l’enfer se déchaine au dessus d’eux. Une série d’explosions les jette tous au sol, leur coupant le souffle. Les murs tremblent par les impacts et par le souffle dégagé par la surpression des déflagrations. Dans ce déchainement de destruction systématique, soudain, de façon presque surréaliste, le vox d’Ira se met à sonner. Tant bien que mal, elle décroche et se mettant à couvert sous un vieux meuble, tente de comprendre ce que lui annonce son interlocuteur. Ses compagnons, trop occuper à se protéger eux aussi, ne peuvent entendre le bref échange qui a lieu.
Les explosions retentissent alors de plus belle, faisant trembler les murs. Du sable et de la poussière leur tombent dessus en permanence. Dehors, des bruits terribles de métal torturé contre du métal font trembler le sol. Cela dure guère plus de deux minutes, mais cela semble durer des heures en réalité.

Puis soudain plus rien. Juste un crépitement de flammes à l’extérieur. Abasourdi, chacun sort de sa cachette. Tous sont couverts de poussière. Ils réalisent juste que Syrius est manquant. Le vox d’Ira sonne de nouveau, elle décroche et écoute ce qu’on lui dit puis coupe la communication. Elle se tourne vers ses compagnons complètement interdits.
-On peut sortir, la voie est libre, annonce-t-elle.
Conrad se relève nerveusement.
-Quoi ? Tu plaisantes, comment ça on peut sortir ? On vient de subir un véritable bombardement je te signale, là! Moi je ne bouge pas d’ici !
-On peut savoir qui vient de t’appeler ? Lui demande Séverina.
Avant que tous ne se mettent à la harceler de questions, Ira leur coupe la parole.
-Quelqu’un est venu nous sortir de là !
-Ha oui ? Et comment on pourrait croire une chose pareille ? On vient de se faire pilonner, moi j’appelle pas ça un sauvetage ! Lui lance Conrad.
-Qui nous dit que ce n’est pas plutôt un piège qui nous attend dehors ? Lui répond Séverina.
-L’armée de Mekton Zeta est partout dans le coin, qui pourrait venir nous sauver ? Lui demande alors Tibaltus.
-Justement, quelqu’un de confiance. Quelqu’un qui me connaît, leur répond alors Ira. Nous ferions bien de ne pas trop trainer là, nous disposons de peu de temps leur dit-elle en remontant de leur cachette.
-Va où tu veux, moi je reste ici, lui rétorque Conrad, je ne vois pas en quoi nous devrions avoir confiance en ce plan !
Ira se retourne vers lui, lui lançant un regard noir, elle redescend quelques marches.
-Tes allusions ne me plaisent pas Conrad. Des gens cherchent à nous aider ici, il serait bien que tu t’en rendes enfin compte ! Puis Ira sort de leur cachette et disparaît ainsi dans les ruines encore fumantes du village.
-Bon, je sais pas pour vous, mais moi j’ai pas l’intention de moisir dans ce trou à rats ! Et si il faut combattre, ce sera dehors que ça se passera ! Leur annonce Skeld qui s’empresse de la suivre, son fusil radiant pointé devant lui. Aussitôt, Tibaltus le suit puis Séverina. Resté seul au fond de la cave, Conrad se résigne tout de même à sortir en grommelant, convaincu que tout cela est vraiment une mauvaise idée.
Une fois sortis, comme ses compagnons, il se met à couvert et voit les mêmes choses autour de lui.

Dehors tout n’est plus que tas de ruines fumantes, flammes et fumées épaisses. Un peu plus loin sur leur droite se trouve ce qui devait être leurs deux véhicules. Ce ne sont plus désormais que deux carcasses de métal en flammes.
-Et bien, nous voilà redevenus piétons à présent, lui annonce Tibaltus avec fairplay.
A une centaine de mètres du hameau en ruine, ils perçoivent à travers la fumée, la silhouette d’un véhicule posé au sol. Une valkyrie visiblement. Ira est en pleine conversation avec le pilote juste devant l’engin. Un peu plus loin sur leur gauche se trouvent les carcasses embrasées de deux engins de guerre écrasés au sol. Apparemment deux autres Valkyries ou peut être des Vultures.
Skeld fait alors signe à Tibaltus. Conrad et Séverina les rejoignent. Il vient de retrouver le corps du malheureux Syrius. Il n’a visiblement pas eu le temps de rejoindre un abri. Il est mort sur le coup.
-Nous ne pouvons pas le laisser là. Leur annonce Conrad, au bout de quelques instants, fatigué par ce qui vient de se passer.
-Sûr que non, répond Skeld en s’allumant un nouveau cigalho.
-Skeld et moi allons le remettre dans la cave, répond alors Tibaltus calmement. Il se tourne vers Séverina et Conrad.
-Surveillez ce qui se passe avec Ira, je n’aime pas beaucoup les surprises.
Les deux opinent du chef et s’en retournent de leur côté.

Quelques minutes plus tard, ils se rejoignent et observent Ira qui revient vers eux, accompagnée du pilote habillé d’une combinaison noir, d’une veste pare balles de l’arbitrator et d’un casque intégral. Le nouveau venu ne semble pas armé.
Arrivé devant eux, le pilote retire son casque, dévoilant alors le visage d’une jeune femme aux cheveux clairs et ondulés, tombant sur ses épaules et encadrant un visage au teint hâlé, aux yeux bleus-gris et aux lèvres épaisses. Un métissage tel qu’il est fréquent de voir chez les locaux de ce monde.
-C’est un de mes contacts qui nous l’envoie, elle est venue pour nous aider, leur lance Ira en la désignant.
-Je m’appelle Jézail Doracan, agent du Magistratum de Badab City, j’ai eu pour consigne de venir secourir la Marshal Keplum afin de l’emmener en lieu sûr. Ne trainons pas, il ne leur faudra pas longtemps avant de remarquer qu’il leur manque trois engins. Annonce alors la nouvelle venue avec une pointe d’accent badabi.

-Trois engins ? S’interroge Conrad.
-Oui, les deux que j’ai été forcée d’abattre, elle lui indique d’un geste les épaves embrasées, ainsi que le mien, lui répond Jézail.
-Vous l’avez dérobé ?
-Pas vraiment, je l’ai…disons…emprunté. Mais lui et moi risquons fort de manquer à l’appel au bout d’un moment.
-Et vous comptez nous emmener où ? demande alors Tibaltus.
La nouvelle venue lui lance un regard interrogateur en fronçant les sourcils.
-On ma demandé de venir sortir de là la Marshal Keplum, je n’ai aucune obligation d’emmener qui que ce soit d’autre.
-Ils sont avec moi, agent Doracan. Ils m’accompagneront donc, lui répond doucement Ira.
-A vos ordres Marshal.
-Ceci dit la question demeure. Vous comptez nous emmener où exactement ?
L’arbitrator sort alors une carte de la région et lui explique ses projets en quelques instants. Aller vers l’est semble pour elle la meilleure option.
Pendant ce temps, le reste de l’équipe reste assez perplexe. Skeld continue d’observer l’horizon.
-Je crois qu’on ferait bien d’y aller maintenant, toute cette fumée va vraiment finir par les alerter !
Ira relève se tête de la carte.
-Il a raison, décollons, nous parlerons de tout cela en route.

Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent donc à bord de la Valkyrie au marquage de Mekton Zeta et file plein est.
-Pourquoi vers l’est ? S’enquière alors Tibaltus à l’attention de la jeune arbitrator.
-Retourner vers Badab City ou vers le nord est le chemin le moins sûr actuellement, la nouvelle armée y est très présente. Au sud se trouve la mer, et à l’est se trouve une région agricole plus sauvage. Là bas, la présence militaire y sera nettement moins marquée. Nous pourrons alors nous y cacher un certain temps.
-Vous nous avez dit avoir été envoyé pour nous sauver, peut-on savoir qui vous a envoyé ? Lui demande à nouveau Tibaltus.
Jézail Doracan sans lâcher les commandes de sa machine, se retourne pour répondre à l’Interrogateur.
-Vous devez la vie sauve à Titus, c’est lui qui m’envoie.

Tibaltus, Conrad et Séverina se lancent alors un regard étonné.
-Titus ? Qui est-ce ? Demande alors Conrad, nous connaissions bien un Tilus, mais pas de Titus.
-Il s’agit d’un de mes contacts comme je vous l’ai dit tout à l’heure, lui répond alors Ira, c’est un agent local du Magistratum, tout comme mademoiselle. C’est à lui que j’ai eu affaire plusieurs fois depuis mon arrivée ici. L’arbitrator Titus Al’Khalid était le frère de Tilus, il s’est fait capturer pour avoir été mon contact. Ils ont donc fait le lien jusqu’à lui pour remonter notre trace il est fort à parier qu’il est déjà mort à l’heure qu’il est.
La pilote lui retourne un regard dur, les yeux étrangement rendus brillants par des larmes qui commencent à monter.
-Titus n’est pas mort, Marshal ! J’en suis convaincue !
Ira se rend alors compte de son indélicatesse et se remémore avoir appris que Titus avait une liaison avec une de ses collègues de service. Jézail apparemment.
-Qu’est ce que c’est encore que cette histoire à dormir debout ? Ricane alors Conrad au visage d’Ira.
Ira se retourne vers lui, lui lançant un regard noir.
-Elle a raison, répond Séverina avec calme. Tilus nous avait en effet dit qu’il avait un frère qui était arbitrator à Badab City et qu’en cas de problème il pourrait toujours nous aider.
La pilote lance alors un regard à Séverina.
-Vous connaissez le frère de Titus ?
-Oui, j’ai du même le tuer de mes propres mains, lui annonce-t-elle la mine sombre.
La pilote semble alors défaillir devant cette annonce brutale, puis se ressaisit, réalisant qu’elle venait accidentellement de lâcher les commandes.

Durant les quelques heures que durent le voyage, Tibaltus, Conrad et Séverina lui narrent alors les derniers évènements dont ils ont été témoins sur Badab. Le complot mis en place, les membres corrompus du gouvernement et du technocartel, les démons, les Eldars noirs et le portail, les victimes trop nombreuses dernièrement et la légion de marines du Chaos impliquée dans cette histoire, ainsi que leur appartenance à l’Inquisition.
Trop d’évènements qui ne peuvent laisser insensible la jeune pilote. Crispée aux commandes de sa Valkyrie, les yeux embués par les larmes, elle tente de rester concentrée sur sa mission. Le choc est dur à encaisser. En l’espace de quelques heures, elle vient d’apprendre que son monde est un foyer de corruption, que l’autorité auquel elle croyait jusque là n’est qu’un ramassis d’hérétiques de la pire espèce et que des pourritures de xénos et d’entités innommables apportent ruine et destruction de la façon la plus insidieuse qui soit.

Elle se tourne alors vers Tibaltus.
-Vous êtes donc une équipe de l’Inquisition ?
-En effet, mademoiselle. Voilà pourquoi notre vie est en danger. Nous sommes les seuls à savoir ce qui se passe véritablement ici et cela risque fort de nous couter la vie.
-Je comprends désormais pourquoi vous êtes recherchés par les autorités. Lui répond-elle.
-Nous sommes recherchés ?
-Oui, j’ai vu vos avis de recherche. Mes supérieurs ont laissé des consignes claires, toutes les troupes qui devraient vous trouver ont ordre de vous abattre sans sommation.
-Cela ne change pas grand-chose pour nous, marmonne alors Séverina.
-Si. Cela va grandement compliquer les choses justement, annonce Tibaltus. Désormais ils savent vraiment qui nous sommes, car notre couverture est tombée.
Jézail se ressaisit alors puis lance à l’attention d’Ira, assise juste à côté d’elle dans le siège de copilote.
-J’ai bien saisis que les autres étaient une équipe de l’Inquisition, mais vous, Marshal…Je ne saisis pas bien ce que vous faites avec eux ? Je veux dire…quel est votre rôle dans tout ça ? Titus m’a dit que vous êtes plus importante que vous ne le paraissez…j’ai du mal à comprendre.
S’étant fait la même remarque, Conrad, Tibaltus et Séverina se lancent un regard amusé face à la remarque subtile de la jeune pilote.
-Que voulez-vous dire par là ? Lui répond Ira, visiblement étonnée par une telle question.
-Et bien, pourquoi Titus m’enverrai sauver une Marshal de l’Arbites en me disant que vous êtes une personne importante pour la survie de Badab, et pourquoi ne me demande-t-il pas de sauver l’équipe de l’Inquisition qui vous accompagne ?
-Sans doute parce qu’il ignore justement qu’ils sont de l’Inquisition et parce que selon lui je représente une véritable autorité de l’Imperium.
-Ça pourrait se tenir en effet, répond Jézail.
-Et vous ne m’avez pas dit comment vous avez fait pour nous retrouver ? Je veux dire…personne, même Titus n’était avertit de notre présence à Heldon’s Reach. Lui demande Ira.
-En effet, mais c’est là mon travail, je suis Investigatrice du Magistratum, je n’ai eu qu’à suivre les rapports qui mentionnaient les traces que vous laissiez, telle que votre moto qui a été retrouvée hier à Heldon’Reach justement. J’ai remonté cette trace. Intercepter les rapports vox des unités de recherche a été un jeu d’enfant. C’est ainsi que j’ai eu les coordonnées des intercepteurs qui avaient repérés le hameau où vous vous cachiez. Leurs auspex vous avaient localisés. Je suis arrivée à temps voilà tout. Encore une fois, vous devez surtout la vie sauve à Titus.
-J’espère pouvoir le rencontrer, je suis sûr que ce serait fort instructif, annonce alors Tibaltus.
-Je vous le souhaite aussi, lui répond Jézail.

Perdue dans ses rêveries, Jézail réalise qu’ils approchent soudain du comté d’Achenheim, région à l’est du continent nord. La région désertique à cédée la place à un terrain vallonné, verdoyant et aux contreforts recouverts de résineux coriaces. De petites vallées encaissées jalonnent des cours d’eau timides et quelques villages s’accrochent ainsi à des oueds et oasis de verdure. Les habitants aux tenus chamarrés cultivant quelques parcelles de terres fertiles ou élevant quelques animaux domestiques.

Le matin de lève à peine lorsqu’ils approchent de la plus grande localité, Achenheim, un bourg au sein d’une vallée. Jézail vire sur l’aile et file en rase-mottes en direction des forêts de conifères et de cèdres bleus qui s’étendent à l’est de la vallée.
Elle les pose finalement à une vingtaine de kilomètres de là, sans encombre au beau milieu d’une clairière en pleine forêt. Coupant les turbines, elle entame alors le rituel de repos de la machine. Tandis que le reste de l’équipe commence à décharger les affaires de l’appareil, Conrad se met alors à pester comme à son habitude.
-Vingt kilomètres dans la brousse ? Mais il va nous falloir des jours pour rejoindre la civilisation !
-Arrête de faire ta chochotte le psyker ! Lui répond Skeld visiblement amusé par la remarque, et puis c’est pas de la brousse, c’est juste une p’tite balade en forêt, dans trois ou quatre heures on devrait être arrivés.
-Tu rigoles ou quoi ? C’est plein de bestioles et de…de trucs tout verts partout ! Non mais on n’est pas des commandos, nous !
Séverina lui lance un regard dépité, levant les yeux au ciel.
-Parle pour toi ! Allez bouge toi les fesses, le sorcier, j’ai pas envie de te porter !
L’équipe part ainsi, non sans que Skeld ait au préalable dissimulé la valkyrie sous un filet de camouflage et avoir aussi déconnecté l’esprit du transpondeur.

Au bout de quelques heures, ils arrivent enfin à quelques centaines de mètres des abords du bourg d’Achenheim. A la grande satisfaction de Conrad, épuisé.
Se dissimulant derrière des fourrés, le petit groupe observe les alentours. Skeld sort ses jumelles et inspecte les environs.
-Pas de traces de troupes visibles. Juste quelques pécores du coin et leurs engins agricoles.
-On fait quoi désormais ? Demande Séverina.
-L’idée est de se mettre au vert quelques jours dans ce village, de ne pas attirer l’attention et voir comment la suite des événements se déroule.
-On ne va y aller tel qu’on est, on risque d’attirer l’attention, annonce Tibaltus en montrant l’arsenal dont ils disposent.
-L’agent Doracan va venir avec moi, lui répond Ira, des agents de l’Arbites ne devraient pas trop étonner, nous allons faire un tour, tacher de nous acheter des vêtements civils, peut-être louer des chambres dans une auberge et glaner quelques informations.
-Par contre, reprend Jézail, nous sommes dans une région rurale, ici la langue principale est le badabi, même si les gens connaissent tous le gothique, ils ne l’emploient pas directement. Je vous conseille donc de me laisser parler et de me laisser faire.
Le groupe acquiesce et tandis qu’Ira et Jézail se dirigent vers l’entrée de la ville, le reste de leurs compagnons restent dissimulés dans la végétation. Moins d’une demi-heure plus tard, les deux arbitrators reviennent rapidement rejoindre leurs compagnons.
-Nous sommes entrées dans un bar, il y avait un flash d’informations aux nouvelles locales, diffusé sur un écran pix, leur annonce Ira. Il s’agissait d’une annonce officielle du gouvernement. Ils viennent de publier l’assassinat du gouverneur Ishmael. Sa veuve éplorée, Callista vient d’annoncer qu’elle est submergée par le chagrin et compte laisser le pouvoir à l’Archimagos Trantor qui était resté fidèle au nouveau gouverneur…
-Bin voyons, lui répond Conrad.
Le problème est surtout qu’ils diffusent partout le signalement des assassins d’Ishmael, reprend alors Ira.
-Attend…laisse-moi deviner, lui répond Tibaltus. Conrad a déjà lui aussi compris la suite.
-Les assassins d’Ishmael ont effectivement nos noms et nos signalements, leur répond alors Ira Keplum.

La pluie commence à tomber doucement en ce début d’après-midi et l’air humide du sous-bois commence à faire chuter la température. Malgré une certaine douceur ambiante due au climat local, la saison froide a déjà commencé dans cette région. Bientôt la Chandeleur sera là avec sa nouvelle année et ses réjouissances religieuses.
Tibaltus sort de ses rêveries et se tourne de nouveau vers Ira.
-As-tu vu quel est le signalement des suspects ? Je veux dire…nous-ressemblent-ils vraiment ?
-A l’exception de l’agent Doracan, nous sommes tous représentés, moi, y compris. Par contre, l’image pix que j’ai vu de toi est celle d’avant que tu…enfin que ton visage…
-Avant que je ne sois défiguré par les Sombres Rédempteurs ?
-Oui, lui répond-elle un peu gênée.
-Parfait, lui répond-il alors avec un petit sourire, donnant à son visage brûlé, un air terrible.
Après un instant, Ira reprend à l’attention de tous ses compagnons :
-Autre chose, ce sont vos fausses identités qui sont présentées. Celles avec lesquelles vous êtes finalement connus sur Badab. Ira désigne ses compagnons : Mithras Sigismond pour Conrad, Ephrael Borgia pour Séverina, etc. Nous devons considérer qu’elles sont désormais inutilisables.
-Nous pourrions donc reprendre nos véritables identités, annonce alors Conrad qui commence à se sentir mal à l’aise dans l’humidité ambiante du sous-bois
-Non, ce serait une très mauvaise idée, reprend aussitôt Ira. Vos véritables identités vous lient à l’Inquisition, inutile de vous compromettre plus que ça. L’idée est désormais de se construire de nouvelles identités.
-Et une nouvelle apparence serait aussi la bienvenue, reprend alors Jézail. Vos tenues déchirées et tâchées de sang ainsi que vos blessures et toutes vos armes ne passeront pas inaperçues dans la région.
-En effet, nous ferions bien de changer rapidement de vêtements et de dissimuler notre équipement, annonce aussitôt Conrad.
Ira se tourne alors vers Jézail.
-Comme convenu, il nous faudrait des vêtements civils, ce qu’il y a de plus commun, ainsi que de quoi se maquiller ou se déguiser, vous pourriez nous trouvez cela ?
Jézail lui lance un regard dubitatif.
-Sauf votre respect, Marshal…vous avez vu dans quelle région nous nous trouvons ? Pour les vêtements communs, je pense que cela devrait passer, mais pour le maquillage, je pense que ça va bloquer un peu. C’est une région rurale ici…
-Bon, faites au mieux dans ce cas, prenez des vêtements amples et fonctionnels, nous aviserons.
Conrad lui remet alors un peu d’argent et ainsi Jézail s’en retourne vers la petite ville. Près d’une heure plus tard, elle revient péniblement, les bras encombrés de sacs en papier emplies de nouveaux vêtements. Pour les hommes, des pantalons étroits, de hautes bottes en cuir, à boucles, une chemise en lin, une veste courte en coton, un grand manteau en cuir fermé par de grosses boucles d’acier et un chapeau haut et étroit à large bord droit. Pour les femmes, une ample robe, une grande étole, de petites bottines, une capeline et un fichu.

Skeld, les yeux rivés sur ses jumelles, leur indique alors les abords de la bourgade en contrebas du sous-bois à quelques cinq cents mètres d’eux.
-Vous voyez, adossées à l’extérieur de l’enceinte de cette ville, on peut voir des petits bâtiments agricoles.
-Oui et ? Lui demande Conrad.
-Et bien, il nous sera plutôt facile de nous introduire dans une de ces granges un peu isolées et ainsi dissimuler notre équipement.
-C’est ça ! Et c’est le meilleur moyen pour que tous les fermiers du coin nous tombent dessus, lui lance alors Conrad d’un air moqueur.
Skeld ne relève pas la remarque sarcastique et reprend tout en continuant d’observer les fermes à la jumelle.
-On voit bien que tu es un ruchard, le psyker. Nous sommes dans la saison froide et il pleut à verse. Les granges sont donc déjà emplies de céréales ou autres denrées. Ce qui veut dire que les gros culs-terreux du coin sont certainement en train de trousser la gueuse plutôt que de vaquer dans leurs champs ou de trainer autour de leurs granges.
Ses compagnons ne peuvent s’empêcher d’étouffer un petit rire devant la remarque du cadien.
-Notre grosse brute de Skeld sait se montrer perspicace quand il le veut, sourit alors Tibaltus. C’est très finement raisonné, ce plan tient la route. Il se tourne vers Skeld.
Caporal Torjd, tu passes devant et tu nous trouves un chemin vers un de ses bâtiments.
-C’est comme si c’était déjà fait, patron, lui annonce-t-il avec un petit sourire et un salut militaire.

Dix minutes plus tard, Skeld pénètre dans une des granges isolées à environ trois cents mètres de l’enceinte du bourg d’Achenheim.
Le reste de l’équipe s’empresse alors de le rejoindre et de refermer la lourde double-porte en bois. Le bâtiment, vaste et haut de plafond sert à abriter du matériel agricole, des tracteurs à vapeur, remorques et autres engins de labours piqués de rouille et couverts de boue. Sur le plancher de l’étage se trouve de la paille empilée sur bien deux mètres de hauteur.

-C’est mal isolé mais au moins nous serons au sec, annonce alors Ira, trempée de la tête aux pieds tout comme ses compagnons.
-On se déleste du matériel en trop, on se change et on voyage léger. Ne prenez que des armes de poing, inutile d’alerter les autorités. Leur annonce alors Tibaltus.

Skeld commence à retirer son lourd harnachement ainsi que les multiples armes qui composent son arsenal. Il déconnecte le paquetage dorsal auquel est branché son fusil radiant compact. En plus de cela, il sort de son attirail un fusil d’assaut court modèle Credo-9 à chargeur courbe, deux pistolets automatiques de type Tronsvasse, un pistolet mitrailleur de modèle Armageddon à chargeur droit, un chapelet de grenades Frag, un harnais empli de chargeurs et un couteau de combat.

-Par le trône, mais tu te promènes avec une véritable armurerie sur toi ? Lui demande Conrad.
-A chacun son métier, le sorcier…moi mon job, c’est faire la guerre et en général, j’me démerde plutôt pas mal. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde…Lui lance-t-il avec un petit sourire.

Chacun se change et en profite donc pour dissimuler le reste de l’équipement à l’étage de la grange sous la paille. Tibaltus et ses compagnons font en sorte de garder une ou deux armes de poings sous leurs vêtements.

-Bien, et on fait quoi maintenant, on se roule dans la paille ? Leur lance Conrad, toujours aussi peu enthousiaste de se retrouver ainsi proche de la nature. Je ne sais pas pour vous, mais je prendrais bien une bonne douche et un bon repas chaud moi.

-On ne va pas camper ici, lui répond alors Ira. On va entrer dans la ville et trouver une auberge pour la nuit. Ensuite nous aviserons en fonction des évènements, car il faudra décider de ce que nous ferons après.
Jézail reprend aussitôt, toujours avec son petit accent.
-Les gens du coin parlent le gothique, mais ils s’expriment avant tout en badabi. Et aucun de vous ne le connaît, de plus vous ne passez pas pour des locaux, les gens verront tout de suite que vous avez des origines hors-mondes. Il faudrait que vous ayez aussi une couverture crédible.
-Nous pourrions être un groupe de moines itinérants ? Lance alors Conrad.
-C’est ça ! Tu aurais pu donner ton idée avant que mademoiselle aille acheter nos vêtements. Parce qu’en paysan, on aura du mal à passer pour des moines, lui lance alors Séverina en levant les yeux au ciel.
-Non mais en pèlerins perdus au milieu d’un conflit et déportés par les combats, ce pourrait être crédible, annonce alors Ira. Skeld pourra très bien faire office de garde du corps et Jézail nous servira de guide et d’interprète au besoin. Nous utiliserons bien entendu de faux noms.
Adhérant à cette idée, le petit groupe décide de faire route vers une des portes de la ville. Passant l’enceinte et croisant quelques gardes de faction, ils s’engagent rapidement dans une des artères pavées de la ville. Il pleut toujours à verse et les quelques habitants qu’ils croisent se hâtent d’aller vaquer à leurs occupations.
Assez facilement ils trouvent une taverne, « le Grox Fumant » et s’y dirigent. Ira leur fait signe, voyant non loin de là, par-dessus les toits de la ville, les clochers d’un templum.
-Je vous rejoins plus tard, je vais d’abord faire un tour au Temple.
Conrad se retourne, interloqué.
-Quoi ? Mais il pleut à verse, vient d’abord avec nous. Nous pourrons toujours y allez plus tard !
-Elle a raison, je l’accompagne, annonce aussitôt Tibaltus.
-Hey ! Mais qu’est-ce qu’il vous arrive soudainement ? Après ce qui vient de nous arriver ces derniers jours, cet élan de foi est grotesque !
-J’ai la Foi en effet. Et je suis peut-être une de celles avec Séverina qui en a le plus ici, lui lâche alors Ira.
Tibaltus se tourne vers Conrad et lui annonce lentement.
-Je te rappelle que dix mille innocents viennent de périr à Heldon’s Reach, Conrad. Prier son dieu est donc tout approprié dans ce cas…
-Ton manque de foi me consterne, Conrad, lance alors Ira. Fait comme bon te semble, nous allons au Temple. On vous rejoint plus tard.

Conrad et le reste de l’équipe laissent alors Ira et Tibaltus partir prestement sous la pluie en direction du Templum.
-Bon, on va se jeter un petit godet derrière le gosier ou vous comptez finir noyés par toute cette flotte ? Leur lance alors Skeld.
-Allons-y lui répond Conrad. Et n’oublie pas, nous sommes des pèlerins en voyage et tu es Konor, notre garde du corps.
-Ha ouais putain ! Tu fais bien de me le rappeler ! Lui lance Skeld en lui donnant un coup de coude.
Les quatre compagnons entrent alors dans l’auberge. La salle est bondée, lourde de fumée de tabac local, d’odeur de graisse de friture et de relents d’alcool. Un bruit de verres, de rires et de brouhaha couvre tous les autres sons. Les locaux leur jettent à peine un regard. Conrad se dirige vers le comptoir où se tient un homme d’une cinquantaine d’année, assez corpulent, dégarni et portant de grosses moustaches sur son visage à la peau grêlée. L’homme est en train d’essuyer un verre, il lève un regard vers Conrad.
-On va prendre quatre mousses, lui lance alors Skeld qui vient de s’avancer au comptoir avec un grand sourire.
Conrad se tourne vers lui et lui lance un regard noir, se retenant de ne pas déclencher un péril du warp juste sur lui.
-Par le Trône, Konor !…. Allez donc trouver une place aux demoiselles qui m’accompagnent !
Skeld en bougonnant s’empresse alors de rejoindre Séverina et Jézail qui attendent dans un coin. Conrad reporte alors son attention vers l’aubergiste, luttant pour retrouver un peu son calme en tentant de sourire.
-Pardonnez notre garde du corps, il a parfois des manières un peu rustres…
Le patron ne relève pas et lui indique une table où ils peuvent s’asseoir. Skeld décide alors de payer sa tournée, revigoré devant la pinte de bière qu’il vient de commander et l’idée de boire les prochaines.

Le Templum ne fut pas dur à trouver. Depuis cette partie de la ville, à savoir, la Haute Ville, comme sont communément désignés les beaux quartiers d’Achenheim, le Templum St Galen est visible d’à peu près partout et se situe juste à côté du palais de la ville. Le parvis juste devant est une grande place dallée qui en temps normal doit être fortement animée. Là, évidement, il pleut, il n’y a donc que quelques échoppes de vendeurs ambulants qui se massent sous le portique et dans le narthex à l’entrée du Temple. Le bâtiment est austère, tout en ouslite rose local, d’un style gothique classique sans fioriture. Ira, d’un pas décidé, gravit les marches en compagnie de Tibaltus. Les marchands proposent en fait tout un panel de colifichets et autres objets religieux tels que de petits crânes ou Aquila en bois accrochés au bout d’une cordelette ou d’un chapelet. Ou bien de petites statuettes en plâtre moulé, aux mauvaises proportions, peintes grossièrement à la main de couleurs criardes et censées représenter les héros Astartes du passé. Tous, bien sûr sont représentés avec des ailes d’anges dans le dos. Cela fait sourire Ira. Une naïveté rurale bien courante, se dit-elle.
-Sais-tu qui est ce Saint Galen ? Demande alors Ira à l’attention de Tibaltus.
-Je crois deviner qu’il s’agit de ce fameux capitaine Astartes, Galen Androclès, celui qui se sacrifia pour terrasser Lufgt Huron et ainsi mettre fin à la guerre de Badab. Lui répond alors Tibaltus, l’air absent.
Ira acquiesce, notant au passage encore une fois les impressionnantes connaissances scholastiques de l’Interrogateur et reporte son attention vers les marchands.
-Je vais nous acheter quelques-uns de ces petits porte-bonheurs, idée que cela colle avec notre image de pèlerins, dit-elle à l’attention de Tibaltus, ensuite j’irais faire un tour dans ce temple, tu m’accompagnes ?
Tibaltus semble observer les environs et lui fait signe de la main.
-Je vois qu’il y a un autre temple dans cette ville, je vais aller y faire un tour.
-Pour qu’elle raison ? Ce temple me parait tout approprié, s’étonne Ira.
-J’aimerais me faire mon idée de cette ville. On se retrouve au Grox Fumant tout à l’heure.

Une heure plus tard, Tibaltus rejoint ses compagnons, Ira venait elle aussi d’arriver, trouvant un Skeld hilare devant plusieurs pintes de bière et ses compagnons l’accompagnant avec des jus de ploin ou du vin local. Le cadien en était encore une fois à tenter de charmer Séverina, sans réellement avoir compris que ses efforts ne risquaient pas de porter leurs fruits.
Tibaltus fait signe à Conrad.
-Il serait bien que nous louions des chambres ici, tu peux t’en occuper ?
Conrad termine son verre et part voir le patron de l’auberge avec qui il parle un instant puis rejoint ses compagnons au bout de quelques minutes avec trois clés.
-Et voilà, trois chambres doubles pour cette nuit.
-Parfait, allons nous y installer, nous avons à parler, leur annonce Tibaltus.

Une fois à l’étage, ils décident de tous se retrouver dans une des chambres. Conrad referme la porte. Ses compagnons s’assoient sur les lits. Ira leur explique son passage au temple St Galen et se qu’elle a acheté. Elle commence à distribuer à chacun plusieurs petits colifichets.
-Si nous devons nous faire passer pour des pèlerins, il va falloir aussi que nous en aillons l’air.
Tandis que Séverina et Jézail accrochent un Aquila à leur cou, Conrad jette un œil perplexe devant les petits objets sacrés.
A ce moment, Skeld sort une pochette de documents de sa veste.
-Ha ! au fait, j'ai faillit oublier, j'ai trouvé ça sur le corps de Syrius hier. Je crois qu'il s'agit là de ce qu'il avait ramassé chez les Sombres Rédempteurs.
-Par le Trône, mais personne n'avait pris le temps de regarder ce que c'était ? S'interroge alors Conrad.
Tibaltus se saisit des documents et y jette un œil rapidement.
-Apparemment non.
-Et de quoi s'agit-il ? Demande alors Séverina, tandis que Tibaltus leur fait passer les documents.
-Des rapports du Magistratum, du Commissariat local ainsi qu'une liste de bâtiments et un plan étrange. Le tout lié visiblement aux attentats.
-Il me faudrait accéder aux archives locales du Magistratum ou de l'Administratum afin que j'en sache un peu plus sur le sujet, annonce alors Jézail.
-C'est noté, nous nous en chargerons demain, lui répond alors Tibaltus.
Les discussions vont alors bon train sur la nouvelle stratégie à adopter, au moment où Conrad perçoit une lettre que l’on vient de glisser sous leur porte. Il se précipite pour ouvrir la porte mais Tibaltus, rapide comme l’éclair est déjà devant lui et ramasse la lettre. En pestant, Conrad ouvre finalement la porte mais il n’y a évidemment plus personne dans le couloir.
Il retourne dans la chambre et referme la porte derrière lui. Déjà Tibaltus a ouvert la lettre et ses compagnons l’entourent rapidement pour voir de quoi il s’agit.
-C’est écrit en haut gothique, leur annonce-t-il.
-Et ça dit quoi ? S’enquière Séverina.
-Apparemment, le baron Achenheim nous convie à le retrouver à son palais ce soir à vingt heures.
-Et c’est tout ? Demande Ira.
-Ça n’en dit pas plus.
-En tout cas, le palais est à cinq minutes d’ici, juste derrière le temple où je suis allé tout à l’heure.
-Bonjour la discrétion, commence à pester Conrad. Nous voilà déjà repéré par les autorités de la ville. Bon on fait quoi ?
-Et bien nous allons y aller, tout simplement. Leur répond Tibaltus qui consulte l’horologium de la chambre. Cela nous laisse une bonne heure devant nous.
Ce dernier fait alors signe à Skeld et lui demande de l’accompagner dans la chambre d’à côté avec certains des objets amenés par Ira. Il se tourne vers ses autres compagnons qui leur jettent un regard interrogateur.
-J’ai à parler à Skeld, en privé.
Jézail en profite alors pour sortir une carte de la région qu’elle se met à étudier attentivement avec le reste de ses compagnons. Au bout de quelques minutes, Skeld les rejoins.
-Le boss a besoin de rester seul un moment, leur annonce-t-il.
-Bon on sait quoi de ce baron ? Demande alors Conrad à l’assemblée.
-Le peu que je sais, répond Jézail, c’est qu’il administre la région et qu’il est issu d’une noblesse militaire. Son père était général dans les FDP il me semble. C’est tout ce que je sais.
Ensemble, ils commencent alors à élaborer une stratégie pour entrer dans le palais. L’heure tourne lorsque finalement Conrad réalise que le rendez-vous est dans un quart d’heure.
-Par Terra ! Mais que fait Tibaltus à côté ?
Conrad et ses compagnons se rendent devant sa porte et se mettent à tambouriner dessus en l’appelant. Au bout de quelques instant, il l’ouvre et se tient ainsi devant eux, l’air visiblement épuisé, comme ayant du fournir d’intenses efforts.
-Tu foutais quoi là ? On t’attend pour y aller, lui lance Conrad.
Tibaltus enfile son lourd manteau de cuir, ajuste son chapeau et sort de la chambre sans lui répondre.
- Tu n’as pas l’air bien, lui dit alors Séverina.
-Ouais sans doute un truc que j’ai mangé et qui passe pas. Bon assez perdu de temps, allons-y, lui répond-il.
Séverina ne répond pas mais note ne pas avoir remarqué que Tibaltus avait mangé quoi que ce soit. A moins que ce ne soit en leur absence.

Moins de dix minutes plus tard, ils se retrouvent tous devant le palais de la ville. Deux gardes sont de faction, armés de fusil. Il pleut toujours.
Tibaltus s’approche d’eux d’un pas décidé et leur présente la missive qu’ils ont reçue. Les gardes les laissent passer sans broncher. Ils pénètrent ainsi par la porte monumentale et débouchent dans une cour intérieure s’ouvrant sur un corps de bâtiment principal flanqué de deux ailes secondaires, le tout sur quatre niveaux. Tibaltus et ses compagnons se dirigent donc vers le perron en face d’eux. Là, un laquais habillé en majordome les attend, il les salut et leur demande de bien vouloir le suivre.
Passant un corridor, il les fait pénétrer dans un salon de réception richement décoré de moulures, de stucs peints, de chandeliers aux nombreuses bougies et de meubles baroques. Il leur demande alors de bien vouloir patienter un instant. Des rafraichissements leur sont alors proposé par une jeune servante à la peau sombre comme c’est fréquent chez certaines locales.
Une fois les domestiques sortis, l’équipe s’empresse aussitôt d’inspecter les lieus, les accès et sorties. Ils n’ont que peu de temps pour mettre en place leur étude approfondie de la configuration du bâtiment, que déjà le majordome refait son apparition avec moult courbettes.
-Monsieur le baron va vous recevoir, si vous voulez bien vous donner la peine de me suivre ?


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Re: [Roman 40k] Les Chroniques du Maelstrom - tome 1

Message par Illuminati le Jeu 6 Nov 2014 - 10:34

Quelques instants plus tard, le majordome les amène au travers de couloirs vers une double-porte monumentale. Il fait un signe à un domestique qui se tient devant, ce dernier leur ouvre alors les portes et les fait entrer. La pièce est grande, une salle à manger visiblement, décorée de grands miroirs, de tableaux et de chandeliers. Au centre se trouve une longue table garnie de victuailles de toute sorte au bout duquel est assis L’homme se lève de sa place en bout de table et d’un petit salut leur fait signe de prendre place tout en leur disant dans un parfait gothique :
-Je suis le Baron Gaius Achenheim, administrateur et commandeur militaire de ces terres. Soyez les bienvenus en ma demeure. Je vous en pris, prenez place, le repas vient d’être servis.
A peine a-t-il terminé sa phrase que Skeld a déjà pris place et s’empresse d’arracher un cuissot de volaille dans un des plats et y mord à pleine dents, Conrad a à peine plus de mal à se contenir. Tout comme ses compagnons qui n’ont pas vu de vrai repas depuis de trop nombreux jours, Ira se rend alors compte de l’indélicatesse de ses derniers.
-Veuillez pardonnez mes compagnons Monseigneur, mais nous autres pèlerins avons du traverser des épreuves bien difficiles avec tous ces conflits.
Le baron vide son verre de vin d’un trait en demande à un de ses serviteurs de servir ses hôtes.
-Ha oui…ces fameux pèlerins, dit-il alors avec un petit rire.
Ira et le reste de l’équipe plongent alors leur nez dans leur assiette, n’osant plus aborder le sujet. Le reste du repas se déroule sur divers banalités.
Puis leur hôte leur demande de passer dans un salon adjacent, une sorte de fumoir aux canapés moelleux faisant face à une grande cheminée de marbre où brûle un bon feu. Là, il leur demande de prendre place et leur fait servir un amasec avec des cigares pour ceux qui le désirent. Une fois chose faite, il demande à ses serviteurs de les laisser et de sortir.
-Bien, dit-il tout en faisant tourner l’amasec dans son verre ballon. J’aimerais à présent m’entretenir avec vous du véritable sujet de votre présence ici. En tant qu’Administrateur de ce comté, je me dois d’être informé de tout se qui s’y passe. De chaque évènement incongru, telle que la visite inopportune de nouvelles personnes.
Tibaltus, tout comme ses compagnons, n’osent pas dire un mot, laissant alors planer un lourd silence. Le baron continue.
-Mais avant même d’aller plus loin avec vous, j’aimerais m’assurer d’une chose. Voyez-vous, en ces temps troublés, ici-même de nombreuses personnes se revendiquent de tel ou tel bord. Tantôt des alliances se créent, puis se défont. Aussi j’aimerais savoir ou va votre véritable allégeance ?

Pendant un instant, personne n’ose répondre. Puis Ira brise ce silence.
-Notre allégeance va à l’Empereur-Dieu, bien entendu, Monseigneur.
Le baron se permet un petit sourire.
-Bien entendu ma chère. Tout le monde sur cette fichue planète se revendique de l’Empereur-Dieu et pourtant c’est loin d’être aussi vrai…Ma question n’est pas d’ordre théologique, même si cela est implicite, mais plutôt d’ordre politique, voyez-vous. Sur Badab, quel dirigeant suivriez-vous si on vous en donnait le choix ? De votre réponse, dépendra la suite de notre entretien…

Face à cette révélation, Tibaltus et ses compagnons se lancent un regard étonné et pour le moins perplexe. Séverina prend la parole.
-Pas Trantor en tout cas.
Le baron se permet alors un petit rire.
-Vous ne répondez pas clairement à ma question. Qui donc alors ?
Après un lourd silence, Ira ose une réponse.
-Si il était en vie, je crois savoir que nous donnerions notre allégeance au gouverneur Victus Callidon, le dirigeant légitime de Badab.
Le baron Achenheim laisse alors allez son regard sur chacune des personnes présente dans la pièce.
-Vous parlez là en votre nom, Marshal, ou bien est-ce aussi l’avis de vous tous ici présent ?
-Ira parle au nom de nous tous ici présent, répond alors Tibaltus calmement.
Le baron vide alors son verre d’un trait, le pose sur une petite desserte et s’en sert un autre.
-Si je vous disais qu’il est encore en vie ?
-Nous sommes quasiment certains qu’il est mort à l’heure qu’il est, lui répond Ira.
-Et bien il n’en est rien, mais nous reviendrons sur ce sujet en temps voulu. Afficher ce genre de positions est actuellement vu comme une haute trahison au nouveau régime en place, je pense que vous en êtes bien conscients ?
-Tout à fait, Baron. Nous en sommes pleinement conscients. Vous devez savoir aussi que nous ne nous sommes pas vraiment attiré les bonnes grâces du nouveau régime en place. Lui répond Tibaltus.
-C’est en effet vrai. Et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai tenu à vous rencontrer. Voyez-vous, comme je vous l’ai dit à l’instant, je dispose d’un réseau d’information efficace. Et lorsque j’ai appris que le nouveau gouvernement mettait autant de moyens en œuvre pour vous éliminer, j’ai tout de suite souhaité en savoir plus.
-Et que savez-vous à notre sujet justement ? S’enquière aussitôt Ira.
-Et bien ma chère voyez-vous, il n’est pas nouveau que la Très Sainte Inquisition vienne fureter sur Badab. C’est même habituel depuis quelques temps. Je puis me tromper, mais il serait tout à fait envisageable, de part vos méthodes cavalières et tout le grabuge que cela occasionne, que vous ayez quelques liens avec cette organisation.

Ira ne peut s’empêcher de sourire.
-Votre déduction perspicace est tout à fait fondée, Monsieur le Baron.
-Et qu’attendez-vous de nous ? Lui demande Conrad.
-Dans un premier temps, rien d’autre que de ne pas ébruiter cet entretien. Voyez-vous, je n’attends pas que vous m’aidiez, ou peut-être plus tard. Mais en premier lieu c’est moi qui compte apporter mon soutien à votre entreprise. Les traitres qui sont à la tête de ce monde sont actuellement à vos trousses, vous n’êtes pas sans l’ignorer et vu les moyens mis en œuvre pour vous stopper, ce n’est plus qu’une question de temps désormais. Comme je vous l’ai dit, je dispose d’un réseau de contacts dans cette ville mais aussi dans d’autres villes. Et je pense que sans notre soutien, vous ne réussirez pas.
Le baron laisse volontairement passer quelques instants, donnant à son discours un impact volontairement dramatique.
-Pour l’instant nous sommes peu nombreux et nos moyens sont limités, d’autant plus que l’ennemi est nettement plus puissant que nous, cependant nous disposons d’avantages, la connaissance du terrain et notre foi indéfectible en l’Imperium. Voilà pourquoi il est temps pour moi de vous présenter mes principaux alliés dans cette entreprise. Je pense que leur aide vous profitera grandement.

A ce moment, les portes du salon s’ouvrent et quatre individus aussi différents qu’inattendus font leur apparition. Le Baron Achenheim se charge alors de faire les présentations.

Le premier, au nom de Nixios Serghar est un homme d’une cinquantaine d’années d’apparence, la peau hâlée, un œil augmentique et une holoplume coincée sur l’oreille droite, il porte des robes de savants de Scholam et ses bras sont chargés d’une pile de tablettes de données et d’électro-parchemins.

Le suivant est un Ecclésiaste à la peau d’ébène et au crâne rasé. Une barbe est tressée à la pointe de son menton. Sur ses robes de prêtres se trouve un lourd pectoral représentant l’Aquila. A sa ceinture pend une chaine, au bout de laquelle est accroché un crâne humain sur le front duquel sont gravés dans l’os les mots « Hereticus Terminus». Des sceaux de pureté et des parchemins consacrés sont accrochés à ses robes. Le Prêtre a un air dur et des yeux bleus perçant comme de la glace, son nom est Leman Lupus.

Le troisième est un technoprêtre aux nombreux implants et au lourd châssis augmentique sur lequel sont connectés nombre de câbles blindés et autres fioles emplies de liquides bioluminescents ou d’huile consacrée. Il porte les lourdes robes rouges et blanches à capuche d’un Magos sur lesquelles est représentés le symbole de la roue dentelée du Mechanicum ainsi que des litanies codées en Techna Linguis. Ses yeux on été remplacés pas des capteurs et ses mains mécaniques comptent de nombreuses fonctionnalités. Depuis son dos, une série de mécadendrites ondulent lentement, enregistrant au passage nombre de données sur tout ce qui l’entoure. Un servo-crâne encensoir l’accompagne en flottant à ses côtés, diffusant une odeur doucereuse et parfumée. Le Magos répond au nom de Kar Mordex.
Le dernier personnage est une jeune femme à l’allure martiale. Svelte et athlétique. Elle a elle aussi la peau noire et les cheveux très courts. Non dénuée de charme, elle a le visage noble et volontaire à la manière de ces femelles guerrières des mondes sauvages. Elle porte un uniforme d’officier des Forces de Défense Planétaire. En plus de son grade de capitaine, elle porte le nom d’Oxia « Steel » Al’Wahhab.

Une fois les présentations faites, le baron Achenheim reprend :

-Ce sont là mes plus fidèles alliés, tous dévoués à notre cause de restaurer l’ordre sur Badab. Chacun capable de vous fournir le soutien dont il dispose. Vous l’aurez sans doute noté, la plupart des adepta locales sont représentés ici, à l’exception de l’Arbites. Et il y a une raison à cela.
Jézail lui lance un regard interrogateur, le baron poursuit :
-Le Magistratum local n’est pas…fiable. Je vous conseille donc la plus grande prudence à ce niveau là. Nous avons de bonnes raisons de croire que le nouveau régime en place l’a déjà infiltré.
-Nous avons pu constater, Monseigneur, que votre région a pour l’instant été relativement épargnée par les conflits et l’invasion des troupes ennemies, l’interroge alors Ira, qu’en est-il de leur projets futures ?
-En effet, à l’instar des comtés de Pihenheim, et de Wolfenburg au Nord, nous avons été quelque peu laissés à l’écart des vicissitudes de la guerre. Mais cela ne durera pas. Les troupes de l’ennemi font actuellement marche vers nos régions reculées afin de s’assurer de notre loyauté.
Le Technoprêtre s’avance alors. D’une façon étrange, il ne semble pas véritablement marcher mais semble se déplacer en flottant à quelques centimètres du sol. Il se met alors à émettre une série de pépiements électroniques très rapides et saccadés ainsi que d’étranges sons stridents.
Tout le monde le regarde d’un air étonné. Devant les yeux écarquillés des autres personnages, le Technoprêtre interrompt aussitôt ses sons étranges. Les lentilles augmentiques de ses implants oculaires se mettent alors à clignoter rapidement. Son implant vox intégré dans sa gorge se met soudain à crachoter d’une voix métallique et monocorde, tandis qu’il s’incline légèrement :
+++Formulation : Pardonnez mes manières, j’en oublie souvent à quel point il est triste que les êtres biologiques ne soient pas noosphériquement équipés pour loguer en Techna Linguis+++

L’Ecclésiaste à la peau sombre lève alors les yeux au ciel d’un air dépité
Le baron, lui lance un regard d’un air amusé.
-Venez-en aux faits, mon ami, dit-il à l’attention du Magos.
+++Postulat : Comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, les projets du Magos Hérétek Trantor, que l’Omniméssie désactive ses fonctions cognitives corrompues, sont de ficher l’intégralité de la bio-population de Badab. Nous savons d’ors et déjà que cela a commencé dans certaines villes telles que Badab City ou Middenheim par exemple.
Explication : les procédés mis en œuvres sont l’implantation d’un cognomen regroupant les données biométriques de son porteur.
+++Précision : Il est prévu que dans un délai de 168’53’’12 heures, le comté d’Achenheim soit soumis à cette directive+++

-Merci Magos pour vos précisions éclairées, lui répond alors le baron. Ce que notre ami vient de nous formuler est que dans à peine plus d’une semaine, les troupes de l’hérétique Trantor seront ici pour ficher l’intégralité de la population.
-Il est donc urgent pour nous de disposer d’une identité solide au préalable, lui répond Ira.
-En effet, il va falloir y travailler rapidement, lui rétorque le baron. En attendant vous pouvez disposer des moyens que je mets à votre disposition ainsi que l’hospitalité de ma demeure.
-Sachez, Baron, que nous vous en sommes infiniment reconnaissants, lui répond alors Tibaltus.
Séverina en profite alors pour formuler une demande.
-Seigneur, je souhaiterais disposer de vos archives afin de trouver certaines informations sur l’histoire de votre monde, notamment sur la Guerre qui déchira ce secteur il y a un siècle de cela. Pourrait-on avoir de la documentation ?
Le baron se tourne alors vers son savant.
-Je pense savoir que ce cher Nixios se fera un plaisir de répondre à votre requête, ma chère.
En effet, le savant se met aussitôt à fouiller parmi ses tablettes de données et d’un air satisfait lui en tend une.
-Tenez, ma Sœur, cette tablette contient l’intégralité des Mémoires de l’Amiral Orman, il s’agit là du récit le plus complet sur la Guerre de Badab.
Séverina le remercie et prend la tablette avec elle.
-A ce titre, Monseigneur, je souhaiterai disposer des archives de vos bureaux de l’Administratum, s’enquière aussitôt Jézail. Est-ce possible, disons demain matin ?
Le savant se tourne vers elle.
-Absolument, je pourrais vous faire entrer dans les locaux sans peine.
Le baron reprend :
-Bien, il commence à se faire tard et à moins que vous n’envisagiez de passer la nuit dans votre auberge, si vous le désirez vous pouvez profiter de ma demeure pour cette nuit. Je comptais vous inviter demain matin dès l’aube, à une partie de chasse sur mes terres, afin que nous discutions plus à même de notre collaboration. Qu’en dites-vous ?
-Nous vous remercions, Baron. Je pense que par souci de discrétion, nous passerons cette nuit à l’auberge. C’est bien entendu avec plaisir que nous vous accompagnerons à cette partie de chasse.

Satisfait, le baron était sur le point de donner congé à ses invités lorsque le majordome fit discrètement son apparition, glissant un mot à l’oreille du baron. Ce dernier, prit alors un air réellement contrarié.
-Et quand est-ce arrivé ? Demanda-t-il à son serviteur.
Ce dernier lui répondit quelque chose en chuchotant.
Le baron se tourna vers Tibaltus et son équipe.
-Veuillez me pardonner, je dois vous donner congé, une affaire urgente requière ma présence, nous en reparlerons demain si vous le voulez bien.
Comprenant qu’il est alors temps de partir, Tibaltus et son équipe s’empressent alors de quitter les lieus.



Chapitre IX
+++Quiétude troublée+++
+++Les graines du Chaos+++
+++Azaltoth+++


En sortant, Conrad ne peut s’empêcher de focaliser son pouvoir et de l’étendre avec prudence en direction du majordome, effleurant alors ses pensées superficielles.
Cela ne prend que quelques secondes, puis il rejoint ses compagnons qui sont déjà dans la cour à l’attendre.
-Tu as perçu quelque chose ? Lui lance Tibaltus.
-Oui, il semblerait qu’un évènement étrange vienne de se produire dans la soirée.
Ses équipiers l’interrogent du regard tandis qu’ils se dirigent tous vers la sortie.
-Un prêtre serait apparemment devenu fou dans un des Templums de la ville. Je n’ai pas pu en apprendre plus mais cela semble créer une réelle inquiétude chez le baron et ses proches.
Passant le porche d’entrée du Palais et débouchant sur la grande place, Séverina lance à l’attention d’Ira :
-Tu t’es rendu dans un temple avec Tibaltus cet après-midi, justement non ?
-Je me suis bien rendu dans un temple mais Tibaltus n’a pas été dans le même que moi, lance alors Ira avec un regard appuyé à l’attention de ce dernier.
Le reste de l’équipe s’arrête alors en pleine rue.
-Quoi ? S’étonne aussitôt Conrad.
-Et pour quelle raison vous êtes-vous rendu dans un temple différent tous les deux ? Et pour y faire quoi au juste ? Leur demande Séverina d’un air dubitatif.
-Pour y prier ma chère, lui répond alors Tibaltus avec un air irrité, c’est la fonction première d’un temple il me semble ?
-Il n’empêche que quelque chose s’est produit peu de temps avant ou après que vous y soyez, un évènement qui pourrait être lié à votre passage, répond alors Séverina
-Et dans quel temple cela s’est-il produit ? Demande alors Ira à l’attention de Conrad.
-Je n’ai pas pu le savoir, les informations que j’ai pu percevoir n’étaient pas très précises.
-Et bien nous allons tout de suite en avoir le cœur net, le templum où je me suis rendu se trouve justement à deux pas d’ici, il suffit d’aller y jeter un œil, lui répond Ira en pointant du doigt la silhouette sombre de l’édifice.

Adhérant à cette idée, le petit groupe se dirige donc vers le Templum St Galen, principal temple de la ville. Il est un peu plus de minuit et le dernier office de la soirée vient juste de se terminer. Les fidèles, des notables du quartier descendent les marches du parvis en bavardant tout en se hâtant de rentrer chez eux.
Prenant l’attitude de simples pèlerins de passage, Conrad et Ira saluent quelques personnes et échangent des banalités tout en discutant de la messe qui vient de se dérouler.
Au bout de quelques minutes, ils rejoignent le reste de leurs compagnons.
-Tout à l’air normal ici, par contre certains ont en effet fait allusion à un évènement étrange qui aurait eu lieu un peu plus tôt aujourd’hui au Templum St Durja, leur annonce Ira.
-Et on sait où se trouve ce temple ?
Ira sort d’une de ses poches un plan de la ville et le consulte, s’abritant sous un porche à cause d’une petite pluie qui continue de tomber.
-Il n’y a que deux temples dans cette ville, celui que nous venons de voir et le temple St Durja qui se trouve dans les bas-quartiers, ici, dit-elle en l’indiquant sur le plan.
-C’est bien celui où tu t’es rendu cet après-midi, Tibaltus ? Lui demande Séverina.
-En effet, répond-il.
Le reste du groupe l’interroge toujours du regard. Skeld reste silencieux comme à son habitude. Il s’allume un cigalho dans le coin du porche.
-Tu ne vois toujours pas ce qu’il a bien pu se passer là-bas ? Lui demande Conrad.
-Il ne s’est rien passé lorsque j’y étais en tout cas, lui répond Tibaltus.
-Et bien allons-y, répond Séverina, nous verrons bien sur place.

Traversant la ville de nuit et s’aidant du plan, l’équipe se dirige ainsi vers les bas-quartiers, ils longent les hauts murs de la Scholam Androclès, rejoignent les quais puis traversent le pont St Jerminus qui enjambe les eaux sombres du fleuve Aquilaeus qui coupe la ville en deux. De là, ils longent le Commercia en direction du Templum St Durja.
Chemin faisant, Séverina en profite pour parcourir rapidement la tablette de données que Nixios Serghar, le savant du Baron leur a remis juste avant concernant les informations sur La Guerre de Badab.
-Et bien qu’apprend-on au sujet de ce conflit, lui demande Ira.
-Que c’est la seule fois dans l’histoire de l’Imperium que des chapitres astartes se rebellèrent depuis l’Hérésie.
-Oui, ça tout le monde l’apprend à la Scholam quand on est gosse, lui répond Conrad. Mais ça dit quoi d’autre sur ce qui nous concerne. Séverina continue de parcourir les textes, faisant défiler les pages sur la tablette.
-Un truc intéressant : par exemple Badab Secundus, le monde où nous nous trouvons servait de monde de stockage avant la guerre. Ses stockages furent rasés à la fin du conflit lors du blocus mis en place par les Chapitres des Exorcists et des Howling Griffons afin de couper les ressources des rebelles. A la fin du conflit, après la défaite de Huron et des Astral Claws, Badab Primaris, alors capitale du secteur fut rasée par Exterminatus sur ordre de l’Inquisition. Un nouveau gouvernement impérial fut mis en place et le nouveau monde capital fut installé ici sur un monde.
-Et en quoi cela est-il pertinent ? Lui demande Conrad.
-Attend la suite, lui annonce Séverina. Vous vous rappelez tous que Lufgt Huron est entré en guerre contre l’Imperium après qu’une flotte de l’Inquisition soit venue pour inspecter les souches génétiques de son chapitre. Celui-ci aurait alors attaqué la flotte inquisitoriale et l’aurait détruit alors qu’elle était encore en orbite. Ce qui déclencha le conflit que l’on connaît.
-Oui, tout le monde est au courant de cette histoire, lui répond Ira.
-Et bien, une enquête de l’Inquisition a été menée à la fin du conflit afin de comprendre si les implants génétiques des Astral Claws avaient été teintés par le Warp ou par autre chose.
-Et ? Lui demande Conrad touché par la curiosité, se demandant comment de telles informations pouvaient bien figurer dans un rapport comme celui-là.
-Les stocks génétiques des marines rebelles ne furent jamais retrouvés. L’Inquisition a l’époque conclue qu’ils furent certainement détruits lors de l’Extrerminatus. Mais c’était sans compter sur un évènement récent.
-Lequel ? Lui demande Ira, intriguée elle aussi.
-Un rapport aurait rapporté que des petites unités de Red Corsairs, nouveau nom des Astral Claws, furent récemment interceptées et éliminées sur Badab Secundus par des patrouilles de Star Phantoms, un des chapitres qui garde les abords du Maelstrom depuis la fin de la guerre. Ces unités portaient avec eux une grande quantité de caissons de stases, comme ceux utilisés par les Apothicaires pour transporter des implants génétiques. Ce même rapport précisait que les Red Corsairs devaient aussi avoir connaissance d’artefacts xenos, dont des portails warp. Des cryptes-bunkers secrets enterrés ont bien été trouvés, mais ils ne contenaient que du matériel, il est fort à parier que d’autres de ces bunkers existent, sans doute contenant les fameux implants.
-Et donc cela signifierait que les Red Corsairs sont bien à la recherche de leurs anciens stocks d’implants génétiques. Ces implants sans doute corrompus avec lesquels ils pourraient reconstituer leur chapitre et ainsi leurs forces ! Réalise alors Ira.
-D’autant plus que d’après ces rapports, les chapitres qui soutinrent à l’époque les Astral Claws furent condamnés à accomplir une croisade d’un siècle contre la menace Tyranide aux confins de l’Ultima Segmentum, cette croisade est sur le point de s’achever, dans….un peu moins de deux ans. Leur annonce Séverina.
-Ce qui signifie que Huron a attendu un siècle dans ce but, récupérer ses implants et reconstituer ses anciennes forces. Manque de chance pour lui, la nouvelle capitale du secteur est construite là où il avait caché son fameux trésor, un ancien monde agricole mineur.
-C’est donc ce qu’ils cherchaient à acquérir en pactisant avec l’hérétique Romeus et en doublant le Techno-Prince Ishmael qui détenait un cryptogramme, sans doute les coordonnées ou le code d’accès d’un de ces bunkers. Leur annonce Conrad.
-C’est plutôt bien vu. Mais comment l’aurait-il obtenu ? Lui demande Séverina.
-Les techno-cartels de Mekton Zeta n’avaient-ils pas mis au jour des gisements sur leurs terres, lui répond alors Ira.
-En effet, si je me rappelle bien, le Cartel du Triplex avait découvert des gisements de prométhéum et d’eau il y a peu de temps, ils auraient alors pu tomber sur les anciennes cryptes secrètes des Astral Claws. Lui répond Séverina.
-Oui et d’ailleurs son dirigeant est celui qui fut assassiné par le Techno-Prince et Callista Deatrix. Et ce sont eux qui héritèrent de toutes ces ressources, annonce Conrad, ceux-là même qui pactisèrent avec les Red Corsairs et qui furent à l’origine du conflit actuel qui était plus que nécessaire pour eux.
-C’est peut-être un peu tiré par les cheveux mais il est possible que nous tenions là quelque chose, leur répond Ira pensive. Il nous reste alors à découvrir où se trouvent les derniers sites de forage du Triplex et ainsi nous pourrions retrouver les cryptes où ses trouvent les implants génétiques des Astral Claws. Annonce Ira.
-Pour cela il nous faudra rejoindre Mekton Zeta, lui répond Conrad mais au préalable il nous faudra l’aide du Baron et de son équipe.
-Accessoirement, savez-vous quel était l’Inquisiteur en charge de cette enquête ? Leur demande Séverina tout en continuant de lire les notes.
-Ezekiah ? Lui répond Ira.
-Bingo ! Lui-même, ainsi que les inquisiteurs Razer et Antrecht.
-Que savons-nous de ces deux là ? Lui demande Conrad.
-Rien du tout, pour cela, nous pourrons toujours tacher d’avoir plus d’informations auprès du savant du baron.

Interrompus dans leur réflexion à quelques rues du temple, une clameur, comme un bruit de foule se fait soudain entendre.
-Vous entendez ça ? Demande aussitôt Skeld, les sens toujours en alerte, on dirait qu’il y a du grabuge là-bas.
Le reste de ses compagnons se dirige prudemment à travers les ruelles sombres et débouche dans une petite contre-allée. De là ils parviennent à observer une scène aussi étrange qu’inattendue en cette heure tardive. Une foule disparate de citoyens vociférant et armés de bâtons, de gourdins, de barres de fer et de torches entoure un petit temple et tente de forcer un cordon de sécurité fermement maintenu par les agents du Magistratum local.

-Par tous les Saints de Terra, mais que se passe-t-il ici ? Demande Séverina, la foule cherche à s’en prendre à un lieu saint ?
-Je n’en ai pas la moindre idée, mais j’ai l’impression que ces gens en ont vraiment après quelqu’un ou quelque chose qui se trouve dans ce temple, lui répond Conrad.
-Ecoutez, ils crient des phrases comme « livrez-le nous » ou « brûlons l’hérétique », leur annonce alors Jézail.
-Vous croyez qu’ils parlent de ce fameux prêtre ? Lui demande Séverina.
Ira se tourne vers elle et ses compagnons :
-Ne bougez pas, je vais m’approchez d’eux et tâcher d’en savoir plus.
Ira se faufile alors vers les derniers rangs de la foule en colère, se mêlent aux badauds puis rejoint ses compagnons au bout de quelques minutes.
-Ils parlent de l’Ecclésiaste du Temple en effet, ils disent qu’il est habité par les esprits malins du Warp et veulent le voir brûler, leur annonce-t-elle. Apparemment, les agents du Magistratum évitent que cela ne dégénère plus, mais je ne sais pas s’ils pourront tenir bien longtemps car la foule grossit.
-Et où est l’Ecclésiaste en ce moment ? Demande Séverina.
-Visiblement il s’est barricadé dans son temple, lui répond Ira.
Conrad fronce alors les sourcils et s’approchant prudemment, commence à étendre son pouvoir qu’il canalise en direction du Templum.
-Tu ressens quelque chose ? Lui demande Ira.
-Oui…comme une émanation psychique…une sorte de réminiscence télépathique ou quelque chose comme cela. Un sort d’influence mentale a été utilisé ici il y a quelques heures de cela c’est certain.
-Cela ne te dit rien, Tibaltus ? Lorsque tu es venu, il n’y avait pas de phénomènes psychiques particuliers ? Le questionne Ira.
-Non, tout était normal, lui répond-il.
Ira l’observe attentivement, tentant de déceler dans l’attitude de l’Interrogateur un subtil changement ou un signe qui trahirait une modification de son comportement. Pourtant elle ne perçoit rien de suspect.
-Je trouve ton attitude étrange ces derniers temps Tibaltus, lui dit-elle d’un air suspicieux. Tu agis selon une logique que j’ai du mal à comprendre. D’abord ton équipe que tu es censé commander et que tu ne commandes pas, sauf Skeld avec qui tu sembles mener tes propres affaires.
Le reste de l’équipe ne dit rien et observe la scène attentivement. Ira poursuit.
-Tout à l’heure, lorsque nous sommes venus te chercher dans ta chambre avant d’aller voir le baron, tu étais comme épuisé et en nage un peu comme si tu venais de fournir un intense effort. Tu ne nous as toujours pas dis ce que tu faisais ? C’est à peu près à ce moment-là justement que le prêtre du Temple St Durja a commencé son office et que les choses ont mal tournées.
-Et que cherches-tu à insinuer, Ira ? Lui répond-il lentement. Que c’est moi qui depuis ma chambre ai lancé un sort à l’autre bout de la ville, à des kilomètres de là ? Voyons c’est ridicule, toute cette histoire te monte à la tête, lui répond-il de façon amusée.
-Je ne t’accuse de rien mais je dis juste que tu nous caches beaucoup trop de choses.
Tibaltus part alors d’un rire sonore et rocailleux. Skeld de son côté se met aussi à ricaner. Le reste de l’équipe regarde l’échange de façon mi-intriguée, mi-amusée.
-Excuse-moi ma chère petite, mais question cachoteries, je crois que tu es un peu mal placée pour me donner des leçons. Tes multiples identités, tes informations à peine dévoilées et tes contacts de dernière minute ont du mal à faire l’unanimité au sein de ce groupe.
La jeune Marshal s’irrite alors de cette remarque cinglante.
-Je suis un agent de l’Arbites qui opère ici sous couverture, il est donc logique que je ne dévoile pas toutes les informations dont je dispose, ce qui ne devrait pas être ton cas. Vous formez une équipe de l’Inquisition et je vois que tu ne partages même pas tes recherches avec ta propre équipe !
-Ha non ? Et même si c’était le cas, je ne vois pas bien en quoi cela devrait te concerner. N’ai-je pas insisté justement pour que cette même équipe se rende à Heldon’s Reach au moment opportun ? Sans cette information justement, nous n’aurions jamais pu trouver ce portail warp et ainsi prendre connaissance du pacte entre les Red Corsairs et cet Inquisiteur renégat que nous recherchons désormais.
Ira allait répondre mais Skeld les interrompt à ce moment là, leur indiquant ce qui est en train de se dérouler au sein de l’émeute.
Tandis que la foule toujours grossissante continue de faire pression sur le cordon de sécurité des arbitrators, Conrad s’approche alors un peu et en profite pour repérer quelques éléments incitant la foule à se déchainer. Déjà des pierres, des bouteilles vides et autres projectiles improvisés sont lancés en direction des agents de la loi et du Templum, se brisant contre les boucliers répressifs ou les façades du bâtiment. Quelques gros bras n’hésitent pas non plus à se lancer contre les arbitrators, bravant les coups de matraques, mais se faisant rapidement refouler. La tension est déjà palpable lorsque Conrad repère depuis les derniers rangs, des cocktails molotov qui commencent à circuler vers l’avant. Comprenant que la situation est sur le point de déraper, il projette aussitôt son esprit vers l’homme qui semble être à l’origine de la vindicte la plus virulente. Malheureusement, les énergies houleuses autour de lui l’empêchent d’affecter l’esprit de sa cible qui reste hermétique à son influence mentale. En une seconde, tout bascule. Conrad et ses compagnons assistent impuissant au lancer des premiers cocktails molotov, filant comme au ralenti vers leurs cibles. L’instant d’après, le chaos se déchaine, illuminant la façade austère du temple St Durja des explosions de flammes qui s’abattent sur ses murs et son parvis. Un des cocktails brise un des vitraux et éclate à l’intérieur même de la nef du Templum.

Devant le temple, les agents du Magistratum n’ont que le reflexe de se jeter de côté et ainsi éviter de finir en torche humaine, leurs armures anti-émeute et leurs boucliers de plastacier les protégeant relativement bien des projectiles. Cependant le but de la manœuvre est atteint. Une brèche dans la défense permet aussitôt à la horde en colère de s’y engouffrer et ainsi se ruer sur les portes closes du bâtiment. Un dernier cordon d’arbitrators n’a que le temps de se dresser in extremis entre les insurgés et la porte. Un premier rang d’agents de la loi repousse tant bien que mal la foule qui n’hésite pas à frapper de leurs gourdins et de leurs barres de fer les boucliers qui se dressent devant eux pour les contenir. Le cordon de sécurité tient bon mais les hommes de loi sont acculés contre la porte. Sentant que la situation devient critique, l’officier au second rang dégaine son revolver, un Hecuter 10 et ordonne à la deuxième ligne d’armer leurs fusils à pompe. Ce qu’ils font sans aucune hésitation.
Ira et ses compagnons voyant la foule briser le cordon de sécurité et se diriger vers la porte du temple, s’échangent brièvement un regard.
-Si nous voulons atteindre ce prêtre avant cette horde d’enragés, c’est maintenant !
Sans hésiter, Skeld, Conrad et Séverina hochant la tête, la suivent et se fraient un chemin tant bien que mal parmi la foule.
Tibaltus et Jézail restent pour leur part en retrait, surveillant nerveusement les abords du temple.
En quelques instants, le chaos ambiant tourne en carnage. Pris au milieu de la foule, Conrad et ses compagnons ne parviennent pas à saisir ce qui se passe véritablement. Il y a d’abord une série de détonations sourdes puis des cris et enfin un mouvement de panique qui s’empare de la foule rendue totalement hystérique et incontrôlable. Conrad se retrouve au sol, bousculé, piétiné, Séverina est emportée par le mouvement en sens contraire, Ira parvient de justesse à se déporter sur le côté tandis que Skeld arrive à passer à la force du poignet. Sans réellement réfléchir il laisse son instinct guerrier prendre le dessus alors qu’il perçoit la gueule d’un fusil à pompe de combat contre son visage. D’un rapide mouvement de la main, il écarte le canon de l’arme et se jette de tout son poids sur le porteur de l’arme, enfonçant son coude dans la visière du casque et le faisant trébucher au moment où une deuxième salve est tirée en direction de la foule, creusant à nouveau un sillon sanglant parmi les citoyens fauchés à bout portant. Armant les culasses de leurs armes sans discontinuer, les arbitrators se mettent alors à abattre systématiquement tout ce qui bouge autour d’eux.


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